Tout avait bien commencé au carrefour de Bambéto, où de nombreuses femmes de l’opposition républicaine se sont retrouvées, ce mardi, 13 novembre 2018. Arborant des foulards et autres habits rouges, ces femmes ont battu le pavé pour exprimer leur désapprobation face aux nombreux assassinats non élucidés lors des manifestations de l’opposition républicaine, a constaté un reporter que Guineematin.com a déployé sur place.

La foule de femmes grossissait au fur et à mesure que la marche se déroulait. On notait la présence de Hadja, Halimatou Dalen Diallo, femme du chef de file de l’opposition, les présidentes des femmes de l’UFDG et du GRUP, certaines députées de l’UFDG et de nombreuses anonymes.

Les femmes ont insisté tout au long du parcours qu’elles ne voulaient pas voir d’hommes parmi elles. De Bambéto à la Minière, en passant Dar-Es-Salam, Hamdallaye Pharmacie, Gnariwada, les marcheuses ont été acclamées et encouragées par de nombreux citoyens. Elles étaient munies de pancartes « Justice zéro ! Alpha zéro ! Arrêtez de tuer nos enfants ! Justice pour les victimes… ». Elles avaient également les photos de nombreux jeunes tués par balles lors des manifestations de l’opposition.

De nombreux automobilistes, et même des motards, ont été obligés de rebrousser chemin sur le tronçon Hamdallaye-Bambéto. Ceux qui ont voulu résister ont été pris à partie. De Hamdallaye à la Belle-vue, les jeunes interdisent aux citoyens de filmer la marche. Des agents de sécurité de l’UFDG interviennent régulièrement pour maîtriser cette horde surexcitée, notamment au carrefour Chinois.

Mais, à quelques pas du carrefour de la Belle vue, en face du siège de la SEG, un important dispositif sécuritaire était visible. Il avait pour mission d’empêcher les femmes de continuer pour le stade de Dixinn où devaient se tenir les discours.

Madame Bah Hadja Maimouna Diallo, vice-présidente des femmes de l’UFDG, et la députée Mariama Tata vont essayer de négocier avec les policiers pour permettre la poursuite de la marche. Les agents sont restés fermes.

Au moment, les esprits s’échauffaient. De nombreuses jeunes filles, hystériques, étaient aux prises avec les policières, en infériorité numérique. Des injures et des slogans hostiles à la justice et au gouvernement sont entendus.

Tout d’un coup, c’est du gaz lacrymogène qui est aspergé sur la foule. Il va s’en suivre une débandade dans tous les sens. Les manifestantes sont obligées de battre en retraite. La police va se mettre à leur poursuite.

Ne pouvant plus continuer, certaines femmes vont se retrouver au QG de l’UFDG, après un long périple. Blessées pour certaines (au moins quatre), exténuées suite au gaz lacrymogène inhalé, elles vont ruminer leur colère. Nombre d’entre elles étaient assises à même le sol, d’autres couchées, hébétées, fortement éprouvées.

Malgré tout, elles vont réitérer leur volonté de remettre ça jusqu’à ce que la lumière soit faite sur la centaine de manifestants assassinés depuis avril 2011.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél 628 17 99 17

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