Bantama SowComme annoncé précédemment sur Guineematin.com, le procès du député de l’UFDG et élu uninominal de Gaoual, Ousmane Gaoual Diallo a débuté ce mercredi 10 août 2016, au Tribunal de Première Instance de Dixinn, a constaté Guineematin.com, à travers trois de ses reporters.

Ce membre du bureau politique de l’UFDG, principal parti d’opposition, est poursuivi pour « offenses contre le chef de l’Etat, menaces, diffamations, injures, manœuvres ou actes de nature à compromettre la sécurité publique ou à occasionner des troubles publics graves ou à jeter le discrédit sur les institutions constitutionnelles…», par trois cadres  du RPG-arc-en-ciel, le parti au pouvoir, et le ministère public. Ces poursuites font suite aux propos tenus par Ousmane Gaoual, le 30 juillet 2016 au siège de son parti à la Minière, lors d’une assemblée générale ordinaire de l’UFDG.

Dès l’entame du procès pour ce mercredi 10 août 2016, aux environs de 10 heures 20 minutes, les avocats de la défense ont essayé de montrer qu’il y a  violation de la procédure, dans la mesure où, le prévenu est un député jouissant d’une immunité parlementaire. Maitre Salifou Béavogui et ses collègues, se fondant sur l’article 65 de la Constitution guinéenne, ont demandé tout simplement au juge, Mangadouba Sow,  l’annulation de la procédure contre leur client.

Par ailleurs, les avocats de la défense ont soutenu qu’on ne peut parler de flagrant délit dans ce dossier car, arguent-ils, pour des faits commis le samedi 30 juillet 2016, on ne pouvait attendre le mardi suivant pour le poursuivre.

En réponse, les avocats de la partie civile vont balayer d’un revers de la main tous les arguments avancés par la défense. Pour maitre Dinah Salifou, pour ce qui est du flagrant délit, il n’y avait point besoin de lever l’immunité d’Ousmane Gaoual Diallo. A sa suite, maitre Mohamed Sampil dira que les faits reprochés au prévenu relèvent bien du flagrant délit, car il n’y a pas une définition exacte du temps entre la commission de l’infraction (le délit) et la saisine du procureur.

Le Procureur de la république près le Tribunal de Première Instance de Dixinn, Sidy Souleymane N’diaye, va abonder dans le même sens que les avocats de la partie civile.

Après un échange houleux entre ces deux camps, le juge appelle Ousmane Gaoual à barre. Une chaude confrontation entre lui et les avocats de la partie civile va s’en suivre autour des propos qu’il aurait tenus le 30 juillet au siège de l’UFDG, et qui font l’objet de la poursuite.

Pendant que la partie civile s’échinait à convaincre du caractère « nocif » des propos tenus par Ousmane Gaoual, ce dernier, très à l’aise dans ses prises de parole, va soutenir que ses interlocuteurs sont entrain de sortir ses propos de leurs contextes, « en trafiquant mes propos ». Toutes les réponses seront des Non de la part du député.

Ensuite, pour mieux étayer son argumentaire, le procureur fera une lecture in extenso des propos tenus par Ousmane   Gaoual. Là, il se reconnait dans les propos mais nie catégoriquement avoir appelé à la violence.

En outre, répondant à une question du procureur sur les offenses contre le chef de l’Etat, Ousmane Gaoual va soutenir avoir répondu aux propos d’un leader politique et non à un chef de l‘Etat. Il estime que la Constitution, en son article 38, ne permet pas à un chef de l’Etat de notre pays à se rendre au siège d’un parti politique, encore moins de tenir un discours pour s’attaquer aux formations politiques de l’opposition.

Le procureur va répliquer en disant qu’il y a des moyens légaux de recours face à de tels propos, Ousmane Gaoual va rétorquer qu’il n’y en a pas car jusqu’à présent la Haute Cour de Justice n’est pas mise sur pieds.

Après une brève suspension de la séance, c’est Lansana Komara, secrétaire permanent du RPG qui sera appelé à la barre. Après une chaude discussion sur sa possibilité ou non pour lui de se constituer partie civile, monsieur Komara va dire que les menaces proférées contre les 3 responsables du RPG portent préjudice au parti et créent de l’inquiétude.

A la suite de Komara, c’est l’un des  plaignants, le ministre conseiller à la présidence, Sanoussy Bantama Sow, qui vient à la barre pour expliquer automatiquement qu’il reçoit des menaces, même pendant la petite pause de 05 minutes. Il continue sur sa lancée en disant que même à la Brigade d’Investigation Judiciaire de la gendarmerie, il a reçu des menaces téléphoniques en prononçant les mots qui, selon lui, ont été utilisés pour le menacer. Des mots qui ont provoqué des cris dans une salle d’audience bondée et plongée dans une chaleur torride.

Devant son impuissance à rétablir le calme, le juge Mangadouba Sow, va suspendre l’audience qui reprendra demain jeudi 11 août 2016 à 10 heures au TPI de Dixinn.

Alpha Mamadou Diallo, Ibrahima Sory Diallo et Kadiatou Baldé pour Guineematin.com  

 

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