Contrôleur général Fabou Camara, Directeur central de la police judiciaire

Le dossier opposant Me Mamoudou Sané, avocat au Barreau de Guinée, au Contrôleur général Aboubacar Fabou Camara, Directeur central de la police judicaire, est arrivé dans les mains de la justice de la CEDEAO. C’est du moins ce qu’a appris Guineematin.com auprès de la partie civile dans cette affaire.

Me Pépé Antoine Lama, l’avocat de Me Mamoudou Sané, assure que la plainte formulée par son client contre la République de Guinée pour violation de ses droits à la liberté individuelle et à un procès équitable, a été reçue le 29 septembre 2020 au Greffe de la Cour de Justice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sous le numéro ECW/CEJ/APP/41/20.

Pour rappel, le jeune avocat avait été arrêté le 18 février 2020, à Kobaya (Conakry), en plein exercice de sa profession, par le Directeur central de la police judiciaire, le Contrôleur général Aboubacar Fabou Camara. Juste après les faits, Me Sané avait porté plainte, le 24 février 2020, contre cet officier de police au niveau du parquet général. Mais cette plainte n’a pas eu de suite de suite favorable.

Me Pépé Antoine Lama

Selon l’avocat de la victime « le Code de procédure pénale guinéen, en ces articles 751 et 758, seul le procureur général doit citer un Officier de Police Judiciaire fautif. Or cette citation que le parquet général traine à engager est interprétée comme une protection de l’OPJ. Ce qui est une grave violation du droit à un procès équitable. Donc un dysfonctionnement manifeste du service public de la justice guinéenne, d’où la plainte de mon client auprès de la Cour de justice de la CEDEAO », a dit Me Lama.

Treize mois après les faits, le seul argument que le parquet général a brandi jusqu’ici pour justifier le retard de la citation contre ce haut responsable de la police nationale est la pandémie de Covid-19. Or, le procureur général avait cité, le 12 mai 2020, le Lieutenant-Colonel Mamoudou Kaba, un autre officier de policier judiciaire (pour des faits de menaces de mort, outrage à magistrat, vol, coups et blessures volontaires, violences, injures publiques et voies de fait) au préjudice du magistrat Abou Nanténin Konaté, substitut du Procureur de la République près le tribunal de première instance de Dubréka.

Ce qui amène le camp de Me Mamoudou Sané à dénoncer un deux poids deux mesures, au moment où la Guinée s’enorgueillit partout de la réussite de son programme de réforme du système judiciaire. A présent, les yeux sont tournés vers la Cour de justice de la CEDEAO, appelée à trancher ce contentieux.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

 

Facebook Comments Box

Commentaires

Alpha Guineematin.com