Une femme pour remplacer Alpha Condé en 2020 ? Marthe Dèdè Bokony Koïvogui, candidate !

3 août 2019 à 13 01 29 08298

C’est en 2020 que prendra fin le pouvoir d’Alpha Condé, qui a prêté serment à la tête de la République de Guinée le 21 décembre 2010 pour son premier mandat. Le champion du RPG arc-en-ciel renouvellera son bail à la présidence guinéenne en 2015, avec un coup KO. Il ne lui reste donc qu’un an et quelques mois pour passer la main à un (e) autre fils (fille) du pays.

Evidemment, ces derniers temps, plusieurs caciques du régime actuel crient à Conakry et à l’intérieur du pays que le Professeur Alpha Condé devrait continue à diriger la Guinée au-delà de ces deux mandats ; mais, la Constitution de la République de Guinée l’en interdit et le peuple ne le laissera sans doute pas remettre en cause la paix et la stabilité du pays pour seulement permettre à un clan de s’enrichir sur le dos des pauvres populations. Même si, en attendant la fin de son mandat, beaucoup de Guinéens cherchent à profiter du financement de la campagne de « sensibilisation pour une nouvelle constitution », en faisant croire qu’ils soutiennent sérieusement cette volonté du chef de l’Etat de mourir au pouvoir à l’image de ses prédécesseurs : Sékou Touré et Lansana Conté.

Convaincue que ce projet est mort-né, madame Marthe Dèdè Bokony Koïvogui, qui vit actuellement en France, a annoncé ce samedi, 3 août 2019, son intention de briguer la magistrature suprême de notre pays en 2020.

Très connue, avant même sa récente candidature aux élections locales pour la commune de Macenta, cette fille de diplomates, née au Caire (Egypte)- aujourd’hui mère de famille (avec 6 enfants) et même grand-mère- veut partager sa riche carrière européenne avec ses frères et sœurs de la Guinée.

A suivre !

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DIRE LA VÉRITÉ SUR LA REFORME CONSTITUTIONNELLE ENVISAGÉE : c’est dénoncer la fraude à la Constitution

1 juillet 2019 à 15 03 37 07377
Maître Amadou DIALLO et Nadia NAHMAN
Maître Amadou DIALLO et Nadia NAHMAN

Libre Opinion : Dans une lettre adressée à l’intégralité des membres du corps diplomatique guinéens, le Ministre des Affaires étrangères a donné l’instruction de faire un plaidoyer auprès des autorités et institutions auxquelles ils sont accrédités sur l’opportunité et la nécessité d’adopter une nouvelle Constitution en République de Guinée. A cet effet, il leur a transmis une note sur la nouvelle Constitution qui expose les principaux motifs, la procédure à envisager et les innovations à proposer.

Face à cette volonté désormais officielle de tripatouillage de la Constitution en vigueur pour permettre au Président Alpha Condé de se maintenir au pouvoir au-delà de son second et dernier mandat, les citoyens guinéens et les observateurs étrangers avertis sur le sujet ont le devoir de dire la vérité et de dénoncer la fraude à la Constitution.

La visée légitimatrice d’une telle démarche est au cœur de l’instrumentalisation par l’Exécutif de la Constitution aux fins de la monopolisation pure et simple du pouvoir et de la sanctuarisation présidentielle.

Sans reprendre les solides arguments mobilisés par Maître Traoré auxquels les auteurs de cet article souscrivent pleinement, la présente contribution s’attache à mettre en évidence le caractère délibérément fallacieux des développements portant sur les innovations que contiendront la nouvelle Constitution sous prétexte de l’élargissement du champ d’application des lois et des libertés fondamentales (I), la corrélation établie entre les accords politiques et la dénaturation de la Constitution (II) et enfin la définition du contenu du mandat octroyé au Conseil National de Transition (CNT) (III).

I – Les innovations à apporter par la nouvelle Constitution

L’objectif ici est de démontrer que l’essentiel des prétendues innovations que viendrait à introduire la nouvelle Constitution existe déjà dans l’actuelle et dans les engagements communautaires, régionaux et internationaux souscrits par la République de Guinée, les rendant ainsi superfétatoires. Il convient simplement d’appliquer le cadre constitutionnel, régional et international existant et de rendre ses dispositions effectives.

La note dont il est question fait état de l’intégration de la question environnementale et de la biodiversité dans le bloc de constitutionnalité qu’elle présente comme une innovation. Or, l’article 16 de la Constitution actuelle stipule que « toute personne a droit à un environnement sain et durable et a le devoir de le défendre ». L’État veille à la protection de l’environnement. » Le bloc de constitutionnalité renvoyant au fait que la Constitution ne se limite pas aux articles numérotés qui la composent dans ses différents titres mais intègre les textes auxquels fait référence son préambule, un tel argument est par conséquent inopérant. Ce qui est présenté comme innovation est déjà consacré par le texte de la Constitution et son contenu peut être appliqué par voie prétorienne au moyen d’une interprétation extensive du juge.

En outre, l’argument faisant état de l’absence de réaffirmation de la vocation panafricaniste de l’actuelle Constitution contrairement aux précédentes et du principe de laïcité, relève d’une malhonnêteté intellectuelle saisissante alors même que le panafricanisme est prévu au Préambule de la Constitution en vigueur, lequel fait partie du bloc de constitutionnalité. Il y est affirmé que le peuple de Guinée « proclame son attachement à la cause de l’unité africaine, de l’intégration sous régionale et régionale du continent ». En ce qui concerne la laïcité, l’article premier indique que « la Guinée est une République unitaire, indivisible, laïque, démocratique et sociale ».

Relativement à la nécessité d’intégrer des dispositions relatives à l’interdiction du travail des enfants et aux droits des enfants de manière générale, il sied de rappeler que la Guinée a ratifié la Convention sur le droit des enfants le 13 juillet 1990 et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant le 27 mai 1999 dont les dispositions s’imposent à elle.

Il en est de même pour la consécration constitutionnelle du dialogue dans le milieu du travail qui est déjà garanti par la Loi fondamentale en vigueur en son article 58 alinéa 3, lequel dispose : « Le premier ministre est responsable de la promotion du dialogue social et veille à l’application des accords avec les partenaires sociaux et les partis politiques ». Quant au renforcement de l’égalité des droits entre l’homme et la femme, l’article 8 de la Constitution indique : « Tous les êtres humains sont égaux devant la loi. Les hommes et les femmes ont les mêmes droits ». Il convient de préciser que la parité homme femme qui vient d’être instituée par une loi votée récemment par l’Assemblée Nationale n’a pas besoin d’être consacrée par une nouvelle Constitution étant entendu qu’elle constitue une déclinaison de l’article 8.

Il en est de même des autres prétendues innovations évoquées dans la note qui peuvent, si elles sont jugées pertinentes, recevoir une consécration constitutionnelle dans le cadre d’une révision de la Constitution en vigueur. Les promoteurs de la nouvelle Constitution savent cela mais leur objectif c’est de contourner par ce biais les dispositions intangibles de la Constitution en vigueur qui garantissent notamment le principe de l’alternance démocratique ; d’où la fraude à la Constitution.

II – La corrélation établie entre les accords politiques et la dénaturation de la Constitution

Depuis l’entrée en fonction, le 21 décembre 2010, du Président de la République, Monsieur Alpha CONDE, la violation caractérisée et récurrente des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’État de droit est érigée en règle de gouvernance. C’est le défaut d’application systématique des dispositions constitutionnelles qui garantissent les droits fondamentaux des citoyens et du calendrier électoral qui conduit à la conclusion d’accords politiques de sortie de crise avec pour conséquences la fragilisation et la défiance de nos institutions. En effet, ces accords politiques sont l’émanation de la violation systématique des droits constitutionnels des citoyens : le droit à l’exercice des libertés publiques (notamment la liberté de réunion, d’association et le droit de manifestation), le droit de participer à des élections libres, inclusives, régulières et transparentes, la protection et la garantie du droit de propriété etc. Le seul mal dont souffre la Constitution actuelle et l’urgence du moment à laquelle il convient de pallier sont bien le déficit d’effectivité dans l’application de ses dispositions.

III – La définition du contenu du mandat octroyé au Conseil National de Transition (CNT)

Pour contrecarrer l’argumentation fondée sur le fait que la Constitution de 2010 n’aurait pas eu l’approbation du peuple souverain, nous reproduisons ici l’article 1er de l’Ordonnance no 006 du 7 mars 2010 portant attributions et composition du Conseil National de la Transition (CNT) qui dispose : « Le Conseil National de la Transition (CNT) créée par l’Ordonnance no 001 du 9 février 2010 est un organe politique délibérant qui assume les fonctions et missions ci-après :

1 – Procéder à la relecture et à l’adoption des dispositions constitutionnelles, des lois organiques et des textes électoraux relatifs au bon déroulement du processus électoral ;

2 – Jouer tout rôle législatif en rapport avec le processus de la transition ;

3 – Assurer le suivi et l’évaluation de l’action gouvernementale ;

4 – Suivre l’évolution du processus électoral en particulier les activités de la CENI ;

5 – Contribuer à la réconciliation nationale ».

Relativement au mandat du CNT, il convient ainsi de mentionner qu’il était question d’une relecture de la Loi Fondamentale de 1990 ou d’un toilettage. C’est par commodité de langage que le recours à la mention de nouvelle Constitution s’est imposé sans toutefois correspondre à la réalité juridique. En effet, sous l’angle strictement juridique, toilettage et relecture ne peuvent équivaloir à une nouvelle Constitution. De tels éléments de clarification sont d’autant plus importants à apporter qu’ils remettent en question le cœur même de l’argumentaire des tenants d’une nouvelle Constitution.

Aussi, sied-il de rappeler que le consensus national qui a prévalu au moment de l’adoption de la Constitution du 7 mai 2010 était tel qu’aucun des acteurs politiques, ni des forces vives de la nation n’a appelé ouvertement à voter contre.

En définitive, il a été indiqué moult fois que les insuffisances et les lacunes de la Constitution peuvent être corrigées par voie de révision et qu’aucune circonstance de fait et/ou de droit ne permet de fonder légalement l’élaboration d’une nouvelle Constitution.

Si la protection de la Constitution et l’effectivité de l’application de ses dispositions dépendent en réalité de son appropriation par les organes politiques et juridictionnels, elles sont tout aussi tributaires de l’importance que tous les citoyens, sans distinction, lui accordent. Une démocratie ne peut vivre sans qu’il y ait de la part et à l’intérieur de chaque citoyen une vigilance perpétuelle par rapport au pouvoir. C’est à ce cet appel à la vigilance que les citoyens Nadia Nahman et Maître Amadou Diallo ont tenté de répondre au travers de cette contribution conjointe.

Article co-rédigé par Nadia NAHMAN et Maître Amadou DIALLO

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Enjeux et défis démocratiques en Guinée : ce que la BAC veut pour la Guinée

1 juillet 2019 à 9 09 32 07327

La dynamique Barrière pour une Alternance Citoyenne (BAC) a été lancée hier, dimanche 30 juin 2019, à Conakry. Cette plateforme a été mise en place par plusieurs et organisations et mouvements citoyens, avec comme objectif de travailler pour une alternative crédible en Guinée. A l’occasion de son lancement officiel, la structure a organisé justement une conférence-débat sur le thème : « Enjeux et défis démocratiques en Guinée : alternance ou alternative ? », a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Pierre Goa Zoumanigui, coordinateur national du mouvement Rouge Jeune Vert et un des membres fondateurs de la BAC
Pierre Goa Zoumanigui, coordinateur national du mouvement Rouge Jeune Vert et un des membres fondateurs de la BAC

Dans son intervention, Pierre Goa Zoumanigui, coordinateur national du mouvement Rouge Jeune Vert et un des membres fondateurs de la BAC, a dit que cette dynamique a été créée par les jeunes, en vue d’apporter leur contribution au développement socio-économique du pays. « La mission principale, c’est de faire de sorte qu’en Guinée, il n’y ait pas seulement que la focalisation que sur l’alternance, parce que l’alternance pour nous, c’est des éléments d’une même série. C’est-à-dire remplacer par exemple la mouvance par l’opposition. Pour nous, il faudrait un projet alternatif, il faut une alternative au système politique en Guinée pour que le développement en Guinée soit possible.

En 2009, tout le combat que nous avons tous fait en Guinée : journalistes, société civile, partis politiques, était que l’opposition puisse arriver au pouvoir. Et, l’opposant historique est arrivé au pouvoir. Donc, pourquoi voudrions-nous encore qu’une autre opposition arrive au pouvoir, pourquoi ne pas parler de l’alternative ? Donc, c’est pourquoi nous sommes entièrement investis dans l’alternative puisque si on s’entend, c’est de dire encore que l’opposition arrive au pouvoir et l’opposition est déjà arrivée au pouvoir. Donc, puisque 2020 ouvre encore une nouvelle voie pour un changement dans notre pays, essayons pour que ce changement soit une alternative », a-t-il dit.

En ce qui concerne le débat en cours autour du projet de changement de la constitution actuelle disent être membres ou alliés d’aucun mouvement crées pour barrer la route à ce projet. Mais, ils soulignent qu’ils sont déterminés à défendre les acquis de l’actuelle constitution. « Nous sommes dans le camp de l’alternative pure et simple. Nous ne sommes pas alliés, nous n’allons pas nous allier, mais en réalité ce qui reste clair nous sommes légalistes. Nous sommes sûrs que notre constitution a des acquis, et lorsque quelqu’un aura besoin de nous dans le cadre des acquis de la défense de la constitution, nous répondrons. Mais le débat, nous ne sommes pas dedans, l’alignement, nous ne sommes pas dedans.

Nous nous battons pour présenter une alternative et je vous assure, avec cette barrière, en 2020 il y aura une alternative. Notre stratégie est simple : il faudra informer, former et sensibiliser pour qu’il y ait une masse capable de connaitre le choix. Parce que si vous n’avez pas de possibilité de choix, en réalité ça veut dire que ça ne marche pas. Donc, former, informer, sensibiliser pour créer une masse critique capable de faire le choix, capable de connaître celui qui a un projet, capable de renoncer à l’homme providentiel au profit du projet », a indiqué Pierre Goa Zoumanigui.

Oumar Camara, maire de la commune urbaine de Faranah,
Oumar Camara, maire de la commune urbaine de Faranah

Présent en tant qu’un des panelistes, Oumar Camara, maire de la commune urbaine de Faranah, a partagé avec les participants l’expérience de sa localité. Il a invité les jeunes à prendre leur destin en main afin d’être les acteurs de leur propre destin. « Il est important maintenant que la jeunesse commence à se repositionner parce que l’avenir de ce pays nous appartient. Il faut que la jeunesse ait confiance en elle-même. Il faut que la jeunesse reconsidère sa position pour ne pas se laisser manipuler par les politiciens. Et, tout ce que nous devons faire, c’est de placer la Guinée devant. En faisant cela, nous allons réussir notre pari », a-t-il conseillé.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Alpha Condé veut changer la constitution : la réaction de Fodé Oussou

28 juin 2019 à 11 11 25 06256

Jusque-là muet sur la question, le président Alpha Condé a déclaré clairement qu’il va changer l’actuelle constitution, dont le seul but est de s’octroyer un troisième mandat. Même si les intentions du chef de l’Etat guinéen étaient connues à travers ses différentes prises de positions, c’est la première fois qu’il annonce clairement sa volonté de le faire. C’était lors du conseil des ministres d’hier, jeudi 27 juin 2019.

Au lendemain de cette sortie, des réactions se font entendre à Conakry. Interrogé sur le sujet par Guineematin.com, l’honorable Dr Fodé Oussou Fofana, vice-président de l’UFDG, considère cette déclaration du président de la République comme un non-événement. Pour l’opposant, Alpha Condé n’a rien dit et rien fait de nouveau et qu’il faut attendre qu’il engage la procédure pour réagir.

Décryptage !

Guineematin.com : le président Alpha Condé a dit clairement hier, en conseil des ministres, qu’il va changer la constitution. Vous êtes de l’opposition et vous êtes catégoriquement opposés à ce projet, que représente cette annonce pour vous ?

Dr Fodé Oussou Fofana : je précise d’abord que ce n’est pas hier que monsieur Alpha Condé a prouvé au peuple de Guinée qu’il a l’intention de changer la constitution. Depuis qu’il a eu son second mandat, il a commencé à réfléchir sur comment s’éterniser au pouvoir. Tous les discours qu’il a tenus quand il était président de l’Union Africaine en disant que les gens ne doivent pas se mêler dans les affaires intérieures d’un pays, allaient dans ce sens.

Maintenant, moi je souhaite que tous les membres du gouvernement qui ne sont encore ni à gauche ni à droite se prononcent pour donner leur position. Il y a beaucoup de membres du gouvernement qu’on n’a pas encore entendus, ils doivent s’exprimer pour dire s’ils sont pour ou s’ils sont contre ce projet de changement de constitution.

Guineematin.com : mais le Premier a dit, lors de sa dernière conférence de presse, que l’ensemble des membres du gouvernement sont d’accord ; le compte-rendu du conseil des ministres d’hier l’a réitéré, et on a entendu aucun ministre dire non moi je ne suis pas d’accord. Et, comme le dit le dicton, qui ne dit rien consent.

Dr Fodé Oussou Fofana : vous savez, nous connaissons notre pays, il ne faut que demain, lorsque la situation va changer, que ces gens-là viennent dire est-ce que vous m’avez entendu dire que je suis d’accord, moi j’étais contre. Donc, que les gens assument leur position. Il y a déjà beaucoup qui assument, mais il y en a d’autres qui n’ont jamais rien dit là-dessus.

Guineematin.com : pour vous, c’est la position de ces membres du gouvernement qui est importante ou celle du président Alpha Condé ? Le président dit qu’il veut changer la constitution. N’est-ce pas suffisant pour vous ?

Dr Fodé Oussou Fofana : écoutez ! Le fait dire j’ai pris acte, pour moi, ne veut rien dire. Mais, ce qu’il faut dire, c’est que monsieur Alpha Condé n’a jamais été aussi isolé comme il l’est aujourd’hui avec cette affaire de troisième mandat. Il est complètement isolé par ses amis, par la communauté internationale, par le monde entier. Personne n’est pour ce troisième mandat. Ceux qui sont pour le troisième mandat, ce sont les pyromanes qui sont à côté de lui. Tout simplement parce que si monsieur Alpha Condé n’est pas président de la Guinée en 2020, ils n’auront plus l’occasion de voler ce qu’ils sont en train de voler aujourd’hui. Donc pour nous, le fait de dire qu’il prend acte, ça ne veut rien dire.

Guineematin.com : si cela n’est pas suffisant pour vous, qu’attendez-vous alors ?

Dr Fodé Oussou Fofana : nous attendons sa déclaration officielle, nous attendons que monsieur Alpha Condé engage la procédure pour un référendum. Je n’ai aucun doute que monsieur Alpha Condé veut la constitution pour s’éterniser au pouvoir, mais quand un problème est posé, il y a un fond et une forme. Dans le fond, tout le monde sait que monsieur Alpha Condé veut changer la constitution, il s’est battu pendant 5 ans pour ça. Quand il disait qu’il faut laisser l’Afrique prendre son destin en main, il ne parlait pas de l’Afrique, il parlait de lui-même ; quand il disait qu’on ne doit pas se mêler des problèmes internes des pays, il ne parlait pas de l’Afrique, il parlait de la Guinée. Donc, dans le fond les intentions sont bien connues.

Mais, il y a une forme, et c’est ce que nous attendons. La forme, c’est le fait qu’il se déclare lui-même et qu’il prenne des dispositions pour aller vers l’organisation du référendum constitutionnel. Pour moi, jusqu’à présent, monsieur Alpha Condé n’a pas franchi le Rubicon, il n’a pas franchi la ligne rouge. Pour moi, le Rubicon, c’est quand monsieur Alpha Condé va sortir officiellement pour dire voilà la date à laquelle je vais organiser le référendum. C’est lui sait comment il va installer les chefs de quartiers avant, c’est lui qui sait comment il va organiser les élections législatives avant, c’est lui qui sait s’il va aller à un référendum sans que tous ces éléments-là soient réglés, c’est lui qui sait de quel droit il va se prévaloir pour changer la constitution.

Et, le jour où il va franchir ce Rubicon, il ne verra pas un parti politique devant lui, il verra devant lui le peuple de Guinée. Il verra que la Guinée ne dépend pas du conseil des ministres, ce ne sont pas les ministres qui vont se retrouver pour décider du sort de la Guinée, c’est le peuple qui décidera. Et, ce peuple-là va lui répondre lorsqu’il va engager le processus d’organisation d’un référendum pour changer la constitution.

Interview réalisée par Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628124362

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Funérailles du maire de Ratoma : Alpha Condé snobe Cellou Dalein

28 juin 2019 à 11 11 15 06156

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, les funérailles de monsieur Souleymane Taran Diallo, le défunt maire de Ratoma (décédé le lundi dernier, 24 juin 2019), sont organisées ce vendredi. Après la levée du corps à la morgue de l’hôpital national Ignace Deen, nous assistons actuellement au symposium organisé à la mémoire de l’ancien élu de l’UFDG, le principal parti de l’opposition guinéenne.

Au-delà des familles politique et biologique du défunt, au moins deux représentants du Gouvernement et d’autres responsables politiques participent à ces funérailles.

Pour sa part, le président de la République y a fait un bref passage. Mais, le professeur Alpha Condé a préféré snober le chef de file de l’opposition guinéenne en allant directement s’asseoir à la place qui lui avait été préalablement réservée ! Même la famille biologique du défunt n’a eu droit aux salutations (et condoléances) du chef de l’Etat qu’après une « intervention » des ministres Boureima Condé (de l’Administration du territoire et de la Décentralisation) et Mamadou Taran Diallo (de l’Unité nationale et de la Citoyenneté). Quelques minutes après son arrivée, le président Alpha Condé a fait annoncer un rendez-vous qu’il aurait à l’aéroport de Conakry avant de quitter le symposium qui se poursuit en ce moment (11 heures) au Palais de Sport du stade du 28 septembre.

A suivre avec Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Levée du corps du maire de Ratoma : Makanera, Boureima Condé, Cellou Dalein… à la morgue

28 juin 2019 à 9 09 47 06476

Décédé tôt dans la matinée du lundi dernier, 24 juin 2019, Souleymane Taran Diallo, le défunt maire de la commune de Ratoma regagnera sa dernière demeure dans l’après-midi de ce vendredi, 28 juin, au cimetière de Hamdallaye.

Mais, avant son inhumation, prévue à 15 heures 30, l’ancien maire de Ratoma bénéficiera d’un symposium au Palais de Sport du stade du 28 septembre et d’un cortège funèbre qui partira du stade du 28 septembre pour la Mosquée Turque de Koloma où la prière funèbre se fera après celle du vendredi.

À la morgue de l’hôpital national Ignace Deen, plusieurs personnalités politiques, membres de la famille politique du défunt sont présents : le président de l’UFDG, Cellou Dalein Diallo, son épouse, Hadja Halimatou Dalein Diallo, ses collaborateurs Aliou Condé, Elhadj Djouma Bah et aussi les membres de la famille biologique du défunt.

On a également noté la présence d’autres acteurs politiques comme Alhousseny Makanera Kaké, président du FND, Thermo Mamadou Bah, président de la NGC, Dr. Ahmed Tidjane Souaré, ancien Premier ministre.

Du côté du gouvernement, il y a les ministres de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, le Général Boureima Condé et Mamadou Taran Diallo de l’Unité nationale et de la Citoyenneté.

A suivre !

De Kaloum, Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Fin de la démocratie en Guinée ? Début de la traque des opposants au 3ème mandat à N’zérékoré

15 juin 2019 à 17 05 19 06196

C’est une nouvelle qui préoccupe tous ceux qui prônent la gouvernance des Etats par des règles démocratiques. Une réunion de haut niveau qui s’est déroulée ce samedi, 15 juin 2019, entre 11 heures et 13 heures, dans la capitale de la Guinée forestière, a décidé d’enclencher la traque de tous les adversaires d’un troisième mandat pour le président Alpha Condé.

A en croire un témoin qui s’est confié à un reporter de Guineematin.com, au-delà des autorités locales (Gouverneur, préfet et maire de N’zérékoré), il y avait à cette rencontre plusieurs membres du Gouvernement et des caciques du parti au pouvoir, le RPG arc-en-ciel. C’est le cas des ministres Ibrahima Kourouma, Edouard Niankoye Lamah, Rémy Lamah et Frédéric Loua.

L’objectif de cette rencontre était de faire l’évaluation des dégâts enregistrés à l’occasion de la marche empêchée des opposants au troisième mandat pour Alpha Condé le jeudi dernier et de situer les responsabilités. Comme on le sait, le bras de fer entre les agents des forces de l’ordre et les citoyens qui tenaient à manifester leur opposition à un changement de la constitution guinéenne a entraîné plusieurs dégâts humains (un mort et plusieurs blessés) et matériels (avec le pillage de nombreuses boutiques supposées appartenir à des adversaires du pouvoir).

A l’issue de la réunion de ce samedi, il a été demandé aux chefs des quartiers et des secteurs de s’impliquer pour la traque des membres du Front national pour la défense de la Constitution comme pour arrêter toute contestation d’un troisième mandat pour le président Alpha Condé.

Pourtant, au cours de leurs démarches légales, les membres de l’antenne locale du FNDC avaient respecter toutes les procédures pour manifester dans la ville comme ceux qui soutiennent un changement de la Constitution. Ils avaient même déposé une plainte contre le Gouverneur, le préfet et le maire de N’zérékoré au niveau de la justice. Mais, aucune suite n’a été donnée à leur démarche judiciaire.

Enfin, beaucoup de citoyens se posent aujourd’hui assez de questions sur l’avenir de la République de Guinée avec cette radicalisation du régime contre tous ceux qui prônent le respect de la Constitution et la liberté de tout citoyen à exprimer son opinion sur la conduite du pays. Surtout depuis la démission du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Cheick Sako…

A suivre !

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Sidya Touré à ses militants : « si le pouvoir vous donne de l’argent, bouffez-le… »

15 juin 2019 à 14 02 23 06236

A l’occasion de l’Assemblée générale de l’UFR de ce samedi, 15 juin, Sidya Touré a dénoncé les achats de conscience, organisés par le pouvoir en place dans le cadre de la promotion d’une nouvelle Constitution. S’adressant à ses militants, massivement mobilisés, Sidya Touré a demandé de prendre cet argent, de l’utiliser, tout en restant constant dans leurs positions derrière l’UFR.

« Le pouvoir est en train de sortir des milliards pour acheter les consciences. Ils accentuent la paupérisation des citoyens ; après, ils viennent vous proposer cinq millions, un million ou deux cent mille francs guinéens », a déploré l’ancien Haut Représentant du président Alpha Condé.

Selon le patron de l’UFR, tout montant proposé aux militants doit être perçu et dépensé, sans arrière-pensée. « Utilisez cet argent ; mais, restez vous-mêmes ».

Plus loin, Sidya Touré a félicité ses militants qui ont fait preuve d’engagement depuis trois mois contre une nouvelle Constitution. Ce leader très déterminé à combattre une présidence à vie pour le chef de l’Etat actuel a demandé à ses partisans de continuer le combat contre le 3ème mandat.

Alpha Mamadou Diallo et Saidou Hady pour Guineematin.com

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Manifestation contre un 3ème mandat pour Alpha Condé : le bilan (avec la vidéo du maire de N’zérékoré)

14 juin 2019 à 11 11 47 06476

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, un jeune guinéen, Mouctar Condé, a succombé à ses blessures dans la matinée de ce vendredi à l’hôpital régional de N’zérékoré. Comme 34 autres blessés, Mouctar Condé a été victime du bras de fer entre les autorités locales de N’zérékoré et les citoyens qui tenaient à manifester hier, jeudi 13 juin 2019, dans cette ville contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé.

Au-delà du bilan humain, ce bras de fer engagé entre ceux qui ne veulent pas que le président actuel de la Guinée s’accroche au pouvoir après son deuxième et dernier mandat, en 2020, et les dirigeants a entraîné plusieurs dégâts matériels dont des boutiques pillées.

Dans la matinée de ce vendredi, 14 juin 2019, monsieur Moriba Albert Delamou, le maire de la commune urbaine de N’zérékoré, a accepté de nous livrer le bilan qu’il a dressé sur la manifestation d’hier.

Ci-dessous et en vidéo, Guineematin.com vous propose de suivre le premier responsable de la ville de N’zérékoré :

Interview réalisée par Foromo Gbouo Lamah, correspondant Guineematin.com à N’zérékoré

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Politique : le parti de Mouctar Diallo dit oui à une nouvelle constitution

9 juin 2019 à 18 06 50 06506

Le parti Nouvelles Forces Démocratique (NFD), dirigé par l’actuel ministre de la jeunesse et de l’emploi des jeunes, Mouctar Diallo, se déclare officiellement favorable à une nouvelle constitution. La formation politique l’a fait savoir à travers une déclaration publiée ce dimanche, 09 juin 2019 à Conakry. La formation politique justifie son adhésion au projet de nouvelle constitution notamment par le non-respect de la procédure d’adoption de la loi fondamentale en vigueur depuis 2010 dans notre pays et des lacunes constatées dans le texte.

Guineematin.com vous propose ci-dessous l’intégralité de la déclaration lue devant la presse par le président du parti NFD et ministre de la jeunesse, Mouctar Diallo.

Guinéennes et Guinéens :

Considérant que le mode d’adoption d’une Loi fondamentale d’un Etat est aussi important que son contenu ;

Prenant en compte les nombreuses contestations sur la légitimité de la Constitution du 7 Mai 2010 en raison notamment de l’absence totale du peuple et de ses représentants dans son élaboration et son adoption ;

Considérant que le Conseil National de la Transition (CNT) et le Président de la Transition par intérim n’avaient aucun mandat et ne bénéficiaient d’aucune légitimité pour promulguer une Constitution au nom du peuple ;

Constatant que le passage « Libre de déterminer ses Institutions, le Peuple de Guinée adopte la présente Constitution » contenu dans le préambule de la constitution du 7 Mai 2010 n’est que pure imposture car le peuple n’a jamais adopté ladite Constitution ;

Considérant d’autres lacunes de l’actuelle Constitution notamment dans l’organisation et le fonctionnement des pouvoirs publics et la nécessité d’améliorer substantiellement son contenu ;

Considérant que l’article 2 al.1er, de Constitution reconnaît la souveraineté nationale au peuple qui a le pouvoir non seulement de réviser la Constitution, mais surtout de la faire et de la défaire ; et qu’il a un « droit imprescriptible de changer sa constitution » ;

Considérant que la démocratie est « le pouvoir du peuple par le peuple et pour le peuple » ;

Considérant l’inexistence de texte interdisant le recours au référendum pour l’adoption d’une nouvelle Constitution et le principe général de droit selon lequel « tout ce qui n’est pas interdit est permis » ; Tenant compte du silence de la Constitution de 2010 sur sa procédure d’abrogation, et partant du principe général de droit qu’« il ne faut pas distinguer là où la loi ne distingue pas », nous soutenons qu’il n’existe aucun obstacle juridique

qui empêche au Président de la République d’utiliser son pouvoir d’initiative en matière de révision constitutionnelle (article 152 de la Constitution) pour proposer au peuple une révision (modification) totale de la Constitution, un changement de constitution ;

Considérant que conformément à l’article 152 de la Constitution, la consultation du peuple à la suite d’un référendum initié par le Président de la République qui bénéficie d’une légitimité incontestable et incomparable reste la voie la plus démocratique pour procéder à un changement de Constitution ou pour trancher sur une contradiction majeure entre deux positions divergentes sur une question aussi importante qu’est la Constitution ;

Considérant l’article 28 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 : ‘’un peuple a toujours le droit de revoir, de réformer et de changer sa constitution. Une génération ne peut assujettir à ses lois les générations futures’’ ;

Adhérant aux propos de Jean Jacques Rousseau qui déclarait que : ‘’Un peuple est toujours maître de changer ses lois, mêmes les meilleures’’ ;

Considérant qu’en tant que gardien de la Constitution et garant du fonctionnement régulier des institutions (Article 45 de la Constitution), le Président de la République est l’autorité la mieux placée, la plus légitime pour initier et proposer à la Nation un projet de nouvelle Constitution ;

Respectant la position de ceux qui sont opposés à l’idée d’une nouvelle Constitution ce qui dénote de la vigueur démocratique de notre pays ;

Regrettant que le débat actuel sur une nouvelle Constitution soit biaisé par certains acteurs politiques et leurs acolytes alors qu’il a, en réalité, un enjeu plus politique que juridique ; Considérant que l’opportunité politique du référendum relève du pouvoir discrétionnaire du Président de la République ;

Nous affirmons que l’occasion est donc opportune de restaurer le Peuple dans ses prérogatives de détenteur du pouvoir constituant originaire et de donner toute la légitimité requise à la Loi suprême de notre pays.

Le Parti Nouvelles Forces Démocratiques (NFD), membre de la mouvance présidentielle, après un débat interne ouvert, inclusif et démocratique impliquant toutes ses structures basées à Conakry, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, décide de soutenir vigoureusement l’idée d’une nouvelle Constitution exprimée par le parti au pouvoir, le RPG Arc en ciel, en vue de favoriser un meilleur fonctionnement de l’Etat pour le bonheur du peuple de Guinée.

Le Bureau Politique National de NFD demande ardemment à nos militants, sympathisants et au brave peuple de Guinée de soutenir sans réserve l’adoption d’une nouvelle Constitution conformément aux lois de la République.

NFD dit oui à une nouvelle et meilleure Constitution qui favorisera l’émergence d’une Guinée unie, paisible, démocratique et prospère.

Vive la République !

Conakry, le 8 Juin 2019.

Le Bureau Politique National de NFD

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Affaire 3ème mandat : voici la position du Pr Togba ZOGBELEMOU

27 mai 2019 à 8 08 04 05045

A la suite des demandes répétées de plusieurs concitoyens, j’ai décidé de me prononcer sur une actualité juridique brûlante du pays.

J’ai entrepris de rédiger cette contribution après avoir lu et analysé près d’une cinquantaine d’articles, interviews et commentaires publiés par les sites internet guinéens.

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Libération des 7 anti 3ème mandat : les réactions de Me Béa, Koundouno et de Foniké Mengué

14 mai 2019 à 17 05 50 05505

Comme annoncé précédemment, le procès en appel des sept membres du front national pour la défense de la constitution (arrêtés, jugés et condamnés la semaine dernière à Kindia) s’est tenu hier, lundi 13 Mai 2019, à la cour d’appel de Conakry. Dans sa décision, la cour a déclaré les prévenus non coupables des faits qui leur sont reprochés. Et, par conséquent, elle les a renvoyés des fins de la poursuite « pour délit non constitué », tout en ordonnant que leur t-shirts ‘’anti 3ème mandat’’ leur soient restitués.

Me Mohamed Traoré

Une décision fortement saluée par le collectif des avocats de la défense (conduit par Me Mohamed Traoré, ancien bâtonnier de l’ordre des avocats de Guinée) et les membres du FNDC qui étaient présents dans la salle d’audience, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui a suivi ce procès.

Au sortir de cette audience qui avait tout l’air d’une simulation de procès, Me Salifou Béavogui a une fois de plus dénoncé la décision rendue dans cette affaire en première instance à Kindia, avant de savourer une victoire en appel où il estime que le droit a été dit.

Me Salifou Béavogui

« J’ai dit que dans cette affaire il n’y a pas d’infraction. Il n’y avait pas de tentative, il n’y avait pas de délit. Et, la cour vient de suivre le collectif des avocats de la défense. En application des dispositions de l’article 544 du code de procédure pénale (…), la décision de première instance vient d’être infirmée en toutes ses dispositions et nos clients sont renvoyés des fins de la poursuite… C’est le droit qui a triomphé. C’est la liberté, la démocratie et les libertés individuelles et collectives qui ont triomphé. Et, je suis très content parce que le droit a été dit. Nos clients vont recouvrer leur liberté à l’instant T », s’est réjoui Me Béavogui.

Foniké Mangué

Du côté du front national pour la défense de la constitution, on salue une « victoire pour le peuple de Guinée ». Et, annonce Foniké Mangué, membre dudit front, « le combat continue très foncièrement et très stratégiquement. Nous irons jusqu’au bout. Ce ne sont pas les menaces ou les intimidations qui nous feront reculer ».

Pour sa part, Sékou Koundouno estime que cette décision de la cour est un appel très fort à l’endroit « des gangsters, des pyromanes, des imposteurs en col blanc qui ont pris cette République (la Guinée) en otage dans le seul objectif de transformer cette République en monarchie. Nous ne sommes ni au précambrien, ni au quaternaire où on peut se laisser sous la domination du prince. Nous sommes dans une République ! Et, il faut que chaque citoyen prenne ses responsabilités et que la justice puisse dire le droit. C’est un jour historique, la justice est en train de tracer une très bonne voie pour rassurer les justiciables que nous sommes. Le combat va continuer afin que ce groupe de gangsters (promoteurs du 3ème mandat ou d’une nouvelle constitution) qui veulent instaurer la monarchie soient déboutés et qu’on puisse instaurer cet Etat de droit qu’on a toujours cherché », a dit Sékou Koundouno, administrateur général de la cellule ballai citoyen de Guinée.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Kankan : les 58 maires de la région demandent une nouvelle constitution

11 mai 2019 à 19 07 52 05525

Les maires de la région administrative de Kankan, au nombre de 58, étaient réunis ce samedi, 11 mai 2019, dans les locaux du gouvernorat pour s’approprier du contenu de l’ANAFIC. A l’issue des travaux, les élus locaux ont publié une déclaration dans laquelle ils demandent au président de la République de proposer une nouvelle constitution à la Guinée. Ce qui permettrait au chef d’Etat guinéen de briguer un troisième mandat. C’est le maire de la commune urbaine de Kankan, Mory Kolofon Diakité, qui a lu cette déclaration devant les médias dont Guineematin.com, à travers son correspondant local.

Mory Kolofon Diakité

« Nous, les 58 maires de la région administrative de Kankan, réunis ce jour 11 mai 2019 dans la salle de conférence du gouvernorat pour analyser la situation socio-politique et économique de la région, profitons de cette occasion pour remercier le gouvernement pour les efforts déployés dans le processus du développement local et de la décentralisation ; exprimons notre profonde gratitude et sincère remerciement à son excellence monsieur le président de la République pour voir mis à notre disposition, un outil innovent du financement local, premier du genre en Afrique qui est l’ANAFIC.

Nous maires, marquons notre reconnaissance à l’endroit de son excellence monsieur le président de la République pour le progrès acquis dans le changement en moins de 10 ans. En dépit de tous ces acquis, et compte tenu des inadéquations dans l’actuelle constitution, il est important pour nous maires de vous demander d’offrir une opportunité à la future génération à travers un cadre constitutionnel pouvant garantir la stabilité politique, sociale et la paix dans notre pays.

Pour ce faire, nous maires de la région administrative de Kankan, vous demandons solennellement, au nom de nos populations, de procéder légalement à la révision constitutionnelle d’ici décembre 2019 par un référendum ».

Le gouverneur de la région de Kankan, le général Mohamed Gharé, qui a présidé la rencontre, a dit prendre acte de la déclaration et annoncé que celle-ci parviendra à qui de droit.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Tél : 00 224 627 24 13 24

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7 manifestants anti-3ème mandat condamnés à Kindia : « c’est un procès de la honte », dit leur avocat

8 mai 2019 à 11 11 02 05025

Comme annoncé précédemment, 7 opposants à un troisième mandat pour Alpha Condé ont été condamnés hier mardi, 07 mai 2019 par le tribunal de première instance de Kindia. Boubacar Barry, Thierno Mamadou Diallo, Mohamed Camara, Amadou Soumah, Mohamed Sylla, Mamadou Cellou Diallo et Mohamed Keïta ont écopé chacun d’une peine de trois mois de prison ferme et le payement d’une amende de 500 mille francs.

Ces 7 jeunes ont été arrêtés à l’occasion d’une manifestation pacifique organisée le samedi, 04 mai dernier dans la ville des agrumes, contre le projet de nouvelle Constitution prôné par le pouvoir de Conakry et qui devrait permettre au président Alpha Condé de s’accrocher au pouvoir au-delà de ses deux mandats légaux. En prenant part à cette manifestation, le tribunal a estimé qu’ils se sont rendus coupables de trouble à l’ordre public et entrave au droit de manifester.

Me Salifou Béavogui

Après le prononcé du verdict par le juge, Hammady Seick, les 7 jeunes ont été reconduits en prison. Leur avocat, maître Salifou Béavogui, dénonce un procès de la honte. « Nous venons de sortir de ce marathon judiciaire de ce procès de la honte, de ce procès des intimidations, du non droit. De ce procès qui écrase les innocents, qui ne se repose sur aucune base légale. Vous vous rappellerez que le samedi passé, les membres du FNDC avaient tenté d’exprimer, manifester leur opinion conformément à l’article 7 de la Constitution guinéenne qui permet à tout citoyen d’exprimer ses opinions politiques, religieuses, philosophiques, soit par la parole, les images et par tout autre moyen de communication. Le tout conformément à la loi.

C’est dans ces circonstances que les 7 opposants qui n’étaient ni en position de commettre une infraction ou de causer de trouble de l’ordre public ont été arrêtés et conduis à la prison pour, disent-ils, trouble, attroupement et entrave à la liberté de manifester. Au cours des débats, il a été révélé ici à l’audience publique, que certains prévenus ont été simplement arrêtés parce qu’ils portaient des T-Shirts du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC).

D’autres ont été arrêtés parce qu’ils portaient des chemises qui portaient des effigies des opposants, notamment le président Sidya Touré et le président Cellou Dalein Diallo. Donc ces prévenus qui viennent d’être injustement condamnés pour avoir exprimé leur opinion, n’ont causé aucun trouble à l’ordre public. Ils n’ont violé la tranquillité d’aucune paix ici. Ils étaient venus manifester leur opinion dans le calme et dans la discipline conformément à la loi », estime l’avocat de la défense.

Maître Salifou Béavogui annonce donc avoir immédiatement fait appel de cette décision. « Je suis sorti très déçu de la non application du droit dans cette affaire. Je suis complètement abattu de voir une fois encore la justice condamner des innocents pour des raisons purement inexplicables en termes de référence à nos textes de lois. Je suis abasourdi voire abattu moralement, attristé de voir la condamnation des innocents qui n’ont fait qu’exprimer leur volonté face à une situation.

Je regrette que les poursuites soient dirigées contre les faibles et que d’autres qui ont fait le même comportement échappent à la poursuite. C’est pour cette raison que j’ai immédiatement relevé appel contre cette décision que je flétris, que je rejette avec la dernière énergie et que je crois fermement pouvoir anéantir devant la juridiction d’appel », a-t-il dit.

Par ailleurs, l’avocat se dit préoccupé de la disparition du huitième manifestant qui avait été arrêté samedi. Ce dernier n’a pas comparu devant le tribunal et il reste, pour l’heure, sans nouvelles. « Il y a Mamady Kanak Bangoura qui est porté disparu, il n’a pas été retrouvé jusqu’à nos jours. Ce qui crée un sentiment de peur, de crainte et de tristesse.

Parce qu’une fois encore, il reste introuvable. Tout porte à croire que ce jour-là, il était là pour exprimer son opinion. Nous demandons à ce que des recherches sérieuses soient faites par les services de sécurité pour le retrouver. Car une fois encore, la sécurité des biens et de personnes incombe aux services de sécurité », rappelle Me Salifou Béavogui.

De Kindia, Amadou Bailo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 67 96

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Respect de la loi, protection des journalistes : ce que Asmaou Barry de l’APAC-Guinée demande au gouvernement

3 mai 2019 à 11 11 00 05005
Asmaou Barry, journaliste et présidente de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC-Guinée)

La Guinée, à l’instar des autres pays du monde, célèbre ce vendredi, 03 mai 2019, la journée internationale de la liberté de presse. Asmaou Barry, journaliste et présidente de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication (APAC-Guinée) a accordé un entretien à Guineematin.com, à cette occasion. Elle est revenue sur la situation de la liberté de la presse en Guinée, avant de demander aux pouvoirs publics de s’investir davantage dans ce domaine.

Décryptage !

Guineematin.com : l’humanité célèbre aujourd’hui la journée internationale de la liberté de la presse. Pour vous, est-ce que la liberté de la presse est effective de nos jours en Guinée ?

Asmaou Barry : tout d’abord, je suis désolée que la situation n’ait pas changé positivement depuis l’année dernière, sinon ces dernières années. Pour ce qui est de la situation de la presse, on va de mal en pis, et je pense que cela est déplorable. S’il y a une journée consacrée à un secteur, je pense qu’il s’agit de se retrouver, de réfléchir ensemble sur les problèmes qui assaillent le secteur, essayer de trouver des solutions et surtout les appliquer. Il se trouve que chez nous en Guinée, en tout cas pour ce qui concerne la liberté de la presse, on a comme l’impression que l’année précédente est toujours mieux que l’année en cours. Et, je pense que cela devrait interpeller le secteur des médias, mais aussi les décideurs pour pouvoir faire quelque chose de positif à l’occasion de cette journée internationale de la liberté de la presse.

Donc, on va revenir sur les mêmes constatations que l’année dernière, c’est-à-dire que la situation des médias en Guinée, il y a toujours ces deux défis, ces deux enjeux de la liberté de la presse. Il s’agit tout d’abord du fonctionnement des médias en termes d’économie, donc toujours le modèle économique des médias pose problème ; mais aussi, en termes de protection de la liberté d’expression, de la liberté de la presse en Guinée. C’est toujours les mêmes problèmes qui se posent. Le premier, si l’on prend la situation financière des médias, de plus en plus les organes de presse ont des difficultés financières, il faut se le dire. On n’arrive toujours pas à promouvoir le secteur médiatique en Guinée, créer des conditions d’exercice du métier de journaliste où les gens pourraient investir dans le secteur et gagner quelque chose pour que cela puisse générer des emplois.

C’est vrai, le secteur des médias emploie beaucoup de jeunes. Mais, quelle est la situation de ces jeunes ? Quelles sont les conditions de vie et de travail de ces journalistes ? Qu’on ne se voile pas la face, il y a toujours cette précarité dans les médias. Et, cela mérite d’être examiné, cela mérite d’être résolu pour espérer que les journalistes puissent exercer dans de meilleures conditions et donc, que l’on arrête un peu ces accusations selon lesquelles les journalistes guinéens sont alimentaires, les journalistes guinéens sont corrompus etc.

Guineematin.com : Dans le récent classement de Reporters Sans Frontières (RSF) sur la liberté de la presse, la Guinée occupe la 107ème place sur 180 pays concernés. Selon vous, qu’est-ce que les décideurs guinéens doivent faire pour améliorer la situation de la liberté de la presse dans notre pays ?

Asmaou Barry : déjà, il faut signaler que la Guinée a perdu trois (3) places dans ce classement par rapport à l’année dernière. Si l’an passé on était à la queue, cette fois-ci on s’est beaucoup plus rapproché de la porte de sortie. Peut-être que l’année prochaine on va se retrouver comme dernier pays en matière de respect de la liberté de la presse. Aux décideurs, ça revient à ce que je disais au départ, c’est de créer toutes les conditions nécessaires pour l’exercice de ce métier de journalisme. Et cela, c’est en deux (2) points : d’abord sur les conditions financières pour les médias, mais aussi de l’autre côté, assurer la protection des journalistes.

On ne peut pas espérer une meilleure place sur le classement de Reporters Sans Frontières en continuant à bastonner les journalistes, à les emprisonner, à les envoyer tout le temps au tribunal et à dénigrer la loi sur la liberté de la presse, en continuant à garder la loi sur l’accès à l’information dans les tiroirs. Bref, il n’y a pas cette protection qui est assurée pour les journalistes et on exerce le métier avec la peur au ventre parce qu’on sait qu’on peut se retrouver à tout moment nez-à-nez avec un décideur. Vous voyez combien de fois cela est déplorable que ça soit les membres du gouvernement quand-même qui emprisonnent les journalistes.

On peut comprendre qu’une tierce personne puisse se plaindre, mais que le gouvernement qui est quand-même le garant des libertés et des textes de loi de la République y compris la loi sur la liberté de la presse soit le premier à porter plainte contre les journalistes et de surcroit à les emprisonner, c’est paradoxal. On ne dit pas qu’ils ne peuvent pas porter plainte puisque parfois il peut y avoir des clashs, mais il faut suivre la procédure. Il y a ce qu’on appelle droit de réponse qui existe, il y a la plainte au niveau de la Haute Autorité de la Communication (HAC) qui existe, la HAC peut examiner la plainte et prendre des sanctions disciplinaires, et au dernier ressort porter plainte en justice.

Mais, ne jamais donner des instructions pour que des journalistes partent en prison ou bien se mettre à menacer des journalistes. Donc aujourd’hui en Guinée, le pouvoir public, s’il doit, s’il veut, promouvoir la liberté de la presse, c’est commencer par respecter et faire respecter la loi sur la liberté de la presse, penser à vulgariser cette loi auprès des autres institutions et des autres acteurs mais aussi protéger les journalistes. Sinon, on va se retrouver je pense d’intimidation en intimidation, on finira par se retrouver sur la ligne rouge des institutions internationales. Et nous, on le sait, parce qu’on le vit. Donc, que ces institutions notamment RSF le disent ou pas, nous journalistes guinéens, nous savons ce que nous vivons.

Guineematin.com : quel est votre regard maintenant sur la façon de travailler des journalistes guinéens ? Avez-vous des reproches à ce niveau ?

Asmaou Barry : je pense que ça dépend de quel côté du miroir on se met pour faire des reproches aux médias. Moi, ce que je sais aujourd’hui, est que je tire le chapeau à ces journalistes guinéens qui, malgré les conditions un peu difficiles, arrivent quand-même à exercer pour que les médias puissent se maintenir. Je pense que cela mérite d’être salué et félicité. S’il y a un défi pour les hommes de médias, c’est peut-être la question de responsabilité sociale où il faut quand-même faire attention sur un certain nombre de sujets pour ne pas exacerber des sujets aussi sensibles. Sinon moi, je ne trouve pas de reproches particuliers à faire aux journalistes. Je salue plutôt le travail que ces hommes de médias effectuent dans les conditions que nous connaissons.

Guineematin.com : quel est votre mot de la fin ?

Asmaou Barry : ce que je voudrais dire, c’est qu’il y a une initiative du gouvernement qui, pour une première fois je pense, veut célébrer la journée internationale de la presse autrement. Alors, moi je lance un appel aux organisateurs de cette journée, c’est bien en soi l’initiative, mais il ne faudrait pas que ça soit des activités de tape à l’œil. Qu’on n’organise pas tout une journée pour la presse alors qu’en même temps on a du mal à trouver une maison de la presse digne de nom pour les journalistes ; qu’on n’organise pas des activités dans des endroits aussi huppés quand la subvention arrive avec plusieurs mois de retard ou lorsque des journalistes sont en prison.

Je pense qu’il y a une autre façon de célébrer la presse guinéenne, c’est travailler pour que la presse soit libre et protéger tous les jours de l’année et non pas se retrouver chaque 3 mai pour faire des discours, chanter et danser la presse guinéenne. Il y a bien d’autres choses à faire. Et, la question de la maison de la presse est primordiale. Vous voyez bien qu’à partir de ce vendredi, la maison de la presse a déménagé pour revenir à Kipé, pourquoi ? Parce qu’il y a des problèmes financiers qui se posent.

Les associations de presse auxquelles appartient la maison de la presse ne parviennent plus à supporter les frais de location et les frais de fonctionnement de la maison de la presse. Je pense que les pouvoirs publics, les décideurs, devraient prendre cette question comme un enjeu, comme un défi. Qu’on n’apprenne pas que la maison de la presse de la Guinée a disparu sous le régime d’un tel. Je pense qu’il faut œuvrer à ce que les journalistes aient une maison de la presse digne de nom à l’égard des autres pays de la sous-région.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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FNDC-Kindia : « la population de Kindia est déterminée à brûler et enterrer le projet de 3ème mandat »

2 mai 2019 à 15 03 25 05255

La ville de Kindia se retrouve au centre du débat en cours autour du projet de nouvelle Constitution ou de troisième mandat pour le président Alpha Condé. Alors que le président de la République est annoncé sur place dans les prochains jours, des opposants à un troisième mandat pour l’actuel locataire du Palais Sékhoutouréyah sont sortis se faire entendre. Ils ont mis en garde contre tout discours de promotion d’un troisième mandat à Kindia, rapporte le correspondant de Guineematin.com sur place.

Le président Alpha Condé et la délégation qui l’accompagnera risquent de ne pas avoir l’accueil souhaité à Kindia. Annoncé dans la cité des agrumes le samedi, 04 mai prochain, le chef de l’Etat guinéen pourrait se retrouver devant une farouche opposition sur le terrain : d’un côté, les partisans et de l’autre, les opposants à un troisième mandat pour lui.

Alors que les partisans du pouvoir préparent cette réception depuis plusieurs jours, leurs adversaires aussi s’activent sur le terrain. Les membres de la représentation locale du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) ont pris d’assaut les rues et autres endroits stratégiques de la ville, ce jeudi 02 mai, où ils ont affiché des banderoles disant non à une nouvelle Constitution ou un troisième mandat.

Ces affiches sont visibles du rond-point Wondima (dans la commune urbaine) à la station de la Contournante (dans la sous-préfecture de Damakhaniya). Selon

Alsény Farinta Camara, coordinateur régional du FNDC à Kindia, cette sortie vise à alerter les promoteurs d’un troisième mandat que leur projet n’est pas le bienvenu dans la ville des agrumes. Ce défenseur de l’actuelle Constitution promet que si ce projet venait à être lancé officiellement à Kindia, il sera enterré aussi sur place.

« C’est une manière pour nous d’exprimer notre désaccord vis-à-vis des prestataires politiques pour une éventuelle nouvelle constitution ou un 3ème mandat. C’est une chose à laquelle nous nous opposons. Donc, comme l’article 7 de la Constitution nous donne le droit de exprimer librement notre accord ou notre désaccord sur n’importe quel sujet, c’est raison pour laquelle nous avons mis des affiches, des banderoles partout dans la ville pour dire déjà que nous ne sommes pas d’ accord que les prestataires politiques, les clans mafieux qui viennent de Conakry viennent à Kindia pour dire qu’ils vont lancer la nouvelle constitution.

Qu’ils sachent que nous ne dormons pas. Le président de la République a appelé ses militants à l’affrontement. Mais nous, nous n’avons peur de personne. Nous n’allons pas céder à la provocation. Nous allons continuer de travailler librement parce que nous sommes du côté de la vérité. Nous défendons la constitution, et Dieu est avec nous. Et, nous continuerons à défendre notre Constitution vaille que vaille, au prix même de notre sang (…) Nous alertons donc pour dire que Kindia n’est pas d’accord, n’est pas favorable à la fameuse ou à la fausse Constitution dont ils sont en train de faire la promotion.

La population de Kindia est déterminée plus que jamais à brûler et enterrer le projet de 3ème mandat (…) Le commerçant politique Makanera Kaké était à l’ENI de Kindia le samedi passé avec ses pairs pour préparer les citoyens. Nous les avons laissés faire puisqu’il s’agissait d’un forum pour qu’ils parlent de l’avenir du RPG Arc-en-ciel sans le président Alpha condé. Mais si cette fois ils se hasardent à venir à Kindia pour parler d’un 3ème mandat, ils vont le regretter », a-t-il prévenu.

De Kindia, Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 67 96

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Journée internationale de la liberté de la presse : «tout le monde est devenu aujourd’hui journaliste…»

2 mai 2019 à 13 01 38 05385
Ahmadou Tidiane SY, Journaliste Sénégalais et formateur

La communauté internationale célébrera demain, vendredi 03 mai 2019, la journée internationale de la liberté de la presse. Un métier passionnant qui attire de plus en plus de professionnels notamment chez les femmes.

Toutefois, le constat révèle que les fondamentaux du métier et la qualité des productions baissent de plus en plus au profit de l’amateurisme, de la « légèreté » et la corruption dans le traitement de l’information.

Alors, qui peut être journaliste, comment et pour quelles fins ? Quel est le niveau de formation actuel des journalistes, comment se porte le métier aujourd’hui dans le monde ? les astuces et « grands secrets » du métier ? Pour tenter d’y répondre, nous avons rencontré un professionnel du métier de plus de 30 ans d’expériences. Ahmadou Tidiane SY, Journaliste Sénégalais et formateur nous dit tout, sur ce passionnant métier et le « plus beau du monde », comme le dirait l’autre.

C’est un entretien réalisé à Saly au Sénégal par Idiatou CAMARA

Ahmadou Tidiane SY bonjour et merci pour ce tems que vous nous accordé, alors si on vous demandait qui peut être journaliste et dans quel but qu’allez-vous répondre?

Merci pour cette opportunité, alors qui est journaliste et pourquoi ? C’est une question difficile à répondre. Mais ce que je peux dire c’est qu’à priori c’est quelqu’un qui consacre sa vie et son travail à informer et qui vit du métier. Mais la profession est tellement élargie aujourd’hui, qu’il est très difficile de dire qui est journaliste et qui ne l’est pas. Mais un journaliste est celui qui passe par une école de journalisme, qui exerce dans une rédaction, qui a de la conviction, de la curiosité et de la passion aussi. Mais la formation est tellement ouverte aujourd’hui, comme je le disais tantôt que tout le monde est dedans et ne fait pas toujours correctement le travail comme cela se devrait. Mais c’est un métier relativement ouvert comparé aux autres.

On parle beaucoup des questions de développement, de journalistes spécialisés, est-ce qu’à votre avis les journalistes traitent suffisamment et avec professionnalisme ces questions de développement dans les pays africains en particulier ?

Oui on peut dire quand on voit que des journalistes sont reconnus, récompensés avec des distinctions et reconnus, là on peut le dire. Maintenant est-ce que ces questions sont suffisamment traités dans les médias, dans les rédactions, avec du sérieux ? Est-ce que ce sont véritablement des sujets qui intéressent les populations, les communautés, de manière professionnelle, impartiale, avec des impacts c’est cela toute la question.

Justement quelles sont les questions qui intéressent les communautés, les populations ?

Ce sont les questions liées à la santé, à l’éducation, à l’environnement, l’accès à l’eau, à la population, ce qui intéresse et préoccupe votre communauté voilà ce qu’on peut appeler les questions de développement. Il faut aussi retenir que les préoccupations ne sont pas les mêmes partout, c’est important de le savoir.

Parlant des genres journalistiques, par exemple quand est-ce qu’il est recommandé le reportage par exemple, ou l’enquête qui sont fréquemment utilisés aujourd’hui ?

Cela dépend du sujet du sens, de l’objectif qu’on veut atteindre, l’impact selon les règles qu’on veut faire, parce l’importance d’un sujet, c’est d’avoir un impact sur les citoyens. Tous les sujets ne prêtent pas à tous les genres il faut aussi le savoir. Certains estiment que ce sont des genres difficiles. Donc pour les faire, Il faut de la préparation, citer des sources fiables.

On ne peut pas juste se réveiller un matin et dire qu’on veut faire un grand reportage ou une enquête, il faut s’outiller, avoir un niveau, de la curiosité, se cultiver, avoir cette envie de découvrir, aller en profondeur bien sur tout cela doit s’accompagner de preuves et de sources convaincantes. Ce sont certes des fondamentaux, mais ils sont nécessaires à rappeler je pense.

Concernant les questions relatives à l’environnement notamment, on entend souvent parler de journalistes spécialisés sur ces questions, sur la santé, l’éducation, sur les questions économiques. Comment vous qui avez plus d’une trentaine d’années d’expériences et de pratique voyez-vous tout cela ?

En effet, vous avez raison, aujourd’hui on voit que les journalistes font beaucoup d’efforts et de recherche sur des sujets de préoccupation et de développement, on parle de « spécialisation » c’est déjà un acquis, mais moi je pense plutôt que ce sont des journalistes qui ont un centre d’intérêt beaucoup plus que la spécialisation.

Maintenant, ce que je peux dire pour celles et ceux qui sont intéressés à ces questions particulières, je pense qu’il faut éviter de répéter ce que les scientifiques nous disent tout le temps pour une large compréhension du public, simplifier les termes, ne pas devenir des remorques des termes des scientifiques. Fouiller, savoir aller en profondeur, avoir de la curiosité. Il faut apprendre ce qui est mieux ailleurs, pour s’en inspirer c’est important.

Aller en profondeur, il faut faire du journalisme, et y consacrer sa vie.

Quels sont aujourd’hui les défis du métier ?

Aujourd’hui tout le monde est devenu journaliste, avec un smartphone, un enregistreur, une tablette, mais le journaliste doit y consacrer sa vie, faire différent et de manière professionnelle pour avoir un impact sur la communauté c’est ce qui doit importer.

On parle aussi de nouvelles tendances dans le métier on parle de « fack teacking » qu’est –ce que s’est et ça consiste en quoi ?

C’est un journalisme qui se fait par les preuves, l’exactitude. On ne dit pas par exemple, qu’est-ce que vous savez que vous pensez de cette plante par exemple, votre avis, mais on parle des faits, rien que des faits.

Il y’a aussi le journalisme de « diting » qui se base sur les données. Ce sont des perspectives dans le métier qui vont permettre de distinguer les professionnels des autres dans le métier.

Propos recueillis et décryptés par Idiatou CAMARA pour Guineematin et radioenvironnement

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Labé : le parti de Baadicko en ordre de bataille contre le 3ème mandat pour Alpha Condé

17 avril 2019 à 13 01 45 04454
Mamadou Saïdou Baldé, coordinateur régional de l’UFD à Labé

La coordination régionale de l’Union des Forces Démocratiques (UFD) de Mamadou Bah Baadicko à Labé est farouchement opposée à toute idée de maintien du président Alpha Condé au pouvoir au-delà de 2020, rapporte un correspondant de Guineematin.com en Moyenne Guinée.

Le coordinateur régional de l’UFD à Labé, Mamadou Saïdou Baldé, a fait connaitre cette position de son parti à l’occasion d’un entretien exclusif qu’il a accordé à Guineematin.com ce mercredi, 17 avril 2019.

« Depuis la création de notre parti, en 1992, nous défendons les valeurs démocratiques et les principes universels des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Nous avons toujours prôné l’alternance démocratique. Nous ne pouvons donc jamais être associés à toute forme de confiscation ou de tentative de confiscation du pouvoir par qui que ce soit. Nous comptons donc nous investir pour empêcher le président Alpha Condé de s’éterniser au pouvoir » a expliqué le militant de l’UFD de Mamadou Bah Baadicko.

Abordant la question de l’appartenance de son parti à la mouvance présidentielle, le coordinateur régional de l’UFD à Labé, Mamadou Saïdou Baldé précise que « tout observateur doté de bon sens est conscient que ce partenariat entre notre formation politique et le RPG Arc-en-ciel n’est pas solide.»

« Nous ne nous retrouvons pas dans plusieurs orientations de la gouvernance actuelle qui est en train de dévier les objectifs de consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit en République de Guinée » a-t-il poursuivi.

Notre interlocuteur rassure que son organisme est en harmonie avec la direction nationale du parti sur cette question de 3ème mandat ou de maintien du président Alpha Condé au pouvoir au-delà de 2020.

Parlant de l’absence de l’UFD au Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), Mamadou Saïdou Baldé parle de divergence d’approches entre son parti et les autres acteurs concernés par ce débat au sein de l’opposition républicaine et des organisations de la société civile.

« Nous avons notre propre stratégie à ce sujet. Le président du parti et les membres du bureau exécutif national vont dérouler notre agenda dans les prochains jours pour que l’opinion soit située sur la démarche appropriée que nous proposons aux défenseurs éclairés de la constitution guinéenne » a-t-il conclu.

De Labé, Idrissa Sampiring DIALLO pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 622 269 551 & 657 269 551 & 660 901 334

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Guinée : les magistrats veulent poursuivre le député Damaro Camara

12 avril 2019 à 11 11 55 04554

Une semaine après avoir été traités de «petits roitelets qui rackettent le peuple », par le député Amadou Damaro Camara, les magistrats de Guinée ne décolèrent pas. Les hommes en robe jugent « diffamatoires, injurieux et outrageant » les propos du chef de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale. Et, ils menacent d’engager des poursuites judiciaires contre ce parlementaire, a appris un reporter de Guineematin.com ce vendredi.

En assemblée générale dans la matinée de ce vendredi, 12 avril 2019, à la cour d’appel de Conakry, l’association des magistrats a annoncé clairement son intention de trimballer l’honorable Amadou Damaro Camara devant les juridictions. Et, pour y arriver, les magistrats comptent sur la levée de l’immunité parlementaire du président du groupe parlementaire de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale.

Amadou Damaro Camara

« Amadou Damaro Camara a tenu des propos qui mettent en danger la vie des magistrats qui étaient déjà exposés à tous les dangers », expliquent les principaux concernés, précisant que le député a tenu ces propos hors session parlementaire…

Nous y reviendrons !

De la Cour d’Appel de Conakry, Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Front commun contre un 3ème mandat : top départ des protestations contre Alpha Condé…

2 avril 2019 à 22 10 06 04064

Les forces sociales et politiques de la République de Guinée tiennent au strict respect de la Constitution et s’opposeront ainsi aux velléités du président actuel de se maintenir à vie à la tête du pays. Après certains de ses proches qui ont ouvertement demandé qu’il change la constitution pour se faire réélire à vie à la tête du pays, le président Alpha Condé a lui-même annoncé récemment sa détermination d’aller vers « ce que le peuple veut », tout en poussant ses partisans à affronter ses adversaires…

Top départ du front commun contre un 3ème mandat

Engagées à faire respecter la Constitution guinéenne qui limite à deux le maximum de mandat qu’un guinéen peut avoir à la tête du pays, les forces sociales et politiques lanceront ce mercredi, 03 avril 2019, « un vaste mouvement sociopolitique contre le troisième mandat ». L’arrestation arbitraire le weekend dernier et le jugement expéditif de trois jeunes qui manifestaient contre le troisième mandat à Coyah (alors que les promoteurs sont plutôt encouragés) semble avoir accéléré les choses. Mais, les forces sociales- qui regroupent des membres de la société, des acteurs politiques et simples citoyens- assurent avoir terminé une large concertation pour mener à bien ce noble combat pour la préservation des acquis démocratiques en République de Guinée. On apprend que l’essentiel des partis politiques et les organisations de la société civile sont déjà engagés à fond dans ce mouvement…

« Premier président démocratiquement élu en République de Guinée, le professeur Alpha Condé risque malheureusement d’être également le tout premier chef d’Etat guinéen à être balayé par la rue, s’il se hasarde à violer la Constitution en cherchant à se maintenir au-delà de son mandat légal », a fait remarquer à Guineematin.com un observateur de la scène politique guinéenne.

Selon ses partisans et « les chercheurs de dépense », leur champion ne quittera pas Sékhoutouréya en 2020 ! Comme Sékou Touré (premier président de la Guinée indépendante, à la tête du pays entre le 02 octobre 1958 et le 26 mars 1984) et Lansana Conté (deuxième président de la entre le 03 avril 1984 et le 22 décembre 2008), Alpha Condé mérite lui aussi de continuer à diriger la Guinée jusqu’à la fin de ses jours.

Seulement, tirant les leçons de ce qui s’est passé notamment sous les deux premières dictatures à la tête du pays, les législateurs ont verrouillé l’article portant sur la durée et le nombre de mandat, hissé au sommet de la pyramide et considéré désormais comme non modifiable ! C’est dire que le lancement de ce mouvement contre un troisième mandat ce mercredi sonne en réalité le top départ des contestations politiques contre Alpha Condé en République de Guinée. Jusqu’à quand ?

Wait and see !

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