Le colonel Ibrahima Sory Camara, officier de police à la retraite, et certains de ses voisins ont reçu une visite musclée d’hommes armés qui les ont dépouillés de tout après avoir blessé une dame. Les présumés auteurs de cette attaque à main armée sont entrain d’être jugés au Tribunal de Première Instance de Dixinn. Les plaidoiries et réquisitions dans ce dossier ont eu lieu ce lundi, 04 juin 2018, a constaté sur place Guinematin.com, à travers un de ses reporters.

Les présumés auteurs de cette attaque sont Alya Yattara et le caporal chef Mohamed Kaba. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, détention illégale d’armes et vol à main armée. Alya Yattara, le seul qui comparait, le caporal Kaba serait décédé à la maison centrale de Coronthie, a nié les faits qui lui sont reprochés devant le juge Mangadouba Sow. Après avoir déclaré les débats clos, le juge a demandé aux parties de passer aux réquisitions et plaidoiries.

Dans ses plaidoiries, l’avocat de l’officier de police a dit qu’il y a bien eu attaque à main armée par une bande de malfrats, dont le chef de file est le caporal chef Mohamed Kaba, béret rouge de l’armée guinéenne. « Il porte sa tenue militaire, non pas pour défendre l’intégrité territoriale de la Guinée, mais pour braquer ses concitoyens et prendre leurs biens. C’est un soldat dangereux qui, lors de son arrestation, a fracturé le bras d’un gendarme. Alya Yattara, le seul qui est devant ce tribunal, fait partie du groupe des six malfrats qui ont effectué cette opération. Une opération au cours de laquelle, ils ont emporté au moins trente millions de FG et une dizaine de téléphones. Nous demandons en tout et pour tout 200 millions de francs guinéens pour les trois familles pour toutes causes de préjudices confondus », a plaidé maitre Abou Camara.

Par la suite, c’est le procureur Mohamed Samoura qui va prendre la parole pour ses réquisitions. Il va rappeler les faits. Selon lui, c’est le 20 janvier 2014 que le colonel Ibrahima Sory Camara, alias « S’en fout » a été mis au respect avec deux de ses gardes, au quartier Sangoyah, dans la commune de Matoto. « Les malfrats sont venus vers 20 heures pour braquer les trois familles. Quand madame Tiguidanké Kaba a compris qu’il s’agissait d’un braquage, elle a fui avec ses enfants pour s’enfermer dans la chambre. Malheureusement, elle avait lassé un de ses enfants au dehors. Quand celui-ci a frappé à la porte, la dame a été obligée d’ouvrir. Un des malfrats a aussitôt ouvert le feu, la blessant grièvement au niveau du bras. Le nommé Alya Yattara, qui comparait ici, a été retrouvé avec un des téléphones volés. Il a été localisé grâce à la technologie vers Dubréka, dans un petit village appelé Kaléyiré. C’est lui qui a dénoncé le caporal chef Kaba, décédé à la maison centrale », a expliqué monsieur Samoura.

Après ces explications, le procureur va demander au tribunal de « déclarer l’action publique éteinte à l’égard du caporal chef Mohamed Kaba. Pour ce qui est de l’accusé Alya Yattara, je vous demande de le retenir dans les liens de la culpabilité des faits pour lesquels il est poursuivi. Pour la répression, vous le condamnerez à 20 ans de réclusion criminelle ».

Pour les avocats de la défense, cette réquisition est un non sens car ne reposant sur rien. Pour maitre Facinet Soumah, « dans ce dossier, nous sommes restés sur notre faim par rapport à l’administration de la preuve. Un pickup rempli de policiers, fait une descente au village de notre client à Dubréka, pour le prendre en otage et l’envoyer d’abord chez les prétendues victimes avant de le présenter à un officier de police judiciaire. Là, on le torture pour lui faire avouer des faits qu’il n’a jamais commis. On parle d’attaque à mains armées, mais on ne nous présente aucun scellé, aucune arme, pas la moindre sommes d’argent volé. Quant au téléphone, Alya Yattara l’a acheté au marché Bordo de Matoto. L’appareil peut avoir une origine frauduleuse, mais notre client n’a fait que l’acheter, il n’en savait rien. C’est pourquoi, dira-t-il, je vous prie de le renvoyer des fins de la poursuite pour non imputabilité et non culpabilité ».

Abondant dans le même sens, le second avocat de la défense va laisser entendre que « Alya Yattara a été arrêté de manière rocambolesque pour être conduit chez la prétendue victime ». Plus loin, maître Kpana Emmanuel Bamba va dire que « le colonel de police a corrompu les officiers enquêteurs à qui reconnait avoir donné le prix du carburant. Comment peut-on arrêter un suspect et l’amener chez la supposée victime ? Le téléphone qui devrait servir de pièces à conviction, a disparu. Vous n’allez pas condamner ce garçon en vous fondant sur des allégations mensongères. Je vous prie de renvoyer le ministère public et la partie civile à mieux se pourvoir. C’est aussi le cas pour l’accusé que vous allez renvoyer des fins de la poursuite pour délit non constitué », a plaidé maître Bamba.

Le juge Mangadouba Sow va mettre le dossier en délibéré au 11 juin 2018 pour décision être rendue. Alya Yattara, en pleurs, repart à la maison centrale de Coronthie où il est détenu depuis le 25 février 2014, soit 4 ans 3 mois et 10 jours.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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