Persécution des opposants en Guinée : ce que Tibou Kamara écrit aux Etats-Unis

22 juillet 2021 à 9 09 20 07207
Tibou Kamara, ministre d’Etat, conseiller personnel du Chef de l’Etat, Ministre de l’industrie et des PME, porte-parole du Gouvernement

Acculé par les critiques des ONG internationales et les occidentaux, le Gouvernement guinéen, qui tue toute forme de contestation (même verbale) dans le pays, essaie une nouvelle stratégie dans le secret espoir d’atténuer au sein de l’opinion l’impact de la terreur imposée aux citoyens. Alors que des opposants sont arrêtés et détenus sans jugement depuis plus de huit mois, Tibou Kamara, un des anciens exilés du régime Alpha Condé, devenu porte parole du Gouvernement, sort des communiqués pour parler de liberté en Guinée, un pays où la moindre voix discordante est criminalisée depuis la réélection contestée du champion du RPG à un troisième mandat…

Guineematin.com vous propose, ci-dessous, ce communiqué en réponse à celui des États-Unis :

Le Gouvernement note, avec satisfaction, que l’ambassade des Etats-Unis en Guinée se félicite des actes posés par la justice guinéenne, conformément aux pouvoirs qui lui sont reconnus et impartis.

Il note aussi le vœu partagé par tous les républicains et démocrates que les procédures en cours, relatives à différentes affaires pendantes devant les juridictions du pays, soient conduites vite et bien, sous l’autorité de la justice et dans le respect de l’indépendance des magistrats.

Le Gouvernement n’est pas un obstacle ni une menace contre les droits et les libertés des citoyens, mieux, il promeut la liberté d’expression et la diversité des opinions, réelles dans le pays, mais qui doivent s’exercer cependant, comme dans tout État de Droit, dans les conditions et limites prescrites par la Constitution.

Enfin, la Guinée est un État respectueux des droits humains ainsi que des principes universels de la Démocratie et de l’État de Droit, fondés sur l’exigence de concilier les Droits et les Devoirs, ainsi que celle d’assurer l’égalité des citoyens devant la Loi.

Tibou Kamara

Ministre d’Etat, Conseiller spécial du Président de la République,

Ministre de l’Industrie et des PME

Comment un homme qui jouit de toutes ses facultés peut parler de liberté dans un pays où aucune contradiction (même verbale) n’est tolérée ? Dans un pays où des leaders et responsables de l’opposition (ou simplement épouses) sont interdits de voyager sans motifs, où les bureaux et le siège du principal parti de l’opposition sont fermés, sans aucune décision judiciaire et où des citoyens sont arrêtés et détenus pendant plus de huit mois sans aucun procès ? Qu’est-il arrivé à notre Tibou Kamara, l’homme qui nous récitait les principes et valeurs démocratiques qu’il souhaitait voir appliqués dans notre chère Guinée ?

Pauvres de nous !

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Arrestation des opposants au 3ème mandat d’Alpha Condé : la réaction du FNDC

14 juillet 2021 à 22 10 04 07047
Kéamou Bogola Haba et Thierno Yaya Diallo

Communiqué du FNDC : Dans la poursuite de projet de percussion, d’intimidation et de séquestration des voix discordantes à son régime illégal imposé au Peuple, le dictateur Alpha Condé, à travers sa police judiciaire qu’il utilise à sa guise, vient de kidnapper deux leaders de l’opposition guinéenne membre de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD). Il s’agit de Kéamou Bogola Haba, responsable Communication de l’ANAD et Thierno Yaya Diallo, Président du parti Guinée Moderne (GM), qui ont été kidnappés ce mercredi 14 juillet 2021 à Conakry.

Cette énième opération d’intimidation est loin d’être un acte isolé. Il s’agit de la poursuite de l’exécution d’un plan diabolique de kidnapping organisé à des fins de chantage politique et de harcèlement judiciaire.

Le régime du dictateur Alpha Condé cherche sans relâche à éliminer les leaders du FNDC et de l’opposition dans l’espoir de consolider un 3ème mandat illégal et illégitime bâti sur du sable mouvant. Ce qui justifie entre autres la détention illégale de leaders, militants et sympathisants du FNDC et de l’opposition politique dans les prisons à Conakry et à l’intérieur du pays.
La coordination nationale du FNDC condamne ces kidnappings de trop et exige la libération ces deux leaders sans délai.
La coordination nationale du FNDC appelle les citoyens à la mobilisation pour le départ du dictateur Alpha Condé, la seule et unique solution pour mettre fin à la souffrance et aux malheurs que la Guinée et les guinéens subissent depuis le coup d’État constitutionnel.

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons !

Conakry, le 14 juillet 2021.

La Coordination nationale du FNDC

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Arrestation des opposants : l’ANAD exige la libération de Bogola Haba et Thierno Yaya Diallo

14 juillet 2021 à 21 09 14 07147
Kéamou Bogola Haba et Thierno Yaya Diallo arrêtés cet après-midi à Conakry

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, deux opposants guinéens ont été arrêtés dans l’après-midi de ce mercredi, 14 juillet 2021, à Lambandji, dans la commune de Ratoma. Peu après cette arrestation, l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD) a publié un communiqué pour réclamer la libération immédiatement des opposants Kéamou Bogola Haba (président d’honneur du parti UGDD) et Thierno Yaya Diallo (président du parti Guinée moderne), tous les deux membres de cette nouvelle coalition politique, dirigée par Cellou Dalein Diallo.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le communiqué de l’ANAD :

ANAD exige la libération de Kéamou Bogola Haba et Thierno Yaya Diallo

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Violences politiques en Guinée : l’UFDG répond au Gouvernement (Document)

30 juin 2021 à 11 11 32 06326

Le gouvernement Guinéen a publié, en mars 2020, sous la signature du Ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) et du Ministère de la Sécurité et de la Protection Civile (MSPC), un document intitulé « Rapport sur les violences politiques en Guinée (2019-2020) et les enquêtes judiciaires en cours ». 

Ces deux Ministères qui ont coordonné la répression des manifestations pacifiques contre le troisième mandat tentent de blanchir le gouvernement en rejetant la responsabilité des violences sur l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG) et le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC). 

Ce rapport omet volontairement de mentionner que le FNDC et l’UFDG sont plutôt les victimes des violences perpétrées par les forces de défense et de sécurité avant, pendant et après le double scrutin du 22 mars et au lendemain de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020.

Le rapport ne fait aucunement mention des 99 citoyens tués par les forces de défense et de sécurité pendant les manifestations du FNDC contre le troisième mandat et de la volonté des autorités de faire disparaitre les preuves en enterrant, nuitamment, dans des fosses communes en pleine forêt à Nzérékoré, une trentaine de victimes. 

Le rapport ne fait pas non plus mention des violences déclenchées contre l’UFDG et l’ANAD au lendemain du scrutin présidentiel du 18 octobre, violences qui ont fait à leur tour 51 morts, des centaines de blessés et au moins 400 arrestations arbitraires.

Le gouvernement, malgré les interpellations des Organisations de défense des droits de l’homme et des organisations internationales, a systématiquement refusé de reconnaitre ces crimes et exactions et d’ouvrir des enquêtes pour identifier et sanctionner les auteurs et commanditaires. Les autorités sont restées fidèles à leur tradition de garantir une impunité totale aux agents des forces de défense et de sécurité lorsque ceux-ci, dans la répression des manifestations pacifiques de l’Opposition, font usage de leurs armes à feu.

Dans ce rapport, on parle pourtant « d’enquêtes judiciaires », mais jamais d’enquêtes visant à identifier les auteurs des crimes et exactions commis contre des citoyens membres de l’Opposition politique ou du FNDC. 

Dans le document, le gouvernement accuse, sans aucune preuve, l’UFDG et le FNDC « de fabrication, de détention, de stockage d’armes de guerre et de tentative de déstabilisation des Institutions de la République ». Le Procureur de la République reprend intégralement ces accusations et déclenche des poursuites contre les militants et les dirigeants de l’UFDG, de l’ANAD et du FNDC.

Alpha Condé, dans ses sorties publiques, soutient ces accusations grotesques et fallacieuses attribuées par le rapport à l’Opposition politique et au FNDC. 

Cette position du gouvernement appuyée publiquement par Alpha Condé et qui constitue du reste une ingérence de l’Exécutif dans le Judiciaire peut-elle être démentie par des officiers de police judiciaire ou des juges complètement inféodés au pouvoir ?

Sûrement non. Donc la messe est dite. Il ne reste donc plus qu’à prononcer et à exécuter les sentences. 

Renvoyant à une technique bien éprouvée du pouvoir d’Alpha Condé, le montage de toutes pièces de complots dignes des heures les plus sombres des régimes communistes, ce document est tissé de contre-vérités, d’approximations et d’interprétations grossièrement orientées. Notre objectif n’est pas de démentir ou de déconstruire toutes ces contre-vérités. 

Nous allons juste essayer de soumettre certaines d’entre elles à l’épreuve des faits pour en démontrer la fragilité, l’inconsistance et parfois l’absurdité.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose de lire l’analyse complète de l’UFDG :

ANALYSE-PAR-LUFDG-DU-RAPPORT-DU-MATD-ET-DU-MSPC

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La justice guinéenne à l’épreuve

29 juin 2021 à 16 04 29 06296

Les autorités clament et proclament sur tous les toits que la justice guinéenne est indépendante. Comme dans tout pays démocratique, il y aurait une séparation de pouvoirs. Ce qui empêche l’un à s’immiscer dans les affaires de l’autre.

De temps en temps la justice tente de confirmer cette assertion. Comme ce fut le cas lors de la relaxe d’Oumar Sylla par le juge du tribunal de première instance de Dixinn. Lequel juge donna ainsi espoir à ceux qui rêvent d’une justice véritablement indépendance dans ce pays. Cet espoir fut malheureusement de courte durée, comme on le verra plus loin.

Le tribunal de première instance de Mafanco pourrait emboiter le pas à celui de Dixinn. Ce 28 juin 2021 le procureur près dudit tribunal a estimé n’avoir pas de preuves contre deux accusés. En l’occurrence le maire et le vice-maire de Matam. Cet aveu est un espoir pour les deux anciens responsables de la commune de Matam. Et plus particulièrement à Ismaël Condé, devenu la bête noire du régime à cause de sa transhumance politique et son opposition contre le troisième mandat.

Cette décision du procureur de Mafanco constitue-t-elle les prémisses d’un début de l’indépendance de notre justice ? Le sort réservé aux deux hommes apportera la réponse. Car cette décision va à l’encontre de la volonté de ceux qui voudraient que M. Condé paye le prix de son opposition au troisième mandat. Beaucoup d’observateurs estiment que la velléité de quelques magistrats d’afficher leur indépendance se heure souvent à un rappel à l’ordre. Quelques faits constituent la preuve que la séparation de pouvoirs et l’indépendance de la justice restent pour le moment un vœu pieu.

Tout d’abord, les prisonniers politiques, qui cèdent au « chantage » selon l’opposition, sont libérés. Plusieurs détenus n’ont recouvré la liberté qu’après avoir demandé pardon au chef de l’Etat. C’est le cas de Boubacar Diallo alias Grenade et de Mamadi Condé connu sous le nom de Madic100 frontières. Depuis la libération de ces deux bagnards de Coronthie, la méthode a fait tache d’huile. Souleymane Condé a emboité le pas à Mamadi Condé. Reste à savoir si Ismaël Condé va marcher sur leurs traces.

Des faits troublants. Entre autres la rétention du 1er vice-président du principal parti de l’opposition, empêché de sortir du territoire pour des soins de santé à l’étranger. Dans un pays où la justice est véritablement indépendance, un juge aurait autorisé l’opposant malade à quitter le pays dans la mesure où, jusqu’ici, ce dernier n’est responsable d’aucune infraction. Visiblement le pouvoir attend que Dr Fodé Oussou Fofana, tout comme ses camarades de lutte en détention, demande la clémence du chef suprême pour pouvoir quitter la Guinée ou pour recouvrer la liberté.

L’intéressé a tranché en disant qu’il préfère que son œil crève que de « quémander » son autorisation de sortir du pays. Une prise de position diversement appréciée au sein de l’opinion. Pour les partisans du pouvoir ce « suicide » prouve l’orgueil de l’homme. Un tout autre son de cloche pour les militants de l’opposition qui interprètent le cri de désespoir de M. Fofana comme une dignité et un don de soi pour son pays.

D’autres faits non moins troublants, c’est la condamnation d’Oumar Sylla dit Foniké Mengué à une peine de prison supérieure à celle préconisée par le procureur. Ce qui suscite encore aujourd’hui beaucoup d’interrogations. Un juge peut-il être plus royaliste que le roi des poursuites ? Cela peut arriver, selon l’ancien bâtonnier, qui a expliqué sur sa page Facebook qu’un juge n’est obligé d’appliquer ni la plaidoirie d’un avocat ni le réquisitoire d’un procureur.

Mais, la règle est que la peine prononcée par un juge est souvent inférieure à celle que préconise l’empereur des poursuites. Dans le cas d’Oumar Sylla, nous avons assisté à l’inverse. D’où l’indignation de la défense, de la classe politique et de certains observateurs. Tous crient à un règlement de compte contre ce fer de lance du mouvement contre le troisième mandat.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Alpha Condé libère 2 opposants à son 3ème mandat : Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté graciés

22 juin 2021 à 20 08 50 06506

C’est par un décret rendu public dans la soirée de ce mardi, 22 juin 2021, que le président Alpha Condé a gracié deux opposants à son troisième mandat. Une totale remise de peine est accordée à Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté graciés, a indiqué le décret.

Arrêtés, détenus, jugés et condamnés pour leur opposition au troisième mandat du président Alpha Condé, Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté étaient dans le même dossier que le défunt Roger Bamba de l’UFDG. Mais, après le décès de ce dernier, les deux premiers ont été condamnés à un an d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 20 millions de francs guinéens chacun, le mercredi 13 janvier 2021, par le tribunal de première instance de Dixinn.

A la barre, le président du mouvement Diversité Républicaine de Guinée est revenu sur les circonstances de son arrestation, en septembre dernier. « Je vis aux États-Unis. Je suis venu en Guinée le 25 août 2020, et j’ai lancé le mouvement Diversité Républicaine de Guinée (DRG) à la maison de la presse de Conakry, le 12 septembre 2020. Peu après le lancement, j’ai été kidnappé par les forces de l’ordre conduit dans une villa, à Kaloum, où je suis resté pendant 4 jours avant d’être déféré à la maison centrale », a-t-il relaté.

Pour lui, il n’y a aucun doute que son arrestation est la conséquence de son opposition à un 3ème mandat pour le président Alpha Condé à la tête de la Guinée. « Depuis 2016, je m’oppose à un troisième mandat pour Alpha Condé. Aujourd’hui, ça fait 100 jours que je suis en prison. Je suis l’homme le plus heureux d’être pendant 100 jours à la maison centrale. J’ai beaucoup appris. Cela me permettra même de plaider pour les gardes pénitentiaires qui font beaucoup de choses, mais qui sont abandonnés. Mon combat n’est pas contre Alpha Condé, mais je combats pour des valeurs et des principes. D’ailleurs, après sa réélection, le président de la République m’a donné raison. Parce que lui-même il est sorti à la télévision pour dire qu’il va gouverner autrement », avait dit Souleymane Condé lors de son procès, en janvier dernier…

À suivre !

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Me Alsény Aïssata à la présidente du tribunal de Mafanco : « ne soyez pas l’entonnoir de la dictature »

21 juin 2021 à 18 06 53 06536
Maître Alseny Aissata Diallo, avocat

« C’est un innocent qui est devant vous, un démocrate qui s’est opposé au troisième mandat. Avant, il militait pour Alpha Condé. Mais puisque Alpha Condé n’a pas respecté ses engagements, lui, il s’est opposé au tripatouillage de la Constitution. Madame la présidente, ne soyez pas l’entonnoir de la dictature… Ismaël Condé rêve de l’alternance, de la démocratie. Il n’a rien fait de mal. Ismaël Condé n’a fait que reprendre ce que le Pr Alpha Condé disait lorsqu’il était opposant. Aujourd’hui, 99% des Guinéens rêvent de l’alternance. Seuls ceux qui sont en train de s’accaparer de nos richesses, de nos biens, qui ne veulent pas de l’alternance… », a plaidé Me Alsény Aïssata Diallo, l’un des avocats de la défense.

Les débats sont clos dans le second dossier du procès d’Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG, qui s’est ouvert ce lundi 21 juin 2021, au tribunal de première instance de Mafanco (Conakry).

Après les réquisitions du procureur, qui a sollicité la condamnation de l’opposant à 7 ans d’emprisonnement ferme et à 100 millions de francs d’amende, la parole est revenue aux avocats de la défense qui ont présenté leurs plaidoiries. Ils ont demandé la libération pure et simple de leur client, coupable selon eux d’aucune infraction, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

« C’est un innocent qui est devant vous. C’est un démocrate qui s’est opposé au troisième mandat. Avant, il militait pour Alpha Condé. Mais puisque Alpha Condé n’a pas respecté ses engagements, lui, il s’est opposé au tripatouillage de la Constitution. Madame la présidente, ne soyez pas l’entonnoir de la dictature. Il rêve de l’alternance, de la démocratie. Il n’a rien fait de mal. Ismaël Condé n’a fait que reprendre ce que le Pr Alpha Condé disait lorsqu’il était opposant. Aujourd’hui, 99% des Guinéens rêvent de l’alternance. Seuls ceux qui sont en train de s’accaparer de nos richesses, de nos biens, qui ne veulent pas de l’alternance (…) Je vous demande de le renvoyer des fins de la poursuite, car c’est un innocent qui est devant vous », a plaidé Me Alsény Aïssata Diallo, l’un des avocats de la défense.

Ismaël Condé, transfuge du parti au pouvoir qui a rejoint le principal parti d’opposition du pays, est poursuivi dans cette affaire pour des faits offense sur la personne du président de la République, production, diffusion et mise à la disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre public par le biais d’un système informatique.

A suivre !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/664413227

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Condamnation de Foniké Mangué : la réaction de l’OGDH

11 juin 2021 à 16 04 32 06326
Foniké Mangué

L’Organisation Guinéenne de Défense des Droits de l’Homme et du Citoyen (OGDH) est préoccupée du harcèlement judiciaire continu contre les opposants au troisième mandat, s’inquiète des menaces et intimidations contre les défenseurs des droits humains. Elle déplore également la lenteur qui caractérise le processus de dialogue annoncé par les autorités.

L’OGDH suit de près l’évolution de la situation socio-politique en Guinée. Une situation marquée par le harcèlement judiciaire continu contre les opposants au troisième mandat dont plusieurs sont encore en attente de jugement.

Au nombre de ces opposants figurent, M. Oumar SYLLA alias foniké mangué et M. Mamady CONDE alias Madic sans frontière qui ont tous deux été condamnés par la Cour d’appel de Conakry le jeudi 10 juin 2021 respectivement à 3 ans et à 1 an d’emprisonnement ferme alors que selon leurs avocats tout au long des procédures judiciaires les concernant, aucun élément de preuve apporté pour démonter leur culpabilité ;

En outre, Me Pepe Antoine LAMAH, avocat et opposant au troisième mandat a fait l’objet de rétention dans les locaux de la DPJ le 07 juin 2021 alors qu’il s’était rendu là pour rencontrer son client.

A ces situations, il faut ajouter la lenteur qui caractérise le processus de dialogue annoncé par les autorités plongeant le pays dans un climat de tension entre le gouvernement et la classe politique de l’opposition.

L’OGDH rappelle que la République de Guinée est partie au pacte international relatif aux droits civils et politiques qui dispose en son article 19:

«  Nul ne peut être inquiété pour ses opinions.

Toute personne a droit à la liberté d’expression ; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique ou par tout autre moyen de son choix… »

A cet effet, elle interpelle le Président de la République, garant des droits et des libertés fondamentales des citoyens afin de garantir l’indépendance de la justice  et son implication personnelle pour l’amorce d’un dialogue politique inclusif pour éviter un lendemain incertain pour le pays.

Le Président

M. Souleymane BAH

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Foniké Menguè condamné à 3 ans de prison : ses avocats annoncent une nouvelle bataille

10 juin 2021 à 13 01 30 06306
Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, responsable en charge des antennes et de la mobilisation du FNDC

Comme annoncé précédemment, Oumar Sylla, alias Foniké Menguè, responsable de la mobilisation et des antennes du FNDC (Front National pour la Défense de la Constitution) a été condamné 3 ans de prison ferme. Cette décision a été rendue publique ce jeudi, 10 juin 2021, par la Cour d’appel de Conakry. La défense de l’opposant au troisième mandat du président Alpha Condé dénonce une « décision bancale » et annonce qu’elle va l’attaquer devant la Cour suprême. C’est Me Abdoulaye Keïta, membre du collectif des avocats de Foniké Menguè, qui a annoncé cette nouvelle bataille, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est sur place.

Me Abdoulaye Keïta, membre du collectif des avocats de Foniké Menguè

« C’est une surprise pour nous. On ne s’attendait pas à cette condamnation. La défense s’attendait à la relaxe pure et simple de Foniké Menguè. Vous savez qu’au niveau du tribunal de première instance de Dixinn, Foniké Menguè avait été relaxé purement et simplement sur la base de l’article 544. Maintenant, puisqu’il y a eu jonction de procédures : la procédure de Dixinn et celle de Mafanco, le procureur avait requis 2 ans de prison ferme. Aujourd’hui, la Cour d’appel de Conakry le condamne à 3 ans de prison ferme. C’est une décision bancale. Et la défense ne va pas se limiter là, elle va continuer le combat jusqu’au bout. Nous allons user de nos voies de recours pour aller devant la Cour suprême », a annoncé l’avocat.

A rappeler que ce procès en appel de Foniké Menguè portait sur deux dossiers. Dans le premier dossier, l’opposant au troisième mandat du président Alpha Condé était poursuivi pour « communication et diffusion de fausses informations, menaces notamment de violence ou de mort ». Des faits pour lesquels il a été jugé et déclaré non coupable, le 28 août 2020, par le Tribunal de Première Instance de Dixinn. Une décision contre laquelle le procureur de la République près le TPI de Dixinn avait aussitôt relevé appel.

Dans le second dossier, l’activiste de la société civile était poursuivi pour « provocation directe d’un attroupement non armée suivi d’effets ». Des faits dont il a été déclaré coupable et condamné, le 28 janvier 2021, à 11 mois d’emprisonnement par le Tribunal de Première Instance de Mafanco. Une décision jugée injuste par les avocats du prévenu, qui ont interjeté appel pour réclamer l’ouverture d’un nouveau procès devant la Cour d’appel de Conakry.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/664413227

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Dialogue politique : Biro Soumah exige la présence de l’ONU pour diriger les discussions

8 juin 2021 à 19 07 52 06526
Aboubacar Biro Soumah, président du Parti pour le Progrès et le Changement

Le président du PPC (Parti pour le Progrès et le Changement) est prêt à participer à un dialogue politique avec le pouvoir guinéen, à une seule condition. Il faut que les discussions soient présidées par les Nations Unies, qui veilleront aussi à l’application des conclusions qui en sortiront. L’opposant l’a fait savoir dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce mardi 8 juin 2021.

A l’image de ses collègues de l’ANAD (Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie), Aboubacar Biro Soumah n’est pas enthousiasmé par le cadre de dialogue politique permanent, mis en place récemment par le président Alpha Condé. Le président du PPC (Parti pour le Progrès et le Changement) trouve que l’histoire récente de la Guinée ne plaide pas en faveur d’un nouveau dialogue politique inter-guinéen, tel que voulu par le pouvoir. Il se demande d’ailleurs si certains Guinéens sont amnésiques pour inciter l’opposition à participer à ce dialogue.

« Nous avons à faire à un régime qui a un système communiste, où la communication communiste prend le dessus. On nous parle de ce fameux cadre de dialogue politique permanent, comme si on avait oublié notre passé récent. Nous savons qu’Alpha Condé a fait 10 ans au pouvoir, mais la Guinée n’a jamais eu un cadre de dialogue sincère et réaliste. Malgré tout, on fait aujourd’hui encore un débat dans la cité autour de ce fameux dialogue. Je me demande qu’est-ce qui ne va pas avec la mémoire de certains Guinéens. Sinon, si quelqu’un gère un pays pendant 10 ans sans respecter même sa propre signature, pourquoi inciter les gens à aller au dialogue avec lui ? » S’interroge l’opposant.

Pour expliquer son étonnement, cet allier de Cellou Dalein Diallo rappelle que depuis l’arrivée du président Alpha Condé au pouvoir, « nous avons fait 5 dialogues, dont les conclusions n’ont jamais été appliquées.  On a même vu des cadres du RPG Arc-en-ciel (le parti au pouvoir) et des membres du gouvernement nier avoir apposé leurs signatures sur un accord conclu au siège de l’UFDG. Or, Amadou Damaro Camara et Bouréma Condé avaient signé cet accord. Cela s’est passé devant moi. Mais après, ils ont nié carrément avoir apposé leurs signatures sur cet accord. Comment un pays peut aller de l’avant si ses dirigeants se comportent de la sorte ? ».

Le président du PPC précise que son camp n’est pas opposé à l’idée de dialoguer avec le pouvoir. Cependant, il n’est pas prêt à participer à un nouveau dialogue sans avoir la garantie que cette fois, l’accord qui sera obtenu sera appliqué. Et pour cela, l’opposant indique qu’il faut faire appel aux Nations Unies pour diriger les discussions et veiller à la mise en œuvre des conclusions qui en sortiront.

« Personne ne refuse le dialogue. Même au sein d’une famille, entre la femme et son mari, il y a le dialogue. Mais il faut que le dialogue soit sincère et que ce qui est conclu soit mis en application, au bénéfice de tout le monde. Mais si tel n’est pas le cas, je pense bien que le dialogue n’a pas sa place. Aujourd’hui, tout le monde a besoin de dialogue. Mais il faut que ce soit un dialogue sincère et honnête, qui sera piloté cette fois-ci par la communauté internationale, en l’occurrence les Nations Unies. On ne peut pas trouver un Guinéen qui pourra diriger ce cadre de dialogue et faire appliquer ses conclusions, car toutes les institutions sont inféodées au pouvoir exécutif », estime Aboubacar Biro Soumah.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Crise politique en Guinée : l’UDRP demande aux Etats-Unis de sanctionner le régime Alpha Condé

7 juin 2021 à 12 12 54 06546
Dr Edouad Zoutomou Kpoghomou et le secrétaire d’Etat américain

L’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP) souhaite l’intervention des Etats-Unis dans la crise sociopolitique guinéenne. Une crise née du changement de la Constitution, qui a permis au président Alpha Condé de s’octroyer un troisième mandat à la tête du pays. Dans un mémorandum adressé récemment au Département d’Etat américain, ce parti d’opposition, dirigé Dr Edouard Zoutomou Kpoghomou (dont la candidature à la présidentielle du 18 octobre 2020 avait été recalée par la Cour constitutionnelle), a interpellé Washington sur cette situation. Il appelle les autorités américaines à prendre des sanctions contre le régime Alpha Condé et à soutenir les efforts « pour reconnaître la victoire de Cellou Dalein Diallo », à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020.

Guineematin.com vous propose ci-dessous le mémorandum : 

21 mai 2021

 M. Antony J. Blinken

 Secrétaire d’État

 Département d’État américain

 2201, rue C NO

 Washington, DC 20520

 Objet : Crise constitutionnelle et poursuite de l’instabilité socio-politique en Guinée

 Cher Monsieur le Secrétaire,

 Au nom de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès (UDRP), ses alliés l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD), j’écris cette lettre pour appeler le leadership moral des États-Unis d’Amérique, chef de file de la défense de la démocratie dans le monde, pour aider à éteindre une situation potentiellement explosive qui se profile en Guinée. Au mépris total du droit constitutionnel en vigueur, M. Alpha Condé a poursuivi avec persistance et illégalement la modification de la constitution guinéenne pour forcer son chemin lors de la dernière élection présidentielle tenue le 18 octobre 2020.

 Au terme de son deuxième mandat, par des tactiques qui rappellent davantage une dictature qu’une démocratie, M. Alpha Condé a modifié illégalement et unilatéralement la constitution pour permettre un troisième mandat présidentiel. Cet amendement lui a permis de participer illégalement à l’élection susmentionnée et de rester au pouvoir. Au cours de ce processus, des meurtres, des affrontements politiques, des altercations physiques, des arrestations arbitraires et des attaques barbares contre des opposants politiques et des innocents ont été exposés partout et sont devenus de plus en plus violents. Sans l’aide des États-Unis, les escarmouches qui se poursuivent dégénéreront en affrontements civils et ethniques de grande ampleur aux conséquences imprévisibles qui pourraient malheureusement reproduire d’horribles précédents tels que le génocide au Rwanda. Par son mépris total de la loi, M. Alpha Condé est sur le point de mettre le feu à la nation guinéenne;  la communauté internationale avec la direction des États-Unis, doit l’arrêter.

 Permettez-moi de vous présenter le contexte historique qui a conduit aux transgressions de M. Alpha Condé. La Guinée a obtenu son indépendance de la France par un référendum national le 28 septembre 1958, avec M. Sékou Touré devenant son premier président. Depuis lors, malheureusement, seuls des dictateurs à la main de fer, qui ont tous un fil conducteur – l’institutionnalisation de la terreur, de l’intimidation, de l’anarchie et de la corruption endémique – ont gouverné la République de Guinée.  Successivement, Ahmed Sékou Touré (1958-1984), le général Lansana Conte (1984-2008) et maintenant Alpha Condé (2010-présent) ont tenu la barre de cette nation, interrompue seulement par le bref intermède du capitaine Moussa Dadis / général Sékouba Konaté  transition militaire de 2008 à 2010. Cette transition a conduit à la première élection véritablement démocratique de l’histoire de la Guinée.

    Au cours des 26 premières années de pouvoir absolu et non partagé, M. Sékou Touré n’a jamais introduit le multipartisme en Guinée. Au lieu de cela, M. Sékou Touré a mis en place une dictature impitoyable qui a fini par purger le pays de ses intellectuels et professionnels. Ce despotisme a privé le pays de la possibilité de favoriser des réformes politiques, économiques et sociales significatives.

 La Guinée a vu une lueur d’espoir en mars 1984 lorsque Sékou Touré est décédé après 26 ans de pouvoir oppressif et non partagé. Une semaine après sa mort, une junte militaire, dirigée par le colonel Lansana Conté, a pris le pouvoir lors d’un coup d’État sans effusion de sang. Le colonel Lansana Conté a apporté un message d’espoir pour l’institution d’une vraie démocratie, qui a bien résonné auprès du peuple guinéen. Malgré la mise en œuvre immédiate de l’économie de marché libre, les réformes politiques ont dû attendre encore plusieurs années, tandis que Conté a consolidé le contrôle total sur le système politique. Avec le vent des démocraties émergentes à travers le monde et dans la plupart des pays africains, y compris la Guinée, un projet de nouvelle Constitution rédigé en 1990 a promu le multipartisme et l’économie de marché libre et a été adopté par référendum.

 Lors des élections présidentielles de 1998, le président Lansana Conté devait se présenter à la réélection et exercer sa dernière candidature légale à la présidence conformément à la Constitution.  Sans surprise, Lansana Conté a été réélue présidente, grâce à l’ingérence d’une administration corrompue, d’un parlement obéissant et d’un système judiciaire passif. Les chefs de l’opposition et les observateurs internationaux ont remis en question la transparence des élections et la validité des résultats. Ayant perdu l’élection au profit de Lansana Conté, M. Alpha Condé a sans succès déclenché une rébellion armée pour chasser M. Lansana Conté du pouvoir.

 Le président Lansana Conté a illégalement modifié à nouveau la Constitution en 2001 pour supprimer les contraintes juridiques liées au nombre de mandats présidentiels, à la limite d’âge des candidats à la présidentielle, et a fait passer la durée du mandat présidentiel de cinq à sept ans.  Le président Conté a conçu ce coup d’État constitutionnel pour qu’il puisse se présenter et rester en fonction aussi longtemps qu’il vivra.  Sous Lansana Conté, le bilan du gouvernement en matière de droits humains est resté très médiocre et la corruption, l’anarchie et l’impunité sont devenues plus omniprésentes.

   En janvier 2007, deux des principaux syndicats, avec le soutien tangible de plusieurs autres syndicats et des principaux partis d’opposition, ont appelé à une grève générale pacifique pour protester contre le comportement autoritaire du président Lansana Conté.  Le mouvement de protestation s’est rapidement transformé en une évaluation généralisée du général Lansana Conté et de son administration dans tout le pays.  Le peuple a exigé un changement de gouvernement et le mouvement a paralysé tout le pays. Le président Conté a tenté de réprimer le mouvement en ordonnant aux militaires et aux membres de ses forces de sécurité de tirer sur des manifestants pacifiques et non armés. Selon Human Rights Watch, Amnesty International et des sources diplomatiques occidentales, plus de deux cents civils innocents ont été tués et des milliers d’autres ont été blessés lors des manifestations.

 Lansana Conté est décédé le 22 décembre 2008. Avant sa mort, de profondes divisions dans son entourage avaient déjà compromis le cadre constitutionnel destiné à assurer la survie de son système.  D’une part, le président du parlement illégitime, le président de la Cour suprême et le premier ministre étaient engagés dans une lutte pour le pouvoir.  En revanche, l’environnement politique n’était plus propice à un transfert de pouvoir constitutionnel et pacifique, en raison de tensions ethniques qui divisaient. Cette atmosphère précaire a conduit à une nouvelle prise de contrôle militaire le 23 décembre 2008 par une junte militaire dirigée par le capitaine Moussa Dadis Camara. Avec l’aide de la communauté internationale, y compris des États-Unis d’Amérique, le capitaine Moussa Dadis Camara et le général Sékouba Konaté ont réalisé collectivement une transition de deux ans qui a abouti à la première élection véritablement démocratique remportée par M. Alpha Condé en 2010.

 La contribution la plus importante de la deuxième transition militaire a été l’élaboration d’une nouvelle Constitution, qui a confirmé l’intérêt supérieur de la nation et a servi de loi fondamentale et de référence qui réglementait les procédures structurelles de supervision de l’administration de l’exécutif, du judiciaire et du parlement.  Puissance. De plus, la nouvelle Constitution a rétabli l’équilibre des pouvoirs entre les trois branches du gouvernement, redéfini la durée du mandat présidentiel, le nombre de mandats, la règle d’éligibilité et réglementé tous les aspects du développement de la nation guinéenne ainsi que les activités de son peuple. Le général Sékouba Konaté, alors chef de l’Etat, a promulgué cette nouvelle Constitution, qui définissait le cadre juridique des deux dernières élections présidentielles de 2010 et 2015, toutes deux remportées par M. Alpha Condé sur les accusations de fraude électorale.

 De l’enthousiasme suscité par la première élection véritablement démocratique, le peuple guinéen avait enfin espéré l’instauration d’une véritable démocratie avec l’élection de M. Alpha Condé.  Malheureusement, il n’a pas fallu longtemps aux gens pour se réconcilier avec la réalité. Avec la déception et la peur pour son avenir politique, économique et social, les gens comprennent maintenant que M. Alpha Condé a passé 50 ans de sa vie non seulement à dénigrer ses adversaires, mais aussi à affiner ses stratégies pour mettre en place des stratagèmes de corruption plus sophistiqués, ethnocentrisme, dictature, impunité et incompétence, la critique même qu’il avait adressée à tous ses prédécesseurs.

 L’exacerbation des tensions ethniques et politiques entre les communautés traditionnellement coexistantes, la ségrégation pure et simple et la discrimination à l’encontre des communautés pour la plupart privées de leurs droits dans certaines parties de la Guinée (par Alpha Condé lui-même) ont été à l’épicentre de la gouvernance du Président Alpha Condé. Human Rights Watch et Amnesty International, entre autres groupes de défense des droits humains, ont largement documenté de nombreuses violations. Je ne reproduirai ni n’énumérerai ici la documentation exhaustive facilement disponible.

 Menant à l’imposition d’une présidence à vie en République de Guinée, M. Alpha Condé a poursuivi sans relâche la modification de la Constitution guinéenne. Il a attribué à lui-même et à son parti, le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG), des sièges de maire et de conseil qu’ils n’ont pas remportés aux urnes lors des dernières élections communales intentionnellement retardées, tenues en février 2018. Ces actions provocantes et exaspérantes  sont conçues pour irriter et pousser l’opposition politique à réagir de manière excessive, lui donnant le subterfuge nécessaire pour mettre en œuvre brutalement ses plans trompeurs de se maintenir au pouvoir après 2020. En limogeant illégalement le président de la Cour constitutionnelle, qui s’est opposé à ses projets de rester au pouvoir  au-delà de 2020, et en forçant la démission de son ministre de la Justice, M. Cheick Sacko, M. Alpha Condé n’a fait que suivre la voie des autres dictateurs africains.  Néanmoins, le peuple guinéen vigilant dans son écrasante majorité s’oppose toujours résolument à ce troisième mandat illégal.

 Dans un pays à court d’argent comme la Guinée, M. Condé n’a pas cligné des yeux en déboursant impulsivement deux millions d’euros le 16 avril 2019, pour contribuer à la reconstruction de l’église Notre-Dame incinérée à Paris, en France.  Derrière cet acte de compassion apparent, un plan cynique était en cours pour racheter le soutien de la France à ses efforts de troisième mandat. Dans l’intervalle, le peuple guinéen a continué d’étouffer sous le fardeau exaspérant d’une pauvreté abjecte et d’une misère omniprésente. Il est devenu très clair qu’en opposant les partisans et les opposants du troisième mandat selon des critères ethniques, M. Alpha Condé a continué à semer les graines d’affrontements explosifs qui détruiront la République de Guinée, telle que nous la connaissons, et pour des générations à venir.

 Comme indiqué dans la liste à puces partielle ci-dessous, l’exacerbation des tensions ethniques et politiques entre les communautés traditionnellement coexistantes, la ségrégation et la discrimination flagrantes contre les communautés majoritairement minoritaires dans certaines parties de la Guinée (par Alpha Condé lui-même) ont favorisé les affrontements ethniques et la violence politique, maintenant fréquente en Guinée. Je ne reproduirai pas la documentation exhaustive facilement disponible et publiée par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme.  Parmi les plus significatifs, veuillez noter:

  Les forces de sécurité gouvernementales ont affronté des manifestants à Conakry le 27 septembre 2011, entraînant la mort d’au moins trois manifestants.

  En août 2012, dans la petite ville minière de Zogota située dans la région de la Guinée forestière, les forces de sécurité ont tué cinq villageois dont le chef du village.  Sous le couvert de l’obscurité, ces forces avaient pris d’assaut et attaqué le village où les gens avaient protesté contre les pratiques d’embauche discriminatoires de la société brésilienne d’extraction de fer Vale.

 Au moins trois personnes ont été tuées dans des affrontements entre des partisans du gouvernement et des partisans de l’opposition dans le sud de la Guinée les 10 et 11 décembre 2012.

 Des groupes d’opposition ont protesté contre le gouvernement à Conakry du 27 février au 6 mars 2013, entraînant la mort de neuf personnes, aux mains des forces de sécurité gouvernementales.

 Les forces gouvernementales ont tué au moins trois personnes lors de manifestations électorales à Conakry les 2 et 3 mai 2013.

 Les forces de sécurité gouvernementales ont affronté des manifestants de l’opposition à Conakry du 23 au 27 mai 2013, entraînant la mort d’au moins 12 personnes.

 Plus de 50 personnes ont été tuées à Conakry dans des violences politiques au cours de la période de trois mois se terminant en mai 2013.

 En raison de la politique discriminatoire défendue par M. Alpha Condé, près de 100 personnes ont été tuées dans des affrontements ethniques entre des membres de la tribu Kpelle (majoritairement chrétiens et animistes) et la tribu Konia (mandingue ou Maninka, majoritairement musulmane) du 15 au 24 juillet, 2013, dans la commune urbaine de N’Zérékoré.  Selon des sources hospitalières, ce nombre n’inclut pas les dizaines de corps retrouvés dans les puits de certains quartiers, ainsi que ceux du village de Koulé Yakéta et de la préfecture de Beyla. Des dizaines sont toujours portés disparus.

 En raison de la précarité du système de santé guinéen, en raison d’une mauvaise gestion systémique, les épidémies d’Ebola ont tué environ 2500 personnes en Guinée entre 2013 et 2015.

 La mauvaise gestion de l’épidémie d’Ebola en 2014 a conduit au massacre d’une équipe d’agents de santé, déclenchant le siège militaire de Womey, une communauté pacifique du sud-est de la Guinée.  Des dizaines de villageois en fuite sont morts de famine, de morsures de serpents et de maladies dans les forêts environnantes où ils se sont réfugiés.

 Le 14 avril 2015, au moins deux gendarmes ont arrêté une femme de 26 ans, l’ont forcée à monter dans leur véhicule, l’ont emmenée dans un immeuble, lui ont bandé les yeux et l’ont violée.  Elle a déposé une plainte judiciaire peu de temps après, mais elle n’a jamais été contactée par la justice ou la police pour fournir des preuves supplémentaires.

En avril et mai 2015, pendant et après les manifestations de rue, des policiers et, dans une moindre mesure, des gendarmes opérant à Bambeto, Hamdallaye, Koloma, Matam et Wanindara ont fait irruption dans des maisons et volé des téléphones portables, de l’argent, des articles ménagers et des marchandises.

Le 7 mai 2015, des gendarmes en patrouille à Hamdallaye auraient tué un soudeur de 34 ans près de son domicile. Le 8 mai, sa famille a déposé une plainte auprès du Tribunal de Dixinn. À ce jour, aucune information n’est disponible sur l’état d’avancement de l’enquête.

Le 10 octobre 2015, un chauffeur de 24 ans a été abattu à Sonfonia Gare Il alors qu’il se rendait chez son frère, par les forces de sécurité chargées de lever les blocus érigés par les manifestants.  Quatre autres hommes ont été blessés lors du même incident.

En raison de la politique discriminatoire de M. Alpha Condé, environ 100 personnes ont été tuées dans des affrontements ethniques entre des membres de la tribu Loma (principalement chrétiens et animistes) et de la tribu Konia (Mandingo ou Maninka, principalement musulmans) à Koyamah et Macenta, dans le sud-est de la Guinée dans la période de mars à septembre 2020.

 M. Alpha Condé a procédé à un coup d’État constitutionnel le 22 mars 2020 en imposant au peuple guinéen un référendum non seulement pour changer la Constitution, mais aussi pour élire un parlement sans la participation de la véritable opposition politique.  Ce processus, auquel se sont opposés la majorité des Guinéens, a été entaché d’une extrême violence de la part des forces de défense et de sécurité, avec une contribution significative des «DONZOS», la milice privée de M. Alpha Condé.  Les événements importants suivants ont eu lieu:

Tout au long de la lutte pour empêcher le troisième mandat de M. Alpha Condé, des militants de l’opposition politique et du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont été régulièrement soumis à la répression avec la participation des groupes ULIMO et DONZOS, notamment dans la forêt  Région (en particulier à N’Zérékoré) Plutôt que les forces de police et de gendarmes typiques, le groupe DONZOS a patrouillé les bureaux de vote sous prétexte d’assurer la sécurité alors qu’en réalité leur présence parfois, intimidait les civils pour les empêcher de voter;  à d’autres moments, ils protégeaient simplement la fraude organisée de RPG.

 Comme l’ont rapporté plusieurs ONG et l’opposition politique, les forces de sécurité ont commis des crimes lors de manifestations pour protester contre le changement constitutionnel.  Les massacres qui ont suivi du 22 au 24 mars 2020 à N’Zérékoré ont fait près de 98 personnes tuées par les forces de sécurité. Le jour de ce meurtre de masse, des affrontements ont éclaté entre les défenseurs de la Constitution de mai 2010 et les promoteurs de la nouvelle constitution contestée. L’implication dans les affrontements des milices ULIMO et DONZOS a transformé le conflit en une violence interethnique entre les Koniankés et les Malinkés d’une part et les Guerzes, Manons et Konos, d’autre part. Cinq églises ont été vandalisées et incendiées.

À la tombée de la nuit du 23 mars 2020, les forces de sécurité ont récupéré plusieurs corps à la morgue de N’Zérékoré pour être ensevelis dans une fosse commune, sur injonction des autorités.  À ce jour, aucune enquête n’a été ouverte pour aider à élucider les circonstances de ces meurtres et mettre fin à leurs familles.  Plusieurs personnes sont toujours portées disparues, des centaines de personnes ont été blessées, plusieurs dommages matériels ont été enregistrés et plusieurs arrestations ont été effectuées.  À ce jour, près de 400 militants sont toujours en prison suite à la manifestation, y compris des mineurs.

Outre le braquage qui a suivi l’élection du 18 octobre 2020, les violations des droits et libertés ainsi que les crimes commis comprennent:

L’assassinat de 51 citoyens membres de la coalition électorale UFDG et ANAD par les forces de défense et de sécurité.  Le gouvernement a catégoriquement refusé d’ouvrir des enquêtes pour identifier les auteurs et les traduire devant les tribunaux, conformément à la loi.

 La mort de quatre prisonniers politiques par manque de soins dans un centre de détention surpeuplé. Le gouvernement a refusé de lancer une enquête sur ces décès, principalement en raison du manque de conditions sanitaires dans ces établissements pénitentiaires, qui abritent aujourd’hui plus de trois fois plus de prisonniers qu’ils étaient censés accueillir à l’origine.

L’arrestation et la détention arbitraires de centaines de membres de l’UFDG, de l’ANAD et de civils pour leur opposition au troisième mandat illégal de Condé et pour avoir exigé le respect des véritables résultats des urnes.

La poursuite de la fermeture et de l’occupation du siège et des bureaux du Président de l’UFDG, sans aucune base légale, par les forces gouvernementales de défense et de sécurité.

L’interdiction de voyager imposée à M. Mamadou Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG, à son épouse et à ses proches collaborateurs, sans aucune base légale.

La destruction, sans préavis ni compensation, des habitations et des commerces des citoyens le long des voies d’accès publiques, alors que le gouvernement n’a pas de programme pour de telles routes ou pour l’aménagement des terres libérées par ce déplacement forcé.

 La fermeture unilatérale des frontières avec certains pays voisins qui fait peser une charge excessive sur la population qui souffre déjà d’exactions brutales des forces de sécurité gouvernementales.

La flambée des prix des produits de base, en partie due à la hausse des impôts, à la forte inflation monétaire, à la dépréciation de la monnaie nationale, à la dilapidation des ressources et à la fermeture des frontières, contribuant à la misère des populations.

L’augmentation annoncée des prix des carburants, qui ne manquera pas d’aggraver cette crise et de réduire encore le pouvoir d’achat des ménages.

Enfin, l’effort tacite du gouvernement pour répercuter sur le peuple le coût de la campagne du troisième mandat d’Alpha Condé au cours de laquelle les maigres ressources du pays ont été utilisées de manière irresponsable en lieu et place des offres de financement des institutions internationales.

 En raison d’une dictature institutionnalisée sophistiquée et de la mauvaise gouvernance d’Alpha Condé, l’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM) de la Guinée est paradoxalement parmi les plus élevés au monde malgré l’énorme richesse minérale du pays.  Sans aucun doute, la Guinée et la communauté internationale s’en tireront mieux avec un environnement plus stable et pacifique, sous une nouvelle direction patriotique, qui supervisera la reconstruction d’un paysage politique plus favorable, pour donner au pays un cadre démocratique solide et inviolable, et favoriser un processus électoral transparent et acceptable propice à une paix durable et à la prospérité économique. Plus important encore, les preuves montrent que M. Alpha Condé n’a pas remporté l’élection présidentielle du 18 octobre 2020. Il est un président imposé et soutenu par l’armée, les forces paramilitaires et les institutions soumises sans la légitimité accordée uniquement par le peuple guinéen à travers le scrutin. 

Au nom de l’Union démocratique pour le renouveau et le progrès UDRP et ses alliés, je tiens à remercier les États-Unis d’Amérique pour leur position exprimée par l’ambassade des États-Unis en Guinée, contre la modification inutile et énergique de la constitution, uniquement pour satisfaire M.  Les ambitions égoïstes d’Alpha Condé d’une présidence à vie en Guinée.  À l’appui de l’instauration de la démocratie en Guinée, le Parti politique UDRP, que j’ai le privilège de diriger, a joué un rôle central lors de l’élection présidentielle, après l’élimination injustifiée de son candidat par la Cour constitutionnelle de M. Alpha Condé.  Dans une quête pour aider à reconquérir et à consolider la démocratie détournée, l’UDRP et ses alliés UFDG / ANAD, demandent au gouvernement des États-Unis, ses institutions, le président Joe Biden et tous leurs alliés à travers le monde:

Renforcer les efforts du Front national de défense de la Constitution (FNDC) et des autres partisans de l’opposition politique et des intérêts civils en appelant les partenaires techniques et financiers, et les organisations sous-régionales, régionales et internationales à mener des enquêtes  missions sur les crimes commis lors de leurs manifestations et les massacres qui ont suivi les 22, 23 et 24 mars 2020 à N’Zérékoré.

Demander que les milices ULIMO, DONZO et CHEVALIERS soient déclarées groupes terroristes au même titre que la secte BOKO HARAM, DAECH, ISIL et autres groupes similaires, et leurs sponsors traités comme tels.  Si elles ne sont pas définitivement démantelées, les milices ULIMO et DONZO sont susceptibles de se réinstaller au Libéria, en Côte d’Ivoire et en Sierra Leone, entre autres, d’où elles continueront de propager la terreur et l’instabilité dans la sous-région ouest-africaine.

Soutenir les efforts pour reconnaître la victoire de leur candidat, Mamadou Cellou Dalein Diallo, incontestable vainqueur de l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 aux urnes;  Alpha Condé a volé illégalement et sans scrupules cette victoire avec l’aide d’institutions administratives et électorales soumises.

Utiliser le Global Magnitsky Human Rights Accountability Act pour sanctionner M. Alpha Condé et ses 25 dignitaires inscrits au Parlement européen comme violateurs et délinquants des droits humains;  Les États-Unis ont utilisé avec succès et unilatéralement cette loi de lutte contre la criminalité pour traquer et sanctionner les auteurs de violations des droits de l’homme et les criminels du monde entier, geler leurs avoirs et les empêcher d’entrer aux États-Unis d’Amérique.

 L’UDRP et tous ses alliés continuent de croire que les États-Unis, en tant qu’incarnation de la paix, de la démocratie et de la justice dans le monde, ne laisseront pas la Guinée s’effondrer et brûler sous la dictature barbare et impitoyable de M. Alpha Condé.  L’histoire et le peuple guinéen vous en seront profondément reconnaissants !

Respectueusement vôtre,

Edouard Zoutomou KPOGHOMOU, PhD.  Président de l’UDRP

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3ème mandat d’Alpha Condé en Guinée : quand certains médias présentent la victime comme le bourreau

4 juin 2021 à 10 10 13 06136
Alpha Condé chez Cellou Dalein Diallo, en septembre 2016

Le régime guinéen est-il en passe de réussir un pari ? Visiblement oui. En arrêtant les principaux lieutenants de son principal challenger depuis 2010, Alpha Condé voulait certainement s’en servir comme monnaie d’échange pour la reconnaissance de sa victoire à la présidentielle de 2020 par celui qui s’était autoproclamé président élu et qui persiste toujours dans cette logique.

Les principaux meneurs du combat politique contre le troisième mandat ont été mis aux arrêts. Histoire de museler voire de décapiter le parti. L’UFDG sans Cherif Bah, Ousmane Gaoual Diallo et Cellou Baldé est un parti affaibli voire anéanti. Le pouvoir tient coûte que coûte à obtenir la reconnaissance de sa victoire en échange de la libération de ces personnes.

Malheureusement pour l’opposition, l’autre pari que le pouvoir a réussi est de présenter toute personne qui fait entendre un autre son de cloche que celui émis par Sékoutouréya comme un opposant. De fil à aiguille, il est parvenu à faire taire les critiques. Particulièrement chez les journalistes et les activistes de la société civile. Au mieux, les gens se taisent. Et au pire, ils s’en prennent à l’opposition. Les plus téméraires font ce qu’ils pensent être un équilibre entre le pouvoir et l’opposition. Renvoyant dos à dos les uns et les autres.

Les journalistes et autres activistes qui ont peur d’être taxés de rouler pour l’opposition n’émettent pas une seule critique. Ou quand ils le font à l’encontre du pouvoir, ils le font également à l’encontre de l’opposition. Des journalistes qui ont défendu Alpha Condé durant sa traversée de désert deviennent la bête noire du régime. Parce qu’ils ont continué à défendre une opposition toujours malmenée. Or, pour le RPG, ce qui était rose hier est tout noir aujourd’hui.

Pour revenir aux « équilibristes » et sachant que le pouvoir dirige et l’opposition s’oppose, c’est une aberration de rendre tous les deux camps responsables de la situation de la Guinée. Mais, c’est cela aussi qui constitue l’exception guinéenne. Plus grave encore, c’est seul dans ce pays que la victime est blâmée à la place de son bourreau. Il n’est pas rare d’entendre dire ici que l’opposition envoie ses militants à l’abattoir. Comme s’il est permis de liquider un manifestant comme un gibier.

L’autre exploit réussi par l’actuel régime, c’est d’étiqueter les victimes. Un soldat lynché par la foule est un martyr. Tandis qu’un manifestant, désarmé, abattu de sang-froid par des agents de sécurité est un badaud. Les combattants de la liberté d’hier sont les loubards d’aujourd’hui.

Désormais, la stratégie du pouvoir consiste à présenter le leader de l’UFDG comme celui qui maintient ses responsables en prison. Parce qu’il refuse de « coopérer ». Entendez, renoncer à sa revendication. Or, s’il est vrai que la réalité sur le terrain c’est qu’Alpha Condé reste et demeure le seul président de la République, il est tout aussi vrai que le seul moyen de pression qui reste à Cellou Dalein Diallo et à son parti, c’est de continuer à contester la victoire de l’adversaire.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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« La France doit appeler à la libération des militants détenus arbitrairement en Guinée »

2 juin 2021 à 12 12 22 06226

Tribune

Collectif : Plusieurs organisations de défense des droits humains dénoncent « l’absence de réaction forte de la communauté internationale » face à la « répression brutale » qui s’est abattue sur le pays.

Tribune. Depuis 2019 et l’annonce d’une réforme de la Constitution qui a permis au président Alpha Condé de se présenter à un troisième mandat, nos organisations n’ont cessé de dénoncer la dégradation des droits humains en Guinée. Face à cette situation, l’absence de réaction forte de la communauté internationale, notamment de la France et de l’Union européenne (UE), a été reçue par Conakry comme une carte blanche donnée à la répétition des violations. L’appel lancé fin janvier par le ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à « faire toute la lumière » sur la situation des opposants en prison, est également resté lettre morte.

Avant et pendant la tenue du référendum constitutionnel et des élections législatives du 22 mars 2020, une répression brutale s’est abattue sur le pays. Des manifestations ont été interdites de manière abusive. Les forces de sécurité ont tiré à balles réelles sur les protestataires, faisant des dizaines de morts et de blessés. Des militants politiques, notamment du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), et des membres de la société civile ont été arbitrairement arrêtés.Lire aussi En Guinée, un journaliste condamné à une amende pour « offense » au président Condé et libéré

Des discours de haine proférés par des candidats politiques et des affrontements entre partisans du gouvernement et de l’opposition ont également rallumé des tensions ethniques, engendrant des violences intercommunautaires dans la ville de Nzérékoré. La grande majorité des plaintes déposées par les proches des personnes blessées ou tuées lors des manifestations n’ont pas abouti à des poursuites judiciaires. Beaucoup de familles n’ont d’ailleurs pas osé le faire, par crainte de représailles, manque de moyens ou absence de confiance dans les autorités.

Des prisons surpeuplées

Le scrutin présidentiel contesté du 18 octobre 2020 s’est également déroulé dans un contexte de graves violations des droits humains. Nos organisations ont recensé au moins seize personnes tuées par balle entre le 18 et le 24 octobre, sans compter les nombreux blessés. Les connexions Internet et les liaisons téléphoniques ont été perturbées ou coupées. Si certains manifestants se sont livrés à des violences, comme allégué par le gouvernement dans un rapport sur les événements, cela ne peut pas justifier la répression sanglante du mouvement.

Nos organisations ont recueilli des témoignages de victimes et de leurs familles et documenté leurs récits, afin d’interpeller les autorités guinéennes, alerter les partenaires de la Guinée, sensibiliser les opinions publiques. Mais cela n’a pas mis fin aux abus. Après l’élection, les autorités ont traqué les opposants et des membres de la société civile. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées. Aujourd’hui, des figures de l’opposition et des militants associatifs – y compris des membres de certaines de nos organisations – sont détenus dans des conditions de détention inhumaines. Dans les prisons surpeuplées, l’accès aux soins est pratiquement impossible.Article réservé à nos abonnés Lire aussi « En Guinée, la répression est en passe d’égaler les années les plus noires de Sékou Touré »

Récemment, au moins quatre sympathisants ou militants de l’opposition sont morts en détention – ou juste après avoir été libérés – des suites de leurs conditions d’emprisonnement ou par manque de soins. Ainsi Roger Bamba, attaché parlementaire et membre du conseil national des jeunes de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG, opposition), a été arrêté le 6 septembre 2020. Envoyé en prison quatre jours plus tard, il est mort le 16 décembre 2020 « des suites de maladie », selon le ministère de la justice. Sa famille n’a jamais été informée qu’il était malade. Un autre détenu, âgé de 62 ans, est mort en détention après avoir présumément subi des actes de torture ou de mauvais traitement.

Le cycle de l’impunité

Les graves violations des droits humains documentées par nos organisations depuis 2019 demeurent impunies. Si des annonces d’ouverture d’enquête ont été faites, elles n’ont pas été suivies de poursuites contre les auteurs des exactions. Ceci n’est pas nouveau en Guinée. Plus de onze ans après le massacre du 28 septembre 2009 au stade de Conakry, il n’y a toujours pas eu de procès pour les meurtres de plus de 150 manifestants, les viols et autres crimes perpétrés alors par les forces de défense et de sécurité. Depuis la clôture de l’instruction judiciaire, en 2017, les autorités guinéennes ont à plusieurs reprises promis que ce procès aurait lieu.

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Face à ce bilan de plus en plus sombre, les déclarations d’intention ne suffisent plus. Il est essentiel que la France appelle à la libération immédiate des opposants et des militants détenus arbitrairement, demande des comptes sur les enquêtes engagées pour faire la lumière sur les violences commises contre les manifestants et les opposants, et pèse de tout son poids pour qu’une justice indépendante et efficace soit rendue. Elle doit également tout mettre en œuvre pour que les autorités fixent enfin, dans les plus brefs délais et les meilleures conditions, une date d’ouverture du procès des responsables du massacre du 28 septembre.

Les Etats français et européens doivent mettre le respect des droits humains au cœur de leurs échanges bilatéraux et multilatéraux avec Conakry, afin d’en finir avec la répression actuelle et briser le cycle de l’impunité subi par la population guinéenne.

Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT), Agir ensemble pour les droits humains (AEDH), Amnesty International France (AIF), Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), Human Rights Watch (HRW), Ligue des droits de l’homme (LDH), Secours catholique, Tournons La Page.

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Cadre de dialogue : le parcours qui incite à l’optimisme avec Fodé Bangoura

25 mai 2021 à 9 09 20 05205
Elhadj Fodé Bangoura, président du PUP

Contrairement à quelques préjugés défavorables avec lesquels certains ont accueilli le choix du président Alpha Condé de confier le très stratégique dialogue politique et social à Fodé Bangoura, l’homme a un parcours duquel émergent des atouts indéniables. C’est dire que ce n’est pas nécessairement la personnalité devant piloter le prochain dialogue qui pose problème. Les stéréotypes et autres raccourcis subjectifs sont davantage en cause.

Sa connaissance du pays et de sa sociologie

Le premier atout de Fodé Bangoura par rapport à la mission qui vient de lui être confiée, c’est sa grande connaissance du pays. Et pour qui connaît la complexité du débat dans ce pays du fait de certaines susceptibilités, c’est un véritable avantage de connaître la société et les hommes quand on s’apprête à gérer un dialogue qui ne s’annonce pas facile. Et le leader du PUP qui est né à Koba (Boffa) et s’est formé en Guinée, a la chance de maîtriser l’environnement local. D’autant que l’homme a une spécialité en Géographie. En effet, en 1970, après avoir décroché son baccalauréat complet en série Techniques Economiques (STE), il est inscrit aussitôt à l’institut polytechnique de Gamal Abdel Nasser de Conakry au département de géographie qui le verra dérocher, en 1975, son diplôme d’Etudes supérieures (DES) Option : Géographie-Cartographie. Par ailleurs titulaire d’un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS Paris VI), il renforce sa connaissance du pays à travers les nombreuses recherches qu’il a menées et qui ont débouché sur la production de quelques publications dont ‘’Le Document sur la socio-économie de la Guinée Forestière (Guéckédou et Lola)’’, en 1986, ‘’Structure agraire et problème foncier dans la Communauté rurale de développement (CRD) de Koba’’ en 1988 ou encore ‘’Le foncier en République de Guinée’’ en 1988.

Son expérience réussie au sommet de l’Etat

Fodé Bangoura, c’est aussi et surtout une longue expérience au sein de l’administration guinéenne et à des postes stratégiques. Après un passage à la tête du département de Géographie à l’université de Conakry pour la période 1986-1991, il est nommé en mars de cette année au poste de chef de cabinet au secrétariat d’Etat au Tourisme et à l’Hôtellerie. Et c’est le début d’une longue carrière qui devait culminer entre 1997 et 2006 par les postes de secrétaire général, puis de ministre Secrétaire général de la Présidence de la République. Discret mais efficace, diplomate mais loyal, on dit de lui qu’il a le sens de l’Etat. Ainsi, il a su faire montre de lucidité et de dignité au-delà des vicissitudes de l’histoire. Pondéré dans ses sorties médiatiques, il a gardé des liens solides avec tous les bords politiques. Enfin, son expérience au plus haut niveau de l’administration lui servira particulièrement d’atout dans la mesure où elle lui confère la légitimité de parler avec tout le monde sans gêne, ni complexe.  

Un homme transversal qui peut tutoyer toutes les obédiences et tendances

Enfin, personne ne saurait reprocher à Fodé Bangoura de s’être mêlé de près ou de loin au débat sur l’ethnocentrisme en Guinée. Se méfiant des excès, il a aussi bien dans sa carrière administrative que dans la bataille politique, su rester au-dessus de la mêlée. Jamais un mot de trop ou de travers. Il est de ce fait un arbitre naturel entre toutes les obédiences politiques et sociales et les tendances en leur sein. Symbolisant la région de Basse Guinée, terre d’hospitalité et de rencontres, Fodé Bangoura a donc tous les atouts pour surprendre les sceptiques. On devrait donc le juger aux actes.

Mohamed Keita

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Mamadou Barry de l’UFDG plaide : « nous ne devons pas oublier les détenus politiques »

23 mai 2021 à 9 09 02 05025
Mamadou Barry, secrétaire général adjoint de l’UFDG

Comme on le sait, au lendemain de la très contestée élection présidentielle du 18 octobre dernier, plusieurs citoyens et responsables politiques guinéens (en majorité de l’UFDG) ont été arrêtés et détenus à la maison centrale de Conakry. Ces détenus politiques croupissent encore en prison, sans aucun jugement encore moins une condamnation, pour leur opposition au troisième mandat d’Alpha Condé.

Aujourd’hui, plusieurs d’entre eux sont malades, certains ont même été atteints de COVID-19 entre les murs crasseux de la maison centrale surpeuplée de Conakry. Malgré l’illégalité de leur détention, toutes les tentatives d’obtention de leur libération, ne serait-ce que provisoire, sont pour le moment restées vaines. Leur situation inquiète les organisations de défense des droits humains ; mais aussi et en premier lieu, l’union des forces démocratiques de Guinée (la principale formation politique d’opposition au régime Alpha Condé).

Au cours d’un récent entretien accordé à un reporter de Guineematin.com, Mamadou Barry, le secrétaire général adjoint de l’UFDG, a plaidé pour une large et réelle implication de la société civile, des religieux et des élus locaux pour mettre fin à cette détention injustifiée de grandes figures de l’opposition et de la société civile. Ce cadre du parti de Cellou Dalein Diallo appelle à une « décrispation » de la situation en Guinée pour permettre à tout le monde d’avancer dans le bon sens.  

Décryptage !

Guineematin.com : vous avez rendu visite aux détenus politiques incarcérés à la maison centrale de Conakry. Quel a été votre constat ?

Mamadou Barry : le constat, avant d’y aller déjà, était de se rendre compte que des cadres du parti (UFDG) sont arrêtés, des anonymes aussi sont arrêtés sans jugement. Le souhait était de voir dans quelle condition ils sont et moralement comment ils se portent ; et, de voir éventuellement quelles possibilités de plaidoirie on peut obtenir pour permettre leur élargissement. Mais, voir aussi dans quelles conditions les choses vont avancer dans le bon sens pour tout le monde.

Guineematin.com : comment se portent ces détenus en prison ?

Mamadou Barry : ils se portent assez bien, quoi qu’on ne puisse pas se porter bien en prison. Après ces six mois de détention sans jugement, il est difficile de dire que quelqu’un se porte bien en prison. Mais, toujours est-il que le moral est là et il est question que le monde sache qu’ils sont là, qu’on pense à eux et qu’on voit dans quelles mesures les choses peuvent avancer dans le bon sens.

Guineematin.com : au sein de l’UFDG, comment vous vivez l’absence de ces cadres et responsables de votre formation politique ?

Mamadou Barry : c’est difficile. Quand on a des personnes, des cadres du parti et des amis ou des collègues qui sont détenus depuis si longtemps, il est toujours très difficile d’avoir un travail serein qui puisse se faire au sein du parti dans la quiétude, dans la construction des valeurs et dans la consolidation des idéaux du parti.

Guineematin.com : vous avez parlé de plaidoirie ; mais, quel genre de plaidoirie faut-il faire pour obtenir leur libération ?

Amadou Barry : la plaidoirie va au-delà de demander pardon. La plaidoirie, c’est une question de dire simplement que ceux qui sont en prison, leur place n’est pas en prison. Des cadres qui peuvent être utiles au pays, des cadres qui peuvent être utiles dans leur parti et dans leurs familles sont là (en prison). Et, c’est normal qu’on pense à ce qu’il y ait un élargissement. Ce qui me fait un peu mal, c’est qu’à une époque, en 2010, en 2013, en 2015, en 2018, on voyait des personnalités, des groupes de personnes venir plaider auprès de Cellou Dalein Diallo pour qu’il y ait la paix, la quiétude et pour qu’il y ait une harmonie au sein du pays. Aujourd’hui, on ne les voit plus et je trouve cela très dommage qu’on ne parle pas de ces détenus suffisamment. La plaidoirie n’est pas de demander pardon à qui que ce soit, c’est juste dire que leur place n’est pas en prison. Leur place est dans la société, auprès de leur famille. Il faut que les coordinations se lèvent, puisque ce sont des enfants du pays. On ne voit pas les associations des femmes. Je me souviens encore de Dr Makalé Traoré qui faisait beaucoup de mouvements, beaucoup de démarches pour qu’il y ait la paix, la quiétude sociale. En plus, il y a les élus locaux qui peuvent bien essayer, au sein de leur commune, de montrer qu’il y a un besoin de tranquillité, un besoin de solidarité envers ces détenus  pour que, au moins, en attendant le jugement, que ces personnes puissent retrouver leurs familles, que ces personnes puissent retrouver leurs familles et échanger avec elles pour voir dans quelle mesure il peut y avoir une décrispation. La question n’est pas de dire que plaider c’est demander pardon. La question est de faire en sorte qu’on voit dans quelle mesure on peut décrisper la situation et toutes les personnes de bonne volonté, les personnes qui peuvent s’impliquer pour que ces personnes (les détenus politiques) recouvrent leur liberté pour le bien de tout le monde.

Guineematin.com : vous déplorez le fait que ces organisations féminines, ces élus locaux et les religieux ne s’impliquent pas beaucoup pour obtenir la libération de ces détenus ; mais, est-ce que vous ne pensez pas que l’UFDG elle-même n’agit pas sur le terrain ? Parce que si ces personnes allaient pour demander à Cellou Dalein Diallo la paix, c’est parce qu’il y avait les manifestations. Or, aujourd’hui, sur le terrain, il n’y a aucune action. Est-ce que vous ne pensez pas que les gens se disent que puisqu’il y a la paix actuellement, il ne sert à rien d’engager des actions ?

Mamadou Barry : cette situation dépasse le statut de l’UFDG. En fait, là, on est en train de parler de la citoyenneté. Et n’oublions pas qu’il y a des cadres qui sont en prison et qui ne sont pas de l’UFDG. Il y a des cadres du FNDC qui sont en prison…

Guineematin.com : mais, ce sont ceux de l’UFDG qui sont en grand nombre.

Mamadou Barry : on est parfaitement d’accord ; mais, d’abord et avant tout, c’est des citoyens guinéens qui sont en prison. Alors, au de-là de l’UFDG, il y a des citoyens qui sont là ; et, ces organisations parlent de citoyenneté, de droit de l’homme. Donc, l’idée est de faire qu’on sorte de ce clanisme pour dire qu’on va mettre l’UFDG d’un côté et le peuple de Guinée de l’autre. On a vu comment ça fonctionne depuis longtemps. L’idée, c’est de faire en sorte qu’il y ait une mobilisation de tout un chacun là où il est. Le médiateur de la République est là. Il y avait des mobilisations avant même qu’il y ait des discussions ou bien des échanges sur les manifestations, il y avait des anticipations de ces autorités auprès de la direction de l’UFDG pour dire : non, faites attention pour la paix. Mais, aujourd’hui, il y a des gens qui sont détenus et le médiateur de la République, on ne l’entend pas. Les religieux et les organisations de la société civile, on ne les entend pas. Les élus locaux, que ça soit de l’UFDG ou bien des autres partis politiques, qui sont des citoyens à la base, sont en mesure de dire que nous sommes dans une situation où il faut quand même qu’on progresse et voir dans quelle mesure on peut alléger cette crispation. Parce qu’on ne peut pas continuer à être crispé comme ça.

Guineematin.com : mais, est-ce que l’UFDG est allée vers ces structures pour demander leur implication ?

Mamadou Barry : on est allé vers eux et on va continuer à aller pour faire en sorte que des dispositions soient prises. Mais, il y a un handicap de taille qui fait en sorte que jusqu’à présent on n’arrive pas à résoudre ce problème de fermeture des bureaux de l’UFDG. On est dans cette situation où il n’y a aucune notification, aucune justification, aucune règle de droit qui amène cette fermeture des bureaux de l’UFDG. Donc, c’est ce qui fait que même les retrouvailles et les rendez-vous sont difficiles. Quand on ferme ton bureau, il est difficile d’initier ou d’organiser quoi que ce soit ou bien de faire des rencontres avec ces élus pour voir ce qu’il y a lieu de faire. Encore une fois, il est bon qu’on ait la possibilité de se retrouver, d’échanger et de voir dans quelle mesure quelque chose peut se faire. Mais, il y a des pré-requis qui font en sorte que la décrispation puisse être valable des deux côtés.  Mais, puisqu’il y a des gens qui sont en prison et qui sont privés de liberté, il faut commencer par ça et voir comment décrisper la situation.

Guineematin.com : aujourd’hui, votre souhait, c’est l’organisation rapide d’un procès de ces détenus ou bien c’est d’obtenir leur libération pure et simple ?

Mamadou Barry : l’idée est, dans un premier temps, qu’à partir du moment où le procès est retardé, il est souhaité que ces personnes recouvrent leur liberté pour retrouver leur famille en attendant. Il faut rappeler que ces cadres dont on parle aujourd’hui se sont livrés. On n’est pas allé les chercher. A partir du moment où ils se sont livrés, ça veut dire que le procès peut avoir lieu. Mais, en attendant ce procès, qu’on les élargisse pour qu’ils puissent être aux côtés de leurs familles, pour voir comment on peut commencer à décrisper ; et, ensuite on parlera du siège de l’UFDG pour voir comment des rencontres peuvent avoir lieu afin d’améliorer les choses.

Guineeamtin.com : votre message de la fin ?

Mamadou Barry : mon message, c’est de lancer un appel à toutes les personnalités, particulièrement aux élus de l’UFDG, que ça soit à Conakry ou bien les fédérations de l’intérieur et de l’extérieur, de voir dans quelle mesure il peut y avoir une mobilisation pour essayer de sensibiliser les uns et les autres. Parce que chacun peut quelque chose quelque part parce que nous ne devons pas oublier ces détenus politiques.

Guineematin.com : merci à vous.

Mamadou Barry : c’est moi qui vous remercie.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé et Alpha Fafaya Diallo

Tél : 622 68 00 41

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L’érudit de Kindia à Alpha Condé : « je le prie de libérer les détenus politiques »

15 mai 2021 à 7 07 06 05065
Abdoul Wakil Keïta, érudit de Kindia

En marge de la célébration de l’Aïd El Fitr, la fête marquant la fin du ramadan, avant-hier, jeudi 13 mai 2021, l’érudit de Kindia a adressé un message au président Alpha Condé. Elhadj Abdoul Wakil Keïta a demandé au chef de l’Etat guinéen de libérer les prisonniers politiques au nom de la paix et de la quiétude sociale en Guinée.

« Si le miséricordieux te fait du bien, à ton tour fais du bien aux démunis. S’il te donne de la puissance, du pouvoir, il faut le remercier, car il ne n’accorde pas cette faveur à tout le monde. Et quand il te confie une portion du pouvoir, il t’observe, car il sait que tu retourneras vers lui. Donc, à cette occasion, je dirai ceci à notre président Alpha Condé : je sais qu’il peut mettre en prison qui il veut et quand il veut.

Mais s’il pardonne, c’est ce qui est bon pour le pays, c’est ce qui renforce la cohésion nationale, le tissu social. Alors, pour la paix et la quiétude en Guinée, je le prie de libérer les détenus politiques.  C’est la Guinée qu’il doit regarder pour libérer ces détenus afin qu’il est la paix dans notre pays. On doit s’aimer et se pardonner pour que la Guinée bouge », a plaidé l’érudit Elhadj Abdoul Wakil Keïta.

De Kindia, Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

 Tel: 628518888

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Libération de 40 prisonniers politiques : Diabaty Doré parle d’une « simple opération de charme »

8 mai 2021 à 16 04 04 05045

Diabaty Doré, président du parti Rassemblement Pour la République

L’heure n’est pas à la réjouissance chez Diabaty Doré, président du Rassemblement Pour la République (RPR), après la libération de 40 prisonniers politiques qui étaient détenus depuis six mois à Conakry. Pour lui, le non-lieu prononcé en faveur de ces opposants au troisième mandat du président Alpha Condé n’est rien d’autre qu’une opération de charme. Il l’a dit dans un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, ce samedi 8 mai 2021.

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Libération de certains détenus politiques : Bah Oury s’en réjouit et demande l’accélération du processus

8 mai 2021 à 15 03 57 05575

Bah Oury, président du parti UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée)

C’est avec joie et espoir que Bah Oury accueille la libération de 40 personnes parmi les nombreux prisonniers politiques en Guinée. Après avoir bénéficié d’un non-lieu, 9 détenus ont été libérés la semaine dernière et 31 autres sont sortis de prison hier, vendredi 7 mai 2021. Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, le président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRG) a salué une bonne nouvelle, tout en appelant à l’accélération du dossier pour permettre aux détenus de recouvrer leur liberté.

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Libération de certains prisonniers politiques : « soyons vigilants », réagit Cellou Dalein

8 mai 2021 à 11 11 39 05395

Même s’il se réjouit de la libération de plusieurs détenus politiques, Cellou Dalein Diallo reste prudent face à cette décision. Le président de l’UFDG craint en effet que cela ne soit « une opération de communication » déclenchée par le gouvernement. C’est pourquoi, dans un message publié ce samedi 8 mai 2021, sur les réseaux sociaux, l’opposant a appelé à la vigilance.

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Tchad : la vraie cause de la disparition tragique d’Idriss Déby Itno

23 avril 2021 à 6 06 09 04094


Après la disparition tragique du maréchal Idriss Deby Itno, certains Africains, qui voient la main de la France derrière tous les soubresauts du continent, accusent directement l’ancienne puissance coloniale d’avoir orchestré l’assassinat du chef de l’Etat tchadien. Pour eux, les accords de défense qui lient le Tchad et la France auraient dû être appliqués pour bouter les rebelles hors du territoire tchadien.

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