Instauré le 26 mars 2020 et prorogé plusieurs fois, l’état d’urgence sanitaire expire à nouveau le 15 août prochain. A cette occasion, le président Alpha Condé devrait une nouvelle fois s’adresser à la nation pour faire l’état des lieux de la lutte contre la pandémie du coronavirus et donner les directives à suivre.

A trois jours donc de ce discours très attendu, des transporteurs basés au parc de Bambéto (Conakry) se font entendre. Ils exhortent le chef de l’Etat à lever l’état d’urgence ou tout au moins alléger les restrictions pour leur permettre de souffler, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est allé à leur rencontre ce mercredi 12 août.

Plusieurs chauffeurs ont interpellé le président de la République sur les difficultés qu’ils endurent depuis l’instauration de l’état d’urgence sanitaire, il y a bientôt cinq mois. C’est le cas d’Abdoulaye Camara, chauffeur sur la ligne Conakry-N’Zérékoré.

Abdoulaye Camara, chauffeur sur la ligne Conakry-N’Zérékoré

 

« Nous sommes confrontés à beaucoup de difficultés. Parmi lesquelles, les rackets dont nous sommes victimes de la part des forces de l’ordre. Nous sommes déjà confrontés aux conséquences négatives du coronavirus, et c’est le moment choisi malheureusement par les forces de l’ordre pour nous fatiguer. Nous ne sommes pas dans un pays frappé par la rébellion. C’est nous tous qui avons élu Alpha Condé ; mais, on n’a pas voté pour lui pour qu’il nous torture. Nous souffrons vraiment des rackets de la part des forces de l’ordre, et nous lui demandons de faire face à cette situation. Nous demandons au président de la République, à défaut de lever l’état d’urgence sanitaire, qu’il fasse arrêter les exactions et les rackets dont nous sommes victimes de la part des forces de l’ordre », a-t-il réclamé.

Mohamed Diallo, chauffeur sur la ligne Conakry-Sinko

Même son de cloche chez Mohamed Diallo, chauffeur sur la ligne Conakry-Sinko : « Nous souffrons énormément. Depuis que cette pandémie a été déclarée dans notre pays, l’Etat a instauré un contrôle à travers l’installation de plusieurs barrages sur les routes. Mais, ce que nous subissons est loin de ce qu’ils appellent contrôle. Pour quitter Conakry et aller en Forêt, nous donnons au minimum 50 000 francs aux agents postés au niveau de chaque barrage. Cela sans compter ce qu’on peut payer aux policiers qui sont ici à Conakry.

Parfois, lorsqu’un policier te vois sortir de Conakry, il peut te soutirer de l’argent estimé à environ de 200 000 francs. Malheureusement, nous ne pouvons rien faire sinon que nous adresser à ceux qui les ont mis à ces barrages. Donc, nous demandons au président de la République de tenir compte de nos souffrances pour alléger un peu les mesures prises dans le cadre de la lutte contre cette pandémie. Sinon mon souhait d’ailleurs, c’est que le président lève cet état d’urgence sanitaire », a dit ce transporteur.

Mory Fofana, apprenti-chauffeur, travaillant sur la ligne Conakry-N’Zérékoré

Mory Fofana, apprenti-chauffeur, travaillant sur la ligne Conakry-N’Zérékoré, demande également au président Alpha Condé de penser aux chauffeurs dans sa prise de décision. « Nous souffrons énormément sur cette route. Nous voulons demander au président de la République de penser aux chauffeurs et de lever l’état d’urgence sanitaire. En plus du mauvais état de la route, nous sommes victimes de rackets de la part des agents déployés au niveau des barrages. Donc, nous exhortons le président à nous aider à mettre un terme à cette situation », a plaidé le jeune homme.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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