Boké : les présidents Condé et Weah au port de Dapilon

12 juillet 2019 à 19 07 53 07537

Boké, 12 juillet 2019 – En visite de travail et d’amitié en Guinée, le Président de la République du Liberia, Son Excellence Georges Weah, en compagnie de son homologue guinéen, le Président Alpha Condé, a visité le port fluvial de Dapilon du consortium SMB (Société minière de Boké) Winning à Boké.

Construit en 2015, le port de Dapilon a de nos jours une production annuelle de 40 millions de tonnes de bauxite avec 10 000 emplois directs.

Le quai du port a été la première étape de cette visite des deux Présidents. Ce quai possède 10 grues de 13 tonnes par godet et une barge de 7 000 tonnes. La durée de chargement du bateau est de 9 heures.

De là, les Présidents Weah et Condé ont visité le pont flottant qui est le premier opérationnel en Afrique. Ce pont de 120 m de long et 40m de large appelé Winning Dreamdock, permet de faire la réparation des bateaux et les équipements flottants.

Le chantier naval dudit port qui est un atelier pour la réparation des bateaux a été la dernière étape de cette visite. Ce centre permet aussi de fabriquer les pièces des bateaux utilisés pour le transport minier et assurer la formation des techniciens locaux en maintenance. Ce qui rend autonome ce port en matière de pièces de rechange pour les bateaux. Selon les responsables de ce port, cet atelier est même capable de fabriquer un bateau de 50 m.

Le port de Dapilon qui s’étend sur 800 hectares va connaître aussi une extension les années à venir.

Le Bureau de Presse de la Présidence

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Affaire 3ème mandat : lettre ouverte au président Condé

9 juillet 2019 à 10 10 35 07357

Le projet de nouvelle Constitution divise les guinéens au delà de nos frontières. De nombreux compatriotes réprouvent cette démarche engagée par des cadres qui tournent autour du président Condé qui dit avoir pris acte de la position des membres du gouvernement, favorables au putsch Constitutionnel. Dans une lettre ouverte adressée au président Alpha Condé, un jeune étudiant guinéen, qui fait des études supérieures à l’étranger, interpelle le chef de l’État à ce sujet. Voici le compte-tenu de cette lettre ouverte.

M. Le président, j’ai précisément 25 ans aujourd’hui !

Je vous parle en tant que gouverné, plus exactement en tant que citoyen préoccupé de ce pays. M. Le président, aujourd’hui j’ai précisément 25 ans, à cet âge M. Le président, on rêve beau, on rêve grand et on rêve fort pour le bien de son pays. Il y a 25 ans, vous étiez en pleine tourmente politique, vous rêviez grand, vous rêviez fort pour ce même pays. Dieu le tout puissant a réalisé ce rêve en vous mettant à la tête de ce pays et de la plus belle des manières : démocratiquement.

J’avais prévu une liste de doléances M. le président. Mais, maintenant que j’imagine entrain de vous parler directement en face, je doute de sa pertinence. C’est pourquoi je souhaite improviser tout en espérant être compris. Pardonnez mon ignorance M. Le président, mais je pense que quand on a traversé des épreuves comme vous, la flatterie n’a aucune prise, c’est pourquoi je dirai donc ce que je pense.

Il faut savoir partir! M. Le président

Je sais que vous vous battez chaque jour pour que nous ayons un avenir meilleur. Certains diront toujours le contraire même si vous changez entièrement ce que vous faites pour leur faire plaisir. Ils auront toujours une bonne raison de vous critiquer. Ce qui est tout à fait normal, car quand on occupe cette fonction, la reconnaissance est un luxe assez rare.

Je ne rentre pas dans le débat interminable de la légitimité ou non de la constitution du 7 mai 2010 qui vous autorise à la réviser ou non. De mon point de vue, vous avez tout à fait le droit de proposer une nouvelle constitution au peuple de Guinée. Cette proposition aura pour fondement non pas l’article 152 de notre constitution, comme le prétendent certains, mais le pouvoir constituant originaire lequel tire sa légitimité du peuple qui vous a délégué celle-ci pour un temps bien défini.

La constitution est-elle un livre comme un autre ?

Il y a un livre dans notre pays qu’on appelle la constitution, c’est le troisième livre le plus important en Guinée après le Coran et la Bible. Quand on a écrit cette constitution, on a fait ce qu’on appelle la deuxième révolution. Pendant la première, on a lutté pour expulser l’homme blanc. On a gagné cette révolution et le peuple a choisi un des nôtres comme leader qui nous a proposé ce livre à cinq reprises depuis 1958, dont seul le peuple souverain doit écrire ou approuver le contenu. À cinq reprises, on a demandé au peuple « dites-nous pendant combien d’années un président devrait maintenir son poste, dites-nous quels sont les pouvoirs qu’il devrait exercer, dites-nous comment il devrait être destitué ».

Après des années d’efforts pour instaurer la démocratie auquel vous avez activement participé, nous voila à un an de la fin de votre second et dernier mandat en tant que président de la République.

Il y a neuf ans, M. Le président, les Guinéens ont fait le choix historique d’accorder leur confiance à un candidat ouvertement démocratique, parce qu’ils en avaient désormais et pour la première fois le choix entre plusieurs idées. Par ce choix, le peuple a exprimé ce qu’il voulait ou plus exactement ce qu’il ne voulait plus: la dictature d’une élite. S’il y a bien un enseignement à tirer de votre victoire en 2010, c’est que les Guinéens étaient en demande d’authenticité et vous l’incarniez aux yeux de la majorité d’entre eux.

Notre pays est-il condamné à la présidence à vie?

De Conté à Dadis Camara en passant par Konaté, notre pays a traversé des régimes d’exception liés en grande partie au décès des présidents en exercice. C’est justement un des héritages de notre Histoire qu’il faut interroger avec minutie.

M. Le président, ce qui me fait peur, c’est le nombre de jours qui nous sépare de l’année de mars-avril 1984, de juillet 1985, de décembre 2008, de l’année qui nous sépare et à point nommé du 21 décembre 2010, jour de votre élection à la tête de ce pays. J’avais à peine seize ans quand le peuple vous a choisi à sa tête et tout ce que je voyais, c’est l’enthousiasme de cette nation qui aspirait à un changement.

Souvenez-vous M. Le Président, la constitution que vos partisans ou plutôt vos « empereurs aux petits pieds » délégitiment depuis quelques mois, est celle qui a fait de vous un président légitime et le premier par ailleurs à être élu démocratiquement dans notre pays. Vous avez prêté serment à deux reprises sur cette même constitution (article 35) : « moi, président de la République, élu conformément aux lois, je jure devant le peuple de Guinée et sur mon honneur, de respecter et de faire respecter scrupuleusement les dispositions de la constitution, des lois et des décisions de justice, de défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale. En cas de parjure, que je subisse la rigueur de la loi. »

Ces serments sont donc alors de vains mots, parce que prononcés sur une constitution « illégitime » ? Difficile d’y croire quand on sait combien de fois vous maîtrisez ce domaine. Mais, comme le disait l’autre fois votre actuel Premier Ministre « la France est notre source de référence en Droit, en comportement ». Une affirmation que je ne partage pas du tout sur le fond. Je n’ai pas le temps ici d’accorder au sujet sa place qu’il mériterait. Je pourrai en parler des heures. Cette France depuis la révolution de 1789 a connu outre deux empires et une restauration, cinq républiques. Ce que je veux dire par là M. Le président, c’est qu’à chaque changement de constitution en France – donc de régime politique – cela s’est passée à la suite d’une crise majeure. La première république est née à la suite de la révolution de 1789 ; la deuxième de 1848, après le renversement du roi Louis Philippe Premier ; la troisième, suite à une défaite militaire majeure en 1870 à Sedan ; la quatrième, consécutive au début de la seconde guerre mondiale ; et la cinquième, aux événements d’Algérie.

D’où ma question M. Le Président : qu’est-ce qui justifie le changement de constitution actuellement dans notre pays? Sommes-nous en guerre? Y a t-il une crise qui justifie un tel changement de régime? La réponse ne peut être que négative quand on sait ce que vous avez fait pour instaurer justement cette quiétude sociale tant chère à vos yeux.

M. le président, pour être sincère avec vous, c’est le temps d’un monde finissant qui commence. La politique n’est pas un métier, mais un service, un service qu’on rend à un grand nombre de gens parfois pauvres, très pauvres. Si la politique consiste justement à faire ce qui est populaire, on ne peut pas gérer un pays à partir d’un leader. Notre pays n’est pas le privilège d’une élite encore moins d’une minorité.

M. Le président, quand on demande à la majorité des Guinéens de dire concrètement d’où vient le pouvoir, elle ne sait pas. Dès lors, le peuple est-il prêt à être librement consulté dans un pays à majorité analphabète? Le peuple est-il prêt à être librement consulté dans un pays à forte tension ethnique comme le nôtre? Le peuple est-il en mesure d’attendre une constitution sans effusion de sang, quand on sait qu’historiquement, les revendications populaires se sont toujours terminées en bain de sang dans notre pays ? Ça ne vous dérange pas M. Le président d’être à la fois l’ancien et le nouveau président de la Guinée, après votre second et dernier mandat ?

Voilà entre-autres questions qui nécessitent une réponse de votre part. Je vous donne peut-être l’impression de savoir ce qu’il faut faire M. Le président. Alors que je n’en ai même pas la moindre idée. Par contre, je sais qu’en Allemagne, on n’a pas besoin d’autres murs ; au japon, d’autres bombes atomiques ; au Rwanda, d’autres génocides ; au Liberia et en Sierra Leone, d’autres guerres civiles ; et en Guinée, d’autres vies perdues d’innocents.

Personnellement, je souhaiterai que les fondations que vous allez nous léguer soient remerciées par une continuité. Dans ce contexte, M. Le président, la réponse n’est pas la démocratie autoritaire mais l’autorité de la démocratie. Notre devoir à tous est de faire vivre cette démocratie guinéenne, au fond si jeune.

Je termine en vous citant Winston Churchill qui disait : « la différence entre un Homme politique et un Homme d’État, c’est que le premier ne pense qu’aux prochaines élections, alors que le second ne pense qu’aux prochaines générations ».

Pensez aux prochaines générations que nous sommes. Vous avez une chance historique M. Le président, saisissez-la et partez en tant qu’homme d’État; l’histoire vous le reconnaîtra.

Dioubaté Mamady, étudiant guinéen à l’étranger

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Nouvelle Constitution : comment Kory Kondiano a évité l’humiliation ?

5 juillet 2019 à 15 03 19 07197

La cérémonie de clôture de la session des lois 2019 de l’Assemblée nationale s’est tenue dans un climat de tension ce vendredi, 06 juillet 2019. Et pour cause, le président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano avait prévu de déclarer de son soutien au projet de nouvelle constitution. Mais, il a fini par se rétracter, évitant ainsi une grosse humiliation qui l’attendait, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à l’hémicycle.

Cette session des lois aurait pu se terminer dans une grosse pagaille, dont l’auteur serait le président de l’Assemblée nationale, en personne. Claude Kory Kondiano avait, dit-on, prévu de profiter de son discours de clôture pour exprimer le soutien de son institution au projet de nouvelle constitution qui fait débat actuellement, et dont l’objectif serait d’octroyer un troisième mandat au président Alpha Condé. Une idée qui aurait pu lui coûter une humiliation devant les nombreux diplomates présents.

Car, les députés, membres des groupes parlementaires : Libéral-Démocrate et Alliance Républicaine, issus respectivement de l’UFDG et de l’UFR, et qui sont foncièrement opposés à l’idée d’un changement de constitution, s’étaient bien préparés à riposter. Les élus de l’opposition avaient prévu de protester bruyamment à cette déclaration et de créer le désordre à l’hémicycle, avec notamment des slogans comme : « Ne touche pas à ma Constitution ».

Cette situation a poussé le chef du Parlement guinéen à retirer ce passage de son discours. Conséquence, son discours écrit n’a pas été distribué aux députés et aux diplomates, comme c’est le cas d’habitude. Selon un député de l’opposition, l’annonce de son soutien à la tenue d’un référendum constitutionnel représentait un gros risque pour le président de l’Assemblée nationale.

Mais, une source proche de Claude Kory Kondiano relativise ce revirement et évoque des mesures de prudence. Pour ce contact de Guineematin.com, il n’était pas bien indiqué de se prononcer sur quelque chose dont on ignore le contenu.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Guinée : une nouvelle loi pourrait protéger les membres de la police contre toute éventuelle poursuite en justice

4 juillet 2019 à 11 11 58 07587

Ce texte fournit des directives inadéquates sur le recours à la force létale. Le président guinéen ne devrait pas mettre en application une loi nouvelle qui donne aux gendarmes le pouvoir discrétionnaire de décider de recourir aux armes à feu et pourrait les mettre à l’abri de toute éventuelle poursuite en justice pour meurtre illégal, ont déclaré aujourd’hui Human Rights Watch et Amnesty International. Les forces de sécurité guinéennes sont réputées pour utiliser une force excessive lorsqu’elles répondent à des manifestations de rue, qui sont elles-mêmes souvent violentes.

L’Assemblée nationale de Guinée a adopté le 25 juin 2019 un projet de loi relative à l’usage des armes par la gendarmerie. Cette loi établit plusieurs justifications de l’usage de la force – notamment pour défendre des positions occupées par les gendarmes – sans souligner clairement que les armes à feu ne peuvent être utilisées que lorsqu’existe une menace de mort ou de grave blessure. La note explicative qui accompagne la loi souligne également la nécessité de protéger les gendarmes qui ont recours à la force contre des poursuites en justice revanchardes, ce qui suscite des inquiétudes sur la possibilité que la loi puisse être invoquée pour empêcher la supervision des responsables de l’application des lois par le système judiciaire. 

« Alors que la tension politique monte à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, la dernière chose dont la Guinée a besoin est une loi aux termes vagues qui semble donner aux gendarmes le pouvoir discrétionnaire de décider de recourir à la force létale », a déclaré Corinne Dufka, directrice pour l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch.

« Le président Alpha Condé devrait inviter l’Assemblée nationale à réviser cette loi, afin de la mettre en conformité avec les obligations de la Guinée aux termes du droit international et du droit africain en matière de droits humains. »

La Guinée a connu ces dernières années de violentes manifestations de rue et de fréquents affrontements entre manifestants et membres des forces de sécurité. De nouvelles manifestations sont probables plus tard cette année si, comme de nombreuses organisations guinéennes le prédisent, le président Condé cherche à amender la constitution pour briguer un troisième mandat. 

Aladji Cellou Camara, Directeur de l’information et des relations des armées guinéennes, a affirmé à Human Rights Watch que la nouvelle loi était nécessaire pour fournir davantage de directives sur les circonstances dans lesquelles les gendarmes sont habilités à recourir à la force, en particulier compte tenu de la menace croissante de terrorisme à laquelle la Guinée est confrontée. La notice explicative qui accompagne la loi fait référence au terrorisme, mais souligne également que les forces de sécurité connaissent depuis un certain temps des moments « marqués par des interventions intenses et répétées sans précédent », allusion apparente aux manifestations de rue. 

Camara a précisé que la loi n’était pas destinée à remplacer la loi guinéenne de 2015 sur le maintien de l’ordre public, qui comporte des directives sur le recours à la force par les forces de sécurité lorsqu’elles répondent à des manifestations. Mais quoique la loi nouvelle et la loi de 2015 stipulent toutes deux que la force ne doit être utilisée que lorsque c’est nécessaire et qu’elle doit être proportionnée, elles ne limitent pas explicitement le recours aux armes à feu aux cas où existent des menaces imminentes de mort ou de grave blessure. Ceci soulève une inquiétude : que d’autres objectifs, tels que disperser une manifestation non autorisée, puisse justifier le recours à la force létale.

Les normes internationales en matière de droits humains stipulent que les armes à feu ne devraient jamais être utilisées pour simplement disperser un rassemblement. Si le recours à la force pour disperser des manifestations violentes est inévitable, par exemple pour protéger des agents chargés de l’application des lois, des participants ou des badauds contre des violences, les forces de sécurité doivent seulement recourir à la dose de force minimale nécessaire pour maintenir la situation sous contrôle.

Elles doivent s’appuyer sur une utilisation proportionnée d’armes moins létales, telles que les bâtons et d’autres types d’équipement de contrôle des foules. L’usage intentionnel et létal d’armes à feu ne peut avoir lieu que lorsque c’est strictement inévitable afin de protéger des vies.

Camara a affirmé que, quel que soit le cadre juridique, les agents de police et les gendarmes ne sont jamais armés lorsqu’ils assurent la canalisation de manifestations de rue. « Si je voyais un gendarme avec une arme à feu, j’interviendrais immédiatement », a affirmé en avril 2018 à Human Rights Watch le général Ibrahima Baldé, chef de la gendarmerie.

Cependant, la Guinée a une longue habitude d’utilisation excessive des armes à feu par les forces de sécurité lors de confrontations avec des manifestants. De nombreux manifestants, ainsi que plusieurs membres des forces de sécurité, ont été tués, la plupart par des tirs d’armes à feu, au cours de la dernière décennie. Des dizaines de manifestants et deux agents chargés de l’application des lois ont été tués en 2012-2013, à l’approche d’élections législatives. Au moins 12 personnes ont été tuées, dont 6 par des tirs d’armes à feu, et de nombreuses autres ont été blessées, à l’approche et à la suite de l’élection présidentielle de 2015. Au moins 21 personnes sont mortes lors de manifestations en 2018, dont au moins 12 auraient été victimes de tirs mortels de la part des forces de sécurité d’une part, et un agent de police et un gendarme tués par des manifestants d’autre part.

En outre, si la Guinée connaît un nouveau cycle de manifestations violentes au cours des mois qui viennent, le gouvernement pourrait les qualifier de menace à la sécurité publique exigeant une réponse énergique de la part des forces de l’ordre. Les responsables guinéens de la sécurité ont souvent affirmé à Human Rights Watch et à Amnesty International que les manifestations de 2018 n’étaient pas des mouvements de protestation de rue mais de la « violence urbaine. » En novembre 2018, suite à une vague de manifestations publiques violentes, le gouvernement guinéen a déployé des unités de l’armée en certains points névralgiques de Conakry, la capitale.

La note explicative de la nouvelle loi affirme que celle-ci est nécessaire pour « protéger [les gendarmes] à l’occasion des procédures pénales » qui ne sont qu’un effort visant à « se venger de l’autorité publique. »  Mais cette affirmation ignore le fait que la Guinée a rarement engagé des poursuites contre des membres des forces de sécurité pour usage excessif de la force.

Human Rights Watch et Amnesty International ont documenté des dizaines de tirs d’armes à feu présumés mortels par les forces de sécurité depuis 2010. Mais la condamnation en février d’un capitaine de police pour le meurtre en 2016 d’un manifestant a marqué la première fois depuis 2010 qu’un membre des forces de sécurité était traduit en justice pour avoir tué un manifestant par balles.

Pour refléter les principes établis en matière de droits humains, tels que les Directives pour le contrôle des rassemblements par les responsables de l’application des lois en Afrique et les Principes de base de l’ONU sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, les lois devraient stipuler clairement que les forces de sécurité ne doivent utiliser des armes à feu que dans les cas où existe un risque imminent de mort ou de grave blessure d’une personne, ou pour empêcher la commission d’un grave crime impliquant une grave menace vitale, et seulement quand des mesures moins extrêmes seraient insuffisantes pour atteindre ces objectifs. Les lois devraient également contenir des exigences claires d’information et de responsabilité, afin d’assurer que tout incident lors duquel une force excessive a été utilisée, ainsi que l’agent soupçonné d’y avoir recouru, fassent l’objet d’une procédure en justice et d’un procès équitable.

Human Rights Watch et Amnesty International ont appelé à plusieurs reprises à la création de mécanismes de contrôle adéquats, tels qu’une cellule spéciale de magistrats, afin d’enquêter de manière plus efficace sur le comportement des forces de sécurité lors de manifestations.

« Alors qu’approche l’élection présidentielle de 2020, ce n’est pas le moment d’affaiblir les règles d’opération des forces de sécurité », a déclaré Francois Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International. « Le gouvernement guinéen devrait plutôt renforcer sa capacité à enquêter effectivement sur les allégations de mauvais comportements de la part de membres de ses forces de sécurité et à poursuivre leurs auteurs en justice. »

Communiqué transmis par Amnesty International

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Dr Ousmane Kaba à Alpha Condé : « une seule personne ne reste pas imam dans un village »

29 juin 2019 à 19 07 02 06026

Le Parti des Démocrates pour l’Espoir (PADES) a reçu la visite des secrétaires généraux de la jeunesse de l’ensemble des partis politiques de l’opposition, membres du FNDC, ce samedi, 29 juin 2019. Les échanges ont essentiellement porté sur la mobilisation générale, après la sortie du président Alpha Condé qui a dévoilé son intention de rester au pouvoir au-delà de son second et dernier mandat. Le PADES a réitéré son engagement à contrer toute modification de la Constitution, en synergie avec le FNDC, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Comme à son habitude, Docteur Ousmane Kaba, président du PADES, a tiré à boulets rouges sur la gouvernance actuelle de la Guinée, qui ne plaide pas en faveur des promoteurs du 3ème mandat. « Aujourd’hui, la Guinée qui se bat s’appelle FNDC. Le combat que nous engageons aujourd’hui, c’est un combat pour la jeunesse de Guinée. Parce que les jeunes ont besoin de deux choses essentielles qui manquent aujourd’hui dans ce pays : la bonne éducation et l’emploi. La jeunesse guinéenne manque d’éducation malheureusement. C’est le pays qui dépense le moins pour l’éducation de ses enfants. Sachez qu’en Guinée le budget alloué à l’éducation n’est que de 13%. Dans tous les autres pays qui nous entourent, c’est 35 à 40%. Ça veut dire que dans ce pays, on ne prépare pas suffisamment l’avenir des enfants. En Guinée, tous les jeunes son chômeurs. Parce que le gouvernement guinéen n’est pas capable d’encourager la création d’emploi par les entreprises », a dénoncé le président du PADES.

Par ailleurs, Dr Ousmane Kaba a dénoncé le manque d’infrastructures qui fait que notre pays baigne dans la misère. « Ce gouvernement n’a pas été capable de donner des infrastructures à la Guinée. Le mot infrastructure, ça veut dire que c’est qui est indispensable. Qu’il y ait une production dans un pays, il est indispensable d’avoir des routes, il est indispensable d’avoir des chemins de fer, il est indispensable d’avoir d’électricité. On n’a ni routes, ni chemins de fer, ni électricité. On n’arrive même pas à suivre les matchs de la CAN. C’est extraordinaire. Le peuple de Guinée est dans la misère et on nous dit, laissons-le finir son travail. Mais quel travail? C’est la pauvreté? C’est l’obscurité? Il faut laisser la Guinée dans l’obscurité, est-ce que c’est ça? »

Après avoir dépeint ce sombre tableau de notre pays, Dr Kaba soutient que cet état de fait ne doit pas continuer avec une gouvernance qui a montré se limites. « On laisse notre jeunesse dans un pays sans routes, sans eaux, sans électricité, sans des bons hôpitaux, il n’y a pas de travail et la ville est sale. Au moins, laissons-leur la démocratie. On ne peut pas continuer comme ça. Comment voulez-vous que quelqu’un qui a lutté 40 ans pour l’alternance démocratique en Afrique, quelqu’un qui donnait des leçons de politique et de morale à toute l’Afrique, pendant 40 ans, et qu’aujourd’hui cette même personne refuse d’entendre, refuse de voir? Ça ne peut pas marcher. L’alternance est indispensable à la démocratie, on ne peut pas faire de démocratie sans alternance. C’est impossible. Une seule personne ne reste pas imam dans un village », a fulminé le président du PADES.

Dans ce combat engagé par le FNDC, Dr Ousmane Kaba ne mâche pas ses mots à l’encontre des promoteurs d’une violation de la Constitution. « Je n’ai jamais vu la Guinée unie plus que la lutte contre le 3ème mandat, toute la Guinée est ensemble. La Guinée est d’un côté, les voleurs sont d’un côté. Toute la Guinée est réunie d’un seul côté, ceux qui pillent l’économie nationale sont d’un autre côté. On va leur dire, le message est clair, il n’y aura pas de 3ème mandat en Guinée, il n’y aura pas de nouvelle constitution en Guinée », a-t-il martelé

De nombreux membres du FNDC ont pris la parole, appelant à une unité d’actions de tous ceux qui sont opposés au 3ème mandat.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Boffa : le RPG-AEC sans abri !

29 juin 2019 à 15 03 48 06486

Ça va certainement étonner beaucoup, mais c’est pourtant une réalité. Le RPG Arc-en-ciel, parti au pouvoir en Guinée depuis 8 ans et demi, n’a pas de siège à Boffa. Depuis quelques années, la formation politique tient ses réunions dans un endroit public de la ville, a appris un envoyé spécial de Guineematin.com dans la préfecture.

C’est tout près de la direction préfectorale de la santé que se trouve le bâtiment qui servait de siège au parti du président Alpha Condé dans la commune urbaine de Boffa. Mais il y a trois ans, le RPG Arc-en-ciel a dû libérer le local, complètement délabré. De ce bâtiment, il ne reste aujourd’hui qu’un simple mur, très dégradé, et perdu sous un feuillage.

Joint au téléphone par Guineematin.com, Elhadj Aly Wilson Camara, le secrétaire fédéral du parti au pouvoir à Boffa, a expliqué que « le toit était complètement gâté à tel niveau que pendant les saisons des pluies on ne pouvait plus tenir nos réunions là-bas. Donc on a quitté parce que de fois les arbres tombaient sur les tôles », a-t-il indiqué.

Selon nos informations, depuis son départ de ces lieux, le RPG Arc-en-ciel tient ses réunions à la maison des jeunes de Boffa. Pourtant, Elhadj Aly Wilson Camara affirme que le parti a déjà trouvé un terrain pour la construction d’un siège. Mais, le projet tarde à se réaliser, faute de moyens.

« Nous avons trouvé une place où construire un nouveau siège, mais on n’a pas les moyens nécessaires pour le faire. Maintenant, nous demanderons à nos chefs de nous aider à construire notre propre siège. Parce que même le bâtiment que nous avons quitté ne nous appartenait pas, il appartient à la commune », a dit le fédéral du RPG Arc-en-ciel.

A rappeler que Boffa est la préfecture d’origine et l’un des fiefs de l’opposant Sidya Touré, président de l’UFR. Le parti au pouvoir ne trouve-t-il pas nécessaire de construire un siège dans cette ville acquise à un de ses adversaires ?

De Boffa, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tel : +224 622 671 242

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Alpha Condé veut changer la Constitution : les Brassards Rouges annoncent une réunion d’urgence

27 juin 2019 à 22 10 24 06246
Lansana Diawara, Coordinateur National des Brassards Rouges de Guinée

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, le président Alpha Condé a mis fin au semblant de suspens sur sa volonté de changer la Constitution guinéenne pour rester au pouvoir après la fin de son deuxième et dernier mandat, en 2020. S’abritant derrière une « proposition » de SON gouvernement, le chef de l’Etat a dit prendre acte de cette demande…

En réaction à cette ultime sortie de l’exécutif guinéen en faveur d’un changement de la Constitution, les Brassards Rouges de Guinée (une des structures opposées au changement de la Constitution) ont annoncé une réunion d’urgence.

Selon Lansana Diawara, Coordinateur National des Brassards Rouges de Guinée, dans 48 heures, les cinq antennes et l’ensemble des responsables de zone des Brassards Rouges de Guinée se réuniront dans un lieu public pour réagir à cette sortie du chef de l’Etat. En attendant « nous prenons acte », indique Lansana Diawara, qui dit n’avoir pas été surpris par cette position du président de la République.

« On savait parfaitement qu’il allait faire un pas de plus dans cette direction pendant cette CAN (coupe d’Afrique des Nations), en se disant que les jeunes sont concentrés au foot. Mais, cela ne va jamais nous distraire. Nous irons jusqu’au bout », a insisté le Coordinateur National des Brassards Rouges de Guinée.

A suivre !

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Débat à l’ISAV de Faranah : faut-il changer ou pas la Constitution ?

26 juin 2019 à 16 04 45 06456
Alpha Condé veut changer la Constitution guinéenne pour rester au pouvoir après son 2ème et dernier mandat

Alors que promoteurs et opposants au 3ème mandat pour Alpha Condé sont dans des positions irréductibles, le débat prend forme dans les institutions d’enseignement supérieur de la Guinée. C’est dans ce cadre qu’une mission d’enseignants, venue de Conakry, a été reçue hier mardi, 25 juin 2019, à l’Institut Supérieur Agronomique et Vétérinaire (ISAV) de Faranah. Les débats ont porté sur la question de savoir si on peut toucher à une Constitution ou pas, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

C’est un des amphithéâtres de l’ISAV de Faranah qui a servi de cadre à cette rencontre, en présence des cadres régionaux et préfectoraux. De nombreux étudiants ont pris part à cette conférence-débat.

Le gouverneur de la région de Faranah, Sadou Kéita, s’est réjoui de la tenue d’un tel débat à l’ISAV. « Je me réjouis à plus d’un titre de constater cette forte mobilisation à l’appel des autorités. Je remercie sincèrement les étudiants qui ont voulu que ce cadre réponde réellement à la vocation d’une université. Parce qu’en réalité, l’université est un cadre de débat, un cadre d’échanges et c’est cela que nous ressentons ce matin. Cette mission, comme elle n’est pas venue pour simplement lire des textes, elle a souhaité que ce cadre soit une tribune d’échange d’expérience, d’échange d’idées pour que plus jamais qu’on ne se trompe sur ce qui nous est commun. Il s’agit donc de savoir pourquoi une nouvelle Constitution pour la Guinée. C’est à la réponse à cette question que cette mission a été déployée. Ce n’est pas d’enseigner, mais dire la réalité scientifique et écouter les questions, les amendements, parce que ça va être un débat contradictoire entre vous et nous. Nous allons jusqu’à comprendre que c’est nécessaire et chacun va véhiculer le message », a dit le gouverneur.

Sory Sidibé

Pour sa part, Sory Sidibé, enseignant-chercheur, politologue de formation, chef de mission, est revenu sur la nécessité de ce débat porté par les intellectuels. « Nous avons décidé d’échanger avec les intellectuels, d’échanger avec les étudiants, le monde universitaire sur la question, est-ce qu’une Constitution est à changer ? Est-ce qu’on peut toucher à une Constitution ? C’est d’abord l’explication. Ce n’est pas pour dire il faut soutenir la révision constitutionnelle ou il ne faut pas soutenir. C’est de savoir est-ce qu’une Constitution est touchable ? Donc, on démontre qu’il y a eu l’existence des recherches plus scientifiques avant notre naissance, qui démontrent qu’une Constitution est bel et bien changeable. Comme l’a dit un penseur : « une Constitution est à faire, à défaire et à refaire ». Donc, c’est une œuvre humaine qu’on peut changer, on peut l’adapter à la réalité du pays. Pourquoi nous les enseignants ? Parce que c’est un travail pédagogique, c’est un travail scientifique. Soyons clairs, le débat de la Constitution, il faut les juristes, il faut les politologues, il faut les sociologues qui doivent s’exprimer sur la problématique de la Constitution. Nous avons retenu que le débat est posé dans les milieux universitaires, c’est ce qui est plus important. Le débat n’est pas tabou. Il faut que tout le monde s’approprie du débat », a laissé entendre Sory Sidibé.

Aboubacar Soumah, étudiant en Licence 3 du département Vulgarisation Agricole, a suivi le débat. Selon lui, il y a de l’incohérence dans les propos du conférencier. « Personnellement, j’ai vu pas mal d’incohérences, surtout dans les propos du conférencier. Parce que d’une partie, en répondant à une question, il a dit que la modification de la Constitution ne fait pas allusion au changement des conditions de vie de la population. Mais, moi je me pose la question, pourquoi maintenant nous changeons la Constitution ? Pendant que c’est le peuple qui décide, et tout ce que le gouvernement fait, il le fait pour le peuple. Et si les conditions de vie de la population ne se sont pas améliorées, pourquoi modifier la Constitution ? Aujourd’hui on l’appelle bâtisseur de la Guinée (le président Alpha Condé, ndlr). Tous les progrès réalisés, c’est en se référant sur cette Constitution. Aujourd’hui, ils sont fiers en disant qu’il a boosté tous les secteurs. Avec ça, est-ce que nous pouvons espérer à une modification de la Constitution ? Moi, je pense que c’est n’est pas normal, ce n’est pas évident. En toute sincérité, je ne suis pas pour… ».

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel : (00224) 620 24 15 13 / 660 27 27 07

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Ibrahima Keira à Faranah : « le retard de Faranah, c’est la faute à certains de ses fils »

22 juin 2019 à 12 12 00 06006
Alpha Ibrahima Kéira, ministre de la Sécurité et de la protection civile

Le ministre de la sécurité et de la protection civile était à Faranah hier vendredi, 21 juin 2019. Alpha Ibrahima Keira était allé présider le lancement officiel des travaux de construction de certaines infrastructures, financés par l’ANAFIC. A cette occasion, le ministre a évoqué le projet de nouvelle constitution et accusé certains fils de Faranah d’empêcher le développement de la région, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Plusieurs cadres et citoyens de Faranah se sont mobilisés au quartier Tonkolonko, dans la commune urbaine de Faranah, pour accueillir la délégation conduite par le ministre de la sécurité et de la protection civile, Alpha Ibrahima Keira. Une délégation partie, officiellement, pour procéder à des poses de premières pierres de plusieurs infrastructures, dont les travaux sont financés par l’Etat guinéen, à travers l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC). Une initiative du président Alpha Condé que le maire de la commune urbaine de Faranah, Oumar Camara, a vivement saluée.

« C’est le lieu de rendre un vibrant hommage au Pr Alpha Condé, chef de l’Etat, pour son initiative de mise en place du fonds de développement local géré par l’ANAFIC (l’Agence Nationale de Financement des Collectivités) qui est une première en République de Guinée. Grâce à cette initiative présidentielle, la commune urbaine de Faranah a bénéficié d’un financement de 2 milliards 365 millions 16 milles 7 cents 43 francs guinéens pour la réalisation de son programme annuel d’investissement (PAI) 2019, qui a inscrit 4 infrastructures d’intérêt communautaire à savoir :

La construction et l’équipement d’un centre de santé, d’un centre de tri, d’un incinérateur dans le quartier Tonkolonko ; la construction d’un centre de santé dans le district de Banian ; la construction et l’équipement d’une école de 3 salles de classe dans le quartier Faranah Koura ; l’installation d’une plateforme multi fonctionnel pour le district de Sokourala, tous dans la commune urbaine de Faranah. La réalisation de ces différentes infrastructures permettra d’améliorer le cadre de travail du personnel de santé et de l’éducation, la fourniture de l’eau potable, de lutter contre l’absentéisme, d’accroître le taux de scolarisation, de faciliter la transformation des produits agricoles et leur écoulement », a dit le maire.

Oumar Camara, maire de Faranah
Oumar Camara, maire de Faranah

Avant de finir son discours, Oumar Camara s’est prononcé favorablement au projet de changement de constitution prôné par le pouvoir, et dont l’objectif serait de permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. « Vive la paix, vive la Guinée, vive le Pr Alpha Condé, vive la nouvelle constitution, vive Faranah », a lancé le maire de Faranah, issu d’une liste indépendante.

En réponse, le ministre Keira a dit avoir écouté le message de Faranah « demandant au président de la République, lui priant de présenter une nouvelle constitution au peuple de Guinée. Je vais lui dire que Faranah souhaite respectueusement vous accompagner pour la promotion d’une nouvelle constitution pour le rayonnement de la Guinée, dans l’intérêt du peuple de Guinée et au nom de la démocratie et de la liberté. Ceux qui ne voudront pas, ils voteront NON, ceux qui veulent voteront OUI, c’est cela la démocratie. Mais, personne n’empêchera le peuple de dire ce qu’il veut », a-t-il prévenu.

Le ministre de la sécurité et de la protection civile a, ensuite, répondu à ceux qui disent que le président Alpha Condé n’a pas travaillé à Faranah. Lui-même fils de Faranah, Alpha Ibrahima Keira a tenu à dédouaner le chef de l’Etat, accusant certains fils de la région d’être responsable de cette situation. « Beaucoup se plaignent que certaines réalisations n’ont pas été faites à Faranah, mais laissez-moi vous faire cette confidence aussi : c’est la faute à certains fils de Faranah qui quittent ici pour aller dire des choses qui ne vont pas dans l’intérêt de Faranah. C’est à cause de ça, donc ce n’est pas Alpha Condé.

Alpha Condé est un fils de Faranah et il tient à votre amitié et aux liens historiques, politiques qui ont toujours existé. C’est un homme qui aime sa dignité, et vous savez que la dignité c’est l’harmonie entre le dire et le faire (…Le retard de Faranah, ce sont ces propres fils, ce n’est pas le gouvernement, ce n’est pas le président de la République. Le président de la République, quand il veut faire quelque chose à Faranah, il le propose. Mais, ce sont les gens de Faranah qui vont pour tous gâter au détriment de la population de Faranah. Que Dieu nous épargne de ça et que nous nous donnions la main pour avancer », a dit le ministre.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com
Tél. : 00224 620 24 15 13 / 660 27 27 07

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Sortie de crise à N’zérékoré, nouvelle constitution : le ministre Frédéric Loua à Guineematin

21 juin 2019 à 13 01 18 06186
Frédéric Loua, ministre des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie Maritime

Comme annoncé précédemment, les responsables de l’antenne régionale du FNDC à N’zérékoré et les autorités locales ont signé le mercredi dernier, 19 juin 2019, un protocole d’accord permettant une sortie de crise dans la ville. L’un des artisans des négociations qui ont abouti à ce terrain d’entente, c’est Frédéric Loua, ministre des Pêches, de l’Aquaculture et de l’Economie Maritime. Au cours d’un entretien qu’il a accordé à l’envoyé spécial de Guineematin.com à N’zérékoré, le ministre est revenu sur cette situation et sur la tournée qu’il mène depuis plusieurs jours en Guinée forestière.

Décryptage !

Guineematin.com : vous avez pris part aux négociations qui ont abouti à la signature d’un accord de sortie de crise entre le FNDC et les autorités de N’zérékoré. Parlez-nous de cet accord.

Frédéric Loua : en fait, ça fait près de deux semaines que je suis dans la région. J’étais venu dans le cadre du lancement des activités de l’ANAFIC et les évènements m’ont trouvé ici à N’zérékoré. J’ai commencé donc à m’investir avec les autorités de la place. Heureusement aujourd’hui, nous avons abouti à un consensus qui nous fait sortir de ces situations difficiles. La rencontre a été sanctionnée par une déclaration qui dit qu’à N’zérékoré, on allait surseoir aux manifestations de rue.

Le deuxième point, c’est que les autorités de la place s’engagent à ne pas poursuivre les organisateurs des marches. Ensuite, il était question de mettre en place une commission qui allait passer aussi inventorier les dégâts. Ce qui est important, c’est que toutes les parties sont d’accord pour cette sortie de crise. Ça permettra aux uns et aux autres de vaquer à leurs affaires. N’zérékoré est très sensible, la marche qui était prévue ce jeudi, 20 juin a été purement et simplement annulée.

Guineematin.com : l’accord a été trouvé ; maintenant, qu’est-ce qu’il faut pour pérenniser le calme qui est revenu dans la ville de N’zérékoré ?

Frédéric Loua : pour pérenniser ces actions, c’est de se conformer à ce qui a été dit et à ce qui a été écrit. Puisque très souvent, nous n’avons pas la maîtrise de nos gens que nous mettons sur le terrain, soit pour la marche ou soit je ne sais quoi. Le mieux, c’est de s’en tenir aux clauses qui disent qu’il n’y a plus de manifestation sur les voies publiques. S’il y a manifestation, c’est dans les sièges des organisateurs. Ça, c’est très important. Le comité de veille s’est engagé, ainsi que l’organisation de la société civile et les religieux, d’accompagner le processus. Nous-mêmes, nous y veillerons, nous autorités. Même étant à Conakry, nous pourrons faire un suivi rapproché de ce document qui a été signé.

Guineematin.com : les pick-up des services de sécurité sont encore visibles à certains endroits de la ville, et cela suscite une psychose chez la population. Qu’est-ce que vous en dites par rapport à ça ?

Frédéric Loua : ça ne devrait pas les inquiéter, c’est pour leur protection. Quand on dit que ça ne va pas dans une localité, le gouvernement a le droit de sécuriser les populations. Nous voyons N’zérékoré ville, mais n’oubliez pas que nous sommes vers les frontières. La dernière fois, il y a deux messieurs qui ont été arrêtés en boubous, plein de gris-gris dessus. Cela n’a rien à avoir avec une marche pacifique. Qui est là aujourd’hui à N’zérékoré ? On ne sait pas. Donc, il faut bien sécuriser la ville. Je salue la venue de nos forces de l’ordre pour pouvoir aider les responsables de N’zérékoré à maîtriser la situation.

Il y a des gens de bonne foi qui veulent que ça marche et il y a d’autres qui veulent tout détruire. Donc, n’ayez pas peur, ceux qui sont venus, c’est pour vous, c’est pour nous et c’est pour garantir la paix. C’est pour nous accompagner, c’est pour nous protéger, ce n’est pas pour brutaliser qui que ce soit. Mais, quelqu’un qui ne sort pas pour faire la pagaille, pourquoi avoir peur alors des gendarmes ou des policiers ? Ils viennent pour notre sécurité.

Guineematin.com : vous disiez tout à l’heure que vous êtes dans la région depuis près de deux semaines, vous avez fait une tournée avec le ministre Papa Koly Kourouma notamment. Quel était l’objectif de cette tournée ?

Frédéric Loua : nous avons fait Lola, Zoo, Beyla, Moussadou, Diecké et Yomou. C’était dans le cadre du lancement des activités de l’ANAFIC. Vous savez, le président de la République a bien voulu mettre à la disposition des communes, qu’elles soient urbaines ou rurales, 15 % des revenus issus de l’exploitation minière. C’est une nouveauté dans notre pays, et voilà une idée à saluer. Ainsi, la gestion relèvera directement de ces communautés. Les procédures de passation des marchés se feront par ces communautés et surtout les entreprises locales sont bénéficiaires justement de la mise en œuvre de ces projets. Donc ça va faire une valeur ajoutée dans ces localités, l’argent pourra tourner dans ces localités et c’est très important.

Comment faire pour pérenniser justement ce qui est mis en œuvre ? C’est par des documents qui peuvent être le socle de notre pays, qui peuvent être la loi fondamentale, ce que nous appelons la nouvelle constitution. Le monde a évolué avec la Guinée, les choses ont changé. Si les documents actuels ne sont plus en phase avec la réalité, c’est de tout mettre en œuvre pour que les documents de notre loi fondamentale reflètent notre vie. Donc nous avons passé aussi ces messages parce qu’il y avait un amalgame entre troisième mandat et nouvelle constitution et c’est ce qui a envoyé même des difficultés sur ce terrain.

Guineematin.com : et c’est quoi la différence entre ce projet de nouvelle constitution et un projet de troisième mandat pour le président Alpha Condé ?

Frédéric Loua : les gens parlent de troisième mandat, s’il y a la modification de la constitution actuelle, là il peut y avoir troisième mandat comme le disait le président de la République. Mais là, ce que le président veut proposer aux guinéens, et c’est son droit de consulter son peuple, il veut consulter le peuple par un référendum pour une quatrième République avec une nouvelle constitution. C’est très différent d’une modification d’un article de la constitution, d’un troisième mandat. Je ne sais pas d’où sort cette affaire de troisième mandat. Les gens en parlent, ils ne savent même pas de quoi il s’agit. Le président de la République veut proposer aux guinéens une nouvelle constitution, c’est son droit le plus absolu.

Cette nouvelle constitution va nous amener dans la quatrième République. On a fait la première République, nous avons dit non à la France en 1958 par référendum, nous sommes rentrés dans la deuxième République, la troisième République est là également. Mais rappelez-vous, la constitution actuelle n’a jamais été soumise à la population, c’était pendant la transition, et cette transition avait pour mission d’organiser rapidement les élections. Ils se sont dotés d’un instrument qui est la constitution actuelle, qui n’a jamais été soumise au peuple de Guinée. Mais si aujourd’hui les choses sont dépassées, il est normal qu’on revienne à tout ce qu’il faut pour garantir notre avenir.

Guineematin.com : le silence du chef de l’Etat sur le sujet inquiète bon nombre de personnes, qui estiment que s’il y a nouvelle constitution, c’est uniquement à son avantage parce que ça lui ouvre la voie pour briguer un nouveau mandat. Quel est votre avis là-dessus ?

Frédéric Loua : vous parlez de quelque chose qui n’existe pas encore. Nous sommes dans un principe, avez-vous déjà vu le document de nouvelle constitution ?

Guineematin.com : voulez-vous dire que cette constitution n’existe pas encore alors que dans sa lettre de démission, l’ancien ministre de la justice, Me Cheick Sako, a invoqué entre autres, le fait de n’avoir pas été associé à la rédaction de cette constitution ?

Frédéric Loua : maître Cheick Sako n’est pas Frédéric Loua, ça n’engage que lui. S’il a été consulté ou pas pour que quelque chose, moi je le suis pas. Ce que je sais, j’ai été consulté par le Premier ministre quand il m’a posé la question : monsieur le ministre des Pêches êtes-vous d’accord ou pas pour le principe d’une nouvelle constitution ? Et là j’ai été très clair, j’ai répondu par le OUI que j’étais favorable à une nouvelle constitution. C’est un principe, mais si Cheick Sako dit qu’il n’a pas été associé, il est libre de le dire mais c’est lui seul qui sait. Moi je ne suis pas Cheick Sako, je ne suis pas au courant.

Guineematin.com : avez-vous un message à l’endroit de la population de N’zérékoré ?

Frédéric Loua : je suis originaire de cette ville, je n’ai pas un autre village, je suis originaire de Gonia. N’zérékoré est très fragile, il y a quelque chose qui se passe dans cette ville, un problème entre des individus devient facilement problème entre communauté. Et, quelque fois, ça a même une tendance à aller sur le plan religieux. C’est pourquoi je demanderai aux habitants de N’zérékoré, de se donner la main, de ne pas suivre les on-dit. Parce que là, j’ai reçu pas mal de coups de fils, j’ai reçu des témoignages qui n’ont rien à avoir avec ce qui s’est passé à N’zérékoré.

L’évènement de N’zérékoré n’était pas dans toute la ville en réalité, c’est une situation qui a été créée dans un quartier. C’était vers la scierie, ça s’est transporté vers Gonia, et ce n’est pas dans tout Gonia. C’était essentiellement dans Gonia 3, mais il y a eu extrapolation. On a dit que ça ne va pas à N’zérékoré et puis on a fait croire que c’est toute la ville qui était en ébullition, non. Je demande aux gens de N’zérékoré de vérifier l’information, de se donner la main pour construire cette belle cité que nous avons. L’argent a peur du bruit, les bailleurs étaient venus, quand ils ont vu ce mouvement, ils ont replié.

Je suis très heureux de vous le dire, j’étais ce matin au bureau du gouverneur quand j’ai vu les logisticiens venir s’enquérir de la situation et ils se sont rendus compte que c’est réel, le calme revenait. Ils nous ont dit nous allons voir comment acheminer le matériel pour Zogota à N’zérékoré. Donc c’est une bonne nouvelle, c’est de nous donner la main, aller vers le travail, développer notre localité que de suivre des gens qui n’ont pas la bonne information.

Entretien réalisé par Siba Guilavogui et Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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FNDC-Belgique : invitation à une manifestation contre le 3éme mandat d’Alpha Condé

21 juin 2019 à 12 12 43 06436

Nous, FNDC-Belgique avons l’immense honneur de vous inviter à Bruxelles, le 22 juin, à la grande manifestation que nous organisons contre le tripatouillage de la constitution guinéenne.

Le président Alpha Condé a envisagé, contre la volonté du peuple de Guinée, de changer la constitution pour s’octroyer une présidence à vie en nette violation des articles 27 et 154 que nous rappelons ci-après :

Article 27 : Le Président de la République est élu au suffrage universel direct. La durée de son mandat est de cinq ans, renouvelable une fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels, consécutifs ou non.

Article 154 : La forme républicaine de l’Etat, le principe de la laïcité, le principe de l’unicité de l’État, le principe de la séparation et de l’équilibre des pouvoirs, le pluralisme politique et syndical, le nombre et la durée des mandats du Président de la République ne peuvent faire l’objet d’une révision.

Nous serons dès lors honorés de vous accueillir à Bruxelles et de pouvoir compter sur votre contribution à la réussite de la manifestation qui vise à dissuader le président Alpha Condé et son clan de se maintenir au pouvoir au-delà de 2020.

Le Front National pour la Défense de la Constitution-Belgique (FNDC) invite toutes les guinéennes et tous les guinéens à venir massivement participer à la manifestation du 22 juin 2019 à Bruxelles.

Date : 22 juin 2019

Heure : 12H30 à 15H00 devant le palais de Justice

Adresse : Place Poelaert 1, 1000 Bruxelles. Belgique

Comptant sur votre présence, nous vous prions d’agréer, l’expression de nos respectueuses salutations.

FNDC-Belgique

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Goléah (Kindia) : voici la vidéo du ministre de l’Energie face aux « sorciers »

20 juin 2019 à 10 10 29 06296

« Ce que je vais vous dire pour le courant électrique, c’est très simple. Si vous n’avez pas vu mais vous avez entendu que les localités comme Linsan, Tabouna, Moriady non loin de Sabouya et beaucoup d’autres villages sont électrifiés aujourd’hui par le président Alpha Condé. A Goléah ici aussi, les experts sont passés il y a de cela deux ans pour faire des études afin que Goléah ait le courant », avait indiqué le ministre de l’Energie, Dr Cheick Taliby Sylla, le lundi dernier, 17 juin 2019, à Goléah, dans la préfecture de Kindia.

Voulant sans doute détendre l’atmosphère, le ministre Sylla s’est adressé à ses cousins à plaisanterie auxquels il a demandé d’arrêter la sorcellerie pour laisser le courant électrique entrer dans le village. « Il faut dire à N’gan Sirayé et Bassokhona d’accepter, à leur tour, l’électrification de Goléah. Car, la lumière du courant et l’autre que vous connaissez (celle des sorciers, ndlr), ne peuvent pas briller à la fois. Les deux ne peuvent jamais émettre une lumière au même endroit. Donc, dites-leur de céder un peu », a lancé le ministre Taliby Sylla.

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la vidéo de cette déclaration :

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Fin de la crise à N’zérékoré : voici l’accord

19 juin 2019 à 19 07 57 06576

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, grâce à une médiation de monsieur Cécé Loua, ancien maire de la commune urbaine de N’zérékoré, les autorités administratives locales (Gouverneur et préfet et maire) ont engagé des négociations avec les responsables de l’antenne locale des opposants à un 3ème mandat pour le président Alpha Condé.

Comme on le sait, à quelques mois de la fin de son deuxième et dernier mandat à la tête du pays, le président actuel de la Guinée veut changer la constitution pour rester au pouvoir jusqu’à la fin de sa vie. Ce qui est contraires aux lois de la République.

Pourtant, actuellement, tous les promoteurs d’un changement de la Constitution qui permettrait au président Condé de s’éterniser au pouvoir bénéficient du soutien affiché de l’Etat qui déploie des moyens matériels, humains, financiers et surtout une large couverture, via les médias d’Etat.

Mais, ceux qui s’exprimer CONTRE cette volonté du professeur Alpha Condé de violer les lois du pays pour rester au pouvoir sont traqués, jugés et condamnés à Conakry et à l’intérieur du pays.

A N’zérékoré, c’est suite à une marche de soutien à un changement de la Constitution que les opposants à un 3ème mandat ont décidé, eux aussi, de sortir, le jeudi dernier, 13 juin 2019, pour prouver à l’opinion qu’ils sont de loin les plus représentatifs des citoyens de la ville. Mais, les autorités locales ont refusé et déployé des agents pour réprimer la marche pacifique. Ce qui a entraîné la mort d’un manifestant, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels. Mais, la détermination des opposants n’a pas varié, même à cause des menaces, arrestations et autres formes de pression. Ils ont alors annoncé une autre marche qui devrait se dérouler demain, 20 juin 2019, et demandé aux autres préfectures de la région d’en faire autant…

C’est donc pour éviter d’autres dégâts (humains et économiques) dans la ville, et plus généralement la région, que le très populaire Cécé Loua, ancien maire de N’zérékoré, s’est proposé en médiateurs entre les autorités locales et les responsables de l’antenne régionale du Front national pour la défense de la Constitution (les anti troisième mandat pour le chef de l’Etat actuel de la République de Guinée).

Entamées hier, mardi 18 mai 2019, ces négociations ont abouti, ce jeudi soir, à un accord de sortie de crise qui a finalement été signé par les différents protagonistes…

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la copie du procès-verbal :

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Revue budgétaire 2019-2020 : la Guinée et l’UE en conclave à Conakry

18 juin 2019 à 15 03 00 06006

La première réunion du comité de pilotage du programme d’appui à la consolidation de l’Etat dans le cadre du 11ème FED (Fonds Européen de Développement) s’est tenue dans la soirée d’hier lundi, 17 juin 2019, à Conakry.

Présidée par la ministre de la Coopération et de l’Intégration Africaine, Dr Djéné Keïta, la rencontre a connu la participation du chef de la délégation de l’union européenne en Guinée et des cadres techniques intervenant dans le secteur aussi bien du côté guinéen que celui européen. Il a été question d’échanger sur les conclusions de l’évaluation à mi-parcours de l’appui budgétaire que l’union européenne apporte aux finances publiques, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Josep Coll ambassadeur et chef de la délégation de l’UE en Guinée
SE. Josep Coll

Dans son intervention, Son Excellence Josep Coll, ambassadeur et chef de la délégation de l’Union Européenne en Guinée, s’est d’abord réjoui de la tenue de cette réunion. Selon lui, elle consiste « à faire le point sur la situation de notre appui dans le cadre de ce que nous appelons l’appui budgétaire. Ça tombe bien parce que comme vous le savez, nous sommes dans la moitié de l’année. Et la période qui nous intéresse, c’est 2019-2020. Donc, c’est l’occasion de faire un premier constat avant qu’il ne soit trop tard sur la situation de la mise en œuvre des différents points que ce programme exige. Pour cela, nous avons demandé à une équipe d’experts de faire un rapport circonstanciel de la situation.

Ils ont passé beaucoup d’heures à interviewer et à examiner des documents. Nous aurons le plaisir tout au long de cette réunion de les écouter sur leurs évaluations et leurs recommandations. Le deuxième point que je voulais également mentionner pour cet après-midi, c’est de comprendre le niveau d’avancement et les efforts qui manquent, parce que comme vous le savez, si vous ne faites pas en temps voulu, il sera difficile de donner une validation à ces objectifs. Parce que dans le cadre de notre partenariat, nous nous sommes fixés ensemble, la République de Guinée et l’Union européenne, des objectifs », a dit le diplomate européen.

De son côté, la ministre de la Coopération et de l’Intégration Africaine, a indiqué que cette réunion est un exercice extrêmement crucial. « Notre pays, grâce au président Alpha Condé et son Premier ministre, Dr Kassory Fofana, a décidé d’opter pour la transparence et la bonne gouvernance économique ; et je crois que ceci est une opportunité de mettre cela à l’épreuve. Nous aurons à discuter en toute amitié et en toute franchise avec notre plus grand partenaire, l’union européenne, pour discuter des différents indicateurs qui sont les nôtres, pour lesquels on a obligation de résultats. (…)

En janvier dernier, on a eu la réunion Union européenne-Guinée, sous le leadership de Son Excellence monsieur l’ambassadeur et de son excellence monsieur le Premier ministre. Aujourd’hui, cette revue me paraît extrêmement importante. Elle nous permettra de savoir là où on va. J’ai pleins d’espoirs pour toutes les questions que nous aurons à prendre ici, tout ce que nous allons pouvoir débattre pour aller sur une base saine, transparente, parler des différents indicateurs au niveau des différents ministères sectoriels », a souligné Dr Djéné Keïta.

Selon la ministre de la Coopération et de l’Intégration Africaine, « le gouvernement apprécie énormément et hautement la contribution substantielle de l’union européenne dans ce cadre du 11ème FED. Je crois qu’on ne le dira jamais assez. Parce que cet appui budgétaire qu’on va évaluer aujourd’hui, permet à la Guinée de réaliser des progrès remarquables sur la voie des réformes institutionnelles et financières depuis 2011. Donc, il convient de signaler que ce programme, financé sur les ressources du 11ème fonds européen de développement, fait suite à un premier programme d’appui budgétaire.

Et, j’ai cru comprendre tout de suite que ça fait 18 mois qu’il n’y avait pas eu de revue ou de comité de pilotage à ce niveau-là. Et cela est très long. J’espère aussi que la réunion de ce jour permettra aussi d’avoir une programmation et une rencontre plus régulière, une concertation plus certaine, et que les documents que nous allons revoir aujourd’hui soient également distribués dans le délai, afin que les parties prenantes puissent faire leurs commentaires idoines et avoir une réunion qui va se passer avec succès », a souhaité la ministre.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Lancement de l’ANAFIC à Dalaba : le gouverneur de Labé boycotte une initiative du gouvernement

16 juin 2019 à 16 04 56 06566

Le gouverneur de la Région Administrative (RA) de Labé, Elhadj Madifing Diané a refusé catégoriquement de mobiliser ses préfets, sous-préfets et maires pour la rencontre de lancement de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC), organisée ce dimanche, 16 juin 2019, par les ministres et hauts cadres de l’Etat ressortissants de la Moyenne Guinée sur instruction du président Alpha Condé, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Toutes les autorités régionales, préfectorales et communales des Régions Administratives (RA) de Mamou et Labé étaient conviées ce dimanche, 16 juin 2019, à Dalaba pour plancher sur les problèmes de développement de la Moyenne Guinée en liens avec les fonds de l’Agence Nationale de Financement des Collectivités (ANAFIC).

Cette rencontre qui était placée sous la présidence des ministres et autres hauts cadres de l’Etat ressortissants de la Moyenne Guinée devait également peaufiner des stratégies appropriées pour faire comprendre à la population de cette région, une partie du territoire national entièrement contrôlée par l’opposition politique, l’intérêt qu’elle peut tirer de l’adoption d’une nouvelle constitution en République de Guinée.

C’est dans ce cadre que les ministres Abdoulaye Yéro Baldé, Sanoussy Gbantama Sow, Moustapha Mamy Diaby, Mouctar Diallo, Thierno Ousmane Diallo qui présidait la séance, Boubacar Barry, Mamadou Taran Diallo et plusieurs autres hauts commis de l’Etat ressortissants de la région et les responsables de l’ANAFIC ont rallié la ville de Dalaba où ils ont été accueillis par le gouverneur de la Région Administrative (RA) de Mamou, Amadou Oury Lémy Diallo entouré de tous ses préfets, sous-préfets et maires des communes rurales et urbaines avec 100% de présence.

Le contrôle des présences a montré que pour la Région Administrative (RA) de Labé, il n’y avait que le gouverneur de région, Elhadj Madifing Diané arrivé sur les lieux en tenue civile et sans chauffeur ni garde-corps. Celui qui se fait passer aujourd’hui comme étant le « Super Man » du président Alpha Condé n’était accompagné que de la journaliste Djéïnabou Bah, envoyée spéciale de la radio privée BTA FM de Labé.

Cette absence inexpliquée et inexplicable de la Région Administrative à la rencontre stratégique gouvernementale de Dalaba a provoqué une déception généralisée chez tous les ministres ressortissants de la Moyenne Guinée. Et les participants ont tenu à ce qu’on mentionne dans le rapport de mission que la Région Administrative (RA) de Labé n’était représentée que par son super gouverneur de région, Elhadj Madifing Diané, bénéficiant de la protection absolue du chef de l’Etat.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Contacts : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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3ème mandat pour Alpha Condé ? « Hadja Rabiatou ne doit pas se taire à cause d’un poste »

15 juin 2019 à 20 08 04 06046

Depuis le début de la polémique sur la volonté du président Alpha Condé de modifier la constitution pour s’éterniser au pouvoir, l’ancienne président du Conseil National de la Transition (CNT), Hadja Rabiatou Sérah Diallo, ne s’est pas fait entendre. Une attitude que ne comprend pas le vice-président de l’UFDG, Dr Fodé Oussou Fofana.

A l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire de son parti de ce samedi, 15 juin 2019, l’opposant a demandé à l’actuelle présidente du Conseil Economique et Social (CES) de sortir de son silence pour clarifier sa position sur la question, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Pour lui, il est inadmissible que celle qui a présidé le CNT, l’institution qui a rédigé l’actuelle constitution, reste silencieuse sur le débat en cours autour d’un changement de cette constitution, dont le seul but est de permettre au président Alpha Condé de s’offrir un troisième mandat. « Je voudrais lancer un appel à Hadja Rabiatou Serah Diallo, puisque je considère qu’elle ne doit pas être silencieuse. Elle a été présidente du Conseil National de la Transition qui a élaboré l’actuelle constitution. Elle ne doit pas se taire à cause d’un poste ou bien comme si elle n’est pas concernée », estime Fodé Oussou Fofana.

En plus de l’ancienne syndicaliste, le vice-président de l’UFDG a également souhaité l’implication du grand imam de Conakry, Elhadj Mamadou Saliou Camara, de l’archevêque de Conakry, Mgt Vincent Koulibaly, des coordinations régionales ainsi que tous les proches du Président Alpha Condé. Cela, dit-il, afin de faire éviter à la Guinée une crise aux lendemains incertains. « Il ne faut pas forcer la situation avec ce qui se passe et ce qui s’est passé à N’zérékoré. Nous avons connu des violences dans ce pays avec l’empoisonnement bidon de l’eau à Conakry et ses conséquences à Kankan, Siguiri et Kouroussa. Aujourd’hui, l’exemple de N’zérékoré doit dire à monsieur Alpha Condé d’arrêter.

Quand ça commence, on ne sait pas quand ça va finir. Nous voulons la paix pour ce pays. Nous considérons que monsieur Alpha Condé s’est battu pendant 40 ans, il a eu 2 mandats, il faut qu’il accepte, pour le bien du pays, pour ne pas que le sang coule dans ce pays, pour ne pas que les enfants continuent à mourir, pour ne pas qu’il y ait un problème ethnique dans ce pays et pour ne pas qu’il y ait des confrontations entre les Guinéens. Il doit accepter de faire un discours », a dit le président du groupe parlementaire de l’UFDG à l’Assemblée nationale.

D’ailleurs, l’opposant ne trouve pas la peine que le Président Alpha Condé continue de cacher ses intentions. « Ce n’est pas la peine de faire semblant comme s’il (Alpha Condé, ndlr) n’est pas au courant. Il est le Président de la République, il sait ce qui se passe dans ce pays. Il ne doit pas se taire, il doit dire quelle est sa position », insiste Dr Fodé Oussou Fofana.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Gouvernance Alpha Condé, 3ème mandat : Dr Amadou Diallo de l’UFDG à Guineematin

24 mai 2019 à 12 12 25 05255
Dr Alpha Amadou Diallo, médecin en service à Paris et membre du bureau exécutif de l’UFDG

Dans une interview qu’il a accordée à Guineematin.com, Dr Alpha Amadou Diallo, médecin en service à Paris et membre du bureau exécutif de l’UFDG, a évoqué plusieurs questions liées à l’actualité nationale. L’opposant a dénoncé le projet de nouvelle constitution annoncé par le pouvoir et qui vise à offrir un troisième mandat au président Alpha Condé, qu’il accuse d’être « l’incarnation même de la mal gouvernance ». Il a parlé aussi du combat du FNDC qu’il pense être en mesure de barrer la route à un troisième mandat pour l’actuel chef de l’Etat guinéen.

Guineematin.com vous propose ci-dessous la première partie de cette interview.

Décryptage !

Guineematin.com : comment on peut vous présenter ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : je suis Dr Alpha Amadou Diallo, chirurgien des hôpitaux. J’exerce actuellement à l’hôpital de Versailles comme chirurgien urgentiste. Je suis membre du bureau exécutif de l’UFDG, militant engagé et très prompt au combat pour le changement en Guinée.

Guineematin.com : justement, il y a un combat aujourd’hui en Guinée, celui de la lutte contre un changement de constitution qui vise à permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. Parlez-nous de ce combat qui est porté par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) dont est membre l’UFDG.

Dr. Alpha Amadou Diallo : vous savez, en Guinée, on a une multitude de partis politiques avec des méthodes différentes de combat ayant tous pour objectif de gérer l’Etat. Chaque parti a son leader, ses militants et sa propre ligne. Cette différence a permis à monsieur Alpha Condé de jouer entre les différentes formations politiques, les différentes ONG pour avoir la possibilité d’imposer cette dictature que nous connaissons aujourd’hui. Pour réunir toutes ces différences, on a jugé utile de créer le front national pour la défense de la constitution qui réunit toute la Guinée : des partis politiques, la société civile, des syndicats, des défenseurs des droits humains, des artistes, des leaders d’opinion. C’est la nation guinéenne qui s’est constituée dans ce front pour pouvoir amener la Guinée à une alternance démocratique acceptée de tous.

Guineematin.com : malgré la naissance de ce front, le pouvoir compte bien organiser un référendum pour changer l’actuelle constitution afin d’offrir un nouveau mandat au président Alpha Condé. Le RPG Arc-en-ciel s’est prononcé officiellement sur la question samedi dernier. Qu’en dites-vous ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : la sortie du RPG Arc-en-ciel est tout à fait logique. Mais, le RPG doit savoir qu’il est un parti politique qui doit survivre après Alpha Condé, normalement si c’est un parti républicain. Ce parti doit être en mesure de survivre à la dictature de monsieur Alpha Condé. Même le RPG a tout à gagner si Alpha Condé quitte le pouvoir dans les normes démocratiques. Si par malheur, le RPG s’accroche à maintenir Alpha Condé au pouvoir, c’est à son détriment. Puisqu’Alpha Condé aujourd’hui, ce n’est pas un problème de partis politiques, mais un problème national. Alpha Condé, avec sa mal gouvernance, est l’incarnation de toute la gabegie, toute cette flopée d’immigrés de nos jeunes à travers le désert et de la méditerranée. Actuellement, la jeunesse guinéenne est la première demandeuse d’asile politique à travers le monde. Que ça soit en France ou ailleurs.

C’est notre jeunesse qui est en train de fuir notre pays puisque tout simplement, la référence nationale, le socle national de l’économie est complètement bafoué. Alpha Condé est l’incarnation même de la mal gouvernance. Donc, le RPG n’a rien à gagner à ce qu’Alpha Condé reste au pouvoir. Le RPG, dans sa constitution même, doit être en mesure de renouveler les générations dirigeantes de son parti. Maintenant, si un monsieur de 85 ans révolus se maintient au pouvoir avec le symbole de la destruction massive comme outil de gestion, je ne vois pas quel intérêt un parti comme le RPG peut se permettre de s’admirer cette mal gouvernance.

Guineematin.com : quand vous dites que c’est au détriment du RPG si le président Alpha Condé décide de se présenter pour un nouveau mandat, en quoi cela peut être défavorable au RPG ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : Alpha Condé, je vous l’ai dit, en tant qu’individu exerçant le pouvoir de la République est l’incarnation même de la mal gouvernance. Aujourd’hui, on n’a pas d’eau et on n’a pas d’électricité. Tous les partis politiques, les ONG ont dénoncé les marchés de gré à gré. Prenez l’exemple des mines. On parle aujourd’hui d’un scandale géologique, c’est vrai, mais il n’y a aucune retombée économique sur le pays. Sidya Touré l’a dit, le président Cellou Dalein l’a dit et tous les ténors de l’opposition l’ont dénoncé. Il n’y a pas de retombées économiques de l’exploitation minière en Guinée.

Guineematin.com : je reviens sur ma question. Quand vous dites que c’est au détriment du RPG si président Alpha Condé tente de s’accrocher au pouvoir, que risque concrètement le parti au pouvoir ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : pour remonter l’histoire, le PDG RDA qui a incarné l’indépendance en 1958 a favorisé l’émergence de Sékou Touré. Celui-ci a imposé en Guinée une dictature sanguinaire qui a duré 26 ans. Conséquence, après sa disparition, le PDG a disparu, il ne s’est pas remis de ses cendres. Et le PUP aussi, Conté a bien géré la Guinée, il a permis une transition pacifique après cette dictature sanglante, mais avec le référendum constitutionnel qui lui a permis de rester au pouvoir, la conséquence a été cette gabegie qui a mis son parti sur le banc des accusés. Sinon, le PUP était un parti national. Donc, si le RPG aujourd’hui, avec toute cette gabegie de monsieur Alpha Condé se permet d’accompagner cette mascarade constitutionnelle, c’est une façon de dire que ce parti n’a aucun avenir politique en Guinée.

Guineematin.com : personnellement, est-ce que vous pensez que le projet de 3ème mandat pour Alpha Condé va aboutir ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : monsieur Alpha Condé est nuisible à tout sens de progrès. Si monsieur Alpha Condé dans sa démarche pense pouvoir prendre tout le peuple de Guinée en otage pour pouvoir se maintenir, il se trompe. Si son entourage ne lui dit pas la vérité, il le fait croire que la Guinée va se soumettre à ça et qu’avec les PA il va mater toutes les velléités de contestation, il se trompe. Il ne va pas le réussir. Je vous le dis, monsieur Alpha Condé n’a aucune possibilité, que ça soit l’argent, l’armée ou bien des autres forces de défense et de sécurité, rien lui permettra de réussir à se maintenir au pouvoir. Donc, il est seul contre tous.

Guineeatin.com : il n’est pas seul contre tous parce qu’il a au moins son parti politique et ses militants avec lui.

Dr. Alpha Amadou Diallo : il faut voir ce qui se passe avec le RPG. On ne va pas focaliser notre interview sur le RPG qui est censé être un parti national. Maintenant, s’il est un parti ethnique, fasciste, à lui d’accompagner monsieur Alpha Condé. Mais, à mon avis, le RPG a tout intérêt à exister pacifiquement avec les autres formations politiques de notre pays.

Guineematin.com : vous dénoncez la mauvaise gouvernance du président Alpha Condé, et cela a été quelque peu confirmé par un récent rapport du FMI. Quel est votre commentaire sur ce rapport qui accable vraiment la Guinée ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : le rapport n’accable pas la Guinée mais il accable Alpha Condé. C’est Alpha Condé qui dispose des ressources du pays à sa guise avec ses amis. Lui-même a dit qu’il sert les amis d’abord. L’affaire de Bolloré est là en suspens et il y a plein de scandales dedans ; l’affaire du port est là, etc. Il y a un syndicaliste qui est maintenant député qui se bat pour que la vérité sorte, mais la machine de l’Etat qui est à la disposition d’Alpha Condé permet d’étouffer certaines choses. Et, un jour ça va ressortir. Monsieur Alpha Condé a une gestion calamiteuse où les ressources économiques et sociales sont disloquées.

Vous voyez vu par exemple des syndicats qui ont organisé une bataille rangée la dernière fois au palais du peuple. C’est le pouvoir qui organise ça. Sinon, personne ne peut venir s’en prendre à monsieur Soumah qui a montré sa capacité de mobilisation, sa capacité syndicale face à une dictature pareille qui ne veut pas entendre raison. Donc, actuellement je ne vois pas par quel moyen, Alpha Condé va se maintenir au pouvoir contre le peuple de Guinée.

Guineematin.com : qu’est-ce qui vous rassure tant ? Quels sont les moyens en votre possession pour barrer la route à un troisième mandat pour Alpha Condé ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : c’est très simple. Avant, je vous l’ai dit que c’était difficile de s’unir. Maintenant, des gens qui ne pensaient pas et ne défendaient pas la même chose se sont retrouvés. Ce n’est pas pour être président ou pour ceci, c’est pour défendre notre constitution. Ce qui nous permet de vivre ensemble, d’avoir la justice, la liberté, c’est la constitution. Et c’est ce qu’Alpha Condé veut fouler aux pieds. Maintenant, les moyens sont les ressources humaines qui sont le peuple. Le front ne signifie pas l’UFDG, l’UFR, ou un autre parti, c’est toute la nation guinéenne qui est concernée. Ce n’est pas une question d’ethnie ou de parti politique, mais c’est toute la nation qui se mobilise pour faire front contre une dictature sanguinaire et sanguinolente qu’incarne monsieur Alpha Condé.

Guineematin.com : au niveau du FNDC, on parle du peuple. Au niveau du RPG aussi, on parle du peuple. Finalement, le peuple c’est qui ? Est-ce que vous voyez la population se lever pour vous accompagner dans la lutte contre ce 3ème mandat ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : ce sont les forces vives de la nation qui constituent le front. Que ça soit les partis politiques, les syndicats, les ouvriers, les agriculteurs de Yomou, de Koundara, etc. tous sont concernés. Maintenant avec quelle méthode ? Alors, actuellement, il y a eu des fédérations du FNDC partout, même dans les villages. Il s’agit de venir expliquer à la population qu’est-ce que c’est que la constitution. C’est un outil du vivre ensemble. Voilà monsieur Alpha Condé veut s’accaparer aujourd’hui de cet outil pour tailler une constitution sur mesure, pour rester et maintenir un clan au pouvoir. Avec cette histoire de vice-présidence, c’est lui qui va désigner le vice-président. S’il est élu et son vice-président est élu, en cas de vacance du pouvoir, c’est le vice-président qui va prendre le pouvoir. Donc, c’est une façon de confisquer le pouvoir en Guinée.

Guineematin.com : en dénonçant ce projet de nouvelle constitution, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, a reconnu avoir participé à la modification constitutionnelle de 2001 qui a permis au président Lansana Conté de briguer un troisième mandat. Cette sortie du chef de file de l’opposition guinéenne a suscité beaucoup de bruit à Conakry parce qu’il semble s’opposer aujourd’hui à ce qu’il a fait hier. Qu’en dites-vous ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : revenons d’abord à monsieur Lansana Conté qui n’avait pas de diplôme d’université comme le prétend monsieur Alpha Condé. C’est un soldat patriote qui est venu prendre le pouvoir le 03 avril 1984. C’est une histoire récente de la Guinée. Il a fait une transition pacifique avec son discours-programme du 22 décembre 1985. Il a orienté politiquement et économiquement la Guinée vers le libéralisme économique et politique où chaque citoyen est libre de créer son parti. Donc, monsieur Lansana Conté a une légitimité. Deuxièmement, à l’issue de ce pouvoir militaire, il a créé un conseil national de transition qui fait office de parlement. Ce parlement a préparé une constitution qui a été soumise à un référendum. C’est ce référendum qui a mis en place une constitution qui a donné naissance aux différentes institutions de façon pacifique.

Il s’est avéré que cette constitution ne verrouillait pas la limitation des mandats. Elle disait seulement deux mandats mais ne disait pas consécutifs ou non. Au terme de ça, des gens mal intentionnés se sont mobilisés pensant qu’en maintenant Lansana Conté sur place, ils pouvaient prendre la relève après. C’est des ambitions politiques personnelles. Par contre, monsieur Lansana Conté n’avait violé aucune loi à l’époque pour changer la constitution. Les bons esprits, dont mon père (Elhadj Boubacar Biro Diallo) qui était, à l’époque, président de l’Assemblée nationale, l’avaient conseillé de ne pas aller au-delà de ses deux mandats, de respecter et de passer le relai. Mais, d’autres n’ont pas entendu ça de bonnes oreilles.

Guineematin.com : vous avez parlé jusque-là de Lansana Conté, mais pas de Cellou Dalein Diallo, actuel président de l’UFDG, et qui était à l’époque ministre de Lansana Conté. Il avait, alors, soutenu le projet de troisième mandat pour Lansana Conté. Aujourd’hui, il s’oppose à un projet similaire pour Alpha Condé. Pourquoi cela ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : d’abord, je vous dis que monsieur Lansana Conté avait toute la légitimité qu’il faut pour modifier la constitution. En plus, cette constitution ne verrouillait pas le nombre de mandats présidentiels. C’était extensible et il pouvait revenir. Or, avec cette nouvelle constitution, on dit qu’on vient vers une 4ème République, monsieur Alpha Condé ne sera pas concerné puisque la constitution sur laquelle il a juré, avec laquelle il a géré le pays, puisque tous les actes de la République, il les fait au nom de la constitution, tous les décrets, toutes les décisions font allusion à la constitution. Même les contrats qu’il est en train de signer, il les signe au nom de la constitution. Donc, il ne peut pas dire aujourd’hui que cette constitution n’est pas bonne.

Et cette constitution, contrairement à celle de 2001, a mis un verrou sur le nombre de mandats présidentiels, elle a dit deux mandats non renouvelables. Donc, si Alpha Condé tente de changer cette constitution pour briguer un nouveau, il s’engage dans une logique de parjure. Et quand il se met dans l’illégalité, toutes les options sont sur la table.

Guinnematin.com : y compris un coup d’Etat ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : non ! Personne ne parle de coup d’Etat ici. Ce qu’il faut savoir, le peuple est souverain. On ne va pas empêcher le peuple de sortir dans la rue pour dire non, on ne veut pas d’une nouvelle constitution. Il ne s’agit pas de dire que nous, on va faire ce qu’on veut, les gens vont sortir manifester pour soutenir un 3ème mandat. Ceux qui vont sortir pour contester ce 3ème vont être jetés en prison ou violentés par les forces de défense et de sécurité. De toutes les façons, ce débat n’existe pas. Le FNFC est là pour verrouiller ce débat. On a autre chose à faire. Par exemple, on a les élections locales où les conseils des quartiers et les conseillers régionaux ne sont pas installés. Pourquoi ne pas terminer le processus électoral là, faire les élections législatives et présidentielles avant de parler d’un référendum constitutionnel ? Puisque parler de ce référendum, c’est aller du coq à l’âne. Monsieur Alpha Condé n’a pas achevé le processus électoral local et il veut aller à un processus électoral national.

Guineematin.com : l’argument des promoteurs d’une nouvelle constitution, c’est que l’actuelle constitution n’a pas été approuvée par le peuple, elle a juste été promulguée par le président de la Transition, le général Sékouba Konaté, alors qu’elle devait être soumise à un référendum. N’est-ce pas là un argument solide ?

Dr. Alpha Amadou Diallo : cette constitution a été adoptée par le CNT qui était un organe consensuel qui faisait office de parlement. Le RPG était là, tous les partis politiques, les syndicats, la société civile et les leaders religieux. Il fallait sortir de la situation du 28 septembre qui a été un massacre que personne ne veut juger puisque tout simplement les complices ou les coupables sont encore dans la gouvernance de monsieur Alpha Condé. Il fallait sortir de là, et pour le faire, il fallait mettre une constitution en place mais limitant le nombre de mandats présidentiels. Une fois que le président a terminé son mandat, quelle que soit la République, il n’est plus concerné par une candidature présidentielle.

Aujourd’hui, si le RPG dit que cette constitution est mauvaise, ce que l’élection d’Alpha Condé est mauvaise, toutes les décisions qu’il a prises jusqu’à maintenant n’ont pas une légitimité. Donc, monsieur Alpha Condé doit savoir qu’à l’issue de ses deux mandats, il doit organiser des élections démocratiques et passer le relais. Personne ne va lui chercher des poux sur la tête, personne ne va venir le perturber. Si son rêve c’est d’être Mandela ou autre, il pourra le faire. A ce moment-là, il aura cette légitimité.

A suivre !

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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Guinée : les huissiers se tournent vers Alpha Condé pour la signature de leur statut

24 mai 2019 à 10 10 36 05365
Me Sory Daouda Camara, président de la chambre nationale des huissiers de justice de Guinée

Après avoir observé deux semaines de grève générale, les huissiers de justice de Guinée se sont réunis à Conakry, hier, jeudi 23 mai 2019. La démarche visait à faire le bilan de la grève en cours et de mettre en œuvre de nouvelles stratégies pour arriver à leurs fins. Ils comptent sur les avocats, les notaires et commissaires priseurs pour paralyser l’appareil judiciaire, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

En grève depuis le 13 mai dernier, les huissiers de justice de Guinée n’en démordent pas. A l’occasion de leur assemblée générale de ce jeudi, les huissiers de justice ont fait le bilan de leur mouvement, globalement satisfaisant, ont-ils fait savoir.

Selon le président de la Chambre Nationale des Huissiers de Justice de Guinée (CNHJG), maitre Sory Daouda Camara, le mouvement a été régulièrement suivi par les huissiers de justice. « Depuis le début de ce débrayage, le mouvement a été régulièrement suivi par l’ensembles des huissiers de justice, exception faite de quelques 2 ou 3 cas d’indélicatesse que nous avons relevés à l’assemblée. Ces cas ont été dénoncés, fustigés. Et notre conseil de discipline a été chargé de statuer sur leurs cas. Sinon dans l’ensemble, le mouvement a été bien observé et le mouvement continu son cours normal. Et c’est le lieu de féliciter l’ensemble des huissiers de justice de Guinée pour l’observation de ce mouvement… »

Massivement mobilisés, les huissiers ont flétri le comportement de certains de leurs camarades qui n’ont pas voulu respecter le mot d’ordre de grève et promis des sanctions. « Nous avons tiré des leçons pour que des cas d’indélicatesse ne soient plus répétés par d’autres huissiers de justice. Parce que les premiers qui l’ont essayé, ils vont être sanctionnés. Des mesures vont être proposées par le conseil de discipline au bureau, les sanctions vont être prononcées, cela servira d’exemple pour que dans le futur d’autres ne reprennent pas la même erreur » a fait remarquer maitre Sory Camara.

Après ce constat, les huissiers ont décliné les nouvelles stratégies à prendre pour que leurs revendications soient satisfaites, notamment la fin des tracasseries et la prise en compte de leur statut particulier. Dans ce cadre, ils comptent sur les avocats et autres auxiliaires de justice pour paralyser l’appareil judiciaire. « Nous allons adresser des courriers officiels aux autres auxiliaires de justice à savoir : les avocats, les notaires ainsi que les commissaires priseurs pour demander leur accompagnement ».

En outre, les huissiers comptent sur le président Alpha Condé pour que leur situation change. « Nous avons estimé d’aller plus loin en essayant de rencontrer monsieur le Président de la République. Il est le président de tout le monde. Il n’est pas exclu que le projet de statut supposé être sur sa table pour signature ne soit même pas là-bas. Parce que nous avons eu quelques indiscrétions selon lesquelles le projet ne se serait pas retrouvé à la présidence. Donc, nous allons vérifier à la source pour voir si l’indifférence, c’est au niveau de monsieur le président de République, où alors ce sont les autorités, les cadres autour de la présidence qui ont, par inadvertance ou par négligence, gardé ce dossier dans un tiroir », a expliqué Sory Daouda Camara.

Parmi les nombreuses stratégies proposées, les huissiers ont écarté l’hypothèse d’une marche pacifique, de criante de se faire réprimer. « La question de projeter une marche a été proposée, mais lorsque cette question fut mise au vote, la majorité s’est prononcée contre pour ne pas être réprimé par les forces de l’ordre », a fait savoir le président de la CNHJG.

Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620 589 527/654 416 922

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Renversé par le cortège présidentiel, Sékou Traoré interpelle Alpha Condé : interview

7 mai 2019 à 16 04 10 05105
Sékou Traoré, renversé par le cortège du président Alpha Condé le 22 mai 2015 à Dorota (N’zérékoré)

Le jeune Sékou Traoré, originaire de N’zérékoré, renversé par le cortège du président Alpha Condé le 22 mai 2015 à Dorota, un des quartiers de la capitale de la Guinée Forestière, est devenu handicapé. Pire, il est aujourd’hui laissé pour compte, après avoir suivi des soins à l’hôpital sino-guinéen de Kipé à Conakry. Dans un entretien qu’il a accordé à nos reporters au siège de Guineematin.com, dans la journée de ce mardi 7 mai 2019, Sékou Traoré est revenu sur sa mésaventure avant de lacer un appel au président Alpha Condé.

Décryptage

Guineematin.com : vous avez été renversé par le cortège de la garde présidentielle à N’zérékoré. Comment ça s’est passé ?

Sékou Traoré : ce jour-là, le 22 mai 2015, nous étions en classe. Je faisais la terminale Sciences Sociales au lycée Général Lansana Conté de N’zérékoré. Une délégation est venue là-bas, dans notre classe, pour nous dire qu’il y a la visite du président Alpha Condé à N’zérékoré, au gouvernorat. On s’est rassemblé pour aller là-bas. On s’est suivi pour aller à l’aéroport pour accueillir le président. En cours de route, on nous a dit que l’hélicoptère du président avait atterri au camp militaire. On a décidé de faire demi-tour. Il pleuvait. On ne s’attendait pas à ce qu’il y ait les militaires de la garde présidentielle. On partait pour le camp lorsque le cortège m’a heurté. Selon ma mère (militante de première heure du RPG, ndlr) j’ai passé deux semaines dans le coma. Le Dr Rémy Lamah, ministre de la santé à l’époque, a facilité les choses pour nous.

Guineematin.com : quelle a été la suite ?

Sékou Traoré : on m’a d’abord envoyé à l’hôpital Ignace Deen de Conakry. Puis, on m’a transféré à l’hôpital sino-guinéen de Kipé. Quelques temps après, on nous a dit de rentrer à la maison et que je suis guéri. Depuis lors, personne ne s’est occupé de moi alors que je devenu infirme.

Guineematin.com : pendant que vous étiez à l’hôpital sino-guinéen, qui s’est occupé de vous ?

Sékou Traoré : c’est le ministre conseiller à la présidence, Damantang Albert Camara qui s’était occupé de moi. Ma maman m’a dit que c’est Damantang qui a donné ordre de faire l’intervention chirurgicale.

Guineematin.com : comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

Sékou Traoré : là où je suis, j’ai toujours mal. J’ai des maux de tête, mon dos aussi me fait mal. Par exemple, si je parcours quelques mètres, je ressens des douleurs sur mon dos. Regardez les traces de mes blessures, su mon bras gauche, au niveau du coude. J’ai aussi les stigmates des blessures sur la cuisse droite où il y a encore un fer. Je marche difficilement, à l’aide d’une canne. Pour ce qui est du fer là, je suis allé rencontrer Dr Ballo, un médecin qui est à la présidence. Ce dernier m’a dit de repartir vers Dr Sandy à l’hôpital Sino-guinéen pour qu’il s’occupe de moi. J’avais commencé à venir à l’hôpital, mais c’était difficile, parce que ma maman n’a rien. Pour avoir même le transport de Lambanyi à Kipé, c’est des problèmes. Même ce que nous mangeons, on ne gagne pas.

Guineematin.com : vous nous avez parlé d’une assurance-santé qui vous était destinée. Qu’est-ce qu’il en est réellement ?

Sékou Traoré : les gens nous ont dit qu’il y a cette assurance santé. Ils nous ont dit que si vous voyez qu’on ne s’occupe plus de vous, c’est parce qu’il y a quelque chose. Selon eux, il y a des gens qui ont manipulé mon problème. On nous a dit qu’ils ont bouffé l’argent qui m’était destiné, mon assurance.

Guineematin.com : savez-vous de qui il s’agit ?

Sékou Traoré : je ne peux pas dire leur nom. Mais, ils se reconnaitront.

Guineematin.com : est-ce que vous avez échangé avec le ministre Damantan Camara pour lui dire vos difficultés ?

Sékou Traoré : je me suis rencontré avec Damantan plusieurs fois. Chaque jour que je vais en ville, il me trouve à la rentrée de la présidence. A part là-bas, je le rencontre aussi à Coléah. Lors de notre dernière rencontre, il m’avait dit qu’il était entrain de se voir avec Dr Ballo de la présidence et que c’est ce dernier qui gère mon problème. Que c’est lui gère ce genre de problèmes à la présidence. Mais, on n’a toujours rien.

Guineematin.com : que voulez-vous que le Président Alpha Condé fasse pour vous aujourd’hui ?

Sékou Traoré : moi je veux qu’on m’aide. Là où je suis, je suis devenu un handicapé. J’ai perdu mes études puisque j’étais en classe de terminale au moment de mon accident en 2015. Mais, dans mes dossiers, ils ont écrit que je suis chauffeur de profession. Le jour de mon accident, je n’avais que le permis de conduire sur moi. Si non, j’étais élève à l’époque. Aujourd’hui, je veux une prise en charge. Là où je suis, je suis devenu handicapé. Même si je ne vous le dis pas, vous le voyez par vous-mêmes.

Propos recueillis par la rédaction de Guineematin.com

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Ousmane Gaoual prévient : « en 2020, s’il n’y pas élection, Cellou Dalein sera installé… »

4 mai 2019 à 18 06 00 05005

La lancinante question du 3ème mandat ou de modification de la Constitution en faveur du président Alpha Condé continue d’alimenter la chronique. A l’occasion de son assemblée générale de ce samedi 4 mai 2019, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) a mis en garde les promoteurs de cette thèse. Pour Ousmane Gaoual Diallo, qui ne mâche pas ses mots, tout sera mis en œuvre pour empêcher Alpha Condé de gérer notre au-delà de 2020, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Connu pour son franc-parler, l’élu uninominal de Gaoual a clamé haut et fort que le projet de 3ème mandat n’aboutira pas. « Le peuple de Guinée est dos au mur et sait qu’il est le dernier rempart de la démocratie. Les guinéens sont déterminés à payer le prix fort pour faire en sorte, qu’il y ait élection ou pas, qu’au terme du mandat d’Alpha Condé, que soit, il est remplacé à la suite d’une élection régulière par celui qui aura acquis les suffrages des guinéens, soit la Guinée rentre dans une transition… Si cela va passer par l’affrontement auquel il a appelé les guinéens, ça sera un affrontement entre eux, Alpha Condé et son clan… »

En outre, Ousmane Gaoual Diallo s’est adressé aux forces de l’ordre en les mettant face à leur conscience. « Tous ces militaires, gendarmes et policiers qui agissent dans la brutalité, qui croient que ce pouvoir est sans fin, ils se trompent. Personne ne dira demain, je ne savais pas ou bien on m’a donné un ordre. Tous ceux qui vont soutenir cette idée seront traités comme des criminels et subiront ainsi la colère du peuple de Guinée. Mais, il n’y aura pas de recul », avertit ce proche de Cellou Dalein.

Très confiant, Ousmane Gaoual Diallo soutient mordicus qu’en 2020, le président de l’UFDG va occuper le fauteuil présidentiel. « Nous souhaitons que cela se passe dans des élections régulières. Mais, s’il n’y avait pas d’élection, il sera quand même installé par un coup de force, quelque soit le prix à payer », insiste-t-il.

En outre, Ousmane Gaoual a tiré à boulets rouges sur les promoteurs du changement de la Constitution. « S’ils sont légitimes pour vanter le coup d’Etat, alors nous sommes légitimes pour appeler les patriotes à opérer un autre coup d’Etat, pour installer les démocrates à la tête de la Guinée. On ne peut pas laisser des gens sortis de nulle part, les arrivistes, les pilleurs des deniers publics, les corrompus, les criminels avoir la liberté de promouvoir un changement illégal de Constitution et ne pas emprunter le même chemin à l’envers pour promouvoir la démocratie ».

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

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