Manifestation des élèves du lycée Coléah : Jean René Camara, le proviseur, parle de manipulation

Dans la matinée de ce lundi 30 janvier 2017, les élèves du lycée Coléah ont momentanément perturbé la circulation, en barricadant les routes avec des pierres, des troncs d’arbres et des pneus usés. Massivement déployés, les agents de la sécurité ont réussi à ramener l’ordre et rouvrir la route à la circulation, a constaté un des reporters de Guineematin.com sur place.

C’est un proviseur très amer qui a répondu aux questions des journalistes ce matin dans l’enceinte du lycée Coléah où s’est déroulée cette autre contestation d’élèves.

Pour le proviseur Jean René camara, « les gens se déguisent en élèves, viennent dans nos établissements pour pagayer. Le lycée Coléyah, d’habitude, ne pagaye pas, ne grève pas. Il n’y a pas de désordre chez moi. Mais, partout où il y a la paix, les gens se déguisent en élèves et viennent dire qu’il n’y a pas d’enseignants, même si les enseignants sont présents. Alors, ils cherchent à mobiliser les gens dans la rue pour pagayer. Aujourd’hui, mes censeurs étaient là, ils m’ont dit que tous les professeurs étaient présents. Mais, des gens qui ne sont pas  des élèves sont en tenue… Ils peuvent baver. Ce sont des imposteurs. Ils sont contre la bonne marche de ce pays. Chez nous ici, le besoin ne se pose pas », a notamment dit le proviseur.

Mais, le proviseur du lycée Coléah est-il vraiment conscient de ce qui se passe dans son établissement ou bien c’est une simple diversion pour minimiser les réclamations des élèves ? En tous cas, les élèves disent tout le contraire et réclament des professeurs dans les classes.

Très remonté contre l’altitude de la police qui a défoncé le portail de leur établissement pour entrer, Moussa Camara explique. « C’est vrai que nos amis de la terminale sciences sociales ont mal revendiqué leurs droits. Parce que ce n’est pas en brûlant les pneus et en caillassant les voitures qu’ils vont obtenir le retour de leurs professeurs. Ils devaient faire des pancartes. Mais, ce que j’ai déplore de plus, c’est l’attitude des agents de la police. Ils n’ont pas été professionnels. Ce n’est pas parce que nos amis ont manifesté pour réclamer un droit qu’ils vont venir s’attaquer à toute l’école. Nous, nous étions en cours, malgré la manifestation de nos amis dans la rue. C’est seulement quand les policiers sont venus défoncer le portail avec leurs véhicules pour jeter du gaz lacrymogène dans la cour que nous sommes sortis pour nous joindre aux manifestants. Mais, je lance un appel à l’État pour demander d’aider nos amis à avoir leurs professeurs. Nous sommes dans une classe d’examen et le bac se prépare maintenant », a plaidé Moussa Touré, TSE.

Pour cet autre élève, rencontré dans la manifestation, « il y a plus de trois semaines que nous n’avons pas de professeur de français. C’est inadmissible pour nous de rester les bras croisés, alors que nos amis dans les autres établissements sont entrain de suivre normalement les cours de français. Vous savez que le bac est national et les sujets sont les mêmes. C’est maintenant que nous devons nous préparer. Il faut qu’on nous envoie des professeurs ; sinon, on continuera à réclamer nos droits », a-t-il menacé.

A rappeler que les manifestations d’élèves pour réclamer des enseignants se multiplient en Guinée. Plusieurs villes de l’intérieur du pays et le centre administratif de Conakry ont été éprouvés par ces manifestations…

De retour de Coléah, Abdoulaye Oumou Sow pour Guineematin.com

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