Les examens nationaux débuteront le 18 juin prochain sur toute l’étendue du territoire national. Élèves et encadreurs rivalisent d’ardeur pour obtenir des succès éclatants. Au centre Sogué, l’une des rares écoles où on forme des non-voyants, situé au quartier Taouyah, dans la Commune de Ratoma, ce sont 4 candidats dont 2 filles qui affronteront les mêmes épreuves que les voyants, a appris sur place, Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Cet établissement, composé de 7 classes, compte pour l’année scolaire 2017-2018, cinquante deux (52) élèves, dont quinze (15) filles. Ils sont encadrés par sept (7) instituteurs, également non voyants. Interrogé sur les préparatifs de leur examen, les candidats disent être actifs sur les révisions.

Idiatou Barry

Pour Idiatou Barry, réussir à l’examen nécessite une préparation. « Comme je sais que je vais faire l’examen, je révise régulièrement ici à l’école avec mon maître et la directrice. Après les cours et les révisions à l’école, je révise à la maison les cours d’Histoire, de Géographie et d’Education Civique. Quelques fois aussi, je fais des calculs », a expliqué la candidate à l’examen d’entrée au collège.

De son côté, Adama Sayon Traoré se dit lui aussi prêt à affronter les épreuves. Toutefois, dit-il, « avec l’examen, il faut attendre la proclamation des résultats pour donner toute affirmation. En attendant cela, ce que je vais dire, ce que la directrice et mon maître nous assistent depuis le début de l’année. Nous révisons ici à l’école, à la maison aussi ».

Jean Bobo Kamano

Pour Jean Bobo Kamano, maître de la classe de 6ème année, « nous avons 4 candidats cette année. Nous avons fini les programmes. Actuellement, nous préparons les examens comme les autres. Après avoir fini les programmes, nous avons commencé les révisions avec la série de questions-réponses. Ici, nos candidats n’ont pas de mémentos comme les autres. Donc, nous leur dictons le contenu des mémentos, ils prennent note, et c’est ce qui leur permet de réviser bien ici à l’école et à la maison ».

En ce qui concerne les dispositions prises pour le bon déroulement de l’examen, la directrice du centre, Delphine Senya Zoumanigui, précise que « cette année, nous avons voulu que nos candidats soient tout près de leur centre pour éviter le retard, parce qu’il y a d’ailleurs, un d’entre eux qui loge jusqu’à Samatara. Donc, puisqu’on a un de nos enseignants qui loge à côté de leur centre, cette fois, nous assurons les conditions pour eux, afin d’éviter les problèmes de distance ».

Delphine Senya Zoumanigui, directrice du centre Sogué

Cependant, madame Delphine n’a pas manqué de signaler les difficultés liées aux conditions de travail des encadreurs. « Le gouvernement fait beaucoup pour le centre, mais nous avons des difficultés ici. Nous souffrons d’un manque criard d’outils de travail. Nous manquons de machines parkings. Nous n’en avons qu’une seule ici. Une seule machine coûte 785 euros. Or, il faut au moins 10 machines pour l’école. Et nous n’avons qu’une seule machine pour toutes les salles de classes. C’est quelque chose qui n’est pas facile pour les enseignants. Parce qu’il faut obligatoirement transcrire tout ce que nous faisons en braille et mettre à la disposition des enfants. Donc, avec une seule machine, ce n’est pas facile. Ces machines, on ne peut les trouver qu’en Occident et si la machine tombe en panne ici, il faut l’envoyer en France ou aux États-Unis pour la réparation », a révélé la directrice.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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