Cela fait exactement 11 ans ce lundi 22 janvier 2018, depuis que la Guinée a connu l’une des pires journées du règne du Général Lansana Conté. Le 22 janvier 2007, les forces de l’ordre répriment violemment une manifestation organisée par des activistes de la société civile à Conakry, faisant plusieurs. Onze ans après, les guinéens sont partagés entre souvenirs et déception, a constaté Guineematin.com qui a interrogé des habitants de la capitale sur le sujet.

On l’a appelé le lundi noir. Le lundi 22 janvier 2007, alors qu’une importante grève générale illimitée déclenchée par les centrales syndicales paralysait tout le pays, plusieurs activistes de la société civile appellent à une marche pacifique pour contraindre le pouvoir à entendre les revendications des citoyens. Mais, la manifestation est réprimée violemment par les forces de l’ordre, notamment au niveau du pont 08 novembre, porte d’’entrée de la commune de Kaloum. Le bilan de cette journée fait état de nombreux morts à Conakry, plusieurs arrestations, mais aussi d’importants dégâts matériels dont des édifices publics détruits dans de nombreuses parties du pays.

Mamadou Sow

Onze ans après ces douloureux événements, c’est la déception qui semble avoir pris le dessus dans la tête des guinéens : « L’année 2007 a été caractérisée par des manifestations, des ruptures dans les domaines économique, politique, social… Parlant du 22 janvier, moi je vais dire que le gouvernement et les syndicalistes se sont organisés pour que les enfants restent à la maison pendant plus d’un mois, tandis que leurs enfants sont en Europe, ils suivent des cours là-bas », indique Elhadj Mamadou Sow, marchand.

Oury Diallo

Amadou Oury Diallo lui, se dit aussi très déçu de la suite donnée aux douloureux événements enregistrés ce jour-là. Des pertes pour rien selon lui : « Ce jour du 22 janvier 2007, les jeunes sont sortis massivement dans les rues de la capitale guinéenne pour défendre une cause commune, à savoir l’amélioration des conditions de vie des populations. Mais malheureusement, beaucoup de personnes ont été tuées, certaines blessées et d’autres ont vu leurs biens endommagés. Mais jusqu’à nos jours, il n’y a pas eu de jugement. Pire, ceux qui avaient organisé cette grève ont fait dos à la jeunesse, oubliant que c’est cette manifestation qui les a envoyés là où ils sont aujourd’hui. Cela me fait vraiment mal », a.-t-il laisser entendre.

Alimou Diallo

C’est aussi l’avis de Mamadou Alimou Diallo, qui estime que rien n’a fondamentalement changé depuis le 22 janvier 2007. « Pour le gouvernement d’union nationale ils avaient commencé, mais quelques temps après, ils ont fait un remaniement ministériel. Les engagements signés par le gouvernement n’ont pas été respectés. Je peux vous dire que c’est cette crise qui se poursuit jusqu’à présent dans notre pays dans tous les domaines, notamment dans les domaines éducatif et sécuritaire. C’est depuis lors que nous les jeunes, nous avons eu un désespoir total parce que nous avons compris que les syndicalistes précisément Rabiatou Serah Diallo, ne défendaient pas l’intérêt commun, mais plutôt celui d’un camp. Comme elle a eu certaines responsabilités, elle a oublié cette jeunesse », a estimé le jeune homme rencontré à Cosa.

C’est pour toutes ces raisons donc, qu’Elhadj Mamadou Sow exhorte autorités et les syndicalistes, à faire en sorte qu’une telle situation ne se répète plus jamais dans notre pays.

Ramatoulaye Diallo pour Guineematin.com

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