Comme annoncé précédemment, les femmes de l’opposition républicaine n’ont pas pu aller au bout de leur marche pacifique organisée ce mardi, 13 novembre 2018 à Conakry. La manifestation a été stoppée au niveau de la Belle vue où les forces de l’ordre sont intervenues à coups de gaz lacrymogènes pour disperser les manifestantes.

Mais, contrairement à la dernière manifestation des opposantes qui avait également été empêchée à Donka, cette fois, plusieurs manifestantes ont été blessées, dont la députée de Dalaba. Peu après les faits, un reporter de Guineematin.com a recueilli les réactions de certaines responsables des femmes de l’opposition.

Hon. Taata Bah

Honorable Mariama Taata Bah, députée de UFDG : quand nous sommes arrivées au niveau de la Belle Vue, nous avons vu des policières qui étaient d’abord là. Nous avons demandé aux femmes de s’asseoir, certaines se sont assisses. Mais entre-temps, nous avons vu des pick-up qui étaient derrière, dans lesquels étaient assis des policiers. Donc, nous avons forcées les policières, elles n’ont pas pu nous retenir comme nous l’avons fait la dernière fois avec les autres femmes gendarmes. Dès qu’on a dépassé le cordon des policières, les policiers se sont levés. Il y avait un qui avait une arme à feu, les autres avaient leurs gaz lacrymogènes, ils ont commencé à nous gazer et ils ont dispersé la foule.

Il y a l’honorable Hadja Hawa Binta Diallo qui a été blessée sérieusement parce qu’il a fallu qu’on ait une suture ; il y a une autre femme bastonnée par les policiers ; il y a une autre, je ne sais pas si leur gaz qui est tombée au niveau de sa main, il y a un doigt qui est sérieusement atteint et tant d’autres. Ce n’est pas sérieux, c’est regrettable, c’est déplorable que notre pays soit aujourd’hui dans cet état, les guinéens ne méritent pas ça.

Hadja Halimatou Dalein Diallo

Hadja Halimatou Dalein Diallo, épouse du chef de file de l’opposition guinéenne : nous avons décidé d’organiser une marche de protestation contre toutes les tueries que nous connaissons ici en Guinée. Nous sommes sorties, nous les femmes de l’opposition, nous les femmes de Guinée, pour dire à ce gouvernement de cesser de tuer nos enfants. Trop, c’est trop. Un mort de plus, un mort de trop. Ils ne cessent de tuer atrocement nos enfants. Donc, nous marchons pour protester contre ceci. Il y a eu des femmes qui ont été battues, il y a même des députées qui ont blessées. Mais ça, ça ne nous décourage pas, on continue le combat.

Nènè Oussou Diallo

Nènè Oussou Diallo, présidente des femmes du parti GRUP (Génération pour la Réconciliation, l’Union et la Prospérité) : pour une fois, j’avais cru qu’en voyant le ministre de la Justice et le ministre de la Sécurité s’exprimer devant la presse nationale et internationale, j’avais cru qu’aujourd’hui, ils allaient nous laisser manifester, pour dire non aux tueries ciblées. Nous n’avons pas autre alternative que de continuer le combat, on va continuer ; tous les jours, on va marcher. Et, je profite de l’occasion pour demander à toutes les femmes dans toutes les préfectures de la Guinée, de se mobiliser pour dire non à ce pouvoir, pour dire non à Alpha Condé et son clan.

Barry Adama

Barry Adama, présidente des femmes du PRP : je suis tellement déçue des forces de l’ordre. Nous pensions qu’en tant que femmes, on est sorti pour manifester pacifiquement sans violence, ils allaient nous laisser marcher. Mais vraiment, je suis déçue de ce pouvoir qui est là. Et, je veux dire à Bafoé d’arrêter, nous sommes sorties pour leur dire d’arrêter de tuer nos enfants. Nous ne savons pas jusqu’où ils veulent aller ; mais, nous nous sommes prêtes à continuer le combat.

Hadja Maïmouna Diallo

Hadja Maïmouna Diallo, présidente des femmes de l’UFDG : je suis meurtrie, parce qu’une fois encore, les forces de l’ordre ont prouvé leur barbarie, leur violence. J’aurais pensé que, ils n’auraient pas été aussi violents avec les femmes, mais c’est regrettable pour notre pays. Effectivement, on a été gazées, bastonnées et tirées même à balles réelles. Parce qu’on a enregistré quatre (4) femmes blessées, dont deux (2) très graves. Les blessures sont tellement graves que je ne peux pas imaginer que ce n’est pas une balle.

Mais, nous comptons redoubler d’efforts, ça nous galvanise davantage parce que nous avons compris de ce que nous avons dit et de tout ce que nous avons fait. Or, nous ne pouvons pas nous asseoir et laisser tuer nos enfants comme ça, comme s’ils n’étaient pas des guinéens. Aujourd’hui, nous sommes à 101 morts, nous allons continuer jusqu’à ce que ça cesse, nous allons continuer jusqu’à ce que nous soyons compris.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Facebook Comments

Commentaires

Guineematin