Koloma 2 : des responsables du quartier réclament la construction d’écoles et de structures sanitaires sur le site qui abrite le marché

Considéré comme un domaine de l’Etat, le site qui abrite le marché de Koloma 2 (dans la commune de Ratoma) abrite actuellement des chantiers de construction. Les citoyens et responsables de ce quartier se demandent si ces chantiers sont le résultat d’un bail avec l’Etat ou d’une simple occupation illégale. Mais, ils s’inquiètent de voir ce lieu occupé par des particuliers, alors leur quartier (Koloma2) ne dispose ni d’écoles publiques, ni de centre de santé.

Aujourd’hui, ils souhaitent que l’Etat fasse construire sur ce site des infrastructures sociales de base pour l’épanouissement de ce quartier. Et, c’est dans ce sillage qu’une cadre du ministère de l’Urbanisme, l’Habitat et de l’Aménagement du territoire a effectué hier, lundi 05 décembre 2022, une visite sur ce site réclamé par les habitants de Koloma, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Après des démarches menées par les fils de Koloma qui revendiquent ce domaine, une délégation du ministère de l’urbanisme, de l’habitat et de l’aménagement du territoire a effectué une visite sur le terrain pour faire un constat. Saran Sidibé, inspectrice, a dirigé la mission du département de l’Urbanisme.

Saran Sidibé, inspectrice

« Nous sommes venus pour le constat personnel, voir ce qui a été remonté si c’est ça qui est sur le terrain. Donc, on est venu, on a constaté certaines choses qui y sont. Après, on viendra pour l’inspection générale. Il s’agit des occupations anarchiques qui sont sur le terrain, sur le domaine de l’Etat et que des personnes physiques se sont accaparées. On est venu donc faire ce constat. On a trouvé que d’autre part, c’est réel. La suite, quand on viendra pour l’inspection générale, on va remonter l’information. La décision viendra. Tout ce qui est occupé de façon anarchique sera libéré. On a reçu l’information de la part de la jeunesse de Koloma 2 et le bureau du quartier. Ils nous ont dit des réclamations, qu’ils ont besoin du domaine pour qu’il y ait des constructions d’écoles, de mosquées, d’hôpital entre autres », a-t-elle indiqué.

Le manque d’écoles publiques, surtout les collèges et lycées sur l’axe la route le prince, est la grosse préoccupation de ces portes voix de la commune de Ratoma. Dans leur réclamation de doter Koloma2 d’infrastructures scolaires ou encore de santé, ils réclament l’arrêt des travaux de construction en cours autour du marché de ladite localité.

Ibrahima Sila Diallo, Conseiller au bureau des jeunes de Koloma 2

« C’est suite à un constat que nous avons fait une réclamation à ce que l’axe, principalement notre zone Koloma 2, puisse avoir un collège, un lycée, un poste de santé moderne plus un bureau de l’administration locale. Parce que nous avons constaté qu’il y a une possibilité que ces infrastructures soient là. À moins que l’administration, un peu plus devant, ne soit de mauvaise foi. Au moment où on a fait les mémorandums, il n’y avait pas de construction ici. Ces réalisations que nous venons de constater, ça nous a surpris de voir l’évolution de ces chantiers. Parce que c’est des chantiers qui ne devaient pas exister. Il y a des éléments qui savent effectivement que la revendication-là existe. Mais, ils travaillent nuits et jours. C’est à l’autorité maintenant de surseoir à tout, parce que les gens sont têtus. Ils ont vu par endroit ce qui se passe ; mais, aujourd’hui, vraiment nous regrettons. Et, si ça arrive, ils ne pourront s’en prendre qu’à eux-mêmes », a dit Ibrahima Sila Diallo, Conseiller au bureau des jeunes de Koloma 2.

Dans les temps antérieurs, ces responsables de jeunesse de Koloma 2 ont étudié dans des conditions difficiles. Et ce, par manque d’établissements scolaires de proximité comme l’a rappelé Sory Kourouma, vice-président du conseil des jeunes de Koloma 2. Et, c’est donc pour éviter ce même calvaire à leurs jeunes frères et sœurs qu’ils font le présent combat.

Sory Kourouma, vice-président du conseil des jeunes de Koloma 2

« On a constaté de Hamdallaye à Kagbélein, il n’y a pas de collège public, il n’y a pas de lycée public depuis belle lurette. Nous-mêmes on a étudié dans ces conditions-là. Il nous fallait aller au collège aviation qui est devenu le lycée aviation  ou bien au lycée Kipé. Donc, on a constaté et on a demandé à ce que la jeunesse qui est tant décriée par les autorités politiques et administratives de notre axe puisse avoir accès aux très bonnes études. Et, cela ne peut pas se faire sans la construction des grands lycées et des grands collèges. C’est pourquoi on a ciblé un coin et c’est ce territoire là que les gens appellent marché. Auparavant, ce n’était pas le marché, c’était le radar. C’est ici qu’il y avait les anciens armements de l’armée guinéenne. Par après, on a construit un terrain. C’est dans les années « 90 » qu’on érigé ici en marché; et, il y a de la place pour construire des infrastructures dont nous manquons ici, à savoir : les centres de santé, un collège, un lycée, une mosquée et un bureau du conseil de quartier. C’est pourquoi nous nous sommes levés pour rencontrer qui de droit afin qu’on puisse être rétablis dans nos droits », a-t-il rappelé.

Elhadj Demba Camara, le président du conseil de quartier de Koloma 2, dit n’être informé de rien par rapport aux constructions qui sont en cours au marché de sa localité. Selon lui, cette partie relève du portefeuille de l’Etat.

Elhadj Demba Camara, président du conseil de quartier de Koloma2

« Moi je ne sais pas. On ne m’a pas informé. Ceux qui sont en train de construire ne m’ont pas informé, l’administrateur du marché ne m’a pas informé, la commune même ne m’a appelé pour m’informer qu’il y a ceci ou cela dans ton quartier. On dit : non, ici ça ne concerne pas le quartier, ça concerne seulement l’administrateur du marché et la commune. J’ai dit d’accord, tant mieux. Je connais ici jusqu’au niveau de la route le Prince, c’est pour l’Etat. Il y avait des petites baraques dans les temps, mais arrivé à un tel grand marché « non », c’est la première fois. Il y a une partie qu’on a surnommée « terrain rouge », c’était vide. Maintenant, ils ont construit partout des immeubles », a-t-il déclaré.

Ces responsables du quartier de Koloma 2 affirment avoir préalablement informé la mairie de Ratoma et le gouvernorat pour exprimer leur préoccupation sur ce qui se passe au marché de Koloma 2.

Ansou Baïlo Baldé pour Guineematin.com

Tél. : 622 56 11 82

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