Depuis trois jours, une affaire de farine périmée fait grand bruit à Conakry. Selon le secrétariat à la Présidence chargé des services spéciaux, cette farine, découverte dans un magasin à Dabompa, était destinée à la commercialisation et risquait donc de provoquer des maladies au sein de la population. Mais, des documents fournis à Guineematin.com par la partie mise en cause contredisent formellement cette version.

Le camp de l’opérateur économique Bobo Hong Kong a été le premier à réagir suite à l’annonce de la découverte d’une quantité de farine pourrie stockée dans un magasin à Dabompa. Il a démenti la version donnée par certains médias qui ont indiqué que cette marchandise prohibée appartient à Bobo Hong Kong. Il s’agit en effet d’un autre Elhadj Bobo différent de celui cité dans la presse qui est concerné par cette affaire. Et, ce dernier est sorti également pour s’exprimer sur le sujet.

Depuis l’étranger où il se trouve, Mamadou Diouldé Diallo connu sous le nom d’Elhadj Bobo, dément le secrétariat chargé des services spéciaux, de la lutte contre la drogue et le crime organisé, dirigé par le Colonel Moussa Tiegboro Camara, et apporte des précisions sur cette affaire. « C’est des mensonges que les gens sont en train de propager, ce n’est pas du tout vrai. Il est vrai que la farine en question n’est pas propre à la consommation, mais elle n’est même pas destinée à la consommation.

Cette farine était stockée au port par la Direction générale des douanes qui l’a saisie parce qu’elle a trouvé qu’elle est impropre à la consommation humaine. Elle a décidé alors de la vendre aux enchères à la société Forêt Forte pour que celle-ci puisse l’utiliser pour fabriquer des contreplaqués, de la colle et des plâtres. Parce qu’on ne pouvait pas jeter toute cette quantité de farine alors qu’elle pouvait servir à autre chose. Et, puisque la société Forêt Forte n’avait pas suffisamment d’argent pour acheter cette farine, elle est venue vers nous pour nous demander un prêt qu’elle va rembourser avec des intérêts.

C’est ce qui fut fait. Donc quand le Colonel Tiegboro dit que nous voulons vendre cette farine pour empoisonner la population, ce n’est pas vrai. Si cette farine était destinée à la vente, on allait la mettre dans un magasin à Madina. Mais, on est allé la stocker dans un magasin à Dabompa en attendant que la société Forêt Forte ne vienne la prendre pour la transporter à sa destination », a-t-il déclaré.

Mais, l’opérateur économique ne se limite pas seulement à de simples déclarations. Il a fait parvenir à la rédaction de Guineematin.com, des documents qui soutiennent ce qu’il dit. Le premier document est le résultat de l’analyse de la farine faite par le laboratoire QNCQ à la demande de l’office national de contrôle de qualité.

Ce document confirme effectivement que la farine fromen « MACCA 2 Kr » est impropre à la consommation humaine. Mais, les analystes ajoutent que cette farine peut être orientée à la fabrication de contreplaqués, de la colle et de plâtres.

Le deuxième document est un courrier signé le 08 octobre 2018 par le Procureur Général près la Cour d’appel de Conakry et qui est adressé au Directeur central de la police routière. Dans cette lettre, il est mentionné que la société Forêt Forte a obtenu, suite à une vente aux enchères organisée par la Direction générale des douanes, dix (10) conteneurs de farine fromen Macca 2Kr, « dont l’analyse au laboratoire a révélé que ce produit est impropre à la consommation humaine, mais peut être orienté à la fabrication de contreplaqués, de la colle et de plâtres ».

Le Procureur Général demande ainsi à la police routière d’arrêter « les tracasseries policières dont est injustement victime la société Forêt Forte SARL ». Ces deux documents contredisent donc formellement la version avancée par l’office dirigé par le Colonel Tiegboro selon laquelle, cette farine stockée dans un magasin à Dabompa était destinée à la commercialisation.

Elhadj Bobo a tenu à répondre aussi aux propos de l’officier qui a indiqué qu’il est récidiviste et qu’il était connu depuis plusieurs années pour être un vendeur de « riz pourri ». A ces déclarations, l’opérateur économique oppose un document signé du commissaire divisionnaire de police, Daba Traoré, adjoint du Colonel Moussa Tiegboro Camara. Le document ordonne la sortie d’une quantité de riz suspecte appartenant à sa société qui était bloquée au port autonome de Conakry.

L’office central chargé de la lutte contre le crime organisé indique que les résultats de son enquête et les documents fournis par les propriétaires, délivrés par le service de contrôle de qualité de Matoto en date du 25 mai 2018 et du bureau Véritas en date du 25 mai 2018, portant sur l’analyse de la qualité d’un lot de ce riz, « ont indiqué que le lot échantillonné est propre à la consommation humaine ».

Elhadj Bobo pense donc que c’est soit l’office central chargé de la lutte contre le crime organisé n’est pas suffisamment informé sur cette affaire de farine périmée ou alors il s’acharne contre son entreprise et celle d’Elhadj Abdoulaye Bah qui serait déjà arrêté. Il se dit tout de même serein et estime que la justice saura dire la vérité sur ce dossier.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

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