Développement Rural : deux projets en faveur des jeunes et des femmes lancés à Conakry

4 décembre 2019 à 20 08 51 125112

Le gouvernement guinéen, en partenariat avec la Banque Islamique de Développement (BID), a lancé ce mercredi, 04 décembre 2019, deux importants projets en faveur des populations des zones rurales, particulièrement les jeunes et les femmes. Il s’agit du Projet de Développement des Chaines de Valeurs Agricoles (PDCVA-G) et du Projet de Développement Rural Intégré Gaoual-Koundara-Mali (PDRI-GKM). Ils visent à apporter une solution aux problèmes d’emploi et aider les femmes à être plus autonomes, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

La cérémonie de lancement officiel de ces projets a connu la présence de 120 invités, composés d’acteurs ruraux, mais aussi de trois ministres dont les départements sont directement concernés. Il s’agit de Hadja Mama Kanny Diallo du Plan et du Développement Economique ; Boubacar Barry du Commerce et de Mariama Camara de l’Agriculture.

Mourade Mitiba, chargé des programmes de la BID

Selon Mourade Mitiba, chargé des programmes de la BID, les deux projets dont il a la charge de mettre en œuvre, ont été cofinancés par son institution et l’Etat guinéen à hauteur de 40 millions d’euros pour le premier et 23 millions d’euros pour le second. La durée d’exécution est de 5 ans. « Le projet de développement des chaines de valeurs des produits agricoles intervient en vue d’atténuer les contraintes dans le travail de l’agriculture en Guinée. L’objectif est d’appuyer le gouvernement de la Guinée à mettre en place une agriculture efficace et durable et améliorer les conditions de vie dans les zones rurales », a-t-il indiqué.

Il ajoute que « les principaux résultats de ce projet seront le renforcement des chaines de valeurs afin d’accroitre les revenus ruraux, d’améliorer la sécurité alimentaire et de permettre la transition des systèmes de culture de subsistance vers un système de culture durable orienté vers le marché », a fait savoir Mourade Mitiba.

Hadja Mama Kany Diallo, ministre du Plan et du Développement Economique

De son côté, la ministre guinéenne du Plan et du Développement Economique, Mama Kany Diallo, a indiqué que les deux projets contribueront à l’atteinte des objectifs du Plan National de Développement Economique et Social (PNDES) 2016-2020. Cela, « à travers la promotion d’une agriculture durable et productive en garantissant la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans le cadre de la diversification de l’économie et l’inclusion des groupes vulnérables, en particulier les jeunes, par la création d’emplois.

Le premier projet relatif aux chaines de valeurs concerne les bananes, le café, la pomme de terre, le manioc, l’igname, la patate douce, le fonio et sera mis en œuvre sur l’ensemble du territoire national. A terme, il devra permettre l’amélioration des revenus des ménages de la zone du projet, la réduction des pertes post-récoltes de 40 à 15%, l’accroissement sensible des rendements à l’hectare des différentes cultures et l’augmentation de la production agricole dans son ensemble », a-t-elle annoncé.

S’agissant du second projet, qui concerne la zone Gaoual-Koundara-Mali, il mettra l’accent sur l’intensification des filières : riz, maïs, arachide, oignon, et autres cultures maraichères, ajoute la ministre du Plan et du Développement Economique. « A travers ses différentes composantes, ce projet permettra l’inclusion économique des femmes en renforçant leur autonomisation. Ce projet soutiendra également les jeunes par la création et à leur profit de nouvelles opportunités d’emplois. Au total, ce sont 20 mille producteurs qui devraient bénéficier directement de ce projet, dont 40% de femmes et 30% de jeunes », a révélé Mama Kanny Diallo.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Coyah : les responsables des CAERLE issus de l’UFDG, libérés

4 décembre 2019 à 18 06 52 125212
Honorable Aliou Condé, Secrétaire Général de l’UFDG

Les 7 présidents de CAERLE (Commissions Administratives d’Etablissement et de Révision des Listes Electorales), interpellés ce mardi 04 décembre 2019 dans la sous-préfecture de Manéyah, ont été remis en liberté. Ces membres de l’UFDG ont été relâchés sur ordre du préfet de Coyah, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

C’est l’honorable Aliou Condé, Secrétaire Général de l’UFDG, qui a confirmé la nouvelle. L’opposant explique qu’après leur arrestation par la police, les 7 présidents de CAERLE issus du principal parti d’opposition du pays, ont été conduits au commissariat de Coyah. De là, ils ont été emmenés chez le préfet. Et ce dernier a ordonné leur libération et leur réintégration dans leurs fonctions.

Même s’il dit n’avoir eu encore d’amples informations sur les raisons de l’interpellation de ces sept personnes, le député estime qu’il s’agit tout simplement d’une tentative d’intimidation pour les dissuader à faire correctement leur travail.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628124362

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Afrique : les formations utiles au développement local

3 décembre 2019 à 21 09 25 122512

Vous êtes préoccupés par le futur de vos territoires, vous souhaitez faire des études utiles à votre pays, vous avez l’ambition de booster le développement économique local de vos communes et régions, vous souhaitez étudiez et trouver rapidement de l’emploi, vous aimeriez créer votre propre entreprise rurale… Voici quelques filières de formation que je vous conseille.

Suivez ces formations diplômantes dans les écoles professionnelles de votre pays (s’il en existe) ou dans votre sous-région.

Si possible, commencer par le cycle moyen (niveau techniciens supérieurs) et après quelques années de pratiques professionnelles (4 à 7 ans), cherchez à aller poursuivre vos études dans les universités ou instituts supérieurs spécialisés pour obtenir des diplômes d’ingénieurs.

Ces filières constituent aujourd’hui les formations qui feront l’avenir de nos territoires et de nos pays demain.

1- Entrepreneuriat rural
2- Mise en place et développement de chaînes de valeurs agricoles et artisanales
3- Électrification solaire
4- Systèmes d’adduction d’eau potable, notamment à travers l’énergie solaire
5- Gestion des coopératives agricoles
6- Gestion du tourisme solidaire en milieu rural
7- Finances publiques locales
8- Agrobusiness et développement durable
9- Santé communautaire
10- Éveil, éducation et protection des enfants
11- TIC et métiers ruraux
12- Techniques de gestion post récoltes
13- Techniques de transformation agroalimentaire
14- Génie rural & techniques de conservation des eaux de ruissellement
15- Les techniques de mobilisation et de médiation sociales
16- L’économie sociale et solidaire
17- Gestion et audit organisationnel et comptable des entreprises rurales
18- Techniques du journalisme sur les métiers ruraux
19-Techniques de vente des produits agricoles et artisanaux
20- La gestion foncière et l’aménagement rural
21- Les techniques de conservation de sols
22- Etc.

L’avenir du continent réside dans le secteur primaire. Pour faire face aux besoins de plus en plus croissants des populations africaines, les bras valides n’auront pas de choix que de faire le chemin inverse : l’exode urbain. C’est à dire retourner dans les territoires ruraux et gérer les potentialités économiques locales : agriculture, élevage, artisanat, tourisme, …

Algassimou DIALLO
Expert Polyvalent en Développement
Passionné des activités économiques locales

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Boké manque d’électricité : des jeunes manifestent dans la ville minière

2 décembre 2019 à 22 10 25 122512

Depuis 20h30 de ce lundi, 02 décembre 2019, la ville minière de Boké est paralysée. Il n’y a ni entrée, ni sortie de motos, encore moins de véhicules. Les jeunes du secteur 400 bâtiments, à la rentrée de la ville, ont bloqué la route. Les véhicules en provenance ou en partance de Conakry sont obligés de rembourser chemin, rapporte le correspondant de Guineematin.com à Boké.

Armés de pierres et de bâtons, les jeunes en colère réclament le courant électrique, disparu dans les foyers du secteur il y a plus d’une semaine. Depuis plusieurs jours, le transformateur de ce secteur a été déclaré hors service et les citoyens sont donc privés du courant électrique. Cette nuit, la patience a semblé atteindre ses limites puisque les citoyens sont descendus dans la rue.

Actuellement, la route est complètement barricadée, les boutiques et magasins situés aux alentours ont brusquement fermés ; et, les quelques concessions qui utilisaient les groupes électrogènes ont préféré les éteindre pour rester dans le noir comme tout le monde afin d’éviter d’éventuels jets de pierres.

Pour le moment (22 heures), aucun agent des forces de l’ordre n’est arrivé sur les lieux où les jeunes sont passés maîtres. Malgré des investissements importants et la présence de 14 sociétés minières dans la zone décrétée poumon économiques de la Guinée, le problème de courant électrique se pose encore à Boké comme la priorité des priorités.

A rappeler que des émeutes contre les délestages du courant électriques avaient entraîné la mort par balles d’au moins trois personnes en 2017 à Boké. Le gouvernement avait annoncé l’ouverture des enquêtes dont les résultats sont toujours attendus. Egalement, les promesses de rétablir une fourniture normale d’électricité n’ont pas été suivies d’effet.

A suivre !

De Boké N’Diaré Diallo pour Guineematin.com
Tél. : 628 98 49 38

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Manifestation du FNDC : les activités paralysées sur la route le Prince

26 novembre 2019 à 12 12 06 110611

La marche pacifique appelée par le FNDC, ce mardi 26 novembre 2019, paralyse les activités le long de la route le Prince, notamment dans la zone Hamdallaye-Bambéto-Cosa. Cette partie de la capitale guinéenne vit aujourd’hui au rythme de la contestation contre un troisième mandat, a constaté un reporter de Guineematin.com qui s’est rendu sur place.

Le commerce est l’une des activités les plus affectées par la marche du Front National pour la Défense de la Constitution. Une manifestation qui se déroule en partie sur l’autoroute Fidel Castro avant de toucher partiellement aussi la route le Prince, à partir du carrefour concasseur, dans le quartier Hamdallaye.

Ce mardi matin, toutes les boutiques situées en bordure de route sont fermées. Plusieurs écoles sont également fermées, la circulation assez fluide, les stations-service et plusieurs autres activités au ralenti. Aucun mouvement n’est en revanche signalé, pour l’heure, dans la zone.

Plusieurs jeunes sont mobilisés au bord de la route, en attendant l’arrivée de Cellou Dalein Diallo qui doit passer par là pour rejoindre le point de ralliement. Plusieurs d’entre eux scandent des slogans hostiles à un troisième mandat pour le président Alpha Condé.

Des pick-up de la police et de la gendarmerie sont garés dans les différents carrefours pour prévenir d’éventuels troubles dans la zone.

Fatoumata Djouldé Diallo pour Guineematin.com

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Manifestation contre Kassory Fofana à Labé : voici le communiqué du Gouvernement

20 novembre 2019 à 20 08 38 113811

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, la visite du Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, a été perturbée par une manifestation. Massivement, ces jeunes se sont mobilisés pour protester de vives voix contre les tueries des manifestants, le refus de la justice pour les victimes et la volonté du régime de changer la Constitution pour permettre au président Alpha Condé de rester au pouvoir après son deuxième et dernier mandat.

Ainsi, après l’entretien avec les sages de la ville, le Premier ministre et sa délégation ont « confinés » dans leur résidence pendant plusieurs heures par des manifestants qui ont érigé des barricades et résisté face contre les forces de l’ordre. C’est à l’arrivée des renforts, en provenance de Mamou que les manifestants ont été dégagés, aux environs de 16 heures.

Très déçu de cet humiliant accueil réservé au Premier ministre, le Gouvernement a regretté ce comportement dans un communiqué que Guineematin.com vous propose ci-dessous :

Communiqué du Gouvernement

Conakry, le 20 novembre 2019 – Dans la matinée de ce mercredi 20 novembre 2019, de jeunes loubards ont tenté de perturber le déroulement normal de la mission de travail de Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement, dans la région administrative de Labé.

Le séjour de travail en Moyenne Guinée de Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement, s’inscrit dans le cadre du lancement des opérations d’identification des bénéficiaires de l’appui de l’Agence Nationale d’Inclusion Economique et Sociale (ANIES).

Le Gouvernement, fortement préoccupé par l’amélioration des conditions de vie des populations vulnérables, déplore ces agissements qui n’honorent pas leurs commanditaires et qui vont à l’encontre des attentes des populations bénéficiaires de l’appui de l’ANIES.

Le Gouvernement saisit cette opportunité pour réitérer son invite au respect des valeurs morales et civiques qui fondent la République.

Le Gouvernement rappelle à tous les citoyens que tout manquement à ces principes républicains exposera les coupables à la rigueur de la loi.

Le Gouvernement de la République de Guinée

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Manifestation contre Kassory à Labé : le FNDC rejette toute implication

20 novembre 2019 à 19 07 40 114011

Comme annoncé précédemment, la visite du Premier ministre guinéen à Labé a été marquée par des mouvements de protestation. Plusieurs jeunes ont manifesté ce mercredi, 20 novembre 2019, dans la rue et devant la résidence d’Ibrahima Kassory Fofana pour exprimer leur opposition au projet de changement de l’actuelle constitution qui permettrait au président Alpha Condé de briguer un troisième mandat.

Accusée par certains d’être à l’origine de cette protestation qui a bloqué le chef du gouvernement guinéen à sa résidence pendant plusieurs heures, l’antenne du FNDC à Labé n’a pas tardé à réagir. Elle rejette toute implication dans les mouvements qui ont secoué la ville.

« En ce qui concerne nos activités, nous FNDC, nous les faisons à visage découvert, on ne se cache pas pour effectuer nos actions. Hier, vous avez vu comment la marche des femmes du FNDC s’est déroulée. Aujourd’hui, on a vu tôt le matin, des élèves sortir huer le cortège du Premier ministre. Donc le FNDC n’est ni de prêt, ni de loin associé à cela. On ne connait pas comment cela s’est passé, on ne peut pas justifier quelque chose qu’on ne connait pas. Le seul appel que nous avons à lancer aux militants du FNDC, c’est de rester connectés à nos communiqués, aux décisions du FNDC. Donc nous demandons à tout un chacun la retenue et à ne pas commettre des actions au nom du FNDC sans l’aval de la coordination », a déclaré Habib Bah, le coordinateur régional du Front National pour la Défense de la Constitution à Labé.

De Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guinéematin.com

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Manifestation contre Kassory Fofana à Labé : des arrestations enregistrées

20 novembre 2019 à 14 02 29 112911

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, le Premier ministre, Ibrahima Kassory Fofana, est « coincé » depuis quelques heures dans sa résidence au quartier Ndiolou, à la rentrée de la commune urbaine de Labé, par des jeunes manifestants en colère.

Selon un des correspondants locaux de Guineematin.com qui est sur place, les agents des forces de l’ordre qui sont déployés autour de la résidence du Premier ministre guinéen ont commencé à procéder à des arrestations.

Mais, des pneus brûlés et des barricades sont toujours visibles sur plusieurs axes routiers de la ville. Malgré ces cas d’arrestations, les manifestants persistent à garder leur position et empêchent le Premier ministre de sortir pour continuer sa tournée dans les préfectures de Pita et Dalaba.

A rappeler que le chef du gouvernement guinéen a dit être allé en Moyenne Guinée (dont Labé est la première étape) pour lancer les opérations d’identification des personnes pauvres et vulnérables en vue de leur offrir la prospérité, via l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES). Mais, il est actuellement « encerclé » dans sa résidence par des jeunes mécontents de sa gouvernance (tueries des jeunes sans justice, etc.) et surtout de la volonté du régime actuel à changer la constitution pour permettre au président Alpha Condé de continuer à diriger la Guinée.

A suivre !

Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Guinée : Kassory Fofana « coincé » à Labé

20 novembre 2019 à 13 01 35 113511

Comme annoncé précédemment sur Guineematin, la matinée était agitée ce mercredi, 20 novembre 2019, sur certaines artères de la ville de Labé. Des jeunes en colère ont érigé des barricades pour protester contre l’arrivée du Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana, rapporte Guineematin.com à travers un de ses correspondants basés dans la capitale du Fouta.

L’atmosphère était irrespirable ce mercredi matin à Labé. Aux environs de 10 h, Kassory Fofana a rendu une visite de courtoisie à Elhadj Mamadou Badrou Bah, inspecteur régional des affaires religieuses. C’est en passant par le carrefour Hoggo M’boûro que le dernier véhicule de son cortège a essuyé des jets de pierres provenant de certains jeunes opposé à sa venue à Labé.

Ils y ont érigé des barricades avant de faire face aux agents des forces de l’ordre, décidés à ramener le calme en pulvérisant du gaz lacrymogène sur les protestataires. C’est le cas du rond point Hoggo m’Boûro où un important dispositif de sécurité a été déployé.

Certains agents de la MIS ont tenté de ramener l’ordre, mais en vain. Des cailloux pleuvaient de partout. Ils étaient contraints de quitter les lieux. Toutes les activités ont été paralysées. Le marché central n’est pas épargné par cette paralysie.

Des jeunes continuent à manifester dans les rues avec des slogans hostiles au Premier ministre.

Ibrahima Kassory Fofana est à Labé dans le cadre du lancement de l’Agence Nationale de l’Insertion Economique et Sociale (ANIES). Actuellement, les jeunes tiennent les barricades au niveau du carrefour Yali, fermant ainsi au Premier ministre la sortie pour la suite de sa tournée à Pita et Dalaba.

Nous y reviendrons !

Depuis Labé, Alpha Boubacar Diallo pour Guineematin.com

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Koundara : des jeunes en colère contre le maire, accusé de vendre un domaine public

19 novembre 2019 à 16 04 54 115411

Les jeunes de la commune urbaine de Koundara sont très remontés contre le maire, Mamadou Baïlo Diallo, plus connu sous le nom de Kanté. Ils accusent l’élu local d’avoir bazardé « le seul espace public » de la ville à un particulier qui avait engagé des travaux sur les lieux. C’est dans ce cadre qu’ils ont manifesté hier, lundi 18 novembre 2019, en détruisant les agrégats qui s’y trouvaient entassés, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Depuis bientôt dix jours, le torchon brûle entre un groupe de jeunes du quartier Hamdallaye, dans la commune urbaine de Koundara, et le maire, Mamadou Saliou Diallo. Les jeunes accusent l’élu local d’avoir revendu le seul espace public non bazardé de la commune, situé à côté du nouveau marché.

Joint au téléphone par Guineematin.com dans l’après-midi de ce mardi, 19 novembre 2019, Alpha Oumar Diallo, président du collectif des jeunes manifestants, a expliqué comment on en est arrivé là. « C’est une manifestation de jeunes qui a eu lieu ici à Koundara hier lundi. Depuis le lundi, 11 novembre 2019, il nous est arrivé de constater que le seul lieu public réservé dans la commune urbaine avait été morcelé. Donc, après avoir fait le constat, nous les jeunes, nous nous sommes demandés qui l’a fait. Deux jours après, on n’a pas eu de réponse. On a juste vu des agrégats posés sur place et des tracés d’une maison. Les ouvriers sont venus immédiatement commencer le travail », a entamé notre interlocuteur.

Plus loin, Alpha Oumar Diallo a expliqué que les jeunes de Koundara ont alors décidé de ne pas croiser les bras. « C’est le seul lieu public qui reste à Koundara, tout le reste a été vendu, bazardé. Donc la jeunesse du quartier s’est mobilisée. C’est ainsi qu’on a appris que c’est le maire qui a revendu le domaine. On a appelé de nombreux conseillers communaux, y compris le vice-maire. Ce dernier, qui est ancien président de la délégation spéciale, nous a dit qu’il n’était pas au courant. On s’est dit que c’était illégal que le maire prenne seul une telle décision de revendre un domaine public sans même informer les autres conseillers communaux. Nous sommes allés voir les gens qui occupaient le terrain en leur disant de libérer les lieux », a expliqué monsieur Diallo.

A la question de savoir si des démarches ont été menées pour rencontrer le maire, notre interlocuteur répond par l’affirmative. « Avec notre chef de quartier, Alimou Sy, qui est par ailleurs conseiller communal, nous avons discuté et on lui a posé le problème. Il nous a répondu qu’il n’en savait rien. Ainsi, nous lui avons demandé de faire arrêter les travaux. Quand il le leur a dit, ils ont obéit pour un début. Ensuite, nous l’avons mandaté chez le maire avec un écrit. Il est allé rencontrer le maire. Mais, ce dernier ne nous a pas pris au sérieux ».

Devant ce silence du maire, les jeunes sont passés à la vitesse supérieure. « Nous nous sommes finalement rendus sur les lieux pour boucher les trous creusés ces derniers jours. On a tout saccagé », a-t-il laissé entendre.

Joint à son tour au téléphone, le maire de Koundara s’est trouvé un bon alibi pour ne pas répondre aux questions de Guineematin.com malgré toute notre insistance. « Je suis au champ comme ça, je ne peux rien vous dire. Je fais ma récolte en ce moment. Je vais vous appeler le soir », a-t-il lancé.

Le chef du quartier de Hamdallaye, Alimou Sy, a préféré donner son téléphone à une femme qui a laissé entendre que notre reporter s’est trompé de numéro.

A suivre !

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 628 17 99 17

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Marche du FNDC dispersée à Conakry : le véhicule de Sidya endommagé, des heurts à Bambéto

14 novembre 2019 à 14 02 53 115311
Le véhicule de Sidya Touré, président de l’UFR, endommagé à Gbéssia

Comme annoncé précédemment, la marche du FNDC de ce jeudi, 14 novembre 2019, a été de courte durée. Les manifestants ont été dispersés au niveau de Gbessia après des accrochages des jeunes et les forces de l’ordre. Suite à cette situation, le véhicule de monsieur Sidya Touré, président de l’UFR, a été endommagé à Gbessia.

Par ailleurs, selon un reporter de Guineematin.com qui est sur place, des échauffourées ont éclaté aussi au niveau du rond-point de Bambéto.

Après la dispersion de la marche, plusieurs manifestants, en colère, ont quitté l’aéroport pour remonter vers Bambéto. A leur arrivée au rond-point de Bambéto, ils ont jeté des cailloux sur les agents des forces de l’ordre déployés sur les lieux. Ces derniers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et même des coups de feu pour disperser les jeunes.

Actuellement (14’15), la situation est très tendue sur les lieux. Le rond-point de Bambéto a été complètement déserté par les citoyens. Les forces de l’ordre qui contrôlent la zone continuent de procéder à des tirs de sommation.

Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Manif du FNDC à Conakry : plusieurs jeunes prêts « à se sacrifier » contre le 3ème mandat

14 novembre 2019 à 12 12 23 112311

A l’appel du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC), plusieurs jeunes sont sortis ce jeudi, 14 novembre 2019, pour encore une fois dire non au projet de nouvelle constitution qui ouvrirait la voie à un 3ème mandat pour Alpha Condé. Le carrefour de l’aéroport, point de ralliement des protestataires, est envahi par de nombreux acteurs qui ne cachent pas leur aversion pour le contesté projet de 3ème mandat.

Déjà, Foniké Mengué, le coordinateur par intérim du Front national pour la défense de la Constitution et Me Abdou Kébélé Camara, ancien ministre qui est devenu opposant au régime Alpha Condé sont arrivés sur les lieux. Ils seront rejoints dans les minutes qui suivent par les autres leaders…

Interrogés par un des reporters de Guineematin.com, nombre d’entre eux ont réaffirmé leur motivation dans cet engagement citoyen.

Décryptage !

Younoussa Tounkara, activiste : « je suis sorti parce que j’ai envie que mon pays prenne un nouvel élan. Je voudrais que désormais, lorsqu’on élit un président de la République, qu’il fasse deux mandats. Après ses deux mandats, qu’il cède la place à un autre guinéen. Nous sommes douze millions de guinéens… Je voudrais que le président de la République accepte d’oublier son projet de troisième mandat. Parce que, lui même il a dit à la presse sénégalaise que s’il y a nouvelle constitution, il y aura troisième mandat. Quand il y a révision constitutionnelle, il n’y aura pas de troisième mandat. S’il dit que son dernier mandat est dédié à la jeunesse, cette jeunesse lui demande de ne pas toucher à la constitution. C’est aussi simple que ça ».

Ibrahima Binta Barry : « depuis le 14 octobre 2019 jusqu’au 24 du même mois, je ne suis pas sorti pour manifester. C’est aujourd’hui que je signale mon arrivée à la manifestation du FNDC. Connaissant un peu la souffrance des guinéens, si je croise les bras à la maison en restant indifférent face à cette situation, je pense que ce serait de l’hypocrisie. Voilà pourquoi je me suis dit qu’il faut participer à la marche du FNDC parce que c’est une lutte commune et c’est pour la liberté de tout le monde ».

Haoulatou Bah : « nous sommes là pour barrer la route à Alpha Condé et à son clan qui veulent modifier la constitution guinéenne. Nous sommes déterminés à les combattre jusqu’à ce qu’ils arrivent à renoncer à ce projet de changement de la constitution. Il est temps de combattre ces gens là jusqu’à la victoire finale ».

Elhadj Aliou Diallo, membre du FNDC : « je suis là d’abord en tant que citoyen qui veut lutter contre l’injustice, contre l’impunité mais aussi contre un projet suicidaire de nouvelle constitution. Nous sommes là pour demander la libération de nos détenus, Abdourahmane Sanoh et ses compagnons, demander à Alpha Condé de dire à la justice d’arrêter ceux qui ont assassiné nos frères. La chemise rouge que je porte signifie le sang de nos amis tués et qui coule dans nos veines. Nous disons à Alpha Condé de renoncer à son projet de nouvelle constitution. Il n’est pas le seul guinéen. En 2020, un autre peut venir continuer. Il a lutté pendant 40 ans pour l’instauration de la démocratie et aujourd’hui c’est lui qui se trouve au pouvoir et il doit comprendre qu’il peut partir. Je ne suis pas là aujourd’hui seulement, je serai là demain encore si je suis en vie. Je suis prêt à mourir pour la vérité, mes amis ont été assassinés. Il y a eu 120 guinéens qui ont été assassinés depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir. On ne peut pas nous intimider pour dire qu’on va vous tuer. Nous sommes déjà habitués à ça. J’ai des amis qui ont été tués, qui sont morts dans mes mains. Donc, si aujourd’hui je meurs, d’autres amis pourront continuer le combat. Voilà pourquoi nous sommes là et nous invitons tous les jeunes guinéens à venir accompagner cette lutte qui est un combat noble. Nous sommes des guinéens et nous ne pouvons pas attendre des sénégalais pour venir nous aider ».

Siradiou Sounkine : « c’est l’acte 4 du FNDC. Nous sommes sortis pour manifester contre l’idée d’une nouvelle constitution. Nous sommes sortis pour dire au président Alpha Condé que nous ne sommes pas d’accord avec lui en ce qui concerne l’idée d’un troisième mandat. Cette nouvelle constitution vise à pérenniser Alpha Condé au pouvoir au delà de son mandat qui doit finir le 21 décembre 2020. Nous ne sommes pas contre Alpha Condé. Nous le critiquons, c’est pour qu’il se perfectionne et qu’il respecte les lois de la République. Il doit nous aimer de la même manière que nous l’aimons. Nous sommes contre le fait qu’il veut se pérenniser à la magistrature suprême et ça, c’est au prix de notre vie ».

Propos recueillis par Siba Guilavogui pour Guineematin.com

Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Manif du FNDC Kindia : l’axe Pavillon Bleu-Sans Loiyah déserté par les citoyens

14 novembre 2019 à 12 12 14 111411

La marche prévue par le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) de Kindia ce jeudi, 14 novembre 2019, a provoqué une paralysie des activités commerciales au centre-ville. Les boutiques et magasins du carrefour Pavillon Bleu via Sans Loiyah, qui reçoivent chaque jour des centaines de personnes, sont affectés ce jeudi pour cette manifestation qui n’a pas reçu l’aval des autorités locales de Kindia, rapporte l’un des correspondants de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Ce jeudi, 2ème acte des séries de manifestation des membres du FNDC de Kindia contre le 3ème mandat pour Alpha Condé, l’on constate une paralysie des activités sur certains axes de la cité des agrumes. Toutes les boutiques et magasins sont fermés dans le plus grand centre de la ville à Sans Loiyah, ainsi que sur l’axe du 3 avril jusqu’au carrefour Wambélé en passant par le Pavillon Bleu.

Selon le constat fait sur le terrain par notre reporter, la plupart des commerçants sont devant leurs boutiques pour veiller aux grains et s’assurer que tout se passera normalement.

Après avoir mobilisé une marée humaine lors de la précédente manifestation, le FNDC Kindia ne compte pas lâcher prise. Il compte, selon son coordinateur régional, Alsény Farinta Camara, descendre dans la rue dans les minutes qui suivent malgré l’interdiction faite par la mairie.

Les responsables du mouvement se regroupent actuellement au carrefour Condetayah, dans Tafori, pour la gare routière, le point de départ de la marche.

Cette fois ci à Kindia, la manifestation pourrait se dérouler sous une haute tension car les forces de l’ordre, à bord de leurs pickups, sont entrain de sillonner le centre ville.

Nous y reviendrons !

Mohamed M’bemba Condé pour Guineematin.com

Tél. : 628 51 88 88

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Siguiri : des jeunes en colère ferment le siège du RPG Arc-en-ciel

7 novembre 2019 à 17 05 55 115511

Plusieurs jeunes en colère ont manifesté ce jeudi, 07 novembre 2019, à Siguiri. Ils protestaient contre les responsables des différentes sections du RPG Arc-en-ciel de la commune urbaine, accusés de corruption et de favoritisme, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Les manifestants ont envahi le siège local du RPG Arc-en-ciel. Ils ont fermé le local et ont campé sur les lieux. Ces jeunes dénoncent les agissements de la commission mise en place par les secrétaires généraux des 8 sections du parti au pouvoir dans la ville de Siguiri. Cette commission est chargée de procéder au recrutement des travailleurs locaux pour la société minière SAG, basée dans la préfecture. Mais, ses membres sont accusés de corruption et de favoritisme dans son travail.

« Lorsque le RPG Arc-en-ciel avait 4 sections dans la commune urbaine de Siguiri, les 4 secrétaires généraux avaient mis en place une commission qui travaillait bien. Mais, après la restructuration du parti qui est passé à 8 sections ici, les secrétaires généraux de ces 8 sections ont décidé de dissoudre la commission qui était là pour mettre en place une autre sans associer la jeunesse.

Aujourd’hui, les jeunes soupçonnent les membres de cette commission de favoritisme et de corruption dans le recrutement. C’est ce qui est à l’origine de cette manifestation », explique Bakary Keita, secrétaire général de la jeunesse de Bolibana 1.

Peu après le début de la manifestation, la CMIS est intervenue pour disperser les protestataires et ouvrir les portes du siège du RPG Arc-en-ciel. Actuellement, l’endroit est gardé par plusieurs agents de la police.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guineematin.com

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Tirs sur le cortège funèbre : 1 mort et 3 blessés dans les urgences

4 novembre 2019 à 16 04 28 112811

La situation politique guinéenne est vraiment préoccupante face à la volonté du régime Alpha Condé de se maintenir au pouvoir après son deuxième et dernier mandat, des jeunes Guinéens sont en train d’être tués, sans aucune raison…

Alors qu’ils étaient partis accompagner les onze jeunes qui ont été tués lors des premières manifestations contre le président Alpha Condé à Conakry (les 14, 15 et 16 octobre dernier), d’autres jeunes ont été blessés, eux-aussi par balles réelles ce lundi, 04 novembre 2019. Et, un d’entre eux a finalement rendu l’âme, a appris Guineematin.com d’une source proche de l’opposition.

Selon les adversaires du régime Alpha Condé, c’est suite à une attaque, suivie de tirs sur le cortège funèbre que d’autres personnes ont été blessées par balles. Parmi ces victimes, il y a Abdoul Rahimy Diallo, âgé de 17 ans, qui a succombé à sa blessure ! Et, trois autres victimes seraient sous soins intensifs actuellement.

A suivre !

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Hôpital sino-guinéen : les familles attendent les corps de leurs enfants

4 novembre 2019 à 10 10 27 112711

Les 11 jeunes tués par balles en marge des manifestations du 14 octobre dernier et les jours qui ont suivi vont rejoindre leur dernière demeure ce lundi, 04 novembre 2019. Déjà, les familles attendent les corps de leurs proches à la morgue de l’hôpital sino-guinéen de Kipé, rapporte un journaliste de Guineematin.com qui est sur place.

Comme on le sait, les corps des jeunes tués en marge des récentes manifestations appelées par le FNDC vont être inhumés ce lundi. Mais, au lieu que le cortège funèbre ne commence à la morgue de l’hôpital Ignace Deen où les corps étaient retenus par l’Etat depuis plus de deux semaines, c’est maintenant de l’hôpital sino-guinéen de Kipé qu’il partira.

Ainsi en a décidé le gouvernement du Professeur Alpha Condé, qui a transféré les corps dans cet établissement hospitalier, plus proche du cimetière de Bambeto où l’inhumation aura lieu. Actuellement, la tristesse se lit sur les visages des proches des victimes présents sur les lieux. Ils attendent de récupérer les corps pour les transporter à la mosquée de Bambeto. L’inhumation est prévue à 14 heures.

A noter que les forces de l’ordre composées uniquement de gendarmes ont repoussé les journalistes qui étaient présents à la morgue de l’hôpital sino-guinéen ce matin.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Le Gouvernement et ses 11 cadavres : les familles solidaires du FNDC

2 novembre 2019 à 13 01 44 114411

Comme annoncé précédemment, les autorités guinéennes ont finalement accepté de rendre les corps des 11 jeunes tués dans les manifestations du FNDC des 14, 15 et 16 octobre dernier. Mais, le gouvernement exige aux familles des victimes de venir récupérer individuellement les corps pour les inhumer de façon discrète. Cela, afin d’empêcher la marche funèbre prévue par le FNDC pour accompagner les jeunes à leur dernière demeure. Une imposition que refusent les familles, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Selon le père de Mamadou Lamarana Bah, jeune tué à Sonfonia, il n’est pas question d’accepter cette exigence des autorités. « Nous, les familles des victimes, on s’est concertés dès le début et on a décidé d’organiser les funérailles de nos enfants ensemble, en commun accord avec le FNDC. Donc, si les autorités disent aujourd’hui que le FNDC ne doit pas se mêler de ça et qu’il faut que chaque famille aille récupérer le corps de son fils pour l’enterrer discrètement, on n’est pas d’accord avec ça et on ne peut pas l’accepter. S’ils refusent qu’on fasse les funérailles ensemble, nous leur dirons alors de garder là-bas les corps. Mais, nous n’accepterons pas du tout d’aller récupérer individuellement les corps pour les enterrer discrètement. Il n’est pas question d’accepter cela », a-t-il indiqué.

Même son de cloche chez le père d’Abdoul Wahid Diallo, l’un des jeunes tués à Wanindara. Lui aussi refuse de récupérer et inhumer discrètement le corps de son fils. « Nous sommes et restons derrière le FNDC. C’est le FNDC qui a appelé aux manifestations pendant lesquelles nos enfants ont été tués et c’est lui qui s’occupe de l’affaire depuis le début. Donc, si on dit aujourd’hui que le FNDC doit se retirer de l’affaire, nous aussi on se retire et on laisse les corps avec eux », a laissé entendre le père de famille.

Pour l’heure, les corps des 11 jeunes se trouvent à l’hôpital sino-guinéen de Conakry, où ils ont été transférés ce matin. Mais à l’allure où vont les choses, les autorités guinéennes risquent de se retrouver devant un dilemme : faut-il inhumer les corps sans leurs familles ou les retourner à la morgue de l’hôpital Ignace Deen pour éviter qu’ils ne pourrissent ? C’est le souci auquel nos gouvernants devraient être confrontés.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628124362

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Jeunes tués dans les manifs du FNDC : le gouvernement impose des obsèques discrètes aux familles

2 novembre 2019 à 11 11 18 111811

Après avoir refusé dans un premier temps de les rendre à leurs familles pour leur enterrement, les autorités guinéennes ont annoncé finalement que les corps des 11 jeunes tués dans les manifestations appelées par le FNDC les 14, 15 et octobre sont disponibles. C’est le procureur de Dixinn qui a fait l’annonce dans la soirée du vendredi, 1er novembre 2019. Mais, les autorités refusent catégoriquement la marche funèbre que le FNDC et les familles des victimes comptaient organiser pour accompagner les jeunes à leur dernière demeure, a appris Guineematin.com d’un membre du Front National pour la Défense Constitution.

Dans son communiqué diffusé vendredi soir sur les antennes de la télévision nationale, Sidy Souleymane N’Diaye, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn, a annoncé que les corps sont disponibles et invité les familles des victimes à venir les récupérer. Mais, le même communiqué précise que les corps ne sont plus à la morgue d’Ignace Deen. Ils ont été transférés à l’hôpital sino-guinéen. Et, selon un membre du FNDC, l’objectif de cette démarche est d’empêcher toute mobilisation à l’occasion des funérailles de ces jeunes.

« C’est ce matin, à 9 heures, qu’ils ont déposé tous les corps à l’hôpital sino-guinéen. Le problème, c’est qu’ils veulent nous imposer une procession funèbre discrète. D’abord, entre l’hôpital sino-guinéen et le cimetière de Bambeto, la distance est courte. Et puis, plusieurs services de sécurité sont déployés là-bas. On note la présence du Colonel Balla Samoura qui dirige l’opération, Tiegboro et de plusieurs de ses hommes.

Ils ont laissé entendre que ce sont les familles des victimes qui doivent venir prendre les corps, ils ne veulent pas du tout que le FNDC se mêle de ça. Et les conditions dans lesquelles se trouvent les corps, les familles sont obligées de récupérer pour les inhumer aujourd’hui ou au plus tard demain matin pour ne pas qu’ils se décomposent. Ils ont complètement déshumanisé la Guinée », déplore notre interlocuteur.

Un reporter de Guineematin.com est à l’hôpital sino-guinéen pour en savoir plus sur cette situation.

A suivre !

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Urgent : l’inhumation des jeunes tués lors des manifs du FNDC reportée

30 octobre 2019 à 11 11 05 100510

C’est l’un des leaders du Front National pour la Défense de la Constitution qui a fait l’annonce il y a quelques instants. Les funérailles des personnes tuées à Conakry lors des manifestations contre un troisième mandat pour le président Alpha Condé n’auront pas lieu ce mercredi, 30 octobre 2019, comme c’était initialement prévu. Le gouvernement a refusé de rendre les corps à leurs parents, obligeant le FNDC à reporter les obsèques à demain, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes.

Malgré le communiqué publié hier soir par le ministère de Santé et annonçant que les corps ne sont pas encore disponibles puisque les autopsies ne seraient pas encore terminées, le FNDC, en commun accord avec les familles des victimes, avait décidé de maintenir le programme des funérailles des onze jeunes tombés sous les balles des forces de l’ordre lors des manifestations des 14, 15 et 16 octobre dernier à Conakry.

Ce jeudi matin, plusieurs leaders du Front National pour la Défense de la Constitution et des membres des familles des victimes ont rallié la morgue de l’hôpital Ignace Deen de Conakry pour tenter de récupérer les corps. Mais, il leur a été signifié encore une fois qu’ils ne peuvent pas récupérer les corps et qu’ils doivent attendre un peu plus, le temps que les services compétents terminent les autopsies.

C’est ainsi que le FNDC a annoncé le report des obsèques à demain, jeudi 31 octobre 2019. Une date qui sera également difficile à respecter puisque la réception organisée par le pouvoir à l’endroit du président Alpha Condé, de retour d’un séjour à l’étranger, est prévue ce même jour. Pas sûr donc que les autorités acceptent de rendre les corps demain aussi.

Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

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Transporter des bagages pour manger : la dure vie de plusieurs jeunes à Conakry

29 octobre 2019 à 18 06 42 104210

Ils sont nombreux à Conakry, les jeunes qui bataillent dur pour survivre. Parmi eux, on retrouve les portefaix : des personnes qui ont pour travail de transporter des bagages pour d’autres en contrepartie d’une rémunération. Leur vie est loin, très loin même d’être rose, mais ils font avec en attendant de trouver mieux. Un reporter de Guineematin.com est allé à la rencontre de quelques-uns d’entre eux au marché de Matoto.

Ils sont toujours sales et pressés. Et même pour ceux qui ne sont pas physiquement très grands, ils sont quand même assez solides. Car de la force, ils en ont vraiment besoin. Les portefaix sont toujours à la recherche du moindre bagage à transporter pour avoir une somme d’argent.

Moussa Camara est l’un d’eux. Il reconnait qu’il fait ce travail parce qu’il n’a pas le choix. « Ce qui m’a poussé vraiment à faire ça, c’est parce que je n’ai pas trouvé un autre travail. Je n’ai pas étudié et il faut que je fasse ça pour éviter de voler ou quémander », explique-t-il.

Mais, ce concitoyen ne veut pas passer sa vie à faire ce travail. Il attend juste la première occasion pour la saisir. « Si j’ai la chance d’avoir des moyens ou une bonne relation qui pourrait m’aider, je vais abandonner ce travail pour faire autre chose. Je suis là actuellement parce que je n’ai pas trouvé mieux. Sinon ce n’est pas par plaisir que je fais ce travail », soutient Moussa.

Lancinè Fofana fait le même travail au marché de Matoto. Contrairement à son prédécesseur, lui a un métier. Il est chauffeur de profession. Mais, n’ayant pas de voiture pour travailler, il s’est reconverti temporairement en portefaix pour trouver de quoi vivre. « On fixe les prix en fonction des bagages à transporter et de la distance à parcourir. Par exemple, pour débarquer un conteneur rempli, le prix c’est 400 000 francs. On fait le travail en groupe et on se partage l’argent », souligne notre interlocuteur.

Boubacar Diallo aussi fait la même activité pendant plusieurs années. Aujourd’hui, il est fier d’avoir fondé une famille grâce à son travail. « Je suis un père de famille, je suis marié à une femme et nous avons trois enfants. Il n’y a personne qui m’aide, c’est grâce à ce métier que je paye mon loyer et m’occupe de toutes les dépenses de ma famille », raconte-t-il avec fierté.

Monsieur Diallo s’empresse de préciser cependant que son travail est tout sauf facile. En plus de la lourdeur de certains bagages, la fatigue que cela engendre…, il rencontre des situations bien plus préoccupantes pour lui. « Je rencontre beaucoup de difficultés. Il y a certains qui m’insultent, d’autres m’accusent et parfois même il arrive que je me batte avec des gens. Parce qu’il y a des méchants qui vont chercher à te créer des problèmes des problèmes et t’emmener à la police. L’argent qu’on gagne là, certains sont jaloux de nous voir gagner ça. C’est difficile pour nous », a laissé entendre Boubacar Diallo.

A noter que parmi les jeunes qui s’adonnent à cette activité, beaucoup sont des SDF (Sans Domicile Fixe). Ces derniers passent la nuit le plus souvent dans les marchés et devant certaines boutiques.

Mohamed DORE pour Guineematin.com

Tél. : +224 622 07 93 59

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