Mandiana hôpitalComme on le sait, le dimanche 25 janvier 2015, des affrontements ont éclaté à la frontière guinéo-malienne, précisément à Kountoumou, situé à environs 65 kilomètres du chef lieu de la préfecture de Mandiana et à 847 kilomètres de Conakry. Après avoir contacté plusieurs sources guinéennes et maliennes pour comprendre un peu plus sur les tenants et aboutissants de cet affrontement, Guineematin.com a finalement dépêché un reporter sur le terrain.

Après un tour à l’hôpital préfectoral de Mandiana, notre envoyé spécial n’a trouvé aucun blessé des affrontements aux frontières maliennes. Joint au téléphone par Guineematin.com, le médecin de l’hôpital préfectoral de Mandiana, Sidiki Condé, a affirmé avoir reçu sept (7) blessés, mais qui sont tous guéris et rentrés dans leur village, Yantanena…

Mandian préfet, Souleymane KéitaPremière personnalité rencontrée par notre envoyé spécial, le préfet de Mandiana, monsieur Souleymane Kéita, explique : « Les affrontements qui ont  eu lieu entre les deux communautés ont fait treize (13) blessés, côté guinéen, dont un grièvement… Et, du côté malien, il y a eu dix (10) blessés, dont un guinéen qui avait un contrat de travail dans ce territoire », a-t-il expliqué.

Revenant sur les origines du conflit, le préfet de Mandiana a fait savoir que la genèse du conflit part du premier régime, lorsque Sékou Touré imposait l’impôt en nature aux citoyens. A l’époque, le territoire était divisé en deux hameaux qui étaient séparés par une rivière. Tous les deux hameaux portaient le nom de Kountoumou, a dit le préfet à l’envoyé spécial de Guineematin.com à Mandiana.

Seulement, monsieur Souleymane Kéita a précisé que les deux localités ont connu d’autres appellations : Djélimala, côté guinéen,  la seconde s’est naturalisée malienne pour échapper au paiement de l’impôt imposé par Sékou Touré. Mais, les habitants vivaient toujours sur le sol guinéen.

Selon le Préfet de Mandiana « Le premier régime a pêché, en laissant les habitants de Kountoumou se naturaliser malien alors qu’ils sont toujours restés dans le territoire guinéen ».

Mandiana préfecturePour le préfet actuel de Mandiana, Sékou Touré aurait dû les chasser du territoire guinéen (Kountoumou), à partir du moment où ils se sont naturalisés maliens : « Les autorités maliennes réclament les localités de Kountoumou, parce qu’il y a une colline très riche en or dans cette localité. Les autorités maliennes avaient envoyé une société d’exploitation de la mine. Ils savent que si la localité de Kountoumou leur revient, alors, la colline en or leur reviendra aussi », a-t-il expliqué.

enfin, monsieur Souleymane Kéita reste ferme sur sa décision : « Tant que les autorités maliennes et guinéennes ne mettront pas une limite consensuelle pour dire que cette portion appartient, soit à la Guinée, soit au Mali, je ne céderais pas. Néanmoins, je travaille avec le Préfet malien pour éviter des nouveaux affrontements entre les deux communautés ».

De Mandiana, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com

Facebook Comments Box

Commentaires

Guineematin