Aboubacar Soumah sur le recensement des enseignants : « ils sont en train de saboter pour voiler les fictifs »

20 avril 2019 à 18 06 31 04314

L’assainissement du fichier des enseignants et la prochaine fête internationale du travail, qui sera célébrée le 1er mai, ont dominé les débats à l’occasion de l’assemblée générale du SLECG (Syndicat libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée) de ce samedi 20 avril 2019. Aboubacar Soumah a mis l’occasion à profit pour informer les syndiqués de la suite du recensement et des dispositions à prendre pour que la fête du travail soit belle, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le secrétaire général du SLECG, Aboubacar Soumah, est revenu sur l’assainissement du fichier des enseignants. « Dans le cadre de l’application du protocole d’accord concernant nos 8 millions de FG, on est en train de poursuivre l’assainissement. Mais, comme l’administration scolaire est en train de prendre toutes les dispositions pour essayer de voiler les fictifs, nous allons voir. Parce que, à notre calcul, si on nous permettait de découvrir tous les fictifs, on serait parti au-delà des 8 millions.

Mais, comme ils sont en train de saboter pour essayer de voiler ces fictifs, parce qu’ils vivent de ça, c’est un réseau très fort une mafia puissante qui est entrain de se servir à travers les fictifs là. Si toute fois, suite à l’assainissement, on n’arrive pas à être satisfait et dans un délai de rigueur, nous allons déclencher la grève et cette fois-ci, elle ne s’arrêtera que lorsqu’on aura obtenu nos revendications », a martelé Aboubacar Soumah.

En outre, Aboubacar Soumah s’est penché sur l’organisation prochaine de la fête des travailleurs. Selon lui, elle sera une occasion pour eux de se mobiliser afin de prouver au monde qu’ils sont prêts à se battre ensemble pour l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail. « L’année passée, on n’était pas invités. Mais, par la force de notre mobilisation, on s’est fait inviter et on s’est imposé. Cette année, c’est nous qui organisons mais sur fond de crise. Cette fois-ci, la CNTG et l’USTG de Mamou sont entrain de préparer ces festivités ensemble.

Mais, le ministre du travail, qui a rencontré toutes les centrales, souhaite que toutes les centrales soient ensemble pour la célébration de cette fête. Ce que nous autre centrale avons accepté. L’USTG, plus les 11 autres centrales, nous avons mis en place une dynamique qu’on a dénommée Mouvement Syndical Guinéen. Nous avons envoyé une délégation vers la CNTG pour que soyons ensemble dans cette dynamique. Ils avaient dit qu’ils allaient nous revenir mais jusqu’à nos jours, ils ne sont pas revenus nous voir pour nous donner leur position par rapport au mouvement syndical que nous avons mis en place.

Donc, nous ne sommes pas certains que nous serons ensemble lors de la fête du 1er mai. On vous a invités pour vous rendre responsables, pour qu’au niveau de toutes les écoles, il y ait une grande mobilisation, pour qu’on prouve que nous sommes des travailleurs dignes de ce pays. Nous invitons tout le monde, à travers notre mobilisation, qu’on sache que nous sommes déterminés et que nous ne sommes pas prêts à reculer. Nous nous battrons toujours dans le cadre de l’amélioration de nos conditions de vie et de travail », a-t-il laissé entendre.

Salimatou Diallo pour Guineematin.com
Tél:224623532504

Lire

FEG 2019 : Lansana Komara se félicite de la réussite de l’événement

20 avril 2019 à 10 10 55 04554

Les rideaux sont tombés sur la troisième édition du Forum de l’Etudiant Guinéen (FEG). L’événement a été clôturé dans la soirée d’hier, vendredi 19 avril 2019, au Palais du peuple de Conakry. C’est le ministre de la Justice, maître Cheick Sako qui a représenté le chef de l’Etat à cette cérémonie, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

A cette occasion, le ministre de l’enseignement technique, de la formation professionnelle, de l’emploi et du travail a porté le message des trois ministres en charge du système éducatif guinéen, qui ont co-organisé ce forum. Lansana Komara a rappelé de quoi il a été question au cours de ses trois jours de travaux. « Le Forum de l’Etudiant Guinéen s’érige en véritable cadre de dialogue et de concertation autour des questions liées aux enjeux et aux défis du système éducatif.

Trois jours de rencontres, de conférence-débats, d’ateliers, de concours et d’expositions pour un même but : informer sur les profils du lycée et les métiers qui en découlent, informer sur les programmes de nos institutions d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, informer sur les filières et métiers liés à l’enseignement technique et la formation professionnelle, informer sur les opportunités d’emploi et les offres des institutions partenaires en Guinée », a-t-il déclaré.

Pour le ministre, « ce forum aura permis d’engager des réformes profondes sur les défis majeurs liés à la formation et à l’éducation de notre jeunesse, à l’amélioration des conditions de travail des apprenants, à la formation des formateurs, à l’innovation technique et technologique, à l’amélioration de l’accès à la formation, à l’équité ainsi qu’à l’entrepreneuriat jeune dans un contexte mondial de plus en plus exigeant.

La contribution des élèves et étudiants dans le processus de développement ainsi que celle des filles et femmes dans les sciences et techniques ont également été abordées comme un autre défi majeur à relever. La problématique de la nécessité d’ouvrir des lycées techniques a été posée comme un facteur important dans la préparation des apprenants, désireux d’aller vers la formation technique et professionnelle ».

Ensuite, Lansana Komara a fait savoir que les débats sont loin d’être clos après les trois jours consacrés au FEG. Car, dit-il, « les débats doivent se poursuivre dans les établissements de formation et dans les espaces dédiés à un esprit critique et constructif pour aboutir à des solutions idoines permettant à notre système éducatif d’être performant, d’offrir des meilleurs perspectives de métier, d’emploi et qui contribuent ainsi à un meilleur épanouissement des jeunes.

Tous les acteurs du système éducatif, en concertation avec les entreprises, doivent conjuguer leurs efforts pour la construction de programmes d’enseignement et de formation adaptés au besoin du marché. Nous devons tous ensemble nous atteler à relever ces grands défis en assurant une meilleure synergie de nos actions », a dit Lansana Komara.

Représentant le président de la République à cette rencontre, Me Cheick Sako, ministre de la Justice a félicité les organisateurs du Forum de l’Etudiant Guinéen. « Je voudrais d’ores déjà, exprimer ma profonde satisfaction et surtout féliciter les ministres Abdoulaye Yéro Baldé, Lansana Komara et Mory Sangaré pour la réussite sans surprise de cette troisième édition du Forum de l’Etudiant Guinéen. Voyez-vous, aucun pays ne peut se développer à l’absence de ses propres fils. On l’habitude de dire souvent chez nous, un pays qui oublie ses enfants, qui oublie sa jeunesse, c’est un pays en perdition.

C’est pourquoi, il y a une nécessité absolue d’investir en vous jeunes gens afin de disposer d’une ressource humaine qualifiée et surtout diversifiée. Ce forum qui nous réunit s’inscrit dans ce noble objectif. Et c’est pourquoi, davantage d’attention devait être accordée à sa pérennisation. J’insiste sur le mot pérennisation messieurs les ministres qui sont là. Quand on utilise le vocable pérennisation, j’entends par là une habitude de faire des choses bien dans ce pays, de façon cyclique », a-t-il lancé.

Il faut rappeler que cette cérémonie de clôture du FEG 2019, a été marquée par la finale du concours d’éloquence remportée par la commune de Ratoma face à celle de Matam, la remise des prix aux lauréats du concours en Mathématiques mais aussi par une prestation époustouflante de l’artiste One Time et du groupe Banlieuzard. D’autres prix ont également été décernés aux trois ministres en charge de l’éducation mais aussi aux partenaires financiers qui ont accompagné ce forum.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com
Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

Lire

Université de Kankan : il n’y a pas eu cours malgré la suspension de la grève par le SNAESURS

19 avril 2019 à 13 01 53 04534

Comme annoncé sur Guineematin.com, le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS) a décidé hier jeudi de suspendre le mot d’ordre de grève générale et illimitée. Mais, faute de communication, les enseignants-chercheurs ne sont pas allés donner cours ce vendredi, 19 avril 2019, à l’université Julius Nyéréré de Kankan, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Tôt ce vendredi, étudiants et responsables se sont présentés dans l’enceinte de l’université de Kankan. Ils ont pris part à la montée des couleurs. Les étudiants sont allés dans les salles de classe. Malheureusement, aucun professeur ne s’est présenté.

Selon nos informations, ce n’est que ce vendredi matin que le bureau local du SNAESURS a été informé de la suspension de la grève par l’intermédiaire du secrétaire général de l’Université, Ansoumane Traoré. Monsieur Traoré n’aurait reçu la note de suspension de la grève que vers 22h dans la nuit d’hier.

Approché par notre reporter, le secrétaire général de l’Université Julius Nyerere de Kankan n’a ni confirmé, ni infirmé cette information. Il a plutôt suggéré d’aller rencontrer les syndicalistes.

Le secrétaire général adjoint du bureau local du SNAESURS, Sékou Fatoumata Condé, a préféré posé un lapin à notre reporter. Après avoir donné rendez-vous à notre reporter, monsieur Condé à préféré s’éclipser, tout en fermant son téléphone.

A rappeler que certains enseignants ont qualifié de trahison « la suspension d’une grève qui n’a même pas commencé ».

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA, pour Guineematin.com

Tél : 00 224 627 24 13 24

Lire

Alpha Condé avertit les enseignants : « je n’ai pas peur des grèves, des manifestations »

17 avril 2019 à 20 08 22 04224

Présidant l’ouverture des travaux de la troisième édition du Forum de l’Etudiant Guinéen (FEG) ce mercredi, 17 avril 2019, à Conakry, Alpha Condé a remué le couteau dans la plaie des enseignants. Le chef de l’Etat a, une nouvelle fois, dénoncé vigoureusement le faible niveau de certains formateurs. Le président de la République a promis donc l’assainissement du secteur, annonçant qu’il n’a peur ni des grèves ni des manifestations qui peuvent en résulter, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

« Nous avons fait une dictée au niveau des enseignants, dictée du niveau de CE2. On a mis 20 fautes. Sur 700 enseignants, 70% n’ont pas trouvé les 20 fautes. Et sur les 70 %, 25 ont ajouté des fautes. Alors, comment peut-on enseigner quelqu’un qui est au CM2 quand on ne peut même pas corriger une dictée de CE2 ? Voilà le véritable problème. Donc, la formation des formateurs est un problème fondamental. On doit avoir le courage, dire que ne pourrons enseigner, que des gens qui sont sortis des Ecoles Normales d’Instituteurs, des gens qui sont sortis des écoles professionnelles. Il faut avoir ce courage.

Un gouvernement n’est pas à la traîne de l’opinion, mais il doit orienter l’opinion. On ne doit pas avoir peur de l’opinion, il faut qu’on se dise la vérité. Il y a beaucoup d’enseignants qui n’ont pas le niveau. Il faut que désormais les gens qui doivent enseigner à l’école primaire, soient des gens qui sont sortis de l’école des instituteurs. Même si c’est la bagarre ou les grèves on fera face. On ne veut plus d’un enseignement au rabais. Un gouvernement doit avoir le courage de se battre pour son pays. Tant que moi je serai président, je n’ai pas peur des grèves, je n’ai pas peur des manifestations. On fera ce qui est dans l’intérêt de la Guinée, c’est-à-dire, donner aux élèves, aux étudiants, des enseignants qui ont le niveau »

Ensuite, Alpha Condé a reconnu que le gouvernement doit construire des écoles à l’intérieur du pays pour que les enfants puissent bénéficier de la même éducation que ceux de la capitale. Mais à ce niveau aussi, il fustige l’attitude de certains enseignants mutés à l’intérieur et qui refusent de s’y rendre. « Il ne s’agit pas de construire des écoles s’il n’y a pas d’enseignants. Or, les enseignants doivent signer un engagement pour dire que dans les 5 et les 10 premières années, ils vont servir à l’intérieur du pays, non pas à Conakry. Il faut qu’on ait le courage de prendre à bras le corps le système éducatif sans avoir peur ni des étudiants, ni des enseignants, ni des syndicats, ni de personne. Mais faire ce qui est dans l’intérêt de ce pays à travers une jeunesse qui sera à la hauteur demain ».

Enfin, le professeur Alpha Condé a encouragé le développement de l’enseignement technique dans notre pays. « Il est extrêmement important que nous développions l’enseignement technique. Parce que l’économie n’a pas besoin que seulement des ingénieurs mais elle a besoin des gens qualifiés dans tous les secteurs. Et ensuite, à côté des métiers traditionnels, nous avons ce vous appelez aujourd’hui les nouveaux métiers. C’est l’avantage des Ecoles Régionales des Arts et Métiers (ERAM). Donc, nous devons qualifier l’enseignement professionnel pour ne laisser aucun enfant de la Guinée au bord de la route parce que tout le monde ne peut pas aller à l’université. Au lieu qu’ils n’arrêtent les cours parce qu’ils ne peuvent pas aller à l’université, il faut qu’ils aient des écoles professionnelles, des centres d’apprentissage qui leur permettent d’être utiles à eux, à leurs familles mais aussi à la nation ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77 / 662 73 05 31

Lire

FEG 2019 : Alpha Condé appelle à une « orientation autoritaire » des bacheliers

17 avril 2019 à 18 06 12 04124

Le président Alpha Condé a procédé, ce mercredi 17 avril 2019, à l’ouverture officielle de la troisième édition du Forum de l’Etudiant Guinéen (FEG). A cette occasion, le chef de l’Etat guinéen a appelé, au cas échéant, à une « orientation autoritaire » des bacheliers, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

La cérémonie d’ouverture officielle de ce forum a réuni, au Palais du peuple de Conakry, des responsables des institutions d’enseignement supérieur publiques et privées du pays, des membres du gouvernement, des ambassadeurs ainsi que de nombreux élèves et étudiants.

Abdoulaye Yéro Baldé

Une occasion mise à profit par Abdoulaye Yéro Baldé, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, pour rappeler la genèse de cet événement. « L’idée du Forum de l’Etudiant Guinéen émane d’un constat simple : nos élèves et étudiants ont très souvent des difficultés à s’orienter dans les institutions d’enseignement supérieur, technique et professionnel, une fois le Bac obtenu. C’est pourquoi, les ministères en charge du système éducatif de notre pays ont conjointement porté cette initiative. Le Forum de l’Etudiant Guinéen est un donc un espace unique, une plateforme destinée à fournir aux futurs bacheliers et étudiants guinéens, plus d’informations sur les programmes de formation, les conditions d’orientation, les cursus, les filières porteuses, les diplômes et les débouchés en termes d’emploi et d’auto-emploi. Le Forum s’inscrit donc dans le cadre de la qualification, de la formation des élèves et étudiants guinéens dans un monde ouvert et en perpétuel mutation », a-t-il dit.

Le ministre a, ensuite, annoncé le programme de cette troisième édition. « Vous aurez cette année, en plus des traditionnels panels, ateliers de formation, prestations scéniques pour ne citer que ceux-là, de Masters Class dont l’un sera animé, avec sa permission, par le monsieur le président de la République. Au cours de ce Master Class en présence de 150 à 200 élèves et étudiants, dont certains sont venus de l’intérieur du pays, il parlera de son parcours et leur prodiguera des conseils. C’est dans ce cadre que nous avons invité également, l’honorable Charles Fall (député américain) dont les parents sont d’origine guinéenne. Nous souhaitons qu’il partage avec les élèves et étudiants son parcours très particulier. En plus du concours de Mathématiques entre lycées et universités, le concours d’éloquence entre les établissements d’enseignement secondaire des cinq communes de la capitale, les ateliers de codage dans le domaine informatique et la remise du prix de l’excellence aux filles, femmes qui excellent dans le domaine des sciences et la technologie, dans l’ingénierie et les mathématiques, seront les nouveautés dans ce forum », a fait savoir Abdoulaye Yéro Baldé.

Djalikatou Diallo

Représentant les élèves et étudiants de la République de Guinée à cette cérémonie, Djalikatou Diallo, élève en classe de 11ème année Sciences Mathématiques au lycée des Jeunes Filles, a formulé des doléances à l’endroit du président de la République. Il s’agit entre autres de : « l’amélioration des conditions de vie et d’étude des étudiants, la création de bibliothèques modernes nous permettant de faire des recherches à caractère scientifique, l’octroi des bourses d’étude aux meilleurs sortants de chaque université pour la poursuite de leurs études en Master et la formation continue de nos formateurs ».

Prenant la parole, le président Alpha Condé a salué le thème de ce forum qui est « Choisir sa filière ». Pour le chef de l’Etat guinéen, il est très important d’éclairer la lanterne des étudiants sur la question, et au cas échéant, les obliger à choisir des filières qui correspondent à leur profil.

« L’Etat doit prendre la responsabilité d’accompagner les élèves sortis du secondaire pour leur orientation. C’est très bien ce que vous faites, de les informer sur les différentes possibilités. Cette action pédagogique est extrêmement importante. Mais aussi, il y a une deuxième action pédagogique, c’est de rencontrer des étudiants, leur expliquer en fonction de leurs capacités dans telle ou telle matière, quel est leur intérêt.C’est-à-dire, s’ils sont très forts en physique ou autre, vous pouvez leur dire d’aller dans tel secteur. Il y a une troisième phase qui est de la responsabilité de l’Etat. Lorsque l’action pédagogique ne réussit pas, l’Etat doit prendre la responsabilité d’une orientation autoritaire. C’est-à-dire, orienter de façon autoritaire dans tel secteur parce que c’est ce qui correspond à leur profil. Ça, il faut que le gouvernement ait le courage de le faire. Ça ne plaira pas aux étudiants mais c’est notre devoir de le faire », a lancé Alpha Condé.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

Lire

Enseignement Supérieur : le SNAESURS annonce une grève à partir du 19 avril

17 avril 2019 à 15 03 05 04054
Baaba Mansaré, Secrétaire général du SNAESURS

Le secteur de l’Enseignement Supérieur guinéen risque d’être paralysé dans les prochains jours. Le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS) décide de déclencher une grève générale et illimitée à partir du vendredi, 19 avril prochain. Il l’a annoncé ce mercredi 17 avril devant la presse.

Le syndicat justifie sa décision de paralyser l’ensemble des institutions d’enseignement supérieur et de recherche du pays par la non-obtention d’un dialogue avec l’inspection générale du travail, autour des 14 points de revendications contenus dans son préavis de grève adressé récemment aux autorités.

Guineematin.com vous livre ci-dessous l’avis de grève du SNAESURS

AVIS DE GREVE

Baaba Mansaré

Le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique,

  • Vu le congrès constitutif du Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique du 09 Mai 2018 ;
  • Vu la feuille de route assignée au Bureau Exécutif National en date du 09 Mai 2018 par les congressistes;
  • Vu la lettre N0044/METFP-ET/CAB/18 en date du 18 janvier 2019 portant assainissement du fichier des fonctionnaires enseignants ;
  • Vu la lettre N0004 en date du 16 Mars 2019 adressée au président de la commission du recensement du personnel enseignant de l’Education relative à la position du Syndicat National Autonome de I ‘Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique •
  • Vu la non-participation du Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique à la grève et à la signature du protocole d’accord du SLECG- USTG-

GOUVERNEMENT ;

  • Vu la non-conformité de la liste des agents recenseurs indépendants fournie par le président de la commission de recensement des enseignants au SNAESURS avec celle des agents déployés sur le terrain;
  • Vu la présence des agents recenseurs non indépendants dans IES et CRS

Le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique exige :

1- Le retour, l’amendement (par l’insertion des assistants / attachés de recherche) et l’application de l’arrêté conjoint NO 2356 MERS/MEF/CAB la 04/08/2017 portant revalorisation des primes, indemnités et avantages spéciaux accordés aux enseignants- chercheurs et chercheurs (Professeurs et Directeurs de Recherche / Maîtres de Conférences et Maîtres de Recherche, Maîtres Assistants et Chargés de Recherche) ;

2-Le recensement dans les IES et CRS avec des agents indépendants sous la supervision du SNAESURS •

  • La publication immédiate de l’arrêté d’engagement des 451 homologues avec une prise en charge à partir de Janvier 2019;
  • La publication immédiate de l’arrêté d’abrogation du licenciement les 7 enseignants chercheurs de l’Université de Kindia ,
  • Le relèvement de l’âge de la retraite de 65 à 70 ans de tous les enseignants chercheurs et chercheurs de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ;
  • L’augmentation de deux grades pour les détenteurs de Master, de DEA et trois grades pour les Doctorats ou tous autres diplômes équivalents en plus des trois et cinq grades respectivement accordés par le décret N0044 du 1 er avril 1996 ;
  • Le déblocage des avancements annuels et la correction des erreurs de la transposition de 2016 en tenant compte de l’ancienneté ;
  • Le non-retour des enseignants mutés par nécessité de service qui ont refusé de rejoindre leurs postes ;
  • Le retour de la ligne investissement dans les IES et les CRS ;
  • Le retour de la ligne de recherche dans les Institutions pour faciliter les activités de recherche ;
  • Le paiement de l’assistance aux enseignants- chercheurs en formation sur place
  • L’amélioration du traitement salarial des contractuels à 150%, leur immatriculation à la Caisse Nationale de la Sécurité Sociale (CNSS), puis rendre permanant le contrat de tous ceux qui ont fait plus de deux (02) ans dans les IES et CRS ;
  • La mise en place d’une commission tripartite composée de la CRDG, du Syndicat SNAESURS et du Département pour rendre plus efficace la gestion du fond de formation des formateurs.

Le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS) décide de déclencher une grève générale et illimitée dans toutes les Institutions d’Enseignement Supérieur et les Centres de Recherches Scientifiques à compter du Vendredi, 19 avril 2019.

Le SNAESURS invite tous les travailleurs des IES et CRS à observer ce mot d’ordre de grève jusqu’à la satisfaction effective des différents points de revendication.

NB : Le mot d’ordre de grève ne sera suspendu ou levé qu’après consultation des différentes structures de base du SNAESURS.

AMPLIATIONS

MESRS : 01

METFP-ET : 01

NENA : 01

MFP : 01

IGT:OI

PRIMATURE : 01

PRG : 01

CRDG : 01

CDGIRSD : 01

CES : 01

Lire

CFP Donka : « nous utilisons des machines commandées au temps de Sékou Touré »

16 avril 2019 à 6 06 20 04204

Vieux de près d’un demi-siècle, le Centre de Formation Professionnelle (CFP) de Donka, dans la commune de Dixinn, continue à évoluer avec des machines plus que jamais dépassées. Certaines d’entre elles datent de la période de la Révolution, le régime de Sékou Touré. A ce manque criard de matériels, s’ajoutent d’autres difficultés d’ordre pédagogique et financier.

Pour évoquer ces difficultés, un reporter de Guineematin.com s’est entretenu hier vendredi, 12 avril 2019, avec Elhadj Alghassimou Diallo, chef d’atelier de la section Menuiserie dudit CFP. Notre interlocuteur a saisi l’occasion pour énumérer une panoplie de tares qui minent ce centre, créé dans les années 1970.

Guineematin.com : faites-nous un bref rappel historique de la création du Centre de Formation Professionnelle de Donka.

Elhadj Alghassimou Diallo : avant ce centre, c’était le collège et le lycée technique qui étaient ici. Ce n’était pas un centre de formation professionnelle. C’est en 1975 qu’on a supprimé le collège et le lycée technique. On les a transformés en Institut Polytechnique Secondaire(IPS). De 1975 jusqu’en 1984, nous avons fonctionné comme Institut Polytechnique Secondaire.

A la prise du pouvoir par l’armée, les programmes de formation ont été modifiés et les noms aussi ont changé. De l’Institut Polytechnique Secondaire, nous sommes revenus au Centre de Formation Professionnelle (CFP). Et depuis ce temps jusqu’à nos jours, c’est ce centre qui fonctionne.

Guineematin.com : quelles sont les difficultés que vous rencontrez aujourd’hui ?

Elhadj Alghassimou Diallo : les difficultés que nous rencontrons ne sont pas particulières au CFP Donka. C’est des difficultés générales pour tous les centres de formation professionnelle. Ces difficultés peuvent être d’ordre pédagogique, de formation et de financement.

Ces difficultés commencent, s’il faut le dire, du recrutement de nos enfants. On nous envoie des enfants qui ne sont plus à l’école. Celui qui ne réussi pas son entré en 7ème année, celui qui ne réussi pas son brevet ou son baccalauréat, ou les enfants qui ont abandonné les études depuis longtemps et que la famille veut qu’ils fassent quelque chose, on les envoie au CFP.

En général, ces enfants n’ont pas de niveau. Et si l’enfant n’a pas de formation académique qui s’adapte au programme, tu vas beau lui expliquer, il comprendra difficilement.

La deuxième difficulté est d’ordre pédagogique, propre à nous professeurs de l’enseignement technique. Au niveau de l’enseignement technique, le corps professoral vieilli. Les techniciens d’avant, qu’on avait engagés dans la formation professionnelle, qu’on a formés pédagogiquement pour enseigner à l’enseignement technique, ce groupe vieilli. Et, on n’a pas cherché la relève.

Maintenant, la relève qu’on est en train de chercher, leur niveau académique est très faible, à plus forte raison la formation pratique. Parce que, pour un enseignant technique, il faut avoir une formation académique, pratique et pédagogique. Si ces trois formations ne se complètent pas, tu ne donneras pas une formation adéquate.

La troisième difficulté est d’ordre financier. Je peux dire que c’est un cas général pour tous les centres. L’enseignement technique coûte cher. Puisque nous avons la formation théorique et la formation pratique, la formation théorique n’a pas un coût. Mais, la formation pratique a toujours des coûts, puisqu’il faut payer du matériel, il faut payer de l’outillage, etc.

Le financement pour les travaux pratiques, pour permettre aux élèves de pratiquer, fait défaut. On ne peut pas dire qu’il n’existe pas, mais il est très faible. Le budget que le département alloue à ces centres de formation est très faible. Ça ne permet pas aux gérants des centres de formation de pouvoir satisfaire les besoins de chaque section en matière de formation pratique.

Guineematin.com : est-ce que les machines que vous utilisez répondent à vos besoins actuels ou bien c’est des machines obsolètes que vous utilisez ?

Elhadj Alghassimou Diallo : nous utilisons les machines du premier régime ici à Donka. Les machines que nous utilisons ici, ont été commandées au temps de Sékou Touré. Ce sont ces machines que nous utilisons jusqu’à présent. Donc, je ne peux pas vous dire combien de fois elles sont vieilles. Elles sont fatiguées. Tout le régime de Lansana Conté, elles n’ont pas été renouvelées.

Et Alpha Condé est venu, mais jusqu’à présent, ça n’a pas été renouvelé. C’est avec ces machines que nous nous débrouillons. Il y a eu tellement de modifications, pour que les machines puissent fonctionner, certaines n’ont plus leurs pièces d’origine.

Guineematin.com : quel message avez-vous alors à lancer à l’endroit du département de l’enseignement technique ?

Elhadj Alghassimou Diallo : nous leur demandons de revoir les programmes de formation. Les programmes de formation que nous avons actuellement datent de très longtemps et la science évolue. Nous leur demandons de financer la formation. La formation technique, si elle est bien gérée, en 5 ans, elle peut s’autogérer à 80%. Donc, c’est de chercher à réorganiser et à financer l’enseignement technique.

Propos recueillis Saidou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel: 620 589 527/654 416 922

Lire

Suspension de la grève : voici l’essentiel de l’AG du SLECG (vidéo)

11 avril 2019 à 11 11 37 04374

A l’occasion de l’assemblée générale extraordinaire de ce jeudi, 11 avril 2019, à son siège, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) a suspendu la grève générale déclenchée hier. Aboubacar Soumah a alors demandé à tous les enseignants et chercheurs de la Guinée de reprendre les cours demain, vendredi, sur toute l’étendue du territoire national.

En attendant de revenir sur cette importante assemblée générale des enseignants et chercheurs de Guinée, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la déclaration du leader du SLECG, le camarade Aboubacar Soumah en vidéo :

Du Siège du SLECG, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Lire

Education : le Forum de l’Etudiant Guinéen 2019, lancé à Conakry

10 avril 2019 à 18 06 10 04104

La troisième édition du Forum de l’Etudiant Guinéen (FEG) a été lancée officiellement ce mercredi, 10 avril 2019, à Conakry. C’est une conférence de presse commune des trois ministres en charge du système éducatif guinéen, animée à l’Université Nongo Conakry (UNC), qui a donné le coup d’envoi de ce rendez-vous annuel, dont les activités démarrent le 17 avril prochain, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les ministres Abdoulaye Yéro Baldé de l’Enseignement Supérieur, Mory Sangaré de l’Education Nationale et Lansana Komara de l’Enseignement Technique, ont animé cette conférence pour annoncer les couleurs de l’événement. Au nom de ses collègues, Abdoulaye Yéro Baldé, ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, a rappelé que « le Forum de l’Etudiant Guinéen est un projet initié et piloté par les Ministères en charge du système éducatif guinéen, destiné à fournir aux futurs bacheliers et étudiants du pays, plus d’informations sur les programmes, les conditions d’orientation, les cursus, les diplômes mais surtout les débouchées ».

Parlant des deux précédentes éditions, le chef du département de l’Enseignement Supérieur a confié que le « bilan est élogieux. D’abord par la taille de la mobilisation des élèves et étudiants qui constituent la première cible du FEG, mais aussi, la forte implication des Institutions d’Enseignement Supérieur Publiques et Privées, des Centres de Recherche et Documentation, ainsi que les acteurs incontournables du monde de l’insertion socioprofessionnelle des jeunes que nous formons.

Abdoulaye Yéro Baldé

Dans un premier temps, cette mobilisation de plus de vingt mille (20.000) élèves et étudiants a permis aux participants de profiter pleinement de l’expérience et de l’expertise des conférenciers et panélistes. Dans un second temps, nous, en tant qu’autorités du système éducatif, de mesurer les impacts de nos réformes dans l’écosystème de l’éducation de notre pays, et surtout d’évaluer la fiabilité de nos programmes de formation afin de les adapter aux besoins du marché de travail. La présence de huit (08) universités étrangères, trente (30) centres de recherche et de documentation et d’une trentaine d’entreprises a permis le succès de ce rendez-vous annuel ».

En ce qui concerne le FEG 2019, Abdoulaye Yéro Baldé a indiqué que « cette édition se démarque par l’insertion au programme, de Masters class, animés par son Excellence monsieur le président de la République et quelques membres du gouvernement. Au cours de ses Masters class, le président de la République parlera de son parcours, des grandes réalisations et perspectives de la troisième République.

Je vous informe que nous aurons, à l’occasion de ce forum, un invité d’honneur qui sera le député américain dont l’origine est guinéenne de par ses parents et qui vient d’être élu comme congressiste man dans l’Etat de New York. Il s’appelle Charles Fall. Quant aux ministres, ils présenteront leurs parcours, leurs départements et les opportunités de métiers qui leur correspondent. En plus de l’habituel concours mathématiques, celui de l’éloquence sera également organisé entre les établissements d’enseignement secondaire », a annoncé le ministre.

Après avoir suivi les explications des ministres, les étudiants présents à cette conférence ont salué l’initiative et promis leur implication pour la réussite du FEG 2019. Et pour ce faire, Mariama Ciré Bah, présidente du bureau des étudiants de l’UNC, a demandé au gouvernement « la mise en place d’un conseil d’orientation afin d’aider et guider les élèves dans leurs orientations post Bac. A ce titre, le présent forum est la bienvenue, car c’est un espace privilégié d’information, de découverte sur le choix des études et les opportunités qui peuvent s’offrir aux étudiants et élèves dont le but est de les orienter efficacement dans leur plan de carrière ».

A noter que cette troisième édition du Forum de l’Etudiant Guinéen se tiendra du 17 au 19 avril 2019 au Palais du peuple de Conakry. Elle est placée sous le thème : « Bien préparer mon orientation post Bac pour mieux intégrer le monde du travail : Filières Généralistes, Techniques ou professionnelle ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

Lire

Grève du SLECG ignorée à Kankan : « nous avons reçu l’avis de grève très tardivement »

10 avril 2019 à 17 05 53 04534

A l’image de la plupart des villes de l’intérieur, Kankan n’a pas suivi le mot d’ordre de grève lancé par le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée. Toutes les écoles du Nabaya ont fonctionné à la normale, ce mercredi 10 avril 2019, première journée de cette grève générale et illimitée, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Ce mercredi matin, l’ambiance habituelle a régné dans les écoles publiques et privées de la commune urbaine de Kankan. Du lycée régional Almamy Samory Touré en passant par les lycées 3 avril et Alpha Yaya Diallo, jusqu’à Morifindjan Diabaté et Marien N’Gouaby, enseignants et élèves étaient tous au rendez-vous comme si de rien n’était.

Aly Keïta

Interrogé par Guineematin.com, Aly Keïta, secrétaire général adjoint du bureau local du SLECG, explique les raisons de cette situation. « Nous avons reçu l’avis de grève très tardivement la nuit dernière, c’est ce matin que nous l’avons imprimé, on l’a photocopié et on s’est mis à pied d’œuvre pour repartir dans toutes les écoles. Nous l’avons également déposé à l’inspection générale du travail, à la direction préfectorale de l’éducation et à l’inspection régionale de l’éducation », a-t-il dit.

Et, même si la région a été peu affectée par les dernières grèves du SLECG, les responsables locaux du syndicat des enseignants comptent bien paralyser les écoles de la région dans les prochains jours. « Tous les enseignants sont informés, nous allons continuer de les sensibiliser pour qu’ils acceptent le mot d’ordre de grève. Parce que ce n’est pas l’affaire de Conakry, ce n’est pas l’affaire d’une région, c’est la grève de tous les enseignants guinéens. Ce qu’on obtiendra sera pour tout le monde », indique Aly Keïta.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél. : 00 224 627 24 13 24

Lire

Grève des enseignants : l’appel SLECG pas entendu à Labé

10 avril 2019 à 17 05 41 04414

A Labé, les enseignants n’ont pas observé le mot d’ordre de grève lancé par le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (Guinée). Les cours se sont déroulés normalement dans toutes les écoles de la ville, ce mercredi 10 avril 2019, a constaté un correspondant de Guineematin.com sur place.

Aux lycées Wouro, Hoggo M’Bouro, tout comme dans les autres établissements scolaires publics et privés de Labé, aucune perturbation n’a été enregistrée ce mercredi, 10 avril, première journée de la grève générale et illimitée déclenchée par le syndicat des enseignants, qui exige le respect du protocole d’accord signé en janvier par le gouvernement, dans son intégralité. Et, selon le chef section de la pédagogie à l’inspection régionale de l’éducation de Labé, ce n’est pas seulement dans la commune urbaine que la grève n’a pas été suivie.

Laye Keïta

Laye Keïta indique que dans toute la région de Labé, seule dans la préfecture de Lélouma les cours ont connu des perturbations. « On a entendu qu’une grève a été lancée par le SLECG. Je viens de rentrer d’une inspection avec madame l’inspectrice régionale de l’éducation. Au niveau de Labé, dans la préfecture, tout se passe dans les conditions souhaitées. A Koubia aussi, toutes les écoles ont étudié.

Seulement à Missira, on a appris qu’il y a eu quelques velléités, mais là-bas aussi, tout est rentré en ordre grâce à l’implication du maire de la commune rurale et l’APEAE. A Mali et à Tougué également, il y a eu cours. Dans la région, la seule préfecture où la grève a été suivie, c’est Lélouma. C’est dans cette préfecture où on a eu des difficultés mais des dispositions sont en train d’être prises pour y remédier », promet ce responsable de l’IRE de Labé.

Issa Soumaré

Interrogé sur cette situation, le secrétaire administratif régional du SLECG de Labé, Issa Soumaré, a expliqué les enseignants sont partis en classes tout simplement parce qu’ils n’avaient pas encore reçu l’avis de grève. « J’ai sillonné plusieurs établissements et j’ai constaté que certains enseignants ont respecté le mot d’ordre de grève, même si d’autres étaient en situation de classe. Cela est dû tout simplement au fait qu’ils n’avaient pas reçu officiellement l’avis du mot d’ordre de grève. J’ai déposé officiellement l’avis de grève auprès du bureau préfectoral du SLECG. Je suis sûr qu’à partir de ce jeudi, la grève va été suivie dans sa totalité », a estimé Issa Soumaré.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

Lire

Manifestations d’élèves à Kaloum : « des groupuscules manipulés » (DCE)

10 avril 2019 à 17 05 16 04164

Comme annoncé précédemment, plusieurs élèves ont manifesté ce matin dans les rues de Kaloum, à l’occasion de la première journée de la grève générale et illimitée entamée ce mercredi, 10 avril 2019, par le SLECG. Les élèves disaient protester contre l’absence de leurs professeurs en classes, mais le DCE de cette commune estime qu’il s’agit de personnes manipulées, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui l’a rencontré.

La première journée de cette nouvelle grève appelée par le SLECG a fait ses effets palpables dans la commune de Kaloum. Plusieurs élèves, venus du collège Château d’Eau et des lycées 28 septembre et 02 octobre sont sortis protester contre l’absence de leurs professeurs en classes. Ils ont érigé des barricades à certains endroits du centre administratif et des affaires du pays, perturbant la circulation. Les forces de l’ordre ont dû s’employer pour dégager les lieux et libérer la circulation.

« Nous sommes sortis manifester pour réclamer nos droits parce que nous avons droit à l’éducation. Ce matin, on est venu rester jusqu’à 9 heures, les professeurs ont refusé catégoriquement d’entrer dans les salles de classes. Ils sont venus mais ils ont refusé d’entrer. Ils étaient dans la cour. Donc nous aussi, on est sorti pour réclamer notre droit parce que nous avons le droit à l’éducation », explique un des élèves manifestants.

Cet autre élève regrette l’attitude des forces de l’ordre à leur égard : « aujourd’hui, ça s’est mal passé, nous sommes très déçus parce que vouloir réclamer son droit et subir la violence, c’est quelque chose de très regrettable. On a voulu manifester mais des personnes qui manquent de civisme nous ont lancés du gaz lacrymogène. C’est très dommage », a-t-il dit.

Aboubacar Touré

Aboubacar Touré, le censeur du lycée 28 septembre, déplore aussi cette manifestation des élèves. Il indique que la plupart des professeurs programmés avaient pourtant répondu présent à son école ce matin. « Les professeurs ont répondu à l’appel et même certains élèves. Les enseignants, sur les 15 programmés, il y a eu 13 qui ont répondu à l’appel. En ce qui concerne l’encadrement, sur les 15 programmés, 15 ont répondu à l’appel.

Mais quelques temps après, les élèves sont venus du collège Château d’Eau pour attaquer nos élèves. C’est pourquoi, les élèves du collège sont sortis massivement dans la rue. Vous avez vu dans la cour, ils ont jeté suffisamment de cailloux dans la cour », a dit ce responsable éducatif.

De son côté, le Directeur Communal de l’Education (DCE) de Kaloum fustige une manipulation. Pour Ibrahima Yattara, cette grève ne concerne même pas le ministère de l’Education Nationale, mais plutôt celui de l’Enseignement Supérieur.

Ibrahima Yattara

« Cette grève du SLECG ne doit pas concerner le MENA (Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation) parce que tous les points du protocole d’accord ont été respectés par notre ministre. C’est un problème qui se trouvait entre eux et le ministère de l’Enseignement Supérieur et qui était au point même d’être résolu. On doit avoir des syndicats responsables. Il faut qu’on se débarrasse des revendications intempestives, des revendications non structurées, des revendications spontanées, et que les parents d’élèves assument leurs responsabilités. Nous, on ne veut même parler de ce problème de grève. Notre souci, c’est le rattrapage. Comment évaluer les élèves, comment préparer les candidats pour les examens futurs. Et, ça doit être le souci partagé de tous les parents d’élèves. La grève-là ne concerne nullement le ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation. C’est des groupuscules qui sont manipulés par des groupes, qui seront découverts très bientôt, qui ont pris l’habitude de venir perturber la quiétude dans nos établissements scolaires. C’est ce constat amer que nous avons eu ce matin », a-t-il confié.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com

Lire

Boké : la grève du SLECG partiellement suivie dans les écoles de la ville

10 avril 2019 à 14 02 11 04114

Le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) a mis sa menace à exécution ce mercredi, 10 avril 2019, en déclenchant une grève générale et illimitée à le territoire national. Dans la commune urbaine de Boké, l’appel à la grève générale a été suivi par endroit, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Depuis plusieurs jours, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) menaçait de déclencher une grève générale et illimitée sur toute l’étendue du territoire national. Une manière d’exprimer son mécontentement face au non respect de l’accord signé avec le gouvernement le 10 janvier dernier. Le point de divergence réside dans le refus de permettre le recensement des effectifs dans les institutions d’enseignement supérieur.

Dans la commune urbaine de Boké, cet appel a été suivi à certains endroits. Au lycée Yomboya par exemple, les salles de classe étaient inoccupées ce matin. Il n’y avait l’ombre ni d’un élève, ni d’un membre de la direction, encore moins d’un enseignant. D’ailleurs, aux environs de 11 heures, le portail du lycée a été cadenassé.

Par contre, au lycée Filira, la grève est moins suivie, il n’y avait presque pas de paralysie. Toutes les classes sont occupées et les professeurs sont dans les salles de classe, sous la supervision de la direction.

Au collège de la même école, les membres de la direction étaient à leurs bureaux, quelques classes ouvertes avec des élèves et enseignants en activité. Toutefois, le nombre de classes fermées est nettement supérieur à celles où se tiennent les cours.

En outre, certaines écoles de Boké ville n’ont pas été perturbées ce mercredi. C’est le cas de l’école primaire Hadja M’Mah Camara, qui n’aurait reçu la lettre d’information d’aller en grève que ce mercredi matin.

Selon nos informations, plusieurs enseignants qui n’ont pas observé la grève de ce mercredi se disent prêts à rejoindre le mouvement dès demain jeudi.

Nous y reviendrons !

De Boké, Abdourahmane N’Diaré Diallo pour Guineematin.com

Tél : 628-98-49-38

Lire

Grève des enseignants : les cours boycottés au lycée-collège Donka

10 avril 2019 à 14 02 06 04064

La nouvelle grève générale et illimitée déclenchée ce mercredi, 10 avril 2019 par le SLECG, a été bien suivie par les enseignants du lycée-collège Donka. Tous, ont boudé les classes, laissant les élèves entre désolation et colère, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Les élèves sont venus massivement à l’école. Ils ont rejoint leurs classes, mais n’ont pas vu leurs enseignants. Des enseignants qui ont boycotté les cours, pour respecter le mot d’ordre de leur syndicat. Et, cette situation inquiète les élèves, à l’image de Mamoudou Kourouma, candidat au BEPC. « Nous devions avoir trois professeurs mais personne n’est venu. On a appris qu’ils sont en grève. Nous sommes tellement désespérés que nous n’avons même plus le courage de continuer. Il faut que le gouvernement nous soutienne pour qu’on puisse affronter le Brevet », lance le jeune homme.

Même sons de cloche chez Mamadou Lamarana Barry, élève en classe de terminale sciences sociales : « nous devons faire le Bac cette année, et les enseignants sont en grève parce que le gouvernement n’a pas respecté les accords avec le SLECG. On est frustré, on doit préparer notre avenir mais les enseignants sont partis en grève. Cela nous met très en colère. Il faut que le gouvernement et le SLECG prennent leurs dispositions pour qu’on reprenne les cours. Sinon, ce n’est pas bon pour nous parce que c’est notre avenir qu’ils sont en train de bafouer ».

Contactée par notre reporter, la direction du lycée Donka n’a pas souhaité se prononcer sur cette nouvelle crise qui frappe le secteur éducatif guinéen. Quant aux responsables du collège, ils étaient aux abonnés absents.

A noter qu’aucun mouvement d’élèves n’a été signalé dans cet établissement ce mercredi. Mais, des agents des forces de l’ordre sont postés à quelques mètres de là pour parer à toute éventualité.

Salimatou Diallo pour Guinéematin.com
Tél: 224623532504

Lire

La grève des enseignants pas suivie à Siguiri : « nous n’avons pas été informés… »

10 avril 2019 à 13 01 17 04174

Le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) a entamé une nouvelle grève générale et illimitée ce mercredi, 10 avril 2019, sur toute l’étendue du territoire national. Dans la commune urbaine de Siguiri, le mot d’ordre de grève n’a pas été suivi, faute de communication entre le bureau local du SLECG et les syndiqués, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Suite à un déficit de communication, les enseignants de Siguiri ont rallié les établissements scolaires ce mercredi, contrairement à l’appel à la grève générale et illimitée lancée par le SLECG.

Interrogés par notre reporter, certains enseignants, en situation de classe, disent n’avoir pas été informés à temps par le bureau exécutif préfectoral du SLECG. C’est le cas d’Ansoumane Diop, professeur d’Anglais. « Nous n’avons pas été informés par le bureau du SLECG de Siguiri d’observer le mot d’ordre de grève. Hier, j’étais chez le général, il m’avait dit d’attendre, qu’il allait nous informer. Mais, jusqu’à minuit, je suis resté sans nouvelles. En attendant, nous sommes en classe », a expliqué monsieur Diop.

Un autre professeur, qui a voulu garder l’anonymat, va abonder dans le même sens que le précédent intervenant. « Je suis venu en classe ce mercredi matin. Notre responsable syndical ne nous a rien dit par rapport à la grève. Pour le moment, nous attendons… »

Toutes nos tentatives pour joindre le secrétaire général du SLECG préfectoral de Siguiri sont restées vaines.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

Lire

Grève des enseignants : l’appel pas entendu au lycée Kipé

10 avril 2019 à 13 01 08 04084

Le mot d’ordre de grève générale et illimité lancé par le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) n’a pas été entendu au lycée Kipé, dans la commune de Ratoma. Selon le constat d’un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place, les cours se sont déroulés quasi normalement dans cet établissement scolaire ce mercredi matin.

Sur les 24 salles de classes que compte l’école, seulement 2 n’ont pas fait cours dans la matinée de ce mercredi, 10 avril 2019. Dans les 22 autres classes, nous avons constaté la présence effective des élèves et des enseignants qui faisaient cours.

Certains enseignants que nous avons trouvés en situation de classe, ont expliqué, hors micro, avoir participé à la dernière grève appelée par le SLECG. Mais cette fois, ils ont décidé de faire fi au mot d’ordre du syndicat des enseignants, qui exige le respect du protocole d’accord signé le 10 janvier avec le gouvernement dans son intégralité.

Tout comme au lycée Kipé, les cours ont eu lieu aussi ce matin dans les écoles primaires Kipé 1 et 2. A Kipé 2 par exemple, les élèves étaient en composition.

Mme Djénaba Béavogui

« Aujourd’hui, tous les enseignants ont répondu présents, les 7 programmés sont en classes. Le personnel d’encadrement aussi, les 4 programmés sont là. Donc on n’a pas observé la grève chez nous. Nous sommes d’ailleurs en évaluation au compte du deuxième trimestre », explique madame Kourouma Djénaba Béavogui.

Par contre, le collège Kipé, lui, a subi les effets de cette grève. Même si notre reporter n’a pas eu accès à cette école, les responsables l’ayant refusant, on a pu observer un grand nombre d’élèves massés dans la cour et derrière l’établissement. Certains d’entre eux, en colère, ont même commencé à jeter des cailloux sur l’école, mais ils ont été vite chassés des lieux par les responsables du collège.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Lire

Télimélé : la grève générale largement suivie par les enseignants

10 avril 2019 à 12 12 26 04264

Pour protester contre le blocage du processus de mise en œuvre du protocole d’accord du 10 janvier 2019 le liant au gouvernement, le Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs de Guinée (SLECG) a appelé ses membres à bouder les cours. C’est dans cette dynamique que les enseignants de Télimélé sont restés à la maison ce mercredi, 10 avril 2019, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Le SLECG, qui n’avait que suspendu la grève générale et illimitée il y a juste 3 mois, a remis ça ce mercredi. La non-application de certains points contenus dans le protocole d’accord du 10 janvier dernier en est la principale raison.

Ainsi, pour la journée de ce mercredi, les salles de classe étaient pleines dans de nombreuses écoles de la commune urbaine de Télimélé. Mais, les enseignants ont brillé par leur absence. Du collège Dâra, dans la commune urbaine ; au lycée Porékiré, dans la sous-préfecture de Särékali ; en passant par les écoles primaires de Dâra, Missidé, Centre, Mindia, Barkèrè, le Collège Kolly, de Fanta, le lycée Ley-Wendou, c’est le même constat qui se dégage. Notre reporter n’y a trouvé que les chefs des établissements et leurs adjoints.

Au terme de cette première journée, le constat révèle que la grève est largement suivie dans les écoles. Une situation qui réjouit Mohamed Fodé Mara, chargé de communication du SLECG à Télimélé. « Les élèves sont massivement venus, mais aucun enseignant n’a répondu. Nous allons continuer le combat jusqu’à la satisfaction de nos revendications », a-t-il laissé entendre.

Mamadou Bobo Diallo

Même son de cloche chez Mamadou Bobo Diallo, secrétaire général du bureau préfectoral du SLECG, qui dénonce par ailleurs le trafic d’influence que les autorités tentent d’utiliser pour décourager les grévistes. « Je suis très satisfait du suivi du mot d’ordre de grève. J’encourage le corps enseignant à rester mobiliser jusqu’à l’assaut final. Je déplore par ailleurs l’attitude des responsables de l’éducation suite au trafic d’influence lié à la remontée des noms des grévistes. Nous ne nous laisserons pas faire », a martelé monsieur Diallo.

En ce moment (11h), une réunion d’urgence se tient à la Direction Préfectorale de l’Education où tous les chefs d’établissements sont conviés.

De Télimélé, Ousmane Dieng pour Guineematin.com

Tél. : 622 52 52 50

Lire

Grève des enseignants : « tous mes professeurs sont là », assure un responsable d’école

10 avril 2019 à 12 12 26 04264

L’école guinéenne est entrée dans une nouvelle crise avec le déclenchement d’une grève et illimitée par le SLECG, à partir de ce mercredi 10 avril 2019. Si cette grève paralyse à nouveau les écoles du pays, le principal du collège Yaguine et Fodé de Matoto, lui, assure que son école n’est pas affectée par le mouvement. Il l’a dit à un reporter de Guineematin.com, précisant qu’il n’est même pas informé d’une quelconque grève des enseignants.

« Moi, je ne suis pas informé de l’affaire de grève. Tous mes professeurs sont là et mes élèves sont là aussi. Depuis la première grève, nous n’avons pas observé la grève. Si le mot d’ordre a été suivi par certaines écoles, chez moi ici ça va. Je noue une certaine convivialité avec mes enseignants. Sur les 22 programmés, ils sont tous là », a déclaré monsieur Alécau Doré.

Mais, notre constat sur le terrain contraste quelque peu avec les propos du principal de cette école. Dans chacune des deux salles de classes que le responsable nous a autorisés à visiter, seule une trentaine d’élèves étaient présents. Ils suivaient tous des cours de Français. Dans les autres classes, il n’y avait visiblement pas d’enseignants.

Au lycée Léopold Sédar Senghor situé tout près de ce collège, la grève des enseignants semble aussi être partiellement suivie. Le Proviseur, Balla Diarra, confie que « sur les 20 enseignants programmés, 13 ont répondu présent et les 7 autres sont absents ».

Les enseignants présents dans cette école ont dispensé les cours ce mercredi matin, alors que les élèves dont les enseignants ne sont pas venus ont dû rester seuls en classes avant d’être libérés. Il n’y a cependant pas eu de manifestation d’élèves dans ces deux écoles de Matoto comme ce fut le cas au lycée Bonfi (Matam) et au lycée 02 octobre (Kaloum).

Mohamed DORÉ pour Guineematin.com

Tel. (00224) 622 07 93 59

Lire

Grève des enseignants : cours perturbés, élèves dans la rue à Conakry

10 avril 2019 à 10 10 51 04514

Trois mois jour pour jour après la signature du protocole d’accord qui avait permis de mettre fin à la dernière grève des enseignants, l’école guinéenne sombre dans une nouvelle crise. Mécontent du « non-respect » de ce document dans son intégralité, le SLECG a appelé les enseignants à une nouvelle grève générale et illimitée à partir de ce mercredi, 10 avril 2019. Et, cet appel a déjà fait ses effets sur le terrain, a constaté Guineematin.com à travers ses reporters déployés dans certaines écoles de Conakry.

Premier jour de grève, et déjà un impact visible à Conakry. Outre l’arrêt total et ou la perturbation des cours dans plusieurs écoles, des manifestations ont été enregistrées dans la capitale guinéenne, ce mercredi. N’ayant pas vu leurs enseignants en classes, les élèves de certains établissements scolaires, affectés par la grève, notamment ceux du lycée 02 octobre de Kaloum et ceux du lycée Matam, n’ont pas tardé à se faire entendre.

Ils ont manifesté devant leurs écoles et même dans la rue pour exprimer leur mécontentement face à cette nouvelle crise qui les prive de la formation, et qui vient compliquer davantage la situation d’une année scolaire déjà assez perturbée. A Matam par exemple, des élèves rassemblés devant le lycée, ont jeté des cailloux sur l’école avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.

A noter cependant que dans certaines écoles, les cours se déroulent quasiment comme d’habitude

Nous y reviendrons !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Lire

Menace de grève du SNAESURS : « nous donnons 10 jours au gouvernement »

9 avril 2019 à 20 08 51 04514
Lansana Yansané, secrétaire administratif par intérim et porte-parole de du SNAESURS

Alors que le SLECG décide de déclencher une nouvelle grève générale et illimitée à partir de demain, mercredi 10 avril 2019, le SNAESURS aussi menace de lui emboîter le pas. Les deux syndicats rivaux tentent, chacun, de mettre la pression sur le gouvernement autour de la désormais lancinante question du recensement des enseignants, en service dans les institutions d’enseignement supérieur du pays.

Si le SLECG va en grève pour exiger le recensement des enseignants du supérieur conformément au protocole d’accord qu’il a signé avec le gouvernement en janvier dernier, le SNAESURS réclame tout le contraire. Le syndicat national autonome de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique demande à ce que le SLECG ne soit pas impliqué dans le recensement des enseignants du supérieur.

En plus de cela, la structure syndicale a plusieurs autres points de revendications visant l’amélioration de la qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Pour en parler, Guineematin.com a reçu ce mardi, 09 avril 2019, Lansana Yansané, secrétaire administratif par intérim et porte-parole de du SNAESURS.

Décryptage !

Guineematin.com : votre syndicat vient d’adresser un préavis de grève au gouvernement. Qu’est-ce qui vous a motivés à lancer ce préavis de grève ?

Lansana Yansané : c’est par rapport à nos préoccupations au niveau de l’enseignement supérieur que nous avons lancé ce préavis aux membres du gouvernement, notamment au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Abdoulaye Yéro Baldé. Ce préavis est parti d’une feuille de route que le congrès constitutif nous a donnée en amont, le 09 mai 2018.

Nous avons demandé certaines choses à Yéro (ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique) qui n’ont pas encore vues leur satisfaction. C’est suite à cela que nous sommes revenus pour lui demander que cette fois-ci, il faut qu’on vienne avec une plateforme revendicative réelle pour qu’il puisse tenir compte de ces points. Et s’il n’arrive pas à les satisfaire avec les membres du gouvernement, alors, nous serons dans l’obligation d’aller en grève.

Guineematin.com : Quels sont justement ces points de revendication ?

Lansana Yansané : Le Syndicat National Autonome de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (SNAESURS) exige la présence effective des agents recenseurs indépendants des institutions d’enseignement et les centres de recherche pour le recensement, et que la supervision soit assurée par la structure à la base du SNAESRS. Depuis fort longtemps, on avait demandé au ministre à ce qu’on ait un recensement au niveau de l’enseignement supérieur, mais que cela soit piloté par le SNAESURS. Parce que nous avons besoin de valoriser certaines primes et même pourquoi pas les salaires. Cela ne peut être effectué que si seulement et seulement si on a un effectif assaini au niveau de l’enseignement supérieur.

Heureusement, le SLECG est venu exiger qu’il y ait un recensement au niveau de l’éducation. Chose que nous avons vraiment saluée. Mais, nous nous sommes dit que s’il doit y avoir le recensement à l’enseignement supérieur, il faut ça soit en commun accord avec le SNAESURS, qui a déjà remis un document au ministre Abdoulaye Yéro pour exiger ce recensement.

Le SLECG avait demandé à ce que le SNAESURS ne soit pas partie de sa commission de recensement par ce que ce syndicat a empêché les enseignants du supérieur à aller en grève. Ce syndicat, n’a pas assisté à la signature du protocole d’accord qu’il a eu avec le gouvernement. Chose qui est leur droit, et nous ne pouvons pas nous opposer à cela.

Mais nous disons que le SLECG doit s’occuper de l’enseignement pré-universitaire, on envoie des indépendants qui vont se mettre en rapport avec le SNAESURS pour assainir le fichier de l’enseignement supérieur. Maintenant, ce fichier, le SLECG pourra l’exploiter à son besoin. Mais ce n’est au SLECG de venir recenser à l’enseignement supérieur. Nous, nous sommes disponibles pour faire ce travail contre rien, on n’a pas besoin de l’argent pour ça.

Guineematin.com : en refusant que le SLECG participe à ce recensement, est-ce que vous ne vous opposez pas à l’application du protocole d’accord signé le 10 janvier dernier entre l’organisation syndicale et le gouvernement ?

Lansana Yansané : nous ne sommes pas un blocus ni un frein à ce protocole d’accord. Plutôt, nous constituons une aide. Dans la mesure où, nous étions les premiers à demander au ministre Yéro de faire un assainissement du fichier. Si aujourd’hui l’assainissement est venu, il ne pourra que nous appuyer pour que cet assainissement soit fait par nous. Nous, c’est le SLECG qui nous a refusés. Le SLECG avait un combat et il est parvenu à obtenir un accord.

Comme ils se disent qu’ils sont en train de faire un travail pour l’ensemble des travailleurs de l’éducation, je me demande quelle est la raison qui peut pousser le SLECG à refuser que les autres structures syndicales soient impliquées dans cette commission d’assainissement. Le fait que nous ne soyons pas signataires de ce protocole, ne veut pas dire que le SLECG va venir recenser chez nous.

Guineematin.com : mais le SLECG aussi à des membres à l’enseignement supérieur.

Lansana Yansané : si le SLECG avait des membres à l’enseignement supérieur, pourquoi le SLECG n’avait pas réussi à mettre l’enseignement supérieur dans sa grève ? Tous ceux qui étaient au SLECG au niveau de l’enseignement supérieur ont quitté pour rejoindre le SNAESURS.

Guineematin.com : peut-être que si le SLECG n’a pas réussi à paralyser l’enseignement supérieur, c’est parce que le ministère de tutelle s’est employé à casser le mouvement, notamment en mutant les responsables du SLECG dans les universités.

Lansana Yansané : pas du tout. Je m’inscris en faux dans la mesure où, ce n’est pas le ministre qui dirige le syndicat. Le syndicat, c’est l’émanation des travailleurs. Selon l’article 87 de la convention du BIT, chaque travailleur est libre d’appartenir à une structure syndicale, et chaque entité des travailleurs est libre de créer sa structure syndicale. Ce qui fait que le ministre n’a rien à avoir par rapport à ça. Et si le SLECG avait réellement ces représentants à l’enseignement supérieur, ces représentants-là à auraient dû manœuvrer pour que l’enseignement supérieur soit dans la grève. Mais, du fait que ces éléments-là n’existaient plus, ils n’ont pas pu affecter l’enseignement supérieur.

Et je vous dis, le SLECG a été créé par l’enseignement supérieur. Aboubacar Soumah a récupéré une structure vide de contenu. Et, nous sommes allés vers lui pour qu’on puisse faire une unité syndicale pour que l’enseignement supérieur soit représenté au sein de ce bureau exécutif. Chose qu’il n’a pas acceptée. Et nous ne pouvons pas être opposés à ça dans la mesure où, c’est son droit. Parce qu’il a réussi à récupérer la structure.

C’est pourquoi, nous nous sommes dit, laissons cette structure, il ne faut pas se mettre dans une guerre de récupération de structure. Il n’a qu’à gérer ça, et nous aussi essayons de créer une structure qui est propre à l’enseignement supérieur. Et c’est cette structure que nous avons créée, qui ne s’occupe que des préoccupations de l’enseignement supérieur, rien que l’enseignement supérieur.

S’il y a grève ailleurs, ça ne fait pas notre préoccupation. Nous, ce qui constitue les véritables et réelles préoccupations de l’enseignement supérieur, c’est ceux que nous défendons. Tels que la formation des formateurs, la recherche, l’équipement des laboratoires et des bibliothèques. Voilà quelques éléments que nous avons comme préoccupations que les autres sûrement n’ont pas dans leurs préoccupations.

Nous sommes d’accord avec le SLECG que s’il arrive à décrocher de l’argent, c’est bien. Mais nous aussi, pour avoir de l’argent au niveau de l’enseignement supérieur, il faut remplir un certain nombre de conditions. C’est pourquoi, le salaire d’un enseignant du supérieur, ne doit pas être égal au salaire d’un enseignant de l’enseignement préuniversitaire.

Donc, voilà un peu. Nous ne sommes pas opposés. Nous donnons un avis favorable au SLECG de faire son recensement. S’il veut venir à l’enseignement supérieur, il vient pour se mettre en commun accord avec nous, et puis nous bosserons ensemble. Mais nous écarter à la mine de la production et nous dire finalement que c’est lui qui va faire le recensement, ça c’est hors de question. On ne peut pas avaler ça. Dans la mesure où il y a eu une force qui a maintenu les enseignants du supérieur à ne pas aller en grève. Cette force doit être reconnue. Si le SLECG avait la force, il aurait dû mettre les enseignants en grève au niveau du supérieur.

Guineematin.com : à vous entendre, on a comme impression que vous menez une guerre de positionnement et que vous allez lancer votre préavis de grève juste pour répondre SLECG.

Lansana Yansané : ce n’est pas pour répondre à l’avis de grève du SLECG. Nous, nous avons des préoccupations. Nous nous avons 14 points inscrits dans notre préavis de grève. Premièrement, je parlais tantôt de la présence effective des agents recenseurs indépendants dans les institutions d’enseignement et les centres de recherche pour le recensement, et que la supervision soit assurée par la structure à la base du SNAESURS. Deuxièmement, la publication immédiate de l’arrêté d’engagement de 451 homologues avec une prise en charge à partir de janvier 2019.

Vous savez, le SLECG annonce qu’il y a 10 homologues à Kindia qui n’ont pas été engagés depuis 15 ans. Nous nous inscrivons en faux. Dans la mesure où depuis 2005 jusqu’à maintenant, il y a eu plus de 105 engagement à la fonction publique. Même en 2017, il y a eu 369 qui ont été engagés au niveau de l’enseignement supérieur.

En septembre 2018, on a recensé tous les homologues de toutes les institutions d’enseignement supérieur et des centres de recherche qui nous ont donné un effectif de 451 qui doivent être engagés au compte de l’enseignement supérieur, y compris les homologues de Kindia. Alors nous nous sommes posé la question de savoir où étaient les 10 homologues que le SLECG revendique et qui ont exercé plus de 15 ans. Ce n’est pas vérifié.

Ensuite, nous demandons la publication immédiate de l’arrêté d’abrogation du licenciement de 7 enseignants chercheurs. Il y a trois mois, 7 enseignants chercheurs qui ont été licenciés à l’université de Kindia pour des raisons inavouées. On a mené des démarches partout et on a vu qu’il n’y a aucun fond de dossier valable qui justifie le licenciement de ces gens-là. Et nous avons exigé à ce que ces gens soient rétablis de leur droit. Donc, nous exigeons cela.

Ensuite, le retour de l’arrêté conjoint. Vous n’êtes pas sans savoir en 2017, le ministre Yéro avait pris un arrêté conjoint n°2356 en commun encore avec son homologue de l’économie et des finances pour accorder une certaine valorisation des primes et indemnités spéciales aux enseignants chercheurs de Guinée. Cet arrêté a été annulé. Et nous nous sommes dits, qu’il faut que cet arrêté revienne, par ce que quand un syndicaliste bénéficie de quelque chose, on ne doit pas le lui retirer. Donc, on doit maintenir parce que ça va dans l’intérêt des enseignants du supérieur.

Il y aussi la valorisation des primes des heures supplémentaires, de vacation et des frais de mission d’enseignement. Ensuite, nous demandons une bonification en grade. C’est-à-dire une augmentation de deux grades de tous les détenteurs de Master, de DEA et des diplômes équivalents, pour encourager la formation. En 2016, il y a eu la transposition dans la nouvelle grille. Mais très malheureusement, dans cette transposition, il y a eu d’énormes erreurs.

Comme ceux qui ont fait ce travail, la plupart sont détenteurs d’une maitrise, ils ont transposé en leur faveur, en occultant la valeur que les autres ont eue avec l’effort. C’est pourquoi, nous demandons que quand tu as un Master ou un DEA, tu dois bénéficier d’un avantage et dépasser celui qui a par exemple une maitrise. Cela, pour que les autres soient encouragés à faire la formation.

Quand nous parlons de la qualité de l’enseignement, il faudrait qu’il y ait ce qu’on appelle le niveau de l’enseignant. Et, l’enseignant ne peut avoir le niveau que s’il a une formation solide. C’est pourquoi, on exige que les enseignants aient des Masters, des DEA, le Doctorat et jusqu’à ce qu’ils deviennent des Professeurs.

Nous demandons également le déblocage des avancements automatiques annuels et la correction des erreurs de transposition de 2016, en tenant compte de l’ancienneté. Actuellement, celui qui est rentré aujourd’hui dans la fonction publique, il a la même valeur celui qui est ancien. Nous demandons donc à qu’on reconnaisse le temps que vous avez pris pour qu’on puisse vraiment vous valoriser.

Ensuite, nous demandons le non-retour des enseignants mutés par nécessité de service et qui ont refusé de rejoindre leurs postes de mutation. Dans les revendications du SLECG, ils ont dit qu’il y a des gens qui ont refusé de rejoindre leurs postes pour faits de grève. Nous nous disons que c’est faux. Dans la mesure où il n’y a pas eu de grève dans l’enseignement supérieur. Si quelqu’un est muté à l’enseignement supérieur, comment se fait-il qu’il a été muté pour faits de grève ? Ça ne se vérifie pas.

Et ces gens, depuis qu’ils ont été mutés, par manque de respect à l’autorité de l’Etat, ils ont refusé de rejoindre leurs postes. Comment se fait-il qu’une structure syndicale puisse se lever et demander le retour de ces gens-là ? Ceux-là qui ont refusé d’obtempérer sous l’autorité de l’Etat et qui disent qu’ils doivent revenir à leurs anciens postes ? Nous, nous sommes pour le respect de l’autorité de l’Etat.

Nous exigeons aussi le retour de la ligne de recherche dans les Institutions d’Enseignement Supérieur. Vous savez que les institutions d’enseignement supérieur, nous nous sommes autonomes. Nous recevons des subventions, et dans ces subventions, il y a ce qu’on appelle la ligne recherche qui vise à appuyer les enseignants chercheurs qui veulent faire les recherches, pour faire leurs activités de recherche.

Aujourd’hui, le gouvernement a gelé cette ligne-là. Ce qui fait qu’aujourd’hui, les enseignants ont négligé le côté recherche. C’est la raison pour laquelle nous exigeons que cette ligne-là soit respectée pour que nous ayons la possibilité de faire les recherches au niveau de l’enseignement supérieur.

Nous demandons aussi le retour de la ligne investissement dans l’enseignement supérieur. Comme nous sommes dotés de budgets autonomes, c’est aux institutions de faire des investissements. Mais aujourd’hui, cette ligne aussi est bloquée par le ministère de tutelle. On exige donc que le ministre ramène cette ligne au niveau des institutions pour qu’il y ait des investissements dans les IES. Nous avons aussi des collègues assistants qui doivent bénéficier d’un certain nombre de primes qui leur permettront d’être encouragés dans leur formation. Si ces homologues ne sont pas financés pour faire des recherches, comment ils vont mieux former ?

Nous avons aussi la ligne de la formation des formateurs qui se trouve gelée au niveau de l’enseignement supérieur. Il faudrait qu’il y ait une commission tripartite pour pouvoir gérer ces fonds-là. La CRDG (Conférence des Recteurs et Directeurs Généraux) des institutions d’enseignement supérieur, le syndicat SNAESURS, et puis le département.

Les trois parties vont se retrouver pour voir ceux qui doivent bénéficier de la formation. Voilà ce que nous exigeons du département. Sans cela, nous allons partir en grève. On a lancé notre préavis de grève hier. Nous donnons 10 jours au gouvernement. Si dans les 10 jours prévus par la loi on n’a aucune réponse favorable, nous allons lancer l’avis de grève.

Interview réalisée par Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tel : (00224) 622 07 93 59

Lire