Sommet de la CEDEAO à Ouagadougou, au Burkina FasoMalgré son silence (coupable ?) au moment où Blaise Compaoré se montrait sourd aux revendications du peuple Burkinabè, la mollesse et la timidité de sa réaction après la chute du dictateur Burkinabè, la CEDEAO tente de redorer son blason dans le dossier Burkinabè. Conduite par les les chefs d’Etat les plus représentatifs, les trois plus respectés de la sous région (Les Présidents John Dramani Mahama de la République Ghana Goodluck Emélé Jonathan de la République fédérale du Nigéria et Macky Sall de la République du Sénégal), la mission au sommet de la CEDEAO a pu rapprocher les positions au pays des Hommes intègres.

Voici le communiqué produit hier nuit (mercredi 5 novembre 2014) et qui aura sanctionné cette médiation réussie par les plus grands leaders de la sous région Ouest-africaine, très attendus aujoudr’hui au sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO à Accra, au Ghana, qui se déroulera aujourd’hui et demain :

Leurs excellences,

Les Présidents John Dramani Mahama de la République Ghana Goodluck Emélé Jonathan de la République fédérale du Nigéria et Macky Sall de la République du Sénégal,

Conformément à l’esprit et à la lettre du protocole AST1/2001 relatif à la démocratie et à la bonne gouvernance, son Excellence John Dramani Mahama, président de la République du Ghana et président en exercice de la CEDEAO, leurs excellences Goodluck Emélé Jonathan de la République fédérale du Nigéria et Macky Sall de la République du Sénégal, ont effectué le 5 novembre 2014 une visite de consultation à Ouagadougou en vue d’aider à la facilitation du dialogue politique suite aux récents évènements qu’a connus le Burkina Faso, à savoir la démission du Président Blaise Compaoré et la dissolution de son gouvernement.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont reçu le rapport de la mission conjointe d’évaluation Nations Unies, Union africaine, CEDEAO envoyée à Ouagadougou du 31 octobre au 5 novembre 2014. Ils se sont également concertés avec toutes les parties prenantes burkinabè, y compris les leaders des partis politiques, des représentants de la société civile, les chefs religieux et traditionnels ainsi que les forces armées nationales.

Ils ont également consulté le président et les membres du Conseil constitutionnel. A l’issue de ces concertations, les chefs d’Etat et de gouvernements ont pris note des opinions exprimées par toutes les parties prenantes qui ont marqué leur accord sur la nécessité de :

1 – La levée immédiate de la suspension de la Constitution, permettant au Conseil constitutionnel de déclarer la vacance du pouvoir et d’annoncer le processus de la mise en place d’un gouvernement de transition ;

2- La nomination urgente par consensus d’une éminente personnalité civile pour présider la transition ;

3 – La formation d’un gouvernement de transition pour une période d’un an ;

4 – L’organisation d’élections présidentielle et législatives d’ici novembre 2015 ;

5 – La garantie de la sécurité de tous les Burkinabè, y compris les leaders politiques, les membres du gouvernement et de l’Assemblée nationale sortants ainsi que la protection des droits des personnes et des biens ;

6 – La conduite de consultations inclusives entre les leaders des partis politiques, les représentants de la société civile, les leaders religieux et traditionnels ainsi que les forces armées nationales afin d’arrêter la structure et la composition des organes de transition.

Par ailleurs, les chefs d’Etat et de gouvernement ont rappelé l’important rôle que joue le Burkina Faso dans le cadre des efforts visant la paix et la sécurité globale, ainsi que la stabilité politique au niveau régional et continental, en particulier sa participation active dans les missions de maintien de la paix et les processus de médiation.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont lancé un appel à toutes les parties prenantes pour engager un dialogue en vue de définir une transition cohérente et consensuelle.

Ils ont exprimé leurs condoléances les plus attristées aux familles éplorées et leur sympathie aux victimes de l’insurrection du 30 octobre 2014.

Ils ont également exprimé leur profonde gratitude au lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida et à toutes les forces armées du Burkina Faso pour leur professionnalisme dans le maintien de la sécurité, de la loi et de l’ordre, ainsi que pour leur rôle positif dans la mise en place d’un processus de transition dirigé par une personnalité civile.

Les chefs d’Etat et de gouvernement ont convenu de rendre compte au sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO, prévu à Accra les 6 et 7 novembre 2014.

Fait à Ouagadougou, le 5 novembre 2014

Pour la délégation,

Le Président en exercice de la conférence des Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO

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