Les médias privés et la radio nationale écartés par le CNRD : « ça commence mal », dit Amara Camara

14 octobre 2021 à 8 08 05 100510

« Dadis Camara pensait que tout ce qu’il faisait, c’était à la télé et c’était en direct… Mais, quand le Président Alpha Condé aussi est venu, la radio a été complètement exclue des programmes du Président… Aucun des voyages du Président Alpha Condé n’a été couvert par la radio nationale. Si on en a parlé, c’est peut-être quand il le décide, il dit à son reporter de faire quelque chose pour la radio nationale. Donc, c’est ce système qui a continué jusqu’à aujourd’hui. On pense que c’est la télévision nationale qui soigne leur image, alors que quand on doit communiquer pour la population, on ne doit exclure aucun média. Parce que chaque média a ses lecteurs, ses auditeurs et ses téléspectateurs. Il y en a qui préfèrent les sites d’informations, d’autres les radios privées et d’autres aussi la radio nationale… Je pense qu’il faut qu’on les conseille, parce qu’on ne peut pas déclarer la guerre aux médias, qu’ils soient publics ou privés. Les médias sont un mal nécessaire, il vaut mieux les avoir avec soi que de les avoir contre soi », a notamment dit Amara Camara.

Arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat perpétré le 05 septembre dernier contre le régime Alpha Condé, le Comité national du rassemblement pour le développement (la junte militaire qui dirige actuellement la Guinée) ne développe pas actuellement de bonnes relations avec la presse privée, ainsi d’ailleurs que la radio nationale. Les proches collaborateurs de la junte écartent très souvent les représentants des médias privés et de la radio nationale lors des rencontres officielles. C’est le cas par exemple lors des cérémonies d’installation du Premier ministre, Mohamed Béavogui, et du Secrétaire général de la présidence de la République, le colonel Amara Camara, ainsi que lors de la visite du président Sierra Léonais, Julius Maada Bio, ou encore de la rencontre organisée mardi dernier, 12 octobre 2021, à la Primature, entre le Premier ministre et le secrétaires généraux des différents départements ministériels.

Très récurrent, ce rejet est teinté de mépris. Et, c’est le weekend passé que le Rubicon a failli être franchi, quand des éléments des forces spéciales (l’unité d’élite qui a déposé Alpha Condé le 05 septembre dernier) ont investi les locaux du Groupe Djoma Média avec des tirs d’armes automatiques. Ce comportement des militaires inquiète les professionnels des médias et suscite des interrogations sur la nature des relations que le CNRD veut entretenir avec la presse privée en Guinée.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, mardi 12 octobre 2021, Amara Camara, ancien rédacteur en chef de la radio nationale (RTG), estime que cette façon d’agir des nouvelles autorités de Guinée est à bannir. Amara Camara pense que la junte guinéenne doit revoir sa copie pour corriger ce « mauvais départ » avec la presse privée.

« Je me dis que c’était une descente qui était prévue. Eux (le CNRD), ils disent que ce n’était qu’une descente ; mais, c’est pour vérifier une information. C’est ce que colonel Balla Samoura a dit. Mais, moi je pense que s’il y a des informations autour, pas forcément les médias, mais de n’importe quel citoyen, l’idéal serait d’aller avec les règles. Et, ces règles, à mon avis, veulent qu’on convoque les gens ou alors qu’on vienne dans le temps imparti par la loi. Parce que normalement, à ce que je sache, les officiers de police judiciaire le disent souvent, qu’entre 6 heures et 18 heures, c’est l’intervalle requis pour des interventions de ce genre. Mais, si les gens viennent à 22 heures, et au de-là, pour dire que c’est pour vérifier une information, à mon avis, c’est trop faire. C’est effrayant pour un média. Quoi que l’on cherche aujourd’hui à rassurer les médias, je pense que c’est très compliqué. Et, ça commence mal. Je souhaite que ces gens revoient leur copie pour éviter qu’on ne continue à subir des telles descentes policières ou militaires », a dit Amara Camara.

Pour ce doyen de la presse guinéenne, la mise à l’écart des médias privés doit être débattue par les associations de presse pour trouver une solution.

« Cette question doit être débattue entre les associations de presse et les responsables actuels (le CNRD). Mais, je vous avoue que ce n’est pas seulement les médias privés qui sont exclus. A la RTG par exemple, même la radio nationale n’est pas associée. Les gens pensent que c’est la télévision nationale qui constitue le seul média qui peut porter leur message. Or, les Guinéens sont partagés entre les médias. Aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, la radio nationale est l’un des médiums les plus écoutés en Guinée. Ne serait-ce qu’à travers les éditions d’informations qui sont synchronisées par les 35 stations des radios rurales de Guinée et par certaines radios privées de l’intérieur. Mais, quand les gens viennent, on dit que c’est la caméra qui intéresse les autorités », a indiqué Amara Camara.

A en croire ce journaliste de la RTG, de même que les journalistes des médias privés, ceux de la radio nationale souffrent également de ce sentiment d’être rejetés par les autorités guinéennes, surtout depuis l’élection du président Alpha Condé. Malheureusement, le CNRD est sur la voie de perpétuer cette mauvaise pratique à l’égard de la presse.

« Dadis Camara (qui était président du CNDD et de la Transition guinéenne en 2008, NDLR) pensait que tout ce qu’il faisait, c’était à la télé et c’était en direct. Ce qui n’était pas vérifié. Mais, quand le Président Alpha Condé aussi est venu, on pensait qu’il communiquait avec le bas peuple, notamment avec la radio nationale. Mais, la radio a été complètement exclue des programmes du Président Alpha Condé. Aucun des voyages du Président Alpha Condé n’a été couvert par la radio nationale. Si on en a parlé, c’est peut-être quand il le décide, il dit à son reporter de faire quelque chose pour la radio nationale. Donc, c’est ce système qui a continué  jusqu’à aujourd’hui. On pense que c’est la télévision nationale qui soigne leur image, alors que quand on doit communiquer pour la population, on ne doit exclure aucun média. Parce que chaque média a ses lecteurs, ses auditeurs et ses téléspectateurs. Il y en a qui préfèrent les sites d’informations, d’autres les radios privées et d’autres aussi la radio nationale. Mais, on laisse tous ces gens à côté… Je pense qu’il faut qu’on les conseille, parce qu’on ne peut pas déclarer la guerre aux médias, qu’ils soient publics ou privés. Les médias sont un mal nécessaire, il vaut mieux les avoir avec soi que de les avoir contre soi », a précisé Amara Camara.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Conakry : nouvelle rencontre ce mercredi entre les DAF et le CNRD

6 octobre 2021 à 9 09 12 101210
Colonel Mamadi Doumbouya, président du CNRD et de la Transition

C’est sans doute un travail intense que les DAF et SAF des ministères et des régies financières sont en train de faire avec le comité national du rassemblement pour le développement (CNRD).

Après une longue journée passée hier au Palais Mohamed V de Conakry, les chefs des divisions administratives et financières (DAF) et les chefs des services administratifs et financiers (SAF) sont revenus ce mercredi matin pour continuer les travaux.

En quittant les lieux hier, aux environs de 22 heures, il a été demandé de faire le rapport des dépenses depuis le 5 septembre dernier (date à laquelle le président Alpha Condé a été renversé par la junte militaire dirigée par le colonel Mamadi Doumbouya) et l’état des lieux de la situation qui prévaut actuellement dans leurs services respectifs.

Mais contrairement à l’information annoncée par certains, on apprend que les passeports des DAF et SAF n’ont pas été saisis et qu’ils ne sont pas, pour l’heure en tout cas, interdits de voyager. Toutefois, le gel des comptes bancaires, tout comme ceux des anciens ministres et présidents d’institutions, reste maintenu.

Un reporter de Guineematin.com est déjà à Kaloum pour mieux vous informer

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Elhadj Ousmane Baldé : « le colonel Doumbouya nous a dit… »

14 septembre 2021 à 18 06 32 09329
Elhadj Ousmane Fatako Baldé, président de la coordination nationale des Foulbhé et Haali Poular de Guinée

Comme annoncé précédemment, les coordinations régionales ont constitué la deuxième couche à être reçue par le comité national pour le rassemblement et la démocratie (CNRD), dans le cadre des concertations nationales qui doivent permettre d’élaborer une feuille de route pour la transition.

A l’issue de la rencontre, qui s’est tenue à huis clos, le président de la coordination nationale des Foulbhé et Haali Poular de Guinée a exprimé sa satisfaction par rapport au coup d’Etat militaire qui a renversé le président Alpha Condé. Elhadj Ousmane Fatako Baldé a déclaré que la junte militaire a tout simplement débarrassé les Guinéens d’un gros fardeau.

« Les militaires nous ont appelés pour qu’on puisse apporter notre contribution à l’édification d’une Guinée nouvelle. Parce que comme vous le savez, notre pays était devenu comme une poubelle pour les citoyens guinéens. C’est pourquoi, nous remercions les militaires qui ont pris leurs responsabilités pour nous débarrasser de ce problème.

Le colonel Doumbouya nous a dit qu’il a fait ça, parce que la Guinée souffrait beaucoup et qu’il est là pour aider le pays à souffler à nouveau, pour que chaque citoyen puisse jouir de ses droits et s’acquitter de ses devoirs à l’égard de sa famille et la nation guinéenne. Pour cela, nous le remercions infiniment », a-t-il déclaré.

De leur côté, les sages du pays ont dit à l’équipe dirigée par le colonel Mamady Doumbouya qu’elle a « beaucoup à faire ». Il s’agit notamment de faire en sorte que la Guinée soit véritablement un Etat de droit, promouvoir l’unité nationale, la vérité, l’équité et la justice pour tous.

 « Certes, ce n’est pas facile, mais comme ils ont la volonté, ils pourront réussir cette noble mission. Car Dieu sera de leur côté et la population aussi va les accompagner dans ce combat. J’exhorte chacun à prendre ses responsabilités pour faire en sorte que la Guinée puisse devenir un pays correct et honnête », a lancé Elhadj Ousmane Fatako Baldé.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com 

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Mandat d’arrêt contre Koundouno : Jacques Gbonimy dénonce une autre « manipulation de la justice »

26 août 2021 à 16 04 48 08488
Jacques Gbonimy, président de l’UPG

Comme annoncé précédemment, depuis le 31 mai dernier, la justice guinéenne a émis un mandat d’arrêt international contre Sékou Koundouno, activiste de la société civile et contre le 3ème mandat du président Alpha Condé à la tête de la Guinée. Mais, c’est seulement ce 25 août 2021, que ce mandat d’arrêt a été rendu public dans le pays. Et, depuis sa publication, des voix ne cessent de se lever au sein de la classe politique et de la société civile pour dénoncer cette parodie de la justice guinéenne.

Dans un entretien accordé à Giuineematin.com ce jeudi 26 août 2021, le président de l’Union pour le Progrès de la Guinée (UPG), Jacques Gbonimy, a laissé entendre que l’Etat devrait plutôt s’occuper des difficiles conditions de vie des guinéens que de continuer à intimider ses opposants qu’il ne peut atteindre.

« Le président Alpha Condé et son gouvernement sont dans la logique d’intimidation. Pendant qu’on parle de dialogue politique et social, on continue à arrêter et à lancer des mandats d’arrêt contre des citoyens. On ne sait pas quel est l’objectif recherché par rapport à ça et quel sera le fondement de ce dialogue si les gens continuent à être menacés. Vous vous souvenez que beaucoup de nos compatriotes sont en prison. Et, pendant qu’on parlait de dialogue, notre ami, Kéamou Bogola Haba, a été arrêté pour des questions que nous ne considérons pas comme des faits qui peuvent contribuer à faire arrêter quelqu’un. Parce qu’on parle de menace à l’intérêt national. Ces questions peuvent, peut-être, nous aider à surmonter les difficultés actuelles de l’Etat ; mais, l’augmentation du prix du carburant, des tarifs au niveau de la téléphonie et sur le marché sont des réalités que nous vivons aujourd’hui et qui doivent plutôt préoccuper le gouvernement que de continuer à arrêter les gens. Ce mandat d’arrêt pour moi ne servira à rien, parce que c’est une simple manipulation de la justice par le pouvoir en place. Ça n’a aucun sens pour moi parce qu’ils ne pourront pas arrêter Sékou Koundouno pour les faits qu’on lui reproche et je ne vois pas la communauté internationale s’engager dans un mandat d’arrêt de ce genre », a martelé Jacques Gbonimy.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Ismaël Condé après sa condamnation : « je me repens et présente mes excuses au président de la République »

8 juillet 2021 à 12 12 16 07167
Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG

Comme annoncé précédemment, Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG, a été situé sur son sort. Le tribunal de première instance de Mafanco (Conakry) a rendu ce jeudi, 8 juillet 2021, sa décision dans le double procès de l’opposant. La juridiction l’a renvoyé des fins de poursuite dans le premier dossier, mais l’a condamné dans le second à 3 ans 4 mois d’emprisonnement ferme et à 30 millions de francs d’amende.

Cette décision suscite un sentiment « très mitigé » chez Ismaël Condé, qui a réagi juste après devant les micros des journalistes présents au tribunal. « Aujourd’hui, je suis animé d’un sentiment très mitigé. D’un côté, je suis extrêmement fier d’être blanchi pour des accusations d’escroquerie, de complicité et d’entrave. Ce sont des accusations très graves. Car dans ce procès, c’est mon honneur et ma réputation qui étaient en jeu. Je suis très content du fait que le droit a été dit dans ce procès.

De l’autre côté, je suis très peiné d’être condamné pour des accusations d’injures, d’offense sur la personne du chef de l’Etat. Je ne suis pas un homme qui utilise les injures et les offenses pour faire passer ses idées. Surtout que mon opposition avec le président de la République ne se situe pas au niveau de sa personne physique. Ce qui m’oppose aujourd’hui à lui, ce sont des principes et des valeurs démocratiques auxquels nous avons tous souscrit dans un passé récent », a déclaré l’opposant.

Ce dissident du parti au pouvoir qui a rejoint le principal parti d’opposition du pays a mis l’occasion pour adresser un message au président Alpha Condé. « Excellence monsieur le président de la République, si par mes publications sur les réseaux sociaux il est arrivé que je vous offense et vous injurie, sachez que ce n’était nullement pas l’expression d’une volonté manifestée. De ce fait, mettez ça dans le cadre d’une faute de jeunesse. Je me repens en vous présentant mes sincères excuses pour ces injures et offenses », a dit Ismaël Condé.

Ces dernières semaines, plusieurs opposants qui étaient détenus à la Maison centrale de Conakry ont été graciés, après avoir présenté des excuses et demandé pardon au président de la République. Reste maintenant à savoir si le premier vice maire de Matam connaîtra le même sort.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

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Accord Guinée- Sénégal : Macky Sall expulsera-t-il les opposants d’Alpha Condé exilés à Dakar ?

7 juillet 2021 à 13 01 20 07207
Ibrahima Diallo et Sékou Koundouno au sortir de la Maison centrale, le 13 mars 2020

L’assemblée nationale guinéenne a ratifié le dimanche dernier un accord de coopération militaire et technique avec le Sénégal. Cet accord avait été signé le 19 juin par les présidents Alpha Condé et Macky Sall en marge d’une session de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) à Accra.

Ledit accord porte sur 12 points dont, entre autres, la sécurisation conjointe des frontières, la non utilisation du territoire de l’une des parties contre les intérêts de l’autre, la lutte contre la criminalité transfrontalière.

Les termes de cet accord suscitent à la fois commentaire, interprétation et inquiétude. Pour nombre de commentateurs, la Guinée, forte de cet accord, pourrait exiger et obtenir l’expulsion de certains exilés politiques qui ont trouvé refuge dans ce pays après la présidentielle controversée du 18 octobre 2020, suivie d’une purge contre les opposants au troisième mandat. On parle notamment de Sékou Koundouno et d’Ibraima Diallo. Lesquels pourraient faire les frais de l’accord obtenu par Conakry et que le pouvoir guinéen brandirait pour mettre la pression sur le Sénégal. Pure imagination et spéculation pour les uns. Réel motif d’inquiétude pour les autres.

Ceux qui estiment que le Sénégal n’aura pas le choix que de céder devant une éventuelle pression de son voisin ont pour argument que de la même manière que la Guinée a obtenu la signature d’un accord qu’on pourrait interpréter comme de « non-agression », de cette même manière elle pourrait obtenir l’expulsion de ceux dont la présence à Dakar n’est pas de son goût. Les autres rétorquent que c’est mal connaître le Sénégal que de penser qu’il dérogera à une règle qui a fait sa réputation.

Dans  tous les cas, la Guinée et le Sénégal ne sont pas à leur premier différend en ce qui concerne la présence d’opposants guinéens dans la capitale sénégalaise. Depuis notre indépendance, ceux qui ne sont pas en odeur de sainteté avec le régime de Conakry trouvent refuge à Dakar. De tous les temps, les opposants se sont succédé au pays de la Teranga, y compris un certain Alpha Condé ou plus loin dans l’histoire le célèbre écrivain Camara Laye.

D’ailleurs, parmi les raisons qui font que Sékou Touré prenait le président Léopold Sédar Senghor comme un ennemi, il y avait surtout la présence de ses opposants à Dakar. Comme on le sait, la fermeture de la frontière entre les deux pays est récurrente. On rapporte que durant la révolution, certains guinéens qui traversaient cette frontière étaient abattus comme du gibier. Leurs dépouilles charcutées par les charognards. Dans certaines régions frontalières, des administrateurs trop zélés avaient demandé de sentir l’odeur des « traitres » abattus à la frontière.

Bref, ce n’est pas la première fois que la situation est tendue dans cette partie du continent. Ce n’est pas la première fois non plus que la Guinée exigera du Sénégal l’expulsion de ses opposants. Mais, les différents chefs d’Etat sénégalais y ont toujours opposé une fin de non-recevoir. Ce qui fait dire certains observateurs que Macky Sall pourrait difficilement accepter aujourd’hui ce que ses prédécesseurs ont refusé hier.

En outre, les présidents Léopold Sédar Senghor et Abdou Diouf ont débouté Conakry par conviction personnelle. Or, depuis leur départ du pouvoir, la donne a quelque peu changé au Sénégal. Depuis 2000, une société civile plus active et plus exigeante a émergé. Une expulsion des opposants au régime de Conakry susciterait une véritable levée de boucliers et une vaque d’indignation que le régime sénégalais, déjà fragilisé par les dernières manifestations, ne pourra pas maitriser. Bref, c’est un risque que Macky Sall n’osera pas prendre.

Toutefois, on pourrait s’attendre à ce que le Sénégal demande à ses hôtes encombrants d’être plus discrets pour éviter les courroux de Sékoutouréya. Il y a un précédent qui donne de l’espoir aux familles de Diallo et Koundouno. Même Hissène Habré, pourtant accusé de crime contre l’humanité, n’a pas été expulsé par le Sénégal. Or, le duo Ibrahima Diallo et Sékou Koundonou n’a pas fait mal même à une mouche, à plus forte raison à un citoyen de la Guinée. Au contraire ! Ils sont considérés par beaucoup de leurs compatriotes et même au-delà comme étant des jeunes engagés, des citoyens modèles qui pouvaient tout avoir en monnayant leur engagement citoyen. Mais, qui ont pris le risque de combattre le troisième mandat et de défendre la Constitution de leur pays à leur risques et périls, Donc, ce sont des héros aux yeux de la plupart des citoyens guinéens et africains.

Habib Yemberig Diallo pour Guineematin.com

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Armée : le président Alpha Condé décore 6 coopérants français

7 juillet 2021 à 12 12 30 07307

Le ministère de la Défense a servi de cadre ce mercredi 7 juillet 2021 à la cérémonie de décoration de six coopérants militaires en fin de mission, suite à un décret du chef de l’Etat. C’est le ministre de la Défense Dr. Mohamed Diané en personne qui a remis les précieuses distinctions aux récipiendaires en présence de l’ambassadeur de France en Guinée et de toute la hiérarchie militaire réunie à cet effet.

Dr. Mohamed Diané s’est dit très heureux de présider à nouveau une cérémonie de remise de médailles par lesquelles le Président de la République, Chef de l’Etat et Chef suprême des Armées, a bien voulu récompenser les coopérants militaires français en fin de séjour en Guinée.

« Vous vous en souvenez, Son Excellence Monsieur le Président de la République, dans sa magnanimité, a toujours bien voulu témoigner la reconnaissance du Peuple de Guinée aux coopérants militaires en fin de séjour de travail au sein de notre Armée », a rappelé le ministre de la Défense nationale. 

Cette fois, ils sont six coopérants de la mission militaire française à bénéficier des médailles que la Grande Chancellerie des ordres nationaux vient de procéder à  la remise officielle. Il s ‘agit du lieutenant-colonel Loïc DAVAILLON, du lieutenant-colonel Eric CORNIC, du Chef de bataillon  Franck RITOUET, du chef d’escadron Jean-Henri BONNEL, du capitaine Eric RIGER et de l’Adjudant-chef Marie-Paule  LORQUIN

Dr. Diané a indiqué que ces décorations traduisent la satisfaction de son Département et surtout celle du Chef Suprême des Armées à l’endroit des différents coopérants pour les services de qualité rendus aux Forces armées guinéennes.

« Le travail des coopérants militaires français aux côtés des forces de défense, traduit lui-même la bonne santé de la coopération historique qui existe entre la France et la Guinée. Il est aussi le reflet de la volonté commune des autorités militaires françaises et  guinéennes de dynamiser leur collaboration dans le cadre de la montée en puissance de l’Armée Guinéenne pour mieux faire face aux nouveaux défis sécuritaires de la sous-région ».

Pour le ministre de la Défense nationale, cette volonté commune des deux pays se matérialise efficacement dans la mise en œuvre de la Réforme du Secteur de Sécurité, amorcée depuis l’avènement du Professeur Alpha CONDE à la magistrature suprême de la Guinée.

« Durant trois ans, les coopérants auxquels nous disons au revoir aujourd’hui, ont contribué au renforcement des capacités de nos structures pour de meilleures approches de travail dans ce processus de Réforme », a dit le ministre d’Etat.

Les six coopérants laissent ainsi à leurs postes respectifs, des traces indélébiles qui impacteront durablement l’œuvre de construction de notre Armée dont l’ambition a toujours été d’être une Armée d’excellence, capable d’assurer dignement sa mission régalienne.

S’adressant directement aux heureux récipiendaires du jour, le ministre de la Défense,  au nom du Chef Suprême des Armées, a adressé ses chaleureuses félicitations à tous et leur a souhaité plein succès dans les futures missions qu’ils auront à effectuer. « Par ailleurs, j’ose croire, chers coopérants, que ces distinctions cimenteront pour toujours les liens d’amitié que vous avez tissés avec vos frères d’arme guinéens durant votre séjour de travail. Je profite de cette occasion pour rassurer de nouveau tous nos partenaires, de notre volonté inaltérable de dynamiser davantage notre coopération », a conclu Dr. Mohamed Diané.

Transmis par le service de communication du ministère de la Défense nationale

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Détournement du véhicule de Soma Touré : la confrérie des chasseurs menace de manifester à Siguiri

29 juin 2021 à 11 11 26 06266
Soma Touré, président des chasseurs de Siguiri

On s’achemine vers une nouvelle étape dans le différend qui oppose le président des chasseurs de Siguiri, Soma Touré et l’ancien ministre des transports, Elhadj Tidiane Traoré. Le premier accuse le second du détournement d’un véhicule qui lui aurait été donné par le président Alpha Condé. Et, face à l’impasse dans cette affaire, la confrérie des chasseurs de Siguiri menace de « descendre dans la rue dans les prochains jours » pour attirer l’attention du chef de l’Etat et tirer au clair ce problème. L’annonce de cette manifestation a été faite hier, lundi 28 juin 2021, par le président des chasseurs de Siguiri au terme d’une réunion tenue à son domicile avec les chasseurs et les responsables politiques locaux du RPG arc-en-ciel, rapporte Guineematin.com à travers son correspondant à Siguiri.

Ils n’ont donné aucune date précise pour cette « marche de la colère », mais leur intention est déjà très claire. Ils cherchent à démêler le vrai du faux dans cette affaire de véhicule pour pourri l’atmosphère entre leur président Soma Touré et l’ancien ministre Elhadj Tidiane Traoré. Ils, ce sont les chasseurs de Siguiri qui veulent réellement savoir où se trouve le véhicule que le président Alpha Condé a remboursé à Soma Touré. Car, selon les informations (qui sont d’ailleurs très rependues actuellement à Siguiri), c’est à Elhadj Tidiane Traoré que le président Alpha Condé avait le véhicule (une Mercedes220) de Soma Touré. Et, cette histoire se serait passée en 2015, au lendemain de la présidentielle. Mais, l’ancien ministre des transports aurait abusé de la confiance du chef de l’Etat pour faire main basse sur le véhicule de Soma Touré. Et, ce dernier ne compte plus se taire, d’autant plus qu’il soupçonne une mauvaise foi du ministre Elhadj Tidiane Traoré dans cette affaire. Et, dans sa quête de la vérité, il vient d’avoir soutien de ses frères chasseurs et les responsables politiques locaux du RPG arc-en-ciel. Tous projetent de battre le pavé dans les prochains jours si Soma Touré n’entre pas en possession de son véhicule dans les prochaines heures.

« Nous étions en réunion avec nos frères chasseurs, mais aussi les responsables politiques du parti RPG. Et, nous comptons manifester dans les prochains jours ici à Siguiri. Mais, comment un président de république peut être dénigré par son ministre. Le président donne une chose à son ministre pour une autre personne, le ministre détourne. C’est là est possible sous le régime Alpha Condé. C’est que les gens doivent comprendre, il ne s’agit d’un cadeau ; mais une dette envers le président. Une dette parce que j’ai perdu mon véhicule dans sa mission politique. Une dette parce qu’il a promis publiquement qu’il doit me rembourser. Et, la promesse est dette. Je ne suis pas m’importe qui qu’il faut tromper », Soma Touré, le président des chasseurs de Siguiri.

Rappelons que cette histoire est partie de l’élection présidentielle de 2015 en Guinée. Soma Touré a utilisé son véhicule et son argent pour faire campagne pour Alpha Condé candidat du RPG arc-en-ciel pour un second mandat à la tête de la Guinée. Son véhicule a été sérieusement endommagé pendant cette bataille électorale. Mais, le président Alpha Condé aurait pris l’engagement de lui rembourser son véhicule. Et, ayant obtenu son second mandat, Alpha Condé se serait acquitté de cette promesse. Il aurait remis à Elhadj Tidiane Traoré (à l’époque ministre des transports) un véhicule qu’il devait à son tour remettre à Soma Touré. Mais, le ministre Tidiane Traoré aurait fait main basse sur ce véhicule au détriment de Soma Touré qui est resté à scruter le ciel en attendant de voir son véhicule arriver. Aujourd’hui il tient à entrer en possession de son véhicule, mais le ministre Tidiane Traoré ne voudrait pas en entendre parler. D’où la pomme de discorde entre les deux hommes.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Demande de pardon contre grâce présidentielle en Guinée : « C’est des effets de publicité », dénonce Dr Edouard Zoutomou

23 juin 2021 à 17 05 30 06306
Dr Edouard Zoutomou Kpogomou, président de l’UDRP (Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès)

Comme annoncé dans nos précédentes publications, le président Alpha Condé a encore gracié hier, mardi 22 juin 2021, deux prisonniers politiques qui purgeaient un an de prison chacun à la maison centrale de Conakry. Il s’agit de Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté, tous opposés à son 3ème mandat à la tête de la Guinée. Ils ont été affranchis de la prison après avoir écrit et demandé officiellement pardon au chef de l’Etat. Mais, cette libération sur fond de troc, bien que salutaire pour les bénéficiaires et leurs proches, est très critiquée au sein de la classe politique guinéenne, notamment dans les rangs de l’opposition.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce mercredi, 23 juin 2021, peu après la sortie de prison de Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté, le leader de l’UDRP (Union Démocratique pour le Renouveau et le Progrès), Dr Edouard Zoutomou Kpogomou, a dénoncé de l’extorsion et de la publicité visant à présenter le président Alpha Condé comme le bienfaiteur des Guinéens. Et, la manœuvre viserait à blanchir le locataire du palais Sékhoutouréyah de son catastrophique bilan humain et de gouvernance de ces dix dernières années.

« Dès le premier acte de grâce, j’avais dit que c’est de l’extorsion parce qu’on ne peut pas demander aux gens d’écrire pour reconnaître, simplement parce qu’on veut prêter un autre visage à monsieur Condé. Il est en train de montrer qu’il est un humaniste. Quand on est humaniste, il y a des choses qu’on ne fait pas. On ne peut pas mettre les gens en prison, les obliger à reconnaître quelque chose avant qu’on ne leur donne la liberté d’aller chez eux ou d’aller vaquer à leurs affaires. Ça, ça ne changera pas le paradigme. Ça ne va rien changer en ce que nous connaissons. C’est des effets de publicité, du n’importe quoi d’autre. Il n’y a pas de substance. Ça prouve à suffisance que la justice en Guinée, elle est aux ordres de monsieur Alpha Condé, un point, un trait. Cette manière de gracier est la matérialisation, la preuve la plus éloquente. Les gens ne croyaient pas. Aujourd’hui, il suffit qu’il dise que je les ai laissés, on les relâche. Cela veut dire que c’est lui qui les a mis en prison. Plutôt ça renforce la position que nous avons sur ce qui se passe en Guinée en termes de procédure judiciaire », a indiqué Dr Edouard Zoutomou Kpogomou.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Conakry : Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté recouvrent enfin la liberté

23 juin 2021 à 13 01 53 06536

C’est un véritablement ouf de soulagement pour Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté qui purgeaient chacun une peine d’an de prison à la maison centrale de Conakry. Ils ont recouvré leur liberté ce mercredi, 23 juin 2021, après avoir bénéficié quelques heures plus tôt d’une remise complète de peine.

Ces opposants au troisième mandat (étaient dans le même dossier que le défunt Roger Bamba, ce cadre de l’UFDG décédé en prison le 17 décembre dernier) ont été graciés mardi soir par le président Alpha Condé. Et, ils viennent de prendre leur première bouffée d’oxygène frais de liberté, après des mois d’incarcération. Ils se congratulent actuellement avec leur avocat, Me Salifou Béavogui, devant la maison centrale.

Nous y reviendrons !

Mohamed Doré pour Guineematin.com

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Alpha Condé libère 2 opposants à son 3ème mandat : Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté graciés

22 juin 2021 à 20 08 50 06506

C’est par un décret rendu public dans la soirée de ce mardi, 22 juin 2021, que le président Alpha Condé a gracié deux opposants à son troisième mandat. Une totale remise de peine est accordée à Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté graciés, a indiqué le décret.

Arrêtés, détenus, jugés et condamnés pour leur opposition au troisième mandat du président Alpha Condé, Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté étaient dans le même dossier que le défunt Roger Bamba de l’UFDG. Mais, après le décès de ce dernier, les deux premiers ont été condamnés à un an d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 20 millions de francs guinéens chacun, le mercredi 13 janvier 2021, par le tribunal de première instance de Dixinn.

A la barre, le président du mouvement Diversité Républicaine de Guinée est revenu sur les circonstances de son arrestation, en septembre dernier. « Je vis aux États-Unis. Je suis venu en Guinée le 25 août 2020, et j’ai lancé le mouvement Diversité Républicaine de Guinée (DRG) à la maison de la presse de Conakry, le 12 septembre 2020. Peu après le lancement, j’ai été kidnappé par les forces de l’ordre conduit dans une villa, à Kaloum, où je suis resté pendant 4 jours avant d’être déféré à la maison centrale », a-t-il relaté.

Pour lui, il n’y a aucun doute que son arrestation est la conséquence de son opposition à un 3ème mandat pour le président Alpha Condé à la tête de la Guinée. « Depuis 2016, je m’oppose à un troisième mandat pour Alpha Condé. Aujourd’hui, ça fait 100 jours que je suis en prison. Je suis l’homme le plus heureux d’être pendant 100 jours à la maison centrale. J’ai beaucoup appris. Cela me permettra même de plaider pour les gardes pénitentiaires qui font beaucoup de choses, mais qui sont abandonnés. Mon combat n’est pas contre Alpha Condé, mais je combats pour des valeurs et des principes. D’ailleurs, après sa réélection, le président de la République m’a donné raison. Parce que lui-même il est sorti à la télévision pour dire qu’il va gouverner autrement », avait dit Souleymane Condé lors de son procès, en janvier dernier…

À suivre !

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L’opposant Ismaël Condé se confie : « je suis épuisé par la détention »

21 juin 2021 à 19 07 29 06296
Ismaël Condé, premier Vice-Maire de Matam et membre du Bureau Exécutif de l’UFDG

C’est visiblement un appel de détresse que l’opposant Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG, a lancé ce lundi, 21 juin 2021, après la clôture des débats dans le second dossier de son procès. Un dossier dans lequel le transfuge du parti au pouvoir qui a rejoint le principal parti d’opposition du pays est poursuivi pour « offense sur la personne du président de la République, production, diffusion, et mise à la disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre public par le biais d’un système informatique ».

S’exprimant aux micros des journalistes présents au tribunal de première instance de Mafanco (Conakry), dont un reporter de Guineematin.com, le jeune opposant a dit être épuisé par sa détention qui dure depuis 9 mois. Lui, qui a déclaré un peu plus tôt avoir regretté les propos qu’il a publiés sur sa page Facebook et qui l’ont conduit en prison, souhaite que cette affaire soit maintenant derrière lui. Il en a profité d’ailleurs pour rappeler encore une fois que le président Alpha Condé qu’il est accusé d’avoir offensé est un homme qu’il a beaucoup aimé et qu’il a longtemps servi.

« Je suis épuisé par le long moment de détention. Vous avez devant vous, un homme fatigué et qui demande la fin de cette histoire, qui a malheureusement tant duré. Dans cette publication, je n’ai rien dit de grave. Je n’ai fait que retranscrire les propos du Chef de l’État que j’ai servi d’ailleurs pendant plus de 20 ans, que mes parents ont servi, que ma chère mère a servi. Un président que j’ai tout abandonné en France : mère, femme, enfants, travail, maison, pour venir servir. Je me retrouve aujourd’hui dans le camp des bannis, parce j’ai aimé ce président, parce que j’ai aimé ce parti que nous avons bâti ensemble.

Je suis fier du combat que le professeur a mené. Je suis fier du combat que le RPG a mené. C’est un appel que je lance à tous les démocrates de rester encore sereins. On ne se bat pas pour un homme, on se bat pour un pays, pour l’instauration de la démocratie. Au sein du RPG, il y a beaucoup de gens qui ont pensé comme moi. J’ai reçu au sein du RPG beaucoup de soutiens de personnes du haut rang qui m’ont apporté leur soutien en disant : vous avez dit tout haut ce que nous avons pensé tout bas. Mais ce n’était pas le but de dire haut ce que tout le monde pense bas. J’ai juste dit mon opinion », a déclaré Ismaël Condé.

A noter que la décision du tribunal dans cette affaire est attendue le 8 juillet 2021. Mais avant cette date, le premier vice maire de Matam doit comparaître de nouveau dans un autre dossier où il est poursuivi avec le maire de cette commune de Conakry (lui aussi membre d’un parti d’opposition) par une PME de ramassage d’ordures. Le responsable de cette entreprise les accuse d’escroquerie, complicité, entrave à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés, les concessions et d’égalité de service public. Le procès a été ouvert ce lundi 21 juin avant d’être renvoyé à la semaine prochaine.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Saïkou Yaya Barry de l’UFR : « C’est de la blague, ce dialogue ne servira à rien… »

19 juin 2021 à 10 10 53 06536
Saîkou Yaya Barry, secrétaire exécutif de l’UFR

Comme annoncé précédemment, le dialogue politique et social entamé sous l’égide de Elhadj Fodé Bangoura ne rassure pas encore une bonne partie des acteurs politiques de l’opposition. A l’union des forces républicaines (UFR), on prédit déjà l’échec de ces pourparlers. Egalement, on estime sur place que ce dialogue est un simple stratagème du président Alpha Condé.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, vendredi 18 juin 2021, le secrétaire exécutif de l’UFR, Saïkou Yaya Barry, a laissé entendre que ce dialogue n’est qu’un moyen pour le Président Alpha Condé de continuer à rouler les guinéens dans la farine.

« Ce n’est pas un dialogue qui est en train d’être fait. Aujourd’hui, ils sont en train de reconstituer leur projet de société. Ce qui a été créé est un bureau d’appui à la Primature qui doit avoir un budget, des véhicules de service pour endormir la population guinéenne, mais aussi l’opinion internationale qui réclame un dialogue inclusif. Alpha Condé n’a aucune intention de créer un dialogue national, parce qu’il ne veut pas que les problèmes qu’il a créés soient débattus en public. Nous avons tellement de problèmes qu’il a créés depuis 2010 : la fissure sociale, la gabegie financière, les détournements des deniers publics, les marchés gré à gré… Quand on parle de la politique, c’est autre chose. La mauvaise gestion des élections en Guinée, les multiples tueries lors des manifestations, l’arrestation des hommes politiques et tout cet amalgame qu’on a connu dans notre pays, on l’a vécu avec Alpha Condé. Et, l’histoire retiendra que c’est tout ce qu’on pourrait tirer de lui. Tout ce qui est négatif pour la gestion d’un Etat, son système nous a montré. Ce dialogue, Alpha n’en veut pas à cause de cela. Et, c’est pourquoi il a créé un cadre de dialogue permanent pour dribbler tout le monde. C’est sa logique à lui, mais ça ne peut pas marcher. Sinon, tout le monde connaît que ce n’est pas le secteur du transport qui pose problème. Le secteur des routes et la circulation routière posent beaucoup plus de problème que le transport lui-même. Le problème de nourriture, le problème des mines avec cette destruction de l’environnement pose plus de problème que le transport. On me dira que c’est par ça il commence ; mais, avec qui ? Alpha est en porte-à-faux même avec son décret qui donne une structuration de personnes qui doivent participer au dialogue. Cela n’a pas été créé », a indiqué Saïkou Yaya Barry.

A en croire ce cadre du parti républicain, ce dialogue, telle qu’il a été entamé, ne servira à rien.

« Fodé Bangoura me fait pitié parce qu’il est en train de s’engouffrer dans une situation qu’il ne peut pas régler et il le sait déjà. Je ne sais pas ce qui l’anime ; mais, nous savons que ce dialogue, tel que commencé, ne servira à rien. Quand on parle d’un dialogue social et politique, on parle des syndicats, la société civile, les partis politiques et le patronat. Ce n’est pas avec le transport. C’est de la blague et c’est tant pis pour les Guinéens. Parce que la Guinée est le seul pays au monde où on peut détourner des fonds et les amener à l’extérieur pour acheter des avions et faire du n’importe quoi avec l’argent du contribuable. On est en train de se plaindre pour dire : tel est soussou, tel est malinké et tel autre est peulh ou forestier. On nous a divisés dans ce sens, alors qu’ils sont en train de pomper les fonds publics qui peuvent aider la Guinée à s’en sortir pour les amener ailleurs et enrichir d’autres États », a notamment dénoncé Saïkou Yaya Barry.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Libération de Grenade et Madic 100 frontière : la joie du Dr Ben Youssouf Keita de l’UFDG

19 juin 2021 à 9 09 57 06576
Dr Ben Youssouf Keïta, membre du conseil politique de l’UFDG

Comme annoncé précédemment, le président Alpha Condé a accordé la grâce présidentielle à deux anciens militants engagés de l’UFDG (le principal parti d’opposition du pays) qui sont détenus à la Maison centrale de Conakry. Il s’agit de Boubacar Diallo alias Grenade et Mamadi Condé alias Madic 100 frontière, condamnés respectivement à 10 ans et un an d’emprisonnement.

Cette décision du chef de l’Etat guinéen, annoncée hier soir, vendredi 18 juin 2021, à la télévision nationale, suscite des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Dr Ben Youssouf Keïta, membre du conseil politique de l’UFDG, s’est prononcé sur le sujet dans un entretien qu’il a accordé à un journaliste de Guineematin.com ce samedi matin. L’opposant se dit très heureux de savoir que les deux jeunes « injustement détenus » vont enfin recouvrer leur liberté.

« Je me réjouis profondément du fond de mon cœur de la liberté totale recouvrée par ces deux compatriotes. Comme vous le savez, ils ont été arrêtés, emprisonnés, jugés et condamnés pour des raisons purement politiques. Ce ne sont pas des criminels, ce ne sont pas des bandits. Ce ne sont même pas des bandits à col blanc à plus forte raison des bandits de grand chemin.

C’est tout simplement des Guinéens qui ont leurs opinions, leur manière de voir la politique et leur manière de mener le combat pour le bonheur du peuple de Guinée. Maintenant qu’ils ont payé cher ce combat par la privation de leur liberté pendant plusieurs années pour l’un et plusieurs mois pour l’autre, les voir graciés, on ne peut que se réjouir », a réagi l’ancien député.

Toutefois, ce proche de Cellou Dalein Diallo estime que cette décision du président Alpha Condé est insuffisante pour décrisper le climat politique en Guinée. « On ne minimise personne, mais il y a des hauts responsables, des hauts gabarits de l’opposition en prison. Alors, si on veut totalement décrisper la situation, il faut accélérer le jugement de ces personnalités et les libérer. Parce que le maintien de ces personnalités en prison ne détend pas l’atmosphère politique », a dit Dr Ben Youssouf Keïta.

A rappeler que Boubacar Diallo alias Grenade était condamné pour « tentative de meurtre et détention illégale d’arme de guerre ». De son côté, Mamadi Condé alias Madic 100 frontière était condamné pour « atteinte aux institutions de la République, téléchargement, diffusion et mise à la disposition d’autrui de messages de nature à troubler l’ordre et la sécurité publics ».

Tous les deux avaient demandé pardon au président Alpha Condé, implorant sa clémence.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Décret : Alpha Condé accorde la grâce à Grenade et Madic100 frontière

18 juin 2021 à 20 08 56 06566
Alpha Condé, président de la République

À travers un décret publié dans la soirée de ce vendredi, 18 juin 2021, le président Alpha Condé a accordé la grâce présidentielle à deux prisonniers politiques. Tous les deux militants de l’UFDG (principal parti de l’opposition guinéenne), Mamadi Condé, alias Madic 100 frontière, et Boubacar Diallo, dit Grenade, avaient, chacun, présenté des excuses au chef de l’État et sollicité sa clémence.

À suivre !

Mohamed Doré pour Guineematin.com

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Dr. Faya sur le dialogue politique : « Cellou, Sidya, Ousmane Kaba… étaient tous au PUP avec Fodé Bangoura… C’est un atout, s’il sait l’exploiter »

18 juin 2021 à 13 01 46 06466
Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral

De retour au pays après plus de trois mois d’absence, Dr Faya Millimouno, le président du Bloc Libéral (BL), s’est exprimé hier, jeudi 17 juin 2021, sur l’actualité sociopolitique brûlante de la Guinée (dialogue politique, condamnation de Oumar Sylla, etc) et sur l’état de santé de son parti le BL. L’opposant au régime Alpha Condé. C’était à l’occasion d’un entretien accordé à un journaliste de Guineematin.com, le patron du BL croit dur comme fer que la libération des détenus politiques pourrait contribuer significativement à décrisper le climat politique et donner la chance au dialogue politique.

Décryptage !

Guineematin.com : le dialogue politique et social a été lancé hier à Conakry sous l’égide d’Elhadj Fodé Bangoura. Vous n’étiez pas là à sa nomination comme secrétaire permanent de ce dialogue. Alors, comment avez-vous accueilli sa nomination et quelle lecture faites-vous de ce début de dialogue ?

Dr Faya Millimouno : je dois commencer par dire que nous avons été les tous premiers à appeler au dialogue, parce que notre pays était sur une pente très raide. Les tensions étaient plus vives qu’elles ne le sont maintenant. Elles ne sont pas encore complètement dissipées, mais les tensions étaient véritablement vives. Alors, aujourd’hui nous sommes contents de savoir que tous les acteurs, même si certains posent des conditions, sont plus ou moins d’accord que nous allions au dialogue. Je n’étais pas là quand on a nommé Elhadj Fodé Bangoura, je suis de ceux qui pensent que nous avons des ressources qu’il faille exploiter. Je n’ai jamais été très séduit par les groupes de contact internationaux. Des gens qui ne connaissent pas le pays. Ibn Chambas est venu ici une dizaine de fois, il n’y a pas eu de solution. Djinit l’a précédé. Est-ce qu’on a des ressources internes ? Des Juristes, anthropologues, ethnologues, ceux qui, véritablement, connaissent les réalités guinéennes qui peuvent travailler à faire parler les guinéens entre eux ? Oui ! Il y en a. Monsieur Fodé Bangoura a été, à un moment donné, appelé le petit président de notre pays. Très proche de Lansana Conté et il a travaillé presqu’avec la majorité des acteurs politiques que nous avons aujourd’hui. Regardez autour du président Alpha Condé, beaucoup de ceux qui étaient avec lui au PUP sont autour du président Alpha Condé. Et beaucoup de ceux qui sont dans l’opposition, que ce soit Cellou Dalein, Sidya Touré, Ousmane Kaba, c’est des gens qui ont étroitement collaboré avec lui. Cette connaissance des acteurs est un atout. S’il sait l’exploiter, je crois que ça peut permettre de relever le défi lié à l’exclusivité de ce dialogue. Parce qu’il faut que tout le monde y prenne part et que tous les enjeux soient sur la table pour que nous arrivions à quelque chose de mieux pour le pays.

Guineematin.com : ce dialogue a été lancé avec les acteurs du secteur du transport. Est-ce que vous pensez que c’est déjà un bon début ou bien il fallait commencer par les questions politiques qui semblent intéresser plus d’un?

Dr Faya Millimouno : j’ai vu qu’ils ont commencé le dialogue par le secteur du transport. Mais, il faut commencer par reconnaître que dans tous les secteurs, il y a des problèmes. Et donc, si en écoutant les acteurs on pense trouver des débuts de solution, tant mieux. Mais, là où le bas blesse effectivement, c’est au niveau politique. Parce que là où le manque d’entente, de compréhension fait beaucoup plus d’impact négatif sur la vie nationale, c’est au niveau politique. Mais, je n’ai pas la prétention de dire que j’ai la solution de dire qu’il fallait commencer par tel ou tel. Peut-être qu’il y a une stratégie qui se déroule. Essayons seulement de ne faire aucun sujet un tabou. Nous avons de véritables problèmes, le pays est fermé à ses frontières Nord avec le Sénégal, avec la Guinée Bissau. Ça a un impact négatif sur la vie nationale. Nous avons des prisonniers, certains y sont morts, il y en a qui ont une santé précaire… Tous les sujets doivent être sur la table et ce dialogue ne doit pas ressembler aux précédents.

Guineematin.com : Le chef de file de l’opposition, Elhadj Mamadou Sylla, dit ne pas croire à ce dialogue parce que selon lui, il y avait des préalables à satisfaire. Est-ce que c’est votre avis aussi ?

Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral

Dr Faya Millimouno : il est clair qu’aujourd’hui il y a des choses qu’il faille faire pour baisser la tension. Nous au BL, nous travaillons à cela depuis très longtemps. Lorsque j’ai rendu visite à nos amis Ousmane Gaoual, Etienne Soropogui, Cellou Baldé, Abdoulaye Bah, Chérif Bah ; mais, surtout à ceux que nous ne pouvons pas nommer, quand je suis passé trois fois à la maison centrale, ayant été moi-même locataire là-bas, je sais ce que les gens vivent. Et puis, je suis en train de faire comme je peux pour que leur libération soit acquise. Je suis de ceux qui pensent que la libération, ne serait-ce que temporaire, parce qu’on peut dire : pour ne pas interférer avec le judiciaire, puisqu’il y a eu des accusations portées contre eux, que la procédure se poursuive ; mais, que cela soit fait selon ce que nous savons du droit. Lorsqu’on accuse, on donne la preuve. On n’accuse pas pour dire à celui qui est accusé de prouver qu’il est innocent. Celui qui accuse donne la preuve. Je vois d’ailleurs que dans le dossier qui concerne nos camarades, il y a une grande évolution. Il y a beaucoup de choses qu’on a dites au début de la procédure qu’on leur reprochait. La lecture des chefs d’accusation aujourd’hui nous fait penser à une grande évolution. On ne parle plus de fabrication ou de détention d’armes. ça veut dire que peut-être au cours de la procédure on s’est rendu compte qu’on est allé très vite en besogne et que ces gens-là ne sont pas des monstres comme on l’a prétendu et d’ailleurs elles sont allées eux-mêmes à la police judiciaire pour répondre aux convocations. On n’est pas venu les prendre. Certains diront que c’est un préalable ; mais, le fait de les libérer, ne serait-ce que provisoirement, peut faire baisser les tensions et donner la possibilité que le dialogue prenne place. Une autre chose que certains sont en train de citer comme préalables et que moi je pense que c’est essentiel, ce n’est pas une question de dialogue. Je suis un homme politique, je voyage beaucoup. Ça me met mal à l’aise de faire le test de Covid parce que je dois aller au Sénégal ou en France ou ailleurs, je paye mon billet et que ça soit au moment où je dois m’embarquer qu’on me dise non, tu ne peux pas voyager. La justice peut faire mieux que ça. Nous sommes tous justiciables. Si pour une procédure en cours il y a quelque chose qui m’est reproché et qui donne raison à la justice de restreindre mes mouvements on peut dire : monsieur Millimono, pour telle procédure en cours dont vous êtes cités, vous ne pouvez pas sortir du pays. Là, c’est transparent, c’est connu de tous. Ça n’ajoute pas à la frustration que je sois laissé d’abord en train de me préparer parce que je réponds à une invitation ou que je vais pour une visite médicale et que ça soit quand je suis prêt à prendre l’avion qu’on me dit que je ne peux pas voyager. Au-delà du fait que nous devons dialoguer, je trouve que ce n’est pas normal que ça se passe dans notre pays. Non, ce que certains pensent que c’est un préalable pour dialoguer, je pense qu’on doit simplement agir là-dessus, montrer une volonté politique là-dessus pour que d’abord, sur le plan de l’image du pays, nous ne continuons pas à être cités comme un pays qui prend d’assaut  sur les droits et libertés des populations.

Guineematin.com : ces dérives que vous êtes en train de citer, c’est notamment l’UFDG qui en est la principale victime. Mais, est-ce que cela veut dire que vous comprenez leur position de conditionner leur participation à ce dialogue à la libération de ses cadres emprisonnés, la libération de leur siège et de ses bureaux ; mais, aussi leur liberté de voyager ?

Dr Faya Millimouno : je comprends leurs soucis. A la place de tous les partis qui sont concernés, le Bloc Libéral serait tenté d’agir de la même façon. Il y a l’UFDG, comme vous l’avez dit, qui fait partie ; l’UFR qui s’est battu deux fois, trois fois avant de pouvoir obtenir la possibilité de sortir ; mon frère et ami, Abé Sylla, est passé par là. Donc, je dis simplement que ça n’honore pas notre pays ; et, on peut faire mieux. Ça fait plus de 60 ans qu’on est indépendant et nous sommes les précurseurs en matière de promotion des valeurs démocratiques, la Guinée a pris le devant ; mais aujourd’hui, nous semblons être  à la traîne. C’est pourquoi, au-delà du fait que nous devons aller au dialogue, j’invite ceux qui nous gouvernent, et particulièrement l’appareil judiciaire, à faire preuve de plus de professionnalisme dans la façon de faire les choses.

Guineematin.com : puisque nous parlons des questions judiciaires, il y a une semaine, Oumar Sylla Foniké Mangué a été condamné à une lourde peine de prison ferme. En première instance, il avait été condamné à 11 mois. En appel, le procureur demande 2 ans et finalement le juge annonce 3 ans. Quelle est votre lecture de cette autre actualité ?

Dr Faya Millimouno : naturellement et de façon générale, on dit qu’on ne commente pas une décision de justice. Mais, cette condamnation ne va pas dans la bonne direction parce qu’il y a eu un combat qui a été mené et ce combat n’était pas vide de sens. Quand on dit que le FNDC a mené le combat pour ne pas que la constitution change, ce n’est pas un combat vide de sens. Le président, Alpha Condé qui est là aujourd’hui, dans les années 2000, il a mené le même combat pour que la constitution de la Guinée ne change pas au temps de Lansana Conté. Alors, il ne faut pas qu’on installe notre pays dans une tradition de présidence à vie. Le combat a été mené, au bout, un président a été proclamé élu, investi, à travers un processus qui a connu la participation de tout le monde. Je crois qu’il est dans l’intérêt de tout le monde aujourd’hui qu’on ne continue pas à chercher la bête noire. Mais, que l’on mette la balle à terre et qu’on travaille tous à créer une atmosphère apaisée.

Guineematin.com : revenons maintenant sur le sujet concernant votre parti. Pendant que vous êtes en procès avec certains anciens responsables du BL, on a vu le départ du chargé des questions électorales du parti. Comment avez- vous accueilli cette démission ?

Dr Faya Millimouno : ce n’est pas nouveau. Je suis très étonné que les médias fassent une actualité. Moi, en tant que président, avant même que je ne voyage pour les Etats-Unis au mois de mars, c’est en novembre que j’ai obtenu une lettre de démission de la part de Samuel Kourouma. Alors, je lui ai répondu au nom du parti pour lui souhaiter bonne chance. Ça, c’était en novembre. Nous sommes en juin, on lui a souhaité bonne chance où il dépose ses valises. Donc, on ne fait pas de commentaire sur ça parce que c’est une histoire vraiment ancienne.

Guineematin.com : mais, qu’est-ce qui a été à l’origine de son départ.

Dr Faya Millimouno : nous, nous n’avons pas besoin d’expliquer sur ce qui a été à l’origine de son départ. C’est lui qui a dit qu’il quitte le parti, on lui a souhaité bonne chance et nous nous continuons notre marche. Qu’il ait la chance d’évoluer, on sera sur le terrain politique, on se rencontrera et nous sommes appelés à faire peut-être des choses ensemble.

Guineematin.com : avec ce départ qu’on peut ajouter au procès est-ce que vous ne pensez pas aujourd’hui que le Bloc Libéral a vraiment besoin du sang neuf ?

Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral

Dr Faya Millimouno : pour le procès, il ne faut pas mêler le BL. Ce n’est pas le BL qui poursuit, c’est moi-même. Même si j’ai besoin de me servir des archives du BL, je dois avoir l’autorisation du parti ; parce que je ne suis qu’un individu. Alors, ce procès, je le fais pour des raisons pédagogiques. Nous nous battons pour des valeurs ; et, la calomnie, la diffamation n’est pas une valeur. C’est une contrevaleur. Il vous souviendra que lorsqu’en communicant ici, au siège du parti, j’ai confondu Mohamed Lamine Fofana à Mamadou Lamine Fofana, j’ai fait l’objet de poursuite pour diffamation. J’ai été en prison ; mais, j’avais le cœur tranquille, parce que j’ai reconnu qu’il y a avait une erreur. J’ai fait une déclaration là-dessus. Et donc, j’étais en harmonie avec moi-même. Il y a eu par le passé des gens qui m’ont attaqué dans les médias pour dire beaucoup de choses, je n’ai pas répondu. Je leur ai donné l’opportunité d’aller devant la justice solennellement pour donner les preuves. Pour l’instant, cette procédure telle que je la vois, les gens on leur dit d’amener la preuve, ils amènent d’autres accusations. Je souhaite simplement que le droit soit dit dans cette affaire.

Guineematin.com : quel est votre mot de fin ?

Dr Faya Millimouno : c’est de dire que le BL aujourd’hui se porte mieux. Je viens de quitter l’extérieur où, malgré la Covid-19, j’ai pu quand-même par les applications interposées conférer avec les autres structures qui sont en Europe, aux Etats-Unis. Le parti se porte de plus en plus mieux parce qu’à l’interne, on avait l’impression qu’il y avait comme si c’était des ennemis qui se retrouvaient. On n’avait plus un même objectif. Aujourd’hui, l’objectif est commun et que les choses se font dans la sérénité. Au moment où nous parlons, plusieurs missions sont à l’intérieur du pays et notre mission est en train de se poursuivre dans le grand Conakry. Même le dimanche dernier j’étais à la tête d’une forte délégation à Coyah. Et ce dimanche nous serons à Manéah. Le parti gagne aujourd’hui ses forces et ce qui est important, j’invite tous les militants et les sympathisants à redoubler d’effort pour que nous délivrions la marchandise par rapport à la promesse que nous avons faite au peuple de Guinée, créer la rupture.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Maison centrale : « Grenade » présente des excuses à Alpha Condé et sollicite sa clémence

18 juin 2021 à 8 08 23 06236

C’est peut-être le dernier recours pour Boubacar Diallo alias « Grenade » pour espérer sortir de prison. Deux semaines après sa condamnation à 10 ans d’emprisonnement par la Cour d’appel de Conakry, l’ancien militant de l’UFDG implore la clémence du président Alpha Condé.

Dans une lettre en date du 15 juin 2021, qu’il aurait lui-même signée, le jeune homme demande pardon au chef de l’Etat guinéen et sollicite une remise de peine. Boubacar Diallo « Grenade » dit avoir pris conscience de ses erreurs et promet à sa sortie de prison, de se comporter désormais en bon citoyen.

Guineematin.com vous propose ci-dessous sa lettre adressée à Alpha Condé :

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L’Ambassadeur du Royaume-Uni chez Cellou Dalein : « j’ai pu lui faire part des conflits… »

16 juin 2021 à 18 06 28 06286
Cellou Dalein Diallo et David Mcllroy, Ambassadeur du Royaume-Uni en Guinée

Cellou Dalein Diallo multiplie les rencontres avec les diplomates étrangers pour échanger avec eux autour de la situation sociopolitique en Guinée, très tendue depuis que le président Alpha Condé a décidé de s’accrocher au pouvoir au terme de ses deux mandats légaux.

Quelques jours après avoir rencontré les Ambassadeurs des Etats-Unis et de l’Union européenne, le coordinateur du Système des Nations Unies et le représentant de la CEDEAO en Guinée, le président de l’UFDG a reçu l’Ambassadeur du Royaume-Uni, David Mcllroy, à son domicile, ce mercredi 16 juin 2021.

Cellou Dalein Diallo et David Mcllroy, Ambassadeur du Royaume-Uni en Guinée

« J’ai pu ainsi lui faire part des conflits qui opposent mon Parti à l’Exécutif et qui tirent leur origine de la violation par ce dernier de la Constitution, des lois de la République et des décisions de justice.

Il a réitéré́ l’attachement de son pays au respect par ses partenaires des droits humains et des règles et principes de l’État de droit et de la démocratie », a annoncé le principal opposant guinéen sur les réseaux sociaux.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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Alpha Condé aux Guinéens : « nous allons passer quelques mois difficiles… »

16 juin 2021 à 15 03 22 06226
Alpha Condé, président de la République

Le président Alpha Condé a inauguré ce mercredi, 16 juin 2021, le chemin de fer Dapilon-Santou, dans la préfecture de Boké. Le chef de l’Etat guinéen a mis l’occasion à profit pour adresser un message dit de « vérité » à ses compatriotes. Il reconnaît les difficultés économiques auxquelles sont confrontés les Guinéens, mais leur demande d’accepter cette situation qui, selon lui, seront bientôt jugulées. Comme à ses habitudes, Alpha Condé ne s’est pas empêché aussi de lancer des piques à ses opposants, qu’il qualifie d’ennemis de la République.

Guineematin.com vous propose ci-dessous un extrait de son discours :

 « Bien sûr, la vie est difficile aujourd’hui. Personne ne pensait que cette maladie allait durer tant. Les conditions de vie sont difficiles, mais c’est la situation partout. Si vous allez dans les pays voisins, vous verrez que les gens souffrent plus qu’en Guinée. Comment mettre fin à ça ?

Ce n’est pas en écoutant ces ennemis de la Guinée qui ont échoué à empêcher le référendum et qui viennent dire la vie est chère. Rien ne se gagne sans le travail. Il faut qu’on se dise la vérité. Nous allons passer quelques mois difficiles, nous devons l’accepter. Mais comment  sortir de là ? C’est de développer l’agriculture, des usines pour que notre riz ne soit plus acheté à des dollars, mais que ce soit du riz produit en Guinée.

Hier, j’étais obligé de m’occuper de la bagarre politique avec ceux qui voulaient détruire la Guinée. Il fallait tout le temps être avec des gendarmes et des policiers pour assurer la sécurité. Aujourd’hui, il y a la paix et le pays est stable. J’ai décidé de prendre les choses en main. L’argent du pays doit aller dans les caisses de l’État, non pas dans les caisses de quelques individus, pour eux et leurs familles. (…) Maintenant, la fraude n’est plus possible. Les fonctionnaires qui pensent qu’en dehors de leurs salaires ils doivent prendre l’argent de l’État, ça aussi c’est fini.

Maintenant, je connais très bien l’administration guinéenne. Je connais maintenant tous les trous, même là où les souris passaient. Alors, j’ai fermé tous ces trous (…). Il n’est plus question que l’argent du pays soit détourné par quelques cadres à leur profit seulement et celui de leurs familles. Quand cet argent rentre dans les caisses, ça permet à l’État de développer le pays. On dit que j’ai mis le pays sur le frein, mais je n’ai fait que rendre au peuple ce qui lui revient », a laissé entendre Alpha Condé.

Guineematin.com

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Le FNDC, Alpha Condé et le peuple ! Par Ibrahima Diallo

15 juin 2021 à 13 01 05 06056
Ibrahima Diallo, chargé des Opérations du FNDC

Libre Opinion : La condamnation de Oumar Sylla Foniké Mengué à trois (3) ans de prison ferme par la cour d’appel de Conakry a suscité beaucoup de réactions au sein de l’opinion publique. Chacun y est allé de son commentaire selon les ressentiments et la colère provoquée par cette condamnation. Si certains s’en sont directement pris à Alpha Condé, à la justice et au régime tout court, d’autres ont blâmé tout simplement le peuple de Guinée qu’ils considèrent passif ou résigné face aux  dérives dictatoriales du régime d’Alpha Condé.

Cette condamnation politique déguisée dans l’arrêt controversé de la cour d’appel de Conakry n’est pas fortuite, car à travers elle, Alpha Condé vise bien un résultat, mais lequel ?   

En procédant aux arrestations arbitraires, aux persécutions et à la condamnation injuste des  opposants à son troisième mandat, Alpha Condé et ses complices cherchent à atteindre un résultat, celui d’amener une certaine opinion très fragile à blâmer le peuple de Guinée pour sa prétendue inaction et décourager  ainsi  des citoyens actifs qui se battent pour l’intérêt général. 

Ne tombons pas dans ce piège et cette stratégie connue de toutes les dictatures. Les seules personnes à blâmer dans cette situation sont le dictateur Alpha Condé, premier responsable du désastre dans lequel se trouve notre pays aujourd’hui, et ses soutiens également qui l’accompagnent dans le seul et unique but de satisfaire leurs intérêts matériels. 

La majorité de la population guinéenne a fait son choix et l’a exprimé plusieurs fois  à travers son soutien aux combattants de la démocratie et son adhésion à la lutte démocratique du FNDC depuis les premières heures du mouvement. Le peuple de Guinée n’est pas soumis ou résigné et n’abandonne pas ses dignes fils. Il est sans nul doute l’un des plus debout du continent. Il lui est tout simplement opposé, par la dictature, la force des armes  en réponse à ses manifestations pacifiques pour défendre la vérité et le droit. 

Force et honneur au vaillant peuple de Guinée !

Ibrahima DIALLO 

Responsable des Opérations du FNDC 

Coordinateur de Tournons La Page en Guinée

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