Armes de guerre pour les Gendarmes guinéens : voici les précisions du ministère de la Défense

10 juillet 2019 à 18 06 29 07297

Comme on le sait, le mardi 25 juin 2019, l’Assemblée nationale a voté une loi autorisant les Gendarmes guinéens à user des armes de guerre. A la suite des ONGs de défense des droits humains, les députés de l’opposition avaient alors dénoncé « une loi dangereuse ». Mais, leurs collègues du pouvoir avaient justifié l’adoption de ce texte par des « dangers » auxquels sont exposés les agents de sécurité dans leurs opérations.

Aujourd’hui, c’est le ministère de la Défense nationale qui réagit par un communiqué :

La loi récemment adoptée par l »Assemblée nationale est similaire aux textes qui régissent l’usage des armes par la gendarmerie en France et dans de nombreuses grandes démocraties.

Cette loi propose deux notions très importantes :

  • absolue nécessité : aucun autre moyen de faire cesser la menace (droit à la vie = valeur fondamentale dans une démocratie)
  • proportionnalité : riposte conditionnée à la gravité de la menace ou de l’atteinte

a) Il s’agit du cas de la légitime défense de soi-même ou d’autrui (déjà appliquée dans les forces de sécurité en Guinée et partout dans le monde)

b) Il s’agit ici de la préservation des intérêts majeurs et des personnes (exemple des attaques des gendarmeries ou des commissariats pour lyncher une personne détenue)

c) Il ne s’agit pas de la simple évasion mais de personnes dangereuses qui pourraient commettre des exactions graves pour faciliter leur fuite

d) Il ne s’agit pas du simple délit de fuite mais par exemple des individus qui viennent de commettre un crime ou un délit grave (vol à main armée, homicide…) et qui dans leur fuite pourraient créer un grave danger pour la sécurité des personnes

e) Il s’agit notamment des cas de terrorisme (dans le cas où les terroristes ont déjà tué plusieurs personnes et si lorsque les forces de l’ordre interviennent la tuerie a cessé, il n’y a pas légalement le droit de les neutraliser. Il faut attendre qu’ils s’en prennent de nouveau aux personnes). Cet article permet d’intervenir immédiatement pour éviter une réitération et de nouvelles victimes.

A noter que tous les gendarmes seront formés à l’application de ce nouveau texte. Une instruction a été préparée par le Haut Commandement de la gendarmerie/Direction de la justice militaire en ce sens pour bien expliciter aux gendarmes les différents cas dans lesquels l’ouverture du feu est autorisée.

Contrairement à ce qu’avancent certaines ONGs dans les médias, cette loi encadre l’usage des armes et donc protège les citoyens.

Le maintien de l’ordre public est encadré par la loi 009 de 2015.

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Assemblée nationale : l’UFDG dit avoir empêché le passage de deux mauvaises lois

6 juillet 2019 à 18 06 01 07017

Au lendemain de la clôture de la session des lois de l’Assemblée nationale, l’UFDG a tenu à faire des travaux à ses militants. C’était à l’occasion de son assemblée générale hebdomadaire de ce samedi, 06 juillet 2019. Dans son compte rendu, Kalémodou Yansané, un des députés du principal parti d’opposition du pays, a annoncé que son camp a empêché le vote de deux lois qui étaient mauvaises pour l’opposition guinéenne, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

Devant les militants de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée massivement mobilisés au siège de la formation politique, Kalémodou Yansané a indiqué que durant les trois mois qu’a duré cette session parlementaire, les députés ont examiné une quarantaine de textes relatifs à des des projets et propositions de lois, conventions, accords, dons, prêts (…)

« Les lois les plus importantes que nous venons de voter concernent notamment la parité entre l’homme et la femme. Désormais, si vous prenez un homme, vous devrez prendre à côté une femme. On doit désormais fonctionner en couple et en pair », a annoncé le député de l’UFDG. Il ajoute que son camp s’est opposé cependant à certains textes soumis au Parlement. C’est notamment le projet de loi autorisant les gendarmes à tirer sur toute personne supposée représenter un danger.

Mais, souligne-t-il, malgré l’opposition des élus de l’UFDG, le texte a été adopté à la majorité simple. « Le dossier important qui a été examiné concerne le port d’armes par la gendarmerie nationale. C’est normal, un gendarme doit être armé. On dit gendarme, un homme qui a l’arme. La loi qui a été présentée à l’Assemblée donne le pouvoir, l’autorisation à un gendarme en service de tirer sur quiconque qui se trouverait en fuite ; quiconque qu’il estime être un danger public (…)

Donc cette loi donne le pouvoir aux militaires, aux gendarmes de faire usage de leurs armes à feu. Nous avons dit que nous ne sommes pas contre, mais il faut qu’une autre loi, un article soit pris dans la même loi, précisant que lorsqu’un militaire, un gendarme soulard utilise de façon délibérée une arme contre un citoyen paisible, qui n’est pas agressif, pour lui ôter la vie, que la loi sanctionne ce militaire. Et comme cette disposition n’a pas été prise par la loi, l’opposition a voté contre. Donc nous sommes contre cette loi », a-t-il expliqué aux militants.

Kalémodou Yansané indique que l’opposition a réussi par contre, à empêcher le passage de deux textes qui lui était totalement défavorable. Une raison qui justifie, selon lui, la présence des députés de l’UFDG à l’Assemblée nationale, malgré l’expiration de leur mandat. « Si on n’était pas restés à l’hémicycle, deux lois importantes étaient préparées contre nous. La première, c’était de modifier le code électoral pour que les chefs des quartiers, que les partis doivent désormais désigner, soient nommés purement et simplement par les maires. Nous avons dit non. Cette loi n’est pas passée (…)

La deuxième loi concernait la CENI : ils ont voulu diminuer les démembrements de la CENI à l’intérieur du pays pour que la CENI soit gérée à l’intérieur du pays par les préfets, les sous-préfets, et les fonctionnaires de l’administration. Cette loi aussi n’est pas passée parce que nous étions là. Donc, tant qu’ils sont à l’Assemblée, nous sommes là aussi. Tant qu’ils (les députés de la mouvance) ne quittent pas, nous aussi on ne quitte pas », a-t-il martelé, sous un tonnerre d’applaudissement des militants.

Saidou Hady Diallo et Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com
Tel: 620 589 527/654 416 922

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Guinée : jusqu’à un an de prison contre les auteurs de nuisances sonores (avec de la musique et autres)

5 juillet 2019 à 7 07 58 07587
image d’archive

Initié par le ministère de l’Environnement et transmis à l’Assemblée nationale, le nouveau code de l’environnement en République de Guinée a été adopté hier, jeudi 04 juillet 2019, à l’unanimité des députés présents à l’hémicycle. Ce nouveau code prévoit jusqu’à un an d’emprisonnement et une amende de 10 millions de francs guinéens (en cas de récidive) contre les auteurs de nuisances sonores susceptibles de constituer des désagréments excessifs pour le voisinage et de porter atteinte à l’environnement, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était à l’Assemblée nationale.

Le nouveau code de l’environnement qui a été adopté ce jeudi par les députés s’articule autour de 9 titres, 26 chapitres et 212 articles. Et, c’est le titre 8 qui prévoit la « répression des infractions et pénalités » à l’endroit des personnes physiques et morales qui iront à l’encontre des dispositions du présent code.

En son article 202, ce nouveau code qui a bénéficié du vote favorable des députés prévoit des sanctions pénales à l’encontre des auteurs de nuisances sonores. Une mesure disciplinaire qui consiste à préserver la quiétude des paisibles citoyens et discipliner ceux qui font des « tapages » avec de la musique dans les quartiers.

« Est puni d’un emprisonnement de 15 jours à trois mois et d’une amende de 500 mille à 5 millions de francs guinéens quiconque, sans l’autorisation préalable de l’autorité compétente, se serait livré aux émissions de bruit, perturbation du calme, nuisances olfactives ou de rayonnement lumineux, susceptibles de nuire à la santé de l’homme, de constituer des désagréments excessifs pour le voisinage et de porter atteinte à l’environnement. En cas de récidive, outre l’amende qui est portée au double, une peine d’emprisonnement de trois mois à un an pourra être prononcée et les engins, appareils et tout objet ayant servi à commettre l’infraction sont saisis au profit de l’Etat », a annoncé Docteur Alpha Mamadou Baldé dans sa lecture du rapport de la commission environnement de l’Assemblée nationale sur le projet de loi portant nouveau code de l’environnement.

L’adoption de cette loi intervient à un moment où certains guinéens ont fait des tapages nocturnes leur sport favori dans les quartiers de Conakry. De jour comme de nuit, avec des appareils sonores puissants, ils mettent de la musique forte dans leurs concessions de manière à déranger tout le quartier.

Avec une indiscipline notoire, d’autres occupent les espaces libres des quartiers, voire même les artères publiques, pour danser toute la nuit au rythme de sonorités qui perturbent le sommeil des voisins. Et, tout ça se passe au vu et su des autorités.

A noter que le nouveau code qui vient d’être adopté au parlement ne vient pas combler un vide juridique. Car, le code de l’environnement actuellement en vigueur en Guinée prévoit une sanction pénale de 5 mille à 50 mille francs guinéens contre les auteurs de nuisances sonores. Une disposition qui souffre d’un manque d’application manifeste sur le terrain.

Mamadou Baïlo Keïta pour Guineematin.com

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Guinée : les femmes parlementaires demandent l’appui du gouvernement pour traquer les violeurs

4 juillet 2019 à 15 03 41 07417
Honorable Hadja Aïssata Daffé

Alors que les violences basées sur le genre, notamment les cas de viol font légion actuellement à Conakry et à l’intérieur du pays, le forum des femmes parlementaires de Guinée (FOFPAG) prend position et demande au gouvernement d’appuyer la COFFIG et le REFAMP pour traquer les violeurs et les conduire devant la justice. Les députées se sont exprimées dans une déclaration rendue publique ce jeudi, 04 juillet 2019, à l’occasion de la plénière de l’Assemblée nationale, rapportent les journalistes de Guineematin.com qui sont au parlement.

C’est l’Honorable Hadja Aïssata Daffé qui a fait lecture de ce rapport d’une page qui exprime d’une part les inquiétudes et l’indignation des femmes parlementaires face aux violences physiques, notamment les cas de viol dont les files et les femmes sont victimes à travers le pays ; et, d’autre part, la volonté de ces dames députées à lutter contre ces mauvaises pratiques qui portent atteinte à la dignité et à l’honneur de la femme guinéenne.

« Considérant qu’il est urgent de faire en sorte que les femmes, les filles et les enfants bénéficient des droits et principes consacrant l’égalité, la sécurité, la liberté, l’intégrité et la dignité de tous les êtres humains ; considérant que ces droits et principes sont consacrés par un certain nombre d’instruments juridiques internationaux… ; considérant que les mouvements et associations de femmes ont contribué à attirer l’attention sur la nature, la gravité et l’ampleur du problème de la violence à l’égard des filles/femmes ; le forum des femmes parlementaires constatent la recrudescence dans notre pays de la violence physique, sexuelle et psychologique au sein de la famille, y compris les coups, les sévices sexuels infligés aux enfants de sexe féminin au foyer… Les femmes et les enfants ont du mal à s’assurer de l’égalité juridique, sociale et économique dans la société, en raison notamment de la persistance et du caractère endémique de la violence, en particulier le viol des fillettes et des bébés dans notre pays », a indiqué Hadja Aïssata Daffé.

Pour lutter efficacement, voire éradiquer ces violences dont sont victimes, les filles et femmes de Guinée, le forum des femmes parlementaires sollicite l’appui du gouvernement pour traquer et traduire les violeurs en justice.

« Le forum des femmes parlementaires condamne les violences faites aux filles/femmes, soutient solennellement le REFAMP et la COFFIG pour son combat sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes ; et, demande au gouvernement d’appuyer cette coalition afin de permettre d’apporter l’offre de service (médical, social, psychologique, juridique) aux victimes et traquer les violeurs devant la justice », a conclu Hadja Aïssata Daffé.

Mamadou Baïlo Keïta et Abdallah Baldé pour Guineematin.com

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Guinée : une nouvelle loi pourrait protéger les membres de la police contre toute éventuelle poursuite en justice

4 juillet 2019 à 11 11 58 07587

Ce texte fournit des directives inadéquates sur le recours à la force létale. Le président guinéen ne devrait pas mettre en application une loi nouvelle qui donne aux gendarmes le pouvoir discrétionnaire de décider de recourir aux armes à feu et pourrait les mettre à l’abri de toute éventuelle poursuite en justice pour meurtre illégal, ont déclaré aujourd’hui Human Rights Watch et Amnesty International. Les forces de sécurité guinéennes sont réputées pour utiliser une force excessive lorsqu’elles répondent à des manifestations de rue, qui sont elles-mêmes souvent violentes.

L’Assemblée nationale de Guinée a adopté le 25 juin 2019 un projet de loi relative à l’usage des armes par la gendarmerie. Cette loi établit plusieurs justifications de l’usage de la force – notamment pour défendre des positions occupées par les gendarmes – sans souligner clairement que les armes à feu ne peuvent être utilisées que lorsqu’existe une menace de mort ou de grave blessure. La note explicative qui accompagne la loi souligne également la nécessité de protéger les gendarmes qui ont recours à la force contre des poursuites en justice revanchardes, ce qui suscite des inquiétudes sur la possibilité que la loi puisse être invoquée pour empêcher la supervision des responsables de l’application des lois par le système judiciaire. 

« Alors que la tension politique monte à l’approche de l’élection présidentielle de 2020, la dernière chose dont la Guinée a besoin est une loi aux termes vagues qui semble donner aux gendarmes le pouvoir discrétionnaire de décider de recourir à la force létale », a déclaré Corinne Dufka, directrice pour l’Afrique de l’Ouest à Human Rights Watch.

« Le président Alpha Condé devrait inviter l’Assemblée nationale à réviser cette loi, afin de la mettre en conformité avec les obligations de la Guinée aux termes du droit international et du droit africain en matière de droits humains. »

La Guinée a connu ces dernières années de violentes manifestations de rue et de fréquents affrontements entre manifestants et membres des forces de sécurité. De nouvelles manifestations sont probables plus tard cette année si, comme de nombreuses organisations guinéennes le prédisent, le président Condé cherche à amender la constitution pour briguer un troisième mandat. 

Aladji Cellou Camara, Directeur de l’information et des relations des armées guinéennes, a affirmé à Human Rights Watch que la nouvelle loi était nécessaire pour fournir davantage de directives sur les circonstances dans lesquelles les gendarmes sont habilités à recourir à la force, en particulier compte tenu de la menace croissante de terrorisme à laquelle la Guinée est confrontée. La notice explicative qui accompagne la loi fait référence au terrorisme, mais souligne également que les forces de sécurité connaissent depuis un certain temps des moments « marqués par des interventions intenses et répétées sans précédent », allusion apparente aux manifestations de rue. 

Camara a précisé que la loi n’était pas destinée à remplacer la loi guinéenne de 2015 sur le maintien de l’ordre public, qui comporte des directives sur le recours à la force par les forces de sécurité lorsqu’elles répondent à des manifestations. Mais quoique la loi nouvelle et la loi de 2015 stipulent toutes deux que la force ne doit être utilisée que lorsque c’est nécessaire et qu’elle doit être proportionnée, elles ne limitent pas explicitement le recours aux armes à feu aux cas où existent des menaces imminentes de mort ou de grave blessure. Ceci soulève une inquiétude : que d’autres objectifs, tels que disperser une manifestation non autorisée, puisse justifier le recours à la force létale.

Les normes internationales en matière de droits humains stipulent que les armes à feu ne devraient jamais être utilisées pour simplement disperser un rassemblement. Si le recours à la force pour disperser des manifestations violentes est inévitable, par exemple pour protéger des agents chargés de l’application des lois, des participants ou des badauds contre des violences, les forces de sécurité doivent seulement recourir à la dose de force minimale nécessaire pour maintenir la situation sous contrôle.

Elles doivent s’appuyer sur une utilisation proportionnée d’armes moins létales, telles que les bâtons et d’autres types d’équipement de contrôle des foules. L’usage intentionnel et létal d’armes à feu ne peut avoir lieu que lorsque c’est strictement inévitable afin de protéger des vies.

Camara a affirmé que, quel que soit le cadre juridique, les agents de police et les gendarmes ne sont jamais armés lorsqu’ils assurent la canalisation de manifestations de rue. « Si je voyais un gendarme avec une arme à feu, j’interviendrais immédiatement », a affirmé en avril 2018 à Human Rights Watch le général Ibrahima Baldé, chef de la gendarmerie.

Cependant, la Guinée a une longue habitude d’utilisation excessive des armes à feu par les forces de sécurité lors de confrontations avec des manifestants. De nombreux manifestants, ainsi que plusieurs membres des forces de sécurité, ont été tués, la plupart par des tirs d’armes à feu, au cours de la dernière décennie. Des dizaines de manifestants et deux agents chargés de l’application des lois ont été tués en 2012-2013, à l’approche d’élections législatives. Au moins 12 personnes ont été tuées, dont 6 par des tirs d’armes à feu, et de nombreuses autres ont été blessées, à l’approche et à la suite de l’élection présidentielle de 2015. Au moins 21 personnes sont mortes lors de manifestations en 2018, dont au moins 12 auraient été victimes de tirs mortels de la part des forces de sécurité d’une part, et un agent de police et un gendarme tués par des manifestants d’autre part.

En outre, si la Guinée connaît un nouveau cycle de manifestations violentes au cours des mois qui viennent, le gouvernement pourrait les qualifier de menace à la sécurité publique exigeant une réponse énergique de la part des forces de l’ordre. Les responsables guinéens de la sécurité ont souvent affirmé à Human Rights Watch et à Amnesty International que les manifestations de 2018 n’étaient pas des mouvements de protestation de rue mais de la « violence urbaine. » En novembre 2018, suite à une vague de manifestations publiques violentes, le gouvernement guinéen a déployé des unités de l’armée en certains points névralgiques de Conakry, la capitale.

La note explicative de la nouvelle loi affirme que celle-ci est nécessaire pour « protéger [les gendarmes] à l’occasion des procédures pénales » qui ne sont qu’un effort visant à « se venger de l’autorité publique. »  Mais cette affirmation ignore le fait que la Guinée a rarement engagé des poursuites contre des membres des forces de sécurité pour usage excessif de la force.

Human Rights Watch et Amnesty International ont documenté des dizaines de tirs d’armes à feu présumés mortels par les forces de sécurité depuis 2010. Mais la condamnation en février d’un capitaine de police pour le meurtre en 2016 d’un manifestant a marqué la première fois depuis 2010 qu’un membre des forces de sécurité était traduit en justice pour avoir tué un manifestant par balles.

Pour refléter les principes établis en matière de droits humains, tels que les Directives pour le contrôle des rassemblements par les responsables de l’application des lois en Afrique et les Principes de base de l’ONU sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois, les lois devraient stipuler clairement que les forces de sécurité ne doivent utiliser des armes à feu que dans les cas où existe un risque imminent de mort ou de grave blessure d’une personne, ou pour empêcher la commission d’un grave crime impliquant une grave menace vitale, et seulement quand des mesures moins extrêmes seraient insuffisantes pour atteindre ces objectifs. Les lois devraient également contenir des exigences claires d’information et de responsabilité, afin d’assurer que tout incident lors duquel une force excessive a été utilisée, ainsi que l’agent soupçonné d’y avoir recouru, fassent l’objet d’une procédure en justice et d’un procès équitable.

Human Rights Watch et Amnesty International ont appelé à plusieurs reprises à la création de mécanismes de contrôle adéquats, tels qu’une cellule spéciale de magistrats, afin d’enquêter de manière plus efficace sur le comportement des forces de sécurité lors de manifestations.

« Alors qu’approche l’élection présidentielle de 2020, ce n’est pas le moment d’affaiblir les règles d’opération des forces de sécurité », a déclaré Francois Patuel, chercheur sur l’Afrique de l’Ouest à Amnesty International. « Le gouvernement guinéen devrait plutôt renforcer sa capacité à enquêter effectivement sur les allégations de mauvais comportements de la part de membres de ses forces de sécurité et à poursuivre leurs auteurs en justice. »

Communiqué transmis par Amnesty International

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Fin du débat d’orientation budgétaire : ce qu’il faut retenir des travaux, selon les participants

4 juillet 2019 à 9 09 36 07367

Le débat d’orientation budgétaire 2019 s’est achevé hier, mercredi 03 juillet 2019, à l’Assemblée nationale. Pendant deux jours, membres du gouvernement, députés, bailleurs de fonds, représentants du secteur privé et de la société civile, ont travaillé sur les orientations de la politique générale du gouvernement et les priorités sectorielles des politiques publiques pour le développement économique et social du pays. A l’issue des travaux, les participants ont tiré un bilan satisfaisant, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

La tenue du débat d’orientation budgétaire (DOB) vise à améliorer la gouvernance et à mieux repartir les ressources financières dans les secteurs économiques. Au sortir de ces deux jours de travaux, le Président de la commission économie, finances, plan et coopération internationale de l’Assemblée nationale, Michel Kamano, qui assurait la présidence des travaux en commissions, a exprimé sa satisfaction.

Président de la commission économie, finances, plan et coopération internationale de l’Assemblée nationale, Michel Kamano,
Michel Kamano

« Nous avons eu un débat fructueux et national. Les représentants du parlement, du gouvernement, de la société civile et du secteur privé ont parlé de la Guinée. Les efforts qui sont faits sont appréciés de tous puisque nous venons de loin. Et, de tout ce qui reste à faire et qui est très important, nous devons nous accorder pour mieux le faire. Mobiliser d’avantage de recettes, les sécuriser et les utiliser à bon escient et pour le bien du citoyen lambda. Il y a aussi des efforts à faire pour continuer à améliorer la gouvernance économique de façon à ce que l’exécutif puisse produire des résultats beaucoup plus concrets, mesurables, et que les populations les sentent dans leur quotidien », a expliqué Michel Kamano.

Selon lui, la participation de la société civile et du secteur privé à ce débat va améliorer positivement l’élaboration et la gestion du budget de l’Etat. « Ce qui va changer dans le quotidien des Guinéens, c’est qu’aujourd’hui, c’est la présence des représentants de la société civile dans le DOB. Mieux, elle est représentée partout dans le pays à travers ses démembrements. La société civile a des projets de développement, elle peut en faire la mesure.

Quand on dit qu’on a fait une piste rurale dans telle localité, il y a les représentants de la société civile, le député de la localité, eux tous peuvent vérifier et apprécier le travail fait. Mieux, avec le secteur privé, il sera question pour le gouvernement de discuter avec ce secteur pour fixer les taxes, puisqu’il ne faut pas tuer la poule aux œufs d’or », a indiqué le député.

présidente de la coalition des femmes et filles de Guinée, (COFFIG), Dr Makalé Traoré,
Dr Makalé Traoré

Pour sa part, la présidente de la coalition des femmes et filles de Guinée, (COFFIG), Dr Makalé Traoré, a souligné que ce fut un honneur pour la société civile de prendre part à ce débat, qui a permis de faire des échanges avec le gouvernement et de partager les préoccupations des populations. « Nous avons fait part au gouvernement de nos préoccupations, notamment les jeunes par rapport à la prise en compte du capital humain. Et, nous avons estimé qu’au-delà des investissements stratégiques de santé, d’éducation et de gouvernance, il était très important se focaliser sur le changement de structure de la population.

La planification familiale est une question qui mérite une mobilisation sociale. S’il est bien de faire des enfants, il est encore plus important de les éduquer, de veiller à leur santé pour qu’ils deviennent utiles à la nation. Ce, pour les éviter d’être des instruments politiques qui versent dans la violence », a dit l’activiste de la société civile.

Le rapport final de ce débat d’orientation budgétaire, une fois élaboré, sera rendu public et partagé entre les différents acteurs impliqués.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Dr. Diané à l’Assemblée : « les Forces Armées guinéennes sont au service du peuple… »

25 juin 2019 à 23 11 37 06376
Dr. Mohamed Diané, ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles, ministre de la Défense nationale
Dr. Mohamed Diané, ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles, ministre de la Défense nationale

Le ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles, ministre de la Défense nationale était devant les députés ce 25 juin pour présenter et défendre quatre importants projets de Loi visant à moderniser et renforcer le cadre juridique des Forces armées guinéennes. Après débats, les députés ont adopté à l’unanimité les trois premiers projets de loi et à la majorité, le projet de loi relative à l’usage des armes par la Gendarmerie nationale.

Avant de passer aux objectifs visés par les projets de lois qu’il a eu l’honneur de soumettre l’appréciation des élus du peuple en vue de leur adoption, Dr. Mohamed Diané a rappelé les missions principales du département de la défense tel que le prévoit le décret N°D/2018/243/PRG/SGG du 08 octobre 2018 portant organisation, attributions et fonctionnement du ministère de la Défense nationale.

Selon les termes de ce décret, le ministère de la Défense nationale participe à la conception, l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi de la politique du gouvernement dans le domaine de la Défense Nationale.

« A ce titre, il est particulièrement chargé, entre autres de mettre en œuvre la politique de défense nationale ; garantir et protéger les intérêts majeurs et vitaux de la Nation ; sauvegarder les institutions de la République ; coordonner les activités des organismes de commandement ; assurer la mise en condition des forces ; créer et renforcer les conditions de participation des Forces armées aux missions de soutien de la paix et faire observer les principes du droit international humanitaire au sein des Forces armées ».

Le ministre de la Défense nationale a précisé que depuis l’avènement de la troisième République, le Président de la République a fait de la réforme de l’armée, sa priorité. « Longue mais indispensable, cette réforme a pour objectif de rendre notre armée capable de relever les défis auxquels notre pays est continuellement confronté. L’un des instruments majeurs pour la réussite de cette réforme est le renforcement du cadre juridique, basé sur la production et la vulgarisation des textes. C’est dans ce cadre qu’un ensemble de quatre textes ont été élaborés en vue d’intégrer les réalités de l’évolution sécuritaire, environnementale et socioéconomique de notre Nation. Il faut noter que ce travail vient corriger les imperfections des textes existants et combler les vides ».

Il s’agit, a énuméré le ministre d’Etat, du Projet de loi relative aux principes fondamentaux de l’organisation générale de la défense nationale ; du Projet de loi relative à l’organisation générale et le fonctionnement des forces de défense ; du Projet de loi relative à l’usage des armes par la Gendarmerie nationale ; et du Projet de loi fixant les conditions de participation de l’armée au développement économique de la Nation et à toutes autres tâches d’intérêt public.

« Revenant au Projet de loi relative aux principes fondamentaux de l’organisation générale de la défense nationale, il faut retenir qu’en dépit du fait que la Guinée ne soit pas directement visée par une menace militaire, elle enregistre depuis quelques années, à proximité de ses frontières, des violences régulières qui s’ajoutent à une instabilité de l’environnement international. Ces phénomènes, à eux seuls, justifient que la République de Guinée balise l’organisation de sa défense nationale par des principes dits fondamentaux ».

C’est pourquoi, indique le ministre d’Etat, dans son contenu, ce projet de loi cherche entre autres à clarifier les concepts de : de défense nationale ; de politique de défense nationale ; de stratégie de défense nationale ; et d’intérêts fondamentaux.

« De la définition de ces concepts, il résulte que la défense nationale ne se limite pas seulement à la défense du territoire et des populations par la force des armes. Elle vise également à protéger les intérêts fondamentaux de la Nation qui se répartissent entre intérêts vitaux et intérêts majeurs ».
D’ailleurs, il faut entendre par intérêts vitaux, l’intégrité du territoire national et ses approches aériennes et maritimes, le libre exercice de la souveraineté nationale et la protection des populations, enseigne Dr. Diané.

Quant aux intérêts majeurs, ajoute le ministre de la Défense, il s’agit du maintien de la paix civile, de la préservation de l’environnement et des espaces essentiels à l’activité économique ainsi qu’à la liberté de ses échanges.

Faisant l’économie de la définition des autres concepts qui sont largement expliqués dans les exposés des motifs transmis aux députés et qui accompagnent le projet de loi, le ministre d’Etat en charge de la Défense nationale a dit que le Projet de loi relative à l’organisation générale et le fonctionnement des forces de défense, prend en compte la définition des concepts des Forces de Défense et de Sécurité, des Forces de Défense, des Forces Armées Guinéennes, des Armées et de l’Armée dite Républicaine ; la précision des missions assignées aux forces de défense et la constitution des forces en composante militaire interarmées comprenant les armées de Terre, de Mer et de l’Air et en composante Gendarmerie nationale, constituée de militaires qui participent aux missions de sécurité intérieure.

« La composante militaire, chargée de la défense opérationnelle du territoire, est placée sous les ordres de l’Etat-major Général des Armées, tandis que la composante Gendarmerie Nationale, dont l’axe d’effort est la sécurité intérieure, est placée sous la responsabilité du Haut Commandement de la Gendarmerie nationale – Direction de la Justice Militaire », a tenu à clarifier Dr. Mohamed Diané.

Ainsi, le projet de loi relative à l’organisation générale et le fonctionnement des forces de défense circonscrit l’acception de la défense dans sa dimension militaire et met à jour l’architecture institutionnelle et structurelle chargée de l’assurer.

En ce qui concerne le Projet de loi relative à l’usage des armes par la Gendarmerie nationale, qui a fait couler beaucoup de salive dans l’hémicycle, le ministre d’Etat en charge de la Défense a rassuré les uns et les autres en indiquant qu’il fait état des dispositions permettant aux militaires de la Gendarmerie d’être juridiquement plus assurés lorsqu’ils ont à faire usage de leurs armes et de les protéger, à l’occasion des procédures pénales, contre ceux qui voudraient se venger de l’autorité publique en s’en prenant aux personnes physiques qui l’incarnent.

Dr. Mohamed Diané, ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles, ministre de la Défense nationale
Dr. Mohamed Diané, ministre d’Etat chargé des Affaires présidentielles, ministre de la Défense nationale

D’ailleurs, Dr. Diané fait savoir que les dispositions du présent projet de loi renforcent les moyens d’action de ceux qui œuvrent quotidiennement à la sécurité de tous et précisent la nature des situations effectives dans lesquelles les militaires de la Gendarmerie sont amenés à devoir faire usage de leurs armes. « Elles traduisent également la volonté d’apporter des règles d’usage correspondant à chacune des situations auxquelles les militaires de la Gendarmerie sont souvent confrontés. L’encadrement de l’usage des armes par les militaires de la Gendarmerie est l’objectif principal visé par cette loi. Ainsi, la légitime défense n’est plus la seule contrainte qui pèse sur les gendarmes lorsqu’ils ont à faire usage de leurs armes ». Une grande avancée.

Enfin, le Projet de loi fixant les conditions de participation de l’armée au développement économique de la Nation et à toutes autres tâches d’intérêt public, a été élaboré en application, selon le ministre de la Défense, notamment, de l’article 47 de la constitution guinéenne qui stipule en son alinéa 3 que : « … Le Président de la République peut, outre les fonctions spécialisées de défense de l’intégrité territoriale dévolue à l’armée, faire concourir celle-ci au développement économique de la Nation et à toutes autres tâches d’intérêt public dans les conditions définies par la loi. ».

« Il me semble normal de rappeler ici que depuis sa création, l’Armée guinéenne participe, à travers ses différentes composantes, à l’amélioration des conditions de vie du citoyen, en totale adéquation avec les choix de l’Etat visant à mettre à contribution toutes les potentialités disponibles au service du peuple. Les exemples ne manquent pas pour illustrer cette réalité : le Bataillon du Génie Militaire construit des ouvrages de franchissement, des bâtiments, des routes et participe à la production agro-alimentaire. Aussi, le service de santé des armées intervient régulièrement en faveur des populations civiles dans toutes les garnisons du pays.

Or, en l’absence d’un cadre juridique adéquat, ces nombreuses actions perdraient la visibilité qu’elles méritent. Pour les mêmes raisons, le Président de la République ne pourrait exercer dans des conditions claires l’une de ses prérogatives constitutionnelles. Il apparait clairement donc la nécessité de créer cet environnement juridique qui définit les domaines, les conditions et les procédures de participation de l’armée au processus de développement économique de la Nation ainsi que la mise en œuvre des programmes d’actions civilo-militaires ».

Dr. Mohamed Diané a rappelé que les forces armées, pour bien remplir leurs missions régaliennes, doivent s’appuyer sur des principes fondamentaux bien définis. Encore faudrait-il qu’elles soient bien organisées et bien équipées, évoluant dans un cadre juridique claire.

Pour le ministre de la Défense nationale, il est important de savoir que les Forces Armées guinéennes sont au service du peuple qui devient de plus en plus exigeant. Il est donc opportun de trouver des instruments juridiques adéquats permettant à nos Forces Armées non seulement de participer au développement socio-économique de la Nation, mais aussi de contribuer au maintien d’un environnement de sécurité dans notre pays.

Les députés, dans leur très grande majorité, ont apprécié et encouragé l’initiative du ministère de la Défense nationale de doter la Guinée d’une armée moderne, redimensionnée et bien équipée. Ils ont donc adopté les différents projets de loi soumis à leur appréciation.

Par le service de communication du Ministère de la Défense nationale

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Affaire salon VIP de l’aéroport de Conakry : les députés exigent le départ immédiat du DG de la SOGEAC

25 juin 2019 à 14 02 50 06506

Alors que les députés sont réunis en séance plénière pour examiner un certain nombre de textes, le problème les opposant au directeur général de la SOGEAC, Sékou Maï Diarra, s’est imposé sur les onze points inscrits à l’ordre du jour. Problème né du refus de ce dernier de laisser plusieurs députés, dont les premier et deuxième vice-présidents du Parlement ainsi que le leader de l’opposition guinéenne, Cellou Dalein Diallo, accéder au salon VIP de l’aéroport de Conakry. Les parlementaires ont demandé le départ immédiat du responsable de l’aéroport, rapportent deux journalistes de Guineematin.com qui sont à l’hémicycle.

C’est le président de l’Assemblée nationale qui a été le premier à évoquer le sujet à l’ouverture de la séance. Le chef du perchoir a déploré le comportement du Directeur général de la société gestion et d’exploitation de l’aéroport de Conakry, avant de tenter de rassurer ses collègues qu’une solution sera trouvée rapidement à ce problème.

« Chers collègues, je voudrais, avant de continuer sur les points inscrits à l’ordre du jour, déplorer le comportement du Directeur de la SOGEAC dans ses rapports avec les députés. Je voudrais rappeler que les députés ont certes, des véhicules RC mais ce sont des représentants du peuple. Leur liste a été communiquée à la direction générale de la SOGEAC pour que les agents chargés de recevoir les voyageurs, parmi lesquels il y a les députés, sachent que les députés représentent le peuple.

Ils relèvent d’une institution de la république… J’ai adressé une correspondance au ministère des transports à ce sujet et au Premier ministre pour attirer leur attention sur le fait qu’ils doivent ramener le DG de la SOGEAC à des comportements normaux. La procédure est en cours. Des dispositions seront prises à partir de demain pour faire approfondir les débats… », a dit Claude Kory Kondiano.

Mais, cette assurance du président du Parlement n’a pas réussi à calmer la colère des députés, toute tendance confondue. Finalement, c’est l’honorable Diouldé Sow, député uninominal de Pita et membre du groupe parlementaire Libéral-Démocrate qui a pris la parole pour lire une motion de l’Assemblée nationale.

« Eu égard aux attitudes irrespectueuses, désobligeantes et de défis du DG de la SOGEAC, l’Assemblée nationale de la République de Guinée, deuxième institution du pays, demande son départ. Cette situation inacceptable de la part d’un commis de l’Etat, fut-il le DG de l’aéroport, crée un précédent de nature à dévaloriser le statut de député. Le statut protocolaire du député, représentant la communauté nationale, est non seulement connu, mais aussi respecté à travers le monde entier. La Guinée ne peut pas faire l’exception. Nous demandons son départ pure et simple et immédiatement », a dit Honorable Diouldé Sow.

De son côté, le Chef du groupe Libéral-démocrate, Dr Fodé Oussou Fofana, par ailleurs Vice-président de l’UFDG, s’est adressé au président de l’Assemblée nationale en ces termes : « nous avons le ministre des affaires présidentielles à votre gauche, celui des la justice à droite. A mon humble avis, nous n’allons pas continuer de siéger tant que cette question ne trouve pas de solution.

Nous avons été humiliés et insultés. Qu’on aime le Président Cellou Dalein ou qu’on ne l’aime pas, il a été ministre des transports, Premier ministre et député de cette législature. Moi, je n’ai rien à avoir avec le DG de l’aéroport, c’est un commis de l’Etat. Mais, cette question doit être réglée maintenant. C’est pourquoi, je vous demande, Monsieur le Président de suspendre immédiatement ces débats et nous allons nous retrouver avec les ministres ».

L’Honorable Saïkou Yaya Barry de l’Alliance républicaine, a profité pour enfoncer le clou et exiger de l’exécutif le renouvellement des passeports des députés.

Le tollé dans la salle a fini par amener le président de séance, Claude Kory Kondiano, à suspendre les débats. Pour certains, il est hors de question de revenir dans la salle tant que la question n’est pas réglée.

Depuis l’hémicycle Abdallah BALDE et Mamadou Baïlo KEITA pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Parlement : la plénière de lundi reportée à demain

24 juin 2019 à 12 12 48 06486

La plénière de l’Assemblée nationale, initialement programmée ce lundi, 24 juin 2019, à 11 h, a été reportée pour demain mardi à la même heure, a appris Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

Si aucune raison de ce décalage n’a été officiellement donnée, certains responsables du Parlement croient savoir qu’il s’agit de raisons techniques. Ce report coïncide également au décès du maire de Ratoma, Souleymane Taran Diallo, un des cadres de l’UFDG, la principale formation de l’opposition.

Abdallah Baldé pour Guinée matin.com
Tel: 628 08 98 45

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Assemblée nationale : des textes concernant l’armée en débat ce lundi

24 juin 2019 à 11 11 01 06016

Selon le nouveau chronogramme de la session parlementaire en cours, les députés vont se retrouver ce lundi, 24 juin 2019, en séance plénière, pour examiner, amender et adopter plusieurs textes de loi concernant l’organisation et le fonctionnement de l’armée guinéenne, a appris Guineematin.com, de sources proches de l’Assemblée nationale.

Au nombre de quatre, ces textes sont :

  1. Projet de loi portant principes généraux de l’organisation générale de la défense nationale ;
  2. Projet de loi portant usage des armes par la Gendarmerie nationale ;
  3. Projet de loi fixant les conditions de participation de l’armée au développement économique de la nation et à toutes autres tâches d’intérêt public ;
  4. Projet de loi portant organisation générale et fonctionnement des forces de défense.

Deux textes de conventions de financement et de crédits viendront compléter le tableau des points inscrits à l’ordre du jour, a-t-on également appris.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Rareté de la pluie cette année en Guinée : Dr Alpha Mamadou explique les raisons et accuse le gouvernement

17 juin 2019 à 21 09 20 06206
Honorable Dr Alpha Mamadou Baldé, député uninominal de Tougué membre commission Environnement, Pêche, Développement Rurale
Dr Alpha Mamadou Baldé, député uninominal de Tougué membre commission Environnement, Pêche, Développement Rurale

L’humanité a célébré ce lundi, 17 juin 2019, la journée mondiale de la désertification et de la lutte contre la lutte contre la sécheresse. En Guinée, cette journée semble être banalisée par les autorités, alors que le pays subit de plein fouet les effets du changement climatique.

L’honorable Dr Alpha Mamadou Baldé, député uninominal de Tougué et membre de la commission Environnement, Pêche, Développement Rurale et Durable de l’Assemblée nationale, a accordé un entretien à Guineematin.com à cette occasion. Le parlementaire est revenu notamment sur les causes de la rareté de la pluie constaté cette année dans notre pays, accusé le gouvernement de favoriser cette situation, avant de proposer quelques pistes de solutions.

Décryptage !

Guineematin.com : l’humanité a célébré ce lundi, 17 juin 2019, la journée mondiale de la désertification et de la lutte contre la sécheresse. Cette journée intervient à un moment pendant lequel habituellement il pleut beaucoup en Guinée, mais cette année c’est tout le contraire. Même à Conakry où la pluviométrie est connue pour être dense, il ne pleut que très peu cette fois-ci. En tant que membre de la commission Environnement de l’Assemblée nationale, est-ce qu’on est menacé par la sécheresse ?

Dr Alpha Mamadou Baldé : nous subissons directement les effets du changement climatique. Changement climatique dû aux effets de l’Homme d’abord, il faut aller à la cause profonde. Il y a eu énormément de déforestation, les têtes de sources dénudées à cause des activités agricoles. Il y a, comme vous le savez, l’agriculture sur brûlis où il faut déboiser, brûler et après cultiver pour une année et quitter encore cet espace-là pour aller à un autre. Donc, c’est ce qu’on appelle agriculture extensive. Elle créé énormément de problèmes, parce qu’elle créé des feux de brousse. Vous avez un demi-hectare à valoriser, vous avez fait le défrichement pour ce demi-hectare, ils attendent au mois d’avril pour mettre le feu.

C’est une seule personne qui met ce feu, si elle n’arrive pas à maîtriser le feu, le feu va déborder, quitter le demi-hectare que la personne voulait cultiver pour brûler plus de cent hectares. Si vous quittez Conakry pour Labé ou Conakry pour Kankan, de gauche à droite de notre route, vous regardez des feux de brousse incontrôlés. Ça, c’est ce qu’on appelle la déforestation. Parce que ça cause énormément de problèmes au peu qui reste en termes de forêt. Ça, c’est le premier aspect.

Le deuxième aspect, c’est la coupe abusive du bois. Toutes les têtes de sources, les berges des cours d’eaux, là où on avait quelques espèces de bois qui restaient, avec la pauvreté qui s’est accentuée dans notre pays, les gens vivent nécessairement des ressources naturelles. Et donc, les villageois, les paysans se sont spécialisés dans cette coupe du bois. Il y a des tronçonneuses dans toutes les préfectures, dans toutes les sous-préfectures, des milliers de tronçonneuses existent et sont en train de couper le bois. Et malheureusement, il y a eu un manque de volonté politique parce qu’à un moment donné, c’était le ministère de l’environnement avec celui du budget qui ont accordé des autorisations de coupe du bois.

En 2016-2017, des individus ont eu des autorisations de couper le bois, donc quand ils viennent dans une préfecture, préfet, gouverneur ne pouvaient rien, les populations aussi, parce qu’ils viennent de Conakry avec une autorisation de couper. Et, il peut couper 2000 à 3000 madriers dans une sous-préfecture. Un bois qui avait 50 ans, 100 ans, ça existait, et quand vous le coupez, ce n’est pas en moins de 60 ans que vous allez le restaurer. Il n’y a pas de restauration, on a fait que couper. Ça, c’est la deuxième grande cause.

La troisième cause, je crois qu’il y a l’effet de l’érosion. Aujourd’hui, on peut dire qu’on a perdu plus de 60% de nos cours d’eaux, l’eau de surface a presque disparu. J’ai visité le fleuve Niger, j’ai visité le Bafing, qui est un fleuve transfrontalier qui, loin est appelé le fleuve Sénégal. Et, c’est à cause de ça qu’on a l’OMVS, donc il a beaucoup d’avantages au niveau transfrontalier et international. Ce fleuve Bafing, la source c’est à Mamou. Mais aujourd’hui, vous venez à la source, vous ne verrez aucune goutte d’eau. Il n’y a rien, tout est sec à Mamou. Vous traversez le fleuve Bafing là où il y a la plaque Tolo, c’est par là-bas que le fleuve passe, il n’y a pas d’eau, il n’y a rien. Et pourtant, c’est là-bas la source.

Donc, ça veut dire les sources de nos cours d’eaux ont été sérieusement affectées, il y a eu le déboisement, la déforestation et aujourd’hui, nous perdons les cours d’eau. C’est valable pour la Gambie, dont le fleuve a pris sa source près de Labé. C’est valable pour le fleuve Niger, c’est valable pour les autres. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, il n’y a pas de cours d’eau. Et ça, ça affecte totalement la vie des populations. Aujourd’hui, malheureusement, ce changement climatique est ressenti dans la Guinée profonde. Les paysans ont reconnu que le climat a changé.

Parce que comme vous le dites, nous sommes au mois de juin et jusque-là, il y a des préfectures où il n’y a eu aucune goutte de pluie tombée afin de pouvoir semer le maïs à plus forte raison aller dans les champs pour commencer les activités agricoles. Avant, les premières pluies arrivaient en Guinée au mois d’avril et on commençait les semis. Maintenant, au mois de juin, quand j’appelle dans certaines préfectures, on me dit : « nous on attend, on n’a pas encore semé le maïs ». Donc, c’est un indicateur qui fait que le citoyen lambda, le petit paysan reconnaît qu’il y a les effets du changement climatique. Et donc, c’est le moment d’agir sinon l’heure est grave.

Guineematin.com : vous, en tant que parlementaire, membre de la commission environnement, qu’est-ce que vous faites pour faire face à cette situation ?

Dr Alpha Mamadou Baldé : à l’Assemblée nationale, on a fait ce qu’on a pu faire, à l’image de nos confrères députés des pays voisins. La commission environnement, l’Assemblée nationale guinéenne n’est pas en retard, nous sommes à jour. On a voté la convention sur la biodiversité qui existait depuis les années 90 et dont la Guinée n’avait pas ratifiée. La convention sur la biodiversité a été donc adoptée et ratifiée grâce à notre Assemblée nationale. Ça c’est une excellente chose parce que nous avons intégré le fil des conventions des Nations Unies sur le changement climatique. Ça, c’est un.

Deuxièmement, on a voté le code forestier national, adopté avec ses implications. Je dois dire malheureusement, après le vote des différents codes, des différents textes de lois, nous restons à l’écoute et à l’attente du gouvernement qui est en retard, qui est incapable de produire des textes d’application. Et, c’est là où les citoyens ne comprennent pas, ils s’en prennent aux députés pour dire qu’est-ce que l’Assemblée nationale fait. L’Assemblée vote la loi ; nous, nous représentons les populations, nous disons que cette loi est bonne pour le pays, on passe au gouvernement, le président de la République doit promulguer cette loi. Une fois elle est promulguée, normalement, le ministère en charge de cette question, doit rapidement produire des textes d’application.

Mais, on peut voter une loi, trois ans après, elle est dans les tiroirs, on n’a pas les textes d’application. C’est pourquoi finalement, on a exigé que tous les textes de loi doivent venir avec leurs textes d’application. Mais, même quand ça arrive, on regarde les lois, on trouve qu’il y a des insuffisances. Nous disons que ces textes-là, ne peuvent pas répondre aux préoccupations de cette loi, il faut amender, et ces amendements-là tardent parfois à venir. Et, tant qu’il n’y a pas de textes d’application, on ne peut pas parler d’application ou de textes de lois. C’est ce qui retarde. Il y a des textes de loi qui sont votés, il n’y a pas d’application. Les populations ne connaissent pas le contenu, elles ne connaissent pas les applications.

On parle de répression de la coupe du bois, des feux de brousse dans le code, mais comme ce n’est pas vulgarisé, ce n’est pas appliqué, les gens ne savent pas. Et, la corruption aidant, parce que c’est un gouvernement corrompu, donc les gens au lieu de passer par l’application des textes, passent par des arrangements. Tu vois quelqu’un qui a mis le feu, il a brûlé 100 et quelques hectares, les textes de lois prévoient ce qu’il faut appliquer à cette personne et ou à ces personnes-là. Dès que vous appliquez la loi sur une ou deux personnes par rapport aux feux de brousse, je vous assure que ça va freiner l’allure en tout cas par rapport aux feux de brousse. Mais depuis 2012, aucune action n’a été menée par rapport à ces acteurs de feux de brousse.

Et, quand on parle de coupe du bois, dans la circulation, tout le monde voit les cargaisons de bois qui passent. On se contente de faire payer des frais : frais de transit. On a mis en place des gardes forestiers, mais qui sont pauvres, ils ne sont pas pris en charge, ils assurent eux-mêmes leur habillement, leur protection, les moyens de déplacement. L’Etat ne leur a rien donné jusqu’à maintenant. Et, comme ils ne sont pas pris en charge, on dit débrouillez-vous. Et donc, ils se débrouillent contre-nous. Parce que c’est eux qui autorisent les coupes du bois, c’est eux qui couvrent les coupeurs de bois, c’est eux qui couvrent ceux qui sont pris pour feu de brousse.

Et, tout commerce d’espèces menacés de disparition : espèces floristiques, espèces fauniques, sont couverts par eux (les gardes forestiers). Ça c’est un problème que la Guinée a sous les bras à régler. Quand on parle de sécheresse, il faut avouer qu’elle n’est pas à nos portes, elle est à l’intérieur du pays. Aujourd’hui, si vous voyez les préfectures de Koundara, de Gaoual, de Mali, de Tougué, de Siguiri, toute cette bande, c’est la sécheresse, c’est fini, c’est déjà un climat sahélien qui est là maintenant.

Guineematin.com : avez-vous un message à l’endroit des populations mais aussi des dirigeants à l’occasion de cette journée de lutte contre la sécheresse ?

Dr Alpha Mamadou Baldé : je commencerai par cette nécessité d’une volonté politique. Quand vous entendez volonté politique, ça interpelle le premier magistrat du pays. Le président de la République, à l’occasion de cette journée par exemple, avec la mise en place de la REED plus (Réduction des Effets de la Déforestation) que les Nations Unies ont reconnue, il devait intervenir. Ce que moi je dis là, si c’était lui qui le disait et en ces termes : que les lois soient appliquées, qu’on mette fin à la carbonisation et aux feux de brousse, l’exploitation abusive du bois, qu’on interdise la prolifération des tronçonneuses dans notre pays, si c’est lui qui le dit, c’est ça la volonté politique.

Et, en disant ça, il dit les mesures d’accompagnement : vous n’aurez plus la carbonisation, j’ai subventionné le gaz. Donc les femmes, et en milieu rurale et en milieu urbain, elles ont le gaz, tout le monde prépare avec le gaz. En ce qui concerne la protection des cours d’eau, le gouvernement dit voilà ce qui est pris comme mesures : on met les gardes forestiers dans les conditions, on déclenche un programme intensif de reboisement, et pour le faire, on revoit le budget national. Lui-même il dit : maintenant je demande à ce que la convention internationale de MAPOUTO qui accorde les 10% au développement rural, que cette convention soit appliquée par le ministère du budget et que normalement, le ministère de l’agriculture, de l’environnement, élevage et pêche tiennent les 10% du budget national. Ça, c’est le minimum dans tous les pays de la sous-région.

En Guinée, ces quatre départements n’ont pas 5% du budget national, où on peut aller avec ça ? Pendant ce temps, le département de l’Economie et des Finances et celui de la défense ont plus de 10%. Donc, c’est un problème réel qui fait que cette volonté politique se mesure dans l’analyse du budget national. C’est là qu’on doit savoir que le gouvernement veut parler de développement durable ; sinon, tout est vains mots, tout est populisme, tout est tapage, tout est campagne, tout est faux. Ce qui est vrai, c’est que la pauvreté s’est installée et les populations vivent mal.

Je voudrais m’adresser à ces populations : vous devez savoir quand l’homme a faim, il n’a pas mangé, il y a une forêt à côté, il y a un bois, s’il coupe là-bas, il a 30 madriers, un madrier c’est 80 mille francs, 30 madriers à c’est minium 2.400 000 francs ou plus. Donc avec un seul bois, il a 2.000 000 de francs ou plus, il n’a rien pour payer son sac de riz et le bois est à côté. L’autre a la tronçonneuse, il peut, en deux jours, abattre ce bois-là, mettre les madriers en tas et il y a un acheteur qui est prêt, voilà le problème. Donc, vous allez beau dire arrêtez, tant qu’une solution n’est pas trouvée, l’alternative pour que les gens trouvent à manger, ils ne laisseront pas les forêts. C’est ça la vérité.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Parlement : la convention de Beverage Market et les 6 autres textes votés la semaine dernière

17 juin 2019 à 14 02 03 06036

Réunie en séance plénière le mercredi, 12 juin dernier, la représentation nationale a adopté un total de sept textes, dont des conventions, des résolutions mais aussi de projets de lois. Parmi ces textes, figure la loi portant sur la protection de la propriété littéraire et artistique en Guinée, mais aussi la convention d’établissement d’une usine de fabrication de boissons alcoolisées et non alcoolisées en Guinée. Guineematin.com propose un récapitulatif des sept textes votés par les députés guinéens.

Projet de loi portant protection de la propreté littéraire et artistique

S’agissant de ce texte, les députés de l’opposition et ceux de la majorité parlementaire se sont montrés particulièrement intéressés à appuyer les artistes guinéens. Ce nouveau texte, vient amender la loi 043/APN/CP/80 du 9 août 1980.

Le ministère en charge de la culture, porteur de l’initiative, a justifié cette modification par les nouvelles avancées technologiques liées aux techniques de l’information et de la communication.

« L’auteur n’a plus le contrôle des diverses utilisations faites de ses œuvres (c’est-à-dire ses créations) avec l’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication ainsi que son corollaire de commerce électronique », a souligné la commission santé, jeunesse, sports, art, culture et patrimoine historique, dans son rapport.

« La révision de cette loi permettra de combler ce vide juridique et de prendre en compte toutes les activités liées à l’exercice de cette profession  et les droits y afférents qui n’étaient pas pris en charge par l’ancienne loi », a estimé l’Honorable Diantoun Traoré, rapporteur de la commission.

C’est donc sans surprise que les députés de toutes les tendances, après avoir plaint le sort réservé aux artistes, ont voté unanimement le texte.

Mais, il faut dire que le plus dur reste à venir si effectivement certaines recommandations des parlementaires sont prises en compte, dont celle de calculer et de tirer de la subvention réservée à la presse, le montant qui doit revenir aux artistes comme droits d’auteur, en raison de la diffusion de leur musique dans les radios et télévisions.

 Charte de la renaissance de la culture africaine

Ce texte continental, soumis également par le ministère des sports, de la culture et du patrimoine historique à l’Assemblée nationale est défini comme la dignité de l’homme africain dans son milieu social par le retour de l’identité culturelle africaine.

Porté à l’Assemblée nationale par la commission santé, sports, art, culture et patrimoine historique, ce texte a également bénéficié du soutien de tous les députés présents à la séance du 12 juin.

Selon l’honorable Thérèse Téwa Yaradouno, membre de la dite commission, le texte comprend 4 chapitres, 6 titres et 39 articles.

La présente charte remplace la Charte culturelle de l’Afrique adoptée par les Chefs d’Etat et de gouvernements de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine) en 1976.

La Guinée, reconnue comme pionnière de l’intégration africaine et membre actif de l’équipe qui a élaboré la Charte de 1976, était l’un des rares pays à n’avoir ratifié les modifications apportées à ce texte. C’est donc sans surprise, que les honorables députés, revendiquant tous le panafricanisme, ont approuvé le texte.

 Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique, signé le 2 novembre 2001 à Paris

Ce texte de 35 articles, également soumis aux parlementaires par le département des sports, de la culture et du patrimoine historique, a bénéficié de l’approbation de tous les honorables députés.

Dans la justification, il est rappelé que la Guinée a une façade maritime de plus de 300 km et d’un réseau hydrographique dense avec la plupart des fleuves de l’Afrique de l’Ouest (Niger, Sénégal et Gambie) qui prennent leur source dans notre pays. Ce qui a valu d’ailleurs à la Guinée le qualificatif de château d’Afrique de l’Ouest.

L’honorable Thérèse Téwa Yaradouno qui a présenté le rapport à la plénière a expliqué cette position stratégique de la Guinée. « C’est ce qui a permis à la Guinée d’être le foyer de plusieurs relations interculturelles entre les communautés et favorisé des réseaux d’échange à travers d’intenses activités maritimes, fluviales, de pêche, de transport et de commerce qui ont parfois été des occasions de conflits, entrainant des pertes d’objets de valeur de tout genre », a mentionné la députée.

« C’est pour protéger cette richesse exceptionnelle de l’humanité que la communauté internationale, sous l’égide de l’UNESCO, a adopté le 2 novembre 2001, ce nouvel instrument international afin d’assurer au patrimoine culturel subaquatique la même protection et promotion universelle que l’on accorde au patrimoine terrestre », a-t-elle ajouté.

Le patrimoine subaquatique est défini par le document comme étant « toutes traces d’existence humaine présentant un caractère culturel historique ou archéologique qui sont émergées partiellement ou totalement, périodiquement ou en permanence, depuis 100 ans au moins tels que :

Les sites, structures, bâtiments, objets et restes humains ainsi que leur contexte archéologique et naturel ;

Les vaisseaux, aéronefs, autres véhicules ou toute partie de ceux-ci avec leurs cargaisons ou autre contenu, ainsi que leur contexte archéologique et naturel ; et

Les objets de caractère préhistorique », souligne le rapport.

Convaincus que ratification de la convention présente de nombreux avantages pour le pays, les députés guinéens ont unanimement autorisé sa ratification.

Résolution 521 (XVII) relative à l’amendement de l’article 38 des statuts de l’Organisation mondiale de tourisme (OMT), visant à introduire le Chinois comme langue officielle de l’Organisation à part l’Anglais, le Français, l’Espagnol, le Russe et l’Arabe

Comme son nom l’indique, ce texte est une résolution appelant les Etats membres de l’Organisation mondiale de tourisme à intégrer l’utilisation de la langue chinoise parmi les langues de communication au sein de cette organisation.

C’est sans surprise et presque sans débat, compte tenu des relations diplomatiques fortes, basées sur une coopération solide entre la Guinée et la Chine, que les députés ont adopté unanimement ce texte soumis à la représentation nationale par le ministère de l’hôtellerie, du tourisme et de l’artisanat à travers la commission commerce, hôtellerie, tourisme et artisanat du Parlement.

Convention entre le gouvernement guinéen et le Royaume d’Espagne relative à la coopération en matière de sécurité et de lutte contre la criminalité, signée le 19 janvier 2019 à Conakry

Saisie par le département de la sécurité et de la protection civile, la commission défense et sécurité à travers sa présidente, l’honorable Hadja Djéné Saran Camara, et son vice-président, honorable Ousmane Gaoual Diallo, a présenté aux parlementaires ce texte qui lie la Guinée à l’Espagne dans le cadre de la coopération en matière de lutte contre la criminalité.

Ce document de 15 articles établit les bases juridiques permettant les deux pays de lutter « efficacement contre la criminalité organisée sous toutes ses formes et le terrorisme ». Cette convention a été signée le 29 janvier 2019.

Elle porte entre autres sur :

Des échanges d’information et de l’entre-aide dans le domaine des enquêtes, de l’assistance réciproque et de la communication relative ;

Des informations relatives aux méthodes et nouvelles formes de criminalité internationale ;

De l’assistance technique et scientifique,…

A cela s’ajoute un appui annuel de 50 mille euros à l’école de police de Guinée et  la construction en cours d’un centre pour la lutte contre l’immigration clandestine.

C’est sans difficultés que les députés ont également voté pour la ratification de ce texte.

  Convention portant création de l’alliance pour le bio digesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre (AB/AOC)

Ce texte de 18 articles, soumis au Parlement par le département de l’environnement, a été épluché par la commission environnement, pêches, développement rural et durable, présidé par l’Honorable Dr Sékou Benna Camara.

Le rapport présenté par l’honorable Sékou Camara, définit le bio digesteur comme étant un dispositif fermé qui, par un processus naturel, permet, en l’absence d’oxygène, la dégradation des matières organiques conduisant à la production du biogaz composé essentiellement du gaz butane, utilisé dans la cuisson, l’éclairage et l’effluent qui en est issu est utilisé comme fertilisant dans l’agriculture ou comme complément alimentaire dans l’élevage.

La Convention elle-même découle d’une recommandation internationale sur la technique bio digesteur, tenue du 10 au 12 octobre 2017 et du 2 au 11 octobre 2018 à Ouagadougou, et qui a regroupé 10 pays dont la Guinée.

Cette technique du bio digesteur a été introduite dans la plupart de ces Etats (Benin, Guinée Bissau, Burkina Faso, Sénégal, Côte d’Ivoire, Mali, Tchad, Cameroun et le Niger) depuis plusieurs décennies.

Elle vise à lutter contre l’insécurité alimentaire, nutritionnelle, énergétique, la pauvreté et à contribuer à l’atténuation des effets des changements climatiques et la stabilisation des écosystèmes.

Et, c’est pour cette raison que la Guinée s’engage à faire de la promotion du bio digesteur un des leviers dans le combat pour un développement durable en faveur des générations actuelles et futures.

En Guinée, la technique du bio digesteur a été introduite depuis 2016. Et l’objectif à court terme est d’installer, en partenariat avec le privé et les bailleurs de fonds, 2000 bio digesteurs domestiques et 10 bio digesteurs institutionnels.

Ce, dans le but de réduire 161 100 tonnes de gaz à effet de serre en 20 ans, la création de 3000 emplois dans le secteur agricole et 500 emplois dans le secteur artisanal, l’obtention de 120 000 tonnes d’effluents, la préservation de 3 360 tonnes de bois et l’utilisation du biogaz pour 9180 ménages.

D’ailleurs, depuis le début du projet en Guinée, 1 120 bio digesteurs ont été réalisés et répartis dans 137 communes pour 28 préfectures.

Sans controverse, ce texte a été également voté à l’unanimité des voix.

Convention d’Etablissement entre la Guinée et la société Beverage Market incorporated pour la construction d’une usine de production de boissons alcoolisées et non alcoolisées en Guinée.

Le 7ème  texte de la journée de ce mercredi et qui a focalisé toutes les attentions a été la convention portant établissement d’une usine de boissons alcoolisées et non alcoolisées à Dubréka.

Porté par le département de l’industrie et des PME, le texte a été présenté en séance plénière par l’honorable Hadja Aïssata Daffé de la commission mines et industrie.

Cette unité industrielle appartenant à la société Beverage Market incorporated envisage de produire 1 million 750 mille hectolitres (hl) de boissons par an. Des boissons réparties comme suit :

Brasserie : 500 mille hl ; Eau de table : 500 mille hl ; Boissons gazeuses : 400 mille hl ; Concentré de jus de fruit 200 mille hl et Spiritueux : 150 mille hl.

La société se fixe pour objectif dans les sept prochaines années de couvrir 10,6% du marché régional de boissons diverses.

Selon le document, la durée de réalisation de cette unité industrielle est de 12 mois, assortie de certaines conditions administratives pour un montant total d’investissement de 131 millions 959 mille 964 dollars US dont 16,19% sur fonds propres, 41, 85 % de comptes associés et 41,85% de prêts auprès de la SFI. La durée de la convention est de 20 ans, renouvelable.

En termes d’avantages, la société s’engage entre autres à valoriser les produits agricoles locaux pour une consommation locale et sous régionale. Mais en plus, la réalisation de ce projet offrira 310 emplois permanents et 1000 emplois indirects pour le transport, la distribution et les services connexes.

Des débats houleux et fructueux ont opposé les députés qui considèrent l’implantation de cette usine de brasserie comme une entrave à la religion musulmane et les députés défenseurs de la promotion de l’emploi et du développement du secteur industriel guinéen.

Finalement, les députés, à l’exception de ceux de l’UFDG et de quelques-uns de la mouvance présidentielle, ont autorisé la ratification de la Convention, permettant ainsi à la société Beverage Market Incorporated d’implanter son unité industrielle de fabrication de boissons alcoolisées et non alcoolisées en Guinée. Elle sera la deuxième brasserie implantée sur son sol guinéen.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Guinée : « un coup d’Etat est en préparation », annonce le RPG

15 juin 2019 à 13 01 15 06156

La guerre de communication va crescendo entre les partisans d’une nouvelle nouvelle Constitution (qui permettrait au chef de l’Etat actuel de la Guinée à rester au pouvoir) et ceux qui exigent au président Alpha Condé de quitter Sékhoutouréya à la fin de son deuxième et dernier mandat, en 2020.

A l’occasion de son assemblée générale hebdomadaire de ce samedi, le parti présidentiel a accusé ceux qui soutiennent et défendent la Constitution guinéenne (le Front national pour la défense de la Constitution) de préparer un coup d’Etat avec des élements de l’Armée et un soutien étranger.

Mohamed Lamine Kamissoko, député à l'Assemblée nationale et membre du bureau politique national du RPG arc-en-ciel,
Mohamed Lamine Kamissoko

Selon Mohamed Lamine Kamissoko, député à l’Assemblée nationale et membre du bureau politique national du RPG arc-en-ciel, qui a présidé la réunion politique de ce 15 juin 2019, les opposants à un troisième mandat pour le président Alpha Condé « sont soutenus par une partie de l’Armée qui n’attend que ça dégénère pour prendre le pouvoir ». Ce responsable du parti présidentiel a aussi dénoncé des complices étrangers qui aideraient à faire tomber le régime Alpha Condé ! « Ils (les membres du FNDC, NDLR) sont soutenus par des étrangers qui sont parmi nous », a ajouté Mohamed Lamine Kamissoko…

A rappeler que le président Alpha Condé- accusé d’instrumentaliser des manifestations de soutien pour s’éterniser à la tête de la Guinée- ne s’est pas encore formellement déterminé sur le respect ou pas de la limitation de mandats par la Constitution actuelle. Plusieurs fois interrogé sur la question, le chef de l’Etat a dit suivre actuellement le « débat » entre ceux qui sont sont POUR et ceux qui sont CONTRE un changement de la Constitution.

Seulement, le débat est étouffé par le régime. Si les partisans du pouvoir organisent des manifestations de soutien à un changement de la Constitution à grands frais avec une forte médiatisation, ce n’est pas le cas chez les adversaires. Les Guinéens opposés à un pouvoir à vie du président actuel sont interdits des médias d’Etat et de toute forme de manifestation à Conakry et à l’intérieur du pays. Ils sont de plus en plus présentés comme des ennemis de la République, alors qu’ils défendent la Constitution ! Et, cette détermination des autorités à empêcher toute expression des adversaires conduit souvent à des violences. C’est le cas par exemple le jeudi dernier, 13 juin 2019, à N’zérékoré quand des agents de la sécurité venus empêcher une marche de l’antenne locale du FNDC se sont affrontés à ceux qui défendent la Constitution. Ce qui a occasionné la mort d’un citoyen, plusieurs blessés et d’importants dégâts matériels.

Cette grave accusation du parti présidentiel, par la voix de l’honorable Mohamed Lamine Kamissoko; changera-t-elle cette donne ?

Attendons de voir !

Ibrahima Sory Diallo est au siège du RPG arc-en-ciel pour Guineematin.com

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Parlement : plusieurs textes au programme dont la Charte africaine de la renaissance culturelle

12 juin 2019 à 11 11 52 06526

Sauf changement de programme, les députés guinéens vont examiner en séance plénière et sans doute adopter ce mercredi, 12 juin 2019, un total de sept textes, dont des conventions, des projets de loi ainsi que de chartes et de résolutions.

Guineematin.com vous propose ci-dessous la liste de ces textes annoncés pour ce mercredi.

1.  Convention entre le gouvernement guinéen et le Royaume d’Espagne relative à la coopération en matière de sécurité et de lutte contre la criminalité, signée le 19 janvier 2019 à Conakry ;

2.  Projet de loi portant protection de la propriété littéraire et artistique en Guinée

3.  Convention de l’UNESCO sur la protection du patrimoine culturel subaquatique signée le 2 novembre 2001 à Paris

4.  Convention portant création de l’alliance pour le bio digesteur en Afrique de l’Ouest et du Centre (AB/AOC) ;

5.  Résolution 521 (XVII) relative à l’amendement de l’article 38 des statuts de l’Organisation mondiale de tourisme (OMT), visant à introduire le Chinois comme langue officielle de l’Organisation à part l’Anglais, le Français, l’Espagnol, le Russe et l’Arabe ;

6.  Charte de la renaissance Culturelle africaine ;

7.  Convention d’Etablissement entre la Guinée et la société Beverage Market incorporated pour la construction d’une usine de construction de boissons alcoolisées et non alcoolisées en Guinée ;

Depuis l’Assemblée nationale, Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Cheick Touré interdit d’accéder au port de Conakry : les travailleurs protestent

29 mai 2019 à 18 06 46 05465

Le secrétaire général du syndicat des travailleurs du port autonome de Conakry et député à l’Assemblée nationale, Cheick Touré, a réagi ce mercredi, 29 mai 2019, au micro d’un reporter de Guineematin.com, sur la décision lui interdisant l’accès au port. Une décision prise par la directrice générale du port, madame Touré Aïssata Aribot. Le syndicaliste indique que les travailleurs du port de Conakry rejettent cette décision et qu’ils ont même voulu fermer les installations portuaires pour exiger son annulation.

Selon la direction du port autonome de Conakry, Cheick Touré qui est devenu récemment député à l’Assemblée nationale, ne peut plus exercer ses fonctions de secrétaire général du syndicat des travailleurs du port. Elle indique que les deux fonctions ne sont pas compatibles aux yeux de la loi. C’est pourquoi, la directrice générale du port a pris une décision lui interdisant d’accéder aux locaux. Mais, pour le bouillant syndicaliste, c’est son opposition au contrat de la société turque Albayrak qui est à l’origine de cette décision.

« L’argument de la directrice générale du port autonome de Conakry est que je suis en train de faire un cumul de fonctions. Mais, le code électoral me permet d’exercer mes fonctions de secrétaire général parce qu’il est écrit dans le code électoral dans son article 144, qu’il est interdit à tout député d’exercer une fonction publique non élective. Mais moi, j’exerce une fonction élective. Un député peut-être membre du conseil d’administration, maire, président de CRD.

Mais un député ne peut pas être ministre. Comme je fais obstacle à ce fameux contrat, c’est pourquoi on s’oppose à moi. Donc, ce sont des arguments infondés pour pouvoir essayer de démobiliser la troupe derrière moi, alors que la troupe au port autonome est sereine », estime-t-il.

Le député de l’UFR indique que cette décision ne passera parce que les travailleurs y sont farouchement opposés. Il annonce qu’ils ont même voulu fermer le port mais ont été dissuadés par certaines personnes. « Les travailleurs rejettent d’emblée cette décision. Depuis avant-hier, on a voulu fermer le port, on a voulu faire des mouvements, faire des marches pour demander le départ du ministre de tutelle qui a donné des instructions pour qu’on m’interdise l’accès au port. Les travailleurs étaient en état d’effervescence.

Mais, avec les sages conseils que nous avons eus antérieurement de nos chefs hiérarchiques, nous n’avons rien envisagé pour le moment. Sinon hier, le port allait être le théâtre d’une effusion de sang. Mais, nous avons reçu des instructions de surseoir à tout d’abord jusqu’après le mois de Ramadan. J’ai dit donc aux travailleurs de maîtriser leur peine. Les discussions et les négociations se poursuivent », a fait savoir l’honorable Cheick Touré.

Le syndicaliste a eu une réunion ce mercredi, 29 mai 2019, à la bourse du travail de Conakry, avec les responsables de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée (CNTG), centrale à laquelle est affilié le syndicat des travailleurs du port, autour cette situation. L’honorable Cheick Touré n’a pas souhaité cependant se prononcer sur le contenu de cette rencontre. « Après nos concertations avec le bureau exécutif, nous nous réservons de tout commentaire sur ce qu’on a dit dans la salle. Donc les négociations se poursuivent et ce qui a été dit, ce n’est pas le moment de le divulguer », a-t-il dit.

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Pourquoi une loi sur la parité ? Quels avantages pour la Guinée ? Dr Zalikatou à Guineematin

16 mai 2019 à 21 09 33 05335
Honorable Dr Zalikatou DIALLO (RPG arc-en-ciel), membre du parlement panafricain

L’Honorable Dr Zalikatou DIALLO est députée membre de la majorité parlementaire (le RPG arc-en-ciel), secrétaire générale du forum des femmes parlementaires de Guinée (FOFPAG), présidente du réseau parlementaire santé et nutrition et membre du parlement panafricain. Très active sur le front du combat pour la promotion du genre et l’équité en Guinée, elle a accepté de répondre aux questions de médias dont Guineematin.com, sur la loi sur la parité adoptée récemment par Parlement guinéen. Une proposition de loi dont elle est effectivement l’une des principales initiatrices et actrices de terrain auprès de ses paires du FOFPAG.

Dans cette interview, cette femme médecin et dirigeante sportive, au combat pour l’émancipation de la femme dans toutes ses dimensions, a abordé sans complaisance la problématique de la parité, les avantages pour la Guinée et les défis à relever aussi bien par les femmes que par la société pour être au rendez-vous de 2030 de l’atteinte des objectifs du développement durable. Pour elle d’ailleurs, la concrétisation de cette bataille menée en synergie avec les acteurs de tous les bords sera marquée très prochainement par l’élection à l’Assemblée nationale d’au moins 40% de femmes contre 22,7% actuellement.

Décryptage !

Guineematin.com : le 2 mai dernier, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la proposition de loi sur la parité homme/femme. Dites-nous, pourquoi ce terme parité ; est-ce que cette loi est-elle nécessaire dans la mesure où les articles 1er, 2 et 8 de la Constitution consacrent l’égalité des chances ?

Honorable Zalikatou Diallo : merci pour cette question très pertinente. Le moins qu’on puisse dire c’est que cette loi sur la parité était plus que nécessaire. J’en profite pour saluer les efforts de toutes les femmes parlementaires pour avoir parlé d’une même voix. C’est ce qui nous a permis d’aboutir à ce bon résultat aujourd’hui. Quand vous voyez l’Assemblée nationale, on est 26 femmes actuellement contre 24 au début de la législature, soit 22,7 % de l’effectif des députés de notre Assemblée. Ce qui est même au-dessous du tiers à plus raison la moitié de l’effectif. Donc nous nous sommes dites, nous les femmes, qu’il fallait qu’on se lève pour mettre en place ce forum qui a été appuyé par le Président de l’Assemblée nationale, le PNUD, ONU-Femme et le Gouvernement du Canada que je tiens à saluer très sincèrement pour l’engagement et l’accompagnement des femmes de Guinée.

C’est ainsi qu’on a élaboré la proposition de loi qui a été soumise au Bureau de l’Assemblée nationale. Il faut reconnaître qu’il y a eu des efforts dès la 1ère République. Beaucoup de conventions ont été adoptées par le pays et des femmes promues un peu partout et même le Pr Alpha Condé a dédié son mandat aux femmes et aux jeunes. Mais ce n’était pas suffisant avec les enjeux actuels. Quand on voit la réalité sur le terrain, les résultats n’étaient pas bons. Voyez par exemple lors des dernières élections communales, sur plus de 23 mille candidats, il n’y avait 7 mille 44 femmes sur les listes. Et au niveau des résultats il y a des conseils communaux qui n’ont aucune femme, certains n’ont qu’une seule femme dans tout le conseil. Sans oublier que de nombreux exécutifs communaux n’ont aucune femme. C’est pour toutes ces raisons que nous nous sommes dit qu’il fallait travailler à l’élaboration de cette loi sur la parité.

Guineematin.com : qu’est ce qui a poussé le forum des femmes parlementaires à en faire son cheval de bataille et pourquoi c’est maintenant que cette loi voit le jour ?

Honorable Zalikatou Diallo : c’est pour corriger cette discrimination envers les femmes que le forum des femmes parlementaires souvent en synergie avec des femmes de la société civile et des responsables du département de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, en a fait son cheval de bataille. Quand vous allez à l’intérieur du pays, dès que tu commences à parler des femmes, les partis politiques te demandent où sont-elles ? Pourtant les femmes représentent près de 52% de la population totale, selon les statistiques du dernier recensement de 2014. Ce sont les femmes qui mobilisent pour les partis mais lorsqu’il est question de choisir les candidats, elles sont inscrites à la queue voire complètement jetées aux oubliettes. Désormais, ce n’est plus possible. L’inscription tient compte dorénavant du genre et c’est alterné.

Guineematin.com : quel est l’importance de cette loi pour la société guinéenne ?

Honorable Zalikatou Diallo : cette loi de la parité homme/femme, pour les mandats électoraux et les fonctions électives, apporte des corrections significatives sur le niveau de représentativité des femmes dans les postes électifs et des instances électives. Aujourd’hui, sur le classement mondial de l’union interparlementaire (UIP), la Guinée occupe le 82ème rang avec tous les efforts faits depuis l’indépendance. Ce qui n’est pas bien pour un pays comme le nôtre qui s’inscrit dans le cadre de la promotion et la protection des femmes. En Afrique d’ailleurs, parmi les 10 premiers pays, il y a le Rwanda qui est également leader au classement mondial avec 61%, suivi de la Namibie avec 46% et l’Afrique du Sud est 3ème avec 42% de femmes députées. Le Sénégal est au 11ème rang mondial avec le vote de la loi sur la parité. Et pourquoi pas la Guinée dans tout ça ?

Guineematin.com : qu’est-ce qui va réellement changer pour les femmes, après le vote et la mise en application de ce texte de loi ?

Honorable Zalikatou Diallo : comme je l’ai dit, cette loi peut aider les femmes à passer de 23% à 35 ou 40% mais pas forcément 50% de députées. Cela va également améliorer significativement le classement de la Guinée sur le plan continental et mondial. Au point de vue économique, les résultats sont encore plus édifiants. Imaginez si les femmes avec 52% de la population participent activement à la prise de décision sur le plan national et local. Ce serait un véritable changement de gouvernance économique et politique pour la Guinée.

Guineematin.com : pourquoi pas plus de 40% de femmes élues à la prochaine Assemblée nationale alors qu’on parle de parité ?

Honorable Zalikatou Diallo : c’est le mode de scrutin qui va jouer. Il y a l’uninominal et la proportionnelle qui sont les deux types de scrutins législatifs en vigueur chez nous. A la proportionnelle c’est plus facile d’appliquer l’alternance sur la liste, mais à l’uninominal, la latitude est laissée aux partis politiques de faire le choix des candidats susceptibles de les faire gagner. Seulement, comme il y a un titulaire et un suppléant, la loi exige que ces deux candidats soient de sexes différents. Au niveau des élections locales tout comme les listes indépendantes, la parité doit également être respectée. Voyez-vous pour tout le pays, il n’y a que six femmes députées uninominales.

Il s’agit de Hadja Fatoumata Binta Diallo à Koundara pour l’UFDG, Djéssira Traoré à Mamou pour l’UFDG, Hadja Hawa Binta Diallo à Dalaba pour l’UFDG, Hadja Aïssata Soumah de l’UFR pour Boffa, Fatoumata Tonguino du RPG-AEC à Dabola et Eva Cross du RPG AEC à Mandiana contre 32 hommes députés uninominaux. Avec ce constat qui ne grandit aucune famille politique, nous disons aux grands partis qui estiment l’être, qu’ils doivent absolument se montrer capables de faire la promotion des femmes à chaque occasion.

Guineematin.com : parlant du texte, en son article 6 alinéa 1, il est dit ceci : l’autorité administrative compétente apprécie le respect des dispositions des articles 3, 4 et 5 ci-dessus. Qu’est-ce que le législateur a voulu dire réellement ?

Honorable Zalikatou Diallo : c’est pour la recevabilité de la liste de candidature. A tous les niveaux, les autorités électorales et administratives doivent veiller au respect de la loi. Elles doivent rejeter toute liste qui ne respecte pas cette disposition. C’est clair.

Guineematin.com : pour son entrée en vigueur, quels sont les mécanismes à mettre en place et les dispositions à prendre ?

Honorable Zalikatou Diallo : d’abord, comme la loi a été votée, on s’en félicite d’ailleurs et nous remercions tous les députés surtout les hommes sans lesquels, on ne l’aurait pas eue. Nous les femmes seulement avec 26 voix, on n’aurait pas pu la faire adopter. Il a fallu l’appui de nos collègues hommes que nous remercions très chaleureusement pour cet engagement historique en faveur de la couche féminine. Pour l’entrée en vigueur donc de la loi, il faudrait que le président de la République accepte sa promulgation dans un premier temps. Et après, il faudra son harmonisation avec le Code électoral et les autres lois constitutionnelles pour les mandats électifs.

Guineematin.com : on sait que cette loi sur la parité est un moyen de coercition, notamment des partis politiques pour favoriser l’émergence de la femme. Mais est-ce qu’à ce stade, ce seul texte suffit pour corriger le déséquilibre existant entre hommes et femmes dans les postes électifs ?

Honorable Zalikatou Diallo : ce seul texte ne suffit pas pour apporter toutes les corrections et combler à l’immédiat les innombrables attentes. Mais, il est fondamental pour la promotion de la parité dans notre pays. Il faut que les femmes apportent leur partition aussi. Les femmes doivent accepter de s’engager dans le débat politique. Elles doivent y prendre une part active, sinon ce n’est pas évident que la loi sur la parité puisse avoir les résultats escomptés. On sait que le président de la République, le Pr Alpha Condé, se bat sur tous les fronts pour aider les femmes. Qu’il s’agisse de l’autonomisation avec les MUFFA et les MC2 pour encourager et améliorer le pouvoir économique des femmes ou sur le plan politique avec le projet rajeunir et féminiser l’administration.

Nous sommes conscientes de ce qu’il fait pour nous et nous lui restons très reconnaissantes. C’est une chose que nous saluons et nous encourageons. Chaque acteur doit apporter sa contribution pour le rendez-vous de la Guinée de l’atteinte des objectifs du développement durable N°5 en 2030. C’est un engagement planétaire que notre pays ne doit pas manquer.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous comptez faire pour encourager les femmes à prendre une part plus active dans le débat politique, lorsqu’on sait le poids de la tradition, des coutumes et de la religion dans la société guinéenne ?

Honorable Zalikatou Diallo : nous l’avons remarqué. Il faut le rappeler, que le forum des femmes parlementaires de Guinée (FOFPAG) a bénéficié d’un projet en cours financé par ONU-Femme et le gouvernement du Canada, et l’appui technique du PNUD. Nous avons fait trois fois le tour du pays. Le poids de la culture et de la tradition sur les femmes est réel. Mais nous devons continuer ce combat puisqu’il s’agit d’un combat pour l’épanouissement de la femme et du développement du pays accompagnés du changement positif de notre société. On ne peut pas laisser en marge du développement, 52% des citoyens du pays et avoir de bons résultats. Dieu seul sait qu’il y a du chemin à faire à ce niveau.

Actuellement par exemple, il n’y a qu’une seule femme maire de commune urbaine en Guinée et six maires de communes rurales sur un total de 342 circonscriptions. C’est un travail ardu qui revient à chacun de nous et pour le bien de notre pays. C’est un processus qui a été déclenché il y a longtemps. Les grandes campagnes d’émancipation et la promotion de la femme ont commencé depuis 1975 sur le plan mondial. N’oubliez pas que la 1ère femme à diriger le Conseil de sécurité des Nations Unies est guinéenne, en la personne de Hadja Jeanne Matin Cissé. La Guinée a participé à plusieurs sommets internationaux portant sur la femme. De Mexico en 1975 à Beijing en Chine en 1995, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. La Guinée a souscrit à toutes les conventions internationales, africaines et sous-régionales. Et il fallait les internaliser au niveau de l’arsenal juridique du pays, notamment au Code pénal et au Code civil entre autres.

Guineematin.com : il est dit dans cette loi qu’elle s’applique aux partis politiques, aux coalitions de partis politiques, aux listes indépendantes. Pourquoi une si grande prudence qui voudrait que les postes nominatifs ne soient pas pris en compte par cette loi ?

Honorable Zalikatou Diallo : pour qu’une loi soit valable, il faut au moins cinq critères essentiels. Le critère normatif. C’est ce qui avait manqué à la Constitution et au Code électoral. A ce critère s’ajoutent la lisibilité, la précision, la concision, la mise à jour pour son applicabilité. Nous voulons aller pas-à-pas. Puisqu’il ne s’agit pas de voter pour seulement voter. Nous sommes conscientes des enjeux et des défis à relever.

Guineematin.com : question spéciale pour vous Honorable. Vous avez brillé à l’université en sortant avec le diplôme de médecin frappé du titre de Docteur d’Etat. Vous avez dominé le monde sportif, en devenant l’une des plus grandes figures dirigeantes du secteur. Vous êtes en politique et vous engrangez des succès. Vous arborez le titre de député et vous êtes parmi les précieux représentants de la Guinée au Parlement Panafricain. Bref, un beau parcours, marqué de succès. Est-ce à dire que Dr Zalikatou est sur la trajectoire d’une ascension fête de grands rêves ?

Honorable Zalikatou Diallo : (Rire). Vous me suivez bien. Effectivement, j’ai été dirigeante sportive et j’ai eu la chance d’être la première femme élue vice-présidente de la fédération guinéenne de football en 2015 avant qu’une crise entre les hommes n’ait raison de notre Bureau exécutif. J’ai été la première femme à faire sauter ce verrou à la FEGUIFOOT, c’est vrai. A l’université, je suis formée en médecine. Je suis de la 22ème promotion de l’université guinéenne où je suis sortie major de ma promotion à l’examen d’état et obtenu la mention excellent à la soutenance de ma thèse. Tout ce que je fais dans ma vie en général, je me bats.

Parfois le chemin est jonché d’embûches. Mais je ne me décourage pas. Je me dis tout simplement, il faut travailler pour le pays et surtout bien travailler. Je me dis toujours on peut à un niveau élevé de responsabilité ne pas jouer le rôle de l’édification nationale. Et être à un niveau considéré bas par certains et obtenir des résultats beaucoup probants et salutaires. Même si on n’a pas été à l’école, on peut travailler et être utile à sa nation. Un domestique, un médecin, une infirmière, une sage-femme, un ouvrier, une cuisinière,… si chacun fait bien son travail, le pays va avancer dans le bon sens et pour le bien de tous. J’ai eu la chance d’être polyvalente dans ma vie. Je n’évolue pas seulement dans mon domaine et j’aime le travail collégial.

Ce qui fait que souvent les gens rêvent pour moi ceci ou cela. Mais c’est Dieu qui sait ce qu’il fera demain de chacun de nous. Et partout où je suis, j’aime servir loyalement. J’aime m’investir avec abnégation pour l’émancipation de la femme et des jeunes. Je ne demande pas ce que le pays fait pour moi mais plutôt je me pose la question de savoir ce que je peux faire pour mon pays. Et je suis dans cette dynamique. Je crois que tant que je serai dans cette position, Dieu va m’aider puisque ce sont là quelques sages conseils de mon père, Elhadj Alpha Amadou Diallo, à qui je souhaite longue vie et une excellente santé ; et ma mère Mme Diallo Bernadette qui m’ont encadrée et inculquée ces valeurs. Et, Sincèrement je remercie Guineematin qui fait du bon travail dans l’espace médiatique du pays.

Propos recueillis et décryptés par Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

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Loi contre la polygamie : « C’est honteux et dangereux pour la Guinée », dixit l’Imam de Boké

14 mai 2019 à 6 06 44 05445
Alhassane Sampou, imam de Boké

Depuis l’adoption par les députés de la République de Guinée de la loi favorisant la monogamie, des réactions fusent de partout. Des acteurs politiques, de la société civile et surtout les religieux qui estiment que cette loi est très dangereuse pour la population.

Dans une interview qu’il a accordée à Guineematin.com dans l’après-midi du dimanche dernier, 12 mai 2019, dans la mosquée de Yomboya, commune urbaine de Boké où il dirige la prière, l’Imam Alhassane Sampou s’est exprimé sur le sujet. Le chef religieux a dénoncé l’attitude des députés guinéens qui, selon lui, au lieu d’apporter des solutions aux multiples problèmes socio-économiques du pays, falsifient les principes de l’islam en vigueur depuis des années.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de la réaction de l’imam.

« Voter une loi qui dit que si l’homme veut se marier à une seconde épouse il faut que la première donne son consentement, c’est donner un pouvoir aux femmes sur les hommes que Dieu ne leur a pas donné. La femme que tu as épousée et amenée chez toi te dit que tu ne peux pas épouser une autre telle que tu as fait pour elle, c’est faire du tort aux filles qui veulent aussi être mariées. Ce que nous leur disons, ils ont voté une mauvaise loi pour nous qui est contraire aux principes de l’islam et qui engendreront des lourdes conséquences dans les familles. Si chaque homme épouse 3 à 4 femmes, il restera encore des femmes célibataires mais en nombre réduit. Or, on nous impose une seule, c’est très grave puisque la rue sera pleine de débauche.

La loi qui vient d’être votée-là ne nous ressemble pas du tout. Il n’y a aucun député à l’Assemblée nationale qui n’est pas élu par le peuple. Ils sont là-bas pour parler au nom du peuple. Donc, s’ils sont vraiment conscients d’être élus par le peuple, ils devaient aller devant ce dernier demander son avis sur toutes questions qui lui concernent. Chacun va donner son opinion et eux à leur tour vont tirer la synthèse. Mais, s’asseoir seulement dans leurs bureaux climatisés et décider des lois inadmissibles sur nous ? Et puis, ces députés ne viennent devant le peuple que lorsqu’ils ont besoin de leur électorat ; sinon, il y a certains d’entre eux depuis leur élection ils sont invisibles. Ils ne servent rien à ceux qu’ils représentent. Même leurs véhicules, ils mettent en vitres fumées pour ne pas se faire reconnaître dans la circulation, c’est pour vous dire que la population ne s’abrite point de leur ombre. Cette loi n’est pas du tout guinéenne, elle est importée d’ailleurs.

Si la monogamie demeure en Guinée telle que voulu par ces députés, nous courons le risque d’une grave malédiction de Dieu ; car, lorsque les femmes célibataires sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont dans des foyers, c’est la débauche qui galopera. Le créateur se fâchera et s’Il se fâche, il abattra des malheurs sur la population. Ainsi, ces députés en seront responsables. Ces genres de lois sont sciemment importées des occidentaux (Al Yahoud et Anna char) pour affaiblir l’islam dans notre pays. Tout le combat de ces gens-là, c’est comment réduire le nombre de musulmans. Mais, si vous voyez des pareilles lois anti-islamiques dans un pays à 95% de musulmans, c’est le pouvoir en place, dans ses ambitions démesurées de se maintenir au trône, qui agit selon ce que les occidentaux leur dictent ; puisque ce sont ces derniers qui font leur affaire. Cette loi n’est pas votée en faveur du peuple mais contre lui. Mais, qu’ils (les députés, ndlr) sachent que Dieu a dit dans le Saint Coran, dans la sourate 5 (Al-Maidah), « toute personne qui invente une règle qui n’est pas dans la charia islamique, c’est un mécréant, un égaré. Et, la demeure d’un mécréant, c’est l’enfer ». Le peuple (surtout les religieux) devrait se lever pour montrer aux députés qui ont voté cette loi que c’est lui qui les a envoyés à l’hémicycle pour parler en son nom. Sinon, si nous laissons maintenir cette fameuse loi, quelle sera la place de l’islam, où seront les musulmans ?

Le conseil que je pourrai donc donner à nos dirigeants, c’est d’avoir peur de Dieu, avoir peur des péchés de ceux qui les ont élus. Que l’argent ou la volonté de satisfaire autrui ne les conduit à l’égarement. Qu’ils n’oublient pas que Dieu les jugera du pouvoir qu’il leur a confié. C’est honteux et dangereux qu’on apprenne qu’une telle loi a été adoptée en Guinée.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél : +224 622 671 242

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Monogamie en Guinée : « le président ne doit pas promulguer cette Loi ! Les députés ont commis une grave faute…»

13 mai 2019 à 18 06 48 05485
Elhadj Abdourahamane Diallo

« Cette Loi va augmenter le nombre de filles non mariées, mais aussi elle va augmenter les divorces dans les couples. Vous savez vous-mêmes qu’aucune femme au monde n’autoriserait son mari à épouser une deuxième femme… Je vois certaines femmes qui se frottent les mains aujourd’hui en disant :  »oui, je serai la seule chez mon mari ». Non, c’est une erreur ! Le mari peut mourir, qui va l’épouser après ? Ou bien, elle a des filles, qui lui donne la garantie que c’est une de ses filles qui sera la première chez son mari ? Qui lui donne la garantie que chacune de ses filles aura un mari ? »

L’article 281 du nouveau code civil guinéen continue de faire couler encre et salive en Guinée. Cet article qui interdit à un homme d’épouser une deuxième femme sans le consentement de sa première épouse suscite une vive polémique entre partisans et opposants de la polygamie. Interrogé par Guineematin.com sur la question, Elhadj Abdourahamane Diallo, un citoyen polygame, a regretté la décision des députés qui ont adopté le texte avant de mettre en garde contre les conséquences négatives que pourrait entraîner cette loi.

Décryptage !

Guineematin.com : contrairement au texte adopté en décembre dernier, le nouveau code civil guinéen, voté la semaine dernière par l’Assemblée nationale, ne consacre plus la polygamie en Guinée. Désormais, celle-ci est une exception : il faut l’accord de la première épouse d’un homme marié pour que ce dernier puisse épouser une autre femme. Que pensez-vous de cette loi ?

Elhadj Abdourahamane Diallo

Elhadj Abdourahamane Diallo : je vois ça comme une erreur de la part des députés qui ont voté cette loi. Je remercie ceux qui se sont opposés à l’adoption de cette loi. Je le dis encore, c’est une grosse erreur commise par les députés. Ils étaient l’espoir du peuple mais ils sont allés décevoir ce peuple qui a eu confiance en eux et qui a voté pour eux. La polygamie est une chose prônée par l’islam. Avec le nombre de femmes non mariées qu’il y a en Guinée actuellement, les députés auraient dû voter une loi qui permettrait d’encourager la polygamie, pour permettre à chaque homme d’avoir deux, trois ou quatre femmes et non le contraire.

Les députés qui ont voté cette loi vont le regretter, mais pas aujourd’hui. Leur attitude est semblable à celui qui s’enferme dans une case, met le feu dedans et jette les clefs dehors. Ça veut dire qu’ils subiront les conséquences de leur acte.

Guineematin.com : pour vous, quelles conséquences cette loi pourrait avoir sur la société ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : les conséquences seront énormes : non seulement elle va augmenter le nombre de filles non mariées, mais aussi elle va augmenter les divorces dans les couples. Vous savez vous-mêmes qu’aucune femme au monde n’autoriserait son mari à épouser une deuxième femme. Et avec ça, une femme qui refuse que son mari épouse une seconde femme, le mari peut lui dire d’aller chez ses parents afin qu’il épouse une autre.

Donc, cette loi va obligatoirement encourager les divorces dans notre pays. Les inconvénients de cette loi sont plus que les avantages. Je vois certaines femmes qui se frottent les mains aujourd’hui en disant :  »oui, je serai la seule chez mon mari ». Non, c’est une erreur ! Le mari peut mourir, qui va l’épouser après ? Ou bien, elle a des filles, qui lui donne la garantie que c’est une de ses filles qui sera la première chez son mari ? Qui lui donne la garantie que chacune de ses filles aura un mari ?

Guineematin.com : vous vous avez trois femmes. Habituellement, comment faites-vous quand vous voulez épouser une autre femme ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : oui, j’ai trois femmes. Quand je voulais épouser la deuxième, j’ai informé la première. Et, j’en ai fait de même lorsque je voulais épouser la troisième. Mais, je n’ai pas demandé leur avis encore moins leur autorisation, j’ai juste informé parce que c’est ce qui se doit. C’est l’information qu’il faut, ce n’est pas l’avis. C’est l’homme qui est le maître de la famille.

Guineematin.com : avec cette nouvelle loi qui devrait certainement entrer très bientôt en vigueur, s’il vous devez épouser une autre femme, allez-vous demander l’autorisation de vos autres femmes ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : c’est quelque chose qui est très difficile chez les femmes. Il est très difficile pour une femme de dire à son mari d’épouser une autre, c’est quelque chose qui n’est possible que pour les députés qui ont voté cette loi. En ce qui me concerne, quand je veux épouser une femme, je ne vais jamais demander la permission. Je vais seulement les réunir et leur dire que je veux d’une quatrième femme. Je sais qu’elles ne vont pas le refuser (rires). Parce qu’elles-mêmes ont pitié des femmes qui ne sont pas mariées et qui sont dans les familles. Mes épouses sont toutes favorables à la polygamie. Je vis avec elles, elles sont trois, mais il n’y a aucun problème.

Guineematin.com : pour que cette loi entre en vigueur, il faudra qu’elle soit promulguée par le président de la République. Lui-même qui avait refusé de promulguer le premier texte adopté en décembre dernier et qui légalisait la polygamie. Avez-vous un message pour le chef de l’Etat à ce sujet ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : je ne crois pas que le président soit contre la polygamie puisque lui-même est polygame. Je lui demande de revoir ça. Toute personne qui est contre la polygamie, je vois cela comme une erreur de sa part. Je voudrais lancer un message au chef de l’Etat pour lui dire de revoir ça.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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L’imam de Kipé maudit les députés qui ont voté la loi contre la polygamie : « ils iront tous en enfer ! »

10 mai 2019 à 18 06 38 05385
Elhadj Mohamed Aly Soumah, imam ratib de la grande mosquée de Kipé

Des voies se font de plus en plus entendre suite l’adoption hier jeudi, 09 mai 2019 par l’Assemblée nationale guinéenne, du nouveau code civil interdisant à un homme d’épouser une deuxième femme sans le consentement de sa première épouse. Elhadj Mohamed Aly Soumah, le premier imam de la grande mosquée de Kipé, s’est prononcé sur le sujet au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce vendredi.

Le leader religieux s’insurge contre le texte qui va à l’encontre des principes de l’islam et estime que les députés qui l’ont voté iront tous en enfer.

Décryptage !

Guineematin.com : le nouveau code civil qui a été adopté hier par l’Assemblée nationale, en son article 281, interdit désormais à un homme marié d’épouser une autre femme sans le consentement de sa première femme. Autrement dit, si les femmes ne l’acceptent pas, la polygamie n’est désormais plus possible. En tant que leader religieux musulman, quelle est votre position sur la question ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : je suis très content que vous me donniez l’opportunité de m’exprimer sur ce sujet. Moi, je considère la loi de Dieu, le créateur, le vrai chef. Et, toute personne qui contredit ce que Dieu a dit, parce qu’il t’a mis au monde, il a fait de toi un intellectuel, toi tu dis que tu vas falsifier ce que Dieu a dit, un jour tu vas rencontrer Dieu. Parce qu’avant de dire quelque chose, il faut beaucoup réfléchir et se dire avant que je dise ça, qu’est-ce qui va se passer après. Dieu a dit qu’il faut marier une femme que vous aimez. Il dit qu’il faut vous marier à une, deux, trois ou quatre femme.

Mais, la seule condition qu’il a donnée, c’est d’être juste avec elles. Si vous pouvez être juste avec elles, vous avez la possibilité d’épouser jusqu’à 4 femmes. Et même la justesse dont on parle ne concerne pas l’amour que vous pouvez ressentir pour chacune d’elle. Parce que tout le monde sait qu’on ne peut pas aimer deux choses de la même manière. La justesse, c’est dans le partage. Ce que tu donnes à Mamata, il faut le donner Makhissa, il faut être juste dans le partage entre elles.

Et, je précise que dans le coran, Dieu a commencé par deux femmes, après trois, après quatre. Il a conclu en disant que si tu sais que tu ne peux pas les nourrir toutes ces femmes et être juste avec elles, il faut prendre une seule. Régulièrement, nous voyons des femmes qui viennent à la mosquée pour nous demander de prier pour leurs filles afin qu’elles aient un mari. Maintenant si par la grâce de Dieu, un homme décide d’épouser une fille et quelqu’un vient lui dire qu’il ne peut pas l’épouser parce qu’il est marié à une autre, vous voyez ce que ça fait.

Quand on dit qu’il faut le consentement préalable de la première femme, est-ce qu’on peut imaginer qu’un homme demande à sa femme s’il peut épouser une autre femme et qu’elle lui donne son accord ? Je pense qu’ils veulent bafouer l’islam, ils veulent bafouer la religion. Avec cette loi, beaucoup de femmes risquent de rester en Guinée sans mari. Parce que si la femme refuse que son mari épouse une seconde femme, il peut l’abandonner pour prendre une autre. D’ailleurs, tous ceux qui ont parlé de ça en disant que le monsieur qui veut épouser une seconde femme doit prendre la permission de sa première femme iront en enfer. C’est moi qui le dis, ils iront tous en enfer !

Tous ceux qui ont voté cette loi-là, ils n’ont pas demandé l’avis des religieux, ils veulent mettre le pays en retard. Sinon, s’il y a une question pareille qui se pose, il faut demander aux religieux, il ne faut pas voter comme ça parce que ce sont les populations qui ont voté pour vous. Moi je n’ai jamais vu où quelqu’un demande la permission à sa première femme pour épouser une autre et qu’elle l’accepte. Elle va refuser. Alors, le mari peut dire c’est moi qui t’ai épousée, je ne veux plus de toi maintenant.

Guineematin.com : concrètement, quelles conséquences cette loi pourrait avoir dans la société ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : cette loi va créer des troubles dans les foyers. Il y aura toujours des bagarres dans les foyers. Par exemple, moi j’ai trois femmes, mais moi quand je veux marier une autre femme, c’est moi qui le dis à ma femme. Je ne dis pas à une autre personne d’informer ma femme parce qu’en le faisant, je vais montrer que ma femme ne me respecte pas. Je n’informe pas ma femme pour qu’elle dise oui non, je lui dis par respect, pour l’informer. Je fais en sorte même qu’elles ne soient pas dans la même concession. Maintiennent quand la loi là dit qu’il faut qu’elle dise oui, si elle ne dit pas oui, on ne célèbre pas le mariage, je n’ai jamais vu ça quelque part.

Qu’est-ce que les intellectuels guinéens font ? Dieu a dit de ne pas faire l’adultère, mais en refusant à un homme d’épouser une seconde femme qu’il aime et qui l’aime, il risque de faire l’adultère. Parce que si sa première femme refuse qu’il l’épouse, il peut décider d’avoir une relation hors mariage avec elle. Parce que quand deux personnes s’aiment et qu’on refuse qu’ils se marient, ils peuvent se cacher pour se voir. Ce n’est pas bon. Cette loi va aussi empêcher beaucoup de femmes d’avoir des maris et elle pourrait être à la base des divorces entre les couples.

Guineematin.com : pour que cette loi entre en vigueur, le président de la République doit la promulguer. Aujourd’hui quel message vous avez à l’endroit du Chef de l’Etat ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : moi, ce que je vais dire au Chef de l’Etat, c’est qu’il est le papa de tout le monde. Il sait qu’il y a des imams, il sait qu’il y a le secrétariat des affaires religieuses, il devrait les consulter, leur demander qu’est-ce qu’il faut ? Eux, ils savent. Ceux qui votent les lois, personne d’entre eux ne peut vous dire que son papa a épousé qu’une seule femme. Pourquoi les gens ne sont pas d’accord ? Parce que tout le monde regarde le matériel. Sinon, depuis toujours, un homme peut marier jusqu’à quatre femmes. Dans certaines concessions, tu verras deux femmes mariées à un seul homme se partager une seule chambre. Mais avec ça, elles aident leur mari et l’assistent.

Le Chef de l’Etat, on va lui dire qu’avant qu’il n’approuve quelque chose, qu’il demande aux religieux, aux musulmans, surtout les musulmans. Parce que le problème là concerne surtout les musulmans. Il ne faut pas qu’il approuve une loi aujourd’hui et demain tout le monde se lève pour dire que loi là, il faut qu’on l’annule encore. Parce que tu peux prendre une femme et qu’elle fasse 10 ans sans faire d’enfant. Elle ne peut pas dire que tu ne peux pas prendre une deuxième.

Tu peux épouser une femme et que tes parents disent qu’ils ne l’aiment pas. Mais, puisque tu l’as déjà épousée, ils disent alors qu’ils vont épouser une seconde femme pour toi, celle qu’eux ils voulaient pour toi. Ça existe dans notre société. Donc, le président n’a qu’à regarder tout ça avant de signer ce qui a été voté à l’Assemblée nationale, je veux parler du code civil.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Loi contre la polygamie : « ce n’est pas bon qu’on dise qu’il faut que la première accepte »

10 mai 2019 à 18 06 22 05225
Oustaz Mohamed Ramadan Bah, islamologue et imam à Koloma

Le code civil révisé a été adopté par l’assemblée nationale hier jeudi, 09 avril 2019. Mais, l’article 281 de cette loi qui interdit la polygamie, sous réserve de l’accord de la première épouse, continue de susciter des réactions dans la cité. Nombre de compatriotes dénoncent une loi qui ne tient pas en compte les réalités socioculturelles guinéennes.

Pour Oustaz Mohamed Ramadan Bah, imam à Koloma, cet article du code civil est contraire aux principes de l’Islam. Il l’a dit dans une interview accordée à Guineematin.com dans la matinée de ce vendredi 10 mai 2019.

Décryptage !

Guineematin.com : les députés guinéens ont voté le code civil révisé, ramené en seconde lecture. Dans ce code civil, ce qui frappe le plus est que désormais la polygamie n’est autorisée qu’avec l’accord de la première épouse. Vous qui êtes un leader religieux musulman quel est votre réaction par rapport à cela ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : en ce qui concerne le mariage ou la polygamie, l’islam ne refuse pas que celui qui veut une seconde femme informe la première et discute même avec elle sur le mariage de la seconde. Mais, cela ne veut pas dire que s’il y a refus de la première, que le mariage ne peut pas avoir lieu. Donc ça, c’est la position de l’islam. Vous savez, en islam, on ne cache rien. Il n’y a pas de tricherie. Donc, celui qui veut se remarier, peut en tous cas discuter avec sa femme. Il y a certains même, qui avec leur première femme, choisissent ensemble la seconde femme. Donc ça, c’est une très bonne chose. Mais seulement, on ne peut pas dire qu’il faut forcement que la première femme accepte que son mari épouse une deuxième femme avant que ce dernier épouse sa deuxième femme.

Guineematin.com : justement, c’est ce que dit cette loi là. Est-ce que vous pensez qu’elle va à l’encontre des lois islamiques ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je ne dirai pas que ça va à l’encontre des lois islamiques, mais en tout cas, je vous ai dit la position de l’islam. L’islam accepte que le mari informe sa seconde épouse, de discuter avec elle, puisque c’est une autre femme qui va rejoindre la première. Donc, il faudrait que cela se passe dans l’entente, il faudrait que cela se passe dans l’amabilité.

Guineematin.com : est-ce que vous pensez que c’est une mauvaise loi qui a été votée par les députés guinéens ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je ne dirai pas que c’est une mauvaise loi qui a été votée, mais en ce qui concerne l’islam, c’est ce que je viens de vous dire. La loi islamique et nos lois, souvent il y a contradiction. Nous savons que quand il y a contradiction, et nous savons que c’est nous les humains qui faisons les lois, nous devons faire beaucoup attention pour ne pas qu’il y ait incident entre les deux lois.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous conseillez aux fidèles musulmans face à cette situation ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : ce que je conseille aux musulmans, c’est d’être patient, puisque c’est une loi qui a été votée. Vous savez, il y a beaucoup de lois qui ne sont pas conformes aux lois islamiques. Mais, puisque dans le pays où nous vivons, ce sont des lois qui ont été votées, qu’il y a des contradictions, ou quand il n’y a pas d’équilibre ou quand il n’y a pas d’entente entre les lois, ce que la religion dit, c’est de suivre la loi divine.

Guineematin.com : à vous écouter, on comprend que cette de loi va à l’encontre des principes religieux. Et, pour que le code civil entre en vigueur, il faut que le président de la République le promulgue. Vous, en que leader religieux, quel message avez-vous à l’endroit du président Alpha Condé dans ce sens ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : concernant cette loi, je demande au président de revoir. J’aurais voulu qu’il dise que le mari informe sa première femme et qu’il discute avec elle avant de se remarier. Mais, ce n’est pas bon qu’on dise qu’il faut forcement que la première accepte. Sinon, cela va empêcher beaucoup de mariages. Donc moi, c’est ce que j’aurais voulu.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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