Mme Asmaou Diallo, association des victimes du 28 septembre Madame Asmaou Diallo est présidente de l’Association des Victimes, Parents et Amis du 28 Septembre (AVIPA). Elle est pressentie pour être la lauréate de cette année (2015) du Prix Martin Ennals, un prix décerné aux défenseurs des droits de l’Homme dans le monde. Après la publication du communiqué des organisations internationales de défense des droits humains sur les trois nominés (avec Robert Sann Aung de Myanmar et Ahmed Mansoor des Émirats arabes unis),Guineematin.com est allé à la rencontre de notre compatriote pour recueillir ses sentiments.

Guineematin.com : Vous venez d’être nominée parmi les lauréats du prix Martin Ennals. Qu’est-ce que cela vous dit ?

Madame Asmaou Diallo, présidente de l’Association des Victimes Parents et Amis du 28 Septembre (AVIPA) : Le prix Martin Ennals est un prix des droits de l’Homme. C’est quelque chose de très satisfaisant. Ce prix me soulage à plus d’un titre. Je suis vraiment très ravie et j’encourage tous les défenseurs des droits humains de continuer le combat parce que j’ai compris qu’on ait suivi dans le monde entier. Ce n’est pas seulement en Guinée. Donc, c’est quelque chose de très émouvant. Ça m’a touché au fond de mon cœur. Et, je suis sûr, avec tous mes collaborateurs, que c’est quelque chose de très important pour nous et pour le peuple de Guinée tout entier.

Est-ce qu’on peut savoir qu’est-ce qui a pesé en votre faveur pour que vous soyez parmi les trois nominés pour ce prix ?

Là, je ne peux pas le dire. Parce que je ne suis pas membre du jury, je ne sais pas comment ça s’est passé. Mais, j’ai postulé pour présenter les activités qu’AVIPA a eu à faire par rapport au soutien des victimes en général. Donc, on estime que cela a pesé pour pouvoir nous donner ce lauréat.

Quelles sont vos chances de remporter ce prestigieux prix ?

La chance ? Je ne peux pas donner une idée par rapport à cela, ça peut arriver. Et, compte tenu des activités qu’on a menées, je suis sûr que cela a pu motiver les gens. Et, je sais aussi qu’on est vraiment engagé dans tout ce que nous sommes entrain de faire. On est engagé pour la justice, pour pouvoir aider les victimes, les supporter jusqu’au bout. Je crois que ça c’est une chance pour nous. C’est ce qui a fait qu’on a été, plus particulièrement madame Asmaou, a été parmi les lauréats.

Le choix qui a porté sur vous, c’est par rapport aux efforts que vous fournissez surtout dans le dossier du 28 septembre. Est-ce qu’on peut savoir où nous en sommes par rapport à ce dossier au niveau de la justice guinéenne ?

A ce niveau, nous sommes toujours entrain de travailler. Il y a la justice qui continue à recevoir les victimes. Avec  nos partenaires, la FIDH et l’OGDH, nous continuons toujours à accompagner les victimes. Je peux vous dire quand même qu’il y a un engagement total du ministre de la justice, donc cela nous réconforte à plus d’un titre. Il faut dire qu’il y a une avancée pour le moment parce que nous comptons vraiment toujours sur l’engagement du ministre de la justice qui a promis d’accompagner ce dossier jusqu’à son terme.

Est-ce que vous croyez que cette justice parviendra à trancher réellement dans ce dossier ?

Ecoutez, de toutes les façons, nous continuons avec la justice guinéenne. Nous avons confiance et on aimerait vraiment que la justice guinéenne soit à la hauteur de trancher ce problème. Et, si cela n’est pas le cas, en ce moment, nous seront obligés d’aller plus loin. Mais, en attendant, nous pensons qu’avec cette allure- évidemment c’est lent- mais nous allons surement. On a été vraiment rassuré qu’on peut continuer avec la justice guinéenne parce qu’elle est renforcée par la CPI. Il y a les Nations Unies qui sont là. Toutes ces institutions appuient la justice guinéenne pour aller vers un procès fiable. Nous espérons que ça va arriver.

Au-delà de ce dossier du 28 septembre, il y a encore une crise politique dans notre pays qui continue à faire des victimes. Quel est votre mot par rapport à cette situation ?

Par rapport à cette situation, je dirai vraiment que ça ne m’enchante pas du tout. Parce qu’on n’aimerait pas continuer à enregistrer que des victimes. On aimerait qu’il y ait la paix dans ce pays. Mais, pour cela, il faut le dialogue. Il faut absolument que la mouvance et les partis politiques se retrouvent pour qu’il y ait un dialogue franc, pour que vraiment tout le monde soit en paix dans ce pays. La société civile doit aussi faire beaucoup de choses dans cette situation. Il ne faudra pas qu’on reste là à suivre, tout le temps qu’il y a des morts dans les rues. C’est quelque chose qui n’est pas du tout beau. Il faudrait qu’on arrive à faire comprendre aux leaders de l’opposition et de mouvance qu’ils doivent vraiment se retrouver. Il faut absolument qu’ils se retrouvent et qu’ils comprennent que s’ils sont entrain de lutter, c’est pour le peuple de Guinée. Or, en ce moment, ils sont entrain de faire encore du mal au peuple. Donc, il faudrait absolument qu’ils se donnent la main, ensemble pour trouver la solution pour qu’on ait la paix dans le pays.

Votre mot de la fin ?

Je reviens d’abord sur le Prix de Martin Ennals, je suis vraiment satisfaite d’être choisie parmi les trois lauréats et j’encourage tous les défenseurs des droits humains de continuer ensemble pour que nous ayons tout ce qu’il faut pour que l’impunité cesse dans notre pays. On doit toujours continuer la lutte. Au niveau des partis politiques, au niveau de l’Etat, je demande qu’ils se retrouvent pour qu’ils aillent dans un terrain d’entente pour qu’on ait la paix dans ce pays. Tant qu’il n’y a pas la paix, il n’y aura pas de développement pour ce pays. Il faudrait donc qu’on arrête toute cette barbarie et qu’on se retrouve dans la quiétude.

Interview réalisée par Mamadou Alpha Baldé pour Guineematin.com

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