Fièvre Lassa et autres épidémies : la Guinée, la Sierra Léone et le Libéria à Guéckédou pour échanger leurs expériences

Comme annoncé dans une de nos précédentes dépêches, la réunion transfrontalière entre la Guinée, la Sierra-Léone et le Libéria sur la riposte contre les épidémies a débuté ce jeudi, 30 juin 2022, à Guéckédou (une préfecture située dans le sud de la Guinée). Le coup d’envoi des travaux de cette rencontre d’échange et de partage d’expériences a été donné en présence des autorités administratives locales et des autorités guinéennes de la Santé ; mais aussi des représentants de la Sierra-Léone et du Libéria (qui sont intervenus par visioconférence), a constaté Guineematin.com à travers son envoyé spécial à Guéckédou.

La présente rencontre se tient avec l’assistance technique et financière de l’organisation mondiale de la Santé (OMS). Et, les échanges de cette première journée ont notamment porté sur la présentation de la situation épidémiologique sur la fièvre Lassa par pays, le partage d’expérience sur l’organisation de la surveillance épidémiologique dans les trois (3) pays, mais également sur des discussions autour des mesures de surveillance sanitaire le long des frontières et l’identification des points focaux pour le partage d’information en temps réel par pays.

Dr Mamadou Oury Baldé, responsable de la préparation et la réponse aux urgences au bureau de l’OMS à Conakry

« C’est l’échange d’expérience qui a été décidé entre les trois (3) pays pour capitaliser tout ce qui a été fait par rapport à la réponse à la fièvre Lassa, mais aussi autour de toutes les autres épidémies qui ont été gérées dans la sous-région. Vous savez que le Libéria comme la Sierra-Léone ont des cas de fièvre lassa, mais aussi ont connu le covid-19 et tant d’autres épidémies. Donc, cette réunion va être mise à profit pour pouvoir échanger les expériences. Les partenaires vont continuer à accompagner le ministère de la santé, à travers l’agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), pour continuer à se préparer afin de répondre aux épidémies. Parce que nous sommes dans un système écologique qui fait que la possibilité de survenue  d’autres maladies à potentiel épidémique peut arriver. Donc, il faut qu’on soit prêt à y répondre et pouvoir aussi assister quand la situation arrive », a expliqué Dr Mamadou Oury Baldé, responsable de la préparation et la réponse aux urgences au bureau de l’OMS à Conakry.

Cette réunion transfrontalière durera deux jours (le 30 juin et le 1er juillet 2022). Et, elle devrait aboutir à des recommandations pour renforcer la surveillance des différentes maladies à potentiel épidémique au niveau des zones frontalières pour permettre de revoir les plans de riposte face à d’éventuels cas de survenue d’épidémies.

Professeur Fodé Amara Traoré, directeur général de l’agence nationale de la sécurité sanitaire (ANSS), dit être rassuré de la volonté des participants de mutualiser leurs efforts pour aboutir aux résultats escomptés.

Pr Fodé Amara Traoré, Directeur Général de l’ANSS

« Nous avons certes des frontières ; mais, ce sont des frontières virtuelles. Et, les peuples des différents pays se côtoient quotidiennement. Les migrations entre ces trois (3) pays sont quotidiennes, on ne peut pas les interdire. Donc, il serait mieux pour nous d’essayer de contrôler et de prévenir la survenue des maladies. Donc, nous espérons qu’au sortir de cette réunion transfrontalière, nous allons avoir des recommandations qui nous permettront de renforcer la surveillance des différentes maladies à potentiel épidémique au niveau des zones frontalières, mais aussi d’ajuster et de revoir nos plans de riposte pour éventuellement faire face à des cas de survenue des épidémies dans le temps. Parce qu’on ne peut pas être sûr qu’il n’y aura plus d’épidémie. Mais, il faudrait qu’on soit préparé pour qu’au cas où il y a d’autres épidémies qui surviendraient, qu’on soit apte à réagir, à riposter. Mais, une riposte coordonnée dans le cadre de la Mano River Union et dans le cadre de la CEDEAO », a expliqué le Professeur Fodé Amara Traoré, tout en précisant qu’il est rassuré par la volonté des différents pays de mutualiser les efforts sur les plans de riposte et de surveillance avec la Guinée en cas de la survenue des épidémies.

Charles M. Kalie, représentant de la Sierra-Léone

Pour Charles M. Kalie, représentant de la Sierra-Léone, « il est préférable pour nous de prévenir une maladie qui pourrait nous tuer que de la guérir. Et, il est moins coûteux de la prévenir que de la guérir ».

Ainsi, monsieur Charles M. Kalie a imploré tous les participants à « soutenir, collaborer et à contribuer assidûment au succès de cette réunion » transfrontalière.

Présent à l’ouverture des travaux de cette rencontre, monsieur Désiré Papa Léno a dit sa satisfaction de voir sa juridiction géopolitique abriter cet évènement qui réunit trois pays frères de la sous-région Ouest africaine. Le maire de la commune urbaine de Guéckédou a aussi fait part de son espoir de voir cette réunion permettre de prendre des dispositions pour éviter d’éventuelles contaminations en cas de la survenue d’une épidémie.

Désiré Papa Léno, maire de la commune urbaine Guéckédou

« La thématique qui nous réunit aujourd’hui nous va droit au cœur, parce que c’est notre communauté qui est concernée. Pour la petite histoire, ces trois pays partagent les mêmes coutumes ; et, s’ils sont aujourd’hui réunis pour se parler, surtout sur le plan sanitaire, cela nous réjouit. Parce que nous savons souvent d’où viennent les maladies dans nos différentes communautés. Ces assises vont beaucoup nous édifier afin de prendre des dispositions nécessaires pour éviter ces différentes contaminations », a dit Désiré Papa Léno.

De Guéckédou, Mamadou Yahya Petel Diallo envoyé spécial de Guineematin.com

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