Plus d’une quarantaine de personnes sont allées manifester ce mardi, 06 novembre 2018, dans une concession située au quartier Taouyah dans la commune de Ratoma. Ces citoyens dénoncent ainsi une escroquerie dont ils ont été victimes de la part du concessionnaire et interpellent les autorités sur la situation, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

Ce sont des citoyens très en colère qui ont investi ce mardi matin, une grande concession située dans le quartier Taouyah. Ils sont venus dénoncer une escroquerie dont ils sont victimes de la part du propriétaire de la concession. Ce dernier a retiré des sommes d’argent avec de nombreux citoyens avec une promesse de leur louer des appartements dans sa concession. Après avoir collecté l’argent, il a logé certaines personnes avant de disparaitre avec l’argent des autres.

Ces citoyens, victimes d’escroquerie ont d’abord saisi la Direction de la Police Judiciaire (DPJ) et l’office de répression du crime organisé, mais ces démarches n’ont pas encore porté fruit. Ils ont décidé alors d’organiser un sit-in ce mardi, 06 novembre 2018 dans la concession en question pour interpeller les autorités sur la question.

Sylla Jim

Sylla Jim, l’un des manifestants, explique ce qui a conduit à cette manifestation. « Nous sommes là aujourd’hui parce que nous sommes victimes d’escroquerie à grande échelle de la part de monsieur Lansana Bangoura, le concessionnaire de l’endroit où nous sommes maintenant là, c’est-à-dire le bâtiment pour lequel nous avons donné notre argent. Cette affaire dure depuis deux mois environ. Le gars a récupéré notre argent, près de 30 millions appartenant à mes cousins, mes frères et moi comme avance. Il a dit de verser l’avance en attendant qu’il termine le travail, on lui a versé l’argent. Mais, dans le même temps, il avait pris de l’argent avec d’autres personnes comme avance pour les mêmes appartements. Il a collecté en tout près d’un milliard de francs. Après, il a logé certaines personnes et a disparu avec l’argent des autres. On est venu récupérer les clés et on a trouvé qu’il a pris la fuite », explique-t-il.

Ibrahima Diallo

Ibrahima Diallo est là aussi pour manifester. Il est également victime de cette escroquerie : « Moi, je suis venu ici depuis le 16 août dernier. J’ai donné une avance de 7 millions de francs au concessionnaire, il restait 2 millions 600 mille que je devais lui verser pour avoir l’appartement que je voulais. Il m’a donné un délai de 5 jours pour revenir prendre la clé.

Mais entretemps, sa sœur est tombée malade et elle est décédée. Donc, à chaque fois que je venais, il trouvait des arguments à placer. Et finalement, je suis venu trouver que quelqu’un a occupé l’appartement. Donc, actuellement on ne sait pas où il est avec notre argent. Il est parti avec toute sa famille et aucun de leurs contacts ne passe », a dit cet autre manifestant.

Ces citoyens veulent, à travers ce sit-in, attirer l’attention des autorités afin qu’elles s’impliquent pour trouver une solution à ce problème. Et, si cela n’est pas fait, ils n’hésiteront à se rendre justice, prévient Sylla Jim : « Si les autorités ne s’intéressent pas à cette affaire et que les procédures judiciaires n’aboutissent pas, on va se rendre justice. Et cela, en venant brûler ici. Il y a des solutions possibles si les autorités s’impliquent. La maison peut être mise en bail pour rembourser les victimes leur argent, elle peut même être vendue pour qu’on puisse récupérer notre argent.

Nous demandons l’implication des autorités locales ainsi que celles du haut pour trouver une solution avant que ça ne dégénère, sinon j’ai peur même qu’il n’y ait mort d’homme ici. Actuellement les tensions sont vives, il y a certains parmi nous qui ont voulu qu’on saccage le bâtiment alors qu’il y a des locataires à l’intérieur. Donc, il est du devoir de l’autorité d’intervenir pour éviter le pire dans cette affaire », a lancé ce citoyen.

Karamba Bangoura,

De son côté, le chef de secteur, Karamba Bangoura, appelle les victimes à la retenue et à poursuivre la procédure judiciaire déjà engagée : « On ne peut pas saisir les autorités et se rendre justice. Maintenant que les victimes ont saisi les autorités, elles n’ont qu’à attendre d’elles la solution », a suggéré Karamba Bangoura.

A noter que selon le chef de secteur, le concessionnaire mis en cause dans cette affaire est un récidiviste. En 2016, il a été condamné pour les mêmes faits et avait passé 6 mois en prison.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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