Le gel des salaires et les difficultés (situation financière) qui en résultats n’ébranlent visiblement pas la détermination des enseignants de Mamou à poursuivre la grève du SLECG (syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée) qui paralyse depuis un mois maintenant le système éducatif guinéen.

En assemblée générale hier, dimanche 04 Novembre 2018, les enseignants de la ville carrefour ont exprimé leur indignation face aux comportements de certains de leurs collègues qui font de « Mamou le centre de la trahison ». Les grévistes ont aussi annoncé l’organisation d’une « manifestation pacifique » dans les prochains jours, pour réaffirmer leur engagement de poursuivre la grève et redorer le blason de Mamou en cette période de vache maigre pour l’école guinéenne, rapporte un des correspondants de Guineematin.com à Mamou.

Réuni au stade préfectoral Michael Diakité, loin des regards indésirables des autorités administratives qui tentent depuis un certain temps d’empêcher tout regroupement des hommes de craie, les enseignants de Mamou ont dénoncé sans nommer individuellement « des traitres » qui font de Mamou la rusée des autres préfectures de Guinée pendant cette période de grève des enseignants que traverse le pays.

« Pour une première fois Mamou a trahit. Et, malheureusement Mamou est la seule ville à trahir. Dans les autres préfectures, nulle part ça n’étudie. Pourquoi Mamou veut vraiment trahir cette cause commune ? Cette année Mamou est au centre de la trahison. C’est seulement à Mamou où le privé étudie, c’est seulement à Mamou où il y a même au niveau du public quelques uns qui disent qu’ils vont aller signer. Et, c’est dans ça qu’ils ont été obligé d’aller en classe », a dénoncé Thierno Souleymane Sall, le secrétaire général préfectoral du SLECG à Mamou.

Dans cette « manœuvre » visant à « ternir l’image des enseignants » de la ville carrefour, le lycée Elhadj Aboubacar Doukouré (le plus grand lycée de Mamou en termes d’effectif) est pointé du doigt par les enseignants grévistes, qui dénoncent une reprise progressive des cours dans cet établissement.

« Que ceux qui réunissent 10 élèves de différents niveau dans une seule classe pour bavarder, cessent. Au lycée Doukouré, les cours reprennent petit à petit. Il y a des traitres (des enseignants) qui vont chaque jour très tôt pour émarger et quand on les rencontres en ville, ils disent qu’ils sont avec nous. Ce sont des traitres. Ils seront maudit par la Fatiha », a dit un enseignant qui a aussitôt été repris par l’auditoire. « Ils seront maudit par la Fatiha », ont-ils répété les mains levées vers le ciel.

Pour ainsi se démarquer des « traitres » et réaffirmer leur engagement à poursuivre la grève qui paralyse l’école guinéenne depuis le 03 Octobre dernier, les enseignants présents à cette assemblée générale ont, séance tenante, souhaité organiser une marche pacifique pour réclamer le « dégel des salaires » et le payement de huit millions de francs guinéens comme salaire de base pour les enseignants. Car, soutiennent-ils, « c’est l’expression [restez à la maison] qui a trahit et ébranle l’élan de solidarité des enseignants qui ont la craie comme dénominateur commun ».

« Demain lundi, je vais faire un écrit officiel que je vais adresser à monsieur le maire de la commune urbaine de Mamou, lui signifiant que les enseignants de Mamou veulent vraiment se manifester par rapport à la crise sociale que le secteur éducatif traverse actuellement », a dit Thierno Souleymane Sall, le secrétaire général préfectoral du SLECG à Mamou, qui précise que la grève continue jusqu’à nouvel ordre.

De Mamou, Keïta Mamadou Baïlo pour Guineematin.com

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