Quelques minutes avant l’ouverture de la plénière de clôture de la session budgétaire 2016 à l’Assemblée nationale, deux reporters de Guineematin.com ont été reçus par le président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle, L’honorable Amadou Damara Camara.

Décryptage !

Guinnematin.com : honorable, comment la plénière d’aujourd’hui se prépare au sein de votre groupe parlementaire, le RPG Arc-en-ciel ?

Damaro Camara : Hier, on a eu une explication de vote. Ce matin, on aura deux conventions. Une convention relative à la CENI et une convention relative à la production de l’énergie. Nous allons les passer ce matin ! Et, le soir, nous allons avoir la cérémonie de clôture de la session.

Guineematin.com : Au sein de l’opposition on vous accuse de vouloir modifier l’accord politique du 12 octobre dernier. Expliquez-nous qu’est-ce qui se passe ?

Damaro Camara : l’accord politique du 12 octobre disait que les chefs des quartiers doivent être désignés par la liste qui arrive en tête lors des élections communales et que le reste du conseil de district et de quartier sera composé au prorata des résultats toujours des élections communales. Nous l’avons accepté et écrit in extenso dans le projet de code électoral. A ce niveau, il y a aucun problème ; même si l’UFR s’y oppose, la société civile s’y oppose, même si certains partis extra parlementaires s’y opposent et certains partis à l’intérieur du parlement s’opposent à ce point deux de l’accord. Ceci dit, il y a eu des propositions de l’UFR par exemple qui dit : constituons les conseils des quartiers et des districts au prorata des élections des communales ; mais, laissons les conseillers entre eux élire leurs présidents de quartiers et de districts et leurs adjoints.  Ce qui paraît plus démocratique. L’UFDG n’est pas d’accord. On dit que cela n’est pas conforme à l’accord.

Guineematin.com : Donc, c’est une proposition de l’UFR, pas vous en personne ?

Damaro Camara : Mais l’UFR est au parlement. C’est une partie prenante de la chose. Si on doit recevoir les observations même de la société civile, pourquoi vous croyez qu’un individu qui donne une proposition plus intéressante, plus démocratique, pourquoi vous croyez qu’on ne peut pas en tenir compte ? Mais, maintenant cela n’a rien à voir avec le point de blocage. Le point de blocage c’est quoi ? Ce que dans l’histoire  de la Guinée, on a commencé en 1991 par la proportionnelle. Les conseillers ont passé tout leur temps à se battre, à être opposés, ça n’a pas marché. Les élections qui ont suivi,  on a essayé la liste majoritaire. La liste qui arrive en tête prend tout le conseil. C’est ainsi qu’on a forcé des listes du PUP dans des zones comme Kérouané et il y  a eu quelques éléments du PUP qui ne faisaient même pas 1% de la population mais qui ont gouverné pendant 11 ans en sévissant. Les deux ont montré leur limite. Cette année, on a proposé à ce qu’on fasse un scrutin combiné, mixte. Une partie proportionnelle et une partie majoritaire. Cela veut dire que quand un parti vient en tête dans une circonscription, que le parti prenne 51% des conseillers. Cela lui permet d’avoir une majorité pour approuver son programme et ça permet aux 49% autres d’être présents quand même au conseil. Les difficultés ce que le scrutin majoritaire n’est as tout à fait juste parce que ça donne beaucoup plus au seul vainqueur et ça exclu les autres. Mais ça a l’avantage de la stabilité. La proportionnelle peut arriver à l’émiettement. Imaginez-vous à Dixinn avec 31 conseillers, qu’il y ait 15 et 12 UFDG et RPG. Vous croyez qu’ils peuvent s’entendre sur un programme, rien que pour des raisons politiciennes ? Non ! Il faut aussi distinguer deux choses, il y a le conseil qui délibère sur le programme, mais c’est le maire  qui gère. Avec la proportionnelle, on risque de voir le maire avec groupe politique gérés et les autres passer le temps dans les médias entrain de critiquer le maire et son équipe même si celui-ci a un poulet chez lui, on va dire qu’il est entrain de dilapider. C’est la même chose qui se passe.

Guineematin.com : l’opposition dénonce cette proposition et menace de descendre encore dans la rue ?

Damaro Camara : ça c’est leur problème. Ils peuvent descendre dans le ciel où dans les rues ? C’est leur problème et c’est leur choix aussi. Mais, on ne peut pas empêcher le débat parlementaire. La loi ne se fait pas dans la rue, elle ne se fait pas dans les forums. Elle se fait à l’assemblée et c’est là qu’on doit débattre. Si chaque fois puis qu’on est une minorité, on ne peut pas passer une loi, on doit menacer de descendre dans la rue, vaut mieux ne pas avoir une assemblée.

Guineematin.com : Mais cela risque quand même de remettre en cause l’accord politique du 12 octobre ?

Damaro Camara : On s’en fou de cela. Je suis très clair. L’accord politique n’empêche pas le débat parlementaire.

Guineematin.com : le groupe parlementaire de l’opposition propose même que l’ancien code électoral soit appliqué, aux risques de se retirer ?

Damaro Camara : Ils se sont retirés deux fois de l’Assemblée. L’assemblée n’a pas dissoute pour autant, nous avons continué le travail. Ça sera leur troisième fois de se retirer.

Guineematin.com : honorable, avec cette nouvelle proposition, est-ce qu’on ne risque pas de se retrouver avec  deux partis politiques sur le terrain, notamment le RPG et l’UFDG qui sont quand même les plus forts ?

Damaro Camara : Non ! Il y a toujours la possibilité des 49% pour les autres partis qui vont être là. C’est un seul parti qui va avoir 51% des conseillers mais les 49 autres pour cent, suivant la représentativité. Ça n’exclu personne mais, on allait limiter en bas le pourcentage à 5% par exemple. Un parti qui n’a pas 5% dans une commune, je ne dis pas que c’est négligeable mais on peut faire sans lui.

Guineematin.com : Après tout, qu’est-ce qui risque de se passer aujourd’hui, selon vous ?

Damaro Camara : ça, je ne le sais pas. Aujourd’hui, nous on va passer selon e programme. Nous avons deux conventions que nous allons voter. Après le soir, il y a la clôture.  Bien sûr, au mois de février, il y aura une session extra ordinaire. D’ici février, peut-être que des lignes vont bouger dans un sens ou dans un autre. Mais, ce que je retiens et que je veux que vous reteniez, ce que aucun, accord, aucune constituante, aucune réunion, aucun cadre ne peut empêcher ou enlever au député sont droit sacrosaint de débattre des textes qui lui sont soumis. De dire oui ou non à un texte qui lui ait soumis. Le dialogue ne peut pas modifier la construction, il ne peut pas annuler la constitution ou amender la construction. La constitution dit que c’est au parlement qu’on fait les lois.

Guineematin.com : Merci honorable Damaro

Damarao Camara : Je vous en prie.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé et Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41/ 621 09 08 18

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