Sidya Touré prévient le pouvoir : « les manifestations ne s’arrêteront pas »

18 novembre 2019 à 13 01 38 113811

Comme annoncé précédemment, les responsables du FNDC se sont retrouvés en plénière ce lundi, 18 novembre 2019, pour tirer les leçons de leur dernière marche dispersée par les forces de l’ordre et prendre de nouvelles dispositions pour la suite du combat en cours contre un troisième mandat en Guinée. A l’issue de la réunion, ils ont annoncé une marche des femmes du FNDC demain, mardi, contre « les assassinats de leurs enfants », les obsèques des jeunes tués lors de la dernière marche le jeudi, 21 novembre, et nouvelle manifestation le mardi, 26 novembre 2019.

A cette occasion, l’opposant Sidya Touré, président de l’UFR et membre du comité de pilotage du Front National pour la Défense de la Constitution, a prévenu le pouvoir quant à la détermination du FNDC de manifester jusqu’à la satisfaction effective de ses revendications. « Les manifestations ne s’arrêteront pas, nous les continuerons. Parce que nous devons absolument barrer le chemin à l’idée de ce troisième mandat qui est une présidence à vie et qui hypothéquera définitivement l’avenir des jeunes du pays. Ce n’est pas un problème politique, c’est un problème sociétal.

Neuf ans après la médiocrité de la gouvernance que nous avons connue, nous imposer cela à vie correspond à enfoncer définitivement notre pays dans les affres du sous-développement, de la misère, de la division, peut-être pourquoi pas de l’affrontement entre les groupes qu’on cherche à diviser. Il est important qu’on continue de prendre nos responsabilités. Ce que nous avons connu lors de la dernière manifestation, ne nous intimidera pas. Nous allons continuer à manifester parce que nous représentons aujourd’hui la frange des Guinéens qui portent l’espoir pour ce pays de s’en sortir. Sinon nous allons couler », a déclaré l’opposant.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Lire

Dispersion de la marche du FNDC : Sidya Touré dénonce « une volonté réelle d’en découdre »

14 novembre 2019 à 18 06 16 111611
Sidya Touré, président de l’UFR

Peu après la dispersion de la marche que le FNDC a organisée ce jeudi, 14 novembre 2019, à Conakry, Sidya Touré a accordé une interview à un groupe de journalistes dont un de Guineematin.com, à son domicile. Le président de l’UFR et membre du Front National pour la Défense de la Constitution a dénoncé une agression des manifestants par les forces de l’ordre, accusant le président Alpha Condé et son gouvernement d’être à l’origine de cette situation.

Décryptage !

Contrairement aux deux précédentes, votre marche d’aujourd’hui n’a pas pu arriver à terme. Elle a été dispersée au niveau de Gbessia par les forces de l’ordre. Que s’est-il passé exactement ?

Comme vous le savez, la marche n’avait pas été interdite. Nous avons obtenu l’autorisation de marcher jusqu’à Kondébounyi. Si nous étions passés outre, on peut dire que la police aurait pu intervenir, mais il ne s’agit pas de cela. Nous étions au-delà de ce carrefour et nous avons été attaqués par les forces de l’ordre, mais de manière assez brutale. J’estime qu’il y avait une volonté réelle d’en découdre aujourd’hui, de faire de la casse. Et, le résultat de ce que vous voyez à Conakry aujourd’hui a été réfléchi, pensé, mis en exécution au niveau du gouvernement. Ce sont des décisions d’Alpha Condé qu’on applique.

Le gouvernement déplore 5 bus lui appartenant qui ont été saccagés. De votre côté, quel est le bilan ?

On s’est attaqué à mon véhicule, parce qu’on a lancé une grenade lacrymogène en direction de mon chauffeur, il a perdu le contrôle du véhicule. On s’en est sortis heureusement. C’est un passant qui était dans une voiture, qui m’a embarqué avec deux de mes gardes du corps pour partir. Non seulement mon véhicule a été plus ou moins saccagé, on a cassé les vitres, détruit tous les pneus, mais le véhicule également qui transportait mes gardes du corps a été complètement saccagé. On s’est attaqué à tout le monde mais mon cortège a été particulièrement visé. Et ça, ça répond à une mission du nouveau ministre de la sécurité qui est chargé d’agresser Sidya Touré puisque peut-être l’autre (l’ancien ministre Alpha Ibrahima Keïra) ne l’avait pas bien réussi.

Face à cette situation, que fera le FNDC ? Est-ce que vous allez finalement abandonner le combat ?

Pourquoi stopper dans la mesure où nous n’avons pas atteint nos objectifs qui sont des choses extrêmement claires ? Premièrement, libérer nos gens, les leaders du FNDC qui sont en prison ; deuxièmement, continuer à protester contre l’idée même du 3ème mandat pour Alpha Condé ; et troisièmement refuser l’idée d’une élection fabriquée où on veut se donner 3/4 des députés pour pouvoir maintenant modifier la constitution à l’Assemblée nationale si le référendum ne marche pas. Donc, il s’agit de toute une mise en scène aujourd’hui pour faire taire le peuple de Guinée. Vous avez vu ce qui se passe dans Conakry. Je pense qu’on aurait dû laisser les gens marcher tranquillement et rentrer à la maison.

Vous avez parlé de l’agression dont vous avez été particulièrement victime. Est-ce qu’une plainte est envisagée suite à cette situation ?

Vous voulez que je porte plainte parce qu’on a détruit mes véhicules ? (rires). Ceux qui ne sont pas capables de répondre à des plaintes concernant des assassinats des Guinéens, vous croyez que ma plainte concernant la destruction de mes deux véhicules ça peut porter ? Peut-être qu’on le fera pour la forme. On prendra quelqu’un pour venir regarder tout cela, et quand ça sera fini nous déposerons un dossier. Mais, c’est seulement pour la forme, nous n’attendons rien de cela. Nous sommes à près de 130 morts depuis 9 ans, je n’ai pas vu une plainte aboutir. Ce n’est pas pour deux véhicules de monsieur Sidya Touré que la justice va être rendue.

Quel est votre moral aujourd’hui ?

Très haut, je me dis que nous nous battons pour notre pays honnêtement. On est dans la neuvième année, bientôt la dixième année de la gouvernance la plus médiocre que je n’ai jamais vue au monde. Je le répète tous les jours, ce n’est pas que quelqu’un en veut à Alpha Condé. Nous venons de passer 9 années dans notre pays, on n’a pas 100 kilomètres de routes, on n’a pas une université, un hôpital, il n’y a aucune grande ville du pays où il y a de l’eau, ou il y a de l’électricité, à commencer par Conakry, pas d’assainissement. Donc là, nous ne voulons pas qu’il s’installe au pouvoir pour la vie. Les 10 ans seront largement suffisants et ceci est conforme à notre législation. Voilà ce que nous voulons. Nous disons de continuer à se préparer à manifester, à ce que les Guinéens n’acceptent pas cette forfaiture, ça ne nous emmène nulle part.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Sidya Touré droit dans ses bottes : « nous allons marcher sur notre itinéraire »

14 novembre 2019 à 12 12 08 110811

Le FNDC est bien décidé à marcher ce jeudi, 14 novembre 2019, sur l’autoroute Fidel Castro jusqu’au palais du peuple. Hier soir, le gouvernorat de Conakry a demandé aux organisateurs de cette marche contre un troisième mandat d’emprunter leur itinéraire habituel. Mais, le Front National pour la Défense de la Constitution n’entend pas cette fois se plier à cette injonction.

Sidya Touré, président de l’UFR et membre du comité du comité de pilotage du FNDC, a confirmé cette position aux micros des journalistes dont un de Guineematin.com présents à son domicile ce jeudi matin. L’opposant qui s’apprêtait à sortir pour rejoindre le point de ralliement, a laissé entendre que cette marche partira du rond-point de l’aéroport de Conakry pour s’achever sur l’esplanade du palais du peuple.

« Nous allons marcher sur notre itinéraire. Ils (les partisans du pouvoir, ndlr) étaient là-bas la fois passée, donc nous aussi nous allons partir là-bas. Ça serait illégal de la part des forces de l’ordre de nous attaquer », a dit Sidya Touré, avant d’appeler les Guinéens « à se mobiliser pour aller marcher, c’est la seule solution pour s’opposer au troisième mandat. Je ne vois vraiment pas pourquoi il faut qu’il y ait de la violence. Nous avons prouvé lors de nos précédentes manifestations qu’on peut manifester sans qu’il n’y ait violence. Donc s’ils ne nous provoquent pas, il n’y aura pas violence. Les jeunes veulent marcher jusqu’au palais du peuple et rentrer », indique le président de l’UFR.

Abdoulaye N’koya Sylla pour Guineematin.com

Lire

Acte 4 de la marche contre un 3ème mandat : Sidya et Cellou à Conakry

14 novembre 2019 à 9 09 41 114111

C’est rare pour être souligné ! La marche du front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a été annoncée à la télévision nationale et dans les autres médias officiels. C’est le gouverneur de la ville de Conakry qui a signé ce communiqué qui bénéficie d’une surmédiatisation…

Communiqué :

Le Front National pour la Défense de la Constitution a adressé aux communes de Matoto, Matam et Kaloum une déclaration de manifestation pour l’organisation d’une marche le jeudi 14 novembre 2019 dans la ville de Conakry.

Les autorités locales concernées ont répondu favorablement en autorisant ladite marche pour ce jeudi 14 novembre 2019 de 8 heures à 15 heures sur l’itinéraire suivant : Rond-point Aéroport, point de départ – Gbessia Kondébounyi – Hamdallaye en passant par la transversale N°1 – Rond-point Belle – vue – Terrasse du stade du 28 septembre, point de dislocation.

Les courriers réponses ont été signifiés aux organisateurs. Les maires des cinq communes de Conakry, les Chefs services régionaux de sécurité, sont invités à prendre, chacun en ce qui le concerne, toutes les dispositions nécessaires au bon déroulement de cette manifestation.

a écrit le Général de Brigade Mathurin Bangoura, Gouverneur de la Ville de Conakry

Le FNDC maintient son itinéraire qui part du rond point aéroport pour le palais du peuple, via Bonfi et Madina, sur l’autoroute Fidel castro

Abdoulaye Oumou Sow, responsable de la communication du FNDC

Joint au téléphone par Guineematin.com, le responsable de la communication du FNDC a indiqué que la marche suivra l’itinéraire initialement prévu. « Le gouverneur ne peut pas attendre la veille de notre marche, à 20 heures 30, à seulement quelques petites heures de la marche, pour annoncer un changement de notre itinéraire. A plusieurs reprises, les autorités ont changé notre itinéraire par le passé ; mais, on a l’habitude de nous appeler à temps, on discute des conditions de sécurité et autres avec eux avant le début de la marche », a-t-il dit.

Abdoulaye Oumou Sow précise que la marche aura bel et bien lieu sur l’axe aéroport-palais du peuple, via Bonfi et Madina. « Lors de la dernière marche, il n’y a eu que trois discours (de Sidya Touré, de Cellou Dalein et de Foniké Mengué). Et, tous ont été obligés de résumer puisque les gens risquaient d’étouffer, de faire des crises. Il y avait énormément de monde. Nous avons frôlé la catastrophe ce jour ! Or, à l’esplanade du palais du peuple, ceux qui ne pourront pas entrer pourront s’arrêter sur l’autoroute et ils s’aligneront jusqu’au pont 8 novembre… », a-t-il indiqué.

Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo à Conakry pour la marche

Alors qu’ils étaient respectivement à Abidjan et Paris, les leaders de l’UFR et de l’UFDG sont rentrés d’urgence pour participer à la marche de ce jeudi, 14 novembre 2019. Sidya Touré et Cellou Dalein Diallo comptent ainsi mobiliser massivement leurs militants en faveur de cette marche du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) dont ils sont membres.

Que cherchent les manifestants ?

Depuis le 14 octobre dernier, les manifestants réclament la libération des leaders et militants du FNDC et le renoncement du président Alpha Condé à changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir après la fin de son dernier mandat constitutionnel.

Appels à la paix et au dialogue

Plusieurs appels ont été entendus depuis le début de ces manifestations. Mais, les leaders du Front national pour la défense de la Constitution sont en prison et ne peuvent donc pas négocier, puisque détenus. C’est pourquoi, les manifestants conditionnent toute négociation à d’abord la libération des prisonniers et ensuite au renoncement du chef de l’Etat de sa volonté et son acceptation de respecter la Constitution guinéenne.

Risques de débordements lors de la marche de ce jeudi ?

Très souvent, la volonté des autorités d’empêcher les marches entraîne des débordements et quelques fois la paralysie de la ville. Ce qui peut satisfaire aux attentes des organisateurs des manifestations qui ne cherchent en réalité qu’à paralyser le pays pour contraindre le régime à libérer les prisonniers et renoncer au changement de la Constitution…

Déjà, des reporters de Guineematin.com sont sur les principaux axes routiers de la capitale guinéenne, ainsi que chez les principaux leaders pour mieux vous informer.

A suivre !

Lire

Guinée : Alpha Condé fixe les élections législatives au 16 février 2020

11 novembre 2019 à 20 08 48 114811

Dans un décret rendu publique dans la soirée de ce lundi, 11 novembre 2019, le président Alpha Condé a fixé les élections législatives au 16 février 2020.

Cette date avait précédemment été proposée par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Me Amadou Salif Kébé. Mais, les leaders de l’opposition avait déjà réclamé le départ de ce dernier. Cellou Dalein Diallo (président de l’UFDG) et Sidya Touré (président de l’UFR) ont pointé du doigt une position partisane du président de la CENI qu’ils jugent désormais illégitime à la tête de l’organe électoral.

Finiront-ils par laisser Salif Kébé piloter l’organisation des élections législatives ?

Attendons de suivre !

Lire

Marche du FNDC : Sidya Touré tacle le régime Alpha Condé

7 novembre 2019 à 20 08 22 112211

Comme annoncé précédemment, le Front National pour la Défense de la Constitution a réussi sa deuxième marche pacifique contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé à Conakry. Une impressionnante foule a défilé dans les rues de la capitale guinéenne pour exiger la libération des leaders du FNDC incarcérés et le renoncement au projet de changement de la constitution qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Tout comme celle du 24 octobre dernier, cette autre manifestation a été clôturée par un meeting tenu sur l’esplanade du stade du 28 septembre de Conakry. Certains leaders du FNDC, dont Sidya Touré, ont pris la parole pour dire quelques mots à leurs partisans. Le président de l’UFR n’a pas manqué de saluer la mobilisation, tout en se moquant de la réception du président Alpha Condé, organisée la semaine dernière par le pouvoir, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Dans son discours, l’opposant a commencé par rendre hommage à tous les jeunes tués depuis le début des manifestations contre le projet de troisième mandat du président Alpha Condé. Il a fustigé aussi l’incarcération des leaders du FNDC et exigé leur libération. « Les responsables du FNDC sont encore en prison. Ils sont en prison parce qu’on les a kidnappés dans leurs domiciles. Ça veut dire que ce n’est pas l’application de la loi, il s’agit de la volonté de l’Etat. Et, c’est quelque chose qu’il faut combattre. Nous exigeons la libération immédiate de nos camarades », a-t-il lancé.

En ce qui concerne le combat contre un troisième mandat, le président de l’UFR estime que cette mobilisation prouve à suffisance que les Guinéens sont opposés à ce projet. « Aujourd’hui, nous sommes sortis une deuxième fois pour donner la preuve que nous n’avons pas besoin d’être achetés pour aller dans la rue et défendre notre opinion. Nous sommes sortis pour montrer qu’on n’a pas besoin de nous réquisitionner, qu’on n’a pas besoin de donner de l’argent aux chefs de quartiers, qu’on n’a pas besoin de se mettre aux carrefours pour distribuer de l’argent.

Nous avons dit aux Guinéens : sortez pour démontrer que nous sommes complètement à un troisième mandat d’Alpha Condé. Et, vous venez de le prouver. Alors merci à vous, et nous sommes fiers de ce que nous venons de réaliser. Nous n’accepterons pas qu’une dictature s’impose dans notre pays », a assuré Sidya Touré.

Dans la continuité de son combat contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé, le Front National pour Défense de la Constitution appelle à une manifestation le jeudi prochain à Conakry.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 621 09 08 18

Lire

Guinée : le FNDC annonce une nouvelle manifestation à Conakry le jeudi prochain, 14 novembre (Discours)

7 novembre 2019 à 17 05 13 111311

C’est une marée humaine qui a déferlé à l’Esplanade du stade du 28 septembre ce jeudi, 07 novembre 2019, aux environs de 15 heures, entonnant en chœur « Amoulanfé ! Gassata ! Até Ben ! (ça ne marchera pas, en soussou, poular et malinké). Une manière pour les membres du FNDC de dire au régime que le troisième mandat du président Alpha Condé ne passera pas en République de Guinée.

Après l’hymne national, Liberté, c’est le président de l’UFR qui a ouvert le bal des discours. Sidya Touré a invité le président Alpha Condé à tirer les leçons de cette forte mobilisation des Guinéens qui sont prêts à tout, sauf accepter son projet d’un pouvoir à vie. Le leader de l’UFR a rappelé qu’aucune des personnes mobilisées ce jeudi n’a été payée, ni contrainte à marcher cette si longue distance qui sépare la Tannerie (point de départ) à l’Esplanade du stade du 28 septembre (point d’arriver et lieu du meeting).

Pour sa part, le président de l’UFDG a d’abord salué la forte mobilisation des Guinéens à qui il a demandé encore plus de détermination pour les prochaines manifestations qui se poursuivront jusqu’à l’annonce du président Alpha Condé qu’il se pliera aux lois guinéennes et qu’il ne fera pas un troisième mandat. Cellou Dalein Diallo a regretté et dit son étonnement d’entendre un haut responsable de la police nationale affirmer que le gaz lacrymogène lancé dans la mosquée de Bambéto et au cimetière a été entraîné en ces lieux par le vent, alors que tous ceux qui y étaient sont témoins de ce qui s’est passé. Après avoir présenté ses condoléances aux familles éplorées, le chef de file de l’opposition a rappelé qu’il y a déjà 16 personnes qui ont été tuées depuis le 14 octobre à Conakry (14) et à l’intérieur du pays (2 à Mamou), uniquement pour demander au président Alpha Condé de respecter la Constitution guinéenne sur laquelle il a juré deux fois (en 2010 et 2015).

Clôturant les discours, le coordinateur par intérim du FNDC a annoncé une autre grande marche le jeudi prochain, 14 novembre 2019. Rassuré par les mobilisations chaque fois plus importantes que les précédentes, Foniké Mengué a précisé que la prochaine marche partira du rond-point de l’aéroport pour le palais du peuple. « Parce que l’esplanade du stade ne peut plus contenir nos marcheurs », a-t-il ajouté.

A rappeler que les trois intervenants, qui ont parlé au nom des manifestants de ce jeudi, ont demandé la libération immédiate des leaders du FNDC arbitrairement arrêtés et condamnés : Abdourahmane Sanoh, Sékou Koundouno, Ibrahima Diallo, Badra Koné, Elie Kamano, Bill de Sam, Baïlo Destin en Main…

A suivre !

De l’Esplanade du stade du 28 septembre, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Lire

Sidya Touré galvanise la troupe : « les guinéens doivent prendre leur courage en main »

4 novembre 2019 à 19 07 11 111111

Comme annoncé précédemment, les 11 jeunes Guinéens tués lors des manifestations du 14 octobre et les jours suivants ont été inhumés ce lundi, 04 novembre 2019. Peu avant cette inhumation, Guineematin.com a donné la parole à Sidya Touré, président de l’Union des Fores Républicaines (UFR) et membre du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). L’ancien Premier ministre a invité les Guinéens à redoubler d’efforts dans le combat contre le projet de 3ème mandat pour Alpha Condé.

D’entrée de jeu, le président de l’UFR a dénoncé la gestion des corps par les autorités, ballotés entre la morgue d’Ignace Dean et l’hôpital Sino-guinéen. « Nous sommes réunis à l’hôpital Sino-guinéen de Kipé pour les corps des jeunes gens qui ont été froidement abattus les 14 et 15 octobre par les forces de l’ordre de Guinée. Ces corps ont été déposés dans un premier temps en dehors de la morgue elle-même. Donc, il y a eu des débuts de décomposition. C’est par le fait qu’il y a eu des cris partout qu’on a du les réintégrer. Mais malheureusement, nous assistons aujourd’hui à l’enterrement des corps qui sont en partie décomposés ».

Ces victimes sont des martyrs tombés sur le champ d’honneur, ajoute-t-il, en luttant contre le 3ème mandat que veut s’octroyer Alpha Condé. « Nous sommes là pour rendre hommage à ces jeunes gens qui sont morts. Il y en a 11 ici, mais en réalité il y a eu 14 morts pendant ces manifestations, à Mamou et Maréla. Donc, nous sommes là pour leur rendre hommage et c’est d’autant plus frustrant que nous venons de sortir de deux manifestations en une semaine : une de l’opposition et l’autre du pouvoir où il n’y a eu aucun mort. Donc ceux-là, ont été froidement abattus, froidement assassinés alors qu’ils étaient en train d’exercer un droit constitutionnel en donnant un avis contraire à l’idée d’un 3ème mandat dans notre pays», a-t-il déploré.

Pour Sidya Touré, il était important d’être là pour partager la douleur des familles éplorées. « Nous sommes là d’abord pour soutenir les familles. Quand vous perdez un enfant, ceux qui ont des enfants et qui ont une famille, savent ce que cela représente. Donc, nous venons soutenir les familles, mais en temps nous venons crier notre colère par le fait que des jeunes gens de 16 ans ont été abattus dans leur cour, nous venons crier notre colère par le fait que les guinéens doivent avoir le droit en 2019 de pouvoir s’exprimer sans être froidement abattus. Des manifestations ont montré que cela peut être possible. Donc, il y avait une volonté délibérée de tuer les gens, de les effrayer, de mettre une chape de plomb sur la Guinée. Ce qui ne se fera pas parce que nous ne l’accepterons pas ».

En outre, le président de l’UFR invite à ne pas reculer devant la volonté de commettre un coup d’Etat constitutionnel dans notre pays. « Le combat doit continuer. Ce qui est en train de se préparer est un coup d’Etat. Nous ne pouvons pas changer la forme républicaine en Guinée, nous ne pouvons pas intervenir pour dire qu’il faut faire un referendum sur la laïcité, nous ne pouvons pas intervenir pour dire qu’il faut faire des réformes sur les deux mandats transcrits dans la constitution. Donc, les Guinéens doivent prendre leur courage en main pour combattre ce régime qui veut nous mettre en place un régime autocratique et surtout dont le résultat est médiocre », a-t-il martelé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Mohamed Tall sur l’accueil d’Alpha Condé : « ça doit susciter un sentiment de révolte »

1 novembre 2019 à 14 02 56 115611

La mobilisation organisée hier, jeudi 31 octobre 2019, par la mouvance présidentielle et ses alliés à Conakry pour accueillir le président Alpha Condé, qui rentrait d’une mission à l’étranger, continue de susciter des réactions au sein de la classe politique guinéenne. Interrogé par un journaliste de Guineematin.com sur la question, Mohamed Tall, directeur de cabinet du président de l’UFR, Sidya Touré, dénonce et condamne une situation tout à fait révoltante.

Mohamed Tall, directeur de cabinet du président de l’UFR

« C’est quelque chose qu’on doit condamner fortement, très fortement. On a vu comment ils ont mobilisé tous les moyens de l’Etat. Ils ont réquisitionné les agents publics, les élèves, les bus ont été réquisitionnés, ils ont mobilisé à peu près 30 milliards de francs pour une cause qui porte préjudice au pays et aux Guinéens. Une cause qui constitue véritablement un recul pour la démocratie. Cela doit susciter un sentiment de révolte chez tout le monde. Parce que c’est la nature du régime qui se révèle. C’est un régime qui se veut dictatorial et qui l’assume maintenant », soutient l’opposant.

Pour l’ancien ministre de l’Elevage, cette situation ne fait que galvaniser le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) dans son combat contre le projet de changement de l’actuelle Constitution qui ouvrirait la voie à un troisième mandat au président Alpha Condé. C’est pourquoi, Mohamed Tall appelle les Guinéens à se mobiliser massivement pour participer aux manifestations du lundi prochain. « On invite tous les Guinéens qui sont des patriotes, qui ne veulent pas que notre pays sombre, qui ne veulent pas que le tissu social soit déchiré, qui veulent que le pays progresse, que les acquis démocratiques soient préservés et qu’on puisse se mettre sur le chemin du développement, tous ces gens-là sont invités à manifester contre ce projet (de troisième mandat pour le président Alpha Condé, ndlr) qui n’apportera rien à personne et qui est très préjudiciable à notre pays.

On a aujourd’hui un certain nombre de personnes qui, parce qu’ils gagnent des dizaines de millions de dollars par an, veulent nous imposer une dictature et nous priver de tout, détruire notre vie. Ils ne veulent pas rester au pouvoir pour faire des routes, des hôpitaux ou construire des universités, ils veulent rester là pour continuer à gagner les revenus futurs des activités minières. Et ça leur procure des dizaines de millions de dollars par an. Dans le même temps, la population guinéenne est en train de s’appauvrir jour après jour et à perdre nos libertés chèrement acquises. On ne doit pas et on ne peut admettre cela », prévient le directeur de cabinet de Sidya Touré.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

Lire

Le gouvernement oblige le FNDC à reporter les obsèques : Sidya Touré révolté

30 octobre 2019 à 13 01 50 105010

Comme annoncé précédemment, le Front National pour la Défense de la Constitution s’est résolu à reporter les funérailles des personnes tuées en marge de ses manifestations des 14, 15 et 16 octobre 2019, à Conakry. Les obsèques qui étaient prévues ce mercredi, 30 octobre, sont renvoyées à demain, jeudi. Une décision due au refus du gouvernement de rendre les corps des victimes à leurs familles. Si les autorités invoquent les autopsies en cours pour justifier ce refus, l’opposant Sidya Touré, lui, dénonce une déshumanisation de la vie politique guinéenne, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

« Je n’ai réellement pas de mots pour exprimer ma déception et surtout ce que nous observons ce matin. On ne peut pas déshumaniser la politique guinéenne à ce point-là. Un enterrement chez nous, dans notre culture, c’est quelque chose de sacré, c’est notre dernière demeure à tous. Ces jeunes gens et enfants ont été tués dans des conditions abominables. Le fait de leur rendre hommage aujourd’hui et de les enterrer correctement, même quand on est membre de ce gouvernement on peut avoir un peu d’humanité et se dire qu’on ne peut pas faire ça.

Les parents sont là, nous sommes tous venus, il n’y a aucune contestation : enlever les corps et aller les enterrer. Nous sommes arrivés à un tel degré dans ce pays que vous constatez tous comment est-ce que ces parents qui sont là, depuis 14 jours quelque fois depuis que leurs enfants sont morts, n’arrivent pas à récupérer les corps pour les enterrer. Il n’y a pas de possibilité d’accepter un tel comportement », a dit le président de l’UFR.

Selon l’opposant, ce refus du gouvernement de rendre les corps des victimes aujourd’hui est motivée tout simplement par la réception que le pouvoir compte réserver au président Alpha Condé, qui rentre demain d’un séjour à l’étranger. « Je dois avouer que c’est simplement parce que demain on veut faire un montage pour recevoir Alpha Condé avec des militaires habillés en civil, avec des milliards de francs guinéens distribués partout dans les quartiers. Mais ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une manifestation du FNDC, c’est un enterrement, il faut avoir un peu de respect. Mais, on a l’impression que ce pays ne respecte rien. En tout cas quand il s’agit de ce gouvernement, tout est possible.

Alors, nous nous préparons à une telle éventualité. Et je dois dire à tout un chacun, nous restons vigilants par rapport à cela. Moi, je suis venu pour représenter les partis politiques, mais il y a ici le responsable du FNDC qui normalement dirige la délégation, il va en tirer les conséquences et dans les heures à venir, nous allons publier un communiqué. (…) Les informations qu’on nous a données, c’est qu’hier à 17 heures, les corps étaient là, tout était prêt. On nous avait dit que la seule chose qui restait c’était les rapports d’autopsie à signer et que cela pouvait être signé à n’importe quel moment. Donc ce qui se passe aujourd’hui relève de la décision politique pure, voilà ce que nous déplorons », a-t-il conclu.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Manifs contre un 3ème mandat en Guinée : « nous mobiliserons plus de gens dans la rue »

30 octobre 2019 à 8 08 46 104610
Mamadou Alimou Bah de l’UFR, membre du FNDC

Mamadou Alimou Bah, un jeune membre de l’UFR (le parti dirigé par Sidya Touré), est l’un des acteurs majeurs de la mobilisation des citoyens derrière le combat du FNDC à Conakry. Au cours d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, il est revenu sur son engagement dans le combat contre un troisième mandat du président Alpha Condé en Guinée et les manifestations projetées par le Front National pour la Défense de la Constitution tous les lundis jusqu’à l’aboutissement de son combat.

Décryptage !

Guineematin.com : vous êtes membre du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), une structure qui s’érige contre le changement de l’actuelle Constitution qui déboucherait sur un troisième mandat pour le président Alpha Condé. Qu’est-ce qui vous a poussé à militer au sein de ce mouvement ?

Mamadou Alimou Bah : je suis membre actif de l’UFR et vous savez que l’UFR est actif aujourd’hui au sein du FNDC. Donc, si aujourd’hui je suis au sein du FNDC, c’est parce que l’UFR adhère de façon pleine et entière aux idéaux du FNDC d’une part. Et d’autre part, je suis jeune, je suis conscient que la situation actuelle n’est pas favorable aux jeunes. La situation guinéenne est chaotique. Donc, il est du devoir de chacun de se lever aujourd’hui pour qu’il y ait un vrai changement. Il y a certains qui aiment confondre la lutte du FNDC au bilan du Professeur Alpha Condé, mais moi personnellement je ne parle pas actuellement du bilan du Professeur Alpha Condé.

Tout ce que nous voulons, c’est qu’Alpha a fait ses deux mandats, il a juré qu’il va respecter la Constitution, il n’a qu’à aller après ses deux mandats. Donc le bilan, on le fera après. C’est une question de respect de la loi. Mais aujourd’hui, on a vu les velléités du Professeur Alpha Condé, ce n’est plus caché. Si au début il y avait des doutes, maintenant on l’a su à travers ses multiples sorties. Et là, nous allons nous donner corps et âme pour défendre cette Constitution. C’est entre autres ce qui me pousse à adhérer au sein du FNDC et à mener le combat avec nos amis qui sont du FNDC.

Guineematin.com : il y a des gens qui pensent que le FNDC est un mouvement qui lutte contre la personne d’Alpha Condé. Qu’est-ce que vous avez à dire à ces personnes ?

Mamadou Alimou Bah : loin de là, nous ne luttons pas contre Alpha Condé, nous luttons contre un système. Nous luttons contre ceux qui veulent changer la Constitution dans le but d’octroyer un mandat à vie à un président. Si Alpha Condé décide de respecter la Constitution, on va le laisser terminer paisiblement son mandat. Donc notre combat, ce n’est pas contre une personne, c’est contre un système qui veut changer cette Constitution. Tout le monde sait comment cette Constitution a été obtenue. Il y a certaines personnes qui disent qu’en 2001 on a changé la Constitution. Mais en 2001, il n’y avait pas d’articles qui étaient cadenassés.

Donc, c’est partant de cette expérience qu’en 2010, les gens se sont retrouvés pour essayer de cadenasser certains articles qu’on ne peut aujourd’hui en aucun cas changer. Donc, on ne doit pas parler aujourd’hui du changement de Constitution. On peut modifier mais même si c’était le cas, pourquoi attendre maintenant pour le faire ? Nous ne sommes pas d’accord.

Guineematin.com : vous représentez le FNDC à Wanindara et vous êtes dans la commission organisation de cette structure. Votre quartier est l’un des ceux qui sont le plus actifs dans la mobilisation menée par le Front National pour la Défense de la Constitution. Quelle est votre stratégie de mobilisation ?

Mamadou Alimou Bah

Mamadou Alimou Bah : notre stratégie de mobilisation, nous le faisons de porte en porte. Mais d’ailleurs, la situation actuelle est en notre faveur. On sait que tous les Guinéens tirent le diable par la queue. Donc rien que ça, la mobilisation est acquise. Aujourd’hui, en Guinée, les gens souffrent. Nous rencontrons des difficultés parfois, il y a des gens qui nous disent que les manifestations les fatiguent puisqu’ils vivent au jour le jour. Ça seulement, ça peut être un motif de soulèvement. Parce qu’avec toutes les richesses que nous avons, le Guinéen ne devrait pas souffrir.

Donc, les gens envoient des arguments, mais nous essayons de les satisfaire. Nous faisons une mobilisation de porte à porte, nous leur disons pourquoi le FNDC aujourd’hui est en train de se lever contre ceux qui veulent changer la Constitution. Donc, finalement, les gens adhèrent et les gens sont en train d’adhérer. Vous avez vu lors de la première manifestation comment Ratoma est sortie et lors de la deuxième manifestation, là on n’en parle même pas.

Guineematin.com : lors des premières manifestations justement, il y a eu des victimes : des morts et des blessés. Quel est votre sentiment par rapport à ces situations ?

Mamadou Alimou Bah : c’est un sentiment de tristesse. Aujourd’hui, nous sommes meurtris, mais ça ne va pas nous décourager. Parce que nous savons qu’ils le font pour nous dissuader, mais ça c’est une illusion de leur côté. Nous n’allons pas reculer, nous sommes plus que motivés, c’est un combat noble. Je m’excuse, mais vous savez, c’est un sacrifice, chaque combat a un coût. Mais là, ça ne vient pas de nous. Ce sont eux qui devaient assurer notre sécurité, mais ce sont eux malheureusement qui sont en train de tuer les jeunes gens. C’est un sentiment de tristesse que nous avons.

Mais, nous allons malgré tout continuer le combat. Et nous voulons faire plus que ce que nous avons fait avant. Nous comptons mobiliser plus de gens dans la rue. Vous avez vu ce qui s’est passé en France, au Sénégal (les manifestations organisées par les antennes du FNDC dans ces pays, ndlr), je pense que vous avez eu les échos. Eux, ils voulaient interdire les manifestations mais on a essayé de nous mettre en contact avec la société civile sénégalaise tels que le mouvement « Y en marre » et d’autres. Et, ils ont décidé de nous venir en aide, ils ont projeté une manifestation pour le 2 novembre. Et aujourd’hui, vous savez qu’il y a forte communauté guinéenne au Sénégal, donc ils ont décidé nous accompagner dans ce noble combat. En Guinée, on a fait un calendrier de manifestations qu’on va mettre en exécution. Donc on va organiser des manifestations tous les lundis désormais jusqu’à ce que le président Alpha Condé renonce à son 3ème mandat. Nous sommes déterminés à aller jusqu’au bout.

Guineematin.com : c’est la fin de cet entretien. Un dernier mot ?

Mamadou Alimou Bah : mon dernier mot, c’est à l’endroit des jeunes de toute la Guinée et ceux de Wanindara en particulier. Je leur dirai de redoubler d’efforts. Aujourd’hui, la situation est vraiment critique en Guinée. Avant 2010, la Guinée ne produisait que 10 millions de tonnes de bauxite par an. Aujourd’hui, on est à 60 millions de tonnes. Il n’y a pas de répercussion de cette exploitation sur les pauvres guinéens que nous sommes. Et ceux qui bénéficient de ces richesses ne veulent pas que ça finisse. C’est cela la réalité.

Entretien réalisé par Mamadou Baïlo Keïta et décrypté par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Lire

Manifestation du FNDC à Conakry : le film d’une « marche funèbre » qui enterre le projet du 3ème mandat

25 octobre 2019 à 9 09 44 104410

C’est un pari réussi pour le front national pour la défense de la constitution (FNDC) en Guinée. Au lendemain d’une vague de « décisions synchronisées » qui a condamné plusieurs de ses responsables et militants à la prison ferme, ce mouvement anti-3ème mandat a drainé hier, jeudi 24 octobre 2019, une marée humaine à l’esplanade du stade du 28 septembre. Une foule compacte qui est sortie exprimer de vive voix son opposition à un projet de nouvelle constitution qui pourrait permettre au président Alpha Condé de rester au pouvoir au-delà de 2020, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi cette file interminable d’hommes et de femmes venus des différents quartiers de Conakry.

Un calme trompeur, une journée de marche pacifique, une marée humaine dans les rues de Conakry. Ce jeudi de manifestation du front national pour la défense de la constitution sera, surement, gravé dans les annales de l’histoire sociopolitique de la Guinée. Malgré les séquestrations, les arrestations, les procès synchronisés et la condamnation de plusieurs de ses membres à Conakry et à l’intérieur du pays, le FNDC a fait une démonstration de force qui a surpassé de loin les attentes. A l’appel de ce mouvement anti-3ème mandat, un déferlement humain d’une rare intensité a été enregistré dans les rues de Conakry. Des marcheurs (plus d’un million, selon le FNDC) venus de différents endroits de la capitale sont sortis exprimer leur opposition à un référendum constitutionnel qui permettrait à l’actuel chef de l’Etat guinéen, Alpha Condé, de briguer un autre mandat à la tête de la Guinée.

Dans la matinée, alors que les militants anti-3ème mandat ralliaient la Tannerie (lieu de départ de la marche) dans la commune de Matoto, un silence trompeur régnait au domicile de Sidya Touré, le président de l’Union des forces républicaines (un parti politique membre du FNDC). A 9 heures, la dizaine de gardiens, de chauffeurs et de jeunes cadres du parti républicain qui se trouvaient dans la cour de l’ancien Haut représentant du chef de l’Etat, dégageaient un leurre. Comme si cette journée était ordinaire, ils écoutaient une émission de radio locale et faisaient des commentaires un peu sévères à l’endroit des animateurs de ladite émission. « Vous n’avez rien compris. Sortez de votre studio pour vivre la réalité du terrain », disaient-ils entre autres pour marquer leur désapprobation face aux commentaires qu’ils entendaient à la radio. Tout paraissait normal en ce jour de grande mobilisation pour une manifestation contre un projet de nouvelle constitution. Tout ce temps, Sidya Touré était à l’intérieur de sa maison. Il a fallu l’arrivée (à 10 heures 28’) du secrétaire général de son parti, Saïkou Yaya Barry, pour qu’il sorte de sa forteresse.

Quelques minutes plus tard, le leader de l’UFR (vêtu d’un costume bleu) et sa suite prirent le chemin de la Tannerie, pour rejoindre les militants et sympathisants du FNDC. Sur la route qui leur a conduit à ce point de ralliement, on pouvait voir quelques citoyens arrêtés sur le trottoir. D’un geste de la main, ils saluaient le cortège de l’UFR avant de lancer en Soussou : « Amoulanfé (ça ne marchera pas) ».

A Gbéssia et Yimbaya, Sidya Touré a été acclamé par des groupes de jeunes dont certains à moto. Par moment, « Dounké-Manguè (le court président) » comme ils l’appelaient affectueusement, ouvrait la portuaire de son véhicule, sortait la tête, arborait un large sourire et saluait ces jeunes qui tenaient à lui serrer la main.

A son arrivée à la Tannerie (aux environs de 11 heures), il n’y avait pas un monde impressionnant sur ce lieu. Des leaders politique comme Faya Milimono du parti BL, Ousmane Kaba du PADES, Me Kabélé Camara du RGD, Siaka Barry de Guinée Debout… avaient déjà été signalés présents sur ce lieu de ralliement. Mais, le temps pour le cortège de Sidya Touré de tourner et changer de direction, une foule immense a déferlé sur la chaussée. La marche pacifique contre le troisième mandat commence sur fond de slogan et les véhicules des leaders de l’UFR et de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), Cellou Dalein Diallo, se retrouvent côte à côte. Ce dernier avait à ses côtés le coordinateur national du FNDC par intérim, Oumar Sylla (Fonikè-Manguè). « Amoulanfé ! Alpha zéro ! Justice zéro ! A bas le troisième mandat », disaient les marcheurs qui tenaient des pancartes et des prospectus sur lesquels on pouvait lire : « 2020 un autre ! Non au troisième mandat ! Non à la nouvelle constitution ! Amoulanfé » ou encore « Libérez nos camarades ! Libérez nos frères du FNDC ! Démocratie en danger ! Alpha Condé n’est pas le seul guinéen, il doit partir en 2020 ».

Une marée humaine, composée d’hommes et de femmes de tous les âges et sans discrimination, était dans la rue. Certains à pieds, d’autres à motos, ces guinéens ont battu le pavé au rythme de chants et de danses pour dénoncer les velléités du président Alpha Condé de diriger la Guinée après 2020. Pas besoin de se connaître, la cause à défendre (la constitution de Mai 2010) en vaut la peine. Comme une seule famille, on rit, on s’asperge de l’eau, on s’excuse des bousculades, on partage le moindre manger, on s’entre aide pour retenir ceux qui trébuchent sous le poids de la fatigue.

Sous un soleil peu clément, la marche qui s’est déroulée dans trois communes de Conakry (Matoto, Ratoma et Dixinn) a été éprouvante. Mais, la détermination des marcheurs n’a jamais faibli. D’ailleurs, tout au long du trajet qui les a conduits à l’esplanade du stade du 28 septembre, les marcheurs ont été galvanisés par des femmes, des élèves, des ouvriers… qui étaient debout du haut des bâtiments à étage ou arrêtés devant des concessions au bord de la route.

Impressionné par le niveau de la mobilisation, le leader de l’UFR s’est permis de faire une confidence. « Depuis 2001, je n’ai jamais vu une telle mobilisation », a dit Sidya Touré à l’esplanade du stade du 28 septembre où la marche a pris fin par un meeting.

« La marche que nous étions en train d’effectuer, c’est la marche funèbre du troisième mandat », renchérit Cellou Dalein Diallo, le leader de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne.

A noter qu’aucun incident n’a été enregistré entre les marcheurs et les forces de l’ordre qui ont encadré cette marche pacifique et citoyenne. Il faut tout de même regretter un accident entre deux manifestants dans la matinée qui a entraîné la mort d’un motard.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

Lire

Sidya Touré admire la foule : « depuis 2001, je n’ai jamais vu une telle mobilisation »

24 octobre 2019 à 17 05 13 101310

La mobilisation humaine lors de la marche de ce jeudi, 24 octobre 2019, fera date dans l’histoire politique de la Guinée. Malgré la corruption, les détournements de conscience et de débat, le pouvoir a été défié par une marée humaine qui a rallié l’Esplanade du stade du 28 septembre, lieu retenu pour le meeting qui a bouclé la marche.

Dans son discours de ce jeudi, le président de l’UFR a commencé par rappeler qu’il s’est engagé en politique en 2001. Et, lorsqu’il a pris la tête de l’UFR (alors dirigé par Goyo Zoumanigui), Sidya Touré s’est engagé du côté de l’opposition. C’est ainsi qu’il a commencé à participer manifestations de l’opposition. Mais, l’ancien Premier ministre a témoigné que la mobilisation d’aujourd’hui dépasse toutes celles qu’il a l’habitude de vivre. C’est pourquoi le patron de l’UFR a rendu hommage au FNDC qui, pour lui, est derrière cette impressionnante mobilisation.

A suivre !

De Dixinn, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Lire

Le président de la CENI récusé : l’opposition demande son remplacement

23 octobre 2019 à 20 08 04 100410
Salif Kébé, récusé par l’opposition

Dans une déclaration de ce mercredi, 23 octobre 2019, l’opposition guinéenne exige « la récusation et le remplacement du président de la CENI par une personnalité consensuelle issue du Barreau »… Les présidents de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, et de l’UFR, Sidya Touré, accusent Me Amadou Salif Kébé d’avoir violé le code électoral et le serment qu’il a prêté devant la Cour Constitutionnel.

Selon les opposants au régime Alpha Condé, l’actuel président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) a défendu, en toute connaissance de cause, un chronogramme qui violait les articles 17 et suivants du code électoral. « Il a mis en évidence son manque d’indépendance, d’impartialité et d’honnêteté. Il se rend ainsi indigne de la fonction de président de l’Organe national de gestion des élections de la République… », ont-ils dénoncé, exigeant donc son remplacement.

Ci-dessous, l’intégralité de cette déclaration :

DÉCLARATION-DE-L0PPOSITION-POLITIQUE

A rappeler que sur les 25 commissaires de la CENI, l’opposition dispose de dix (10) représentants. Et, c’est pour le nécessaire besoin de neutralité et d’impartialité qu’il a été décidé et codifié de choisir un représentant de la société civile pour diriger la CENI. Ce qui n’est pas l’attitude affichée par maître Amadou Salif Kébé, estiment les opposants.

A suivre !

Lire

Elie Kamano sur son arrestation : « Cellou et Sidya étaient confinés, j’étais le seul leader politique libre ce jour »

18 octobre 2019 à 21 09 01 100110
Elie Kamano, artiste et homme politique

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, plusieurs manifestants contre un troisième mandat du président Alpha Condé ont été jugés ce vendredi, 18 octobre 2019, dans les tribunaux de Dixinn et Mafanco. Après les réquisitoires et les plaidoiries, la suite de ces procès a été renvoyée au mardi prochain pour les verdicts.

Au tribunal de première instance de Mafanco, ils étaient 29 citoyens dont l’artiste et désormais homme politique Elie Kamano à faire face aux accusations du procureur Sory Doumbouya. Mais, cinq parmi eux ont bénéficié de liberté provisoire. Après leur prestation à la barre, même l’empereur des poursuites n’a finalement rien trouvé à reprocher aux cinq citoyens à Abdourahmane Dikhaby, Madame Maciré Soumah, Madame Mama Adama Cissé, Mawa Diawara et Saran Kissoko. Mais, madame Djenabou Doghol Diallo tient à avoir un œil sur eux. La présidente du tribunal leur a alors accordé une liberté provisoire jusqu’au mardi…

Pour les 24 autres, ça n’a pas été si simple ! 3 ans de prison et un millions de francs guinéens d’amende, c’est ce que le procureur a requis contre Elie Kamano et un certain Ibrahima Keita. Pourtant, l’artiste (qui n’a pas nié être sorti ce lundi, 14 octobre 2019, premier jour des manifestations contre un troisième mandat du président Alpha Condé) a dit être allé sensibiliser les jeunes sur le respect du mot d’ordre du FNDC.

« On m’a arrêté à la Tannerie, le 14 octobre 2019. Ils m’ont conduit au commissariat urbain de Matoto ; puis, à la maison centrale de Coronthie. Un policier m’a administré un coup, moi aussi je lui ai donné un coup dans le pick-up. J’étais sorti pour dissuader les jeunes qui ne voulaient pas respecter le mot d’ordre qu’on a lancé. Cellou Dalein était confiné chez lui, Sidya Touré était confiné chez lui ; donc, j’étais le seul leader politique libre ce jour. Je suis interpellé par les gens que les jeunes sont en train de brûler les pneus au carrefour Yimbaya. Il était de mon devoir de sortir pour les dissuader parce qu’ils n’ont pas voulu respecter le mot d’ordre que nous avons lancé. J’ai toujours participé à l’émancipation de la démocratie. Le président de la République en sait quelque chose ».

A suivre !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Lire

Cellou Dalein confiné à Dixinn : aucun accès, même pour un journaliste…

18 octobre 2019 à 15 03 01 100110

Comme indiqué dans une de nos précédentes dépêches, le domicile du président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne, Elhadj Cellou Dalein Diallo, a été bouclé par des camions et d’agents armés qui refusent tout accès à sa maison ce vendredi. Un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place s’est lui-même vu refuser l’entrée.

« J’ai tout fait ! J’ai expliqué au responsable des agents qui sont là que nous avons un rendez-vous avec le président de l’UFDG dans le cadre professionnel ; mais, ils ont refusé et m’ont demandé de m’éloigner des lieux », a indiqué notre reporter qui attend toujours une « permission » de la sécurité pour aller faire son travail…

Selon un cadre de l’UFDG, au moins trois proches de Cellou Dalein ont pu accéder à son domicile dans la matinée de vendredi, 18 octobre 2019. « Mais, quand on est sorti, ils ne nous ont plus laissés entrer. On apprend que c’est un officier qui est venu leur crier dessus avant d’ordonner qu’on ne laisse plus personne entrer ou sortir », a indiqué un cadre de l’UFDG.

A préciser qu’au-delà des rendez-vous officiels ou privés de la journée, le chef de file de l’opposition guinéenne est attendu au QG de son parti pour présider une réunion du bureau politique national cet après-midi, avant l’assemblée générale hebdomadaire de demain, samedi…

Depuis le lundi dernier, le FNDC (une coalition de la société civile et des partis politiques de l’opposition) a lancé une série de manifestations à Conakry et à l’intérieur du pays pour contraindre le président Alpha Condé à renoncer à son projet de nouvelle constitution qui est synonyme d’un troisième mandat. Ces manifestations ont déjà fait au moins dix morts (dont deux à Mamou), plusieurs blessés et de nombreuses arrestations dont les principaux leaders du front national pour la défense de la Constitution.

Malgré tout, le président Alpha Condé continue d’entretenir le doute sur ses intentions et déploie ses efforts à créer la confusion entre ces manifestations citoyennes pour la défense de la loi fondamentale du pays et les manifestations politiques qui ont jonché sa gouvernance. Les confinements des opposants (Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré), ainsi que des campagnes distillées dans les médias d’Etat et certains privés sont utilisés à cet effet.

A suivre !

Lire

Urgent : Cellou Dalein empêché de sortir « par des militaires et d’agents armés »

18 octobre 2019 à 14 02 06 100610

Alors que la journée paraissait calme et que tous les regards étaient braqués sur les tribunaux où les leaders du FNDC et des présumés manifestants contre un troisième mandat du président Alpha Condé sont jugés, on apprend que les accès au domicile du leader de l’opposition guinéenne sont fermés : il n’y a ni entrée, ni sortie…

C’est à 13 heures 39 minutes que Guineematin.com a appris ce nouveau confinement du président de l’UFDG et chef de file de l’opposition guinéenne. « Le président est séquestré à son domicile, à Dixinn ! Des véhicules militaires et des dizaines d’agents en armes bloquent tous les accès : personne ne peut entrer, ni sortir de sa maison », a précisé un proche du principal opposant au régime Alpha Condé.

Depuis le lundi dernier, le FNDC (une coalition de la société civile et des partis politiques de l’opposition) a lancé une série de manifestations à Conakry et à l’intérieur du pays pour contraindre le président Alpha Condé à renoncer à son projet de nouvelle constitution qui est synonyme d’un troisième mandat. Ces manifestations ont déjà fait au moins dix morts (dont deux à Mamou), plusieurs blessés et de nombreuses arrestations dont les principaux leaders du front national pour la défense de la Constitution.

Malgré tout, le président Alpha Condé continue d’entretenir le doute sur ses intentions et déploie ses efforts à créer la confusion entre ces manifestations citoyennes pour la défense de la loi fondamentale du pays et les manifestations politiques qui ont jonché sa gouvernance. Les confinements des opposants (Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré), ainsi que des campagnes distillées dans les médias d’Etat et certains privés sont utilisés à cet effet.

A suivre !

Un reporter de Guineematin.com est en route pour mieux vous informer

Lire

Main tendue d’Alpha Condé aux opposants : voici la réaction de Sidya Touré

15 octobre 2019 à 15 03 15 101510

Après la chaude journée d’hier, lundi 14 octobre 2019, à l’occasion de laquelle des manifestations et des violences ont été enregistrées à Conakry et dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, le président Alpha Condé a lancé un appel au dialogue avec le FNDC qui a appelé à ces mouvements de protestation contre un troisième mandat en Guinée. Des manifestations qui ont paralysé la plupart des villes du pays et ont entraîné au moins 5 morts dont un gendarme, de nombreux blessés et des interpellations.

Au lendemain de cette main tendue du chef de l’Etat, un reporter de Guineematin.com a recueilli la réaction de l’opposant Sidya Touré. Le président de l’UFR s’est exprimé depuis son domicile situé au quartier Minière où il est confiné par des agents des forces de l’ordre depuis hier matin. Il émet des doutes quant à la sincérité des autorités et pose des conditions pour participer à toutes discussions avec le pouvoir.

« Il faut commencer par libérer les responsables du FNDC qui ont été arrêtés dans les circonstances que nous connaissons. C’est-à-dire de manière totalement illégale avant qu’on ne discute de tout cela. C’est une habitude du pouvoir d’Alpha Condé. Chaque fois qu’il y a eu crise, on vous lance un os le temps pour vous de remuer cela, ils continuent leur programme. Cellou et moi avons écrit avant la crise pour ne qu’on arrive à ce niveau au ministre de l’administration du territoire pour lui demander à ce que le comité de suivi soit réactivé. Cela n’a pas été fait fait. Ça veut dire il n’y aucune sincérité en cela (la main tendue d’Alpha Condé, ndlr). C’est simplement pour faire baisser la tension. Nous n’avons aucun intérêt à nous inscrire dans une aventure pareille », estime Sidya Touré.

Pour l’opposant, le peuple de Guinée s’est exprimé à travers les manifestations d’hier et a donné sa position sur le projet de changement de la Constitution qui devrait permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat. « Les manifestations d’hier ont prouvé que la majorité des guinéens étaient opposés à l’idée d’un troisième mandat d’Alpha Condé. C’est vraiment la première conclusion qu’on peut tirer de ces manifestations. Ensuite, nous estimons que le pouvoir a été fébrile. Parce que je ne vois pas de raison pour laquelle on peut avoir à tirer sur les jeunes gens qui sont en train de manifester dans un pays où la constitution leur donne absolument ce droit.

On s’est rendu compte que notamment en ce qui concerne l’UFR, nos militants ont été ciblés de telle façon qu’on puisse casser les manifestations, ce qui n’a pas marché. De Matoto jusqu’à Kaloum, pratiquement il y a une quarantaine. Ce matin encore, j’apprends qu’on est pratiquement à plus de cinquante personnes arrêtées y compris le responsable de la jeunesse du parti dont la concession familiale a été agressée. Des gens ont été blessés, des véhicules ont été saccagés et je pense que c’est un comportement qui n’est pas digne d’un gouvernement », a regretté le président de l’UFR.

L’opposant s’insurge aussi contre des abus dont son parti a été victime en Haute Guinée. « Hier, les manifestants qui étaient réunis au siège de l’UFR à Kankan ont été agressés, molestés et le siège a été totalement saccagé. Ils ont été envoyés à la police, et ce matin ils ont été déférés et mis en prison. On a une douzaine comme ça. À Siguiri, les intimidations, à Mandiana, on a un blessé, on ne sait pas dans quel état il est actuellement. Donc voilà un peu ce qui s’est passé hier. Le résultat global de tout ça, les Guinéens ont voté hier en sortant massivement et en maintenant les activités bloquées non seulement à Conakry et dans la majeure partie des villes de l’intérieur pour s’opposer au troisième mandat d’Alpha Condé », a laissé entendre Sidya Touré.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Lire

2ème jour des manifs anti-3ème mandat en Guinée : Conakry encore paralysée

15 octobre 2019 à 11 11 55 105510

La capitale est paralysée pour la deuxième journée consécutive ce mardi, 15 octobre 2019. Même si la situation est moins tendue qu’hier, la vie est loin de reprendre son cours normal à Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La décision du Front National pour la Défense de la Constitution de poursuivre les mouvements de protestation visant à contraindre le président Alpha Condé à renoncer à son projet de changement de la Constitution qui devrait lui permettre de briguer un 3ème mandat en 2020, continue à faire des effets à Conakry. Après la folle journée du lundi, la paralysie est quasi-totale ce mardi encore dans la capitale guinéenne.

Sur la route le Prince, des jeunes ont érigé des barricades et brûlé des pneus par endroits. Des accrochages les ont opposés aux forces de l’ordre notamment à la T6, dans le quartier Yattaya. Sur l’autoroute Fidel Castro et sur la corniche Lambanyi-Taouyah, aucune manifestation de rue n’est signalée ce matin. Mais partout, la plupart des activités restent encore paralysées. Les forces de l’ordre sont visibles dans tous les carrefours pour parer à toute éventualité.

De leur côté, les leaders de l’opposition guinéenne : Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré sont confinés à leurs domiciles depuis hier matin. Des agents de sécurité sont déployés devant leurs maisons pour les empêcher de sortir. S’exprimant dans les médias, les deux anciens Premiers ministres ont appelé hier les militants à cesser toute activité et à poursuivre les manifestations de rue jusqu’à la satisfaction de leur revendication.

Lundi soir, le président Alpha Condé a lancé un appel au dialogue pour mettre fin à cette crise. Mais, les opposants posent des conditions pour aller à un dialogue avec les autorités. Il s’agit entre autres de la libération de toutes les personnes arrêtées depuis samedi et une déclaration du président Alpha Condé dans laquelle il va annoncer sa renonciation au projet de changement de la constitution dans le but de s’octroyer un troisième mandat.

A suivre !

Lire

Sidya Touré confiné à son domicile : la Guinée est « dans l’illégalité absolue »

14 octobre 2019 à 14 02 06 100610

Comme annoncé précédemment, le président de l’UFR Sidya Touré est confiné à son domicile ce lundi, 14 octobre 2019, tout comme son homologue de l’UFDG Cellou Dalein Diallo. Des agents des forces de l’ordre ont été déployés très tôt devant les domiciles des deux leaders de l’opposition politique guinéenne pour les empêcher de sortir manifester dans la rue contre le projet de troisième mandat du président Alpha Condé. Un reporter de Guineematin.com déployé au domicile de Sidya Touré a recueilli la réaction de l’opposant face à cette situation.

« Ça ne nous réconforte pas. Je pense que nous sommes dans l’illégalité absolue dans ce pays et que ce gouvernement qui devrait être là pour subvenir aux besoins de nos compatriotes a décidé de la faire de la loi un instrument d’oppression, de domination, d’autocratie. C’est de ça qu’il s’agit. Et ça, on ne pourra pas l’accepter… On veut se servir de notre loi pour pouvoir la violer. Nous sommes absolument contre un troisième mandat et nous nous battrons pour cela jusqu’au bout », a réagi le président de l’UFR.

Sidya Touré se félicite cependant du fait que l’appel du Front National pour la Défense de la Constitution a été entendu par les citoyens. « Ce n’est pas parce que je suis confiné que les militants ne peuvent pas sortir. Eux, ils sont sortis massivement. Aujourd’hui, de Boké jusqu’à Mamou, vous avez des militants dans tous les quartiers », a-t-il dit.

L’opposant dénonce par ailleurs les arrestations enregistrées hier, dimanche, dans les rangs de l’UFR. « Hier soir, vous avez été témoins des arrestations au sein de mon parti notamment dans le quartier de Matam. Rien qu’à Matam, 5 personnes ont été arrêtées dont le secrétaire général de la jeunesse du parti qui est en même temps vice maire de Matam. On l’a agressé à son domicile, on a détruit des véhicules, tout ceci pour venir l’arrêter. Je lui demande de prendre courage et de continuer cela », a lancé Sidya Touré.

A suivre !

Lire