Aboubacar SyllaL’honorable Aboubacar Sylla est le président de la commission, éducation, santé, affaires sociales, sports, art et culture de l’Assemblée nationale. Ce leader de l’UFC est membre du groupe parlementaire Libéral-démocrate. En marge de la plénière consacrée à l’adoption du programme révisé de la seconde partie de la session des lois, Guineematin.com l’a rencontré pour en savoir plus…

Guineematin.com : Pourquoi la convocation de la plénière du mercredi 15 juin, alors qu’elle ne figurait sur le programme de la seconde partie de la session ?

L’honorable Aboubacar Sylla : Cette plénière est convoquée suite à la tenue de la conférence des présidents la veille qui a proposé une nouvelle tranche de textes à examiner par l’Assemblée nationale. Nous avons donc discuté en conférence de présidents une modification du programme.

Guineematin.com : Quelles sont ces modifications ?

L’honorable Aboubacar Sylla : Certains textes ont été ajoutés et d’autres retirés.

Guineematin.com : Peut-on connaître les textes concernés par ce retrait ?

L’honorable Aboubacar Sylla : Ils ont retiré les textes concernant les centrales thermiques, on a également retiré, ce qui est très grave à notre avis, nos propositions de loi sur le code électoral et la loi 016 sur la CENI (commission électorale nationale indépendante).  Alors que ces textes ont été clairement inscrits et programmés lors de la plénière du 6 juin.

Guineematin.com : Connaissez-vous les raisons qui ont motivé ce changement ?

L’honorable Aboubacar Sylla : En conférence de présidents, ils ont essayé de dire qu’il y a le code électoral et le code des collectivités qui sont liés et que sa révision n’était pas envisagée au cours de cette session, ce qui est une absurdité, à notre avis. Rien ne nous oblige à examiner le même jour et à voter le même jour le code électoral, le code des collectivités et la loi sur la CENI. Ces lois peuvent être améliorées et harmonisées au fur et à mesure. Refuser de le faire, c’est un faux fuyant. Ils refusent le débat tout simplement. Vous vous souvenez que la CENI avait conditionné l’organisation des élections par l’harmonisation de l’environnement électoral et juridique. L’environnement juridique électoral, c’est la loi sur la CENI et le code électoral. Quant on refuse de les harmoniser et les mettre en conformité avec la constitution, c’est dire que vous refusez de créer le cadre juridique et légale des élections. Ça c’est pour nous amener à reporter les élections locales et à découpler les communales des élections de conseils de quartiers et districts. Faire en sorte que ces derniers soient nommés par l’administration au lieu d’être élus.

Guineematin.com : Est-ce qu’on peut connaître ces amendements que vous avez suggérés dans ces textes ?

L’honorable Aboubacar Sylla : C’est une question extrêmement vague. La CENI, c’est très simple. Nous avons proposé des modifications importantes. Autrement dit, nous voulons une CENI à deux étages. Une structure politique avec 11 commissaires où l’opposition et le pouvoir seront paritairement représentés. Et l’autre, plus technique avec 8 départements dont le personnel est recruté sur appel à proposition et fonctionner de manière pérenne. La première qui est politique va s’atteler à la coordination, au suivi et au contrôle du processus tandis que l’autre, entièrement neutre, s’attèlera aux tâches plus techniques de gestion plus efficiente des élections. Ce sont ces propositions que nous avons faites en souhaitant que la désignation soit plus ouverte, plus transparente et basée sur les compétences. Avec l’objectif que les membres de deux structures soient en mesure de gérer de façon transparente, neutre et impartiale pour crédibiliser enfin notre processus électoral, comme dans les autres pays de la sous-région.

Guineematin.com : Et, que dites-vous du code électoral ?

L’honorable Aboubacar Sylla : Pour ce qui est du code électoral, nous voulons tout simplement qu’il y ait une harmonie entre la Constitution et le Code électoral. Par exemple sur l’élection des conseillers de quartier et de district, la Constitution dit que le vote est « secret » alors que le Code électoral prévoit un alignement derrière le candidat ou par simple levée de main. Mais la question fondamentale. Le pouvoir tient coûte que coûte à ce qu’il n’y ait pas d’élections de proximité. Ils veulent que les conseils de quartier et de district soient nommés. C’est tout leur problème actuellement. On a sorti de nouvelles idées pour montrer les contradictions entre la Constitution et le Code électoral. En fait, la Constitution ne prévoit pas les élections de proximité de quartier et de district spécifiquement. Elle parle essentiellement des élections  au niveau des communes et au niveau des régions. Tout cela est fait éviter qu’on en discute. Depuis qu’on a commencé on examine que des conventions, des accords… C’est regrettable que les seules propositions de loi de l’opposition ne soient pas retenues.

Entretien réalisé par Abdallah Baldé pour Guineematin.com

 

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