Plus de 315 millions escroqués : 2 ans de prison requis contre les deux présumés auteurs

Mohamed Lamine Gueye et Fodé Alhassane Molota Camara sont poursuivis pour avoir détourné un montant de 315 millions 520 mille francs guinéens au préjudice de Sékou Cherif et de plusieurs autres personnes, dont des femmes. Les faits se seraient produits en juin 2017, dans la commune de Matam. Les prévenus ont comparu ce lundi, 7 mai 2018, au tribunal correctionnel de Mafanco, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Expliquant leur mésaventure à la barre, les victimes ont fait comprendre au tribunal que c’est au mois de juin 2017 qu’elles ont adhéré à une société de micro-finance. Une société qui a Fodé Molota Camara et Mohamed Lamine Gueye, respectivement comme directeur général et chef des opérations.

Ces deux prévenus ont fait croire à leurs victimes que la société est partenaire de la Banque Centrale et qu’elle dispose d’un capital d’un milliard de francs guinéens. Pour s’inscrire, il faut débourser 40 mille francs guinéens comme frais de dossiers, puis verser 8 millions de francs guinéens pour bénéficier jusqu’à 40 millions de francs guinéens de crédit.

Convaincus, les citoyens, dont de nombreuses femmes, se sont massivement mobilisés pour adhérer à cette structure de micro-finance en payant beaucoup de millions dans l’espoir d’avoir des prêts pour fructifier leurs activités.

Cependant, à chaque fois qu’elles vont demander leurs intérêts, les deux responsables placent des arguments et évoquent des problèmes de transaction au niveau de la banque. « Même nos propres fonds, on n’a pas pu les récupérer à plus forte raison les bénéfices. Ils ont utilisé les fonds à leur propre fin. Nous réclamons en tout 315 millions 520 mille francs guinéens », ont sollicité les victimes par la voix de Sékou Cherif.

Le procureur Lansana Cissé a fait observer que cette entreprise de micro-finances n’a jamais existé. « C’est une société fictive qui n’existe nulle part. C’est une fausse entreprise qui n’existe que de nom. Les femmes ont été trompées. Et elles ont compris. Les victimes ne font que venir. Quand les prévenus ont été interrogés ici, ils disaient que c’est la banque centrale qui leur a promis de l’argent. Ils disaient que même Elhadj Bah Ousmane (président de l’UPR, ministre d’Etat, ministre conseiller à la présidence, ndlr) leur a promis des fonds », a évoqué le procureur.

Ces fonds, ajoute le procureur, « ont été reçus, encaissés et dilapidés par les deux prévenus. Nous sommes dans une affaire d’escroquerie rocambolesque, à outrance car le nombre de victimes n’est pas encore déterminé. Les gens ont cotisé pour obtenir des prêts et finalement il y a eu des manœuvres frauduleuses pour persuader l’existence d’une fausse entreprise. Donc, je vous demande de les déclarer coupable des faits d’escroquerie en les condamnant à 24 mois de prison ferme et à un million de francs guinéens d’amende, tout en recevant les victimes dans leur droit », a-t-il requis.

La défense, par la voix de maitre M’Bombey Mara, plaide coupable et demande au tribunal de condamner ses clients au temps mis en prison. Ils sont détenus depuis le 14 juin 2017.

Le dossier a été renvoyé au 14 mai 2018 pour décision être rendue.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 654 416 922/664 413 227

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