Pourquoi une loi sur la parité ? Quels avantages pour la Guinée ? Dr Zalikatou à Guineematin

16 mai 2019 à 21 09 33 05335
Honorable Dr Zalikatou DIALLO (RPG arc-en-ciel), membre du parlement panafricain

L’Honorable Dr Zalikatou DIALLO est députée membre de la majorité parlementaire (le RPG arc-en-ciel), secrétaire générale du forum des femmes parlementaires de Guinée (FOFPAG), présidente du réseau parlementaire santé et nutrition et membre du parlement panafricain. Très active sur le front du combat pour la promotion du genre et l’équité en Guinée, elle a accepté de répondre aux questions de médias dont Guineematin.com, sur la loi sur la parité adoptée récemment par Parlement guinéen. Une proposition de loi dont elle est effectivement l’une des principales initiatrices et actrices de terrain auprès de ses paires du FOFPAG.

Dans cette interview, cette femme médecin et dirigeante sportive, au combat pour l’émancipation de la femme dans toutes ses dimensions, a abordé sans complaisance la problématique de la parité, les avantages pour la Guinée et les défis à relever aussi bien par les femmes que par la société pour être au rendez-vous de 2030 de l’atteinte des objectifs du développement durable. Pour elle d’ailleurs, la concrétisation de cette bataille menée en synergie avec les acteurs de tous les bords sera marquée très prochainement par l’élection à l’Assemblée nationale d’au moins 40% de femmes contre 22,7% actuellement.

Décryptage !

Guineematin.com : le 2 mai dernier, l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité la proposition de loi sur la parité homme/femme. Dites-nous, pourquoi ce terme parité ; est-ce que cette loi est-elle nécessaire dans la mesure où les articles 1er, 2 et 8 de la Constitution consacrent l’égalité des chances ?

Honorable Zalikatou Diallo : merci pour cette question très pertinente. Le moins qu’on puisse dire c’est que cette loi sur la parité était plus que nécessaire. J’en profite pour saluer les efforts de toutes les femmes parlementaires pour avoir parlé d’une même voix. C’est ce qui nous a permis d’aboutir à ce bon résultat aujourd’hui. Quand vous voyez l’Assemblée nationale, on est 26 femmes actuellement contre 24 au début de la législature, soit 22,7 % de l’effectif des députés de notre Assemblée. Ce qui est même au-dessous du tiers à plus raison la moitié de l’effectif. Donc nous nous sommes dites, nous les femmes, qu’il fallait qu’on se lève pour mettre en place ce forum qui a été appuyé par le Président de l’Assemblée nationale, le PNUD, ONU-Femme et le Gouvernement du Canada que je tiens à saluer très sincèrement pour l’engagement et l’accompagnement des femmes de Guinée.

C’est ainsi qu’on a élaboré la proposition de loi qui a été soumise au Bureau de l’Assemblée nationale. Il faut reconnaître qu’il y a eu des efforts dès la 1ère République. Beaucoup de conventions ont été adoptées par le pays et des femmes promues un peu partout et même le Pr Alpha Condé a dédié son mandat aux femmes et aux jeunes. Mais ce n’était pas suffisant avec les enjeux actuels. Quand on voit la réalité sur le terrain, les résultats n’étaient pas bons. Voyez par exemple lors des dernières élections communales, sur plus de 23 mille candidats, il n’y avait 7 mille 44 femmes sur les listes. Et au niveau des résultats il y a des conseils communaux qui n’ont aucune femme, certains n’ont qu’une seule femme dans tout le conseil. Sans oublier que de nombreux exécutifs communaux n’ont aucune femme. C’est pour toutes ces raisons que nous nous sommes dit qu’il fallait travailler à l’élaboration de cette loi sur la parité.

Guineematin.com : qu’est ce qui a poussé le forum des femmes parlementaires à en faire son cheval de bataille et pourquoi c’est maintenant que cette loi voit le jour ?

Honorable Zalikatou Diallo : c’est pour corriger cette discrimination envers les femmes que le forum des femmes parlementaires souvent en synergie avec des femmes de la société civile et des responsables du département de l’action sociale, de la promotion féminine et de l’enfance, en a fait son cheval de bataille. Quand vous allez à l’intérieur du pays, dès que tu commences à parler des femmes, les partis politiques te demandent où sont-elles ? Pourtant les femmes représentent près de 52% de la population totale, selon les statistiques du dernier recensement de 2014. Ce sont les femmes qui mobilisent pour les partis mais lorsqu’il est question de choisir les candidats, elles sont inscrites à la queue voire complètement jetées aux oubliettes. Désormais, ce n’est plus possible. L’inscription tient compte dorénavant du genre et c’est alterné.

Guineematin.com : quel est l’importance de cette loi pour la société guinéenne ?

Honorable Zalikatou Diallo : cette loi de la parité homme/femme, pour les mandats électoraux et les fonctions électives, apporte des corrections significatives sur le niveau de représentativité des femmes dans les postes électifs et des instances électives. Aujourd’hui, sur le classement mondial de l’union interparlementaire (UIP), la Guinée occupe le 82ème rang avec tous les efforts faits depuis l’indépendance. Ce qui n’est pas bien pour un pays comme le nôtre qui s’inscrit dans le cadre de la promotion et la protection des femmes. En Afrique d’ailleurs, parmi les 10 premiers pays, il y a le Rwanda qui est également leader au classement mondial avec 61%, suivi de la Namibie avec 46% et l’Afrique du Sud est 3ème avec 42% de femmes députées. Le Sénégal est au 11ème rang mondial avec le vote de la loi sur la parité. Et pourquoi pas la Guinée dans tout ça ?

Guineematin.com : qu’est-ce qui va réellement changer pour les femmes, après le vote et la mise en application de ce texte de loi ?

Honorable Zalikatou Diallo : comme je l’ai dit, cette loi peut aider les femmes à passer de 23% à 35 ou 40% mais pas forcément 50% de députées. Cela va également améliorer significativement le classement de la Guinée sur le plan continental et mondial. Au point de vue économique, les résultats sont encore plus édifiants. Imaginez si les femmes avec 52% de la population participent activement à la prise de décision sur le plan national et local. Ce serait un véritable changement de gouvernance économique et politique pour la Guinée.

Guineematin.com : pourquoi pas plus de 40% de femmes élues à la prochaine Assemblée nationale alors qu’on parle de parité ?

Honorable Zalikatou Diallo : c’est le mode de scrutin qui va jouer. Il y a l’uninominal et la proportionnelle qui sont les deux types de scrutins législatifs en vigueur chez nous. A la proportionnelle c’est plus facile d’appliquer l’alternance sur la liste, mais à l’uninominal, la latitude est laissée aux partis politiques de faire le choix des candidats susceptibles de les faire gagner. Seulement, comme il y a un titulaire et un suppléant, la loi exige que ces deux candidats soient de sexes différents. Au niveau des élections locales tout comme les listes indépendantes, la parité doit également être respectée. Voyez-vous pour tout le pays, il n’y a que six femmes députées uninominales.

Il s’agit de Hadja Fatoumata Binta Diallo à Koundara pour l’UFDG, Djéssira Traoré à Mamou pour l’UFDG, Hadja Hawa Binta Diallo à Dalaba pour l’UFDG, Hadja Aïssata Soumah de l’UFR pour Boffa, Fatoumata Tonguino du RPG-AEC à Dabola et Eva Cross du RPG AEC à Mandiana contre 32 hommes députés uninominaux. Avec ce constat qui ne grandit aucune famille politique, nous disons aux grands partis qui estiment l’être, qu’ils doivent absolument se montrer capables de faire la promotion des femmes à chaque occasion.

Guineematin.com : parlant du texte, en son article 6 alinéa 1, il est dit ceci : l’autorité administrative compétente apprécie le respect des dispositions des articles 3, 4 et 5 ci-dessus. Qu’est-ce que le législateur a voulu dire réellement ?

Honorable Zalikatou Diallo : c’est pour la recevabilité de la liste de candidature. A tous les niveaux, les autorités électorales et administratives doivent veiller au respect de la loi. Elles doivent rejeter toute liste qui ne respecte pas cette disposition. C’est clair.

Guineematin.com : pour son entrée en vigueur, quels sont les mécanismes à mettre en place et les dispositions à prendre ?

Honorable Zalikatou Diallo : d’abord, comme la loi a été votée, on s’en félicite d’ailleurs et nous remercions tous les députés surtout les hommes sans lesquels, on ne l’aurait pas eue. Nous les femmes seulement avec 26 voix, on n’aurait pas pu la faire adopter. Il a fallu l’appui de nos collègues hommes que nous remercions très chaleureusement pour cet engagement historique en faveur de la couche féminine. Pour l’entrée en vigueur donc de la loi, il faudrait que le président de la République accepte sa promulgation dans un premier temps. Et après, il faudra son harmonisation avec le Code électoral et les autres lois constitutionnelles pour les mandats électifs.

Guineematin.com : on sait que cette loi sur la parité est un moyen de coercition, notamment des partis politiques pour favoriser l’émergence de la femme. Mais est-ce qu’à ce stade, ce seul texte suffit pour corriger le déséquilibre existant entre hommes et femmes dans les postes électifs ?

Honorable Zalikatou Diallo : ce seul texte ne suffit pas pour apporter toutes les corrections et combler à l’immédiat les innombrables attentes. Mais, il est fondamental pour la promotion de la parité dans notre pays. Il faut que les femmes apportent leur partition aussi. Les femmes doivent accepter de s’engager dans le débat politique. Elles doivent y prendre une part active, sinon ce n’est pas évident que la loi sur la parité puisse avoir les résultats escomptés. On sait que le président de la République, le Pr Alpha Condé, se bat sur tous les fronts pour aider les femmes. Qu’il s’agisse de l’autonomisation avec les MUFFA et les MC2 pour encourager et améliorer le pouvoir économique des femmes ou sur le plan politique avec le projet rajeunir et féminiser l’administration.

Nous sommes conscientes de ce qu’il fait pour nous et nous lui restons très reconnaissantes. C’est une chose que nous saluons et nous encourageons. Chaque acteur doit apporter sa contribution pour le rendez-vous de la Guinée de l’atteinte des objectifs du développement durable N°5 en 2030. C’est un engagement planétaire que notre pays ne doit pas manquer.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous comptez faire pour encourager les femmes à prendre une part plus active dans le débat politique, lorsqu’on sait le poids de la tradition, des coutumes et de la religion dans la société guinéenne ?

Honorable Zalikatou Diallo : nous l’avons remarqué. Il faut le rappeler, que le forum des femmes parlementaires de Guinée (FOFPAG) a bénéficié d’un projet en cours financé par ONU-Femme et le gouvernement du Canada, et l’appui technique du PNUD. Nous avons fait trois fois le tour du pays. Le poids de la culture et de la tradition sur les femmes est réel. Mais nous devons continuer ce combat puisqu’il s’agit d’un combat pour l’épanouissement de la femme et du développement du pays accompagnés du changement positif de notre société. On ne peut pas laisser en marge du développement, 52% des citoyens du pays et avoir de bons résultats. Dieu seul sait qu’il y a du chemin à faire à ce niveau.

Actuellement par exemple, il n’y a qu’une seule femme maire de commune urbaine en Guinée et six maires de communes rurales sur un total de 342 circonscriptions. C’est un travail ardu qui revient à chacun de nous et pour le bien de notre pays. C’est un processus qui a été déclenché il y a longtemps. Les grandes campagnes d’émancipation et la promotion de la femme ont commencé depuis 1975 sur le plan mondial. N’oubliez pas que la 1ère femme à diriger le Conseil de sécurité des Nations Unies est guinéenne, en la personne de Hadja Jeanne Matin Cissé. La Guinée a participé à plusieurs sommets internationaux portant sur la femme. De Mexico en 1975 à Beijing en Chine en 1995, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. La Guinée a souscrit à toutes les conventions internationales, africaines et sous-régionales. Et il fallait les internaliser au niveau de l’arsenal juridique du pays, notamment au Code pénal et au Code civil entre autres.

Guineematin.com : il est dit dans cette loi qu’elle s’applique aux partis politiques, aux coalitions de partis politiques, aux listes indépendantes. Pourquoi une si grande prudence qui voudrait que les postes nominatifs ne soient pas pris en compte par cette loi ?

Honorable Zalikatou Diallo : pour qu’une loi soit valable, il faut au moins cinq critères essentiels. Le critère normatif. C’est ce qui avait manqué à la Constitution et au Code électoral. A ce critère s’ajoutent la lisibilité, la précision, la concision, la mise à jour pour son applicabilité. Nous voulons aller pas-à-pas. Puisqu’il ne s’agit pas de voter pour seulement voter. Nous sommes conscientes des enjeux et des défis à relever.

Guineematin.com : question spéciale pour vous Honorable. Vous avez brillé à l’université en sortant avec le diplôme de médecin frappé du titre de Docteur d’Etat. Vous avez dominé le monde sportif, en devenant l’une des plus grandes figures dirigeantes du secteur. Vous êtes en politique et vous engrangez des succès. Vous arborez le titre de député et vous êtes parmi les précieux représentants de la Guinée au Parlement Panafricain. Bref, un beau parcours, marqué de succès. Est-ce à dire que Dr Zalikatou est sur la trajectoire d’une ascension fête de grands rêves ?

Honorable Zalikatou Diallo : (Rire). Vous me suivez bien. Effectivement, j’ai été dirigeante sportive et j’ai eu la chance d’être la première femme élue vice-présidente de la fédération guinéenne de football en 2015 avant qu’une crise entre les hommes n’ait raison de notre Bureau exécutif. J’ai été la première femme à faire sauter ce verrou à la FEGUIFOOT, c’est vrai. A l’université, je suis formée en médecine. Je suis de la 22ème promotion de l’université guinéenne où je suis sortie major de ma promotion à l’examen d’état et obtenu la mention excellent à la soutenance de ma thèse. Tout ce que je fais dans ma vie en général, je me bats.

Parfois le chemin est jonché d’embûches. Mais je ne me décourage pas. Je me dis tout simplement, il faut travailler pour le pays et surtout bien travailler. Je me dis toujours on peut à un niveau élevé de responsabilité ne pas jouer le rôle de l’édification nationale. Et être à un niveau considéré bas par certains et obtenir des résultats beaucoup probants et salutaires. Même si on n’a pas été à l’école, on peut travailler et être utile à sa nation. Un domestique, un médecin, une infirmière, une sage-femme, un ouvrier, une cuisinière,… si chacun fait bien son travail, le pays va avancer dans le bon sens et pour le bien de tous. J’ai eu la chance d’être polyvalente dans ma vie. Je n’évolue pas seulement dans mon domaine et j’aime le travail collégial.

Ce qui fait que souvent les gens rêvent pour moi ceci ou cela. Mais c’est Dieu qui sait ce qu’il fera demain de chacun de nous. Et partout où je suis, j’aime servir loyalement. J’aime m’investir avec abnégation pour l’émancipation de la femme et des jeunes. Je ne demande pas ce que le pays fait pour moi mais plutôt je me pose la question de savoir ce que je peux faire pour mon pays. Et je suis dans cette dynamique. Je crois que tant que je serai dans cette position, Dieu va m’aider puisque ce sont là quelques sages conseils de mon père, Elhadj Alpha Amadou Diallo, à qui je souhaite longue vie et une excellente santé ; et ma mère Mme Diallo Bernadette qui m’ont encadrée et inculquée ces valeurs. Et, Sincèrement je remercie Guineematin qui fait du bon travail dans l’espace médiatique du pays.

Propos recueillis et décryptés par Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

Lire

Loi contre la polygamie : « C’est honteux et dangereux pour la Guinée », dixit l’Imam de Boké

14 mai 2019 à 6 06 44 05445
Alhassane Sampou, imam de Boké

Depuis l’adoption par les députés de la République de Guinée de la loi favorisant la monogamie, des réactions fusent de partout. Des acteurs politiques, de la société civile et surtout les religieux qui estiment que cette loi est très dangereuse pour la population.

Dans une interview qu’il a accordée à Guineematin.com dans l’après-midi du dimanche dernier, 12 mai 2019, dans la mosquée de Yomboya, commune urbaine de Boké où il dirige la prière, l’Imam Alhassane Sampou s’est exprimé sur le sujet. Le chef religieux a dénoncé l’attitude des députés guinéens qui, selon lui, au lieu d’apporter des solutions aux multiples problèmes socio-économiques du pays, falsifient les principes de l’islam en vigueur depuis des années.

Ci-dessous, Guineematin.com vous propose l’intégralité de la réaction de l’imam.

« Voter une loi qui dit que si l’homme veut se marier à une seconde épouse il faut que la première donne son consentement, c’est donner un pouvoir aux femmes sur les hommes que Dieu ne leur a pas donné. La femme que tu as épousée et amenée chez toi te dit que tu ne peux pas épouser une autre telle que tu as fait pour elle, c’est faire du tort aux filles qui veulent aussi être mariées. Ce que nous leur disons, ils ont voté une mauvaise loi pour nous qui est contraire aux principes de l’islam et qui engendreront des lourdes conséquences dans les familles. Si chaque homme épouse 3 à 4 femmes, il restera encore des femmes célibataires mais en nombre réduit. Or, on nous impose une seule, c’est très grave puisque la rue sera pleine de débauche.

La loi qui vient d’être votée-là ne nous ressemble pas du tout. Il n’y a aucun député à l’Assemblée nationale qui n’est pas élu par le peuple. Ils sont là-bas pour parler au nom du peuple. Donc, s’ils sont vraiment conscients d’être élus par le peuple, ils devaient aller devant ce dernier demander son avis sur toutes questions qui lui concernent. Chacun va donner son opinion et eux à leur tour vont tirer la synthèse. Mais, s’asseoir seulement dans leurs bureaux climatisés et décider des lois inadmissibles sur nous ? Et puis, ces députés ne viennent devant le peuple que lorsqu’ils ont besoin de leur électorat ; sinon, il y a certains d’entre eux depuis leur élection ils sont invisibles. Ils ne servent rien à ceux qu’ils représentent. Même leurs véhicules, ils mettent en vitres fumées pour ne pas se faire reconnaître dans la circulation, c’est pour vous dire que la population ne s’abrite point de leur ombre. Cette loi n’est pas du tout guinéenne, elle est importée d’ailleurs.

Si la monogamie demeure en Guinée telle que voulu par ces députés, nous courons le risque d’une grave malédiction de Dieu ; car, lorsque les femmes célibataires sont beaucoup plus nombreuses que celles qui sont dans des foyers, c’est la débauche qui galopera. Le créateur se fâchera et s’Il se fâche, il abattra des malheurs sur la population. Ainsi, ces députés en seront responsables. Ces genres de lois sont sciemment importées des occidentaux (Al Yahoud et Anna char) pour affaiblir l’islam dans notre pays. Tout le combat de ces gens-là, c’est comment réduire le nombre de musulmans. Mais, si vous voyez des pareilles lois anti-islamiques dans un pays à 95% de musulmans, c’est le pouvoir en place, dans ses ambitions démesurées de se maintenir au trône, qui agit selon ce que les occidentaux leur dictent ; puisque ce sont ces derniers qui font leur affaire. Cette loi n’est pas votée en faveur du peuple mais contre lui. Mais, qu’ils (les députés, ndlr) sachent que Dieu a dit dans le Saint Coran, dans la sourate 5 (Al-Maidah), « toute personne qui invente une règle qui n’est pas dans la charia islamique, c’est un mécréant, un égaré. Et, la demeure d’un mécréant, c’est l’enfer ». Le peuple (surtout les religieux) devrait se lever pour montrer aux députés qui ont voté cette loi que c’est lui qui les a envoyés à l’hémicycle pour parler en son nom. Sinon, si nous laissons maintenir cette fameuse loi, quelle sera la place de l’islam, où seront les musulmans ?

Le conseil que je pourrai donc donner à nos dirigeants, c’est d’avoir peur de Dieu, avoir peur des péchés de ceux qui les ont élus. Que l’argent ou la volonté de satisfaire autrui ne les conduit à l’égarement. Qu’ils n’oublient pas que Dieu les jugera du pouvoir qu’il leur a confié. C’est honteux et dangereux qu’on apprenne qu’une telle loi a été adoptée en Guinée.

De Boké, Mamadou Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Tél : +224 622 671 242

Lire

Monogamie en Guinée : « le président ne doit pas promulguer cette Loi ! Les députés ont commis une grave faute…»

13 mai 2019 à 18 06 48 05485
Elhadj Abdourahamane Diallo

« Cette Loi va augmenter le nombre de filles non mariées, mais aussi elle va augmenter les divorces dans les couples. Vous savez vous-mêmes qu’aucune femme au monde n’autoriserait son mari à épouser une deuxième femme… Je vois certaines femmes qui se frottent les mains aujourd’hui en disant :  »oui, je serai la seule chez mon mari ». Non, c’est une erreur ! Le mari peut mourir, qui va l’épouser après ? Ou bien, elle a des filles, qui lui donne la garantie que c’est une de ses filles qui sera la première chez son mari ? Qui lui donne la garantie que chacune de ses filles aura un mari ? »

L’article 281 du nouveau code civil guinéen continue de faire couler encre et salive en Guinée. Cet article qui interdit à un homme d’épouser une deuxième femme sans le consentement de sa première épouse suscite une vive polémique entre partisans et opposants de la polygamie. Interrogé par Guineematin.com sur la question, Elhadj Abdourahamane Diallo, un citoyen polygame, a regretté la décision des députés qui ont adopté le texte avant de mettre en garde contre les conséquences négatives que pourrait entraîner cette loi.

Décryptage !

Guineematin.com : contrairement au texte adopté en décembre dernier, le nouveau code civil guinéen, voté la semaine dernière par l’Assemblée nationale, ne consacre plus la polygamie en Guinée. Désormais, celle-ci est une exception : il faut l’accord de la première épouse d’un homme marié pour que ce dernier puisse épouser une autre femme. Que pensez-vous de cette loi ?

Elhadj Abdourahamane Diallo

Elhadj Abdourahamane Diallo : je vois ça comme une erreur de la part des députés qui ont voté cette loi. Je remercie ceux qui se sont opposés à l’adoption de cette loi. Je le dis encore, c’est une grosse erreur commise par les députés. Ils étaient l’espoir du peuple mais ils sont allés décevoir ce peuple qui a eu confiance en eux et qui a voté pour eux. La polygamie est une chose prônée par l’islam. Avec le nombre de femmes non mariées qu’il y a en Guinée actuellement, les députés auraient dû voter une loi qui permettrait d’encourager la polygamie, pour permettre à chaque homme d’avoir deux, trois ou quatre femmes et non le contraire.

Les députés qui ont voté cette loi vont le regretter, mais pas aujourd’hui. Leur attitude est semblable à celui qui s’enferme dans une case, met le feu dedans et jette les clefs dehors. Ça veut dire qu’ils subiront les conséquences de leur acte.

Guineematin.com : pour vous, quelles conséquences cette loi pourrait avoir sur la société ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : les conséquences seront énormes : non seulement elle va augmenter le nombre de filles non mariées, mais aussi elle va augmenter les divorces dans les couples. Vous savez vous-mêmes qu’aucune femme au monde n’autoriserait son mari à épouser une deuxième femme. Et avec ça, une femme qui refuse que son mari épouse une seconde femme, le mari peut lui dire d’aller chez ses parents afin qu’il épouse une autre.

Donc, cette loi va obligatoirement encourager les divorces dans notre pays. Les inconvénients de cette loi sont plus que les avantages. Je vois certaines femmes qui se frottent les mains aujourd’hui en disant :  »oui, je serai la seule chez mon mari ». Non, c’est une erreur ! Le mari peut mourir, qui va l’épouser après ? Ou bien, elle a des filles, qui lui donne la garantie que c’est une de ses filles qui sera la première chez son mari ? Qui lui donne la garantie que chacune de ses filles aura un mari ?

Guineematin.com : vous vous avez trois femmes. Habituellement, comment faites-vous quand vous voulez épouser une autre femme ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : oui, j’ai trois femmes. Quand je voulais épouser la deuxième, j’ai informé la première. Et, j’en ai fait de même lorsque je voulais épouser la troisième. Mais, je n’ai pas demandé leur avis encore moins leur autorisation, j’ai juste informé parce que c’est ce qui se doit. C’est l’information qu’il faut, ce n’est pas l’avis. C’est l’homme qui est le maître de la famille.

Guineematin.com : avec cette nouvelle loi qui devrait certainement entrer très bientôt en vigueur, s’il vous devez épouser une autre femme, allez-vous demander l’autorisation de vos autres femmes ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : c’est quelque chose qui est très difficile chez les femmes. Il est très difficile pour une femme de dire à son mari d’épouser une autre, c’est quelque chose qui n’est possible que pour les députés qui ont voté cette loi. En ce qui me concerne, quand je veux épouser une femme, je ne vais jamais demander la permission. Je vais seulement les réunir et leur dire que je veux d’une quatrième femme. Je sais qu’elles ne vont pas le refuser (rires). Parce qu’elles-mêmes ont pitié des femmes qui ne sont pas mariées et qui sont dans les familles. Mes épouses sont toutes favorables à la polygamie. Je vis avec elles, elles sont trois, mais il n’y a aucun problème.

Guineematin.com : pour que cette loi entre en vigueur, il faudra qu’elle soit promulguée par le président de la République. Lui-même qui avait refusé de promulguer le premier texte adopté en décembre dernier et qui légalisait la polygamie. Avez-vous un message pour le chef de l’Etat à ce sujet ?

Elhadj Abdourahamane Diallo : je ne crois pas que le président soit contre la polygamie puisque lui-même est polygame. Je lui demande de revoir ça. Toute personne qui est contre la polygamie, je vois cela comme une erreur de sa part. Je voudrais lancer un message au chef de l’Etat pour lui dire de revoir ça.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

L’imam de Kipé maudit les députés qui ont voté la loi contre la polygamie : « ils iront tous en enfer ! »

10 mai 2019 à 18 06 38 05385
Elhadj Mohamed Aly Soumah, imam ratib de la grande mosquée de Kipé

Des voies se font de plus en plus entendre suite l’adoption hier jeudi, 09 mai 2019 par l’Assemblée nationale guinéenne, du nouveau code civil interdisant à un homme d’épouser une deuxième femme sans le consentement de sa première épouse. Elhadj Mohamed Aly Soumah, le premier imam de la grande mosquée de Kipé, s’est prononcé sur le sujet au cours d’un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, ce vendredi.

Le leader religieux s’insurge contre le texte qui va à l’encontre des principes de l’islam et estime que les députés qui l’ont voté iront tous en enfer.

Décryptage !

Guineematin.com : le nouveau code civil qui a été adopté hier par l’Assemblée nationale, en son article 281, interdit désormais à un homme marié d’épouser une autre femme sans le consentement de sa première femme. Autrement dit, si les femmes ne l’acceptent pas, la polygamie n’est désormais plus possible. En tant que leader religieux musulman, quelle est votre position sur la question ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : je suis très content que vous me donniez l’opportunité de m’exprimer sur ce sujet. Moi, je considère la loi de Dieu, le créateur, le vrai chef. Et, toute personne qui contredit ce que Dieu a dit, parce qu’il t’a mis au monde, il a fait de toi un intellectuel, toi tu dis que tu vas falsifier ce que Dieu a dit, un jour tu vas rencontrer Dieu. Parce qu’avant de dire quelque chose, il faut beaucoup réfléchir et se dire avant que je dise ça, qu’est-ce qui va se passer après. Dieu a dit qu’il faut marier une femme que vous aimez. Il dit qu’il faut vous marier à une, deux, trois ou quatre femme.

Mais, la seule condition qu’il a donnée, c’est d’être juste avec elles. Si vous pouvez être juste avec elles, vous avez la possibilité d’épouser jusqu’à 4 femmes. Et même la justesse dont on parle ne concerne pas l’amour que vous pouvez ressentir pour chacune d’elle. Parce que tout le monde sait qu’on ne peut pas aimer deux choses de la même manière. La justesse, c’est dans le partage. Ce que tu donnes à Mamata, il faut le donner Makhissa, il faut être juste dans le partage entre elles.

Et, je précise que dans le coran, Dieu a commencé par deux femmes, après trois, après quatre. Il a conclu en disant que si tu sais que tu ne peux pas les nourrir toutes ces femmes et être juste avec elles, il faut prendre une seule. Régulièrement, nous voyons des femmes qui viennent à la mosquée pour nous demander de prier pour leurs filles afin qu’elles aient un mari. Maintenant si par la grâce de Dieu, un homme décide d’épouser une fille et quelqu’un vient lui dire qu’il ne peut pas l’épouser parce qu’il est marié à une autre, vous voyez ce que ça fait.

Quand on dit qu’il faut le consentement préalable de la première femme, est-ce qu’on peut imaginer qu’un homme demande à sa femme s’il peut épouser une autre femme et qu’elle lui donne son accord ? Je pense qu’ils veulent bafouer l’islam, ils veulent bafouer la religion. Avec cette loi, beaucoup de femmes risquent de rester en Guinée sans mari. Parce que si la femme refuse que son mari épouse une seconde femme, il peut l’abandonner pour prendre une autre. D’ailleurs, tous ceux qui ont parlé de ça en disant que le monsieur qui veut épouser une seconde femme doit prendre la permission de sa première femme iront en enfer. C’est moi qui le dis, ils iront tous en enfer !

Tous ceux qui ont voté cette loi-là, ils n’ont pas demandé l’avis des religieux, ils veulent mettre le pays en retard. Sinon, s’il y a une question pareille qui se pose, il faut demander aux religieux, il ne faut pas voter comme ça parce que ce sont les populations qui ont voté pour vous. Moi je n’ai jamais vu où quelqu’un demande la permission à sa première femme pour épouser une autre et qu’elle l’accepte. Elle va refuser. Alors, le mari peut dire c’est moi qui t’ai épousée, je ne veux plus de toi maintenant.

Guineematin.com : concrètement, quelles conséquences cette loi pourrait avoir dans la société ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : cette loi va créer des troubles dans les foyers. Il y aura toujours des bagarres dans les foyers. Par exemple, moi j’ai trois femmes, mais moi quand je veux marier une autre femme, c’est moi qui le dis à ma femme. Je ne dis pas à une autre personne d’informer ma femme parce qu’en le faisant, je vais montrer que ma femme ne me respecte pas. Je n’informe pas ma femme pour qu’elle dise oui non, je lui dis par respect, pour l’informer. Je fais en sorte même qu’elles ne soient pas dans la même concession. Maintiennent quand la loi là dit qu’il faut qu’elle dise oui, si elle ne dit pas oui, on ne célèbre pas le mariage, je n’ai jamais vu ça quelque part.

Qu’est-ce que les intellectuels guinéens font ? Dieu a dit de ne pas faire l’adultère, mais en refusant à un homme d’épouser une seconde femme qu’il aime et qui l’aime, il risque de faire l’adultère. Parce que si sa première femme refuse qu’il l’épouse, il peut décider d’avoir une relation hors mariage avec elle. Parce que quand deux personnes s’aiment et qu’on refuse qu’ils se marient, ils peuvent se cacher pour se voir. Ce n’est pas bon. Cette loi va aussi empêcher beaucoup de femmes d’avoir des maris et elle pourrait être à la base des divorces entre les couples.

Guineematin.com : pour que cette loi entre en vigueur, le président de la République doit la promulguer. Aujourd’hui quel message vous avez à l’endroit du Chef de l’Etat ?

Elhadj Mohamed Aly Soumah : moi, ce que je vais dire au Chef de l’Etat, c’est qu’il est le papa de tout le monde. Il sait qu’il y a des imams, il sait qu’il y a le secrétariat des affaires religieuses, il devrait les consulter, leur demander qu’est-ce qu’il faut ? Eux, ils savent. Ceux qui votent les lois, personne d’entre eux ne peut vous dire que son papa a épousé qu’une seule femme. Pourquoi les gens ne sont pas d’accord ? Parce que tout le monde regarde le matériel. Sinon, depuis toujours, un homme peut marier jusqu’à quatre femmes. Dans certaines concessions, tu verras deux femmes mariées à un seul homme se partager une seule chambre. Mais avec ça, elles aident leur mari et l’assistent.

Le Chef de l’Etat, on va lui dire qu’avant qu’il n’approuve quelque chose, qu’il demande aux religieux, aux musulmans, surtout les musulmans. Parce que le problème là concerne surtout les musulmans. Il ne faut pas qu’il approuve une loi aujourd’hui et demain tout le monde se lève pour dire que loi là, il faut qu’on l’annule encore. Parce que tu peux prendre une femme et qu’elle fasse 10 ans sans faire d’enfant. Elle ne peut pas dire que tu ne peux pas prendre une deuxième.

Tu peux épouser une femme et que tes parents disent qu’ils ne l’aiment pas. Mais, puisque tu l’as déjà épousée, ils disent alors qu’ils vont épouser une seconde femme pour toi, celle qu’eux ils voulaient pour toi. Ça existe dans notre société. Donc, le président n’a qu’à regarder tout ça avant de signer ce qui a été voté à l’Assemblée nationale, je veux parler du code civil.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Loi contre la polygamie : « ce n’est pas bon qu’on dise qu’il faut que la première accepte »

10 mai 2019 à 18 06 22 05225
Oustaz Mohamed Ramadan Bah, islamologue et imam à Koloma

Le code civil révisé a été adopté par l’assemblée nationale hier jeudi, 09 avril 2019. Mais, l’article 281 de cette loi qui interdit la polygamie, sous réserve de l’accord de la première épouse, continue de susciter des réactions dans la cité. Nombre de compatriotes dénoncent une loi qui ne tient pas en compte les réalités socioculturelles guinéennes.

Pour Oustaz Mohamed Ramadan Bah, imam à Koloma, cet article du code civil est contraire aux principes de l’Islam. Il l’a dit dans une interview accordée à Guineematin.com dans la matinée de ce vendredi 10 mai 2019.

Décryptage !

Guineematin.com : les députés guinéens ont voté le code civil révisé, ramené en seconde lecture. Dans ce code civil, ce qui frappe le plus est que désormais la polygamie n’est autorisée qu’avec l’accord de la première épouse. Vous qui êtes un leader religieux musulman quel est votre réaction par rapport à cela ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : en ce qui concerne le mariage ou la polygamie, l’islam ne refuse pas que celui qui veut une seconde femme informe la première et discute même avec elle sur le mariage de la seconde. Mais, cela ne veut pas dire que s’il y a refus de la première, que le mariage ne peut pas avoir lieu. Donc ça, c’est la position de l’islam. Vous savez, en islam, on ne cache rien. Il n’y a pas de tricherie. Donc, celui qui veut se remarier, peut en tous cas discuter avec sa femme. Il y a certains même, qui avec leur première femme, choisissent ensemble la seconde femme. Donc ça, c’est une très bonne chose. Mais seulement, on ne peut pas dire qu’il faut forcement que la première femme accepte que son mari épouse une deuxième femme avant que ce dernier épouse sa deuxième femme.

Guineematin.com : justement, c’est ce que dit cette loi là. Est-ce que vous pensez qu’elle va à l’encontre des lois islamiques ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je ne dirai pas que ça va à l’encontre des lois islamiques, mais en tout cas, je vous ai dit la position de l’islam. L’islam accepte que le mari informe sa seconde épouse, de discuter avec elle, puisque c’est une autre femme qui va rejoindre la première. Donc, il faudrait que cela se passe dans l’entente, il faudrait que cela se passe dans l’amabilité.

Guineematin.com : est-ce que vous pensez que c’est une mauvaise loi qui a été votée par les députés guinéens ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : je ne dirai pas que c’est une mauvaise loi qui a été votée, mais en ce qui concerne l’islam, c’est ce que je viens de vous dire. La loi islamique et nos lois, souvent il y a contradiction. Nous savons que quand il y a contradiction, et nous savons que c’est nous les humains qui faisons les lois, nous devons faire beaucoup attention pour ne pas qu’il y ait incident entre les deux lois.

Guineematin.com : qu’est-ce que vous conseillez aux fidèles musulmans face à cette situation ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : ce que je conseille aux musulmans, c’est d’être patient, puisque c’est une loi qui a été votée. Vous savez, il y a beaucoup de lois qui ne sont pas conformes aux lois islamiques. Mais, puisque dans le pays où nous vivons, ce sont des lois qui ont été votées, qu’il y a des contradictions, ou quand il n’y a pas d’équilibre ou quand il n’y a pas d’entente entre les lois, ce que la religion dit, c’est de suivre la loi divine.

Guineematin.com : à vous écouter, on comprend que cette de loi va à l’encontre des principes religieux. Et, pour que le code civil entre en vigueur, il faut que le président de la République le promulgue. Vous, en que leader religieux, quel message avez-vous à l’endroit du président Alpha Condé dans ce sens ?

Oustaz Mohamed Ramadan Bah : concernant cette loi, je demande au président de revoir. J’aurais voulu qu’il dise que le mari informe sa première femme et qu’il discute avec elle avant de se remarier. Mais, ce n’est pas bon qu’on dise qu’il faut forcement que la première accepte. Sinon, cela va empêcher beaucoup de mariages. Donc moi, c’est ce que j’aurais voulu.

Propos recueillis par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Parité : après avoir voté CONTRE, l’Hon. N’Fa Condé dénonce une loi utopique

5 mai 2019 à 10 10 06 05065
Mamadou N’fa Condé, député liste nationale du RPG arc-en-ciel, originaire de Siguiri

Alors qu’ils ont été incapables de faire respecter à leurs partis politiques respectifs le quota de 30 pour cent pour les femmes, les députés guinéens ont voté une loi qui les oblige d’être à parité entre les hommes et les femmes. Votée le jeudi dernier, 02 mai 2019, si elle est promulguée, cette loi est censée s’appliquer sur l’ensemble des postes électifs et semi électifs…

Mais, le député Mamadou N’fah Condé, élu sur la liste nationale du RPG arc-en-ciel à Siguiri est l’un des rares à avoir voté non contre cette loi qu’il a trouvé plutôt utopique…

Interrogé par Guineematin.com, l’honorable Condé a expliqué les raisons d’une telle prise de position. « J’ai été poussé par ma conscience. C’est-à-dire, j’ai vu que si on vote, ça deviendra une loi. Et qu’est-ce que ça veut dire, une loi ? Ça veut dire une obligation dans l’application par l’ensemble des acteurs, que ça soit dans la capitale ou bien en brousse. Je suis un député élu de la circonscription de Siguiri ; donc, presque en brousse. Je sais quelle difficulté il y a. On dit déjà qu’il faut aligner alternativement un candidat sur une liste élective : candidate-femme et candidat-homme, vice-versa jusqu’à la fin. C’est-à-dire, s’il y a 30 candidats sur une liste de 30 personnes, il faudrait qu’il y ait moitié hommes, moitié femmes. Donc, c’est ce qu’on appelle le genre, venir en aide au genre.

Bon, je vois que ça va créer d’énormes difficultés à la base. Imaginez-vous un coin comme Nabou, une sous-préfecture qui est à 85 kilomètres de Siguiri centre, ou bien que ça soit à Norassoba ou bien à Siguirini. Vous allez pour faire une liste du RPG Arc-en-ciel, vous allez avoir dedans combien ? Parce qu’il faut au moins sur 30 candidats vous allez avoir une liste de 15 femmes et 15 hommes. C’est très difficile parmi les acteurs que vous trouviez 15 femmes. Voilà pourquoi j’ai voté contre ça…

Nous savons quelle est la réalité sur le terrain, sans être contre l’évolution du genre, nous sommes pour l’efficacité. Cette efficacité-là, on peut la trouver chez les hommes comme chez les femmes. Je sais que, par exemple, rien qu’à l’Assemblée nationale, vous avez des femmes valables beaucoup plus que des hommes députés. Vous avez Zalikatou Diallo qui est là et beaucoup d’autres femmes qui sont supérieures à plusieurs députés hommes…

Mais, il faudrait qu’on aille pas-à-pas, qu’on accorde plus d’importance à l’efficacité et à la tâche, plutôt que d’essayer bêtement de dire qu’il faut telle quantité d’hommes, telle quantité de femmes. C’est-à-dire que cela n’engage pas un seul genre. Mais, il y a des milieux où vous trouvez des femmes qui sont plus efficaces que des hommes. Dans ce cas, si on compte sur l’efficacité on va prendre rien que des femmes et ils seront complétés par quelques hommes qui sont combatifs. C’est ça le problème. Ce n’est pas un problème politique, c’est un problème de société.

Avant, on nous demandait, je crois, ça se trouve dans les institutions internationales, qu’il fallait 30% de femmes à chaque liste. Ce n’était pas la liste nationale, on n’a pas pu avoir ces 30%, pourquoi ? Parce la réalité marche contre…».

Propos recueillis par Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

Lire

Guinée : les femmes parlementaires se réjouissent du vote de la loi sur la parité

2 mai 2019 à 19 07 55 05555
Hadja Aissata Daffé, membre du forum des femmes parlementaires et députée de l’UFR

La loi sur la parité hommes-femmes a été adoptée à l’unanimité des députés présents à l’Assemblée Nationale, à l’occasion de la plénière de ce jeudi, 02 mai 2019. Cette nouvelle loi permet ainsi de « corriger la sous-représentation des femmes dans les institutions publiques, totalement ou partiellement électives, en instituant la parité entre hommes et femmes pour l’accès aux mandats électoraux et aux fonctions électives dans ces institutions ». Une adoption bien accueillie par les députées présentes au Palais du Peuple, siège du parlement Guinéen.

Les femmes députées se frottent les mains avec l’adoption à l’unanimité de cette loi, une initiative du Forum des Femmes Parlementaires de Guinée.

L’honorable Hadja Aissata Daffé, membre dudit forum et députée du groupe parlementaire Alliance Républicaine, s’est réjouie de l’adoption de cette loi sur la parité. «Je crois que c’est un chemin qu’on a parcouru depuis des années. Personnellement, je me réjouis du vote de cette loi parce que depuis près de 19 ans je suis en politique et mon combat a été toujours pour une meilleure représentativité des femmes aux postes de prise de décisions. Quand vous voyez aujourd’hui ce qui s’est passé, moi je crois que les femmes doivent se réjouir sur tous les plans. Parce que nous voyons que ce vote sur la parité est un passage vers l’égalité », a-t-elle laissé entendre.

C’est bien d’avoir voté cette loi, mais, estime l’honorable Aissata Daffé, elle doit être prise en compte dans l’actuel code électoral. « Il faut que le code électoral prenne en compte cette loi sur la parité. Ça sera le prochain combat. Il n’est pas bon que de voter cette loi, mais il faut que le code électoral qui est revenu pour une seconde lecture au parlement aussi en tienne compte », souhaite-t-elle.

Honorable Zalikatou Diallo

Abondant dans le même sens, la députée Dr Zalikatou Diallo, secrétaire générale du Forum des Femmes Parlementaires de Guinée, a dit toute sa satisfaction face à cette avancée. « C’est un sentiment de satisfaction. Et, nous remercions vraiment toutes les femmes parlementaires et tout le collectif des députés porteurs de cette proposition de loi sur la parité pour le travail accompli durant plus de deux ans, pour enfin aboutir à l’adoption de cette loi sur la parité qui est un coup de pousse à la carrière politique des femmes en République de Guinée ».

Interrogée sur ce que cette loi va changer sur le plan social, Dr Zalikatou Diallo dira « nous allons continuer à sensibiliser, à faire le plaidoyer comme nous l’avons toujours fait, pour que ces mentalités changent, pour que les femmes acceptent de venir en politique afin qu’on les mette en position d’éligibilité sur les listes de candidature à tous les niveaux ».

Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

Lire

4 élèves de l’école de Sidya Touré tués dans une noyade : « on ne fera plus d’excursions vers la mer »

30 avril 2019 à 9 09 52 04524

Au lendemain de la noyade qui a coûté la vie à quatre élèves du groupe scolaire Victor Hugo de Kamsar, Sidya Touré, le fondateur de cette école privée, a dépêché une mission dans la localité. Conduite par l’honorable Babara Fofana, secrétaire à l’organisation et à la mobilisation de l’UFR et député à l’Assemblée nationale, cette délégation est allée présenter les condoléances du fondateur aux familles éplorées. Il en a profité pour annoncer la fin des excursions vers la mer. Il l’a dit à l’envoyé spécial de Guineematin.com qui s’est entretenu avec lui.

Décryptage !

Guineematin.com : vous êtes venu à Kamsar pour représenter monsieur Sidya Touré, président de l’UFR et fondateur des écoles Victor Hugo, suite à la noyade qui a coûté la vie à quatre élèves de l’école Victor Hugo de Kamsar. Dites-nous comment vous avez été informé de ce drame ?

Honorable Babara Fofana : moi, j’ai été réveillé hier nuit par monsieur Sidya Touré, me disant qu’il y a eu un drame à Kamsar, qu’il fallait que je me lève la nuit, pour que je sois là assez tôt pour aider à organiser un peu les funérailles. Mais à l’époque, on avait encore que deux élèves qui avaient été retrouvés, qui étaient donc décédés. Les deux autres disparus n’avaient pas encore été retrouvés. Il m’a dit, il faut y aller, vous allez aider à organiser les funérailles. On a quitté Conakry presqu’à 3 heures du matin. Mais je vous dis, chaque fois qu’on avance un peu, il (Sidya Touré) m’appelle pour demander, est-ce que j’ai des nouvelles, je lui dis non, pour le moment, on est en route.

C’est quand on est arrivé vers Boffa, qu’on nous a appelés pour nous dire qu’on a retrouvé le 3ème corps. Je dis donc, dans ce cas, nous sommes obligés de passer par là-bas (Koukoudé), un village qui est parallèle à l’hôtel Bel-Air. Nous avons été là-bas, effectivement, on avait retrouvé un autre enfant. Je dis bon, on va prendre un car, pour le ramener à Kamsar. Quand on a quitté, les gens ont dit qu’il y a une équipe qui cherche le dernier élève qui est disparu et qu’il y a des chances que cet élève soit retrouvé.

Nous avons quitté à peine là-bas, on nous appelle pour nous dire qu’ils ont retrouvé le 4ème corps. Donc, chaque 5 minutes que monsieur Touré m’appelait pour me demander où en est-on, je lui disais qu’il y a un qui n’est pas retrouvé. Quand je lui ai dit qu’on a, enfin, retrouvé le dernier corps, il a dit Alhamdoulillah. Donc, il est particulièrement choqué, écœuré par ce qui est arrivé à quatre enfants, des enfants qui étaient partis pour s’amuser et cette fois-ci qui perdent la vie.

Guineematin.com : qu’avez-vous fait donc lorsque vous êtes arrivés à Kamsar ?

Honorable Babara Fofana : arrivés à Kamsar, la première des choses qu’on devait faire, il fallait qu’on aille se présenter aux 4 familles, pour leur présenter les condoléances du fondateur. Nous avons été dans les 4 familles et comme quand il y a un cas de décès, quand on va rendre visite, on amène toujours ce qu’on appelle le prix du linceul, on a amené le prix de linceul dans les familles. Ce qui m’a le plus frappé, c’est que tout le monde a été sensible à ce décès.

Dans toutes les 4 familles, je n’ai pas remarqué dans un seul endroit où ils avaient l’air d’être choqués par ce qui est arrivé à leur enfant. Ils mettent au compte de Dieu, ils disent : nous sommes musulmans, nous pensons que si nos enfants sont allés là-bas, et ont perdu la vie, c’est Dieu qui a décidé ainsi. Donc, nous acceptons cela.

Guineematin.com : après avoir assisté à ces obsèques, quel est votre état d’âme ?

Honorable Babara Fofana : je me pose une question aujourd’hui, je me dis comment se fait-il que les plages qui sont normalement fréquentées par des jeunes en général, soient sans sécurité, sans protection ? Je me suis posé cette question-là, parce que là où on a été, on appelle là-bas Les jumelles, il y a une grande maison et des petits bars, je dis qu’il y a beaucoup d’enfants qui vont là-bas, il y a du sable partout, donc on peut s’amuser.

Mais, les enfants peuvent aller jusqu’à la mer, parce que l’eau arrive jusqu’au niveau des maisons qui sont là-bas. Il est très important de mettre des gardes pour la sécurité des visiteurs. Mais, il n’y avait aucune protection. Donc, je suppose que les enfants ont perdu la vie, ça c’est Dieu. Mais, il faudra prendre des dispositions pour que cela n’arrive plus.

Guineematin.com : quelles dispositions faut-il prendre justement dans ce sens, selon vous ?

Honorable Babara Fofana : nous allons discuter, nous allons examiner, si vous voulez, l’organisation des plages dans toute la Guinée. Ce n’est pas seulement à Kamsar ici, ce n’est pas seulement à Bel-Air, mais il y a des plages à Conakry. Est-ce que ces plages sont organisées, est-ce qu’il y a des structures qui permettent à ces enfants-là d’aller sur ces plages sans danger ? Voilà la préoccupation que nous avons. Ce qui est arrivé est très grave, ça veut dire que partout, il y a danger. Il faut éviter d’y aller.

Nous faisons des excursions pour découvrir des endroits historiques. Lorsque vous voulez faire découvrir nos cultures aux enfants, vous les envoyer au centre culturel, vous les envoyer vers les notabilités qui leur donnent l’histoire du pays. Mais nous voyons maintenant que le danger, c’est d’aller vers la mer. Donc, il faut dire que nous prendrons une décision extrêmement importante. On ne fera plus d’excursions vers la mer, parce que c’est extrêmement dangereux.

Entretien réalisé par Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com à Kamsar

Tél. : (00224) 621 09 08 18

Lire

Hon. Bakary Diakité à Guineematin : « il y a des politiciens téléchargés sur Play Store »

24 avril 2019 à 15 03 18 04184
Hon. Bakary Diakité

Dans une interview qu’il a accordée à Guineematin.com, le mardi 23 avril 2019, l’honorable Bakary Diakité, député du RPG Arc-en-ciel et 3ème secrétaire parlementaire, a abordé plusieurs sujets d’actualité notamment le débat autour du projet de modification de la constitution guinéenne. Le parlementaire se dit favorable à ce projet qui devrait permettre au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Décryptage !

Guineematin.com : depuis le 14 janvier dernier, le mandat de cette législature a pris fin. Mais, vous continuez toujours à siéger au Parlement parce qu’il n’y a pas de nouvelles élections législatives. Selon vous, qu’est-ce qui empêche l’organisation de ces élections ?

Honorable Bakary Diakité : merci pour l’opportunité que vous m’offrez de m’adresser à des millions de lecteurs à travers votre médium. Pour répondre à votre question, je vous renvoie aux prérogatives de l’Assemblée nationale. Elle vote les lois, contrôle l’action du gouvernement et assure la représentativité. Il n’est pas donc de son rôle d’organiser les élections. Cette tâche, selon notre constitution, est dévolue à la commission électorale nationale indépendante (CENI). Bien sûr que l’institution électorale organise les élections en partenariat avec les partis politiques, le gouvernement et bien d’autres acteurs. Mais l’Assemblée nationale, n’organise pas les élections.

Et d’ailleurs, malgré l’expiration du mandat des cinq ans de la législature et conformément à la volonté de la loi, nous continuons à siéger à l’Assemblée nationale. Puisque l’alinéa 2 de l’article 45 de la Constitution stipule que le Président de la République assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et le fonctionnement de l’Etat. De même que le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale voté en 2017, dispose que le mandat des députés expire à l’installation de la nouvelle Assemblée nationale. Partant de ces lois donc, nous avons la légalité et la légitimé pour siéger jusqu’à l’installation de la prochaine Assemblée nationale.

Guineematin.com : cependant, la prorogation du mandat de cette législature est loin de faire l’unanimité. On a vu l’opposant Dr Faya Millimono et certains de ses partisans qui sont sortis manifester contre cette décision. Ils ont été arrêtés et inculpés pour attroupement illégal. Qu’en dites-vous ?

Honorable Bakary Diakité : Dr Faya Millimono est de l’opposition extraparlementaire. Quand il manifestait, dites-moi, quels sont les leaders qui étaient avec lui. Personne. C’est pourquoi d’ailleurs, il est dans les liens de la justice pour mieux s’expliquer pour son acte. Il faut d’ailleurs rappeler que quand on vient en politique par le hasard, on se heurte aux conséquences hasardeuses de la politique.

Car de nos jours, il n’y a pas mal de politiciens qui poussent, certains même sont téléchargés sur Play Store. On voit tous ceux-ci sur le terrain. Et moi je ne vais pas perdre mon temps à parler d’eux. Ce qui reste clair, nous, nous sommes là et nous continuons notre travail de député pour le bien être des Guinéens.

Guineematin.com : depuis un certain temps, le débat politique est dominé par cette affaire de modification de la Constitution et d’un éventuel troisième mandat pour le président Alpha Condé. Quelle est votre position sur ce sujet ?

Honorable Bakary Diakité : comme l’a dit le Professeur Alpha Condé, le débat est ouvert. C’est un débat d’arguments contre arguments. La constitution n’est rien sans son cadre économique, social, culturel et politique. Il faut rappeler d’ailleurs qu’aucune constitution dans le monde n’est immuable. Aucune constitution n’est figée. Elle est évolutive. Une constitution n’est rien sans son cadre économique, social et politique. Moi je crois qu’il faut laisser les gens s’exprimer.

Puisque la Guinée a besoin de s’adapter aux besoins de changement. L’article 51 de la constitution dit que le Président de la République, après avoir consulté le Président de l’Assemblée nationale, peut soumettre au peuple tout projet d’organisation des pouvoirs publics. Donc la question est réglée.

Guineematin.com : si ce débat fait rage dans le pays, c’est parce que certains estiment que cette modification constitutionnelle vise tout simplement à faire sauter le verrou se trouvant dans l’actuelle Constitution qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Qu’en dites-vous ?

Honorable Bakary Diakité : de mon point de vue, ce débat est insensé et aberrant. Par contre, là où j’adhère, c’est la proposition d’une nouvelle constitution. Moi je suis pour une nouvelle constitution. La constitution ne doit pas être un sujet tabou. Il faut qu’on en parle puisqu’aucune œuvre humaine n’est parfaite. Ceux qui essaient de s’opposer aujourd’hui à ce projet de nouvelle constitution, on les vus à l’œuvre ici. On se connait parfaitement. On sait qui est qui, et qui a fait quoi. Moi je pense que le débat doit être impersonnel.

Si l’article 51 l’autorise à aller dans ce sens, qu’est ce qui peut l’en empêcher ? Moi, je ne vois pas. Il ne faut pas voir la tête du Chef de l’Etat, il faut regarder bien loin devant. L’on se rappelle de la position de feu Jean Marie Doré qui a vainement demandé de soumettre le texte au référendum. Il n’a pas été écouté.

Guineematin.com : sauf qu’à l’époque, les principaux partis politiques du pays y compris le RPG Arc-en-ciel étaient d’accord sur la manière de l’adopter. Pourquoi c’est maintenant que vous remettez en cause cette façon de faire ?

Honorable Bakary Diakité : non, vous devez comprendre qu’entre deux maux, on choisit toujours le moindre. Avec les militaires, il fallait aller rapidement aux élections et remettre le pouvoir aux civils. Mais après l’élection du Pr Alpha Condé, qu’est-ce qui s’est passé ? Alors qu’il était en train de poser les jalons du programme de développement du pays, six mois après, il y a eu un attentat manqué contre lui. Après, presque deux à trois ans, les gens ont déversé leurs militants dans la rue pour l’empêcher de gouverner. Ebola est venu aggraver cette situation provoquant même la récession économique du pays.

Mais le Président de la République, dans sa vision d’homme d’Etat, a tenu bon. En bon leader, il a dit que cette pandémie d’Ebola doit être perçue comme une opportunité pour améliorer le système sanitaire de la Guinée. Et, c’est ce que fut fait. Malheureusement, les autres ont manqué l’occasion de montrer le caractère républicain, en venant, comme Soumaila Cissé au Mali quand le Nord du pays a été attaqué, faire des propositions de sortie de crise au Président de la République. Malgré tout, le Pr Alpha Condé, mon leader bien aimé, a su transformer cette période difficile de l’Etat en une véritable opportunité de développement de nos infrastructures sanitaires. N’en déplaisent aux détracteurs.

Guineematin.com : dites-nous, quel est votre choix entre l’amélioration de l’actuelle constitution et la proposition d’une nouvelle constitution ?

Honorable Bakary Diakité : je ne suis pas pour l’amendement des dispositions constitutionnelles. Je suis pour le projet d’une nouvelle constitution qui ouvre la voie à la 4ème République.

Guineematin.com : pourquoi passer à une quatrième République ? Pour permettre au président Alpha Condé de briguer un nouveau mandat ?

Honorable Bakary Diakité : la constitution est au-delà du Pr Alpha Condé. Attendez que le souverain 1er soit consulté. Ce même peuple qui l’a élu en 2010 et 2015. Ce ne sont pas les réseaux sociaux qui l’ont élu. Ceux qui l’ont élu n’ont pas voyagé. On sait que nos opposants se donnent l’intelligence de lire dans les pensées des gens ou avoir la maîtrise des paramètres du futur. Je pense que vous-mêmes, vous n’êtes pas un GPS.

Guineematin.com : on apprend que la nouvelle Constitution que le pouvoir compte soumettre au peuple est déjà rédigée. En tant que membre du parti au pouvoir, êtes-vous informé du contenu de ce texte ?

Honorable Bakary Diakité : moi je n’ai ni le mandat, ni la qualité de ce que vous me demandez. Vous savez que la proposition de loi et l’initiative de la loi sont partagées entre l’exécutif et les citoyens à travers l’Assemblée nationale.

Guineematin.com : concrètement, quand est-ce que le référendum va intervenir, est-ce avant ou après les élections législatives ?

Honorable Bakary Diakité : à ce niveau également, je vous prie de poser cette question à la CENI qui est la seule institution habilitée à organiser les élections en Guinée.

Guineematin.com : depuis 2010, un congrès est annoncé au RPG Arc-en-ciel mais il n’a toujours pas eu lieu. Quelles en sont les raisons selon vous ?

Honorable Bakary Diakité : c’est vous qui me l’apprenez. Sinon, ce que je peux vous dire est que le RPG Arc-en-ciel qui a toujours gagné les élections en Guinée, se porte bien. De Conakry à Kourémalé, de Lola à Koundara, notre parti est partout et occupe le terrain. Cela s’est démontré à toutes les fois qu’il y a eu des élections en Guinée. Et nous sommes prêts à aborder les prochaines élections. Nous sommes déjà en ordre de bataille pour remporter ces scrutins.

Guineematin.com : qui dirige le RPG Arc-en-ciel depuis l’élection du Professeur Alpha Condé à la tête de la Guinée ?

Honorable Bakary Diakité : qu’est-ce que vous voulez savoir ? Le RPG-AEC est un parti organisé. C’est Dr Saloum Cissé le secrétaire général du parti, c’est lui qui le dirige. Nous avons le Bureau politique, le comité central et tous les organismes du parti qui évoluent bien. Et croyez-moi, que les adhésions sont si nombreuses, que nous sommes capables de vous dire que d’ici peu, les masques vont tomber, comme le dit souvent le Pr Alpha Condé.

Guineematin.com : justement à ce niveau, comment avez accueilli l’arrivée à la mouvance présidentielle depuis quelques années des personnes comme Kassory Fofana, devenu Premier ministre ; Mouctar Diallo, le président des NFD qui est ministre de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes ; Aboubacar Sylla, président de l’UFC, devenu ministre des Transports ; Papa Koly Kourouma, le président du parti GRUP, ministre de l’Hydraulique.

Honorable Bakary Diakité : il faut rappeler cette assertion du Pr Alpha Condé qui a dit ceci : « pour le développement socio-économique que j’ambitionne pour la Guinée, j’ai besoin des talents et des compétences de quels que horizons que ce soit ». Il est dans cette logique. Le cas de Mouctar, il faut le dire que c’est un modèle de jeune. Il n’y avait pas de plus amer contre le régime du Pr Alpha Condé comme Aboubacar Sylla et Mouctar Diallo. Mais, je respecte ces deux personnalités. Elles ont compris que le bateau guinéen amené par le Pr Alpha Condé se dirige au bon port.

Guineematin.com : certains d’entre eux avaient quand même appelé à un soulèvement populaire contre le régime Alpha Condé.

Honorable Bakary Diakité : c’est vrai, mais ils ont fini par comprendre que les critiques inutiles ne mènent à rien. Ils ont abandonné le débat personnel pour choisir de servir l’intérêt national avec le Pr Alpha Condé. Pour eux, le débat politique est un débat bidon ou un débat de caniveau.

Guineematin.com : pendant que vous appréciez l’arrivée ou le retour de ces opposants dans le système Condé, d’autres ont plié bagage. C’est le cas de Sidya Touré qui a libéré son poste de Haut Représentant du Chef de l’Etat, Elhadj Mamadou Sylla, à l’origine de la défaite du RPG Arc-en-ciel à la mairie de Dixinn, Dr Ousmane Kaba, exclu du parti présidentiel. On a entendu aussi récemment Elhadj Ousmane Bah de l’UPR, allié de la mouvance présidentielle depuis 2010, menacer de quitter le navire. Comment est-ce que vous expliquez cela ?

Honorable Bakary Diakité : votre question prête à confusion. Menace de quitter ? Je préfère qu’on attende de voir. Pour le moment, Elhadj Bah Ousmane n’a pas quitté à ce que je sache. Je ne suis pas quelqu’un qui lit dans la pensée des autres ou celui qui peut vous donner un saint blanc. Il ne faut pas oublier que mon frère bien aimé, Elhadj Bah Ousmane a supporté le Pr Alpha Condé à un moment critique de l’histoire de notre pays. D’ici 2020, vous serez d’ailleurs surpris, je vous le promets.

Guineematin.com : est-ce à dire que les alliés seront surpris du comportement du régime, voire les caciques du RPG Arc-en-ciel face au Pr Alpha Condé ?

Honorable Bakary Diakité : non, je ne parle pas de cela. Je dis que les gens ont commencé à comprendre l’élan du Président Alpha Condé. Les gens ne sont plus prêts à accepter le dicta des autres. C’est de ça je parle. Et, vous verrez la marée humaine qui vient chaque jour intégrer les rangs du RPG- Arc-en-Ciel.

Guineematin.com : sur le continent, on a vu récemment les présidents Algérien, Abdelaziz Bouteflika, et soudanais, Omar El Béchir, qui ont été chassés du pouvoir suite à des soulèvements populaires. Est-ce que vous redoutez une telle situation en Guinée ?

Honorable Bakary Diakité : bon, c’est le peuple qui décide. Après un mandat, deux, trois, quatre, …tu vois, il appartient toujours au peuple d’en décider. Et c’est aux dirigeants des pays concernés de le comprendre…Mon seul conseil à ce niveau c’est d’éviter d’être des marionnettes.

Guineematin.com : on arrive à la fin de cet entretien, avez-vous un dernier mot ?

Honorable Bakary Diakité : mon dernier mot, par rapport à ce qui pointe à l’horizon, je suis très content pour l’avenir de la Guinée. Tant sur le politique que social et économique. Nous devons nous donner les mains puisque ce qui nous unit est plus que ce qui nous divise.

Comme on a eu la chance d’avoir un président visionnaire et éclairé. Freeman l’a dit, c’est ça la différence entre l’homme d’Etat et l’homme politique. Kaléta, Souapiti, les établissements hôteliers, voilà autant de réalisations qui sont là palpables. C’est un visionnaire. Alpha Condé, est une chance pour la Guinée. Nous devons saisir cette opportunité pour l’accompagner. La jeunesse ne doit pas accepter de se faire manipuler. Nous devons avoir à l’esprit que c’est nous qui devons donner la place à notre pays dans le concert des nations dans un monde en perpétuel changement.

A l’Independence, je ne vous apprends rien. La Guinée avait ses avions, ses bateaux, ses chemins de fer. Mais, où sont-ils de nos jours ? Nous voulons qu’on soutienne le Pr Alpha Condé pour avoir nos avions, bateaux, trains et autres. Le débat sur la nouvelle constitution ne doit pas être tabou. C’est un débat ouvert. Comme le dit Abraham Lincoln, la vie ne se résume pas à l’aiguille d’une montre mais plutôt à la qualité de nos actions. Or les actions que le Pr Alpha Condé est en train de mener, c’est de très bonnes actions.

Interview réalisée par Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

Lire

Parlement : le programme de la session des Lois en discussion ce mardi

9 avril 2019 à 12 12 43 04434

Quatre jours après la rentrée parlementaire 2019, les députés guinéens se retrouvent ce mardi, 09 avril en séance plénière. Cette plénière est consacrée à l’examen et l’adoption de la première tranche du chronogramme de cette session des Lois, a appris Guineematin.com, auprès de l’Assemblée nationale.

Avant la plénière prévue à 13 heures, le projet de programme élaboré sera soumis en discussion aux membres du Bureau de l’Assemblée nationale et la Conférence des Présidents.

A noter qu’à date, 9 textes sont sur la table du Parlement. Parmi lesquels, le Code de l’enfant, la proposition de loi sur la parité (homme/femme) et des conventions de financement.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

Lire

Session parlementaire : une proposition de loi sur la parité déposée par les députées

4 avril 2019 à 20 08 42 04424

La première session parlementaire de l’année 2019 appelée session des Lois s’ouvre demain, vendredi 04 avril 2019, à l’hémicycle. Prévue pour 90 jours, cette session permettra aux députés d’examiner et adopter plusieurs textes de lois régulant la vie nationale. Et, parmi les textes qui ont déjà été soumis au bureau de l’Assemblée nationale, figue une proposition de loi faite par les femmes parlementaires et qui est relative à la parité homme-femme, a appris Guineematin.com du secrétaire général du Parlement.

« Il y a eu une initiative venant des femmes parlementaires qui ont élaboré une proposition de loi en bonne et due forme, qui a été introduite et qui fait son petit bonhomme de chemin. Le bureau en a pris acte et certainement, ce texte fera l’objet de programmation », a indiqué Dr Mohamed Bérété.

Le secrétaire général de l’Assemblée nationale ajoute que ce n’est pas le seul texte qui est aujourd’hui sur la table du Parlement. Il y a d’autres textes comme « Code civil révisé qui revient pour une deuxième lecture. A ce niveau, il faut rappeler que le président de la République, après lecture de ce texte adopté lors de la dernière session, a formulé des réserves relatives à la question de polygamie.

Il y a un autre texte relatif à la fonction publique. C’est également une loi qui va connaître quelques amendements. A ces trois textes, viendront s’ajouter six conventions de financement qui sont déjà sur la table de l’Assemblée », annonce Dr Bérété.

Cette session est quelque peu particulière parce qu’elle est la première après la prorogation du mandat des députés qui est arrivé à expiration le 14 février dernier. Dr Mohamed Bérété salue la décision des députés de siéger au Parlement suite à la prorogation de leur mandat par le président de la République. « La prorogation du mandat des députés relève simplement d’un principe normatif du fonctionnement de l’Etat », souligne-t-il.

Le secrétaire général de l’Assemblée nationale précise que la journée de ce vendredi « sera consacrée à la cérémonie solennelle présidée par le Président de l’Assemblée. Les jours suivants seront mis à profit pour programmer les textes déjà prêts en attendant que le gouvernement nous transmette d’autres textes ».

Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 4

Lire

Parlement : les députés de l’UFDG décident de siéger !

4 avril 2019 à 12 12 54 04544

On vous annonçait précédemment qu’une réunion des hauts responsables de l’UFDG était en cours ce matin au quartier général du parti, à Hamdallaye CBG, autour de la question de siéger ou pas au Parlement. A l’issue de cette rencontre, les responsables du principal parti d’opposition du pays ont annoncé que leurs députés vont siéger, malgré l’expiration de leur mandat, a constaté un reporter de Guineemati.com qui était sur place.

Plus aucun doute désormais. Tous les députés de cette législature, à l’exception de Dr Ousmane Kaba, le président du PADES, vont continuer l’aventure à l’Assemblée nationale. Après le RPG Arc-en-ciel et l’UFR qui ont tous des groupes parlementaires, l’UFDG aussi décide d’accepter la prorogation du mandat des députés. Un mandat qui est arrivé à expiration le 14 février 2019 et qui a été prorogé par un décret du président Alpha Condé.

Le principal parti d’opposition du pays a annoncé sa décision dans une déclaration lue devant les médias, au sortir de sa réunion qui intervient à la veille de la rentrée parlementaire, prévue demain, vendredi 05 avril 2019. Le parti de Cellou Dalein invoque plusieurs raisons pour justifier cette décision.

Nous vous livrerons dans quelques instants, l’intégralité de la déclaration du parti, dirigé par Cellou Dalein Diallo.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Lire

Les députés de l’UFDG vont-ils siéger au Parlement ? Réponse ce jeudi

4 avril 2019 à 12 12 27 04274

Après trois mois de vacances parlementaires, les députés sont invités à reprendre le chemin de l’hémicycle demain, vendredi 05 avril 2019. Un communiqué signé du Président de l’Assemblée nationale, informe les acteurs concernés et l’opinion nationale de l’ouverture de la 1ère session ordinaire de l’année, dite session des Lois.

Seulement, on ne sait pas encore si tous les députés de cette législature dont le mandat a expiré le 14 février 2019, puis prorogé par un décret du président de la République, prendront part à cette session. L’UFDG n’a toujours pas donné sa position sur la question mais cela ne devrait plus tarder, a appris Guineematin.com, à travers un de ses journalistes.

Si au niveau du groupe de la majorité parlementaire, les assurances sont fermes sur le retour de ses membres, tout comme au niveau du groupe parlementaire alliance républicaine, dominé par les députés de l’UFR, à l’UFDG, les débats perdurent et le suspense continue.

Mais, le principal parti d’opposition du pays devrait clarifier sa position sur la question dans les heures qui suivent. Selon nos informations, un conseil politique du parti se tient en ce moment même sous la présidence du leader de l’UFDG, l’Honorable Elhadj Cellou Dalein Diallo. Au terme de la rencontre, une déclaration prévue cet après-midi, va sanctionner les débats sur la question du retour ou non à l’Assemblée nationale des députés du groupe libéral-démocrate.

Mais déjà, de sources concordantes et proches de la direction du premier parti d’opposition en Guinée, indiquent que ces élus seront bel et bien au parlement pour continuer à défendre leurs charges.

Côté Parlement, plusieurs textes de projets et de propositions de loi sont annoncés. Même si pour l’heure, il n’y a que le Code civil révisé ramené pour une deuxième lecture, les amendements sur le statut du chef de file de l’opposition ou encore le texte sur le financement des partis politiques qui sont publiquement annoncés.

Pour la cérémonie d’ouverture, prévue le vendredi 5 avril à 10 heures au Palais du peuple, siège de l’Assemblée nationale, présidents des institutions, membres du gouvernement et du cabinet présidentiel, représentants du corps diplomatique et consulaire, responsables des forces de défense et de sécurité, le gouverneur et les maires de la capitale tout comme les Chefs religieux et des représentants de la société civile sont attendus à l’hémicycle.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

Lire

L’UFR va-t-elle siéger au parlement ? « Si nous sommes là, ils ne décideront pas du n’importe quoi »

1 avril 2019 à 15 03 08 04084

C’était dans les tuyaux, maintenant c’est officiel. L’Union des Forces Républicaines (UFR) va continuer à siéger à l’Assemblée Nationale, après la prorogation du mandat des députés par le président Alpha Condé. Même si certains cadres du parti ne veulent pas le dire ouvertement, la décision ne souffre plus d’aucun doute, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

« Je pense que cette décision sera définitivement prise le jeudi, 04 avril. Elle n’est pas encore définitive, mais tout semble indiquer qu’on siégera. Parce qu’il y a des choses importantes qui vont arriver à l’Assemblée, on ne va pas laisser les gens tripatouiller », a dit au téléphone de notre reporter, Elhadj Ibrahima Bangoura, vice-président de l’UFR, dans l’après-midi de ce lundi 1er avril 2019.

Selon notre interlocuteur, la décision n’est pas définitive. « Il faut que les instances du parti se prononcent. Mais, tout semble indiquer qu’il ne faut pas laisser le champ libre à ces gens-là (le RPG Arc-en-ciel, ndlr) pour faire n’importe quoi à l’Assemblée. Si nous ne sommes pas là, ils gouverneront, ils décideront. Mais, si nous sommes là, ils ne décideront pas du n’importe quoi. C’est là l’importance de notre présence », estime Elhadj Ibrahima Bangoura.

Fort de dix députés sur les 113 qui siègent au parlement guinéen, l’UFR s’apprête ainsi à rejoindre l’hémicycle le 05 avril prochain. La position de l’UFDG, principal parti de l’opposition avec ses 37 députés, est attendue dans les prochains jours.

Pour rappel, le président Alpha Condé a récemment pris un décret prorogeant le mandat des députés, arrivé à échéance. La CENI tarde à démarrer pour proposer un chronogramme pour les élections législatives, qui auraient dû se tenir au premier semestre de l’année en cours.

Pour le moment, c’est seulement Dr Ousmane Kaba, élu sous la bannière du RPG Arc-en-ciel et aujourd’hui président du PADES, qui a annoncé ouvertement son refus de continuer l’aventure.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. 628 17 99 17

Lire

Concertation sur le processus électoral : la CENI rencontre l’Assemblée nationale

29 mars 2019 à 12 12 48 03483

Dans le cadre de ses activités de prise de contact et d’échanges avec les différents acteurs impliqués dans le processus électoral, la nouvelle équipe CENI a rencontré hier, jeudi 28 mars 2019, le bureau de l’Assemblée nationale. Les responsables de la commission électorale et ceux du Parlement ont discuté notamment sur le renforcement de la coopération entre les deux institutions, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Au sortir de la rencontre, le président de la CENI a indiqué qu’il s’agit là d’une visite de courtoisie que son institution a rendue à l’Assemblée nationale. Une occasion aussi d’échanger avec le président et les autres membres du bureau du Parlement, sur un certain nombre de choses, dont le renforcement de la coopération entre les deux institutions.

« Nous avons rendu une visite de courtoisie à l’Assemblée nationale, dans le cadre de notre installation, mais également venir relancer et renforcer la coopération entre les deux institutions. La CENI, de son côté, n’hésitera pas à venir vers l’Assemblée nationale pour avoir des conseils et le soutien nécessaire pour faire passer tout amendement ou loi pouvant améliorer notre système électoral », a indiqué Maître Amadou Salifou Kébé.

Une visite saluée par le président de l’Assemblée nationale. Claude Kory Kondiano s’est dit « heureux de recevoir cette équipe totalement rajeunie de la CENI. Nous espérons qu’avec elle, tous les objectifs qu’ils vont se fixer seront obtenus. Nous espérons que les élections à venir vont se passer dans de bonnes conditions et dans la paix.

Puisque sans la paix, il n’y a pas de développement. L’Assemblée nationale, quant à elle, est disposée à travailler avec la CENI pour la réussite des processus électoraux à venir », a promis le Président du parlement.
A en croire les intervenants, le Code électoral et même la loi sur la CENI pourraient connaître des améliorations pour apporter les garanties juridiques nécessaires à la tenue d’élections transparentes et crédibles.

Cette visite de la CENI à l’Assemblée nationale intervient quelques jours seulement avant l’ouverture de la session ordinaire des lois, programmée pour le 05 avril prochain.

Abdallah Baldé pour Guineematin.com
Tél : 628 08 98 45

Lire

Résolution des conflits en Guinée : les 12 PRGI officiellement installées

10 février 2019 à 6 06 11 02112

Dans le cadre du projet « Appui au dialogue et participation politiques inclusifs en Guinée », dirigé par le Président de l’Assemblée nationale, Claude Kory Kondiano, les 12 personnalités réputées de grande intégrité (PRGI) ont été officiellement installées. Ces personnes ressources ont été choisies pour leur intégrité par les différents groupes parlementaires à l’Assemblée nationale pour prévenir et résoudre les conflits pouvant naître en Guinée. Leur installation a eu lieu le vendredi passé, 08 février 2019, au Palais du peuple de Conakry, a constaté Guineematin.com à travers un de ses reporters qui était sur place.

La cérémonie a regroupé outre les personnes ressources dites « de grande intégrité », des responsables de l’Assemblée nationale, du PNUD, du Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’Homme et des Chefs de département de l’administration du territoire et de décentralisation, Général Bouréma Condé et de l’Unité nationale et de la citoyenneté, Dr Mamadou Taran Diallo. C’est ce dernier qui a présidé l’évènement, en l’absence du Président de l’Assemblée nationale, empêché.

Dans son allocution de circonstance, le Directeur pays du PNUD en Guinée, Eloi Koidjo IV a, au nom du Représentant résident du PNUD en Guinée, salué cette rencontre avant de dire toute la confiance placée sur ces personnalités dans le cadre de la prévention de la paix et de la résolution des conflits en Guinée.

Pour sa part, le Général Bouréma Condé, s’est réjoui du choix porté sur ces 12 personnalités, désignées par les trois groupes parlementaires de l’Assemblée nationale et reconnues pour leur intégrité et leur moralité. « Désormais, vous avez le rôle de rapprocher les Guinéens et de régler les conflits entre eux en toute circonstance », a notamment dit le Général Bouréma Condé.

Pour le président de la cérémonie, Dr Mamadou Taran Diallo, « ce projet est un mécanisme privilégié de prévention et de règlement de conflits mettant fin au recours à l’importation de négociateurs étrangers en cas de conflits. Ainsi, la nouveauté est le choix par la classe politique parlementaire guinéenne d’éminents acteurs locaux appelés à faire la facilitation pour qu’ainsi, des guinéens plaident, négocient et solutionnent consensuellement et directement entre eux les conflits pour le bien de ce qu’ils ont de plus cher en commun à préserver : la paix et le développement de la Guinée. Les résultats des études sur les conflits en Guinée indiquent qu’ils ont des causes politiques, économiques et sociales ».

Mettant les pieds dans le plat, le ministre de l’unité nationale et de la citoyenneté, explique qu’en Guinée, « les conflits politiques, particulièrement ceux liés aux élections, sont les plus prégnants. Les élections divisent parce que, au lieu d’être un outil citoyen de choix des dirigeants par la consultation et la concertation, elles sont dévoyées et dénaturées, parfois et dans certains endroits, en moyens de confrontation et de violence », a regretté Dr Taran Diallo.

Après ces discours très applaudis, les 12 personnes ressources de grande intégrité (PGRI), issues de l’administration, de la société civile et des institutions internationales, ont été présentées et installées dans leur fonction. Désormais, c’est elles, grâce à l’appui technique et financier du PNUD à travers le Fonds des Nations Unies pour la paix et le Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme, qui vont s’occuper de régler les crises en Guinée.

Rappelons que des 12 PRGI, trois n’étaient pas dans la salle des Actes du Palais du peuple. Il s’agit des anciens ministres Pr Maurice Zogbélomou Togba et Pr Ousmane Souaré (en traitement à l’étranger) et l’ambassadeur de la paix, Elhadj Diériba Diaby.

Abdallah BALDE pour Guineematin.com

Tél : 628 08 98 45

Lire

Adoption du nouveau Code Civil : ce qu’en pensent certains citoyens de Conakry

31 décembre 2018 à 15 03 44 124412
image d’archive

Le nouveau Code Civil guinéen a été adopté le samedi, 29 décembre 2018, à l’Assemblée Nationale par les députés. Ce code adopté, mais non encore promulgué par le président de la République, autorise entre-autres, la polygamie en République de Guinée.

Depuis l’adoption de cette loi, qui donne le droit aux hommes d’épouser plusieurs femmes, les avis sont partagés et le sujet fait débat tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays. Dans la journée de ce lundi, 31 décembre 2018, un reporter de Guineematin.com a interrogé certains citoyens sur cette question.

Depuis l’annonce de l’adoption du nouveau Code Civil, le sujet fait couler un flot d’encre et de salive à travers le pays. La question est devenue virale sur les réseaux sociaux où pro et anti polygamie sont plus que jamais opposés.

Boubacar Korbonya Baldé

Pour Boubacar Korbonya Baldé, marié à deux femmes déjà, l’adoption du nouveau Code Civil lui donne les pleins pouvoirs pour aller au delà. « Moi personnellement, avant l’adoption de cette loi, j’étais polygame. Vous savez, je suis un musulman pratiquant. Donc, Dieu nous a dit dans le Coran qu’on peut se marier jusqu’à quatre femmes. Donc pour nous, l’adoption du code civil qui autorise la polygamie est un non-événement. Puisque, même avant l’adoption de cette loi, il y avait plein de polygames. Et prenez même à partir de ces députés, de ces membres du gouvernement, la plupart d’entre eux sont des polygames… Moi, je pense que c’est une très bonne chose. Cette loi me donne le plein pouvoir, j’avais la vision d’avoir quatre épouses, j’en ai deux maintenant-là. Donc, la route est maintenant largement ouverte…. »

Dr. Sidy Bah

Même son de cloche chez Dr. Sidy Bah, rencontré à Taouyah, dans la commune de Ratoma. Il se réjouit de l’adoption de ce Code Civil qui vient s’adapter aux réalités sociologiques de notre temps. Selon lui, « il n’y a pas de problème dans la mesure où c’est Dieu même qui a autorisé les musulmans de prendre jusqu’à quatre femmes. Mais, il y a des conditions à remplir. Si l’homme est capable, c’est d’abord une femme. Si tu as les moyens, tu peux en prendre deux. Mais, il faut que tu les prennes au même pied d’égalité. Si tu trouves que tu peux aller jusqu’à trois, avec les moyens, tu es libre. J’ai’ appris qu’ils ont adopté cette loi, que maintenant les hommes peuvent prendre plusieurs femmes. Moi, je ne peux que me réjouir de l’adoption du nouveau code civil qui autorise la polygamie en République de Guinée ».

Ifono Finda Rosaline

Par contre, les citoyens opposés à cette mesure ne manquent pas. C’est le cas de madame Ifono Finda Rosaline qui ne cache pas son aversion pour la polygamie. « Je suis d’abord contre la polygamie. C’est quelque chose que je n’aime pas du tout. Parce que, ça nous fatigue nous les femmes. Par exemple, si tu as été épousée par un homme à bas âge, tu as supporté l’homme-là, à la fin, quand l’homme-là réussi, ou s’il y a un changement positif dans sa vie, il va épouser une autre femme. La femme là, vous n’avez pas les mêmes comportements, tu ne la connais pas, tout ce que celle-là va faire entre vous, ça va jouer sur ta dignité, toi qui est la première femme. Je suis contre la polygamie. Avant même mon mariage, j’ai demandé à mon mari et c’est quelque chose qu’on a beaucoup débattu. Je lui ai dit que je ne suis pas pour la polygamie et lui aussi il m’a fait savoir qu’il n’est pas pour. C’est un consensus entre nous », révèle la jeune femme.

Mme Kaba Nanpelè Traoré

Dans la même lancée, madame Kaba Nanpelè Traoré, soutient que la polygamie est à proscrire d’autant plus qu’elle joue sur l’espérance de vie des hommes. « Moi, je me dis que c’est de la pagaille. C’est une pagaille sociale organisée au niveau des hommes. La polygamie, c’est une pagaille, ça ne donne pas longue vie à l’homme. Parce qu’une seule femme, c’est un problème, à plus forte raison deux ou trois femmes », lance-t-elle.

Propos recueillis par Siba Guilavogui pour Guineeman.com

Tel : 620 21 39 77/ 662 73 0 31

Lire

LFI 2019 : le budget de l’Elevage augmente de 79, 52%

8 décembre 2018 à 18 06 32 123212

Les ministres continuent à défiler devant l’Assemblée nationale pour défendre leurs budgets sectoriels pour l’exercice 2019. Ce samedi, 08 décembre 2018, c’est le ministre de l’Elevage, Roger Patrice Millimono qui était face aux élus du peuple. Il a présenté un projet de budget largement à la hausse par rapport à celui de 2018,

Lire

LFI 2019 : les budgets de la sécurité et de la communication en baisse

8 décembre 2018 à 13 01 31 123112

Comme annoncé précédemment, les ministres Alpha Ibrahima Kéïra de la sécurité et Amara Somparé de la communication sont passés hier vendredi, 07 décembre 2018 devant l’Assemblée nationale pour défendre leurs budgets sectoriels pour l’année 2019. La première remarque à faire dans la présentation des ministres,

Lire

Le ministre Keïra sur les tueries de manifestants : « ceux qui ont tué les jeunes sont des voyous »

8 décembre 2018 à 9 09 06 120612

Comme annoncé dans nos précédentes publications, le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, Alpha Ibrahima Keïra, était hier vendredi, 07 décembre 2018, face aux députés pour défendre le budget 2019 de son département et demander son approbation par les parlementaires. Et à cette occasion, le ministre a dû s’expliquer sur les tueries de 103 jeunes enregistrées lors des manifestations de l’opposition à Conakry.

Lire