Considérée jusque-là comme l’un des projets phares du président Alpha Condé, la filière anacarde traverse actuellement de sérieuses difficultés liées notamment à la mévente enregistrée cette année par les petits producteurs. Préoccupés par cette situation, les producteurs, à travers leur fédération, viennent d’interpeller le gouvernement sur la question, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans une correspondance dont Guineematin.com tient une copie, la Fédération nationale des producteurs d’anacarde de Guinée (FENAPAG), a interpellé le Premier ministre, Chef du gouvernement, sur la situation que traversent actuellement ses membres. Situation liée aussi bien à la mévente qu’à la chute brutale du prix des noix de cajou en Guinée.

Dans cette correspondance, transmise à la primature le 25 juin 2018, le Président de la FENAPAG, Pr Mohamed Lamine Kaba, souligne que « les producteurs d’anacarde sont confrontés à une série de problèmes dont les principaux sont :

1-le marché de cajou est figé depuis le début de la campagne ;

2-le peu d’achat auquel on assiste ici et là se fait à des prix nettement inférieurs au tiers de ceux de l’année dernière ;

3-le planteur a toute sa production dans les bras dans des conditions impropres à la conservation : mauvaise qualité de l’emballage et locaux inappropriés ;

4- Confronté à cette mévente, le planteur est sans ressources pour traverser la période hivernale, jusqu’à la prochaine campagne commerciale du cajou, sans compter qu’il ne pourra certainement pas compter sur les stocks invendus de cette année qui seront mal conservés ».

La FENAPAG souligne que des courriers ont été adressés à ce titre à la ministre de l’agriculture, au ministre du commerce, au ministre d’Etat secrétaire général à la présidence de la République et au président de la Chambre d’agriculture.

Dans cette correspondance qui est une sorte de cri de cœur, l’organisation des producteurs d’anacarde, « souhaite vivement qu’une action gouvernementale soit engagée dans les prochaines semaines afin d’apporter une certaine forme d’aide à la filière anacarde et soutenir ainsi l’initiative présidentielle en faveur du secteur agricole en général et de la filière anacarde en particulier ».

En attendant une réaction favorable et rapide de l’Etat, le vice-président de la Fédération nationale des producteurs d’anacarde de Guinée (FENAPAG), Elhadj Mamadou Saliou Kaltamba, lance un appel aux différents acteurs intervenant dans la filière.

D’abord aux braves paysans de Guinée, il demande de comprendre la difficile situation qui se dessine. « …si l’année dernière, nous avons vendu le kilogramme de cajou jusqu’à 16 mille francs, cette année, avec cette mévente, je vous demande, si vous voyez quelqu’un qui est prêt à payer à un prix inférieur à celui-ci, je vous demande d’accepter. C’est la loi du marché portée par l’offre et la demande. Soyons aussi croyants.

A nos frères exportateurs et importateurs qui, sans connaître le prix sur le marché international se sont lancés dans l’achat. Il y en a qui ont acheté à 10 mille francs le kg voire plus, s’ils doivent revendre cela à 8 mille, voire 7 mille ou 6 mille le kilo, c’est une perte énorme. Et quand l’individu perd, c’est l’Etat qui perd, puisque celui qui a engagé un capital de 100 millions se retrouve avec 50 millions. Nous comprenons tout cela et c’est dur à supporter, mais nous devons le faire en attendant une solution meilleure », a-t-il lancé.

Et enfin à l’Etat, Elhadj Kaltamba demande des mesures d’urgence pour sauver la filière. « Nous demandons à l’Etat de venir au secours pour sauver la filière. Il y en a qui ne comptaient que sur cela pour s’acheter de la nourriture pour la famille, des habits pour les enfants, la scolarité et tout. S’ils n’arrivent pas à avoir cela, ça devient un problème sérieux. C’est une urgence à laquelle le gouvernement doit faire face », souligne le vice-président de la FENAPAG.

En attendant une réaction du gouvernement, les petits producteurs de la filière anacarde continuent de tirer le diable par la queue.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin