Aïd El Kébir 2021 : Cellou Dalein appelle les Guinéens à la paix et à l’unité

20 juillet 2021 à 12 12 12 07127

À l’instar des autres pays, la Guinée a célébré ce mardi, 20 juillet 2021, la fête de Tabaski ou l’Aïd El Kébir 2021. A cette occasion, le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo a adressé un message de paix et de justice pour le peuple de Guinée, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à Dixinn.

C’est la mosquée de Dixinn Foula que le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, son épouse, Hadja Halimatou Dalein et plusieurs responsables de son parti ont effectué la prière de l’Aïd El Kébir.

Après avoir souhaité bonne fête à tout le peuple de Guinée, Cellou Dalein Diallo a invité les Guinéens à la culture de la paix et de la justice.

« Je voudrais souhaiter bonne fête à tous les fidèles musulmans de Guinée et d’ailleurs. Je souhaite que cette fête inspire ceux qui ont la force, le savoir et les fortunes pour qu’ils mettent leurs moyens et ces capacités au service de la justice, de la paix et dans la promotion de la fraternité entre les compatriotes guinéens. Je demande à Dieu de chasser de notre pays la haine, l’injustice, l’arbitraire, qu’Il (Dieu: ndlr) implique tous les fils de ce pays pour la promotion de la paix et de l’unité de la nation », a souhaité Cellou Dalein Diallo.

Le leader de l’UFDG a également mis ce moment de prière à profit pour attirer l’attention sur le cas des détenus politiques. « J’ai une pensée particulière pour nos camarades en détention. Ils sont nombreux encore dans les prisons en raison de leur activité politique. Ils n’ont pas eu comme moi le privilège de fêter en famille, immoler un bélier à cette occasion. Qu’ils sachent qu’on pense à eux. Que les autres guinéens qui jouissent de leur liberté pensent à eux. Et, je voudrais souhaiter prompt rétablissement à tous les malades et je souhaite bonne chance à tous nos enfants candidats aux différents examens de cette année », a-t-il ajouté.

Quand au sermon effectué par l’imam de la mosquée Dixinn Foula, Elhadj Boubacar Fofana, le président de l’UFDG dit l’apprécier pour sa pertinence. « Je suis satisfait du sermon qui prêche toujours le pardon, l’unité, la tolérance, la paix. Ce sont des valeurs qui manquent absolument à notre pays. Nous sommes confrontés à des fléaux comme l’injustice, la corruption, la misère, l’utilisation à des fins personnelles de ressources publiques, la dégradation des infrastructures et surtout la division des guinéens en parti politiques, en ethnie… », dénonce-t-il, avant de rappeler que ces problèmes se sont accentués depuis quelques années au détriment de l’unité de la nation.

De Dixinn, Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 68 00 41

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Reprise des manifestations : le conseil de l’imam Mansour Fadiga à Cellou Dalein et Alpha Condé

19 juillet 2021 à 8 08 56 07567
Elhadj Mansour Fadiga, imam de la grande mosquée de Nongo

Comme on le sait, malgré la libération des 4 responsables de l’UFDG, plusieurs dizaines d’autres croupissent toujours en prison depuis bientôt neuf mois. Pour exiger la libération de ces compatriotes emprisonnés au lendemain de l’élection présidentielle contestée du 18 octobre 2020, le principal parti de l’opposition guinéenne menace de reprendre les manifestations de rue dès la fin des examens nationaux de fin d’année scolaire. 

Interrogé récemment sur la question dans l’émission la « Grande Interview » de Guineematin.com, Elhadj Mansour Fadiga, premier imam de la Mosquée Bilal de Nongo, a dit avoir déjà donné au président de l’UFDG un autre conseil. Le guide religieux avait profité d’un passage de Cellou Dalein Diallo, qui était allé prier dans sa mosquée, pour lui demander de changer de stratégie… 

« J’ai souvent eu des leaders politiques qui sont venus prier dans ma mosquée. Pas plus tard qu’un an, mon frère, le président Cellou Dalein Diallo est venu prier chez moi. Ce jour, le conseil que j’ai eu à lui donner c’était de changer de fusil d’épaule. Parce que chez nous ici, rares sont des manifestations qui se terminent sans effusion de sang des innocents. Je lui ai dit, comme il en est ainsi, il faut changer de stratégie de lutte. Donc, si j’entends encore qu’ils veulent sortir, je leur dirai de faire attention. Parce que ce sont les innocents qui vont encore perdre leurs biens, voire leurs vies. J’invite aussi le pouvoir à faire tout pour apaiser la situation. Quand Dieu a décrit ses bons serviteurs, il a dit que c’est des gens qui savent pardonner. Celui qui est au pouvoir, c’est à lui on demande pardon… », a notamment dit Elhadj Mansour Fadiga.

Interrogé sur sa position par rapport au changement de la Constitution de 2010, le chef religieux a été on ne peut plus clair… « Je n’étais pas d’accord pour le changement de la constitution. J’avais même fait une déclaration le 1er mars 2020 qui a fait le tour des médias. Là où j’ai invité le chef de l’État à ne pas changer la constitution. Je lui ai rappelé que quand le président Lansana Conté voulait changer la constitution, vous l’aviez critiqué. Vous n’étiez pas d’accord. Donc, à votre tour, vous ne devrez pas le faire. En tout cas, moi, je ne suis pas d’accord. Et, je suis fier de l’avoir fait. Car, pour moi, je me suis acquitté de mon devoir devant le peuple et devant Dieu. Je ne sais pas ce qui va se passer par la suite », a rappelé Elhadj Mansour Fadiga. 

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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Arrestation des opposants au 3ème mandat d’Alpha Condé : la réaction du FNDC

14 juillet 2021 à 22 10 04 07047
Kéamou Bogola Haba et Thierno Yaya Diallo

Communiqué du FNDC : Dans la poursuite de projet de percussion, d’intimidation et de séquestration des voix discordantes à son régime illégal imposé au Peuple, le dictateur Alpha Condé, à travers sa police judiciaire qu’il utilise à sa guise, vient de kidnapper deux leaders de l’opposition guinéenne membre de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD). Il s’agit de Kéamou Bogola Haba, responsable Communication de l’ANAD et Thierno Yaya Diallo, Président du parti Guinée Moderne (GM), qui ont été kidnappés ce mercredi 14 juillet 2021 à Conakry.

Cette énième opération d’intimidation est loin d’être un acte isolé. Il s’agit de la poursuite de l’exécution d’un plan diabolique de kidnapping organisé à des fins de chantage politique et de harcèlement judiciaire.

Le régime du dictateur Alpha Condé cherche sans relâche à éliminer les leaders du FNDC et de l’opposition dans l’espoir de consolider un 3ème mandat illégal et illégitime bâti sur du sable mouvant. Ce qui justifie entre autres la détention illégale de leaders, militants et sympathisants du FNDC et de l’opposition politique dans les prisons à Conakry et à l’intérieur du pays.
La coordination nationale du FNDC condamne ces kidnappings de trop et exige la libération ces deux leaders sans délai.
La coordination nationale du FNDC appelle les citoyens à la mobilisation pour le départ du dictateur Alpha Condé, la seule et unique solution pour mettre fin à la souffrance et aux malheurs que la Guinée et les guinéens subissent depuis le coup d’État constitutionnel.

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons !

Conakry, le 14 juillet 2021.

La Coordination nationale du FNDC

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Arrestation des opposants : l’ANAD exige la libération de Bogola Haba et Thierno Yaya Diallo

14 juillet 2021 à 21 09 14 07147
Kéamou Bogola Haba et Thierno Yaya Diallo arrêtés cet après-midi à Conakry

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, deux opposants guinéens ont été arrêtés dans l’après-midi de ce mercredi, 14 juillet 2021, à Lambandji, dans la commune de Ratoma. Peu après cette arrestation, l’Alliance nationale pour l’alternance et la démocratie (ANAD) a publié un communiqué pour réclamer la libération immédiatement des opposants Kéamou Bogola Haba (président d’honneur du parti UGDD) et Thierno Yaya Diallo (président du parti Guinée moderne), tous les deux membres de cette nouvelle coalition politique, dirigée par Cellou Dalein Diallo.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose le communiqué de l’ANAD :

ANAD exige la libération de Kéamou Bogola Haba et Thierno Yaya Diallo

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Cellou Dalein sur la reprise des manifestations : « on ne va pas renoncer à ce droit constitutionnel »

14 juillet 2021 à 20 08 31 07317

Malgré les critiques qui ont suivi la décision de l’UFDG de reprendre prochainement les manifestations de rue, Cellou Dalein Diallo ne semble pas prêt à faire marche arrière. Le leader du principal parti d’opposition du pays se montre ferme sur la question, annonçant qu’il ne va pas renoncer au droit de manifester qui est consacré par la constitution guinéenne. Il l’a fait savoir au cours d’une conférence de presse animée avec ses alliés de l’ANAD ce mercredi, 14 juillet 2021.

Le président de l’UFDG a tout d’abord répondu à ceux qui ont critiqué la décision de son parti de reprendre prochainement ses manifestations, suspendues depuis plus d’une année en Guinée. Il se dit inquiet de constater que certains Guinéens s’opposent désormais systématiquement à toute manifestation de rue, qui est pourtant un droit constitutionnel.

Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG

« Manifester dans les rues et sur les lieux publics est un droit constitutionnel. Tuer un manifestant est un crime imprescriptible. Alors, si on est d’accord sur ça, la question qu’il faut se poser, c’est comment respecter la constitution. Respecter la vie humaine tout en respectant la constitution.  Nous avons organisé ici plusieurs manifestations sans qu’il n’y ait des victimes. Mais, ça gêne Alpha de voir une manifestation réussie. Parce que lorsqu’on voit un million de personnes dans les rues pour protester contre la mauvaise gouvernance, quelle que soit la nature de la manifestation, ça le gêne. Et il se dit que pour mettre un terme aux manifestations, il faut tuer pour décourager les manifestants. Est-ce que c’est normal de tuer un manifestant ? Non ! C’est un crime imprescriptible. Mais aujourd’hui, la manifestation, bien que prescrite dans la constitution, est considérée comme un acte de violence. Non ! La violence vient du pouvoir. Parce que la réussite d’une manifestation gêne Alpha », a déclaré Cellou Dalein Diallo.

Il ajoute que c’est pour décourager les manifestants et avoir un argument pour interdire toute forme de protestation dans le pays que le pouvoir réprime les manifestations et accuse l’opposition d’être responsable de ces tueries. « L’opposition ne va pas donner des armes à nos militants pour tuer nos militants. Donc son idée d’attribuer la mort des militants de l’UFDG à des militants de l’UFDG ne tient pas la route. Et pour empêcher l’opposition de manifester, on assimile les manifestations pacifiques à des agressions, à des casses, alors que ce n’est pas le cas. C’est Alpha qui casse, c’est Alpha qui fait tuer et garantit l’impunité aux gens. Donc, il ne faut pas qu’on renonce à ce droit constitutionnel de manifester dans le respect des règles et des citoyens », a dit le président de l’UFDG.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com 

Tel: 622919225 / 666919225

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Cellou Dalein aux Guinéens : « Alpha Condé est un facteur de division ! Vous devez le combattre… »

14 juillet 2021 à 15 03 15 07157

« Lorsque vous vous battez pour la promotion de l’unité nationale, de la bonne gouvernance, pour l’utilisation efficace des biens du pays, vous devez combattre Alpha Condé parce que c’est un facteur de division. Vous vous battez pour la bonne gouvernance, pour l’utilisation judicieuse et équitable des richesses de ce pays, vous devez être opposant à Alpha Condé parce que sa politique, c’est une politique de corruption, de vol et de détournement des deniers publics… », a notamment indiqué Cellou Dalein Diallo ce mercredi. 

Comme annoncé dans une de nos précédentes dépêches, les leaders de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD) ont signé leur nouvelle charte. Présidée par Elhadj Mamadou Cellou Dalein Diallo, le président de l’UFDG et de l’ANAD, la cérémonie de signature a été organisée  ce mercredi, 14 juillet 2021, au siège de de l’ANAD, à Cobayah, dans la commune de Ratoma, a constaté un reporter que Guineematin.com a dépêché sur place.

Selon les responsables de l’ANAD, cette nouvelle charte est née de la volonté des partis et mouvements politiques membres de transformer leur alliance électorale en une alliance politique pérenne ayant pour vocation la réconciliation nationale, l’instauration de la démocratie, le développement économique et l’Etat de droit en République de Guinée.

Dans sa communication de circonstances, le président de l’Alliance a rappelé et magnifié les efforts consentis par l’ANAD, avant de revenir sur les difficiles moments de la « confiscation de sa victoire » par le régime Alpha Condé.

« Avec cette confiance manifestée, ce soutien exprimé, nous avons réussi l’exploit de gagner cette élection dès le premier tour avec 53,84%. Au delà de cet exploit dont on continue de se réjouir, il y a la résistance que nous avons organisée ensemble contre les exactions, les violences, les tueries, les arrestations, les séquestrations déclenchées par Alpha Condé contre notre alliance. Nous avons perdu 51 personnes dont quatre en prison. Non seulement ces crimes sont niés par Alpha Condé et son clan mais il n’y a aucune disposition qui a été prise pour trouver les auteurs de ces crimes. Il n’y a eu aucune compassion par ceux qui se disent autorités de ce pays. Il y a eu plus de quatre cent personnes qui ont été arrêtées et sont encore séquestrées à la maison centrale de Conakry. Malgré tout, nous avons fait preuve de courage. Nous avons continué à tenir debout, à dénoncer la mascarade électorale, à exiger la vérité des urnes… personne n’a été effrayé par les intimidations. 

L’alliance électorale a permis de bâtir une confiance entre les leaders de l’ANAD ; et, maintenant, nous avons décidé de transformer cette alliance en une alliance politique pérenne pour faire face et contribuer à la réconciliation et à la consolidation de l’unité nationale parce que c’est comme si Alpha Condé est venu pour diviser la Guinée. Nous avons décidé de mettre ensemble nos efforts pour construire un État fort, neutre et impartial en faisant la promotion de la fraternité entre les fils de ce pays ». 

Par ailleurs, Cellou Dalein a appelé tous Guinéens qui veulent l’unité nationale à s’opposer et à combattre Alpha Condé qui, pour lui, est un facteur de division. 

« Lorsque vous dites que vous vous battez pour la promotion de l’unité nationale, de la bonne gouvernance, pour l’utilisation efficace des biens du pays, vous devez combattre Alpha Condé parce que c’est un facteur de division. Vous vous battez pour la bonne gouvernance, pour l’utilisation judicieuse et équitable des richesses de ce pays, vous devez être opposant à Alpha Condé parce que sa politique, c’est une politique de corruption, de vol et de détournement des deniers publics. Vous voulez que notre pays soit régi par des règles et des principes de l’État de droit, vous devez alors être opposés à Alpha Condé ». 

Plus que déterminer à mener la lutte pour la reconnaissance de sa victoire aux urnes, le patron de l’UFDG rassure les membres de l’ANAD que leur alliance finira par vaincre…

« La lutte va être gagnée. Notre combat pour le respect de la vérité des urnes, pour le respect des droits humains, le combat pour le développement socio-économique et social de ce pays, nous allons le gagner parce que nous défendons le respect des droits humains et la justice pour tous », a insisté Elhadj Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et de l’ANAD.

Mamadou Bhoye Laafa Sow pour Guineematin.com 

Tél. : 622919225 / 666919225

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Réorganisation de l’opposition pour mieux combattre le régime Alpha Condé : voici la nouvelle charte de l’ANAD

14 juillet 2021 à 13 01 40 07407

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, l’opposition guinéenne se réorganise pour mieux combattre le régime Alpha Condé. Comme si on retournait le couteau dans la plaie, la rencontre de ce mercredi, 14 juillet 2021, a été une occasion pour Cellou Dalein Diallo et ses camarades de la « vraie » opposition guinéenne de rappeler les multiples violations de leurs droits depuis l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 : emprisonnement, interdiction de voyage, occupation des bureaux et du siège de l’UFDG…

En attendant de revenir sur les détails de cette signature, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la nouvelle charte de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD).

CHARTE-DE-LALLIANCE-NATIONALE-POUR-LALTERNANCE-ET-LA-DEMOCRATIE

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Reprise des manifs de l’UFDG ? « La Guinée en a assez…», dénonce Bah Oury

12 juillet 2021 à 21 09 39 07397
Bah Oury, président du parti UDRG

Comme annoncé précédemment, Cellou Dalein Diallo, le leader de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), a donné le weekend dernier son avale « sur le principe » de la reprise des manifestations politiques en Guinée. Le principal opposant au régime d’Alpha Condé a ainsi répondu, sans donner de date, à l’ardent désir de la jeunesse de son parti de battre le pavé pour « dénoncer l’injustice, l’oppression, la marginalisation et la séquestration » dont l’UFDG est victime depuis la présidentielle du 18 octobre 2020 dans notre pays. Mais, cette décision de descendre dans la rue pour régler des différends politiques est jugée inappropriée par l’opposant Bah Oury, compte tenu de la situation de crise dans laquelle la Guinée se trouve déjà. Le leader de l’UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée) reconnait le droit de manifestation à l’UFDG ; mais, dans le contexte actuel, il estime qu’il faut trouver d’autres moyens pour faire prospérer sa cause.

« Ceux qui veulent manifester, libre à eux de le faire. En tout cas,  j’estime qu’il faut les laisser leur responsabilité, puisque la constitution leur en donne le droit. Ça, c’est au point de vue du principe. Mais, au point de vue de la réalité, personnellement, je considère que la situation guinéenne est très préoccupante du fait de la multiplicité des crises. Et, tout responsable soucieux de la stabilité et de l’avenir démocratique de la Guinée devrait rechercher d’autres moyens de faire prospérer sa cause que de faire descendre des gens dans la rue dans un contexte où nous savons que la violence a toujours été l’argument qui a été privilégié. De part et d’autre, j’estime qu’il y a eu suffisamment de blessés, suffisamment de personnes qui ont été tuées et il y a suffisamment de personnes qui sont emprisonnées aujourd’hui. Et, il faut avoir le courage et l’intelligence de savoir comment changer de stratégie et changer de méthode », a conseillé Bah Oury.

A en croire le leader de l’UDRG, le dialogue est aujourd’hui la meilleure manière pour les forces (opposition et mouvance présidentielle) qui bataillent sur la scène politique de trouver des solutions à leurs déboires. Cependant, Bah Oury pense que certaines personnes tirent leur survie dans les situations d’instabilités et de crises en Guinée.

« Je crois que dans ce pays, il y a des forces, quel que soit leur bord (certaines se situent dans le bloc de la mouvance, d’autres se situent dans le bloc de l’opposition) qui cherchent toujours à mettre le pays dans une situation d’instabilité, de crise récurrente, de manifestations, de contre manifestations avec des dégâts qui impactent plus la population que ceux qui prennent la décision d’organiser cela. Actuellement, le gouvernement guinéen devrait accélérer la mise en force de la dynamique pour l’organisation du dialogue politique et social comme ils l’ont promis et ils se sont engagés à le faire. Mais, j’ai l’impression que le gouvernement et même certaines forces de l’opposition veulent survivre en mettant tout le monde dans une situation d’instabilité et de crises récurrentes. C’est comme si l’un nourrit l’autre réciproquement. Mais, la Guinée en a assez de ces types de mentalité et de ces politiques qui sont contreproductives pour l’intérêt du pays de manière globale », a martelé Bah Oury.

Pour ce qui est de son parti, Bah Oury assure que l’UDRG s’inscrit dans la dynamique de l’apaisement. En termes clairs, son parti ne battra pas le pavé aux côtés de l’UFDG dans les circonstances actuelles du pays. Et, à ceux qui veulent manifester, l’opposant leur demande d’épargner la population des conséquences de leurs actes.

« En ce qui nous concerne à l’UDRG, nous privilégions la dynamique d’apaisement dans le contexte actuel pour faire libérer les détenus politiques, pour faire rouvrir les frontières le plus rapidement possible et pour engager de manière responsable et sérieuse une dynamique qui permettrait, autour de la table, de parvenir à régler les problèmes les plus saillants de la société guinéenne. C’est ça que nous priorisons dans la phase actuelle. Ceux qui veulent manifester, libre à eux de le faire. En tout cas, qu’ils épargnent la population des conséquences de leurs actes », a indiqué Bah Oury.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Du nouveau pour nos lecteurs : Guineematin lance une émission télévisée

2 juillet 2021 à 22 10 23 07237

La rédaction de Guineematin.com est heureuse d’annoncer à ses lecteurs, le lancement d’une émission télévisée qui fera désormais partie de ses programmes. Dénommée « La Grande interview », cette émission aura lieu chaque samedi, à 14h 00, à compter de ce 3 juillet 2021. Elle sera diffusée en direct sur notre site d’informations www.guineematin.com, sur notre page Facebook et sur tous nos canaux digitaux.

« La Grande interview » se veut une tribune de débat sans passion et sans filtre, qui permettra à nos téléspectateurs de mieux comprendre l’actualité guinéenne. Avec nos invités, nous allons décortiquer, analyser et commenter tous les sujets marquant l’actualité politique, sociale, économique, culturelle, sportive de notre pays. 

Le premier numéro de cette émission recevra ce samedi, 3 juillet 2021, Cellou Dalein Diallo, président de l’UFDG et principal opposant du régime Alpha Condé. Pendant une heure, nous aborderons avec lui plusieurs questions, notamment la détention de nombreux responsables et militants de son parti, la lutte pour la reconnaissance de sa « victoire » à l’élection présidentielle du 18 octobre 2020, l’éventuelle reprise des manifestations de rue, mais aussi la situation économique de la Guinée.

Nous vous attendons très nombreux demain, à 14h 00, pour entamer ensemble cette nouvelle aventure qui, nous en sommes convaincus, contribuera  à promouvoir la liberté d’expression, le respect des droits des citoyens, la transparence dans la gestion de la chose publique pour le bien de tous les Guinéens. 

Managée par Abdoulaye Oumou Sow, cette émission sera co-animée par Nouhou Baldé et Bachir Sylla de Guinée_eco.info

Pour vos questions et suggestions, vous pouvez nous contacter par SMS ou WhatsApp au 00224621440632


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Conakry : le prisonnier politique Abdoulaye Bah (ancien maire de Kindia) évacué à l’hôpital Ignace Deen

29 juin 2021 à 17 05 33 06336
Abdoulaye Bah, ancien président de la délégation spéciale de Kindia

En détention à la maison centrale de Conakry depuis le mois de novembre dernier, Abdoulaye Bah, ancien président de la délégation spéciale de Kindia, a été évacué ce mardi, 29 juin 2021, à l’hôpital Ignace Deen. Selon un de ses avocats joint au téléphone cet après-midi par Guineematin.com, ce membre du bureau politique national de l’UFDG (Union des Forces Démocratiques de Guinée) est très malade.

« Il (Abdoulaye Bah) a été évacué ce main. Il souffre de ballonnement du ventre et des pieds », a confié Me Salifou Béavogui, tout en précisant que son client est jusqu’à présent (17 heures) à Ignace Deen.

A rappeler que monsieur Abdoulaye Bah (ainsi que de nombreux opposants arrêtés au lendemain de l’élection présidentielle contestée du 18 octobre 2020) est poursuivi pour son opposition affichée au troisième mandat du président Alpha Condé. Préalablement accusés de fabrication d’armes de guerre, leurs infractions ont été requalifiées en « atteinte aux institutions de la République, participation à un mouvement insurrectionnel, menaces de violences de mort par le biais d’un système informatique, diffusion et mise à disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre public, etc. ». Ils ont toujours clamé leur innocence et réclamé leur libération. Mais, huit mois après leurs arrestations, ils sont toujours en détention, sans avoir été jugés…

A suivre !

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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La justice guinéenne à l’épreuve

29 juin 2021 à 16 04 29 06296

Les autorités clament et proclament sur tous les toits que la justice guinéenne est indépendante. Comme dans tout pays démocratique, il y aurait une séparation de pouvoirs. Ce qui empêche l’un à s’immiscer dans les affaires de l’autre.

De temps en temps la justice tente de confirmer cette assertion. Comme ce fut le cas lors de la relaxe d’Oumar Sylla par le juge du tribunal de première instance de Dixinn. Lequel juge donna ainsi espoir à ceux qui rêvent d’une justice véritablement indépendance dans ce pays. Cet espoir fut malheureusement de courte durée, comme on le verra plus loin.

Le tribunal de première instance de Mafanco pourrait emboiter le pas à celui de Dixinn. Ce 28 juin 2021 le procureur près dudit tribunal a estimé n’avoir pas de preuves contre deux accusés. En l’occurrence le maire et le vice-maire de Matam. Cet aveu est un espoir pour les deux anciens responsables de la commune de Matam. Et plus particulièrement à Ismaël Condé, devenu la bête noire du régime à cause de sa transhumance politique et son opposition contre le troisième mandat.

Cette décision du procureur de Mafanco constitue-t-elle les prémisses d’un début de l’indépendance de notre justice ? Le sort réservé aux deux hommes apportera la réponse. Car cette décision va à l’encontre de la volonté de ceux qui voudraient que M. Condé paye le prix de son opposition au troisième mandat. Beaucoup d’observateurs estiment que la velléité de quelques magistrats d’afficher leur indépendance se heure souvent à un rappel à l’ordre. Quelques faits constituent la preuve que la séparation de pouvoirs et l’indépendance de la justice restent pour le moment un vœu pieu.

Tout d’abord, les prisonniers politiques, qui cèdent au « chantage » selon l’opposition, sont libérés. Plusieurs détenus n’ont recouvré la liberté qu’après avoir demandé pardon au chef de l’Etat. C’est le cas de Boubacar Diallo alias Grenade et de Mamadi Condé connu sous le nom de Madic100 frontières. Depuis la libération de ces deux bagnards de Coronthie, la méthode a fait tache d’huile. Souleymane Condé a emboité le pas à Mamadi Condé. Reste à savoir si Ismaël Condé va marcher sur leurs traces.

Des faits troublants. Entre autres la rétention du 1er vice-président du principal parti de l’opposition, empêché de sortir du territoire pour des soins de santé à l’étranger. Dans un pays où la justice est véritablement indépendance, un juge aurait autorisé l’opposant malade à quitter le pays dans la mesure où, jusqu’ici, ce dernier n’est responsable d’aucune infraction. Visiblement le pouvoir attend que Dr Fodé Oussou Fofana, tout comme ses camarades de lutte en détention, demande la clémence du chef suprême pour pouvoir quitter la Guinée ou pour recouvrer la liberté.

L’intéressé a tranché en disant qu’il préfère que son œil crève que de « quémander » son autorisation de sortir du pays. Une prise de position diversement appréciée au sein de l’opinion. Pour les partisans du pouvoir ce « suicide » prouve l’orgueil de l’homme. Un tout autre son de cloche pour les militants de l’opposition qui interprètent le cri de désespoir de M. Fofana comme une dignité et un don de soi pour son pays.

D’autres faits non moins troublants, c’est la condamnation d’Oumar Sylla dit Foniké Mengué à une peine de prison supérieure à celle préconisée par le procureur. Ce qui suscite encore aujourd’hui beaucoup d’interrogations. Un juge peut-il être plus royaliste que le roi des poursuites ? Cela peut arriver, selon l’ancien bâtonnier, qui a expliqué sur sa page Facebook qu’un juge n’est obligé d’appliquer ni la plaidoirie d’un avocat ni le réquisitoire d’un procureur.

Mais, la règle est que la peine prononcée par un juge est souvent inférieure à celle que préconise l’empereur des poursuites. Dans le cas d’Oumar Sylla, nous avons assisté à l’inverse. D’où l’indignation de la défense, de la classe politique et de certains observateurs. Tous crient à un règlement de compte contre ce fer de lance du mouvement contre le troisième mandat.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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Alpha Condé libère 2 opposants à son 3ème mandat : Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté graciés

22 juin 2021 à 20 08 50 06506

C’est par un décret rendu public dans la soirée de ce mardi, 22 juin 2021, que le président Alpha Condé a gracié deux opposants à son troisième mandat. Une totale remise de peine est accordée à Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté graciés, a indiqué le décret.

Arrêtés, détenus, jugés et condamnés pour leur opposition au troisième mandat du président Alpha Condé, Souleymane Condé et Youssouf Dioubaté étaient dans le même dossier que le défunt Roger Bamba de l’UFDG. Mais, après le décès de ce dernier, les deux premiers ont été condamnés à un an d’emprisonnement et au paiement d’une amende de 20 millions de francs guinéens chacun, le mercredi 13 janvier 2021, par le tribunal de première instance de Dixinn.

A la barre, le président du mouvement Diversité Républicaine de Guinée est revenu sur les circonstances de son arrestation, en septembre dernier. « Je vis aux États-Unis. Je suis venu en Guinée le 25 août 2020, et j’ai lancé le mouvement Diversité Républicaine de Guinée (DRG) à la maison de la presse de Conakry, le 12 septembre 2020. Peu après le lancement, j’ai été kidnappé par les forces de l’ordre conduit dans une villa, à Kaloum, où je suis resté pendant 4 jours avant d’être déféré à la maison centrale », a-t-il relaté.

Pour lui, il n’y a aucun doute que son arrestation est la conséquence de son opposition à un 3ème mandat pour le président Alpha Condé à la tête de la Guinée. « Depuis 2016, je m’oppose à un troisième mandat pour Alpha Condé. Aujourd’hui, ça fait 100 jours que je suis en prison. Je suis l’homme le plus heureux d’être pendant 100 jours à la maison centrale. J’ai beaucoup appris. Cela me permettra même de plaider pour les gardes pénitentiaires qui font beaucoup de choses, mais qui sont abandonnés. Mon combat n’est pas contre Alpha Condé, mais je combats pour des valeurs et des principes. D’ailleurs, après sa réélection, le président de la République m’a donné raison. Parce que lui-même il est sorti à la télévision pour dire qu’il va gouverner autrement », avait dit Souleymane Condé lors de son procès, en janvier dernier…

À suivre !

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L’opposant Ismaël Condé se confie : « je suis épuisé par la détention »

21 juin 2021 à 19 07 29 06296
Ismaël Condé, premier Vice-Maire de Matam et membre du Bureau Exécutif de l’UFDG

C’est visiblement un appel de détresse que l’opposant Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG, a lancé ce lundi, 21 juin 2021, après la clôture des débats dans le second dossier de son procès. Un dossier dans lequel le transfuge du parti au pouvoir qui a rejoint le principal parti d’opposition du pays est poursuivi pour « offense sur la personne du président de la République, production, diffusion, et mise à la disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre public par le biais d’un système informatique ».

S’exprimant aux micros des journalistes présents au tribunal de première instance de Mafanco (Conakry), dont un reporter de Guineematin.com, le jeune opposant a dit être épuisé par sa détention qui dure depuis 9 mois. Lui, qui a déclaré un peu plus tôt avoir regretté les propos qu’il a publiés sur sa page Facebook et qui l’ont conduit en prison, souhaite que cette affaire soit maintenant derrière lui. Il en a profité d’ailleurs pour rappeler encore une fois que le président Alpha Condé qu’il est accusé d’avoir offensé est un homme qu’il a beaucoup aimé et qu’il a longtemps servi.

« Je suis épuisé par le long moment de détention. Vous avez devant vous, un homme fatigué et qui demande la fin de cette histoire, qui a malheureusement tant duré. Dans cette publication, je n’ai rien dit de grave. Je n’ai fait que retranscrire les propos du Chef de l’État que j’ai servi d’ailleurs pendant plus de 20 ans, que mes parents ont servi, que ma chère mère a servi. Un président que j’ai tout abandonné en France : mère, femme, enfants, travail, maison, pour venir servir. Je me retrouve aujourd’hui dans le camp des bannis, parce j’ai aimé ce président, parce que j’ai aimé ce parti que nous avons bâti ensemble.

Je suis fier du combat que le professeur a mené. Je suis fier du combat que le RPG a mené. C’est un appel que je lance à tous les démocrates de rester encore sereins. On ne se bat pas pour un homme, on se bat pour un pays, pour l’instauration de la démocratie. Au sein du RPG, il y a beaucoup de gens qui ont pensé comme moi. J’ai reçu au sein du RPG beaucoup de soutiens de personnes du haut rang qui m’ont apporté leur soutien en disant : vous avez dit tout haut ce que nous avons pensé tout bas. Mais ce n’était pas le but de dire haut ce que tout le monde pense bas. J’ai juste dit mon opinion », a déclaré Ismaël Condé.

A noter que la décision du tribunal dans cette affaire est attendue le 8 juillet 2021. Mais avant cette date, le premier vice maire de Matam doit comparaître de nouveau dans un autre dossier où il est poursuivi avec le maire de cette commune de Conakry (lui aussi membre d’un parti d’opposition) par une PME de ramassage d’ordures. Le responsable de cette entreprise les accuse d’escroquerie, complicité, entrave à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés, les concessions et d’égalité de service public. Le procès a été ouvert ce lundi 21 juin avant d’être renvoyé à la semaine prochaine.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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Dr. Faya sur le dialogue politique : « Cellou, Sidya, Ousmane Kaba… étaient tous au PUP avec Fodé Bangoura… C’est un atout, s’il sait l’exploiter »

18 juin 2021 à 13 01 46 06466
Dr Faya Millimono, président du Bloc Libéral

De retour au pays après plus de trois mois d’absence, Dr Faya Millimouno, le président du Bloc Libéral (BL), s’est exprimé hier, jeudi 17 juin 2021, sur l’actualité sociopolitique brûlante de la Guinée (dialogue politique, condamnation de Oumar Sylla, etc) et sur l’état de santé de son parti le BL. L’opposant au régime Alpha Condé. C’était à l’occasion d’un entretien accordé à un journaliste de Guineematin.com, le patron du BL croit dur comme fer que la libération des détenus politiques pourrait contribuer significativement à décrisper le climat politique et donner la chance au dialogue politique.

Décryptage !

Guineematin.com : le dialogue politique et social a été lancé hier à Conakry sous l’égide d’Elhadj Fodé Bangoura. Vous n’étiez pas là à sa nomination comme secrétaire permanent de ce dialogue. Alors, comment avez-vous accueilli sa nomination et quelle lecture faites-vous de ce début de dialogue ?

Dr Faya Millimouno : je dois commencer par dire que nous avons été les tous premiers à appeler au dialogue, parce que notre pays était sur une pente très raide. Les tensions étaient plus vives qu’elles ne le sont maintenant. Elles ne sont pas encore complètement dissipées, mais les tensions étaient véritablement vives. Alors, aujourd’hui nous sommes contents de savoir que tous les acteurs, même si certains posent des conditions, sont plus ou moins d’accord que nous allions au dialogue. Je n’étais pas là quand on a nommé Elhadj Fodé Bangoura, je suis de ceux qui pensent que nous avons des ressources qu’il faille exploiter. Je n’ai jamais été très séduit par les groupes de contact internationaux. Des gens qui ne connaissent pas le pays. Ibn Chambas est venu ici une dizaine de fois, il n’y a pas eu de solution. Djinit l’a précédé. Est-ce qu’on a des ressources internes ? Des Juristes, anthropologues, ethnologues, ceux qui, véritablement, connaissent les réalités guinéennes qui peuvent travailler à faire parler les guinéens entre eux ? Oui ! Il y en a. Monsieur Fodé Bangoura a été, à un moment donné, appelé le petit président de notre pays. Très proche de Lansana Conté et il a travaillé presqu’avec la majorité des acteurs politiques que nous avons aujourd’hui. Regardez autour du président Alpha Condé, beaucoup de ceux qui étaient avec lui au PUP sont autour du président Alpha Condé. Et beaucoup de ceux qui sont dans l’opposition, que ce soit Cellou Dalein, Sidya Touré, Ousmane Kaba, c’est des gens qui ont étroitement collaboré avec lui. Cette connaissance des acteurs est un atout. S’il sait l’exploiter, je crois que ça peut permettre de relever le défi lié à l’exclusivité de ce dialogue. Parce qu’il faut que tout le monde y prenne part et que tous les enjeux soient sur la table pour que nous arrivions à quelque chose de mieux pour le pays.

Guineematin.com : ce dialogue a été lancé avec les acteurs du secteur du transport. Est-ce que vous pensez que c’est déjà un bon début ou bien il fallait commencer par les questions politiques qui semblent intéresser plus d’un?

Dr Faya Millimouno : j’ai vu qu’ils ont commencé le dialogue par le secteur du transport. Mais, il faut commencer par reconnaître que dans tous les secteurs, il y a des problèmes. Et donc, si en écoutant les acteurs on pense trouver des débuts de solution, tant mieux. Mais, là où le bas blesse effectivement, c’est au niveau politique. Parce que là où le manque d’entente, de compréhension fait beaucoup plus d’impact négatif sur la vie nationale, c’est au niveau politique. Mais, je n’ai pas la prétention de dire que j’ai la solution de dire qu’il fallait commencer par tel ou tel. Peut-être qu’il y a une stratégie qui se déroule. Essayons seulement de ne faire aucun sujet un tabou. Nous avons de véritables problèmes, le pays est fermé à ses frontières Nord avec le Sénégal, avec la Guinée Bissau. Ça a un impact négatif sur la vie nationale. Nous avons des prisonniers, certains y sont morts, il y en a qui ont une santé précaire… Tous les sujets doivent être sur la table et ce dialogue ne doit pas ressembler aux précédents.

Guineematin.com : Le chef de file de l’opposition, Elhadj Mamadou Sylla, dit ne pas croire à ce dialogue parce que selon lui, il y avait des préalables à satisfaire. Est-ce que c’est votre avis aussi ?

Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral

Dr Faya Millimouno : il est clair qu’aujourd’hui il y a des choses qu’il faille faire pour baisser la tension. Nous au BL, nous travaillons à cela depuis très longtemps. Lorsque j’ai rendu visite à nos amis Ousmane Gaoual, Etienne Soropogui, Cellou Baldé, Abdoulaye Bah, Chérif Bah ; mais, surtout à ceux que nous ne pouvons pas nommer, quand je suis passé trois fois à la maison centrale, ayant été moi-même locataire là-bas, je sais ce que les gens vivent. Et puis, je suis en train de faire comme je peux pour que leur libération soit acquise. Je suis de ceux qui pensent que la libération, ne serait-ce que temporaire, parce qu’on peut dire : pour ne pas interférer avec le judiciaire, puisqu’il y a eu des accusations portées contre eux, que la procédure se poursuive ; mais, que cela soit fait selon ce que nous savons du droit. Lorsqu’on accuse, on donne la preuve. On n’accuse pas pour dire à celui qui est accusé de prouver qu’il est innocent. Celui qui accuse donne la preuve. Je vois d’ailleurs que dans le dossier qui concerne nos camarades, il y a une grande évolution. Il y a beaucoup de choses qu’on a dites au début de la procédure qu’on leur reprochait. La lecture des chefs d’accusation aujourd’hui nous fait penser à une grande évolution. On ne parle plus de fabrication ou de détention d’armes. ça veut dire que peut-être au cours de la procédure on s’est rendu compte qu’on est allé très vite en besogne et que ces gens-là ne sont pas des monstres comme on l’a prétendu et d’ailleurs elles sont allées eux-mêmes à la police judiciaire pour répondre aux convocations. On n’est pas venu les prendre. Certains diront que c’est un préalable ; mais, le fait de les libérer, ne serait-ce que provisoirement, peut faire baisser les tensions et donner la possibilité que le dialogue prenne place. Une autre chose que certains sont en train de citer comme préalables et que moi je pense que c’est essentiel, ce n’est pas une question de dialogue. Je suis un homme politique, je voyage beaucoup. Ça me met mal à l’aise de faire le test de Covid parce que je dois aller au Sénégal ou en France ou ailleurs, je paye mon billet et que ça soit au moment où je dois m’embarquer qu’on me dise non, tu ne peux pas voyager. La justice peut faire mieux que ça. Nous sommes tous justiciables. Si pour une procédure en cours il y a quelque chose qui m’est reproché et qui donne raison à la justice de restreindre mes mouvements on peut dire : monsieur Millimono, pour telle procédure en cours dont vous êtes cités, vous ne pouvez pas sortir du pays. Là, c’est transparent, c’est connu de tous. Ça n’ajoute pas à la frustration que je sois laissé d’abord en train de me préparer parce que je réponds à une invitation ou que je vais pour une visite médicale et que ça soit quand je suis prêt à prendre l’avion qu’on me dit que je ne peux pas voyager. Au-delà du fait que nous devons dialoguer, je trouve que ce n’est pas normal que ça se passe dans notre pays. Non, ce que certains pensent que c’est un préalable pour dialoguer, je pense qu’on doit simplement agir là-dessus, montrer une volonté politique là-dessus pour que d’abord, sur le plan de l’image du pays, nous ne continuons pas à être cités comme un pays qui prend d’assaut  sur les droits et libertés des populations.

Guineematin.com : ces dérives que vous êtes en train de citer, c’est notamment l’UFDG qui en est la principale victime. Mais, est-ce que cela veut dire que vous comprenez leur position de conditionner leur participation à ce dialogue à la libération de ses cadres emprisonnés, la libération de leur siège et de ses bureaux ; mais, aussi leur liberté de voyager ?

Dr Faya Millimouno : je comprends leurs soucis. A la place de tous les partis qui sont concernés, le Bloc Libéral serait tenté d’agir de la même façon. Il y a l’UFDG, comme vous l’avez dit, qui fait partie ; l’UFR qui s’est battu deux fois, trois fois avant de pouvoir obtenir la possibilité de sortir ; mon frère et ami, Abé Sylla, est passé par là. Donc, je dis simplement que ça n’honore pas notre pays ; et, on peut faire mieux. Ça fait plus de 60 ans qu’on est indépendant et nous sommes les précurseurs en matière de promotion des valeurs démocratiques, la Guinée a pris le devant ; mais aujourd’hui, nous semblons être  à la traîne. C’est pourquoi, au-delà du fait que nous devons aller au dialogue, j’invite ceux qui nous gouvernent, et particulièrement l’appareil judiciaire, à faire preuve de plus de professionnalisme dans la façon de faire les choses.

Guineematin.com : puisque nous parlons des questions judiciaires, il y a une semaine, Oumar Sylla Foniké Mangué a été condamné à une lourde peine de prison ferme. En première instance, il avait été condamné à 11 mois. En appel, le procureur demande 2 ans et finalement le juge annonce 3 ans. Quelle est votre lecture de cette autre actualité ?

Dr Faya Millimouno : naturellement et de façon générale, on dit qu’on ne commente pas une décision de justice. Mais, cette condamnation ne va pas dans la bonne direction parce qu’il y a eu un combat qui a été mené et ce combat n’était pas vide de sens. Quand on dit que le FNDC a mené le combat pour ne pas que la constitution change, ce n’est pas un combat vide de sens. Le président, Alpha Condé qui est là aujourd’hui, dans les années 2000, il a mené le même combat pour que la constitution de la Guinée ne change pas au temps de Lansana Conté. Alors, il ne faut pas qu’on installe notre pays dans une tradition de présidence à vie. Le combat a été mené, au bout, un président a été proclamé élu, investi, à travers un processus qui a connu la participation de tout le monde. Je crois qu’il est dans l’intérêt de tout le monde aujourd’hui qu’on ne continue pas à chercher la bête noire. Mais, que l’on mette la balle à terre et qu’on travaille tous à créer une atmosphère apaisée.

Guineematin.com : revenons maintenant sur le sujet concernant votre parti. Pendant que vous êtes en procès avec certains anciens responsables du BL, on a vu le départ du chargé des questions électorales du parti. Comment avez- vous accueilli cette démission ?

Dr Faya Millimouno : ce n’est pas nouveau. Je suis très étonné que les médias fassent une actualité. Moi, en tant que président, avant même que je ne voyage pour les Etats-Unis au mois de mars, c’est en novembre que j’ai obtenu une lettre de démission de la part de Samuel Kourouma. Alors, je lui ai répondu au nom du parti pour lui souhaiter bonne chance. Ça, c’était en novembre. Nous sommes en juin, on lui a souhaité bonne chance où il dépose ses valises. Donc, on ne fait pas de commentaire sur ça parce que c’est une histoire vraiment ancienne.

Guineematin.com : mais, qu’est-ce qui a été à l’origine de son départ.

Dr Faya Millimouno : nous, nous n’avons pas besoin d’expliquer sur ce qui a été à l’origine de son départ. C’est lui qui a dit qu’il quitte le parti, on lui a souhaité bonne chance et nous nous continuons notre marche. Qu’il ait la chance d’évoluer, on sera sur le terrain politique, on se rencontrera et nous sommes appelés à faire peut-être des choses ensemble.

Guineematin.com : avec ce départ qu’on peut ajouter au procès est-ce que vous ne pensez pas aujourd’hui que le Bloc Libéral a vraiment besoin du sang neuf ?

Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral

Dr Faya Millimouno : pour le procès, il ne faut pas mêler le BL. Ce n’est pas le BL qui poursuit, c’est moi-même. Même si j’ai besoin de me servir des archives du BL, je dois avoir l’autorisation du parti ; parce que je ne suis qu’un individu. Alors, ce procès, je le fais pour des raisons pédagogiques. Nous nous battons pour des valeurs ; et, la calomnie, la diffamation n’est pas une valeur. C’est une contrevaleur. Il vous souviendra que lorsqu’en communicant ici, au siège du parti, j’ai confondu Mohamed Lamine Fofana à Mamadou Lamine Fofana, j’ai fait l’objet de poursuite pour diffamation. J’ai été en prison ; mais, j’avais le cœur tranquille, parce que j’ai reconnu qu’il y a avait une erreur. J’ai fait une déclaration là-dessus. Et donc, j’étais en harmonie avec moi-même. Il y a eu par le passé des gens qui m’ont attaqué dans les médias pour dire beaucoup de choses, je n’ai pas répondu. Je leur ai donné l’opportunité d’aller devant la justice solennellement pour donner les preuves. Pour l’instant, cette procédure telle que je la vois, les gens on leur dit d’amener la preuve, ils amènent d’autres accusations. Je souhaite simplement que le droit soit dit dans cette affaire.

Guineematin.com : quel est votre mot de fin ?

Dr Faya Millimouno : c’est de dire que le BL aujourd’hui se porte mieux. Je viens de quitter l’extérieur où, malgré la Covid-19, j’ai pu quand-même par les applications interposées conférer avec les autres structures qui sont en Europe, aux Etats-Unis. Le parti se porte de plus en plus mieux parce qu’à l’interne, on avait l’impression qu’il y avait comme si c’était des ennemis qui se retrouvaient. On n’avait plus un même objectif. Aujourd’hui, l’objectif est commun et que les choses se font dans la sérénité. Au moment où nous parlons, plusieurs missions sont à l’intérieur du pays et notre mission est en train de se poursuivre dans le grand Conakry. Même le dimanche dernier j’étais à la tête d’une forte délégation à Coyah. Et ce dimanche nous serons à Manéah. Le parti gagne aujourd’hui ses forces et ce qui est important, j’invite tous les militants et les sympathisants à redoubler d’effort pour que nous délivrions la marchandise par rapport à la promesse que nous avons faite au peuple de Guinée, créer la rupture.

Interview réalisée par Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

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Me Christophe Koné sur la condamnation de Foniké Menguè : « notre justice est en train d’aller en sale besogne »

11 juin 2021 à 15 03 57 06576
Maître Koné Aimé Christophe Labilé, président de l’ONG Avocats sans frontières de Guinée

Comme annoncé précédemment, Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, Responsable de la mobilisation et des antennes du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), a été condamné à 3 ans de prison ferme hier, jeudi 10 juin 2021, par une décision de la Cour d’Appel de Conakry. Une condamnation de cet activiste de la société civile guinéenne est aujourd’hui très vivement critiquée par  l’opposition et les organisations de défense des droits humains en Guinée. Au niveau de l’ONG ‘’Avocat Sans Frontière’’, on exprime une « indignation » face décision de la Cour.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com ce vendredi, 11 juin 2021, Me Koné Aimé Christoph Labilé, le président de l’ONG Avocat sans frontière, s’est interrogé sur les motivations de la Cour en rendant cette décision.

« Je l’ai appris dans les différents médias, moi-même je n’y étais pas. Mais, j’ai une réaction d’indignation à travers ce que j’ai entendu. Partir d’une condamnation de 11 mois et je ne sais qui a fait appel peu importe, mais Foniké Mengué je crois qu’il a fait appel. Donc, quand un prévenu condamné fait appel, c’est pour alléger sa peine. Je tombe de nuit que la décision est drastiquement changé au niveau de la cour d’appel dans le sens d’alourdir sa sanction. La question que je me pose d’abord, c’est-ce que le procureur a fait appel ? Parce que l’appel du prévenu ne peut pas aggraver son sort. D’apprendre que même en audience, au niveau de la cour d’appel, la réquisition du procureur tournait autour de 2 ans. Alors, quand le juge condamne à 3 ans, juge qui n’est pas parti, je crois qu’il y a eu une mauvaise décision. Le juge a statué au-delà de ce qui lui était demandé. Alors, la question que je me pose, pourquoi les juges de la Cour d’Appel ont-t-il agit ainsi ? Qu’est-ce qu’ils ont voulu faire ? » s’est interrogé Me Koné Aimé Christoph Labilé.

Pour ce défenseur des droits humains, la procédure normale n’a pas été respectée dans cette affaire.

« Une décision doit être rendue à la suite d’un débat contradictoire au cours duquel chaque partie tente de tirer la couverture vers lui. Le prévenu tente de dire qu’il n’a commis aucune infraction ; et, pour cette raison, il demande sa relaxe pure et simple. Monsieur le procureur qui est l’empereur de la poursuite peut dire : ce Monsieur qui est par devant vous a commis telle infraction et pour la répression de laquelle je sollicite qu’il soit condamné à tel nombre d’année ou tel nombre de mois. Alors si les deux parties s’expliquent, le juge qui doit prendre le juste milieu et rendre la décision conformément à la loi qui est applicable aux faits. Qu’il aille au-delà de ce qui lui est demandé, on ne peut dire que c’est une mauvaise décision. Mais, en tant que défenseur des droits de l’homme, je crois que notre justice est en train d’aller en sale besogne », a indiqué Me Koné Aimé Christoph Labilé.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

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Guinée : retour au bercail de Soulay Thiâ’nguel à quel prix ?

9 juin 2021 à 17 05 22 06226
Souleymane Thiâ’nguel Bah

Depuis quelques jours, certains militants du principal parti de l’opposition envoient des flèches à des responsables dudit parti. Lesquels sont soupçonnés de connivence avec l’adversaire. C’est dans ce contexte de suspicion qu’un responsable du  parti et non des moindres revient de son exil. Ce qui conforte ceux qui pensent que le pouvoir est en train de négocier avec certains responsables et militants du parti pour, sinon anéantir tout au moins affaiblir ce parti qui reste toujours une épine dans le pied du régime.

Comme par coïncidence, le retour de l’ancien responsable de communication de l’UFDG de ses longues années d’exil en France intervient au moment où trois cadres du parti, détenus à la maison centrale de Conakry, ont lancé un appel au dialogue. Cela veut dire que, d’une manière ou d’une autre, cet appel n’est pas tombé dans des oreilles sourdes. Le retour de Souleymane Bah, connu sous le nom de Soulay Thiâ’nguel, ne peut être que le fruit d’une négociation entre l’intéressé et les autorités guinéennes, estime-t-on.

Ces négociations incluraient-elles le départ de cet intellectuel de son parti et par ricochet son adhésion au parti au pouvoir ? Les jours et semaines à avenir nous édifieront. Il faut noter toutefois qu’au plan juridique, la Guinée avait déjà déclaré que le Soulay Thiâ’nguel qui a fait l’objet de condamnation n’est pas le responsable de la communication de l’UFDG. Mais l’histoire ressemble fort à celle de l’hyène que la légende nous raconte : « alors que tout le monde était réuni quelque part, quelqu’un a crié attrapez-le. L’hyène a immédiatement détalé de toutes ses forces. Interrogé quelques jours plus tard pourquoi elle a fui, elle a demandé si, après sa fuite, on a attrapé un autre à sa place. La réponde fut négative. L’hygiène a conclu alors qu’elle avait eu toutes les bonnes raisons de détaler.

Soulay Thiâ’nguel sait qu’il ne doit son salut qu’à son départ du pays à l’époque. Aujourd’hui la donne a changé. Le troisième mandat a été obtenu. Les pressions externes s’intensifient. Le régime a besoin de montrer sa volonté de décrisper la situation. C’est ce contexte qui a favorisé le retour en exil de Souleymane Bah.

Pour revenir aux soupçons et à la suspicion qui règnent au sein du principal parti de l’opposition, ce retour négocié n’est pas de nature à apaiser l’esprit de ceux qui sont tombés dans un état paranoïaque dans ce parti. Mais il existe un précédent qui pourrait les rassurer. En l’occurrence le cas Bah Oury. Pour beaucoup d’observateurs, après la grâce accordée à M. Bah et son retour d’exil, l’ancien ministre devait être nommé par Alpha Condé. Cela ne s’est jamais produit. Tout en prenant ses distances vis-à-vis de son ancien parti, il a gardé une certaine indépendance critique dans la gestion des affaires publique du pays.

Comme le premier Bah, on peut penser que le second n’a pas marchandé son retour. Surtout pas pour confirmer tous les soupçons qui hantent actuellement les esprits dans son parti. Dans tous les cas, et quelle que soit la décision que le revenant va prendre, ce dernier a déjà subi un préjudice irréparable. Il pourrait certes pardonner, mais jamais oublier la douleur qui fut la sienne de perdre son père quand il était contraint à tort à vivre loin des siens.

Avant même le mea culpa des autorités guinéennes, l’accusation portée contre Souleymane Bah avait laissé nombre de Guinéens incrédules. Cet intellectuel étant tout sauf un criminel.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

Téléphone : 664 27 27 47

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Dialogue politique en Guinée ? La CARP exige la libération des détenus politiques

7 juin 2021 à 19 07 03 06036
Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC et membre de la CARP

La convergence des acteurs pour la relève politique (CARP) est favorable au dialogue politique en perspective. Cette coalition de partis politiques estime qu’il est impératif de mettre le pouvoir et l’opposition autour d’une même table en vue d’aplanir leurs divergences et décrisper la situation sociopolitique du pays. Mais pour cela, elle pose quelques conditions préalables, notamment la libération des détenus politiques, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Depuis quelques semaines, le débat fait rage au sein de la classe politique guinéenne autour de la nécessité d’aller au dialogue annoncé par le pouvoir. La convergence des acteurs pour la relève politique (CARP) a donné sa position sur cette question au cours d’une conférence de presse, tenue ce lundi 7 juin 2021, à Conakry. La coalition, composée de plusieurs petits partis d’opposition, trouve qu’il est indispensable de mettre en place un cadre de discussions qui permettra de résoudre les problèmes que connaît le pays.

Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC et membre de la CARP

« Il y a des problèmes aujourd’hui, parce que des responsables du principal parti d’opposition sont en prison. Il y a des problèmes parce que l’UFDG n’est pas à l’Assemblée nationale. Il y a des problèmes parce que le siège de l’UFDG est fermé depuis plusieurs mois. Le principal parti d’opposition ne reconnaît pas le président de la République. Est-ce qu’on peut dire qu’il n’y a pas de problèmes ? Ceux qui disent qu’il n’y a pas de problèmes, ce sont des démagogues », estime Dr Ibrahima Sory Diallo, président du parti ADC-BOC et membre de la CARP.

Mais, avant d’aller à ce dialogue, la convergence des acteurs pour la relève politique indique qu’il faut d’abord réunir un certain nombre de conditions préalables. Il s’agit notamment de la libération des nombreux opposants arrêtés lors de la crise post-électorale d’octobre-novembre 2020, qui sont toujours détenus à la Maison centrale de Conakry. « Nous saluons la nomination de Fodé Bangoura (comme secrétaire permanent du cadre de dialogue politique et social, ndlr). La première des choses que M. Bangoura doit faire, c’est d’aller vers les partis concernés.

C’est dans ce cadre que nous, nous avons été consultés, et les conseils qu’on lui a donnés, c’est d’aller aussi vers les autres. Nous invitons le premier ministre et M. Fodé Bangoura de faire en sorte que le dialogue soit inclusif. C’est ce qui nous a poussés à demander une libération sous conditions des détenus politiques parce que c’est une condition pour aller au dialogue. Vous ne pouvez pas aller au dialogue pendant que votre siège est fermé, vous ne pouvez pas aller au dialogue pendant que vos cadres sont en prison (…). La justice doit faire son travail, on ne s’oppose pas à ça. Mais si le travail de la justice va enfreindre la mise en place du cadre de dialogue, nous lui demandons de trouver des mesures pour permettre la tenue de ce dialogue », a lancé Dr Ibrahima Sory Diallo. 

Amadou Lama Diallo pour Guineematin.com

Tel. 621686148

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Mamadou Barry : « Non Aliou Condé, ce n’est pas la Guinée qui est à la croisée des chemins, c’est bel et bien l’UFDG »

5 juin 2021 à 23 11 22 06226
Mamadou Barry

Non Aliou Condé, ce n’est pas la Guinée qui est à la croisée des chemins, c’est bel et bien l’UFDG. Ceux qui pensent parler au nom de la Direction Nationale du parti doivent avoir la pudeur et la modestie de se dire ne pas forcément avoir Le monopole de la vérité.

La notion de capitulation est acceptée lors d’un conflit en Cours. La bataille du 18 Octobre est terminée. C’est un nouveau combat qui se prépare. Pour cette nouvelle orientation, l’UFDG doit se remettre en cause et particulièrement ceux qui estiment En être Les propriétaires.

Revenons un peu sur cette notion de dialogue qui est redevenue une expression à la mode tout d’un coup. Il aura fallu une tribune de trois hauts cadres de la Direction Nationale du parti qui son en détention depuis plus de huit (8) mois, pour qu’on voit des sorties hasardeuses au nom de l’UFDG.

Il y a plusieurs mois, un décret est sorti pour mettre en place un Cadre de dialogue que cette Direction a déclaré ne pas se sentir concernée. Cette porte à l’époque aurait permis à l’UFDG de poser les conditions que pose Aliou Conde aujourd’hui. Durant hui (8) mois, aucune déclaration n’a été faite allant dans le sens d’une ouverture de débats en prenant à témoin Le Peuple de Guinée. Il y a quelques semaines, un autre décret sort pour nommer un Secrétaire Permanent de ce Cadre de dialogue. Cette même Direction dit ne pas être concerner.

Aujourd’hui, Aliou Condé, avec cette tribune des trois détenus, change Les données de l’équation. Non Monsieur Aliou Condé !! Des portes ont été belle et bien ouvertes pour permettre à l’UFDG de poser ses revendications et conditions. L’UFDG dans un passé recent, et sous la conduite de ce même Aliou Condé a signé des accords qui ont contribué à affaiblir plus Le parti qu’à l’orienter vers le pouvoir.

Il n’est pas superflus de rappeler ici que Cellou Dalein Diallo avait plaider auprès de Lansana Conté pour l’élargissement de Alpha Condé, redoutable adversaire politique d’alors. Pourquoi aujourd’hui, il est tant difficile de plaider pour permettre à nos cadres de recouvrer leur liberté ?

Des consultations sont donc nécessaires auprès des structures de Base du parti pour se prononcer oui ou non sur l’opportunité d’un dialogue dans le but de permettre un décrispation de la situation en vue de libérés nos détenus. Des consultations ont été organisées pour savoir si oui ou non on va aux legislatives et à la Présidentielle. Pourquoi ne pouvons nous pas lancer des consultations pour l’acceptation ou non d’un dialogue avec des opportunités d’élargissement de nos détenus, l’ouverture de nos locaux et La libertés de mouvement de nos leaders ??

La liberté est sacrée et tout doit être mis en œuvre pour la conquérir et la protéger !! Aucun sacrifice n’est trop grand pour permettre à nos cadres de recouvrer leur liberté.

Unis et solidaire de nos détenus, nous vaincrons !

Bien à vous.

Votre serviteur !

Par Mamadou Barry, Analyste Financier, Secrétaire Général Adjoint de l’UFDG, membre du Bureau Exécutif National et membre du Conseil Politique

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Justice : voici ce qui est interdit à Ousmane Gneloye après sa condamnation

4 juin 2021 à 13 01 21 06216
Ousmane Gneloye Diallo

Comme annoncé précédemment, le Tribunal de Première Instance de Dixinn a condamné hier, jeudi 3 juin 2021, Ousmane Gneloye Diallo. Ce célèbre militant du RPG Arc-en-ciel, connu pour ses sorties fracassantes sur les réseaux sociaux, a été reconnu coupable de mort et injures publiques. Des faits pour lesquels il était poursuivi par Kadiatou Biro Diallo, fille de l’ancien président de l’Assemblée nationale guinéenne, Elhadj Boubacar Biro Diallo. 

Il a écopé d’une peine de 5 ans d’emprisonnement, plus le paiement d’une amende de 2 millions francs et le paiement d’un montant symbolique de 5000 francs à titre de réparation civile. Le tribunal a pris également plusieurs autres mesures restrictives à l’encontre de celui qui se fait appeler « ministre de la défense du président Alpha Condé sur Facebook. Guineematin.com vous livre ci-dessous ces mesures prononcées par le juge Alphonse Charles Wright. 

« Interdiction d’être nommé à un emploi administratif ; interdiction du port d’armes ou de la détention d’armes ; interdiction de faire déposition en justice comme témoin, sauf réquisition du ministère public ; interdiction d’être désigné comme membre d’une délégation représentant la Guinée à l’étranger ; interdiction de séjour dans les lieux abritant la partie civile pendant 5 ans, après exécution de sa peine ; interdiction d’accéder et d’héberger sur les réseaux sociaux, notamment Facebook ou toute autre voie de communication en République de Guinée, sous la surveillance de l’autorité de régulation des postes et télécommunications et l’agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) ». 

Par ailleurs, le tribunal a ordonné le maintien du mandat d’arrêt en cours d’exécution décerné contre Ousmane Gneloye Diallo. Ce qui veut dire que les services de sécurité doivent le rechercher et conduire en prison.

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tel : 620589527/664413227

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3ème mandat d’Alpha Condé en Guinée : quand certains médias présentent la victime comme le bourreau

4 juin 2021 à 10 10 13 06136
Alpha Condé chez Cellou Dalein Diallo, en septembre 2016

Le régime guinéen est-il en passe de réussir un pari ? Visiblement oui. En arrêtant les principaux lieutenants de son principal challenger depuis 2010, Alpha Condé voulait certainement s’en servir comme monnaie d’échange pour la reconnaissance de sa victoire à la présidentielle de 2020 par celui qui s’était autoproclamé président élu et qui persiste toujours dans cette logique.

Les principaux meneurs du combat politique contre le troisième mandat ont été mis aux arrêts. Histoire de museler voire de décapiter le parti. L’UFDG sans Cherif Bah, Ousmane Gaoual Diallo et Cellou Baldé est un parti affaibli voire anéanti. Le pouvoir tient coûte que coûte à obtenir la reconnaissance de sa victoire en échange de la libération de ces personnes.

Malheureusement pour l’opposition, l’autre pari que le pouvoir a réussi est de présenter toute personne qui fait entendre un autre son de cloche que celui émis par Sékoutouréya comme un opposant. De fil à aiguille, il est parvenu à faire taire les critiques. Particulièrement chez les journalistes et les activistes de la société civile. Au mieux, les gens se taisent. Et au pire, ils s’en prennent à l’opposition. Les plus téméraires font ce qu’ils pensent être un équilibre entre le pouvoir et l’opposition. Renvoyant dos à dos les uns et les autres.

Les journalistes et autres activistes qui ont peur d’être taxés de rouler pour l’opposition n’émettent pas une seule critique. Ou quand ils le font à l’encontre du pouvoir, ils le font également à l’encontre de l’opposition. Des journalistes qui ont défendu Alpha Condé durant sa traversée de désert deviennent la bête noire du régime. Parce qu’ils ont continué à défendre une opposition toujours malmenée. Or, pour le RPG, ce qui était rose hier est tout noir aujourd’hui.

Pour revenir aux « équilibristes » et sachant que le pouvoir dirige et l’opposition s’oppose, c’est une aberration de rendre tous les deux camps responsables de la situation de la Guinée. Mais, c’est cela aussi qui constitue l’exception guinéenne. Plus grave encore, c’est seul dans ce pays que la victime est blâmée à la place de son bourreau. Il n’est pas rare d’entendre dire ici que l’opposition envoie ses militants à l’abattoir. Comme s’il est permis de liquider un manifestant comme un gibier.

L’autre exploit réussi par l’actuel régime, c’est d’étiqueter les victimes. Un soldat lynché par la foule est un martyr. Tandis qu’un manifestant, désarmé, abattu de sang-froid par des agents de sécurité est un badaud. Les combattants de la liberté d’hier sont les loubards d’aujourd’hui.

Désormais, la stratégie du pouvoir consiste à présenter le leader de l’UFDG comme celui qui maintient ses responsables en prison. Parce qu’il refuse de « coopérer ». Entendez, renoncer à sa revendication. Or, s’il est vrai que la réalité sur le terrain c’est qu’Alpha Condé reste et demeure le seul président de la République, il est tout aussi vrai que le seul moyen de pression qui reste à Cellou Dalein Diallo et à son parti, c’est de continuer à contester la victoire de l’adversaire.

Habib Yembering Diallo pour Guineematin.com

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