Conakry : immersion dans le quotidien pénible des riverains de la décharge de Dar es Salam

Être un environnement sain, c’est l’une des conditions à réunir pour pouvoir mener une vie décente. Un élément important que certains habitants de Dar es Salam 2, un quartier de la banlieue de Conakry, n’ont jamais connu de leur vie. Cela, en raison de la présence de la plus grande décharge publique de la capitale guinéenne dans leur localité. Un voisin invivable, dont ils ne peuvent malheureusement pas se séparer. Un journaliste de Guineematin.com est allé à la rencontre de ces citoyens qui vivent un calvaire sans fin et qui sont exposés à toutes sortes de risques.

Une montagne d’ordures qui surplombe leurs habitations, une fumée et des odeurs nauséabondes qui les envahissent en continu, c’est le quotidien pénible des riverains de la décharge publique de Dar es Salam. Une situation difficile à supporter pour ces citoyens, mais dont ils ne peuvent pas se débarrasser. C’est le cas notamment de Youssouf Diallo, dont la maison se trouve à quelques mètres seulement de la montagne d’ordres.

Youssouf Diallo, Citoyen du quartier Dar-Es Salam

« Chez nous ici, tout le monde est malade. En plus du rhume, qui n’épargne personne ici, certaines ont d’autres maladies respiratoires. Parce que ce n’est pas de l’oxygène que nous respirons, mais de la fumée. Et ça, c’est de façon continuer. La fumée nous fatigue énormément. Quand vous venez ici à 18h, vous aurez du mal à voir ce qui est à quelques mètres de vous tellement qu’il y a de la fumée. En plus de ça, il y a les mauvaises odeurs qui se dégagent de la décharge, mais aussi les accidents qui sont enregistrés ici. La semaine dernière, un camion-poubelle a tué une jeune fille au niveau de la décharge ici », at-il déclaré.

Mamadou Alpha Baldé, agent commercial, citoyen de Dar-Es Salam

Les mêmes plaintes se font entendre chez Mamadou Alpha Baldé, un autre riverain de la décharge publique de Dar es Salam. « Franchement, ce dépotoir nous empêche de vivre en paix. A cause de la fumée et des mauvaises odeurs, la vie est très difficile ici. Et en plus de cette souffrance, notre santé est menacée, surtout celle des enfants qui inhalent cette fumée au quotidien. Nous sommes là en vie, mais pas en bonne santé. Même l’eau qu’on puise ici est polluée. Nous sommes obligés de nous déplacer pour aller dans d’autres quartiers pour chercher de l’eau potable », a lancé ce citoyen.

Asphyxiés par cette situation, les habitants de la localité souhaitent que cette décharge publique soit déplacée vers un autre endroit habité pour permettre de mener une vie paisible. Un souhait partagé par les autorités locales, qui doivent mener plusieurs démarches dans ce sens, sans succès. C’est ce qu’a fait savoir Boubacar Sidy Diallo, le chef du secteur Radar, qui abrite cette décharge.

Boubacar Sidy Diallo, chef du secteur Radar

« Je commencerai d’abord à vous dire que la fumée-là nous fatigue beaucoup nuit et jour. Quand on se couche la nuit, la fumée nous empêche parfois de dormir. Même si tu n’es pas dehors, tu inhales la fumée. Beaucoup de gens quittent ici pour aller à l’hôpital quand ils sont malades, les médecins leur disent d’arrêter de fumer. Mais, il se trouve que certains d’entre eux n’ont jamais fumé, c’est la fumée qui se dégage de la décharge qu’ils sont en train d’inhaler tous les jours. On a mené des démarches pour qu’on trouve une solution à cette situation, on a écrit à la commune, mais vraiment, on n’a pas eu de secours venant du gouvernement. Donc, nous demandons humblement aux nouvelles autorités de s’intéresser à ce qui fatigue tous les citoyens de Dar es Salam », a dit ce responsable local.

A rappeler qu’un drame est survenu il ya plus de quatre ans dans cette zone. Le 22 août 2017, un glissement de terrain a eu lieu au niveau de la décharge de Dar es Salam, coûtant la vie à une dizaine de personnes et faisant plusieurs dégâts matériels.

Mohamed Guéasso DORE pour Guineematin.com

Tél : +224 622 07 93 59

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