Elhadj Allassane Kaba, premier Imam de la mosquée de Matoto Cité

 

Les fidèles musulmans de Guinée entament aujourd’hui les 10 derniers jours du ramadan. C’est la troisième et la plus importante phase de ce mois de jeûne et de pénitence. Pendant cette phase, il est recommandé de multiplier les actes de dévotion en faisant notamment beaucoup de prières nocturnes.

Habituellement, ces prières sont faites en groupe dans les mosquées entre minuit et 4 heures du matin. Mais cette année, les mosquées sont fermées et les prières collectives interdites, en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus qui sévit dans le pays. Que faut-il faire alors face à cette situation ? Guineematin.com a posé la question à Alassane Kaba, le premier imam de la mosquée de Matoto Cité.

« Pendant les dix dernières nuits du mois de ramadan, il est recommandé à chaque musulman de faire beaucoup de prières et d’invocations. Nous le faisions d’habitude en groupe dans les mosquées, mais puisque les mosquées sont fermées cette année, que chacun prie à la maison avec sa famille. On peut rester à la maison pour prier, faire des invocations, lire le coran. Ce n’est pas une obligation d’aller faire ces prières nocturnes à la mosquée, c’est d’ailleurs meilleur de les faire seul si on peut.

C’est parce que certains ne peuvent pas faire ces prières seuls qu’on partait dans les mosquées. Et comme les mosquées sont fermées cette fois-ci, nous devons alors le faire à la maison. Mais le musulman ne doit pas passer ces dix jours du ramadan sans invoquer le pardon et la clémence de Dieu, parce qu’il y a beaucoup d’avantages qu’on peut en tirer », a-t-il dit.

Le leader religieux rappelle que ce n’est pas la première fois que des mosquées sont fermées à cause d’une maladie contagieuse et invite les fidèles musulmans à respecter cette mesure. « Le Prophète Muhammad a conseillé qu’en cas de maladie de ce genre, les musulmans doivent rester distants les uns des autres pour éviter la contamination. Avant cette pandémie, il y a eu une maladie de ce type à la Mecque au temps d’Oumar, un compagnon et deuxième successeur du prophète.

A l’époque, on a demandé aux gens de garder la distance les uns par rapport aux autres et les lieux culte étaient fermés aussi. Donc, les mesures de ce genre ont déjà été prises dans la communauté musulmane. Pour protéger les musulmans contre une telle maladie contagieuse, on peut bien prendre des décisions comme ça. C’est la prière collective qui est recommandée en islam, mais face à la volonté de Dieu, on se soumet. Et c’est ça aussi la religion », a dit Elhadj Alassane Kaba.

Alsény Kaba pour Guineematin.com

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