Conflit autour d’un recrutement d’enseignants à Macenta : l’ancienne DPE, Pierrette Toupou, et un instituteur jugés à Conakry

Le procès de Mme Pierrette Toupou, ancienne DPE de Macenta,  et Massa Zoumanigui, instituteur, s’est ouvert mardi dernier, 6 décembre 2022, au Tribunal de première instance de Kaloum (Conakry). Ils sont poursuivis par Moussa Zoumanigui, également instituteur, pour faux en écriture dans le cadre d’un recrutement d’enseignants à la Fonction publique. Les prévenus ont plaidé non coupables des faits mis à leur charge, a constaté Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Les faits reprochés à l’ancienne directrice préfectorale de l’éducation de Macenta, Pierrette Toupou, et l’instituteur Massa Zoumanigui, se seraient produits à l’occasion du concours de recrutement d’enseignants organisé en 2016 par le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation. Les deux prévenus sont accusés d’avoir attribué à Massa Zoumanigui un PV et un numéro matricule qui appartiendraient au plaignant, Moussa Zoumanigui. Des accusations rejetées en bloc par Pierrette Toupou, qui comparaissait devant le tribunal correctionnel de Kaloum, présidé par Mme Joséphine Widoh Béavogui.

« En 2015, il y avait un manque criard d’enseignants dans notre pays. C’est pourquoi, en 2016, le gouvernement guinéen à travers le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation, a organisé un concours de recrutement d’enseignants. Au terme de ce concours, j’ai reçu en tant que directrice préfectorale de l’éducation de Macenta, une note de service avec une liste de 16 enseignants, me demandant de les affecter dans leur lieu de service. J’ai affecté chacun à son lieu de service. Mais cela a trouvé déjà que Massa Zoumanigui était déjà enseignant contractuel dans l’une les sous-préfectures de Macenta.

Aussitôt qu’ils ont été affectés, Moussa Zoumanigui est allé rejoindre Massa Zoumanigui à son lieu de service, en disant qu’il est muté lui aussi là-bas. Le DSE m’a remonté l’information comme quoi il y a un problème. Il m’a dit qu’il y a un conflit entre Massa Zoumanigui et Moussa Zoumanigui. J’ai immédiatement demandé à ce que les deux viennent à la DPE pour voir comment régler ce conflit. Moussa Zoumanigui et Massa Zoumanigui sont tous venus à la DPE, nous avons convoqué tout le monde autour de la table pour les départager. Mais finalement, on a trouvé que le problème dépassait notre compétence.

C’est ainsi que j’ai dit à tous les deux de se rendre au à Conakry afin que leur problème soit réglé ici. C’est après tout que j’ai reçu une autre note qui atteste que Massa Zoumanigui qui est titulaire du PV 399 et que c’est le titulaire de ce numéro qui est admis au concours. Moi, je n’ai fait muter les enseignants dont j’ai reçu la liste. Ce n’est pas moi qui ai donné des PV, ce n’est pas moi qui ai organisé le concours, je ne connaissais ni Massa Zoumanigui ni Moussa Zoumanigui. C’est seulement quand le problème s’est posé que je les ai connus tous les deux. Et je n’ai aucune aptitude à donner ni un PV ni un numéro matricule à qui que ce soit », a-t-elle expliqué.

Également appelé à la barre pour livrer sa version des faits, Massa Zoumanigui a abondé dans le même sens que sa prédécesseure. Il a laissé entendre que le problème est parti d’une erreur commise au niveau de l’écriture de son nom sur la liste des admis. « J’ai passé le concours à N’Zérékoré avec le PV 399. Puis, quand les résultats sont sortis, en 2017, je suis venu à la DPE de Macenta pour voir les résultats. Sur la liste, je vois mon PV 399 mais avec le nom de Moussa Zoumanigui. Je signale ça à la direction, on me dit que la direction n’est pas responsable de ça et qu’elle ne peut régler ça. On m’a dit que c’est le ministère de la fonction publique qui pouvait gérer ce problème.

C’est ainsi que je suis rentré à mon lit de service pour continuer le travail. A mon retour, Moussa Zoumanigui va me trouver au village où j’enseigne pour dire qu’il est muté là-bas. C’est ainsi que lui et moi sommes partis à la DPE d Macenta. On nous a dit d’envoyer nos PV. Chacun a envoyé son PV, on les a comparés. Moi, j’ai 399 et lui, il a le PV 781. Après vérification, il se trouve que c’est mon PV qui est admis au concours. Après ça, on nous a dit de venir à Conakry parce que c’est seulement ici que cela pouvait être résolu. En 2019, on est venus d’abord au ministère de l’éducation, puis au ministère de la formation publique. Là aussi, on nous convoqués tous les deux.

La vérification a été faite et cela a encore démontré que c’est mon matricule 399 qui est admis au concours. Et en 2020, la rectification a été faite et notification a été faite à la DPE de Macenta. Mais cela a trouvé que Mme Pierrette Toupou avait déjà été mutée à Labé. Avant la rectification, je prenais mon salaire avec le PV 399 qui est admis et le nom de Moussa Zoumanigui. Ce n’est qu’après ça que j’ai commencé à prendre mon salaire avec mon nom avec mon PV 399. A N’Zérékoré, le ministre de l’éducation a été appelé devant moi à la DPE et il a confirmé que c’est bien mon PV qui est admis. Donc, je n’ai détourné ou substitué aucun matricule au préjudice de quelqu’un », a assuré l’enseignant.

Après la déposition des prévenus, le tribunal a renvoyé l’affaire au 20 décembre prochain pour la suite des débats.

Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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