Depuis l’installation des barrages tant à la sortie de Conakry qu’à l’intérieur du pays pour limiter la chaîne de contamination du coronavirus, les marchands rencontrent toutes les difficultés à acheminer leurs produits vers la capitale. Parmi eux figurent en bonne place les vendeuses de pommes de terre, tomates et autres fruits pourrissables de Sanoyah KM 36. Tel est le constat fait par un reporter de Guineematin.com le vendredi dernier, 29 octobre 2020.

Généralement, c’est la gent féminine qui exerce dans ce secteur d’activités. Mais aujourd’hui, elles sont prises au dépourvu par la crise sanitaire qui a bousculé toutes les habitudes. Elles se plaignent des nombreux barrages érigés entre les villes de l’intérieur et Conakry où elles victimes des tracasseries des forces de l’ordre.

C’est le cas de Mamata Camara, en provenance de Friguiagbé, dans la préfecture de Kindia, vendeuse d’aubergines et de tomates. « Actuellement, nous rencontrons des difficultés sur la route. Nous faisons trois jours pour arriver à Conakry. Pourtant avant, on faisait moins de 24h entre Friguiagbé et Conakry. Quand nous arrivons avec ces légumes, il va se trouver que la plupart est pourrie vu le temps mis au niveau des barrages. Mais tout ça à cause des forces de l’ordre qui mettent la corde devant nous. Hier soir par exemple, on a été obligé de dormir au barrage avant de rentrer ici ce matin. Même si vous arrivez tôt, ils ne vous laisseront pas passer sauf le matin. Avec tout ça, ils nous retirent de l’argent avant de passer. Pendant le mois de ramadan, on jeunait nuit et jour au chevet de nos bagages. On ne pouvait ni manger ni dormir dans la voiture. Avant, les chauffeurs prenaient un sac à 20 mille et nous les propriétaires, on ne payait rien. Mais aujourd’hui, nous payons 40 000 GNF par sac et 100 000 GNF par personne dans la voiture. Moi qui vous parle là, mon mari est décédé depuis longtemps et j’ai des enfants à nourrir à la maison. Donc, on compte vraiment sur l’État pour diminuer ces barrages pour qu’on puisse cherche de quoi manger », a imploré la malheureuse.

Kanké Yakha Camara, cheffe des femmes vendeuses de fruits et légumes au marché du km36

Même son de cloche chez Kanké Yakha Camara, cheffe des femmes vendeuses de fruits et légumes au marché du km36, relevant de Coyah. « Quelque soit la souffrance de ces femmes qui subissent ces pertes, nous subissons plus qu’elles. Parce que si ces femmes et leurs marchandises ne viennent pas, nous on ne peut pas vivre. Les marchandises qu’elles envoient, c’est ce que nous les femmes du km36 et d’ailleurs achetons pour faire vivre nos enfants aussi. Donc si les colis retardent ou pourrissent en cours de route, ça devient un véritable problème. Quand elles arrivent des fois, elles ne peuvent en profiter tellement elles ont pris assez de temps aux différents barrages érigés sur la route Conakry-Kindia. Dans cette situation, nous aussi nous perdons parce que nous ne pouvons pas les réclamer les taxes. Ce fut le cas à la veille de la fête de ramadan, beaucoup de commerçantes ont vu leurs marchandises partir à la poubelle. Moi même j’étais obligée de payer les charretiers pour aller jeter des pommes de terre. C’est pitoyable étant femme de voir les femmes pleurer et perdre de telle sorte. Pourtant, il y’a certaines parmi elles qui prennent ces colis à crédit au village pour venir chercher leur intérêt. Et malgré ces pertes, les chauffeurs ne pardonnent rien. Parfois, on est obligé de fermer les yeux sur certaines choses pour assister nos clientes en détresse. Mais, il faut vraiment penser à alléger certaines mesures, sinon c’est les femmes qui en souffrent plus. À ma connaissance ce n’est pas les marchandises et véhicules qui transportent ce virus. Mais, si tout ça est bloqué au niveau des barrages, nous les femmes ne savons plus quoi faire ».

Madame Oumar Pathé Barry quant à elle vient de Dalaba. Elle envoi à Conakry des pommes de terre, de la tomate, du piment et autres. « Actuellement nous souffrons sur la route. Il y a trop de barrages sur cette route. On peut faire une semaine avant d’arriver à Conakry et parfois avant notre arrivée, ça trouverait que beaucoup de nos marchandises sont pourries. C’est les camions qui transportent nos produits. Une bassine remplie de tomate était envoyée à 10 000 GNF et un sac de pompe de terre à 5000 GNF. Mais actuellement, un panier de tomate est à 20 000 GNF et un sac de pompe de terre à 10 000 GNF. Le pire dans tout ça, c’est que nous payons 250 000 GNF par passager. Les tomates et pomme de terre que nous avons envoyées à la veille de la fête sont toutes devenues de l’eau, on n’a pas pu les vendre. Il a fallu payer les gens pour aller les jeter. De Pita à Mamou en passant par Dalaba, c’est un véritable casse-tête. Les gendarmes ne nous laissent jamais passer avant l’heure indiquée et sans l’argent. Vraiment, si nous disons que cette situation ne nous peine pas, on aurait menti ».

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

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