Face à la crise qui secoue le secteur éducatif guinéen, le président du PAJELESC, Abdourahmane Baldé, préconise l’organisation des états généraux de l’éducation. Il l’a dit à l’occasion d’un point de presse qu’il a animé ce jeudi, 1er novembre 2018 à Conakry. L’activiste de la société civile en a profité pour se prononcer sur la situation sociopolitique du pays, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

En ce qui concerne la crise liée à la grève des enseignants en cours, Abdourahmane Baldé, le président du parlement des jeunes leaders de la société civile guinéenne, estime que la solution n’est ni le payement des 8 millions de francs guinéens réclamés par le SLECG, encore moins le recrutement des contractuels qui n’ont parfois aucun niveau et aucune pédagogie pour donner les cours en lieu et place des grévistes.

« Nous pensons qu’il faut profiter de cette occasion pour organiser les états généraux de l’éducation, même s’il faut fermer les écoles pendant 2 semaines ou un mois, pour qu’on puisse faire le diagnostic réel des problèmes qui minent le système éducatif », a-t-il dit.

Pour l’activiste de la société civile, les problèmes rencontrés dans le système éducatif ne doivent pas être réglés à la légère, sinon le pays ne sera toujours pas à l’abri des manifestations. Il soutient d’ailleurs que les multiples crises politiques enregistrées en Guinée, sont dues en partie à la défaillance du système éducatif de notre pays. « On ne peut pas avoir des leaders politiques sérieux si on n’a pas des écoles de qualité.

Si vous voyez aujourd’hui que les hommes politiques manquent d’idées, que nous parlons d’ethnies, de régions, c’est parce que l’école a été ce qu’elle est. On a des gens qui disent être bien formés, mais qui ont suivi des cours de Wikipédia pendant tout leur cycle. Les enseignants ne sont pas formés pour faire la recherche et il n’y a pas de fonds alloués à la recherche. Donc, il ne faut pas espérer une formation de qualité », a laissé entendre l’activiste.

Abdourahmane Baldé dénonce les assassinats des jeunes enregistrées à l’occasion des manifestations de rue, mais aussi le fait que les principaux acteurs politiques du pays ne donnent pas la chance aux jeunes qu’ils utilisent pourtant à chaque fois pour se faire entendre. Pour lui, la Guinée est prise en otage par un clan, et il ne faut pas compter sur l’aide des institutions financières internationales pour sortir le pays de la misère.

« Le FMI qui a des cadres formés dans les plus grandes Universités du monde dit qu’il va nous aider. C’est faux ! Depuis combien d’années, il nous propose de l’aide ? La Banque mondiale qui dit, si vous ne faites pas tel ajustement, tel programme ou telle politique, nous n’allons pas vous subventionner. On a poussé les dirigeants à augmenter le prix du carburant et à rendre la vie chère… Nous ne sommes pas libres et pas indépendants parce que nous n’avons pas une école qui puisse nous libérer », s’indigne l’activiste de la société civile.

C’est pourquoi, Abdourahmane Baldé demande à l’ensemble des guinéens de prendre leurs responsabilités et de savoir que personne ne viendra d’ailleurs pour aider notre pays à développer.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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