Thierno Amadou Camara 1Comme on le sait, un journaliste de Guineematin.com a été violemment attaqué à Siguiri et sa caméra confisquée par des éléments du parti au pouvoir, le RPG. Thierno Amadou Camara, alors envoyé spécial dans la ville, était en entretien avec le maire quand ils ont été surpris par une pluie de cailloux…

Dans sa déclaration, Reporters sans frontières demande aux autorités « l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et transparente pour identifier et traduire en justice les auteurs de cette agression… »

Au moment où nous déplorons des violences physiques et verbaux sur deux de nos journalistes et des pertes matérielles (deux caméras du site et les téléphones des journalistes victimes) dans la seule journée de ce vendredi 9 octobre 2015, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’intégralité de cette déclaration :

GUINÉE : Un journaliste violemment pris à partie par des militants du parti présidentiel

rsf, reporters sans frontièresReporters sans frontières (RSF) condamne fermement l’agression du journaliste Thierno Amadou Camara par des militants du Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), le parti du Président Alpha Condé, à la veille de l’élection présidentielle du 11 octobre.

Le journaliste Thierno Amadou Camara du quotidien d’information en ligne Guinée Matin (guineematin.com) a été violemment agressé, le 5 octobre 2015, par des militants du parti au pouvoir, le RPG Arc-en-ciel. Parti couvrir les affrontements à Siguiri entre deux camps rivaux du RPG, le journaliste a été violemment pris à partie et roué de coups par un groupe de jeunes militants munis de pierres et de gourdins, alors qu’il interviewait le maire de la ville. Ces derniers lui ont également confisqué sa caméra tout en le menaçant de mort. Le journaliste est depuis en état de choc.

“Reporters sans frontières demande aux autorités l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante et transparente pour identifier et traduire en justice les auteurs de cette agression, déclare Virginie Dangles, rédactrice en chef de l’organisation. Nous rappelons aux autorités guinéennes qu’il est de leur responsabilité de garantir la sécurité des journalistes, qui jouent notamment un rôle primordial dans le processus électoral en assurant la circulation des informations ainsi que des opinions et leur confrontation. C’est pourquoi nous demandons au président Alpha Condé d’envoyer un message clair à ses partisans : la violence contre les journalistes ne saurait être tolérée.”

En amont des élections, la Haute autorité de la communication (HAC) avait demandé en juin 2015 aux médias guinéens de « s’abstenir de l’usage des genres d’opinions tels l’éditorial, le commentaire, la chronique, le billet ». Face au tollé provoqué par cette décision, la HAC avait corrigé son texte, qui continue néanmoins de limiter la liberté de l’information de façon préoccupante.
La Guinée occupe la 102ème place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par RSF.

​Cléa Kahn-Sriber
Responsable du bureau Afrique / Head of the Africa Desk
REPORTERS SANS FRONTIÈRES | REPORTERS WITHOUT BORDERS

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