Alors que la grève générale et illimitée, lancée par le SLECG (Syndicat Libre des Enseignants et Chercheurs), va entrer dans sa huitième semaine, les enseignants font face à la machine judicaire. Le sit-in organisé devant le ministère de l’Education Nationale a conduit à l’arrestation de six enseignants. Ils ont été jugés et condamnés à six mois de prison assortis de sursis, ce lundi 26 novembre 2018, par le Tribunal de Première Instance de Kaloum, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La nouvelle stratégie des enseignants, après le gel de leurs salaires, consiste à organiser des sit-in sur les places publiques. Cette situation a conduit à l’arrestation de six enseignants, le jeudi 22 novembre 2018, au Ministère de l’Education Nationale et de l’Alphabétisation (MENA). Ce sont : Sékou Condé, Joseph Bangoura, Idrissa Sylla, Yenné Joseph Traoré, M’bany Kany Sangaré et Daouda Kéita.

Ils ont été mis sous mandat de dépôt ce même jour à la maison centrale et poursuivis pour attroupement. Leur procès s’est tenu ce lundi, en présence des responsables du SLECG : Aboubacar Soumah, Oumar Tounkara, Portos, et bien d’autres.

A la barre, les six prévenus ont nié les faits d’attroupement, préférant le mot sit-in. A tour de rôle, les compagnons d’infortune ont fait la narration des circonstances de leur arrestation. Selon Sékou Condé, « j’ai participé à un sit-in devant le MENA pour réclamer le dégel de mon salaire, illégalement bloqué pour fait de grève. Arrivés sur les lieux, nous avons chanté l’hymne nationale de la Guinée avant de nous asseoir à même le sol. Soudain, les forces de l’ordre ont jeté du gaz lacrymogène sur nous. Puis, ils sont venus nous arrêter ».

Le juge, Ibrahima Kabélé Bangoura, a fait remarquer qu’il y avait des voies de recours qu’il fallait utiliser au lieu de prendre d’assaut le MENA, empêchant ainsi le travail de se faire. « Aviez-vous une autorisation de faire un sit-in ? Ne savez-vous pas qu’il y a un gouvernorat ou une mairie pour se prononcer sur ce genre de choses ? »

En réponse, Sékou Condé dira que lui et ses camarades se sont référés à la Constitution pour organiser leur sit-in.

Dans ses réquisitions, le Procureur a fait savoir aux grévistes que l’idéal aurait été de recourir au tribunal administratif pour réclamer le dégel de leurs salaires. Aboubacar Sir Sylla dira que les éléments constitutifs du délit d’attroupement sont réunis dans cette affaire. Toutefois, le Procureur a fait observer que les six prévenus sont des délinquants primaires. Etant donné le gel de leurs salaires, Mr Sylla va demander au tribunal de faire preuve de clémence, en s’abstenant de les condamner au payement d’une amende. Il va suggérer de condamner les six enseignants à 6 mois de prison, assortis de sursis.

Dans sa plaidoirie, l’avocat de la défense va s’engouffrer dans cette brèche ouverte par le procureur. Selon maitre Moussa Kalil Condé, ses clients ne pouvaient pas saisir le tribunal administratif, en ce sens qu’aucun acte administratif n’a été pris pour geler les salaires. « Ceux qui ont gelé les salaires ont reçu des instructions pour agir. Mes clients ont usé de tous les moyens pour ne pas qu’on en arrive là. Mais, étant des délinquants primaires, je vous demande d’accorder de larges circonstances atténuantes à mes clients », a-t-il plaidé.

C’est sur siège que le juge Ibrahima Kabélé Bangoura va rendre sa décision, en condamnant les six enseignants à six (6) mois de prison assortis de sursis. Ils sont rentrés à la maison après avoir passé quatre jours de détention.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tel 628 17 99 17

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