agents de la croix rouge MandianaDes agents de la Croix-Rouge postés sur le site d’exploitation artisanale de l’or de Missima, à 15 kilomètres de la préfecture de Mandiana, procèdent quotidiennement à l’arrestation de toute personne surprise dans les carrières jugées dangereuses et donc interdites d’exploitation. Les contrevenants doivent payer une amende fixée à cinq cent mille (500 000) francs guinéens, a constaté Guineematin.com, à travers son envoyé spécial sur place.  

exploitation des minesAmara Sacko, un agent qui s’est présenté à Guineematin comme étant le responsable de la représentation locale de l’organisation humanitaire, la Croix Rouge, explique que cet argent revient plutôt aux Tombolomas, un comité de civils autochtones, chargé d’assurer la police sur le site et qui règne en maître des lieux. Selon lui, ce comité de Tomboloma utilise cet argent pour assister les familles de toute personne qui meurt dans des cas d’éboulement. Mais, dans cette mine, vielle de plus d’un an, selon des informations confiées à Guineematin.com, il n’y a jamais eu d’éboulement entraînant un cas de décès.

Sur place, l’envoyé spécial de Guineematin.com a pu constater des cas d’orpailleurs interpellés par ces agents dans les circonstances décrites ci-haut, et traduits devant le comité de Tomboloma. Mais, ils ont négocié et payé le plus souvent moins de cinq cent mille francs guinéens.

Un orpailleur dont la machine a été confisquée, a plaidé non coupable, expliquant qu’il a été pris à un endroit non interdit. Le conseil de Tomboloma a voulu la libération de la personne incriminée. Ce qui fut fait, contre le gré d’un agent de la Croix-Rouge très en colère contre ce qu’il considère être du laxisme.

Ceci laisse un doute sur la neutralité de ces agents de la Croix-Rouge dans le partage du « butin ». Dans le souci de savoir si une partie de cet argent est donnée à la Croix-Rouge, nous sommes revenus à la préfecture, au bureau de l’organisation, situé à quelques mètres de la radio rurale de Mandiana. Le bureau était fermé, les agents absents.

A travers un échange téléphonique avec Guineematin.com, Monsieur Amara Diallo, le coordinateur de la Croix-Rouge de Mandiana, a expliqué la précarité dans laquelle vivent ses agents et avoue avoir demandé aux autorités de la mine d’avoir pitié d’eux. Mais, il nie toute implication dans le partage des amendes. « Non, nous n’avons pas ce pouvoir », a laissé entendre Monsieur Amara Diallo.

exploitation des mines à MandianaUn membre de ce comité de Tomboloma nous avait clairement signifié que le cas des personnes prises dans les carrières interdites est du domaine des agents de la Croix-Rouge. « Ce sont des anciens orpailleurs qui connaissent très bien comment ça marche et qui sont capables de descendre fouiller dans les carrières pour voir s’il n’y a pas de contrevenants « , a-t-il dit.

En ce qui concerne les autres formes de violation des principes, tel que le vol ou encore la gestion des conflits, ce sont ces Tomboloma même qui interpellent les gens et cherchent à trancher. Les amendes payées par les contrevenants, les taxes payées par les conducteurs d’engins qui transportent la terre et la part du comité lorsqu’une carrière produit bien, voilà bien les principales sources de revenu des membres du comité de Tomboloma.

Les agents de la Croix-Rouge agissent et rendent compte à ce comité. Les Tomboloma sont dotés d’un pouvoir immense. « Les agents de la gendarmerie, en poste à Missima, dans le village, ne peuvent opérer des missions de maintien d’ordre sans passer par nous. C’est si un orpailleur se montre trop récalcitrant que nous le mettons à la disposition de ces gens », nous a confié un d’entre eux.

De Mandiana, Thierno Amadou Camara envoyé spécial de Guineematin.com

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