Boites de nuitDu haut de ses 1.111 mètres, le mont Gangan, au pied duquel est bâtie la ville de Kindia, est le plus grand témoin des convulsions de la cité de « Manga Kindi », du nom de son ancêtre fondateur. Située à 135 kilomètres de Conakry dans une espèce de cuvette cernée de montagnes, la ville continue de pousser sur les riches plaines alluvionnaires qui lui ont valu le surnom de la « cité des agrumes » à cause des rendements importants d’une agriculture encore de type traditionnel.

La beauté idyllique du paysage ajoutée à l’essor économique de la ville du fait de la richesse de son sol et sous-sol (bauxite) a fait de Kindia un cadre attractif ; aussi bien pour des gens ordinaires que pour des agents de l’Etat et des institutions nationales et internationales fuyant l’enfer de Conakry pour un havre de tranquillité.

A Kindia, on ne compte plus les séminaires et les « retraites » pour réfléchir sur des questions d’intérêt national. En haute saison, la plupart des hôtels de la ville affichent complet.

C’est ici qu’est né le chronogramme de l’élection présidentielle du 11 octobre 2015 qui avait fait couler tant de salive, d’encre et malheureusement de sang l’année dernière. C’est également ici que la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a annoncé ce weekend un nouveau chronogramme pour les élections locales confirmant le soupçon que celles-ci ne peuvent pas se tenir matériellement avant le 30 juin 2016 comme prévu.

Kindia, c’est aussi la fête. On pense à tort que Conakry est la seule ville des côtes de la Basse Guinée qui ne dort pas. Un weekend passé à Kindia balaie littéralement cette idée reçue.

Les boites de nuit et les cabarets pullulent, rivalisant de bruit. L’alcool et le tabac coulent à flots.

La discothèque « Le Phare de Guinée » donne le repère et attire. Elle refuse du monde ce vendredi nuit. A minuit, l’ambiance bat son plein, la musique à fond. La piste de danse est indescriptible. Dans de minuscules coins volontairement obscurcis de la boite chauffée à blanc, de jeunes couples cassent de la bière une cigarette pendue au coin du bec.

Il est temps d’aller voir ailleurs. Direction, le « Club des amis ». Autre lieu, autre ambiance. La file de grosses cylindrées garées dehors suggère qu’ici, le confort est plus relevé qu’au « Phare de Guinée ». La plaque minéralogique des véhicules administratifs (VA) qui font des va-et-vient confirme l’hypothèse. Au pifomètre, l’âge du public se situe au-dessus de la quarantaine. On reconnait de gros bonnets de la CENI, bien accompagnés , qui essaient de se faire discrets.

Leurs primes du séminaire qui vient de s’achever ne sont pas concernées par la crise sociale qui mine le pays…

Il est 3H du matin. Pour les plus « sages », il est temps d’aller dormir. Pour les autres, le motel « Nimba » est un détour obligé avant la fin de la nuit. Pour quelques billets de banque on peut enchainer les passes jusqu’à l’épuisement. A vos risques et périls.

De Kindia, Abdoulaye Oumou Sow pour Guineematin.com

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