Le dernier bilan disponible (du 27 juillet) de l’organisation mondiale de la santé est très lourd : un million trois cent mille (1.300) cas avec 728 morts dans les trois pays. La République de Guinée, notre pays, (où cette grave épidémie s’est déclarée depuis janvier) a subi plus de dégâts : 339 morts, la Sierra Léone 233 et le Libéria 156 morts.

Dans ces deux derniers pays, les chefs d’Etat ont presque tout arrêté pour faire face à l’épidémie. Les présidents léonais et libériens ont annoncé à leurs concitoyens qu’ils sont en danger, s’ils ne respectent pas scrupuleusement les mesures de prévention. La sévérité du ton de ces deux chefs d’Etat est accompagnée des actes très forts et éloquents. Ernest Bai Koroma (Président de la Sierra Léone) et Ellen Johnson Sirleaf ont, chacun, renoncé à leur participation au sommet Afrique-USA de Washingtown.

Les principaux actes majeurs et grandes mésures des chefs d’Etat léonais et libérien

En Sierra Léone : 

Les Présidents Barack Obama et Ernest Baï Koroma à la Maison Blanche

Les Présidents Barack Obama et Ernest Baï Koroma à la Maison Blanche

C’est hier (jeudi 30 juillet 2014) que le président Ernest Baï Koourouma a décrété l’état d’urgence face à cette fièvre hémorragique !

Le chef de l’Etat léonais a annulé les voyages à l’étranger de ses ministres à l’exception des « engagements absolument essentiels », et toutes les réunions publiques, sauf celles consacrées à l’épidémie, et le renvoi du Parlement.

Dans un discours solennel, le président Baï Kourouma a parlé de « défi exceptionnel » et expliqué avoir « décrété l’état d’urgence pour nous permettre de prendre des mesures plus fermes, sur une période de 60 à 90 jours, éventuellement reconductible ».

« Ebola est une réalité et nous devons arrêter sa propagation. Il y a eu plus de 130 survivants de cette maladie », a notamment dit le chef de l’Etat, insistant sur les chances de guérison des personnes admises dans les centres médicaux.

Ernest Baï Kourouma a énuméré d’importantes disposions de son combat contre l’épidémie d’Ebola, comme le placement en quarantaine des foyers d’Ebola, l’escorte des travailleurs sanitaires par les forces de sécurité et des perquisitions pour repérer les malades présumés, et sommé ses compatriotes de rester chez eux le lundi 4 août.

Au Libéria

Barack Obama et Ellen Johnson Searlif

Barack Obama et Ellen Johnson Sirleaf

La présidente, Ellen Johnson Sirleaf, a ordonné la fermeture de toutes les écoles ! La fermeture, également, de ‘’tous les marchés dans les zones frontalières’’ avec ses trois voisins, ainsi que des mesures de quarantaine visant certaines localités, « dont l’accès serait limité aux personnels des services de santé ».

La présidente libérienne a en outre décidé le placement « en congé obligatoire de 30 jours » de « tout le personnel non essentiel » du secteur public et que ce vendredi serait « chômé pour permettre la désinfection des bâtiments publics ».

En Guinée

Le président Alpha Condé a réitéré sa décision d’aller aux Etats Unis pour assister au sommet Afrique-USA du 3 au 8 août. Or, notre pays est non seulement plus durement touché par la fièvre hémorragique à virus Ebola (dont il est pourvoyeur de la sous région), mais également nous venons d’être frappé d’un drame qui a arraché 34 de nos jeune compatriotes le 29 juillet dernier.

Morgue : des corps entassés

Morgue : des corps entassés

« Nous n’avons pas élu Alpha Condé pour voyager, mais pour s’occuper des problèmes internes des Guinéens », protestait hier l’opposant Sidya Touré, président de l’UFR.

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