complexe scolaire Le SalemPlusieurs fois reportée, c’est finalement le 09 novembre prochain que la rentrée scolaire 2015-2016 est encore fixée par le ministère de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation. Alors que les résultats définitifs de l’élection présidentielle (à cause de laquelle le gouvernement a motivé les multiples reports) sont attendus d’ici le 2 novembre 2015. Des mouvements sont-ils à craindre après ces résultats, comme l’expliquait le communiqué du gouvernement à la veille des résultats provisoires ? Ça, c’est une autre préoccupation. Mais, sur les lignes qui suivent, Guineematin.com vous propose les sentiments des parents d’élèves, victimes de la crise économique sans précédent et qui se battent pour réunir les conditions de la reprise des classes…  

Problème ! Alors que le fonctionnement des écoles publiques se dégrade et se pervertit, les écoles privées des marchés où les promoteurs imposent de nouvelles conditionnalités chaque année scolaire plus difficiles pour les parents d’élèves qui n’ont aucun moyen de recours, notamment face à des hausses exponentielles des frais de scolarité. Tout ceci se déroule au vue et au su du département…

Elhadj Ibrahim Barry a quatre enfants  dont trois au collège et une fille au lycée dans un établissement privé de la place. Désemparé, il ne sait plus à quel saint se vouer. « Pour les deux autres de la 10eme année, je dois payer  210 000 GNF  par mois. Et là, je suis aujourd’hui dos au mur ! J’ai trouvé une nouvelle direction avec des nouvelles conditions de payement inabordables. Pour cette nouvelle rentrée, malgré la préséance d’Ebola et la crise politique,  on me demande de payer  120 000 GNF  par mois  avec trois mois d’avance et 25 000 GNF comme frais de réinscription ; soit un total de 385 000 GNF pour mon fils qui doit faire la  12ème année. Pour mon enfant qui vient de  décrocher son examen d’entrée en  7ème année, on me demande encore 85 000 GNF. Ils exigent aussi une avance minimale de trois mois et 30 000 GNF comme frais de réinscription», a-t-il dit à Guineematin.com ce jeudi 29 octobre 2015.

Pout monsieur Barry, c’est surtout la direction de l’enseignement pré-universitaire privée qu’il faut dénoncer à cause de son manque de responsabilité de contrôle et d’arbitre.

«  S’il y a une telle pagaille dans un secteur, ce sont les responsables qu’il faut dénoncer. Beaucoup  parmi ces écoles privées ne répondent même pas aux critères pour l’autorisation d’ouvrir leurs portes. On devrait d’abord veiller à ça et éventuellement uniformaliser les frais de scolarité. Les directeurs et fondateurs n’ont pas de pitiés. C’est incroyables ce qu’ils nous demandent. Pas de  pitié, c’est l’argent qu’ils connaissent. Cette année, avec la  conjoncture actuelle que je vis dans mon service, et évidement avec ces nouvelles modalités, je suis obligé d’envoyer les plus grands dans le public et laisser le  benjamin qui vient d’ailleurs d’avoir son examen d’entrée en 7eme année dans le privé juste pour l’honorer», a-t-il dit.

Le groupe scolaire Houmy Abdoulaye n’a pas changé de prix depuis deux ans

Mamadou Aliou Camara est fondateur d’un groupe scolaire à Koloma 1, Houmy Abdoulaye : « C’est vrai qu’il y a certaines écoles privées qui ne pensent pas aux parents d’élèves. L’essentiel chez eux, est de réussir à toujours gagner plus d’argent. Ça fera deux ans cette année que nous n’avons pas changé les frais de scolaire dans notre école. Il faut savoir fidéliser les clients et partager les peines. Je gagne petit à petit des élèves et la confiance avec les parents d’élèves  ne fait que croître », a-t-il confié.

Si certains se soucient des frais de scolarité, d’autres par contre sont préoccupés par l’achat des fournitures scolaires de leurs enfants. Les  tenues couleur kaki se négocient entre 25 à 28 000 GNF par mètre, un paquet de cahiers de 100 ou 200 pages à 15 000 GNF, selon les zones et les humeurs des revendeurs.

C’est le cas de Mamadou Diop, journaliste à la RTG Boulbinet, père de deux enfants : «  Moi, je suis prêts pour la nouvelle rentrée. C’est pourquoi, je n’ai pas du tout apprécié ce report. Personnellement, je dirai qu’il n’était pas opportun de reporter la rentre scolaire, à partir du moment où l’élection du 11 octobre s’est bien déroulée, il n’y a pas eu de pagaille. Si je prends l’exemple sur l’année passée, il y a eu beaucoup de retards. Pour éviter que les mêmes retards se répercutent sur cette année scolaire 2015-2016, il n’était pas opportun de reporter la rentrée scolaire. Mais, cela n’empêche, on se prépare pour le 9 Novembre ».

directeur national adjoint de l’Enseignement privé, Djiguiba SackoEnfin, le directeur national adjoint de l’Enseignement privé, Djiguiba Sacko, a accepté de nous recevoir dans son bureau. Tout d’abord, monsieur Sacko a bien voulu nous donner les statistiques des écoles privées en Guinée : 1 717 écoles privées agrées dont les 58% se trouvent à Conakry et dans les zones minières.

Sur les accusations contre sa direction, monsieur Djiguiba Sacko a expliqué : « le Ministère de l’Enseignement pré-universitaire n’intervient pas dans la fixation des frais de scolarité dans les écoles privées. Chaque école privée, selon la qualité de l’enseignement, selon la qualité de ses infrastructures, fixe les frais scolaires. Ces frais varient d’une école à une école. Une école qui pense qu’elle fait mieux, qu’elle donne les meilleurs résultats est généralement beaucoup plus chère que les autres… ».

En dépit de toutes ces difficultés, le directeur national adjoint de l’Enseignement privé a indiqué que la formation des enfants dans les écoles privées répond à leurs attentes.

Yacine Sylla pour Guineematin.com

Tél. : (+224) 628 71 71 56

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