Naby YoulaLe doyen Naby Youla, ancien ambassadeur et ancien conseiller du défunt président Lansana Conté est décédé la nuit du lundi à mardi 7 octobre à Conakry. Il était âgé de 94 ans. Guineematin.com vous propose, ci-dessous, l’hommage rendu à cette personnalité politique guinéenne par le président du parti GéCi, Fodé Mohamed soumah

La Guinée vient de perdre un de ses illustres fils en la personne de Naby Ibrahima Youla, né le 20 novembre 1918 à Kabak

Il fait partie des premiers intellectuels africains et réussit le concours d’entrée à l’école William-Ponty en 1934 au Sénégal.

Fraîchement diplômé en 1937, il se consacra à l’enseignement à Conakry puis à Boké, malgré son jeune âge qui fit de lui le plus jeune instituteur de la Guinée coloniale.

Il fut membre de cabinet ministériel durant la quatrième république en France puis Président des coopératives bananières de Guinée.

Après son exploit historique qui aura permis le rétablissement des relations franco-guinéennes en tant qu’envoyé spécial du Président de la République Sékou Touré en France, il devint tout naturellement le 1er ambassadeur de Guinée en France.

Ensuite, il fut nommé Secrétaire d’Etat à la Présidence chargé de l’Information, puis Secrétaire Général de l’Assemblée Nationale et Ambassadeur en Yougoslavie et en RFA.

Il fut condamné à mort par le Tribunal Révolutionnaire et vécu en exil forcé pendant 17 ans. Il ne rentra au pays qu’à l’événement du CMRN où il devint le conseiller spécial du Président de la République Lansana Conté.

Homme de lettres et de culture qui a officié dans le théâtre, la musique et le cinéma, il était aussi un sportif émérite qui parvint à faire fusionner les deux équipes rivales de l’époque au sein de la même entité dénommée le Racing Club de Guinée.

Il est mon oncle du côté de ma mère Hadja Ciré-Mouké Yansané et membre fondateur du Racing club de Conakry avec mon père Amara Soumah.

C’est une brillance intellectuelle, doublée d’un fort charisme qui a consacré sa vie au service de son pays et qui aimait faire partager ce pan de notre histoire en toute simplicité.

Dans une interview du 4 août 1999 accordée au journal la Lance, j’ai retenue l’humilité et la vision qui caractérisent la race des seigneurs et la marque de fabrique d’une certaine époque : « Je dis souvent que les meilleurs fils de ce pays ne sont plus. Ils sont morts. Ils sont partis. Je veux parler des plus intelligents et des plus valeureux. Je n’ai aucun mérite d’être encore là. Et je me dis si je suis encore ici, c’est peut-être parce que le tout puissant attend de moi que je délivre encore quelques messages. Et ces messages sont des messages de sagesse ».

Je présente mes condoléances attristées à sa grande famille et au peuple de Guinée.

Prions pour le repos de son âme et que le seigneur lui accorde son paradis céleste. Amen.

Fodé Mohamed Soumah

Président de la GéCi

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