Mouctar Bah, correspondant de RFI en Guinée, a été entendu ce lundi, 12 novembre 2018 par la HAC, suite à une plainte déposée contre lui par le ministère de la Défense nationale. Après son audition par les commissaires de la Haute Autorité de la Communication, notre confrère est sorti serein, assurant qu’il ne se reproche de rien.

A l’origine de cette convocation de Mouctar Bah devant la HAC, un reportage que le correspondant de Radio France Internationale en Guinée a fait sur les meurtres de deux jeunes survenus mercredi dernier à Wanindara, quartier de la commune de Ratoma, à Conakry. Dans ce reportage, notre confrère a cité des proches d’une des victimes qui ont accusé des bérets rouges d’avoir tiré sur le jeune. Ce qui a amené le ministère de la Défense nationale à se plaindre contre lui auprès de l’autorité de régulation des médias en Guinée.

« D’abord, il y a une convocation du ministère de la Défense contre Mouctar Bah RFI, que mon papier passé sur l’armée où j’ai dit que selon des témoins, selon les proches des victimes, des bérets rouges sont venus sur une moto et tiré sur les gens qui étaient devant leur porte, qui attendaient de traverser pour aller regarder un match de football. On estime que je n’ai pas équilibré mon papier, qu’il fallait appeler le ministère de la Défense pour recouper l’information.

J’ai dit que c’était aux environs de minuit, donc je ne pouvais pas appeler à cette heure-là. Le lendemain, j’ai tout fait toute la journée pour avoir une version, mais ils m’ont dit que comme le papier est déjà passé, c’est grave. Moi, je me dis que ce n’était pas grave. Alors, on a discuté autour de ça, ils m’ont laissé partir. Ils disent qu’ils vont siéger pour prendre la décision », a-t-il déclaré au sortir de son entretien avec les commissaires de la HAC.

En attendant l’annonce de la décision de la Haute Autorité de la Communication, Mouctar Bah garde sa sérénité. Il soutient qu’il ne se reproche de rien : « Je n’ai pas eu de convocation. J’ai demandé à avoir la plainte, ils m’ont dit qu’elle est adressée à la HAC et non à moi. Mais, je ne me reproche de rien parce que je n’ai fait que rapporter des propos des proches des victimes. Maintenant le lendemain j’ai tout fait pour avoir la version du ministère de la Défense parce que c’était tard la nuit, mais en vain.

Si vous voulez, je peux vous montrer des SMS, des appels que j’ai échangés avec Aladji Cellou, que j’ai échangés avec un officier de l’armée dont je ne vais pas dire son nom ici pour sa sécurité. J’ai échangé avec un certain Souleymane Keita du RPG mais personne ne voulait parler. Souleymane Keita du RPG m’a répondu à 22 heures pour me dire qu’il n’avait pas vu mes appels et mes SMS », a dit le journaliste.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

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