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Le préfet de N’Zérékoré a convoqué les tenanciers des lieux de loisir de la ville à une réunion le samedi, 8 août 2020. Sâa Yola Tolno a exigé la fermeture de tous les bars, motels et night-clubs pour respecter l’état d’urgence sanitaire en vigueur dans le pays. Mais, les propriétaires de ces établissements ne semblent pas prêts à se soumettre à cette décision, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Même si l’état d’urgence sanitaire, instaurée depuis le 26 mars 2020, reste toujours en vigueur en Guinée, le constat révèle qu’il n’est plus respecté. A N’Zérékoré, ville qui n’a aucun cas positif de Covid-19 à l’heure actuelle, les mesures barrières sont complètement foulées au sol. Même dans les services publics, le lavage des mains, le port de masque et la distanciation sociale ne sont plus respectés. Et, c’est dans ce contexte que le préfet, Sâa Yola Tolno, a convoqué les tenanciers des bars, motels et night-clubs, pour leur demander de fermer leurs établissements afin de respecter la décision du gouvernement visant à rompre la propagation de la maladie.

Sâa Yola Tolno, préfet de N’zérékoré

« Je vous ai convoqué ce jour à cette importante réunion dans le but d’échanger avec vous sur la problématique de la gestion du Covid-19. Pour que la préfecture de N’Zérékoré continue d’être l’abri de cette pandémie, nous allons nous rencontrer très souvent parce que l’un des passages faciles de cette maladie, c’est bien les établissements que vous tenez. Il est donc important que vous soyez au courant au fur et à mesure des dispositions prises par le gouvernement pour lutter contre cette maladie. Conformément donc à ces dispositions, nous vous demandons de fermer vos lieux de loisir, exceptés les restaurants et les hôtels », a dit le préfet.

En réponse, Dominique Loua, au nom de ses collègues, a indiqué que la fermeture des lieux de loisir n’est pas une bonne décision. Selon lui, celle-ci pourrait entraîner des conséquences plus graves que le Covid-19. « Nous vivons de nos bars, nos maquis, nos motels… Et, retenez que si quelqu’un ne travaille pas en voulant lutter contre une maladie alors qu’il n’a pas de moyens pour vivre, il va créer d’autres maladies. Et il n’aura pas de l’argent pour se faire soigner. Donc, quand nous fermons nos établissements comment allons- nous vivre ? Si nous tombons malades, où allons-nous prendre de l’argent pour pouvoir nous soigner ?

Aujourd’hui, vous nous demandez maintenant-là de fermer. Moi, dans mon établissement, j’ai un stock d’au moins 30 millions de nos francs, certains produits sont périssables. Si je pers mes économies réunies pendant des années, comment je vais vivre après ça ? Et ce qui est paradoxal, c’est que la fête de Pâques n’a pas été célébrée à N’Zérékoré, mais la fête de Tabaski a été célébrée. Alors qu’une autre fête chrétienne approche, on nous dit encore de fermer nos établissements. Alors, faites très attention monsieur le préfet, pour ne pas faire trop de frustrés dans la ville », a-t-il mis en garde.

Le préfet a rejeté tous les arguments brandis par les tenanciers des bars, motels et night-clubs, en instruisant les services de sécurité à veiller au respect de la fermeture de ces établissements. Mais malgré tout, ces lieux de loisir restent encore ouverts dans la ville de N’Zérékoré.

De N’Zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

Tel : +224620166816/666890877

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