Conakry : un élève gendarme jugé au TPI Dixinn pour viol sur une mineure de 16 ans à Kaporo

Bernard Koïvogui, gendarme stagiaire à la Brigade Anti Criminalité (BAC) numéro 5 de Kaporo, dans la commune de Ratoma, est traduit en justice pour des faits de viol sur mineure. Ce jeune stagiaire, âgé de 25 ans, est accusé de viol sur la personne de M.D, mineure âgée de 16 ans au moment des faits, en 2020. Appelé à la barre ce lundi, 23 janvier 2023, au tribunal de première instance de Dixinn, l’accusé a nié les faits mis à sa charge. Le procureur a demandé son acquittement, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les faits de viol présumé se sont produits le 29 juin 2020. Mis aux arrêts, Bernard Koïvogui, gendarme stagiaire à la Brigade Anti Criminalité (BAC) numéro 5 de Kaporo, est détenu à la maison centrale de Conakry depuis le 30 juin 2020

D’après l’acte d’accusation, les faits se sont produits au quartier Kaporo. C’est là que l’accusé, Bernard Koïvogui, aurait abusé sexuellement de la mineure de 16 ans au moment des faits. Des faits que l’accusé a niés en bloc lors de sa déposition. « Je ne reconnais pas avoir entretenu des relations sexuelles avec M.D. Si j’avais fait ça avec elle, j’allais prendre la fuite. Je ne serai pas resté sur les lieux parce que j’en connais la gravité. Nous, on nous envoie là-bas pour acheter à manger dans le restaurant de sa sœur. Je la voyais au restaurant, mais je ne connaissais même pas son nom. Elle et moi, on n’a jamais causé et elle n’est jamais restée à côté de moi. Je ne l’ai pas touchée.  Même elle, elle a reconnu que je ne l’ai pas touchée.  C’est sa sœur qui est là à dire que je l’ai touchée », a laissé entendre Bernard Koïvogui.

Pourtant, a lancé le juge audiencier Amadou Sy, « dans le rapport médico-légal établi par le médecin légiste, l’examen montre des traces de spermes récentes ». Et l’accusé de répondre : « en tout cas, je vous le dis et je vous le répète, monsieur le président, je ne l’ai pas touchée… »

Dans ses réquisitions, le procureur Alpha Bacar Cissé, après avoir relaté succinctement les faits, a évoqué le doute dans cette procédure. « Le doute profite à l’accusé », dit-on. C’est ainsi que l’empereur des poursuites a sollicité de renvoyer le ministère public à mieux se pourvoir.

La défense, par la voix de Me Abdoulaye Keïta, a plaidé non coupable avant de demander au tribunal d’appliquer l’article 544 du code pénal guinéen, en renvoyant son client des fins de la poursuite pour délit de viol non constitué.  Selon maître Kéita, dans cette procédure, il n’y a pas eu de viol. « Et s’il y a eu viol, ce n’est pas Bernard Koïvogui qui est l’auteur. Il était même impossible de réaliser cet acte de viol en présence du commandant. Donc, vous allez constater la carence de la partie civile qui ne s’est jamais présentée ici tout simplement parce qu’il n’y a rien à dire. Elle va venir vous dire quoi ici ? C’est un dossier vide. Donc, je vous demande d’appliquer l’article 544 du code pénal guinéen en le renvoyant des fins de la poursuite pour délit de crime de viol non constitué », a plaidé l’avocat.

Le tribunal a mis cette affaire en délibéré. Il rendra sa décision le 6 février 2023. Bernard Koïvogui est reparti à la maison centrale de Conakry où il est détenu depuis plus de deux ans et demi.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

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