Après avoir invité à plusieurs reprises les femmes de Boké à mettre en place leur mutuelle financière des femmes africaines (MUFFA), à travers toutes les rencontres, les autorités administratives de Boké veulent désormais aller à l’offensive pour qu’à l’image des autres régions du pays, cette organisation initiée par le Chef de l’État Professeur Alpha Condé, soit une réalité à Boké, a appris un des correspondants de Guineematin.com sur place.

Dans la matinée de ce jeudi, 19 avril 2018, le Gouverneur de la région administrative de Boké, le Général de brigade Siba Séverin Lohalamou a convoqué toutes les femmes leaders de la commune urbaine de Boké à la salle de conférence du gouvernorat où il a conféré avec elles durant deux heures (de 11 heures à 13 heures) autour de la question de la MUFFA de Boké.

Sur la présentation de l’objectif de cette rencontre, le Gouverneur de région a clairement indiqué : « j’ai assisté 5 fois à la fête des femmes les 8 Mars à Boké. À chaque occasion, j’ai toujours rappelé le problème de la mise en place de la MUFFA. Je me dis toujours que les MUFFA des autres régions fonctionnent, pourquoi pas à Boké. Le feu président Ahmed Sékou Touré disait toujours que « la femme est le baromètre de la société « . Partout où les femmes s’entendent et s’épanouissent, cette société se développe sans problèmes. Mais, c’est le contraire à Boké. Nous vous appelons donc ce matin pour que l’ancien bureau de la MUFFA nous fasse la situation, afin qu’on voie ensemble comment relancer dans un bref délai la nouvelle équipe », a déclaré le Gouverneur, invitant ainsi les femmes de Boké à se lever, à s’organiser pour pouvoir se développer par elles-mêmes sans attendre les dons des autres.

Après l’intervention du Gouverneur, la parole a été donnée aux membres l’ancien bureau de la MUFFA pour faire le bilan de leur gestion, bien que Madame Marie Manet qui présidait la structure n’est plus de ce monde, décédée il y a un an.

C’est ainsi que quelques femmes ont pris la parole et étalé les tas de problèmes auxquels elles sont confrontées par rapport à la MUFFA. Mais, dans l’ensemble, toutes sont unanimes que l’échec des femmes de Boké est dû à la division, le manque de confiance et même la politique.

Madame Mariama Compo, la directrice CAF Boké et tant d’autres femmes intervenantes ont dénoncé le refus de certaines d’entre elles de contribuer le montant fixé et la non visibilité de la destination des sommes déjà obtenues. « Nous avions convenu de contribuer chacune un million ; mais, rares sont celles qui ont donné ce montant. Certaines ont versé 500 mille, d’autres 210 mille. Si tous les membres payaient le montant convenu, on aurait eu 30 millions ; mais, nous n’avons pu mobiliser que 24 millions. Et, depuis lors, nous n’arrivons pas à faire bouger les choses », a-t-elle déploré.

Hadja Ami Cissé, trésorière à la commune urbaine de Boké estime que « le problème dans cette affaire, ce que d’abord, après avoir contribué à hauteur de 24 millions, pour avoir les 30 millions nécessaires, plusieurs femmes ont demandé à ce que l’on fasse la situation de la liste de celles qui ont donné l’argent et faire la distinction entre celles qui ont donné 1 million, 500 mille, 210 mille. Mais, jusqu’à date, cela n’a pas été fait. Il y a aussi des gens qui viennent ici ramasser de l’argent avec les femmes et disparaître. Voilà ce qui découragent certaines femmes », a-t-elle fustigé.

Par ailleurs, d’autres femmes veulent savoir la destination d’un montant de 100.000.000 GNF (cent millions de francs guinéens) offert il y a quelques années aux femmes de Boké par l’ancien Premier ministre Mohamed Saïd Fofana. Mais à en croire aux propos d’une des membres de l’ancienne MUFFA, la somme reste toujours stagnée au niveau de la préfecture où elle était reçu par l’ancien préfet de Boké Mohamed Lamine Doumbouya.

Après avoir écouté des diverses interventions des femmes, le Gouverneur Siba Séverin Lohalamou a repris la parole pour remettre les pendules à l’heure. « Je voudrais qu’on abandonne ce qui est passé et faire en sorte qu’on mette en place le nouveau bureau de MUFFA. Essayons de fixer un montant que chaque femme va déposer. On ouvrira un registre d’enregistrement. Le préfet et moi demandons à ce que vous organisiez des réunions pour que toutes les femmes de Boké comprennent ce que signifie la MUFFA. Faites leurs comprendre que c’est un fond mis en place où les femmes peuvent s’organiser en groupement et venir prendre un montant, aller réaliser leurs activités génératrices de revenue et revenir remettre l’argent en place. Mais que personne ne reste à la marge », a demandé le Gouverneur aux femmes avant de promettre que lui-même et son préfet sont prêts à mettre leurs mains en poche pour relancer la MUFFA de Boké. « Quand vous nous présenterez ce que vous avez eu, nous aussi en tant qu’autorités, nous allons donner notre contribution. Toutes les sociétés qui sont à Boké vont donner leur contribution, mais la base viendra de vous. Même si c’est 100 FG, que chaque femme participe. S’il vous plait, aidez-nous à vous aider. Et pour cela il faut que vous soyez unies », a-t-il exhorté.

Avant de lever la séance, le Gouverneur tenant coûte que coûte à la mise en place de la MUFFA de Boké, dit être à l’attente dans un bref délai de la proposition des femmes du montant à déposer afin qu’il les accompagne partout où besoin est pour la réussite de l’épanouissement des femmes de Boké.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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