C’est le mercredi dernier, 21 juin 2017, que l’atelier portant sur le « concept de justice de proximité et la validation de l’avant-projet de décret relatif aux maisons de justice, à la médiation et à la conciliation » a été clôturé. Cet atelier de deux jours a permis aux cadres du ministère de la justice, des avocats et la société civile guinéenne de discuter et de formuler des recommandations sur la procédure d’institutionnalisation et du profil des personnes devant animer les maisons de justice, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Me Emmanuel Kpana Bamba, président de la Ligue guinéenne des droits de l’Homme

Selon Me Emmanuel Kpana Bamba, avocat à la cour et président de la Ligue guinéenne des droits de l’homme, eu égard à la lenteur judiciaire face aux traitements de certains dossiers judiciaires, il est impérieux que les maisons de justice soient mises en place. « L’objectif de ces maisons de justice est de désengorger un peu la justice, parce qu’il y a certaines affaires qui ne méritent pas d’être portées devant les tribunaux et qui doivent être réglées devant ces maisons de justice. Ça peut contribuer à désengorger non seulement les tribunaux, mais aussi les prisons qui sont surpeuplées. Donc, à travers ces maisons de justice, les citoyens seront proches de leur justice, les citoyens ne seront pas obligés d’exposer les moyens financiers pour être rétablis dans leur droit », a expliqué l’avocat.

Parlant du profil des personnes qui devraient animer ces maisons de justice, Me Bamba a indiqué que le texte qui vient d’être amendé prend en compte un certain nombre de conditions que ces personnes doivent remplir. « Il y a des conditions liées à la compétence, c’est-à-dire la personne doit être suffisamment qualifiée pour pouvoir donner des conseils juridiques et orienter les citoyens. Il est prévu que ces personnes soient de bonne moralité », a-t-il rappelé.

madame Els Mortier, cheffe de la Section Gouvernance de la délégation de l’Union européenne en Guinée

De son côté, madame Els Mortier, cheffe de la Section Gouvernance de la délégation de l’Union européenne en Guinée, a rappelé que la création très prochaine de ces maisons de justice vise « d’une part à améliorer l’accès à l’information juridique pour les populations ; et, d’autre part, de réguler les conflits par des modes alternatifs de règlement des conflits, tels que la méditation et la conciliation », a-t-elle expliqué. La représentante de la délégation de l’Union européenne a également annoncé la mise en place prochaine d’un fonds d’aide juridictionnelle, ainsi que des bureaux d’accueil, d’orientation et d’information des justiciables dans une dizaine de tribunaux.

Pour sa part, madame Aïssatou Diallo, Directrice nationale chargée de l’accès au droit et à la justice, a dit toute sa satisfaction du travail réalisé ces deux jours. Selon elle, un grand pas vient d’être franchi dans la mise place de ces maisons de justice.

madame Aïssatou Diallo, Directrice nationale chargée de l’accès au droit et à la justice

« Le travail que vous avez accompli constitue un pilier pour la réforme de la justice. Parce qu’aujourd’hui, dans tous les quartiers, le baromètre de la gouvernance politique, le baromètre de la gouvernance économique, c’est l’accès à la justice. Et, le document que nous venons d’élucider, l’implantation des maisons de justice, permet à l’avenir au citoyen guinéen d’être informé sur ses droits, d’être orienté quand il est en conflit avec la loi, d’être assisté lorsqu’il est en difficulté, lorsqu’il est victime. Donc, ce mécanisme que vous venez d’amandier est un fondement essentiel pour l’accès à la justice et le développement de notre pays », a-t-elle dit.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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