Ecole KoinLa psychose d’Ebola est devenue un difficile frein à l’ouverture effective des classes dans certaines parties de la Guinée, notamment à Tougué où les populations des district de Malipan, situé à 7 km au nord de la commune rurale de Koïn et de Kégnah, situé à 20 kilomètres toujours au nord de Koïn, empêche la reprise des cours dans ces deux localités, invoquant la peur de contamination des enfants par les thermo flashs et l’eau chlorée…

Les populations des districts de Malipan et de Kégnah refusent catégoriquement pour le moment que leurs enfants partent à l’école pour ne pas qu’ils lavent leurs mains au chlore, ou qu’ils soient thermo-flashés. Selon elles, ces produits et outils utilisés dans les écoles  contiennent la fièvre hémorragique à virus Ebola.

Selon Abdoulaye Baldé, jeune citoyen rencontré par le correspondant de Guineematin.com à Koin : « Nos parents ont reçu des mauvaises informations venant de toute part qui leurs font savoir qu’on veut contaminer leurs enfants une fois à l’école. Ils leurs disent de retenir leurs enfants dans les domiciles. Etant natif de Malipan, nous avons tenté en vain de sensibiliser nos parents pour qu’ils comprennent », a-t-il dit.

Ces mêmes citoyens de Malipan menaceraient toute personne qui thermo-flasherait leurs enfants ou leur laverait les mains au chlore…

Alertées, les autorités locales de Koïn (sous préfet, maire, chef du centre de santé de Koïn) se sont rendues, l’un après l’autre, à Malipan pour passer des messages de sensibilisation à l’endroit de ces citoyens afin qu’ils libèrent les enfants. Même le gouverneur de Labé, de passage le jeudi 22 janvier 2015, a profité pour les sensibiliser. Mais, jusqu’à présent, les enfants sont absents des écoles par peur d’être contaminés. « jusqu’au lundi 19 janvier 2015, il y avait zéro élève présent et jusqu’hier il y avait que 9 élèves à Malipan », a confié Abdoulaye Baldé.

Deux parents d’élèves rencontrés avant-hier, vendredi, aux environs de 17 heures, sur place ont confirmé à Guineematin.com cet état de fait, tout en déplorant le comportement de ceux qui empêchent leurs enfants d’aller à l’école.

Egalement, au district de Kégnah, situé à 20 kilomètres au nord de Koïn, c’est le même climat qui prévaut. Depuis la rentrée, aucun cours n’a été dispensé faute d’élèves. Dans ce village aussi les populations ont la même perception de la situation. Ils accusent les enseignants de « complicité avec le pouvoir pour tuer leurs enfants ». Certains parents d’élèves rencontrés sur place par Guineematin.com demandent aux enseignants de donner l’exemple : «  Pour que nos enfants se lavent les mains au chlore ou soient thermo-flashés, il faut d’abord que les enseignants eux-mêmes nous montrent l’exemple ».

Les plus dures des parents disent carrément : « Nos enfants n’iront pas, même au poste de santé pour se soigner. Si toute fois ils viennent dans nos concessions, ça va mal se passer… ».

Face à cette situation, Moussa Camara, l’un des enseignants trouvé sur place vers 15 heures 25 minutes, à l’absence des élèves, affirme : «  Depuis la rentrée des classes, le 19 janvier, nous sommes là. Mais, jusqu’à ce vendredi, nous n’avons vu que 8 élèves. Les cours n’ont pas d’abord commencé. L’un des enfants qui venaient a été frappé par son papa. Et, ce dernier n’a pas hésité de venir nous insulter ici à l’école du fait que son enfant s’est lavé les mains au chlore »

A signaler que la majeur partie des personnes rencontrées souhaite que cette année soit une année blanche et juge la décision de l’Etat d’ouvrir les écoles en ce moment d’irréfléchie.

De retour de Malipan et de Kégnah, Alpha Ibrahima Diogo Baldé, Koïn pour Guineematin.com

 Tel: (+224) 622 221 178

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