Ibrahima Kalil Keita, préfet de Siguiri

« Ce sont des bandits, des voleurs qui se sont mêlés à la foule et qui ont fait des dégâts. Ce sont eux qui ont incendié, ce sont eux qui ont tenté de voler. J’avoue que la plus part des jeunes qui ont été blessés sont des gens qui voulaient voler du coté malien. Et, quand les responsables des deux camps ont parlé, on ne trouve aucun habitant de Kourémalé parmi ces gens qui volaient et qui ont été tirés par balles et par projectiles », a notamment expliqué le préfet de Siguiri, qui a reçu l’envoyé spécial de Guineematin.com hier, jeudi.

Comme annoncé dans nos précédents articles, des affrontements sanglants ont éclaté à la frontière Guinéo-Malienne, à Kourémalé, le dimanche dernier, 06 mai 2018. Des affrontements résultants du refus du commandant de la gendarmerie territoriale guinéenne de laisser entrer sur le sol guinéen un cortège de jeunes mariés ont fait « 64 blessés et deux morts, coté guinéen et 54 blessés dont 6 cas graves coté malien ». Pour le Préfet de Siguiri, ces malheureux incidents survenus à Kourémalé sont l’œuvre de « satan », rapporte un envoyé spécial de Guineematin.com à Siguiri.

Ibrahima Kalil Kéïta, préfet de Siguiri

D’entrée, Ibrahima Kalil Keïta a précisé qu’on ne peut pas parler d’affrontement entre guinéens et maliens, puisque qu’il s’agit d’un même peuple, mais qui a été séparé arbitrairement par le colonisateur. « Evidemment, comme vous venez de le dire, le dimanche 06 mai, il y a eu des incidents malheureux. Nous avons dit que c’est l’œuvre du sheytane (Satan) ; sinon, le début de l’évènement, c’est mariage. Un mariage est une occasion heureuse, deux jeunes se sont mariés à Kourémali-Mali, dans l’euphorie, un groupe de jeunes s’est engagé à accompagner ce couple en territoire guinéen. Malheureusement, le groupe a ignoré la frontière et surtout la présence des gendarmes. Lorsque les gendarmes ont voulu soumettre les éléments de ce groupe à un contrôle- ce qui nous parait normal puisque tout le monde sait que le Mali, dans sa partie Nord souffre de présence de djihadistes et c’est une gangrène qui peut atteindre beaucoup d’autres endroits-, les gendarmes ont voulu exercer ce rôle de vigilance ; mais, les jeunes qui voulaient traverser n’ont pas écouté. Au moment où le chef du poste de la gendarmerie discutait avec le chef de l’équipe, les jeunes gens ont commencé à insulter pères et mères, à jeter des cailloux et à forcer le passage. Ce qui était débordant. Lorsqu’ils ont forcé le passage, ils ont buté à un groupe de jeunes, qui les ont poussés, on a vu deux camions qui étaient du côté malien, les boutiques, les maisons, tout ce qui était là a malheureusement été incendié », a-t-il rappelé, se réjouissant tout de même des efforts de médiation entrepris par les autorités maliennes et guinéennes qui ont permis de ramener le calme dans cette zone.

Pour le préfet, Ibrahima Kalil Keïta, ces deux peuples ont toujours vécu dans l’entente et la fraternité ; mais, poursuit-il, ce qui s’est passé à Kourémalé n’est pas l’œuvre des autochtones, mais « ce sont des bandits, des voleurs qui se sont mêlés à la foule et qui ont fait des dégâts. Ce sont eux qui ont incendié, ce sont eux qui ont tenté de voler. J’avoue que la plus part des jeunes qui ont été blessés sont des gens qui voulaient voler du coté malien. Et, quand les responsables des deux camps ont parlé, on ne trouve aucun habitant de Kourémalé parmi ces gens qui volaient et qui ont été tirés par balles et par projectiles. Le troisième jour, nous avons été renforcés par l’arrivée de monsieur le ministre de l’Administration du territoire et de la décentralisation de la République de Guinée, le Général Boureima Condé qui s’est exprimé au nom des deux chefs d’Etats (Alpha Condé et Ibrahima Boubacar Keïta). Il a transmis un message fort. Comme on le connait, avec la verve et le vocabulaire qu’on lui connait, il a transmis le message des deux présidents, en présence des agents et la population des deux côtés », a ajouté le préfet.

De Siguiri, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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