image, tirage au sort pour les matchs du sily Depuis que le résultat du tirage au sort de la CAN 2015 du 17 janvier au 8 février en Guinée Equatoriale est tombé, nombreux sont les Guinéens qui sont devenus sceptiques quand à une bonne participation du syli national. Simplement parce qu’il va évoluer dans le groupe qualifié de groupe de la mort.

Sans trop leur donner raison, je dirais que notre équipe nationale garde ses chances de qualification pour le second tour intactes. Car les adversaires dont il s’agit (Cameroun- Côte d’Ivoire- Mali) sont plus précédés d’une réputation comme le tigre qui montre sa ‘’tigritude’’ que de forces réelles sur le terrain. En tout cas, si on se réfère à leurs dernières prestations ajoutées à l’usure du temps et au difficile et lent renouvellement de leurs effectifs, on peut parier que le syli peut sortir du lot. Surtout qu’à l’opposé de ses adversaires, il est une équipe en devenir qui avait fait sensation à la CAN 2012 à Franceville au Gabon et qui est en phase terminale d’un mixage et d’une symbiose réussis grâce au laborieux travail pédagogique de son entraîneur le Français Michel Dussuyer. Ce dernier aussi marque une différence par rapport à ces sorciers blancs qui écument le continent avec leurs recettes et leur gourmandise à avaler les maigres budgets de nos Etats au nom de la force magique de mobilisation du roi foot. La longévité de Michel Dussuyer aux commandes, son œil peu regardant de l’argent (il est resté 10 mois sans être payé) parait-il en font plus un pédago psychologue à la Souleymane Cherif qu’un simple technicien du ballon rond.

Les éléphants de Côte d’Ivoire, c’est ce qu’on peut appeler l’abondance qui nuit. Grand effectif sur le papier, aucun résultat sur le terrain pour la génération Drogba qu’on peut qualifier de maudite et dont les restes comme Yaya Touré ne peuvent en aucune manière influencer moralement les jeunes joueurs du syli dont la CAN constitue une vitrine pour mieux se faire connaitre et se vendre. Même si face à eux il y aura de nouveaux venus qui ont la même ambition de s’affirmer. L’éléphant ivoirien peut être le stéréotype du lion camerounais dont la crinière a vieillie aussi sous l’effet des difficiles et douloureuses aventures à la recherche de quoi manger. Apres des sorties giboyeuses, ses coups de pattes n’ont plus la force terrible du roi même dans la forêt du mont Febe à Yaoundé. A l’image d’un Samuel Etoo qui tarde à passer le témoin et c’est un secret de polichinelle que de dire que le football camerounais vit dans une tourmente qui n’est pas de nature à créer un environnement favorable à une bonne prestation des lions. La troupe n’a pas encore retrouvé son homogénéité après sa débâcle de la coupe du monde qui a laissé des divergences entre les joueurs qui se disputent le leadership au crépuscule de Samuel Etoo.

Mon problème c’est le Mali, le frère, le demi frère, le faden comme on le dit en malinké. En phases finales de CAN 2004 en Tunisie, 2012 au Gabon, les aigles ont dicté leur loi au syli national.

Guinée- Mali se joue moins sur le terrain que dans les gradins, je vais plus loin pour dire dans les pays. Aussi vrai que les aigles ont un effectif de qualité menés par l’inusable Seydou Keita, des jeunes loups pour la plupart très présents dans les championnats européens surtout en France à l’image de Diabaté de Bordeaux, sûr que le syli actuel dispose d’hommes d’armes et de munitions capables de faire parler la poudre à cette CAN qui se joue loin de ses terres. Contre le Mali, ce sera cette terrible vérité, les combats qui se gagnent sur le terrain sont ceux qui le sont d’abord dans les cœurs et dans les esprits. Mais à l’évidence, le syli garde ses chances intactes et c’est d’ailleurs infiniment mieux de commencer par le plus dur et se faire des galons dans cette épreuve d’emprunt constant de l’échelle de l’effort. Surprendre et vaincre les adversaires du groupe à la matinal du laitier et continuer la marche jusqu’à la brillance du couchant. Le problème du syli national à cette CAN et à celles auxquelles il a déjà pris part se trouve parfois moins sur le terrain qu’au ministère des Sports, à la fédération et au pays en raison de certains comportements d’hommes et de femmes qui sentent et reniflent l’odeur de l’argent et qui font de notre équipe nationale un tremplin politique et une officine d’additions faramineuses et de soustractions honteuses. L’exceptionnel mérite du syli réside dans le fait qu’à cause d’Ebola il a joué tous ses matchs à l’extérieur. Sa qualification est donc largement méritée et prouve qu’il est bien en celle pour continuer la marche à condition qu’il ne soit pas sacrifié à l’autel des intérêts égoïstes et des prétentions fallacieuses.

Amadou Dioulde Diallo, depuis New York pour Guineematin.com

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