Accueil des anciens exilés politiques : vers des poursuites judiciaires contre les leaders du FNDC ?

18 septembre 2021 à 23 11 14 09149

La manifestation organisée ce samedi, 18 septembre 2021, à Conakry, pour accueillir quatre membres du FNDC qui rentraient de leur exil n’est pas du goût du CNRD (comité national pour le rassemblement et le développement).
Dans un communiqué lu ce soir à la télévision nationale, la junte militaire au pouvoir a dénoncé la violation de l’état d’urgence sanitaire instauré dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19 et interdisant des regroupements de plus de 50 personnes.

Le communiqué signé du colonel Mamady Doumbouya, président du CNRD, condamne cette mobilisation et demande aux autorités compétentes « d’en tirer les conséquences de droit ».

« Vu le communiqué numéro 14 en date du 11 septembre 2021, interdisant toute manifestation de soutien de quelque nature que ça soit ;

Vu la prorogation des mesures de l’état d’urgence sanitaire ;

Il a été malheureusement constaté dans la journée du 18 septembre 2021, des regroupements de personnes à l’aéroport international de Conakry-Gbessia, suivis de cortège à l’occasion du retour de certains membres du FNDC. Cela constitue assurément la violation de deux mesures citées plus haut.

En conséquence, le CNRD, fidèle à sa volonté de maintenir la tranquillité publique, condamne ces actes et demande aux autorités compétentes d’en tirer les conséquences de droit ».

Des poursuites judiciaires seront-elles engagées contre les responsables du Front national pour la défense de la constitution ? C’est la question qui se pose après cette sortie des nouvelles autorités guinéennes. Une sortie qui intervient à un moment où les Guinéens savourent la liberté retrouvée, après la terreur qui leur a été imposée depuis près de deux années par le défunt régime.

A l’appel de la coordination nationale du FNDC, des milliers de personnes sont rassemblées ce samedi devant l’aéroport de Conakry pour accueillir Ibrahima Diallo et Sékou Koundouno, respectivement chargés des opérations et des stratégies du FNDC ainsi que du rappeur Djanii Alfa et du blogueur Fodé Sanikayi Kouyaté.

Ces activistes de la lutte contre le troisième mandat du président Alpha Condé vivaient en exil depuis plusieurs mois. Ils ont dû fuir leur pays pour éviter d’être broyés par la machine répressive qui ciblait tous ceux qui s’opposaient au maintien du président déchu au pouvoir après ses deux mandats légaux. Ils ont décidé de rentrer en Guinée environ deux semaines après le coup d’Etat militaire du 5 septembre dernier, qui a renversé le régime Alpha Condé.

Alpha Fafaya Diallo pour Guineematin.com
Tel. 628 12 43 62

Lire

Faranah : des jeunes manifestent contre le manque de courant

24 août 2021 à 14 02 06 08068

La ville de Faranah a été le théâtre d’un nouveau mouvement de colère ce mardi, 24 août 2021. De nombreux jeunes de cette ville, notamment ceux du secteur SNAPE, dans le quartier Dandaya, et de Founkama, sont descendus dans la rue pour manifester leur colère face au manque de courant dans leurs localités, a constaté le correspondant de Guineematin.com dans la ville.

Tout a commencé la nuit dernière, lorsque plusieurs jeunes se sont mobilisés pour ériger des barricades sur la route nationale Faranah-Dabola. Grâce à l’intervention de certains citoyens, qui ont sensibilisé les manifestants, la situation a été rapidement calmée. Mais ce mardi matin, de nombreux jeunes plus déterminés ont battu encore le pavé, avec des slogans hostiles à EDG (la société chargée de la fourniture du courant électrique en Guinée).

Et cette fois, ils ont utilisé une tronçonneuse pour abattre un arbre et le découper en morceaux. Les manifestants ont déposé ces troncs d’arbre sur la route nationale Faranah-Dabola, bloquant la circulation. Ils réclament ainsi le retour du courant dans leurs quartiers. « Ça fait deux mois que nous n’avons pas de courant, et EDG se permet encore de nous envoyer des factures à payer. Donc, nous sommes sortis pour réclamer le courant », a lancé un manifestant, en colère.

L’intervention des forces de l’ordre a permis de rétablir l’ordre sur les lieux. Les agents ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants, avant de dégager la route. Interrogé sur cette situation, le directeur de l’agence d’EDG à Faranah a expliqué que le manque de courant, à l’origine de la colère des jeunes, est dû à une panne. Il appelle les citoyens à la retenue, tout en promettant que cette panne sera bientôt réparée.

Les manifestations contre le manque d’électricité sont récurrentes à Faranah. Car, la fourniture du courant n’a jamais été satisfaisante dans cette ville, d’où est originaire Ahmed Touré Touré, le premier président de la République de Guinée. Actuellement, les quartiers qui sont desservis reçoivent le courant à tour de rôle, et de 19 heures à 1 heure du matin.

De Faranah, Bangoura Mamadouba pour Guineematin.com

Tel : 00224620241513/660272707

Lire

Maleyah (Siguiri) : les habitants de Foulata se réfugient en brousse pour échapper à la brutalité des forces de l’ordre

19 août 2021 à 12 12 04 08048
image d’archive

« Les forces de l’ordre sont en train de violenter les citoyens. Ils brûlent nos maisons, tirent sur nos animaux. Aujourd’hui, tout le village est en brousse. Il y a des femmes qui ont passé la nuit sur les arbres ».

Comme annoncé dans nos précédentes dépêches, des renforts (des militaires selon des sources locales) ont été déployés mardi dernier, 17 août 2021, dans le district de Foulata (sous-préfecture de Maleyah) pour déloger les femmes qui manifestaient depuis dimanche dernier sur le bloc2 du site de la SAG (société aurifère de Guinée) pour exiger le recrutement de leurs enfants et leurs maris au sein de ladite société. 

L’intervention musclée de ces agents venus de Siguiri a fait plusieurs blessés dans les rangs des manifestantes. Et, face l’intensité de la violence de ces agents, Foulata s’est vidé de ses habitants. Les femmes et les jeunes ont passé la nuit dans les bois (en brousse) pour échapper aux exactions et à la terreur de ces militaires.

Selon des informations confiées à Guineematin.com, le district de Foulata est désert de monde ce mercredi. Tous les habitants de ce village ont fuit leurs maisons pour aller se réfugier en brousse afin d’échapper à la furie des militaires qui y sèment la terreur.

« Nous sommes tous en brousse maintenant. Les forces de l’ordre sont en train de violenter les citoyens. Ils brûlent nos maisons, tirent sur nos animaux. Aujourd’hui tout le village est en brousse. Il y a des femmes qui ont passé la nuit sur les arbres. C’est comme si nous étions en guerre. Tu ne peux pas imaginer les exactions que nous subissons aujourd’hui », a confié Mamadi Foulata Camara, responsable de la jeunesse de Foulata.

Egalement joint au téléphone par Guineematin.com, le maire de Maleyah, Gnoumè Fidèle Camara, a confirmé ces exactions des forces de l’ordre sur les populations de Foulata.

« Oui, ça ne va pas là-bas (Foulata). Les citoyens ont même déserté le village. J’ai appelé le commandant de l’unité déployée là-bas, il m’a dit que ce sont les jeunes qui sont partis brûler une machine de la société (la SAG) », a-t-il dit.

De Siguiri, Bérété Lancéï Condé pour Guinnematin.com

Lire

Déclaration du Barreau sur les prisonniers politiques : Dr Faya s’interroge

19 août 2021 à 6 06 33 08338
Dr Faya Millimouno, président du parti Bloc Libéral

Comme annoncé dans l’une de nos précédentes publications, le Barreau de Guinée a exprimé mardi, 17 août 2021, son indignation face à la révocation du régime de semi-liberté et le renvoi en prison de l’ancien président de la délégation spéciale de Kindia, Abdoulaye Bah. Dans sa déclaration, l’ordre des avocats de Guinée a dénoncé une violation flagrante de la loi et a exigé l’annulation de cette décision du directeur national de l’administration pénitentiaire. Mais, au sein du Bloc Libéral (BL), on s’interroge sur l’opportunité d’une telle sortie du Barreau.

Dans un entretien accordé à Guineematin.com hier, mercredi 18 août 2021, Dr Faya Millimouno, le leader dudit parti, a laissé entendre que cette déclaration du Barreau prouve à suffisance que les questions de Droit ne sont pas prises très au sérieux en Guinée.

« Cette déclaration du Barreau montre qu’on est très léger en République de Guinée sur les questions de Droit. A sa lecture, il faut ressortir que même la semi-liberté avait été illégalement accordée. Parce qu’il n’appartient pas au directeur de l’administration pénitentiaire de prendre une décision de condamner ou de mettre en liberté à la place du juge. Et, la semi-liberté, c’est souvent pour des personnes qui sont déjà condamnées. C’est seulement un juge, après avoir organisé un débat contradictoire permettant d’entendre une réquisition de la partie civile, un plaidoyer de l’avocat du détenu peut prendre la décision de mettre en liberté provisoire ou totale d’un détenu. Donc, ici, la violation de la loi est partie même de l’acte de liberté accordée. A cela vient s’ajouter la révocation de la première décision. Donc, toutes les deux décisions étaient illégales », a dit Dr Faya Millimouno.

Pour le leader du BL, il faut surtout s’interroger sur l’opportunité de cette déclaration du Barreau, d’autant plus qu’il n’avait rien dit lorsque la décision manifestement illégale de la libération de l’opposant Abdoulaye Bah et Cie avait été prise.

« La question que je me suis posée, c’est pourquoi le barreau n’a pas fait une déclaration dès la première décision qui avait été prise ? C’est vrai que ça nous a tous réjouis de voir nos compatriotes sortir de prison ; mais, la rigueur veut que nous tenions compte du fait que toute décision de justice doit être prise par un magistrat compétent en la matière et qui a ce pouvoir. Cela amène effectivement à perpétuer la confusion dans notre pays quand il s’agit de la justice. Très souvent, et nous-mêmes qui sommes des politiques, lorsqu’il y a arrestation par exemple de nos militants ou de nos cadres, nous indexons non pas la justice, mais le pouvoir exécutif. Et, si ce pouvoir exécutif se permet d’agir en lieu et place des magistrats, naturellement ça justifie les critiques qui sont formulées à son égard. Et, on dit souvent que ce sont des décisions politiques, c’est l’exécutif qui met les gens en prison », a indiqué Dr Faya Millimouno.

Selon le président du Bloc Libéral, il est important de bannir de nos pratiques notre attitude à pousser le pouvoir exécutif à prendre des décisions illégales juste pour nous sortir d’une impasse. Car, l’exécutif pourrait bien se plaire dans cette illégalité en posant aussi des actes qui l’arrange exclusivement et au détriment de la loi.

« Pour le bien de notre Etat de droit, je crois que la rigueur doit être mise en toute circonstance. Du point de vue de l’éducation de nos masses, je crois qu’il est important d’insister sur le fait que quand on parle de justice, il n’appartient qu’aux magistrats la décision. Même si cette décision va dans le sens souhaité par la population dans son ensemble, elle doit être prise en bonne et due forme. Il faut que seulement des gens qui sont compétents en la matière prennent la décision, sinon, aussi bonne qu’elle soit, elle doit être interprétée comme un acte illégal. Parce que si on permet aujourd’hui à l’exécutif de prendre une décision qui est illégale parce que ça nous arrange, demain il prendra une décision illégale même quand ça ne nous arrange pas. C’est pourquoi il faut commencer par ne pas permettre à l’exécutif de prendre une décision qui ne lui appartient pas », a conseillé Dr Faya Millimouno.

Alpha Assia Baldé pour Guineematin.com

Tél : 622 68 00 41

Lire

Reprise des manifestations : le conseil de l’imam Mansour Fadiga à Cellou Dalein et Alpha Condé

19 juillet 2021 à 8 08 56 07567
Elhadj Mansour Fadiga, imam de la grande mosquée de Nongo

Comme on le sait, malgré la libération des 4 responsables de l’UFDG, plusieurs dizaines d’autres croupissent toujours en prison depuis bientôt neuf mois. Pour exiger la libération de ces compatriotes emprisonnés au lendemain de l’élection présidentielle contestée du 18 octobre 2020, le principal parti de l’opposition guinéenne menace de reprendre les manifestations de rue dès la fin des examens nationaux de fin d’année scolaire. 

Interrogé récemment sur la question dans l’émission la « Grande Interview » de Guineematin.com, Elhadj Mansour Fadiga, premier imam de la Mosquée Bilal de Nongo, a dit avoir déjà donné au président de l’UFDG un autre conseil. Le guide religieux avait profité d’un passage de Cellou Dalein Diallo, qui était allé prier dans sa mosquée, pour lui demander de changer de stratégie… 

« J’ai souvent eu des leaders politiques qui sont venus prier dans ma mosquée. Pas plus tard qu’un an, mon frère, le président Cellou Dalein Diallo est venu prier chez moi. Ce jour, le conseil que j’ai eu à lui donner c’était de changer de fusil d’épaule. Parce que chez nous ici, rares sont des manifestations qui se terminent sans effusion de sang des innocents. Je lui ai dit, comme il en est ainsi, il faut changer de stratégie de lutte. Donc, si j’entends encore qu’ils veulent sortir, je leur dirai de faire attention. Parce que ce sont les innocents qui vont encore perdre leurs biens, voire leurs vies. J’invite aussi le pouvoir à faire tout pour apaiser la situation. Quand Dieu a décrit ses bons serviteurs, il a dit que c’est des gens qui savent pardonner. Celui qui est au pouvoir, c’est à lui on demande pardon… », a notamment dit Elhadj Mansour Fadiga.

Interrogé sur sa position par rapport au changement de la Constitution de 2010, le chef religieux a été on ne peut plus clair… « Je n’étais pas d’accord pour le changement de la constitution. J’avais même fait une déclaration le 1er mars 2020 qui a fait le tour des médias. Là où j’ai invité le chef de l’État à ne pas changer la constitution. Je lui ai rappelé que quand le président Lansana Conté voulait changer la constitution, vous l’aviez critiqué. Vous n’étiez pas d’accord. Donc, à votre tour, vous ne devrez pas le faire. En tout cas, moi, je ne suis pas d’accord. Et, je suis fier de l’avoir fait. Car, pour moi, je me suis acquitté de mon devoir devant le peuple et devant Dieu. Je ne sais pas ce qui va se passer par la suite », a rappelé Elhadj Mansour Fadiga. 

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

Lire

Réorganisation de l’opposition pour mieux combattre le régime Alpha Condé : voici la nouvelle charte de l’ANAD

14 juillet 2021 à 13 01 40 07407

Comme indiqué dans nos précédentes dépêches, l’opposition guinéenne se réorganise pour mieux combattre le régime Alpha Condé. Comme si on retournait le couteau dans la plaie, la rencontre de ce mercredi, 14 juillet 2021, a été une occasion pour Cellou Dalein Diallo et ses camarades de la « vraie » opposition guinéenne de rappeler les multiples violations de leurs droits depuis l’élection présidentielle du 18 octobre 2020 : emprisonnement, interdiction de voyage, occupation des bureaux et du siège de l’UFDG…

En attendant de revenir sur les détails de cette signature, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, la nouvelle charte de l’Alliance Nationale pour l’Alternance et la Démocratie (ANAD).

CHARTE-DE-LALLIANCE-NATIONALE-POUR-LALTERNANCE-ET-LA-DEMOCRATIE

Lire

Mandiana : les jeunes reportent in extremis leur décision de fermer l’administration

21 juin 2021 à 19 07 21 06216

Comme annoncé précédemment, des groupes de jeunes en colère avaient menacé le weekend dernier de fermer ce lundi, 21 juin 2021, tous les bureaux de l’administration à Mandiana. Mais, la montagne a finalement accouché d’une souris. Car, en lieu et place d’une manifestation de colère, c’est un mémorandum que les grognards ont adressé au gouverneur de la région de Kankan. Et, l’administration a fonctionné normalement sans qu’une mouche même ne perturbe la sérénité habituelle.

Selon des informations confiées à Guineematin.com le reporter de la fermer des bureaux de l’administration a été obtenu grâce à l’implication du « patriarche » de la ville qui a pris son bâton de pèlerin pour aller vers les jeunes protestataires.

« On a été appelé par le patriarche depuis la nuit, mais c’est le matin qu’on n’a été chez lui. Ils étaient nombreux là-bas à nous attendre. Finalement, le doyen nous plaider de report notre sortie d’aujourd’hui à cause de lui ; et, nous aussi, on a exigé l’élaboration d’un mémorandum qui tient compte de notre revendication de recrutement des jeunes de Mandiana pour le recensement. Ce mémorandum est adressé au gouverneur ; et, si rien n’est fait d’ici le vendredi, on va se voir aussi pour manifester le vendredi jusqu’à la satisfaction de nos revendications », a expliqué Djoumé Diallo, le porte-parole des protestataires.

A rappeler que ces jeunes exigent le recrutement des jeunes résidents exclusivement à Mandiana pour la réalisation du recensement national de l’agriculture et de l’élevage (RNEA), initié par le ministère de l’agriculture et de l’élevage.

De Mandiana, Mamady Konoma Keïta pour Guineematin.com

Lire

Me Alsény Aïssata à la présidente du tribunal de Mafanco : « ne soyez pas l’entonnoir de la dictature »

21 juin 2021 à 18 06 53 06536
Maître Alseny Aissata Diallo, avocat

« C’est un innocent qui est devant vous, un démocrate qui s’est opposé au troisième mandat. Avant, il militait pour Alpha Condé. Mais puisque Alpha Condé n’a pas respecté ses engagements, lui, il s’est opposé au tripatouillage de la Constitution. Madame la présidente, ne soyez pas l’entonnoir de la dictature… Ismaël Condé rêve de l’alternance, de la démocratie. Il n’a rien fait de mal. Ismaël Condé n’a fait que reprendre ce que le Pr Alpha Condé disait lorsqu’il était opposant. Aujourd’hui, 99% des Guinéens rêvent de l’alternance. Seuls ceux qui sont en train de s’accaparer de nos richesses, de nos biens, qui ne veulent pas de l’alternance… », a plaidé Me Alsény Aïssata Diallo, l’un des avocats de la défense.

Les débats sont clos dans le second dossier du procès d’Ismaël Condé, premier vice maire de Matam et membre du bureau exécutif de l’UFDG, qui s’est ouvert ce lundi 21 juin 2021, au tribunal de première instance de Mafanco (Conakry).

Après les réquisitions du procureur, qui a sollicité la condamnation de l’opposant à 7 ans d’emprisonnement ferme et à 100 millions de francs d’amende, la parole est revenue aux avocats de la défense qui ont présenté leurs plaidoiries. Ils ont demandé la libération pure et simple de leur client, coupable selon eux d’aucune infraction, a constaté un reporter de Guineematin.com qui était sur place.

« C’est un innocent qui est devant vous. C’est un démocrate qui s’est opposé au troisième mandat. Avant, il militait pour Alpha Condé. Mais puisque Alpha Condé n’a pas respecté ses engagements, lui, il s’est opposé au tripatouillage de la Constitution. Madame la présidente, ne soyez pas l’entonnoir de la dictature. Il rêve de l’alternance, de la démocratie. Il n’a rien fait de mal. Ismaël Condé n’a fait que reprendre ce que le Pr Alpha Condé disait lorsqu’il était opposant. Aujourd’hui, 99% des Guinéens rêvent de l’alternance. Seuls ceux qui sont en train de s’accaparer de nos richesses, de nos biens, qui ne veulent pas de l’alternance (…) Je vous demande de le renvoyer des fins de la poursuite, car c’est un innocent qui est devant vous », a plaidé Me Alsény Aïssata Diallo, l’un des avocats de la défense.

Ismaël Condé, transfuge du parti au pouvoir qui a rejoint le principal parti d’opposition du pays, est poursuivi dans cette affaire pour des faits offense sur la personne du président de la République, production, diffusion et mise à la disposition d’autrui de données de nature à troubler l’ordre public par le biais d’un système informatique.

A suivre !

Saïdou Hady Diallo pour Guineematin.com

Tél. : 620589527/664413227

Lire

Vive tension au marché de Taouyah : une vendeuse blessée, 3 autres arrêtées

21 juin 2021 à 11 11 30 06306

La situation est tendue ce lundi 21 juin 2021, au marché de Taouyah, dans la commune de Ratoma (en banlieue de Conakry). Plusieurs vendeuses ont manifesté sur les lieux pour protester contre « la vente » de ce marché. Elles accusent l’administration dudit marché et la mairie de Ratoma de vouloir les chasser pour vendre les lieux.

« Ils veulent revendre notre marché. Le vendredi passé, on a vu ici une équipe qui est venue prendre le plan de masse. Ils nous ont dit de quitter les lieux d’ici dimanche. C’est pourquoi, ce lundi matin, nous avons décidé de descendre dans la rue pour manifester notre opposition à cette vente », a déclaré une vendeuse, en colère.

Selon les informations recueillies par un journaliste de Guineematin.com, une manifestante a été blessée à la tête. Trois autres ont été interpellées par la police et conduites au commissariat central de Bellevue.

Nous y reviendrons ! 

Malick Diakité pour Guineematin.com

Tel : 626-66-29-27

Lire

Kankan : des parieurs en colère saccagent les kiosques de Guinée Games

15 juin 2021 à 20 08 27 06276

A Kankan, plusieurs parieurs sont en colère contre Guinée Games. Une colère qu’ils sont sortis exprimer dans la rue ce mardi, 15 juin 2021, en saccageant les kiosques de la société de pari. Ils accusent l’entreprise d’avoir refusé de leur verser leur gain, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la ville.

Tout a commencé dimanche dernier. Plusieurs jeunes ont misé sur une large victoire du Brésil qui affrontait le Venezuela en ouverture de la Copa America. Pari réussi, puisque les coéquipiers de Neymar s’étaient imposés avec un score de 3-0 devant leur adversaire. Mais alors qu’ils se voyaient déjà millionnaires, les parieurs qui avaient fait le choix gagnant, ont été surpris d’apprendre que la liste dont ils se sont servis pour jouer n’était pas valable.

 « C’est bien vrai qu’il n’y avait pas de liste méga avec les gérants des kiosques de pari. Mais elle existait sur internet et dans les machines, ils ne l’ont pas annulée, donc nous avons joué. Moi, j’ai pris trois tickets qui ont tous gagné. Je dois avoir 7.756.000 de francs. Maintenant, nous sommes allés au siège, ils nous ont dit que cette liste n’était pas valable. Nous, nous n’avons pas fait d’erreur, c’est eux qui ont fait des erreurs ; donc, ils doivent nous donner notre argent », a déclaré Mohamed Diallo, l’un des parieurs en colère.

Mory Keïta, lui, indique que Guinée Games lui doit un gain de 8 000 000 de francs. « J’ai gagné 8 000 000 de francs guinéens, mais ils refusent de me donner mon argent. Là où moi je suis comme ça, même s’ils me donnent 3.000.000 de francs, je vais l’accepter. Moi, je lave les véhicules pour avoir de l’argent et jouer. Moi, je n’ai pas été au siège, parce que je ne veux pas de problèmes. Je suis pauvre, je n’ai rien et je ne veux pas aller en prison. C’est pourquoi je ne suis pas sorti dans la rue, comme le font les autres », a-t-il dit.

Ceux qui sont descendus dans la rue ont fait le tour de la ville, saccageant plusieurs kiosques de la société Guinée Games. Kerfalla Kanté accuse ces jeunes en colère d’avoir emporté son argent et la machine avec laquelle il travaillait. « Ce matin, j’étais dans mon kiosque, lorsqu’un groupe de jeunes est venu m’attaquer. Ils étaient nombreux. Ils m’ont dit qu’ils ont gagné et qu’on refuse de payer leur argent. Ils sont rentrés dans mon kiosque pour prendre l’argent que je devais verser ce matin, 7 000 000 de francs, et ma machine aussi », a déclaré ce gérant d’un kiosque de pari.

Quant à l’agence locale de la société Guinée Games, elle est gardée par plusieurs policiers. Joint au téléphone, Moussa Diabaté, le responsable commercial de cette agence, n’a pas voulu s’exprimer sur le sujet. Il a tout simplement annoncé qu’il se trouvait à la police pour déposer une plainte.

De Kankan, Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

Lire

Débrayage des employés d’Albayrak transport : « nous exigeons que l’État lève la suspension des subventions »

31 mai 2021 à 15 03 23 05235

Pour entamer un débrayage prévu pour trois jours, les employés de la société Albayrak transport, filiale du groupe Albayrak, ont manifesté ce lundi, 31 mai 2021. Ils se sont rassemblés dans les locaux de la société pour exprimer leur mécontentement et interpeller l’Etat guinéen sur leurs préoccupations, a constaté un journaliste de Guineematin.com qui était sur place.

La suspension de la subvention, le mauvais état des bus, les mauvaises conditions de travail, sont entre autres les raisons qui ont poussé les employés de la société Albayrak transport, à suspendre le travail pour trois jours. Pour lancer ce débrayage, ils ont organisé une manifestation ce lundi matin dans les locaux de l’entreprise, situés à Matoto. Les manifestants ont mentionné leurs griefs sur des pancartes qu’ils brandissaient pour interpeller les responsables de la société, mais surtout l’Etat guinéen.

Aboubacar Mariam Fofana, secrétaire général de la délégation syndicale

 « On réclame la venue de nouveaux bus au sein de l’entreprise pour garantir notre droit. Nous demandons aussi à l’État d’envoyer les pièces de rechange pour entretenir ces quelques bus qui sont là. Avant, on avait 50 bus qui fonctionnaient. Mais aujourd’hui, on est incapable de faire sortir 28 bus, donc les bus sont amortis. Chaque fois, après 4 à 5 jours de travail, nous avons un bus fonctionnel en moins qui va augmenter le nombre de bus immobilisés. Nous exigeons également que l’Etat lève la suspension des subventions (une mesure en vigueur depuis 19 mois) avant de continuer à faire quoi que ce soit. 

Si notre alerte n’est pas entendue par les autorités compétentes, dans les jours qui vont suivre, nous allons déposer en bonne et due forme une plateforme revendicative et aller en grève. En attendant, nous demandons aux braves travailleurs de cette société d’observer le blocus et de rester mobilisés derrière leur syndicat. Nos emplois sont menacés, donc on ne peut pas évoluer comme ça. C’est pourquoi, nous avons décidé de prendre notre responsabilité », a déclaré Aboubacar Mariam Fofana, secrétaire général de la délégation syndicale de cette société.

Au niveau de la direction de l’entreprise, on se dit surpris de ce débrayage des travailleurs. Toutefois, la directrice de la communication du groupe Albayrak SA en Guinée, promet que des dispositions vont être rapidement prises pour résoudre ce problème.

Canan Sabaz, Directrice de Communication du groupe Albayrak SA en Guinée

« Ce matin, nous avons été surpris d’apprendre que nos employés ont arrêté le travail. Le groupe Albayrak est ici pour le transport urbain depuis 2 ans, donc nous avons la gestion des bus de la ville de Conakry, en partenariat avec le ministère du transport. Mais, les bus ne sont malheureusement pas très jeunes, donc il y a beaucoup de bus qui sont déjà en panne. C’est un peu compliqué, parce que ça nous fait des recettes en moins. Donc nous allons tenir une réunion aujourd’hui même avec le ministre des Transports à qui nous sommes rattachés pour voir comment nous allons gérer cette situation. Nous allons tout faire pour que cette situation se rétablisse tout de suite », a assuré Canan Sabaz.

Mohamed Guéasso DORÉ pour Guineematin.com

Tel : +224 622 07 93 59

Lire

Dinguiraye : un jeune tué dans un affrontement entre manifestants et forces de l’ordre à Banora

10 mai 2021 à 11 11 28 05285

Une violente manifestation a eu lieu ce dimanche, 9 mai 2021, dans la sous-préfecture de Banora, une zone minière située à 82 kilomètres de la ville de Dinguiraye. Un jeune homme a été tué par balle et un autre blessé dans les échauffourées qui ont opposé les manifestants aux forces de l’ordre. Le PA de l’armée qui était dans la localité et un véhicule des agents de sécurité ont aussi été incendiés, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Il y a quelques jours, des agents des forces de défense et de sécurité ont été déployés à Banora pour arrêter et expulser les Burkinabés qui exploitent de l’or par un système de dragage dans le fleuve Bafing. Un système jugé très dangereux pour l’environnement. Et, c’est dans l’exécution de cette mission que les agents ont interpellé et battu un jeune autochtone du village, qu’ils auraient pris pour un ressortissant burkinabé. Cela, malgré l’intervention de certains citoyens et même des autorités locales en faveur du jeune homme.

C’est cet acte qui a irrité et révolté les citoyens de la localité. De nombreux jeunes sont sortis exprimer leur colère en jetant des pierres sur les agents. Ces derniers ont répliqué à travers des tirs de gaz lacrymogène mais aussi des coups de feu. Les balles ont touché deux jeunes, l’un est décédé et l’autre a été évacué d’urgence à l’hôpital de Dinguiraye. Les jeunes aussi ont réussi à incendier un pick-up et le PA de l’armée qui était installé dans la localité.

Le préfet de Dinguiraye, Dr Ibrahima Barboza Soumah, en compagnie des autorités religieuses et des ressortissants de la sous-préfecture est en route pour Banora. Il va s’enquérir de la situation et chercher à trouver une solution à ce problème.

De Dinguiraye, Ibrahima Diakité pour Guineematin.com

Lire

Libération de certains détenus politiques : Bah Oury s’en réjouit et demande l’accélération du processus

8 mai 2021 à 15 03 57 05575

Bah Oury, président du parti UDRG (Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée)

C’est avec joie et espoir que Bah Oury accueille la libération de 40 personnes parmi les nombreux prisonniers politiques en Guinée. Après avoir bénéficié d’un non-lieu, 9 détenus ont été libérés la semaine dernière et 31 autres sont sortis de prison hier, vendredi 7 mai 2021. Dans un entretien qu’il a accordé à Guineematin.com, le président de l’Union des Démocrates pour la Renaissance de la Guinée (UDRG) a salué une bonne nouvelle, tout en appelant à l’accélération du dossier pour permettre aux détenus de recouvrer leur liberté.

Lire

Vive tension en Haute Guinée : un mort et 2 blessés dans une manifestation à Kérouané

6 mai 2021 à 8 08 32 05325

Un jeune homme a été tué dans une manifestation enregistrée la nuit dernière à Kérouané. La victime a reçu une balle dans l’abdomen pendant que les forces de l’ordre cherchaient à disperser les manifestants qui avaient attaqué les locaux de la préfecture. Au moins deux autres personnes ont été blessées dans ces échauffourées, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à Kankan.

Lire

Manifestation à la société minière WAP (Boké) : le porte-parole des travailleurs menacé…

30 avril 2021 à 12 12 49 04494

Lanciné Diallo, porte parole des travailleurs WAP

Comme annoncé dans nos précédentes dépêches, les travailleurs de la société minière WAP ont manifesté avant-hier, mercredi 28 avril 2021. Les protestataires exigent de meilleures conditions de vie et de travail, ainsi que le renouvellement du bureau de leur syndicat. Et, ces travailleurs mécontents ne sont pas allés de mains mortes pour se faire entendre. Ils ont brûlé des pneus, bloqué la route qui mène au port minier de Dapilon et empêché le transport de la bauxite. Ils ont aussi échangé des pass (jets de pierres contre gaz lacrymogènes) avec les forces de l’ordre (des gendarmes) qui y ont été déployés pour les disperser. Et, depuis, une chasse à l’homme aurait été ouverte contre Lancinè Diallo, le porte-parole des travailleurs en rogne, par les forces de l’ordre sur ordre de la direction de la société WAP en complicité avec les autorités administratives de Boké.

Lire

Manifestation à Boké : le port minier de Dapilon fermé, le transport de la bauxite arrêté

28 avril 2021 à 16 04 46 04464

La tension est vive ce mercredi, 28 avril 2021, sur le site minier de Dapilon, à Boké. Les travailleurs de la société WAP ont bloqué la route menant au port minier, empêchant le transport de la bauxite. Ils exigent notamment le renouvellement de leur bureau syndical dont le mandat a expiré, rapporte le correspondant de Guineematin.com dans la préfecture.

Lire

France : des opposants guinéens prévoient un accueil mouvementé pour Alpha Condé

27 avril 2021 à 11 11 12 04124

Le président Alpha Condé est attendu le 28 mai 2021 en France, où il est invité par son homologue français, Emmanuel Macron. Et, cette visite du chef de l’Etat guinéen risque d’être très mouvementée. Car les opposants guinéens vivant dans ce pays comptent mettre l’occasion à profit pour protester contre Alpha Condé et son régime. Plusieurs organisations politiques et de la société civile appellent à une manifestation à Paris, dont la date n’est pas encore annoncée.

Lire

Répression des manifestants à Kouroussa : plusieurs cases incendiées par les renforts venus de Kankan

20 avril 2021 à 16 04 54 04544

En plus des morts et des blessés enregistrés le weekend dernier dans la ville de Kouroussa lors de la violente répression des forces de l’ordre contre les citoyens qui manifestaient contre l’expropriation d’une zone minière dont ils sont victimes, d’autres bavures auraient été commises sur place dans par les renforts (des militaires) venus de Kankan pour prêter main forte aux agents (policiers et gendarmes) qui étaient sur le terrain. On accuse ces militaires de vol, de destruction de biens et d’incendie volontaire de plusieurs cases dans le quartier Komaniko, dans la commune urbaine de Kouroussa.

Lire

Jets de pierre à l’ENI de Kankan : les élèves-maîtres réclament encore leur bourse d’entretien

19 avril 2021 à 17 05 28 04284

Les élèves-maîtres de l’Ecole Normale d’Instituteurs (ENI) de Kankan ne lâchent pas prise. Près de deux semaines après leur manifestation, ils se sont de nouveau fait entendre ce lundi, 19 avril 2021, pour réclamer le paiement de leur bourse d’entretien. Et, cette fois, ils sont passés à la vitesse supérieure en procédant à des jets de pierre, a appris Guineematin.com à travers son correspondant à Kankan.

Lire

Violences meurtrières à Kouroussa : une mission d’Alpha Condé tente de calmer la situation

19 avril 2021 à 8 08 50 04504

Après les graves violences qui ont secoué la ville de Kouroussa samedi dernier, 17 avril 2021, les autorités tentent de calmer la situation. Une mission du président Alpha Condé, conduite par le gouverneur de Kankan et composée notamment du premier imam de la capitale de la Haute Guinée, s’est rendue samedi soir dans cette ville. Elle a rencontré la notabilité de Kouroussa pour lui demander de sensibiliser encore les manifestants afin de faire baisser les tensions, a appris Guineematin.com à travers son correspondant basé à Kankan.

Lire