Traque des opposants au 3ème mandat : le régime Alpha Condé poursuit un jeune sourd-muet au TPI de N’zérékoré

19 juin 2019 à 12 12 18 06186
Après ses deux mandats, le président Alpha Condé veut changer la Constitution pour rester éternellement au pouvoir en République de Guinée. Les Guinéens qui ne veulent pas de cela sont actuellement traqués à Conakry et à l’intérieur du pays

Comme indiqué dans une précédente dépêche de Guineematin.com, le très attendu procès politique des opposants à un troisième mandat pour Alpha Condé, qui a commencé dans la matinée de ce mercredi, 19 juin 2019, se poursuit au tribunal de première instance de N’zérékoré.

Déjà, ce qui polarise toutes les attentions depuis quelques minutes, c’est la présentation à la barre, à la surprise générale, d’un enfant sourd-muet, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com dans la région.

Interpellé et détenu pour sa participation à la marche pacifique organisée par l’antenne locale du Front national pour la défense de la Constitution, le 13 juin 2019, ce jeune sourd-muet, Samory Condé, a été présenté ce mercredi par les soins du procureur général près le tribunal de première instance de N’zérékoré, monsieur Sidiki Kanté.

Devant cette situation qui a indigné le public, fortement mobilisé pour suivre ce procès, un des avocats de la défense a demandé au juge, Ibrahima Daman, de libérer immédiatement ce prévenu.

Finalement, le jeune Samory Condé a été extirpé du box des accusés ; mais, il reste tout de même présent dans la salle d’audience…

A rappeler que les défenseurs de la Constitution guinéenne et de la stabilité de nos institutions sont défendus actuellement par les avocats Salifou Béavogui, Pépé Koulémou et Siba Michel Kolié.

A suivre !

De N’Zérékoré, Siba Guilavogui, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77

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N’zérékoré : « il faut que le FNDC disparaisse totalement… »

15 juin 2019 à 19 07 58 06586

Le gouverneur de la région administrative de N’zérékoré, Mohamed Ismaël Touré, annonce « une guerre sans merci » contre les membres de l’antenne locale du Front National pour la défense de la Constitution (FNDC). L’annonce en a été faite ce samedi, 15 juin 2019, lors d’une rencontre que monsieur Touré a eue avec les chefs de quartiers, les représentants des groupements de jeunes, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Cette rencontre a été présidée par le Ministre de la Santé, Dr Edouard Niankoye Lamah, accompagné de ses collègues de la Ville et de l’Aménagement du Territoire, de la Pêche et de l’Economie Maritime, Dr Ibrahima Kourouma et Frédéric Loua. On notait également la présence de deux anciens ministres, Rémy Lamah et André Loua.

Le gouverneur de N’zérékoré ne décolère pas depuis les échauffourées mortelles du jeudi, consécutives au refus des autorités de permettre au FNDC de manifester contre le projet de nouvelle Constitution en Guinée. Devant des ministres et anciens ministres de la République, Mohamed Ismaël Touré, n’a pas mâché ses mots contre les membres locaux du FNDC qui doivent être « traqués jusque dans leur dernier retranchement », reprenant ainsi Damaro Camara, chef de la majorité présidentielle au parlement.

A l’entame de la réunion, le gouverneur a tout d’abord déploré les évènements du 13 et 14 juin 2019, avant d’inviter les chefs de quartiers à sévir contre celui qu’il appelle les ennemis. « C’est avec un grand regret que nous avons constaté les dégâts des évènements du 13 au 14 juin dernier, organisé par ceux qui se disent défenseurs de la loi. Une manifestation que nous avons interdite à l’avance. Il faut que le FNDC disparaisse totalement à N’zérékoré, dans tout ses compartiments. Pour que le front disparaisse, c’est vous les chefs de quartiers. Donc, il faut que nous cherchions à mettre les comités de veille qui seront dans les quartiers, dans les secteurs pour essayer de les localiser pour qu’on essaye de les traquer jusqu’à leur dernier retranchement. Ils ne sont plus notre adversaire politique, mais un ennemi à nous », a martelé Mohamed Ismaël Touré.

Pour mettre fin aux activités du FNDC, le gouverneur demande l’appui des chefs de quartiers. Il les invite à démissionner de la tête des quartiers s’ils ne peuvent pas quitter le FNDC. « Ceux sont en adéquation avec ce front-là, c’est le bon moment de démissionner à la tête du quartier. Il faut avoir le courage moral de vous lever, dire vraiment je ne peux pas me débarrasser du FNDC, je démissionne, parce que je ne peux pas me soustraire du front. On va chercher autre pour vous remplacer. Et Si on constate après notre réunion, les membres du même bureau dans ton quartier, c’est toi qui va partir », a-t-il menacé.

En réponse, les chefs de quartiers se sont engagés à dénoncer les membres du FNDC dans leurs zones. Il reste à savoir si cette stratégie va prospérer d’autant plus que les membres du FNDC n’ont pas dit leur dernier mot.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo Lamah pour Guineematin.com

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Conakry : « il n’y a aucune urgence pour une nouvelle Constitution », dit Me Pépé Koulémou

15 juin 2019 à 17 05 56 06566
Me Pépé Koulémou, avocat à la cour et président de l’Alliance  pour le Renouveau National (ARN)
Maïtre Pépé Koulémou

Le projet de nouvelle Constitution, défendu bec et ongles par les partisans du pouvoir en Guinée, est contesté par de nombreux juristes et autres spécialistes du Droit. C’est pour exprimer son aversion face à cette idée que maitre Pépé Koulémou, avocat à la cour et président de l’Alliance pour le Renouveau National (ARN), s’est prononcé sur le projet de nouvelle Constitution, les violences récemment enregistrées à N’zérékoré et le positionnement politique de son parti. C’était à l’occasion d’une conférence de presse animée ce samedi 15 juin 2019, a appris sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Parlant du projet de nouvelle Constitution, maitre Pépé Koulémou a exprimé son regret sur cette actualité qui défraie la chronique dans la cité. « En réalité, il s’agit d’un faux débat, initié par certains membres du gouvernement guinéen et certains cadres guinéens qui pensent qu’il faut tripatouiller notre Constitution ou tout au moins passer à une nouvelle Constitution, alors qu’il n’y a aucune raison pouvant motiver une telle entreprise. Donc notre avis, au niveau de notre parti politique, nous disons non à toute tentative de confiscation du pouvoir du peuple de Guinée parce qu’il faut le dire, le pouvoir qu’exerce le président Alpha Condé appartient au peuple. Il doit donc l’exercer conformément à la loi. Nous disons donc à ce jour, force doit rester à la loi en République de Guinée ».

A la question de savoir si le président a le droit de proposer une nouvelle Constitution au peuple de Guinée, le leader de l’ARN reste catégorique. Maitre Pépé Koulémou estime que les promoteurs du 3ème mandat se focalisent sur un faux débat. « Comme ils ont compris qu’il n’y a aucune possibilité de procéder à une éventuelle révision de notre Constitution parce que c’est bloqué au niveau de l’article 154 de la Constitution qui dit que la laïcité de l’Etat, le principe de séparation du pouvoir, le nombre et la durée du mandat en République de Guinée ne peuvent pas faire l’objet d’une quelconque révision ou modification. C’est pourquoi, les initiateurs, au demeurant, pensaient qu’on peut parler de révision pour un 3ème mandat. Mais, comme ils se sont rendu compte que la Constitution a barré la route complètement au troisième mandat et de révision concernant le nombre et la durée du mandat, ils sont en train d’initier en vain la possibilité de doter une nouvelle Constitution. Nous, nous disons non », a-t-il martelé.

L’avocat et leader politique invite le peuple de Guinée à se mobiliser massivement pour exiger l’alternance politique. « Le peuple de Guinée doit se lever comme un seul homme pour barrer la route aux promoteurs de 3ème mandat. En tout cas, au niveau de notre parti, nous disons non, parce qu’il n’y a aucune urgence, la Guinée n’a aucune difficulté qui justifie un tel projet. Le président a été élu en 2010 et réélu en 2015 pour son second et dernier mandat en vertu de la Constitution actuelle pour faire valoir les vertus de la démocratie et non pour enfreindre la démocratie. Donc, nous disons que le peuple n’est pas dupe et il est prêt », a lancé le leader politique.

Par ailleurs, les violences enregistrées ces derniers temps à Nzérékoré n’ont pas été occultées par maitre Pépé Koulémou. Il accuse les autorités locales d’être derrière ces mouvements qui ont conduits à des violences. « Le cas de Nzérékoré est provoqué par l’administration publique. La Constitution a admis le droit de manifester. Lorsque le RPG Arc-en-ciel ou les cadres se déplacent pour aller battre campagne, faire la promotion d’une nouvelle Constitution en vue d’accorder la possibilité d’un 3ème mandat au président Alpha Condé, on leur accorde le privilège de le faire. Mais, lorsque des citoyens guinéens, qui ont le dernier mot, se prononcent en disant non, on les interpelle, on utilise la police et la gendarmerie pour aller les combattre. Je dis non, la loi s’applique à tout le monde. Donc nous disons que le cas de N’zérékoré est regrettable », a laissé entendre le président de l’ARN.

Pépé Koulémou, avocat à la cour et président de l’Alliance  pour le Renouveau National (ARN)

Réagissant au propos tenus par Amadou Damaro Camara, chef de la majorité présidentielle qui dit que les opposants au 3ème mandat seront chassés jusqu’à leur dernier retranchement, maitre Pépé Koulémou prévient. « J’ai vu où Damaro dit que tous ceux qui sont membres du FNDC doivent être traqués. Il pense que la Guinée est leur propriété. La Guinée n’appartient pas à seul à un individu. Il n’y a aucune urgence ni nécessité pouvant conduire le peuple de Guinée à aller à un référendum pour une nouvelle Constitution, surtout que le peuple a besoin de la démocratie comme le corps humain a besoin de l’oxygène pour vivre », a martelé maitre Pépé.

En ce qui concerne le positionnement de son parti sur l’échiquier politique Guinéen, maitre Pépé Koulémou souligne qu’il est désormais de l’opposition qui, selon lui, défend des causes nobles. « Nous étions de la mouvance présidentielle d’abord, au niveau de la COPAM… puis, nous nous sommes désolidarisé au moment ou les gens ont pensé à soutenir un 3ème mandat pour le président Alpha Condé. Nous avons dit que ce n’était pas possible, ni opportun. Le peuple a besoin de l’alternance démocratique. Nous avons dit que nous nous désolidarisons de toutes les décisions prises par la mouvance présidentielle qui estime qu’il faut soutenir l’illégalité alors que nous, nous soutenons la légalité. Oui à l’alternance démocratique et nous sommes désormais de l’opposition qui défend la cause noble ».

Touré Amadou Oury pour Guineematin.com

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POUR et CONTRE un 3ème mandat : « le silence d’Alpha Condé renforce les risques de violences en Guinée »

15 juin 2019 à 11 11 14 06146

« Nous rappelons au Président de la République que son indifférence après des mois d’invectives entre guinéens ne fera que renforcer les risques de violence et d’affrontement qui ne fera pas honneur à la République. Nous invitons, en outre les leaders religieux, notamment le Grand Iman, Elhadj Mamadou Saliou CAMARA et l’Archevêque de Conakry, Mgr Vincent KOULIBALY, tous Coprésidents de la Commission Provisoire de Réflexion sur la Réconciliation Nationale, de redoubler d’efforts dans le renforcement de la Paix et de la cohésion sociale », a notamment indiqué le Conseil Régional des Organisation de la Société Civile de Conakry.

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Nouvelle constitution, FNDC, affaire parc VIP de l’aéroport : ce qu’en dit le président de la DGA

14 juin 2019 à 23 11 51 06516

Dans une interview qu’il a accordée à Guineematin.com, Abdourahmane Baldé, le président du parti « Démocratie Guinéenne en Action » (DGA) s’est prononcé sur l’actualité brûlante de notre pays. Il a donné sa position sur plusieurs sujets dont le débat autour du projet de nouvelle constitution, la transmission d’une liste de personnes considérées par le FNDC comme étant les promoteurs d’un troisième mandat en Guinée à la CPI, mais aussi le refus de laisser le véhicule de Cellou Dalein Diallo accéder au parking VIP de l’aéroport de Conakry.

Décryptage !

Guineematin.com : l’actualité nationale est dominée notamment par le débat autour du projet de nouvelle constitution que le pouvoir est en train de prôner. Un projet qui est très loin de faire l’unanimité, au regard des voix discordantes qui se font entendre à travers le pays. En tant que jeune leader politique, quel est votre position par rapport à ce débat ?

Abdourahmane Baldé : d’abord, le projet de nouvelle constitution, je n’en connais pas. Parce qu’Alpha Condé n’a pas dit au peuple de Guinée : tenez un document, c’est la nouvelle constitution. Il y a des velléités de présentation de quelque chose qu’on appelle une nouvelle constitution. Pour l’instant, nous au niveau de la Démocratie Guinéenne en Action, nous pensons qu’il faut respecter les lois actuelles et nous estimons que quelqu’un qui n’a pas pu organiser les élections législatives ne peut pas organiser un référendum. Alors, en ce qui concerne les attaques de part et d’autre, nous estimons que la liberté doit être institutionnalisée, la démocratie et la liberté ne sont pas synonymes, la démocratie est l’institutionnalisation de la liberté.

Nous ne pouvons pas vouloir de la démocratie et bafouer les libertés fondamentales des personnes. Nous pensons qu’il y a bien-entendu la voix de la majorité, mais il y a également la reconnaissance des droits de la minorité dans toutes les démocraties. Alors, les abus de la liberté de parole doivent être corrigés par les libertés de parole. Si ce que vous avez entendu des autres ne vous plait pas, portez plainte contre eux ou décidez de parler aussi, décider d’agir. Vous devez prendre votre destin en main.

Guineematin.com : récemment, le FNDC a élaboré une liste de personnalités considérées comme étant les promoteurs de ce projet, la structure a transmis cette liste à la Cour Pénale Internationale (CPI). Que pensez-vous de cette démarche ?

Abdourahmane Baldé : je respecte les stratégies de chacun, selon son objectif. Mais, je pense que la solution de la Guinée ne viendra pas de l’extérieur, ce sont les guinéens et les guinéennes qui vont créer les solutions ou qui vont relever le défi. La CPI n’a pas pu arrêter les hommes les plus violents au monde, la CPI ne pourra pas régler les problèmes de la Guinée. Et c’est pourquoi, je pense qu’il faut s’armer d’idées, de connaissances, d’engagement, de volonté et de détermination pour libérer la Guinée des mains du colon. Parce que nous estimons jusqu’aujourd’hui que nos dirigeants sont manipulés, les dirigeants servent, pour la majorité, des intérêts étrangers. Et, la CPI fait partie des instruments, à notre avis, qui sont mis en place pour servir des intérêts cachés.

Alors, nous pensons que la CPI ne pourra absolument rien faire. Et d’ailleurs, ce n’est pas cette fois-ci que l’oppression a commencé en Guinée, mais du temps de Sékou jusque maintenant, la CPI n’a pas pu faire quelque chose. Je vous rappelle qu’il y a eu les crimes commis au stade du 28 septembre, la CPI s’est contentée de déclarations comme si la Guinée était un pays exceptionnel. Je pense tout simplement, qu’il vaut mieux régler nos problèmes en Guinée, identifier les bandits en Guinée, les juger en Guinée et se battre pour qu’il y ait des cours et tribunaux pour la réforme du système judiciaire guinéen, juger les bandits en Guinée et les mettre dans les prisons guinéennes.

Guineematin.com : avez-vous un message à l’endroit du président Alpha Condé au sujet de ce débat relatif à un éventuel troisième mandat qu’il compte briguer en 2020 ?

Abdourahmane Baldé : c’est de lui dire que si jamais il décidait d’allumer le feu en Guinée, il sera le seul perdant. C’est lui qui nous a dit qu’il s’est battu pendant 40 ans, c’est lui qui a dit être un combattant pour le panafricanisme, la liberté de l’Afrique, c’est lui qui a dit s’être engagé pour l’instauration de la démocratie en Guinée. Et si lui, à 80 et quelques années, au bout de deux mandats, il décide de falsifier les lois de la République, de mettre les Guinéens les uns contre les autres, parce que la plupart des intellectuels guinéens sont des alimentaires qui servent leurs poches, qui ne veulent pas servir la Guinée ; si sa vision ne se limite qu’à lui, il ne peut pas identifier un autre guinéen qui puisse briller mieux que lui, alors nous lui disons qu’un succès sans successeur est un échec, comme l’a dit un autre. Il lui appartient de tirer les leçons.

Si Alpha décide d’organiser un referendum pour s’éterniser au pouvoir, c’est qu’il n’a pas d’amis. Si Alpha décide de sortir par la grande porte, d’organiser des élections crédibles et transparentes, de laisser des lois en faveur du pays, de laisser une vision pendant 100 ans, il va sortir par la grande porte et il va devenir un bon ancien président qui viendra quand la Guinée aura besoin de lui, qui aura la possibilité de porter le Lépi du Fouta, le Kerndely d’ici, de porter la Forêt sacrée. Je pense qu’Alpha doit renoncer à cette affaire de 3ème mandat si jamais cela était sa volonté. Mais nous estimons, au nom de la Démocratie Guinéenne en Action, qu’il a la liberté de rester silencieux, mais il a l’obligation de respecter les lois sur lesquelles il a juré, notamment la loi mère que nous avons appelée notre constitution.

Guineematin.com : un autre sujet a fait du bruit ces derniers jours ; c’est le refus des autorités de l’aéroport de Conakry de laisser le véhicule de Cellou Dalein Diallo, chef de file de l’opposition guinéenne, accéder au parking VIP de cet aéroport où il se gare habituellement lorsqu’il voyage. Que pensez-vous de cette décision ?

Abdourahmane Baldé : vous, en tant que journaliste, qu’attendez-vous de quelqu’un que vous accusez d’avoir massacré 100 militants de vos rangs ? Voulez-vous avoir des privilèges encore ou voulez-vous porter le tissu de Gandhi, sortir sensibiliser la population sur la nécessité de se battre contre l’injustice ? Il faut que les hommes politiques s’engagent à renoncer à certains conforts pour servir les Guinéens. Si jamais le président m’empêche de passer dans un parc VIP, je passerai par là où passe le guinéen lambda que je défends. L’acteur pour les droits de l’homme, le vrai acteur pour la démocratie, ne cherche pas de privilèges, il ne cherche pas de confort. Ça c’est un Mandela qui a fait 27 ans de prison, ça c’est un Gandhi qui a été emprisonné parce qu’il défendait les opprimés, il est aux côtés des opprimés, il se battait aux côtés des opprimés.

Donc nous au niveau de la Démocratie Guinéenne en Action, nous n’avons pas à nous immiscer sur le fonctionnement d’un autre parti, mais nous estimons que les acteurs pour la démocratie et la bonne gouvernance, les véritables acteurs pour la promotion et la protection des droits de l’homme en Guinée, doivent renoncer aux privilèges. Et, je crois que ce débat est un débat honteux. Parce que nous avons déjà des dizaines de guinéens qui sont morts, jusque-là il n’y a pas eu de justice. Ces gens ont été froidement assassinés dans les rues de Conakry, alors que c’était des gens qui revendiquaient des droits légitimes, constitutionnels, ils voulaient la prospérité pour la Guinée. Je crois qu’il faut se mettre de l’autre côté, continuer à lutter et sortir du privilège encore une fois.

Guineematin.com : vous êtes à la tête d’un jeune parti politique, la Démocratie Guinéenne en Action qui a été lancée il n’y a pas longtemps, comment se passe votre implantation sur le terrain ?

Abdourahmane Baldé : nous ne sommes pas au niveau de l’implantation. Nous, à la différence de tous les autres partis, nous sommes à l’étape du développement des ressources humaines du parti. Les premiers responsables qui sont arrivés ont reçu des documents, ils sont en train de recevoir des formations sur la démocratie et la bonne gouvernance, les principes de la démocratie, sur la connaissance des droits de l’homme, sur beaucoup d’autres choses qui concernent leur engagement. Alors, ce n’est qu’après ça que nous allons ouvrir la chose et partir vers l’implantation du parti ici à Conakry et à l’intérieur du parti. Mais soyez certain que la Démocratie Guinéenne en Action sera représentée en Guinée et à l’internationale, partout dans le monde.

Guineematin.com : aujourd’hui, nous avons des centaines de partis politiques en Guinée, mais la plupart n’existe que de nom. Le parti se résume à son nom et à son président. Qu’est-ce qui différencie la DGA à ses formations politiques ?

Abdourahmane Baldé : nous sommes un parti de contribution. Et nous, nous utilisons ce qu’on appelle la destruction créatrice. Nous venons innover, nous pensons que le citoyen doit être instruit, c’est pourquoi je vous ai parlé de formation. Nous pensons que le citoyen qui doit se battre pour la construction de la démocratie dans un pays, doit avoir accès aux plus vastes connaissances. Ce sont les idées qui fondent la démocratie. Et nous, nous allons tout faire pour casser les limites de la pensée et de l’intellect pour que les hommes et les femmes qui nous croiront, ne tombent pas dans le piège des manipulateurs.

Interview réalisée par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Contre un 3ème mandat pour Alpha Condé : le FNDC annonce une manifestation à N’zérékoré (lettre)

10 juin 2019 à 16 04 02 06026

Dans le cadre des manifestations des opposants à un tripatouillage de la Constitution guinéenne, l’antenne locale du Front national pour la défense de la Constitution veut mobiliser les citoyens de N’zérékoré, a appris Guineematin.com qui a reçu copie d’une lettre écrite dans ce sens.

Les adversaires à un troisième mandat pour Alpha Condé ont adressé leur courrier à l’exécutif communal où la lettre d’information a été déposée. La manifestation à Zaly contre un mandat à vie pour le chef de l’Etat actuel de la Guinée est ainsi prévue le jeudi prochain, 13 juin 2019. Il reste à savoir si le maire, Moriba Albert DELAMOU, élu sous la bannière du RPG autorisera ou pas cette marche pacifique de l’antenne régionale du FNDC.

En attendant, Guineematin.com vous propose, ci-dessous, cette lettre d’information adressée à la mairie de N’zérékoré :

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Manifestation contre le préfet de Fria : des élèves rejoignent le mouvement

6 juin 2019 à 13 01 55 06556

La manifestation, reprise hier mercredi, 05 juin 2019 à Fria par un groupe de femmes qui exige le départ de leur préfet, commence à prendre de l’ampleur. Les femmes ont, en effet, bénéficié du soutien de plusieurs enfants, dont des élèves qui ont rejoint la manifestation ce jeudi, rapporte un envoyé spécial de Guineematin.com sur place.

La tension est palpable tout comme la méfiance, ce jeudi, dans la ville industrielle de Fria, où les activités sont paralysées. Cela, en raison de la manifestation relancée hier, mercredi, par un groupe de femmes qui réclame le départ sans délai ni condition de leur préfet, Hadja Gnalen Condé.

Ce jeudi matin, les manifestantes ont investi la cour de la préfecture avec des slogans hostiles à madame le préfet. Un peu plus tard, elles ont bénéficié du soutien de plusieurs élèves, dont certains en tenue scolaire, qui ont rejoint la manifestation. Ces enfants sont sortis avec des pancartes sur lesquels sont écrits des slogans comme : « Gnalen Condé Zéro ; Départ de Gnalen Condé ».

Pour le moment, cette manifestation se déroule sans incident, sous l’œil vigilant des policiers et gendarmes qui sont postés à la rentrée du bloc administratif préfectoral.

À suivre !

De Fria, Siba Guilavogui, envoyé spécial de Guineematin.com
Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Tentative de démolition des maisons à Dar Es Salam : les victimes protestent

23 mai 2019 à 11 11 04 05045

Dans la matinée de ce jeudi, 23 mai 2019, des agents du Ministère de la Ville et de l’Aménagement du Territoire ont été déployés avec une forte présence des forces de l’ordre pour démolir les habitations de certains citoyens de Dar Es Salam.

Mais, selon deux reporters de Guineematin.com qui sont sur place, il y a actuellement (11 heures) une vive tension avec les populations victimes, massivement sorties pour manifester leur farouche opposition.

Aujourd’hui, beaucoup de Guinéens s’interrogent sur les motivations réelles des autorités, notamment du Département de la Ville et de l’Aménagement du Territoire que dirige Ibrahima Kourouma. Alors qu’on a fait des milliers de sans abri récemment à Kaporo Rails, le Gouvernement attend le mois Saint de Ramadan- considéré par les fidèles musulmans comme une période de jeûne, de prière et sacrifice- pour venir chasser des pauvres citoyens de leurs habitations…

En attendant de revenir plus largement sur cette vive tension, Guineematin.com vous propose de suivre le live de ses reporters sur le terrain via notre page Facebook officielle :
https://www.facebook.com/Guineematincom-676479229109858/

A suivre !

Fatoumata Diouldé Diallo et Alpha Assia Baldé sont à Dar Es Salam pour Guineematin.com

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Violences à Fria : le maire promet de « trouver les commanditaires… » (Interview)

15 mai 2019 à 14 02 38 05385
Elhaj Lansana Boffa Camara, maire de la commune urbaine de Fria

La manifestation pacifique des femmes de Fria, qui exigeaient le départ du préfet Gnalen Condé, a pris une tournure violente depuis la nuit du mardi. Des heurts ont éclaté entre agents de maintien d’ordre et des jeunes venus soutenir leurs mamans violentées. C’est pour riposter aux tirs de gaz lacrymogène des forces de l’ordre que les jeunes ont érigé des barricades, brûlé des pneus et incendié des voitures sur l’artère principale de la ville.

Au lendemain de ces événements douloureux, l’envoyé spécial de Guineematin.com s’est entretenu avec le maire de la commune urbaine de Fria. Elhadj Lansana Boffa Camara, très peiné par les scènes violences, a déploré les événements survenus dans sa ville.

Guineematin.com: les habitants de Fria ont vécu une soirée mouvementée hier mardi. Des affrontements ont éclaté entre agents de maintien d’ordre et les jeunes. Qu’est-ce vous savez de ces accrochages ?

Elhadj Lansana Boffa Camara : c’est avec beaucoup de peine que je m’explique ce matin. Nous avons voulu empêcher une chose qui a eu lieu. Nous avons voulu que les esprits épris de paix des Friakas ne soient pas troublés. Mais hélas ! Les hommes ont voulu, Dieu en a décidé. C’est avec beaucoup d’amertume que j’ai constaté ce matin les dégâts qui ont eu lieu, puisque j’ai voulu éviter, connaissant le terrain de Fria. Ce matin, je rentre de la visite de constat de tout ce qui s’est passé hier. Ils sont allés même dans la cité pour violenter des familles. Ça, c’est triste. Quant aux femmes qui étaient regroupées au niveau de l’esplanade de la préfecture, je leur présente beaucoup d’excuses. Pourquoi ? Parce qu’elles ont exprimé leur colère et elles sont restées. Nous avons cru à un moment donné, que le temps jouant, nous pouvions quand-même leur venir en aide pour qu’elles déguerpissent les lieux. Mais, aux environs de 17 heures et 18 heures, j’apprends qu’elles ont été gazées et elles ont été déguerpies de là. C’est malheureux, ce n’est pas un événement heureux pour nous, parce que ce sont nos populations. Et quelle population ? La frange de la population la plus vulnérable, les femmes qui n’ont pour arme que leurs cris, qui n’ont pour arme que les actes qu’elles posent. Donc, c’est encore vous dire jusqu’où je suis peiné. Ce qui m’a beaucoup affecté, c’est quand j’ai vu au delà de l’esplanade de la préfecture, on a fait une démonstration de force dans les quartiers, partout. La bretelle qui longe en passant par l’ex grande salle de cinéma, en allant jusqu’au niveau de la gare routière, tout est parti de là. Il y a eu une bagarre féroce. Même l’hôpital a essuyé le gaz lacrymogène qu’on jetait. C’est quand-même pénible. Certainement, ceux-ci ne connaissent pas que c’est un hôpital. Si non, eux-mêmes, quand ils sont blessés, c’est là-bas ils doivent être traités.

Guineematin.com: vous venez de quitter l’hôpital, dans quel état se trouvent les femmes violentées ?

Elhadj Lansana Boffa Camara : ce matin, nous sommes allés en groupe avec les conseillers et le quatrième vice maire. Nous sommes allés à l’hôpital pour nous enquérir de la réalité. Le docteur nous a fait comprendre que chaque victime qui se sentait un peu soulagée, demandait à rentrer chez elle. C’est comme ça que ça s’est passé. Donc à ce jour, on me dit que c’est quelqu’un de la garde communale qui est le seul là-bas. Même à l’hôpital, il y a une dame asthmatique qui a été sérieusement secouée hier.

Guineematin.com : la ville est sous haute surveillance des services de sécurité, les forces de l’ordre sont visibles partout. Est-ce que vous avez pu transmettre un message à ces hommes en tenue ?

Elhadj Lansana Boffa Camara : je crois que ce n’est pas une frange qui va m’obéir. Mais, je passerai par les moyens pour trouver les commanditaires pour qu’ils arrêtent.

Guineematin.com : les femmes manifestantes ont été déguerpies de la préfecture, mais elles ne décolèrent pas. Que comptez-vous faire ?

Elhadj Lansana Boffa Camara : je vais lancer un appel aux femmes pour qu’elles se maîtrisent, pour qu’elles se contrôlent. Parce que tout ce qui s’est passé comme dégâts, ça s’est passé sur le terrain de Fria. Elles ne vivent pas ailleurs si ce n’est pas à Fria. Donc, elles doivent voir cet aspect extrêmement important.

Guineematin.com : la ville est complètement salie par les échauffourées. Qu’allez-vous faire pour y faire face ?

Elhadj Lansana Boffa Camara : j’avoue que certains chefs de quartiers, qui sont natifs d’ici, se sont déjà engagés à nettoyer la rue, à enlever tout ce qui est débris. Peut-être que des groupes se formeront pour pousser les gros véhicules qui sont ça et là le long de la route nationale Conakry-Fria.

Interview réalisée à Fria par Siba Guilavogui, envoyé spécial de Guineematin.com

Tél. : 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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« Entre Gnalen Condé et nous, Alpha Condé n’a qu’à faire un choix », dit une femme de Fria

15 mai 2019 à 13 01 12 05125

Le calme est revenu mais la situation reste toujours tendue à Fria, au lendemain des violences enregistrées dans la soirée d’hier, mardi 14 mai 2019, dans cette ville. Des violences causées par l’intervention musclée des forces de l’ordre qui ont délogé de force les femmes qui campaient dans la cour de la préfecture pour exiger le départ de leur préfet. Aujourd’hui, les manifestantes ont quitté la préfecture, mais elles n’ont pas abandonné leur revendication, rapporte l’envoyé spécial de Guineematin.com sur place.

Le centre-ville de Fria est méconnaissable ce mercredi, 15 mai 2019. Sur l’artère principale de la ville, on voit des traces de pneus brûlés et de voitures incendiées. Cette situation a fait suite aux violences que les forces de l’ordre ont perpétrées sur les femmes qui occupaient la cour de la préfecture depuis lundi matin. Les manifestantes exigeaient le départ sans délai ni condition de madame le préfet de Fria, Hadja Gnalen Condé. Après cette intervention musclée, plusieurs jeunes sont descendus dans les rues de la ville pour apporter leur soutien aux femmes. Ils ont brûlé des pneus sur la route et incendié des véhicules.

Mme Mamadama Bangoura

De leur côté, les manifestantes qui avaient promis d’occuper la cour de la préfecture jusqu’au départ de leur préfet, ont dû quitter les lieux de force. Mais, elles maintiennent leur revendication, indique Madame Mamadama Bangoura, l’une d’entre elles. « Nous les femmes, sommes allées à la préfecture pour dire que madame le préfet, Gnalen Condé, nous a fatiguées, elle a fatigué nos enfants. Donc nous voulons qu’elle parte, on ne veut plus d’elle. Tout ce qui est gâté à Fria, c’est Gnalen Condé qui en est responsable. Depuis qu’elle est là, rien n’a été fait pour la population.

Nous sommes allées à la préfecture, pas pour faire la guerre, on n’a même pas insulté quelqu’un, on a juste dit qu’on ne veut plus d’elle. On a fait deux jours à la préfecture, on n’a pas insulté, on n’a rien cassé, c’est là qu’on faisait la rupture du jeûne et on passait la nuit aussi. On a reçu une délégation du gouvernorat de Boké. Après avoir écouté les discours, nous lui avons fait part de notre revendication qui est le départ de Gnalen Condé. Mais dans les environs de 17 heures, alors nous étions en train de faire la cuisine, on a vu trois pick-up d’agents des forces de maintien d’ordre.

Ils sont venus comme des rebelles. Ils sont entrés dans la cour où on était assises et ont jeté des gaz lacrymogènes sur nous. Moi j’ai piqué une crise sur le coup, je me suis retrouvée plus tard à l’hôpital. Mais, notre revendication reste maintenue. Nous demandons au président de la République de voir clair dans cette affaire, notre souhait c’est de voir Gnalen Condé partir. Entre Gnalen Condé et nous Alpha Condé n’a qu’à faire un choix. Soit elle quitte Fria, ou alors nous nous quittons pour la laisser ici », a dit cette dame.

De Fria, Siba Guilavogui, envoyé spécial de Guineematin.com

Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Fria : les femmes qui exigent le départ de leur préfet ne reculent devant rien

14 mai 2019 à 11 11 41 05415

Bien qu’elles soient en jeûne, les femmes de Fria qui réclament le départ de leur préfet semblent bien déterminées à manifester jusqu’à ce qu’elles soient entendues par le président Alpha Condé. Ce mardi matin, un leader religieux de la ville s’est rendu dans les locaux de la préfecture où campent les manifestantes pour tenter de les dissuader, mais en vain. Les femmes promettent de ne pas reculer jusqu’à la satisfaction de leur revendication, rapporte un envoyé spécial de Guineematin.com dans la ville.

Après avoir passé toute la journée d’hier lundi, 13 mai 2019 et même la nuit, pour certaines, dans la cour de la préfecture de Fria, les femmes de la ville ont repris leur mouvement ce mardi matin sur place. Elles défilent dans la cour avec des chants hostiles à leur préfet, Hadja Gnalén Condé, et des prières en faveur du départ de la première responsable de cette préfecture.

Face à cette situation, Elhadj Mouctar Doumbouya, un respecté leader religieux de la ville, s’est rendu sur les lieux pour tenter de dissuader les manifestantes. Il a demandé aux femmes de surseoir à leur mouvement à cause du mois de Ramadan. Mais, le calme n’a duré que le temps accordé à l’érudit pour passer son message de sensibilisation. Il n’a même pas franchi le portail de la cour lorsque le mouvement a repris de plus belle.

Pour les manifestantes, ni l’intimidation, ni la sensibilisation ne peuvent les amener à reculer. Selon elles, la seule chose qui peut les pousser à mettre fin à leur manifestation, c’est le remplacement de Hadja Gnalén Condé à la tête de la préfecture de Fria. Elles promettent de camper dans les locaux de la préfecture jusqu’à ce que le président de la République accepte de satisfaire cette revendication.

À suivre !

De Fria, Siba Guilavogui envoyé spécial de Guineematin. com

Tel: 620 21 39 77/ 662 73 05 31

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Manifestation contre le manque d’électricité à Kindia : 2 gendarmes blessés

12 mai 2019 à 14 02 01 05015

La matinée a été mouvementée dans la ville de Kindia ce dimanche, 12 mai 2019. Mécontents contre le manque de courant électrique dans de nombreux quartiers de la ville, des citoyens ont érigé des barricades à divers endroits, paralysant les activités et entraînant des blessés, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

Des jeunes et des femmes de plusieurs quartiers de la commune urbaine de kindia ont manifesté dans les rues contre le manque de courant dans la cité. Les manifestants ont érigé des barricades à de nombreux endroits, bloquant la circulation.

Les manifestants sont entrées en action aux environs de 6 heures du matin. Les citoyens de plusieurs quartiers ont pris d’assaut les rues pour exprimer leur colère face à l’incapacité du gouvernement Alpha Condé de leur fournir régulièrement de l’électricité, surtout à cette période de jeûne musulman.

Du quartier Wondima à l’Abattoir 1 en passant par Sambaya, la Gare et le quartier Yèwolé, les jeunes ont baricadé les routes, empêchant la circulation de tout engin roulant.

Diouhé Diallo

Les manifestants proferaient des injures et de menaces à l’endroit du directeur d’EDG de Kindia. « On n’a pas le courant à Yèwolé. Cela fait 10 jours. On est allé voir le directeur pour lui dire clairement qu’on n’a pas de courant dans notre quartier. Il nous a promis qu’il va déployer des agents. Hier encore, il a parlé des bois qui sont tombés sur des fils, causant des dégâts. Donc, chaque fois c’est des fausses promesses. C’est pourquoi nous avons baricadé les routes pour qu’on nous serve du courant » , déclare le manifestant, Diouhé Diallo.

Alseny Sylla

Alseny Sylla, chef de quartier de la Gare, interrogé par Guineematin, dira que les agents de la guinéenne d’électricité ( EDG) ont promis de ramener le courant.  » Les jeunes ont manifestés parce qu’ils voient le courant dans les autres quartiers.Or, chez nous ici, il n’y a pas de courant cela fait 5 jours. Donc, c’est à cause de cela qu’ils sont sortis dans les rues. Mais, les techniciens d’EDG nous ont promis d’envoyer le courant d’ici le soir. Pour le moment nous sensibilisons les manifestants », a expliqué le chef de quartier.

Selon Fatou Seydi Diallo, ménagère au quartier Wondima, la coupure de courant entraîne la pourriture de leurs aliments en cette période de Ramadan. <<Nous avons préparé les sauces pour qu’on puisse se nourrir pendant ce mois de ramadan. Il n’ya pas de courant. Tout est pourri. Regarder sur la table, on doit jeter tout cela. Nous vivons difficilement à Kindia. Chaque plat qu’on prépare et qu’on veut conserver, pourri avec nous. Aujourd’hui, on a peur de préparer et garder dans le frigo. Je demande à ce qu’ils arrêtent de nous torturer. S’il y’a le courant, il faut nous aider », demande madame Fatou Seydi.

Il faut préciser que la gendarmerie et la police, qui ont tenté de dissuader les manifestants, ont usé de gaz lacrymogène. Deux gendarmes ont été blessés.

Cette manifestation intervient huit jours après la visite à Kindia du président Alpha Condé où ses supporters appellent à une modification de la Constitution pour lui permettre de parachever ses œuvres. Parmi ces supporters, le ministre de l’énergie, Cheik Tailiby Sylla qui peine à concrétiser les promesses du président Alpha Condé après 9 ans passés au pouvoir et des milliards investis dans le domaine de l’électricité.

De Kindia, Amadou Bailo batouala Diallo pour Guineematin.com

Tel. 628 51 67 96

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Kindia : 7 personnes condamnées pour avoir dit non à un 3ème mandat pour Alpha Condé

8 mai 2019 à 9 09 26 05265

Le verdict est tombé ce mardi, 07 mai 2019, dans le dossier ministère public contre sept opposants à une modification de la Constitution à Kindia. Le tribunal de correctionnel a déclaré coupable les 7 membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) pour les condamner à 3 mois de prison ferme, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Les 7 opposants à une nouvelle Constitution ont été condamnés à 3 mois de prison ferme et à une amende de 500 mille francs guinéens. Les 7 compagnons d’infortune dans ce dossier politico-judiciaire ont pour nom : Thierno Mamadou Diallo, Amadou Soumah, Mamadou Cellou Diallo, Mohamed Keita, Mohamed Camara, Boubacar Barry et Mohamed Sylla.

Ils étaient poursuivis pour entrave au droit de manifester et trouble à l’ordre public. Leur arrestation a eu lieu en marge de la visite du président Alpha Condé à Kindia, le samedi 04 mai dernier. Alors que les partisans d’une modification de la Constitution en faveur d’Alpha Condé faisaient la fête au stade Fodé Fissa de Kindia, les opposants à cette théorie étaient pourchassés à travers la ville.

Il reste à savoir si la mise en branle de la machine judiciaire aura raison de la détermination du FNDC à continuer le combat.

Alpha Mamadou Diallo pour Guineematin.com

Tél 628 17 99 17

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Remous sociaux à Kolaboui : voici les dessous des manifs des jeunes (interview)

13 avril 2019 à 11 11 49 04494

Comme annoncé précédemment, des jeunes de Kolaboui, dans la préfecture de Boké, étaient dans la rue il y a deux jours pour exprimer leur colère devant le manque d’électricité. Mais, ce manque de courant électrique dans cette localité n’est que la partie visible de l’iceberg, dans une région où l’exploitation outrancière des ressources minières contraste avec la misère des populations.

Dans un entretien accordé à un envoyé spécial de Guineematin.com, à Kolaboui dans la soirée d’hier, vendredi 12 avril 2019, Tibou Diaby, secrétaire général du bureau de la jeunesse de cette sous-préfecture est revenu sur la genèse des manifestations répétées dans la localité. Il a mis à profit cet entretien pour parler de l’impact négatif de cette exploitation minière sur leur localité et du refus des miniers et de l’Etat d’investir pour le développement de Kolaboui.

Guineematin.com : vous avez manifesté jeudi contre le manque du courant électrique dans votre sous-préfecture. Ce n’est pas une première à Kolaboui. Quelle est la racine de ce problème ?

Tibou Diaby : tout a commencé par le non-respect par l’Etat de ses engagements. Chaque fois qu’on réclame nos droits, qu’on menace d’aller en grève, il y a des fausses promesses qui viennent. La dernière manifestation, quand on a voulu la déclencher, ils nous ont dit de trouver une place où poser le reste des poteaux et transformateurs. Chaque fois qu’on demande, ils placent des arguments. Tout le problème est à ce niveau. Dans toute la sous-préfecture, la seule centrale est celle que vous voyez-là. Cette jeunesse se sacrifie. Il y a certains parmi eux qui dorment ici sans salaires.

On a détecté ce que l’ANAIM (Agence Nationale des Infrastructures Minières) apportait comme carburant, c’était moins par rapport à ce qui a été annoncé. Normalement, c’est 1200 litres pourun seul groupe par jour. Mais nous, on recevait 500 litres ici. Et les 500 litres pratiquement, ne pouvaient pas suffire de 18 heures 30 à 06 heures 30. Donc, tout le problème a commencé là. Finalement, on a pu détecter et ils nous ont dit que c’est 750 litres. On a persisté, on a creusé, on a vu que c’est 1200 litres. Ça, c’est la version officielle de l’ANAIM. Donc, après nos calculs, on a constaté une perte annuelle de plus de 6 milliards de nos francs.

Guineematin.com : quelles sont les personnes qui sont impliquées dans ce détournement ?

Tibou Diaby : ça, c’est entre l’ANAIM et ses agents. Parlez, vouloir dénoncer quelqu’un ici, ça va être un autre problème. Mais, tout le problème se trouve au niveau de l’ANAIM. Tout Kolaboui a 16 districts et chaque district a ses secteurs. Le district central qui est là, Kolaboui a 11 secteurs. Les 11 secteurs, pratiquement il y a six (6) qui n’ont pas le courant. Et l’Etat a programmé mordicus qu’il va envoyer nos poteaux. C’est près de 200 poteaux qui peuvent suffire normalement pour les 11 secteurs du district central. C’est là-bas où tout a commencé.

Ça fait une année d’emblée que nous sommes en train de nous battre afin de trouver une solution à ce problème de courant. Voyez, Kolaboui, c’est un lieu stratégique. Quand vous voyez le trajet Malapouya-Dapilon, ça prend pratiquement assez de choses. Le taux d’exploitation de la bauxite est très élevé ici à Kolaboui. Nous sommes aujourd’hui à des millions de tonnes par an. Vu tout ce problème, les gens sont frustrés à l’intérieur.

Guineematin.com : vous pensez qu’avec toute cette exploitation, Kolaboui devait bénéficier en termes d’infrastructures et de services de la part des miniers mieux que ça ?

Tibou Diaby : bien-sûr. Vous avez vous-même constaté tout au long de votre trajet que nous n’avons pas d’infrastructures dignes de nom qui puissent valablement représenter Kolaboui. Le bâtiment que vous voyez en face, c’est le centre culturel, ça a été décroché par la jeunesse. C’est Fadi qui est en train de nous construire ça, il nous a promis un terrain de football. Un bâtiment neuf sera construit derrière ici. Mais, ce n’est pas suffisant.

On a de sérieux problèmes ici : on n’a pas d’eau, on n’a pas d’électricité. Et, quand vous regardez les impacts environnementaux, c’est un autre problème aussi. Sinon, avant la saison pluvieuse, à pareille heure, les mangues sont mures. Mais regardez comment ça vient, ça c’est à cause des poussières.

Guineematin.com : parlons de cette dernière manifestation. On apprend que des jeunes se sont attaqués à des biens de l’Etat.

Tibou Diaby : non, il n’y a pas eu destruction de biens. Le rond-point là, on a dit aux gendarmes de ne pas intervenir. Parce que nous, on a la maitrise de nos enfants. Chaque fois que nous manifestons ici, nous évoluons pratiquement avec les enfants. Et ces enfants-là n’écoutent que ce groupe-là. Mais, ce petit dérapage-là, cette goutte d’eau qui a débordé le vase, c’est dû à l’entêtement des forces de l’ordre. Parce qu’ils sont venus ici pour faire des va-et-vient inutiles. Nous, on avait déjà enlevé les barrages, il n’y avait personne dans les rues.

Donc, ils faisaient des allers-retours pour juste provoquer. Ils quittaient Conakry, ils ont vu des enfants en bordure de route, c’est-à-dire les riverains qui étaient là, paf ! Il y a eu altercation. Ils ont commencé à lancer du gaz lacrymogène. Vous savez, les cases ont horreur du soleil. A 15 heures zéro, ils ont visé une case, la case a pris le feu et carrément, ça a voulu prendre les magasins.

N’eut été la collaboration de la population, de la communauté, les magasins-là allaient partir en fumée. Au moment où nous essayions de maîtriser le feu, ils continuaient à nous lancer encore le gaz lacrymogène. On ne sait pas maintenant si c’est cette pagaille qui arrange les forces de l’ordre ou autre chose. C’est un peu là notre inquiétude.

Guineematin.com : on apprend aussi que le véhicule du préfet a été attaqué. Parlez-nous en !

Tibou Diaby : non. C’est aujourd’hui qu’il y a eu ce dérapage. Parce qu’hier nuit, il y a eu d’autres problèmes encore. Les forces de l’ordre soutiraient de l’argent, les enfants aussi profitaient ailleurs. C’était le plus fort qui gagnait maintenant sur le terrain. On a enregistré ça. Il y a eu d’énormes pertes. Certains ont perdu 600 milles, d’autres 3 millions, ainsi de suite. Les gendarmes sont accusés dans ces cas de vol, mais comme on n’a pas de preuves palpables, tangibles contre eux, c’est ça. Parce que, tu ne peux pas filmer un gendarme en train de te fouiller.

C’est à la suite de cela que les enfants ont répliqué en attaquant les engins de certaines sociétés comme SOGEA SATOM. Maintenant, le même groupe de gendarmes est sorti pour intervenir. Des malfrats ont été arrêtés par les agents de sécurité que nous avons mis en place et remis aux forces de l’ordre.

Guineematin.com : concrètement, qu’est-ce que vous demandez à l’Etat, aux sociétés minières qui évoluent ici à Kolaboui ?

Tibou Diaby : nous demandons premièrement, la construction des écoles. Nous n’avons pas d’écoles ici. Certains enfants marchent à des distances allant jusqu’à 15 kilomètres pour leur école. Nous voulons des écoles de métiers qui puissent recevoir des milliers d’enfants. Parce que c’est notre relève. Notre souci aujourd’hui, c’est comment ces enfants seront formés. On veut aussi de l’électricité, de l’eau et la construction d’infrastructures à Kolaboui.

Propos recueillis à Kolaboui par Ibrahima Sory Diallo pour Guineematin.com

Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Manifs contre le manque de courant à Kolaboui : « il y a des dessous », dit le sous-préfet

13 avril 2019 à 11 11 23 04234

Les jeunes de la sous-préfecture de Kolaboui, dans la préfecture de Boké ont manifesté avant-hier, jeudi 11 avril 2019. Ils ont érigé des barricades sur la route pour protester, disent-ils, contre les délestages électriques dans la localité. Mais, pour le sous-préfet de Kolaboui, les manifestants avaient d’autres motivations inavouées, a appris Guineematin.com à travers un de ses journalistes qui s’est rendu sur place.

La commune rurale de Kolaboui était en ébullition le jeudi, 11 avril dernier. De nombreux jeunes de la localité sont sortis ériger des barricades sur la route pour empêcher la circulation. Les manifestants protestaient contre les délestages électriques constatés actuellement dans la localité. Des délestages qui sont dus à une panne technique, explique Morlaye Sylla, électromécanicien et gestionnaire du groupe électrogène qui alimente la localité en courant.

« Le groupe de 600 KVA que nous avons, n’arrive plus à alimenter tout le monde en même temps. Depuis une semaine maintenant, nous avons instauré un système de rotation. Si on donne aujourd’hui le courant à un quartier, demain aussi, on donne à un autre. Ça, les jeunes ne l’ont pas aimé. C’est pourquoi, ils se sont révoltés, ils ont dit qu’ils n’accepteront pas le tour-tour », a-t-il confié à l’envoyé spécial de Guineematin.com à Kolaboui.

De son côté, Ibrahima Sory Camara, directeur général de Global Energie, entreprise en charge de la distribution du courant à Kolaboui, indique que l’augmentation de la demande en courant a rendu le réseau de distribution incapable de satisfaire tout le monde. C’est pourquoi, il souhaite la concrétisation des promesses faites par le ministère en charge de l’Energie pour leur permettre de s’adapter à l’augmentation de la population.

« Il y a toujours une lenteur par rapport à la concrétisation des promesses faites par les autorités. Les autorités avaient promis de nous envoyer des câbles électriques et des poteaux supplémentaires. Mais jusque-là, on n’a rien vu. Aujourd’hui, certains secteurs et d’autres périphéries de Kokaboui ne reçoivent pas convenablement le courant électrique. C’est pourquoi, chaque fois, il y a des petits remous dans la cité.

Aujourd’hui, le matériel que nous avons, avec la population qui augmente de jour en jour, l’armoire électrique ne parvient pas à supporter. Pour parer à ce problème, nous lançons un appel aux autorités, au ministère de l’Energie et à EDG, de nous envoyer des transformateurs et des câbles pour qu’il y ait l’accalmie dans la cité », a-t-il dit.

Egalement interrogé sur cette situation, le sous-préfet de Kolaboui, lui, estime qu’il y a d’autres raisons inavouées qui sont derrière la manifestation des jeunes de la localité. Mamadouba Yakha Camara ne comprend pas la version selon laquelle, ils protestaient contre le manque de courant. « On avait compris qu’une manifestation se préparait. Donc, on a essayé d’expliquer aux jeunes que le manque de courant est dû à une panne technique sur le réseau. Nous leur avons dit que tout était en train d’être fait pour réparer la panne. Ils avaient commencé à comprendre.

Il était question qu’on se retrouve hier à 11 heures. Mais, à notre fort étonnement, dès 4 heures du matin, les enfants ont érigé des barricades partout. On a tenté de négocier, mais impossible. (…) On a constaté que ces manifestations ne sont pas faites que pour le retour du courant, il y a des dessous qu’on cherche à savoir. Sinon, on ne peut pas comprendre que tu prétendes revendiquer quelque chose, on te donne cette chose, et tu continues à revendiquer pour la même chose.

A 19 heures hier, on a lancé le groupe. A 20 heures, une bande de jeunes a débarqué ici pour menacer le gardien, l’obligeant à éteindre le groupe. Il a fallu qu’on revienne avec force pour allumer le groupe. C’est pourquoi je dis que ça, ce n’est plus un problème de courant. Sinon, même si le courant qui est venu c’est partiel, on devait laisser cela. Mais, pourquoi ils ont dit qu’il faut éteindre le groupe et de surcroît la nuit ? s’est-t-il interrogé.

Néanmoins, le sous-préfet annonce des dispositions prises pour résoudre le problème lié au manque du courant. « Déjà, les techniciens d’EDG sont arrivés. On s’est retrouvé avec la commune pour en discuter. Ils veulent s’installer ici maintenant et régler ce problème de courant de façon définitive », a rassuré Mamadouba Yakha Camara.

De Kolaboui, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com
Tél. : (00224) 621 09 08 18

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Siguiri : ambiance de fête et promotion d’une nouvelle Constitution ce dimanche

7 avril 2019 à 18 06 32 04324

Un mouvement de soutien à une nouvelle Constitution pour maintenir le professeur Alpha Condé au pouvoir a été organisé ce dimanche, 07 avril 2019, dans la commune urbaine de Siguiri. Une initiative financée par madame Bangoura Gnalèn Condé, cheffe de cabinet à la Primature, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

A l’image de Coyah et Dubréka, la ville de Siguiri a vibré au rythme des promoteurs d’une nouvelle Constitution en vue de maintenir Alpha Condé au pouvoir. De nombreuses femmes ont pris part à cette manifestation. On notait la présence des associations de femmes de Siguiri.

Interrogée par le correspondant de Guineematin.com à Siguiri, Hawa Diakité, porte parole des femmes, a expliqué les motifs de cette manifestation. « Nous sommes très contentes. Grâce à notre grande sœur, Gnalèn Condé, les femmes de Siguiri se sont donné les mains. Les divisions et les haines qui étaient là sont toutes enterrées grâce à elle.

Elle a envoyé des habits en quantité pour soutenir Alpha Condé. On était frustré, mais tout est fini. Nous sommes pour Alpha Condé. Pas une question de troisième mandat, mais Alpha Condé jusqu’à son dernier jour », a lancé la dame.

Pour sa part, Moussa Philan Traoré, ex gouverneur de Faranah, ex conseiller au ministère de l’administration du territoire, a fait savoir que le référendum se tiendra en vue la Constitution au profit du président Alpha Condé et du parti présidentiel, le RPG Arc-en-ciel.

« Femmes de Siguiri, je suis venu vous rendre visite. L’ingratitude est un acte volontaire, le président Alpha Condé avait dit qu’il mourra pour la cause des femmes. Mais, les femmes de Siguiri sont l’épine dorsale des femmes guinéenne.

Les bêtises qu’on vous dit, ne les écoutez pas. Qu’ils le veulent ou pas, le référendum aura lieu, Dieu a décidé pour le référendum. Il y a 34 ans, le 4 juillet 85, qu’il y a eu le coup Diarra Traoré. Qui pensait qu’aujourd’hui arriverait ?

Celui qui est venu dire que la Guinée ne peut pas aller sans les Malinké, sans les Peuls, sans les Forestiers, c’est Alpha Condé. Celui qui ne veut pas ce dernier est contre Dieu. Je vous invite à voter oui à la nouvelle Constitution », a lancé monsieur Traoré.

Pour le préfet par intérim de Siguiri, Siné Magassouba, le référendum pour une quatrième République est nécessaire.

De Siguiri, Bérété Lanceï Condé pour Guineematin.com

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N’zérékoré : des élèves manifestent pour exiger la libération d’un enseignant incarcéré

4 avril 2019 à 21 09 12 04124

Les élèves du groupe scolaire privé Elhadj Moustapha Koutoubou Sanoh, sis au quartier Tilépoulou, dans la commune urbaine de N’zérékoré, ont pris d’assaut le tribunal de première instance et la place des martyrs ce jeudi, 04 avril 2019. La contestation visait à demander la libération de leur principal pour certains, chargé des cours de Maths-Physique-Chimie et formateur pour d’autres, détenu à la maison centrale de N’zérékoré, rapporte le correspondant de Guineematin.com basé dans la préfecture.

De nombreux élèves, composés de collégiens et de lycéens, du groupe scolaire privé Elhadj Moustapha Koutoubou Sanoh, accompagnés d’élèves venus d’autres écoles ont manifesté devant le tribunal local et à la place des martyrs. Ils réclamaient ainsi la libération de l’enseignant Aboubacar Chérif. Ce dernier est détenu à la prison civile de N’zérékoré suite à une plainte pour détournement de fonds au préjudice de l’école.

Selon Mory Saran Condé, porte-parole des protestataires, « nous sommes là pour demander la libération de notre professeur qui nous donne trois matières : Maths Physique et Chimie. Depuis avant-hier, mardi, il a quitté l’école pour aller à la gendarmerie. Aux environs de 17 heures, il m’envoi un SMS pour dire qu’il est à la prison civile.

Hier, nous avons fait une lettre qu’on a adressée au procureur. Mais, il n’a pas pris la lettre en compte. C’est la raison pour laquelle nous sommes là, pour solliciter la mise en liberté de notre professeur. Et, la prise des photos pour le brevet a commencé, mais jusqu’à présent on ne s’est pas photographié », a fait savoir le jeune élève.

À la question de savoir jusqu’où ils iront, Mory Saran Condé a laissé entendre qu’au cas où le professeur n’est remis en liberté, « il n’y aura pas cours et ils verront des choses inattendues ».

Interrogé par le correspondant de Guineemati.com à N’zérékoré, le fondateur de l’école en question, Ibrahima Kalil Diabaté, accuse le principal de son école d’avoir détourné une forte somme d’argent. « On lui a confié la gestion de l’école et le recouvrement des paiements de la scolarité. Mais, quand j’ai demandé à connaître la situation générale après la grève du SLECG, rien. Dans les plus de 60 millions de francs guinéens qui ont été recouvrés, je n’ai retrouvé que 7 millions 350 mille francs guinéens. Les 55 millions 160 mille francs guinéens, je ne sais pas où il les a envoyés.

Et, après être passé par les autorités compétentes, comme la gendarmerie où il avait pris des engagements, il n’y a rien eu, aucun de ses engagements n’a été respecté. C’est pour cela que j’ai saisi la justice pour que la loi soit dite dans cette affaire et que je récupère mon argent. Mais, en ce qui concerne les élèves, ils sont dans leurs droits. Mais, j’ai déjà eu quelqu’un qui va le remplacer », a dit le fondateur.

Aux dernières nouvelles, les autorités éducatives de la ville ont déjà engagé des procédures pour désamorcer la tension afin que les cours puissent reprendre demain.

De N’zérékoré, Foromo Gbouo LAMAH pour Guineematin.com

Tél : (00224) 620 16 68 16/666 89 08 77

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Marche de la colère : « les journalistes guinéens ont décidé de prendre leur destin en main »

2 avril 2019 à 14 02 29 04294

Comme annoncé précédemment, de nombreux journalistes ont manifesté ce mardi, 02 avril 2019, dans les rues de Kaloum, pour dénoncer l’incarcération illégale de leur confrère, Lansana Camara. Cette marche dite de la colère s’est déroulée du rond point du Port Autonome de Conakry au ministère de la Justice, en passant par le ministère des Affaires Etrangères.

A l’issue de la manifestation qui s’est passée dans le calme, les journalistes ont lu une déclaration, dans laquelle ils dénoncent les atteintes à la liberté de la presse et annoncent leur détermination à se battre pour faire respecter leurs droits.

Guineematin.com vous livre ci-dessous l’intégralité de la déclaration des journalistes.

« Monsieur le Premier ministre

Monsieur le ministre d’Etat à la Justice, Garde des Sceaux

Monsieur le Ministre de l’Information et de la Communication

Mesdames et Messieurs les présidents des organisations professionnelles de médias

Chers confrères puissamment mobilisés à l’occasion de cette marche de la colère

Depuis le mardi 26 mars 2019, notre confrère Lansana Camara, Directeur de publication du site d’informations Conakrylive.info est incarcéré à la maison centrale de Conakry pour une affaire de « diffamation par voie de presse ». Cette arrestation mais aussi la détention arbitraire de notre confrère, lancent dans l’émoi toute la corporation et provoque une véritable colère des journalistes.

En dépit des multiples condamnations de la part des organisations professionnelles de médias, de certains hommes politiques guinéens et des organisations internationales, Lansana Camara reste encore en prison.

Ce lundi 1er avril, contre toute attente, la demande de libération provisoire de notre confrère, introduite au Tribunal de première instance de Kaloum par son avocat, a été rejetée.

Tout ce spectacle malheureux se passe dans un pays où les délits de presse sont dépénalisés par la loi organique L 002 sur la liberté de la presse et d’expression du 22 Juin 2010. Cette avancée démocratique, acquise à la suite d’une longue lutte, est entrain de fondre comme du beurre au soleil.

Chers confrères, Reporters Sans Frontières qui exige sa libération immédiate conformément à la loi sur la presse qui exclut les peines d’emprisonnement pour sanctionner les délits de presse en Guinée, relève aussi que cette arrestation constitue une entrave à la liberté d’information et une manière d’empêcher le journalisme d’investigation.

Cet emprisonnement de Lansana Camara vient dans un contexte marqué par une série de condamnations de journalistes.

Monsieur le ministre de la Justice, le tableau de la liberté de presse et d’expression est aujourd’hui, on ne peut plus, sombre.

Tenez, en juin 2018, Mamadou Saliou Diallo, journaliste et fondateur du site d’informations générales, Lesnouvellesdeguinee.com, sur instruction express du ministre guinéen de la justice, Garde des sceaux, Cheick Sacko a été écroué durant trois semaines à la maison centrale de Conakry. Nos confrères de la radio Espace FM, Moussa Moise Sylla, Moussa Yéro Bah inquiétés et la dernière condamnée.

Aboubacar Diallo du site Mosaiqueguinee et d’un autre du site ConakryChallenge, sur plainte du ministre des Télécommunications, ont été récemment condamnés. Le journaliste Almamy Kalla Conté du site Guineelive, en procès de diffamation contre le ministre d’Etat, Secrétaire général à la Présidence de la République, vient d’être aussi condamné. La liste est non exhaustive.

Cette marche de la colère des médias guinéens est organisée pour dire non à ces violations et persécutions contre les journalistes, contre la liberté d’expression mais aussi contre l’Etat de droit et la démocratie.

Notre Justice, malheureusement, est apte à rendre justice pour les autres, les hauts cadres, les hommes d’affaires, les ministres de la République en condamnant les journalistes, mais jamais le contraire.

Sinon, comment expliquer la soif des journalistes de la vérité dans l’assassinat du journaliste, Mohamed Koula Diallo, le 5 février 2016 lors des échauffourées entre pro et anti Cellou Dalein Diallo et Amadou Oury Bah, de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée, UFDG, suite à l’exclusion de ce dernier dudit parti ?

Depuis le 23 juillet 2015, le journaliste Chérif Diallo, alors reporter à Espace TV du groupe Hadafo Média, a disparu et jusque-là, nul ne sait s’il est mort ou vivant.

Egalement, la disparition tragique en juin 2018, du journaliste-reporter du site d’informations générales Guineenews.org, Abdoulaye Bah, dont la mort a suscité de vives émotions dans le pays et dans la sous-région. Le présumé auteur de cet assassinat, identifié, court encore.

De passage, l’on ne peut omettre l’arrestation du journaliste et Coordinateur Général du Groupe Gangan radio et télévision, Aboubacar Camara, le brouillage intempestif des ondes dudit groupe en octobre 2017 et les violences que les journalistes partis couvrir cette arrestation ont fait l’objet le mardi 31 octobre 2017, à l’escadron mobile N°3 de Matam.

Cette brutalité d’une rare violence, a causé une quinzaine de blessés, la destruction du matériel de travail de plusieurs journalistes. Et jusqu’aujourd’hui, aucune justice pour les « voix des sans voix ».

Monsieur le ministre de la Justice, à partir de cette marche de la colère, les journalistes guinéens ont décidé de prendre leur destin en main, pour empêcher toute volonté d’étouffement de la liberté de la presse et d’expression consacrée par la Constitution de notre pays.

A travers des marches pacifiques, des journées sans presse et des synergies de radios, nous interpellerons les plus hautes autorités de ce pays sur les violations sans cesse répétées de la loi organique L 002 sur la liberté de la presse.

Aussi, il ne fait plus bon d’être journaliste en Guinée. La peur reste la chose la mieux partagée en Guinée.

Les organisations professionnelles de médias en Guinée entendent alerter l’opinion nationale et internationale sur les graves menaces qui pèsent sur le journaliste dans sa quête quotidienne d’informations.

Les organisations professionnelles des médias réitèrent leur ferme volonté d’user des moyens légaux et pacifiques, notamment la synergie des radios dès mercredi 3 avril 2019 et la journée sans presse le jeudi 4 avril….jusqu’à la libération de notre confrère Lansana Camara.

Elles en appellent à la forte mobilisation des journalistes, des partenaires et amis de la presse.

Libérez Lansana Camara

Halte à l’arrestation de journalistes

Plus Jamais ça

Je vous remercie ».

Propos recueillis par Mamadou Laafa Sow et Fatoumata Diouldé Diallo pour Guineematin.com

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Conakry : des journalistes manifestent dans la rue pour exiger la libération de Lansana Camara

2 avril 2019 à 13 01 46 04464

Comme prévu, la marche de la colère des médias a eu lieu ce mardi, 02 avril 2019, à Conakry. A l’appel du syndicat des journalistes de la presse privée de Guinée, plusieurs journalistes et responsables d’associations professionnelles de médias ont défilé dans les rues de Kaloum pour exiger la libération du journaliste Lansana Camara, détenu illégalement à la maison centrale de Conakry, a constaté Guineematin.com à travers ses reporters qui étaient sur place.

Les hommes de médias se sont donné rendez-vous au rond-point du port autonome de Conakry. Ils ont entamé là leur « marche de la colère » jusqu’à la devanture du ministère de la justice, en passant par le ministère des Affaires Etrangères.

Durant tout le trajet, les manifestants brandissaient des banderoles et scandaient des slogans comme : « Libérez Lansana Camara » ; « Plus de journalistes en prison» ; « Honte magistrats zélés et corrompus » ; « Ministres prédateurs, corrompus ».

Devant le ministère de la justice où la manifestation s’est achevée, la porte-parole des manifestants a lu un discours dans lequel les journalistes dénoncent les atteintes à la liberté de la presse et exigent la libération de leur confrère Lansana Camara.

Ce dernier qui est administrateur général du site Conakrylive.info et correspondant de l’agence Chine Nouvelles en Guinée, est détenu depuis le 26 mars dernier à la maison centrale de Conakry. Et ce, malgré la dépénalisation des délits de presse en Guinée.

Son arrestation fait suite à une plainte déposée par le ministre des Affaires Etrangères, qui l’accuse de diffamation dans un article qu’il a écrit et qui révèle une tentative de détournement de fonds, impliquant le ministre en question.

Fatoumata Diouldé Diallo et Mamadou Laafa Sow pour Guineematin.com

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Un élève tué par balle à Dubreka : les explications du maire de la ville

21 mars 2019 à 19 07 24 03243

Le meurtre d’un élève, tué par balle au cours d’une manifestation hier, mercredi 20 mars 2019, continue de faire couler encre et salive à Dubreka. Alors que la préfecture a annoncé l’ouverture d’une enquête par le Procureur, le maire de la commune urbaine indique que c’est une balle perdue qui a touché la victime. Il l’a dit lors d’un entretien avec un journaliste de Guineematin.com, ce jeudi 21 mars 2019.

Selon Elhadj Alsény Bangoura, il n’était pas à Dubreka au moment des faits. « J’étais à Conakry pour assister au congrès de l’association des maires de Guinée. C’est dans la salle des congrès qu’on m’a appelé pour me dire qu’il y avait des remous. Donc, j’ai appelé mes adjoints pour qu’ils prennent des dispositions en vue de faire en sorte qu’il y ait de l’apaisement, qu’on puisse prendre des dispositions pour élucider le problème et pour voir qu’est-ce qui s’est réellement passé ».

C’est ainsi, dit-il, que les forces de l’ordre ont été appelées à venir canaliser les manifestants. Et, c’est dans ce contexte que le jeune Amadou Soumah, élève en classe de 8ème année, qui rentrait de l’école, a été fauché par une balle. « C’est très malheureux qu’un tel incident ait abouti à un mort, un élève surtout. Ce qu’on m’a dit, il y a deux ou trois jours, on a découvert un cadavre dans le quartier Tersè, un conducteur de moto-taxi. Et donc, la commune a été informée, nous avons pris des dispositions pour faire l’enterrement et rechercher les parents du cadavre.

Qu’est-ce qui s’est passé ? Le lendemain, les conducteurs de motos-taxis ont retrouvé un voleur, disons de moto. Alors, ils l’ont transféré à la brigade de recherche. L’autorité de là-bas était en train de faire des investigations, mais c’est après ça que les conducteurs de motos-taxis se sont révoltés pour dire qu’il faut qu’on leur remette le monsieur pour qu’il soit lynché. Donc, la brigade de recherche n’a pas accepté.

Alors, les gens ont commencé à jeter des pierres. Ils avaient même la volonté d’incendier le bureau. Alors, c’est dans ça que les forces de l’ordre, je crois, ont voulu se défendre. C’est dans ça qu’un jeune revenant de l’école a trouvé la mort. (…) Il y a des élèves qui revenaient de l’école. Ça a donc été une balle perdue qui est allée tomber sur un jeune qui n’en était pour rien », a expliqué l’autorité communale.

A rappeler que les locaux de la brigade de recherche de Dubreka ont été vandalisés par les manifestants qui voulaient récupérer le présumé voleur de moto pour le lyncher. Le calme est revenu à Dubreka, mais des pick-up de la gendarmerie sont toujours postés en nombre à l’endroit où a eu lieu la manifestation.

De Dubreka, Ibrahima Sory Diallo, envoyé spécial de Guineematin.com
Tél. : (00224) 621 09 08 18

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